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Une nouvelle vie à Londres

Une nouvelle vie à Londres

Auteur:: Edition Raissa
Genre: Romance
Après avoir déménagé à Londres avec sa meilleure amie, la dernière chose à laquelle Elle s'attend est de tomber amoureuse d'une célébrité - bien que cela pourrait lui causer plus de problèmes que ça n'en vaut la peine. ***** Martha Parker n'aurait jamais pensé que l'homme qu'elle a aimé presque toute sa vie la quitterait, mais quand cela arrive, elle ne voit pas d'autre alternative que de fuir à Londres. Ce n'était pas le plan le mieux organisé pour quelqu'un qui réfléchit habituellement à chaque petit détail, mais lorsqu'elle rencontre Julien Marseille , acteur de cinéma et de théâtre qui ne manque jamais de lui faire rougir les joues, elle croit que sa vie est enfin de retour sur les bons rails - nouvel amour inclus. Mais aucune romance n'est complète sans un peu de drame, d'anxiété et de malentendus - ce qui amène Martha à apprendre comment prendre sa vie en main et distinguer les faits de la fiction lorsque sa relation devient publique.

Chapitre 1 01

Chapitre 1 – Londres sous la pluie

La bruine londonienne s'étalait sur les vitres du train, dessinant des arabesques fugitives sur le verre froid. Martha Parker observait distraitement le paysage urbain qui défilait, les bâtiments gris, les rues mouillées, les passants emmitouflés dans leurs manteaux. Tout semblait irréel, comme si elle n'avait pas encore vraiment atterri dans cette nouvelle vie. Pourtant, elle était bien là, une valise posée à ses pieds, un billet de train froissé dans la main, et un cœur qui battait d'une étrange fébrilité.

Clara, assise à côté d'elle, pianotait sur son téléphone, jetant de temps en temps un regard en coin à son amie. Elle savait que Martha n'avait pas encore pleinement accepté ce départ précipité, que son esprit était encore à New York, là où elle avait laissé derrière elle une histoire en ruines.

- Tu devrais essayer de te réjouir un peu, murmura Clara sans lever les yeux de son écran.

Martha inspira profondément. Elle aurait voulu répondre, dire qu'elle était prête, qu'elle se réjouissait même, mais la vérité était plus complexe. Son départ pour Londres n'était pas une aventure exaltante, c'était une fuite. Un échappatoire improvisé, sans plan précis, sans la moindre garantie que cela suffirait à réparer ce qui s'était brisé en elle.

La rupture avec Nathan avait laissé un vide qu'elle ne savait pas comment combler. Huit ans de relation réduits à une conversation glaciale, quelques mots échangés dans un café trop bruyant, puis plus rien. Elle se souvenait encore de la sensation du café tiède entre ses doigts, du regard détourné de Nathan, de la douleur sourde qui s'était installée dans sa poitrine à mesure qu'elle réalisait que c'était fini.

Le train ralentit, arrachant Martha à ses pensées. La gare de St Pancras apparut derrière le voile de pluie, immense et animée. Une fois sur le quai, Martha resserra son manteau autour d'elle, inspirant l'air humide et chargé de cette odeur particulière de ville et de renouveau.

- Bienvenue à Londres ! déclara Clara en levant les bras comme pour embrasser l'immensité de la ville.

Martha esquissa un sourire. Ce n'était pas l'accueil chaleureux auquel elle aurait rêvé, mais peut-être qu'ici, dans cette métropole aux mille visages, elle pourrait enfin se reconstruire.

Le trajet jusqu'à leur nouvel appartement à Camden fut un enchaînement de taxis, de trottoirs trempés et de silences chargés d'émotions. L'appartement était petit, un peu vieillot, mais il avait un charme indéniable avec ses murs en briques apparentes et ses fenêtres donnant sur une rue animée. Clara, toujours plus enthousiaste, se jeta sur le canapé en soupirant d'aise.

- Ça, c'est ce que j'appelle un nouveau départ !

Martha déposa ses valises dans un coin et s'approcha de la fenêtre. En bas, des passants défilaient sous des parapluies colorés, des bus rouges s'arrêtaient à intervalles réguliers, et l'odeur du café flottait dans l'air. Tout était différent ici, et peut-être que c'était exactement ce dont elle avait besoin.

La pluie continua de tomber doucement sur Londres, comme une promesse silencieuse que le passé pouvait être laissé derrière.

Chapitre 2 – Premiers repères

Le matin suivant, Londres s'éveilla sous un ciel bas et menaçant. La lumière filtrée par les nuages donnait aux rues une atmosphère feutrée, presque intime. Martha ouvrit les yeux dans l'appartement encore silencieux, laissant son regard errer sur les murs nus et les cartons empilés dans un coin. L'idée de tout déballer lui sembla épuisante, mais elle savait qu'elle ne pourrait pas éternellement vivre parmi ses affaires entassées comme une passagère en transit.

Elle repoussa la couverture et posa les pieds sur le parquet froid. Clara dormait encore, profondément enfouie sous ses draps. Le souffle paisible de son amie contrastait avec le tumulte intérieur de Martha. Depuis son arrivée, elle n'avait cessé d'osciller entre excitation et doute. Était-ce vraiment une bonne idée ? Londres n'allait-elle pas se révéler être juste un décor de plus pour fuir ses problèmes ?

Refusant de se laisser happer par ses pensées, elle attrapa un gilet et sortit dans la rue. L'air du matin était frais, chargé d'humidité. Camden commençait à s'animer : des cafés ouvraient leurs portes, les premiers clients s'installaient en terrasse sous des chauffages d'appoint, des livreurs zigzaguaient entre les passants.

Attirée par l'odeur du café fraîchement moulu, elle poussa la porte d'un petit établissement niché entre une boutique vintage et une librairie d'occasion. L'endroit était chaleureux, avec ses murs tapissés de photos en noir et blanc et ses étagères garnies de livres oubliés.

- Un latte, s'il vous plaît, dit-elle en s'approchant du comptoir.

Le barista, un jeune homme aux cheveux en bataille, lui sourit avant de se mettre au travail. Elle observa distraitement les autres clients : des étudiants penchés sur leurs ordinateurs, une femme absorbée par son journal, un homme qui lisait un script annoté.

Elle s'apprêtait à récupérer son café lorsque son regard fut attiré par un détail inattendu : une affiche sur le mur annonçant un événement musical le week-end prochain. Au centre de l'affiche, une photo d'un homme tenant une guitare, le regard baissé comme absorbé dans sa musique.

Liam Carter.

Le nom ne lui disait rien, mais l'image lui semblait étrangement familière. Intriguée, elle nota les détails du concert avant de quitter le café. Ce n'était qu'un musicien de plus dans une ville qui en comptait des milliers, mais quelque chose lui disait qu'elle finirait par le croiser plus tôt que prévu.

Quand elle rentra à l'appartement, Clara était levée, une tasse de thé à la main.

- Où étais-tu passée ?

- Juste en bas, répondit Martha en posant son gobelet sur la table. J'avais besoin de marcher un peu.

Clara l'observa un instant avant d'hocher la tête.

- Tu sais quoi ? Ce soir, on sort. Il faut qu'on découvre la ville.

Martha hésita. Elle n'était pas certaine d'avoir l'énergie pour une sortie, mais elle savait que Clara avait raison. Se fondre dans la vie londonienne était le seul moyen d'avancer.

- D'accord, finit-elle par dire. Mais on évite les boîtes de nuit bondées.

Clara éclata de rire.

- Marché conclu.

Londres s'offrait à elles, vaste et imprévisible. Et même si Martha n'en était pas encore convaincue, ce soir-là serait peut-être le premier pas vers quelque chose de nouveau.

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Chapitre 3 – Entre les ombres de la ville

La nuit était tombée sur Londres, parsemant les rues de halos orangés sous les lampadaires. Martha et Clara marchaient d'un pas léger, traversant les ruelles animées de Camden. L'air était chargé de l'odeur du bitume humide, de la fumée des stands de nourriture de rue et des éclats de conversations en plusieurs langues.

- C'est ça, Londres, s'enthousiasma Clara en ajustant son manteau. Ça grouille, ça vibre, ça te donne envie d'écrire un roman rien qu'en marchant ici.

Martha esquissa un sourire, absorbant l'énergie de la ville. Son cœur battait un peu plus vite que d'ordinaire. L'idée de se mêler à cette foule, de se perdre dans l'anonymat d'une métropole, lui semblait étrangement rassurante.

- On va où exactement ? demanda-t-elle.

Clara lui désigna un pub à la façade de briques sombres, surmontée d'une enseigne vieillie.

- C'est un petit bar sympa, il y a toujours de la bonne musique. Et ce soir, il y a un concert.

Elles entrèrent. L'atmosphère était tamisée, ponctuée de rires et de tintements de verres. Quelques groupes étaient installés près du comptoir, des habitués discutant à voix basse. La scène, minuscule, était encore vide, mais les amplis et le micro installés laissaient deviner que la musique commencerait bientôt.

Martha se sentait étrangement à l'aise. Ce n'était pas le genre d'endroit qu'elle fréquentait d'ordinaire, mais ce soir, elle avait envie de se laisser porter. Elles s'installèrent à une table près du mur, où le bois usé du mobilier portait les marques du temps et des verres renversés.

- Je vais chercher à boire, annonça Clara en se levant.

Martha hocha la tête et jeta un regard autour d'elle. C'est alors que son regard s'arrêta sur un homme adossé au mur près de la scène, une guitare en bandoulière. Il discutait avec un technicien, l'air concentré, et Martha sentit un déclic.

Liam Carter.

Le musicien de l'affiche qu'elle avait vue ce matin.

Il avait les cheveux ébouriffés d'un brun sombre, un jean élimé et une veste en cuir qui semblait avoir vécu plusieurs vies. Il riait à quelque chose que le technicien venait de dire, et son rire résonna jusqu'à elle, vibrant dans l'espace comme une mélodie en soi.

Martha détourna rapidement le regard, troublée par cette impression étrange de déjà-vu.

- Tiens, pour toi, fit Clara en posant un verre devant elle.

Martha prit une gorgée sans vraiment y penser.

Quelques minutes plus tard, le bourdonnement des conversations s'atténua et les lumières se tamisèrent. Liam s'approcha du micro, effleurant les cordes de sa guitare pour en tester l'accordage. Il leva brièvement les yeux vers la salle, et son regard rencontra celui de Martha.

Un instant fugace.

Puis, il commença à jouer.

Les premières notes résonnèrent, enveloppant l'espace d'une chaleur inattendue. Sa voix s'éleva, rauque, douce, chargée d'une émotion brute qui semblait parler à chaque personne présente.

Martha sentit un frisson lui parcourir l'échine. Ce n'était pas seulement la musique. C'était cette impression étrange que, pour la première fois depuis longtemps, quelque chose trouvait un écho en elle.

Et elle n'était pas certaine d'être prête pour ça.

Chapitre 4 – L'écho des mélodies oubliées

La dernière note s'évanouit dans l'air chargé d'éclats de voix et de rires, laissant derrière elle une vibration suspendue entre les murs du pub. Un silence respectueux s'étira avant que les applaudissements ne fusent, enthousiastes, sincères. Martha resta immobile, son verre à moitié oublié devant elle, le regard toujours fixé sur la scène où Liam, le visage éclairé par un sourire discret, remerciait le public.

- Il est doué, hein ? fit remarquer Clara en sirotant son cocktail.

Martha hocha la tête, incapable de mettre des mots sur ce qu'elle ressentait. Ce n'était pas seulement de la musique. Il y avait quelque chose dans sa voix, dans sa manière de jouer, qui semblait s'adresser à une partie d'elle qu'elle avait oubliée.

Le groupe enchaîna avec un autre morceau, plus rythmé, entraînant une partie du public à se lever pour danser près du comptoir. Martha sentit l'ambiance changer, plus légère, plus insouciante. Pourtant, une tension sourde persistait en elle.

- Je vais prendre l'air, lança-t-elle à Clara.

Sa meilleure amie lui jeta un regard interrogateur, mais n'insista pas. Martha attrapa son manteau et sortit dans la ruelle adjacente. L'air frais de la nuit lui mordit la peau, la ramenant doucement à la réalité.

Elle inspira profondément, tentant de remettre de l'ordre dans ses pensées. Elle n'était pas venue à Londres pour se laisser troubler par un inconnu. Elle était venue pour recommencer, pour se reconstruire, pas pour s'attacher à quelqu'un qui lui rappelait ce qu'elle voulait oublier.

- Belle soirée, non ?

La voix la fit sursauter. Elle se retourna brusquement et découvrit Liam, adossé au mur près de la porte de service. Il allumait une cigarette, le regard pensif.

- Désolée, je ne voulais pas te faire peur, ajouta-t-il avec un sourire en coin.

Martha secoua la tête, esquissant un sourire nerveux.

- Ce n'est rien... Tu joues vraiment bien.

Il haussa légèrement les épaules, comme si le compliment lui était étranger.

- Merci. T'as l'air d'avoir apprécié.

Elle croisa les bras, cherchant quoi répondre.

- Oui... Ta musique a quelque chose d'intense.

Liam la détailla un instant, puis tira sur sa cigarette avant de souffler la fumée vers le ciel.

- La musique, c'est fait pour ça, non ? Raconter des choses qu'on ne sait pas toujours dire autrement.

Martha sentit un frisson lui parcourir l'échine.

- C'est une belle façon de voir les choses.

Liam lui adressa un regard curieux, comme s'il essayait de deviner ce qui se cachait derrière son sourire réservé.

- Et toi, qu'est-ce que tu racontes ?

Martha hésita. Pendant une fraction de seconde, elle fut tentée de répondre honnêtement. De lui dire qu'elle était venue à Londres pour fuir quelque chose, qu'elle se cherchait encore, qu'elle avait peur d'être emportée par quelque chose de trop fort, trop réel.

Mais elle n'en fit rien.

- Rien d'aussi poétique, répondit-elle en haussant les épaules.

Liam eut un léger rire, puis écrasa sa cigarette sous sa chaussure avant de se redresser.

- Dommage. J'aime bien les histoires.

Il lui adressa un dernier regard avant de retourner à l'intérieur. Martha resta là, seule sous les lumières pâles de la ville, le cœur battant un peu plus fort que quelques instants plus tôt.

Et pour la première fois depuis longtemps, elle se demanda si fuir était vraiment la meilleure solution.

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Chapitre 5 – Murmures et éclats de lumière

Le matin s'étira lentement, laissant derrière lui les vestiges d'une nuit tourmentée. Martha s'éveilla au son lointain de la circulation londonienne, les échos de la veille encore suspendus dans son esprit. Elle roula sur le côté, fixant le plafond avec un soupir. Son corps était là, mais son esprit errait ailleurs, encore captif de cette conversation nocturne avec Liam.

Elle passa une main dans ses cheveux en bataille et finit par se lever à contrecœur. Clara n'était pas encore rentrée de son service du matin, et l'appartement baignait dans un silence paisible, seulement troublé par le bourdonnement discret du réfrigérateur et le tic-tac feutré de l'horloge murale.

Martha traîna les pieds jusqu'à la cuisine, se préparant un café qu'elle but à petites gorgées en contemplant la ville par la fenêtre. La grisaille londonienne était bien là, lourde, enveloppante. Pourtant, il y avait une certaine beauté dans ce voile brumeux qui recouvrait les toits.

Elle pensa à Julien. Il n'avait cessé d'envahir son esprit ces derniers jours. Depuis leur première rencontre, une curiosité étrange s'était installée en elle, se mêlant à une nervosité inexplicable. Elle avait toujours su garder ses distances, ériger des murs autour de ses émotions, mais quelque chose en lui fissurait lentement cette armure.

Un bruit de clé dans la serrure la tira de ses pensées. Clara entra en trombe, les joues rosies par le froid.

- Je suis gelée ! s'exclama-t-elle en secouant son manteau avant de l'accrocher.

Martha esquissa un sourire et lui tendit une tasse de café qu'elle accepta avec gratitude.

- Merci, tu es un ange.

Clara s'installa en face d'elle, observant son amie d'un regard perçant.

- Tu es encore dans la lune... C'est Liam ou Julien qui hante tes pensées ?

Martha releva la tête, prise de court.

- Quoi ?

Clara haussa un sourcil, amusée.

- Tu crois que je n'ai pas remarqué ? Liam a un faible pour toi, et toi... toi, tu as l'air complètement chamboulée quand Julien est dans les parages.

Martha roula des yeux avant de détourner le regard.

- Tu te fais des idées.

Clara prit une gorgée de café, sans la lâcher du regard.

- Bien sûr. Et moi, je suis la reine d'Angleterre.

Martha laissa échapper un rire malgré elle. Clara savait toujours comment désamorcer les tensions, comment la ramener à la réalité avec une légèreté salvatrice.

- Écoute, ajouta Clara en posant sa tasse, je sais que tu veux te protéger, mais tu es en train de te barricader complètement.

Martha soupira.

- Je ne suis pas prête à revivre quelque chose de sérieux.

- Et si ce n'était pas à toi de décider ?

Martha ouvrit la bouche pour répondre, mais son téléphone vibra sur la table, l'interrompant. Elle jeta un coup d'œil à l'écran. Un message de Julien.

"Un dîner ce soir ? Juste toi et moi. Rien d'extravagant, promis."

Son cœur manqua un battement. Elle sentit le regard insistant de Clara sur elle.

- Julien ?

Martha hocha la tête.

- Il veut qu'on dîne ensemble ce soir.

Clara afficha un sourire malicieux.

- Et tu vas dire oui, bien sûr.

Martha hésita, puis tapa une réponse rapide :

"D'accord. Mais sans paparazzis."

Quelques secondes plus tard, le téléphone vibra de nouveau.

"Marché conclu."

Clara poussa un cri de victoire.

- Ah, j'adore ! Tu vas mettre quoi ?

Martha leva les yeux au ciel.

- Ce n'est pas un rendez-vous.

Clara croisa les bras, l'air faussement vexé.

- Tu es d'un ennui mortel. Heureusement que je suis là pour t'aider à pimenter un peu ta vie.

Martha secoua la tête en riant, mais au fond d'elle, une légère anxiété s'installait. Elle ignorait où cette soirée la mènerait, mais une chose était certaine : elle n'était plus aussi sûre de vouloir fuir.

Le soir tomba rapidement, et Martha se retrouva devant son miroir, hésitant entre deux tenues. Son cœur battait un peu trop vite, son esprit oscillant entre l'excitation et la nervosité. Elle opta finalement pour une robe simple, fluide, qui tombait juste au-dessus de ses genoux, et un manteau beige qui lui donnait un air à la fois élégant et décontracté.

Julien l'attendait en bas de son immeuble, appuyé contre une voiture noire. À sa vue, il lui offrit un sourire sincère qui, malgré elle, fit accélérer son pouls.

- Tu es magnifique, dit-il simplement.

Elle baissa les yeux, légèrement troublée.

- Merci. Où est-ce qu'on va ?

- Tu verras.

Julien lui ouvrit la portière, et elle s'installa dans la voiture, incapable de se débarrasser de cette impression que la soirée ne serait pas aussi simple qu'elle l'avait imaginée.

Chapitre 6 – Ombres et lumières

La voiture filait à travers les rues de Londres, glissant entre les néons et les lampadaires qui peignaient la nuit de reflets dorés et argentés. Martha fixait le paysage qui défilait, consciente de la présence de Julien à ses côtés, du parfum boisé qui émanait de lui, de la façon dont ses doigts effleuraient distraitement le volant.

- Tu es nerveuse ? demanda-t-il en jetant un coup d'œil dans sa direction.

Martha redressa légèrement les épaules.

- Non. Enfin, un peu.

Il sourit, amusé.

- Ça me rassure.

- Pourquoi ?

- Parce que moi aussi.

Elle tourna la tête vers lui, surprise. Julien Marseille, cet homme sûr de lui, à l'aise sous les projecteurs, pouvait-il réellement être nerveux face à elle ?

- C'est difficile à croire, murmura-t-elle.

Il haussa les épaules, le regard rivé sur la route.

- Tout le monde a ses failles, Martha. Même moi.

Il y avait dans sa voix une sincérité qui la troubla. Il n'essayait pas de la séduire avec des paroles vides, pas plus qu'il ne cherchait à jouer un rôle. Il était simplement là, devant elle, avec ses propres doutes et incertitudes.

Quelques minutes plus tard, la voiture s'arrêta devant un petit restaurant niché dans une ruelle discrète. Loin des endroits branchés et envahis par les paparazzis, l'endroit respirait l'intimité et le calme.

- C'est ici ? s'étonna-t-elle.

- J'ai promis que ce ne serait rien d'extravagant, non ?

Il lui tendit la main en guise d'invitation. Après une brève hésitation, elle la saisit.

L'intérieur du restaurant était chaleureux, avec des lumières tamisées et une décoration élégante sans être ostentatoire. Quelques couples discutaient à voix basse, et une douce musique de jazz flottait dans l'air. Julien la guida jusqu'à une table près d'une fenêtre donnant sur une petite cour éclairée par des guirlandes lumineuses.

- C'est joli, murmura-t-elle en retirant son manteau.

- Je me suis dit que ça te plairait.

Ils commandèrent du vin et quelques plats à partager. La conversation s'amorça lentement, avec cette pudeur propre aux débuts, mais très vite, ils se retrouvèrent à rire, à échanger des anecdotes sur leur enfance, leurs rêves, leurs craintes.

- Alors, dis-moi, que faisait la petite Martha Parker avant de devenir graphiste ?

Elle esquissa un sourire.

- Elle passait son temps à dessiner sur les murs de sa chambre, au grand désespoir de ses parents.

Julien rit doucement.

- Une vraie artiste incomprise.

- C'est ça. Et toi ? Tu étais déjà destiné à la scène ?

Il prit une gorgée de vin avant de répondre.

- Pas du tout. Je voulais être musicien.

- Vraiment ?

- Oui. Mais je n'étais pas assez doué.

- Tu exagères.

- Peut-être, admit-il avec un sourire. Mais quand j'ai découvert le théâtre, j'ai compris que c'était là où je voulais être.

Martha observa son visage, captant cette étincelle qui brillait dans ses yeux lorsqu'il parlait de son métier. Il aimait ce qu'il faisait, cela se voyait.

La soirée s'étira, portée par une douceur inattendue. Mais au fond d'elle, une petite voix lui rappelait que rien n'était aussi simple. Que ce moment, aussi agréable soit-il, n'effaçait pas les complications qui viendraient avec.

Alors qu'ils quittaient le restaurant, la fraîcheur nocturne les enveloppa. Julien glissa doucement son manteau sur ses épaules.

- Merci pour ce dîner, dit-elle.

- C'est moi qui devrais te remercier.

Un silence s'installa, chargé de cette tension particulière qui précède les décisions importantes. Puis, avec une hésitation à peine perceptible, Julien leva la main et effleura délicatement son visage.

- Martha...

Son prénom sur ses lèvres sonnait comme une promesse, un aveu silencieux.

Elle aurait pu se reculer. Elle aurait pu mettre une barrière.

Mais au lieu de cela, elle resta là, immobile, sentant son cœur tambouriner dans sa poitrine.

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