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Une luna voleuse  prisonnière de L'alpha

Une luna voleuse prisonnière de L'alpha

Auteur:: HERMANN
Genre: Romance
Face à un père alcoolique , Ginger n'a eu d'autre choix que d'apprendre à survivre dans l'ombre. Elle flirte avec le danger, volant de l'argent des organisations les plus redoutables pour assurer sa survie. Mais sa chance tourne le jour où elle se frotte à un clan trop puissant. Loin de la tuer, ses nouveaux geôliers la traînent jusqu'au plus imprévisible des prédateurs : un Alpha. Et pas n'importe lequel. Son âme sœur. Dans ce monde où les liens du destin se nouent sans prévenir, Ginger refuse de céder. Elle lutte contre l'instinct, contre le désir brûlant qui la consume malgré elle. Mais pendant combien de temps sera-t-elle en mesure de résister. .?

Chapitre 1 01

Mes poumons me brulaient, et pourtant, j'avais le sourire aux lèvres. La nuit était tombée depuis bien longtemps, et les rues étaient désertes. Les cris derrière moi m'indiquaient qu'ils continuaient à me poursuivre, leurs armes en mains, et pourtant, j'avais cette adrénaline qui me parcourait les veines, et qui me donnaient envie de m'envoler.

Mon rire s'éleva dans les airs, alors que je me souvenais de leurs têtes lorsqu'ils m'avaient découvert en train de leur dérober leurs argents. Mes bottes émettaient une sorte de son satisfait contre le sol humide, après la pluie qui venait de tomber. Le son des anneaux qui se trouvaient accrochées à ma veste résonnaient dans les rues, leur indiquant où je me trouvais.

Il me fallait un peu plus de cette adrénaline.

Mes muscles commençaient à me bruler, presque autant que mes poumons, cependant, il s'agissait là de douleurs qui me faisaient du bien.

- Elle est par là !

Je tournai la tête un court instant, avant de tirer la langue aux personnes qui venaient de me retrouver. L'énervement était visible sur leur face, alors qu'ils brandissaient des battes, et des morceaux de batons. J'avais choisi ce coin en prenant soin d'étudier leur mode opératoire, autrement, je ne m'y serais jamais risquée si j'avais vu qu'ils possédaient des armes à feu.

Je montai les marches d'escaliers rapidement, et me laissai glisser dans la fente se trouvant entre deux batiments. Je passai tranquillement, et soufflai un grand coup, le sourire toujours présent sur mes lèvres.

- Sale garce !! Reviens tout de suite !!

Je mâchai mon chewing gum que j'avais coincé dans un coin de ma bouche, et fis un clin d'oeil à l'homme qui tentait de passer par la fente que je venais d'emprunter.

- Merci bien pour le sac !

Je lui montrai le sac empli de billets, et lui fis un petit au revoir de la main, avant de partir en marchant tranquillement, l'air de rien.

Comme si je n'avais rien fait de mal.

Ce qui était presque la vérité. Je n'avais fait que voler les gens qui avaient volé d'autres personnes auparavant. Je contournai la ruelle, et choisi de marcher tranquillement dans une direction opposée. Une fois certaine que plus personne n'était en mesure de me voir, je me faufilai dans les toilettes publiques, et retirai ma perruque, avant de jeter un coup d'oeil au miroir. J'avais pris soin de me déguiser pour éviter que des personnes ne me reconnaissent si jamais ils venaient à me croiser dans les rues, et avec la mixité de la population, je prenais également soin à camoufler mon odeur pour éviter que la moindre trace permette à mes victimes de me retrouver.

En plus, de nos jours, les humains faisaient facilement des alliances avec des loups, elfes, sorciers, ou vampires. Des personnes dont je préférais éviter soigneusement. Car la moindre trace les aiderait à me retrouver si facilement.

Et je ne voulais pas que l'on m'attrape.

Je retirai les lentilles de contacts de couleur grises et les changeais pour des lentilles vertes, puis entrai dans une cabine pour me changer. Je mis une nouvelle perruque, et crachai mon chewing gum dans les toilettes, avant d'abandonner ces deux sacs dans le coin. Je mis également de fausses lunettes sur mon nez, et un bonnet pour me recouvrir la tête.

Je sortis des toilettes, et repris ma marche après m'être parfumée soigneusement.

Je levai les yeux au ciel pour voir qu'il se couvrait, et j'accélérai ma marche pour rentrer chez moi.

Là, où ce cher père alcoolique attendait endormi profondément sur le canapé.

Père qui ne savait rien sur mes petites activités extérieures.

_______

Ses ronflements me tapaient sur les nerfs, et je n'avais pas d'autres choix que de me lever. M'attachant les cheveux, je me changeai, et baillai un grand coup en soupirant.

Il était temps de retourner en cours.

Ce que je n'aimais pas lorsque je gambadais, c'était que je perdais pas mal de temps à chaque fois. Voire plus de la moitié de la nuit. Ce qui ne me laissait que quelques heures pour dormir.

Je baillai derechef en me grattant la tête, et pris mon sac, avant de descendre les escaliers. Je me rendis au salon pour voir qu'il dormait toujours, la main sur son ventre, et la bouche entrouverte.

Je lâchai un son de frustration, avant de le pousser de toutes mes forces. Son corps roula et tomba sur le sol, émettant un cri de douleur. Il se mit à hurler des jurons en se relevant. Son regard croisa le mien, et son visage plein de colère me fit sourire.

Il était presque en mesure de faire la même expression que toutes ces personnes que j'avais pu voler.

- Sale garce !!

Il se tint la tête en gémissant, en se rendant compte que sa voix résonnait dans sa tête.

- Si tu buvais moins, tu ne serais pas dans cet état, je te l'ai déjà dit !

- Parle moins fort ! cracha-t-il.

Je roulai des yeux, avant de sortir les clés de ma poche.

- J'y vais. Essaye au moins de ranger la maison.

Je partis rapidement de la maison en fermant la porte à clé derrière moi, et marchai jusqu'à l'arrêt de bus. Mon ventre émit un léger grognement de protestation face au vide auquel il faisait face depuis hier soir. Le frigo était vide dans cette maison, et personne ne faisait les courses.

A part lui, lorsqu'il partait acheter de l'alcool.

Je grognai en me passant la main sur le ventre. Aujourd'hui allait être une longue journée.

Lorsque le bus arriva, je montai à l'intérieur et m'installai au fond du bus, posant mon sac à ma gauche, alors que je m'étais mise près de la fenêtre. Pourtant, le sommeil me rattrapa rapidement, et je m'assoupis l'espace d'un moment.

Je me réveillai en sursaut, avant de me rendre compte que j'avais raté l'arrêt de bus. Je jetai un coup d'oeil à l'heure et écarquillai des yeux en m'apercevant qu'une heure était passée...

Je demandai rapidement l'arrêt, avant de descendre pour me rendre compte que j'étais à l'autre bout de la ville, une partie que je ne connaissais pas du tout. Il n'y avait quasiment que des entrepots, et presque aucun signe de vie. Je soupirai en passant une main dans mes cheveux avant d'entendre une voix. Je courus alors jusqu'à l'arrière d'un panneau et vis des hommes habillés de costards noirs. La personne qui se trouvait au centre semblait être quelqu'un de bien riche.

- L'argent sera apporté ce soir... Oui, oui. Aucun souci. La sécurité a été mise en place.

J'arquai un sourcil. Ce qu'il venait de dire signifiait qu'une transaction allait avoir lieu, et que ces personnes allaient assurer la sécurité. De ce que je pouvais voir, je devinais aisément qu'ils étaient armés, pas comme les personnes que j'avais pu dérober avant.

C'était bien trop dangereux.

Mais ma conscience me disait qu'il était possible que je gagne plus d'argent d'un coup, ce qui me permettrait de passer moins de temps dans cette maison.

Que je pouvais donc partir plus tôt que prévu.

Je me mordis la lèvre inférieure, hésitante sur mon plan d'action. Il fallait que je retourne chez moi, pour récupérer des perruques, mais aussi me parfumer, et faire en sorte que personne ne puisse trouver le moindre indice qui me dénoncerait. Mon ventre grogna, ce qui me fit soupirer. Il faudrait également que je m'achète de quoi calmer mon estomac.

D'habitude, je prenais mon temps pour planifier quelque chose sans faille, afin que tout se déroule correctement, mais d'après ce que j'avais entendu, la transaction allait se dérouler ce soir, et je n'aurais pas d'autres chances devant moi.

C'était ma seule opportunité.

Les hommes finirent par partir, et je jetai des coups d'oeil autour de moi, pour repérer la soi-disant sécurité. Je contournai le panneau, et me rendis près de l'endroit où j'avais vu les hommes discuter. Je tournai alors la tête sur le côté et vis l'entrée d'un entrepôt. Avec les silhouettes qui se trouvaient près des fenêtres, je me doutais bien que la transaction allait se dérouler par ici.

Mais entrer maintenant pour faire un repérage des lieux, était un peu trop risqué, alors que je n'avais ni perruque, ni maquillage, ni lentilles de contacts, et encore moins de parfum.

Je fis le tour de l'entrepôt en repérant plusieurs entrées potentielles, et hochai la tête alors qu'un plan se formait dans ma tête. Prenant mon portable, je cherchai rapidement l'adresse de cet entrepôt, avant de me mettre à fouiller pour trouver un plan. Il s'agissait là d'un vieil entrepôt, et la chance me sourit, lorsque je trouvai le plan sur internet. A l'époque de sa construction, tout était mis sur le net, afin d'éviter toute perte de données.

Analysant le plan, je jetai quelques coups d'oeil au bâtiment, en me disant que ce soir allait être possible.

Et si la somme était suffisament grande, j'allais pouvoir partir plus tôt que prévu, afin de ne plus jamais revoir mon père. Alcoolique qu'il était, il ne serait pas dérangé par mon absence. Après tout, la conversation entre nous n'existait quasiment plus, et les seuls mots qui sortaient de sa bouche à mon encontre étaient des injures, dont je pouvais bien me passer.

Déterminée à quitter ce foyer, je regardai l'entrepôt avec fermeté.

- Ce soir...

Je revins sur mes pas, et me dirigeai à l'arrêt de bus, prenant bien garde aux horaires, puisqu'il fallait également que je planifie ma fuite sans aucun problème. J'étais quand même à l'opposé de la ville...

Je ne pouvais clairement pas rester dans le coin après mon vol, autrement, ces personnes me retrouveraient bien trop rapidement, et me feraient clairement ma fête. Je m'éloignai de l'arrêt de bus, pour voir s'il n'y avait pas d'autres moyens de locomotions, sans voir quoi que ce soit d'utile. J'aurais bien aimé conduire, mais je n'avais pas suffisamment d'argent pour prendre des cours, et encore moins de temps à gaspiller dessus, surtout qu'il me fallait de l'argent pour pouvoir me procurer une voiture.

Dans ce monde, tout ce qui importait était l'argent. Les gens avaient beau dire qu'ils ne pouvaient pas être heureux avec, mais en attendant, sans argent, les gens finissaient affamés. Ce n'était pas en restant dans cet état, que le bonheur pouvait être là. Pour mon moyen de transport, j'allais devoir inover, trouver quelque chose qui allait me sauver la peau cette nuit, autrement, j'allais surement finir avec une balle dans la tête.

Très peu pour moi.

Me mordant la lèvre, je retournai à l'arrêt de bus, et attendis un moment qu'il passe, avant de monter à l'intérieur et de m'installer au fond du bus. Cette fois-ci, je ne me laissai pas m'assoupir, et me focalisai sur l'environnement, afin de capturer les moindres détails qui pourraient m'être vitale ce soir.

Et si tout se passait bien, j'allais pouvoir voir la ligne d'arrivée. La liberté, le soulagement étaient à portée de mains. Il me suffisait peut-être de ce soir seulement pour mettre fin à toutes mes petites parties de vols.

C'était ce que je pensais à ce moment-là. Je n'aurais jamais cru que le fait d'avoir fait ça ce soir là, allait me mener directement vers autre chose qu'une liberté et un soulagement.

Parce que j'étais naive, et chanceuse, je pensais que cette chance allait me suivre jusqu'à la fin. Mais j'avais beau me préparer, la suite ne se déroula pas comme je l'avais clairement prévu.

Chapitre 2 02

Chapitre 2

Je baillai un grand coup pendant le cours qui se déroulait, et passai ma main dans mes cheveux. La nuit avait été longue et je n'avais pas pu dormir. Au lieu d'avoir ressenti cette petite excitation après avoir dérobé leurs argents, et réussi à avoir fui sans aucun souci, tout ce que je ressentais n'était que de l'anxiété. Comme si je savais que quelque chose allait se passer, mais je ne savais pas quoi exactement.

- Ginger !

Je levai les yeux de mon cahier pour voir que la prof me regardait avec sévérité, et je soupirai.

- Oui ?

- Tes devoirs ! Où sont-ils ?! Et pourquoi étais-tu absente hier ?

- Mon père était malade, je devais m'occuper de lui.

Presque une semi-vérité. M'occuper de voler les gens, me permettaient de m'occuper de mon père, afin de justement m'en aller de chez lui, parce qu'il était malade.

Malade d'alcool.

Son regard s'adoucit légèrement, avant de me désigner le tableau.

- Viens faire cet exercice.

Tous les yeux étaient braqués sur moi, et attendaient ma réponse.

- Désolée, Madame, mais nous savons toutes les deux que je ne saurais pas résoudre ce problème, alors je vais vous faire gagner du temps, en déclinant votre proposition.

Des petits rires s'élevèrent dans la salle, alors que je voyais presque une veine sur le front de la prof de maths. J'aurais voulu être studieuse, mais ma volonté pour ça n'était pas aussi forte que ma volonté de dérober les gens.

Je savais qu'avec un bon diplôme, j'aurais pu réussir l'entrée de différentes universités, si je m'étais mise à travailler, mais préparer des plans me prenaient du temps, et nécessitaient des peaufinages.

Après tout, sans argent, même avec un bon niveau, je n'aurais pas pu intégrer l'université que je voulais.

- Sors de ma salle !!

Je souris, et récupérai mes affaires.

- Pas de soucis ! Je pensais justement qu'il était temps pour moi de rentrer !

Je lui fis un clin d'oeil en sortant, et les rires fusèrent, alors qu'elle tentait de les calmer. Longeant le couloir, je lâchai un soupir. Je n'arrivais décidément pas à me contrôler, et je devenais systématiquement le clown de service. Mes notes étaient en chute libre, et j'étais proche de l'exclusion. Ils avaient tenté de contacter mon père, mais ce dernier ne répondait plus. Plus depuis qu'il s'était mis à boire.

Depuis que ma maman était morte.

Je fis un petit son de réprobation avec ma langue, avant de sortir du lycée en trainant des pieds. Quand je me faisais exclure de la sorte d'un cours, j'avais tendance à ne pas revenir pour les autres cours, et les profs le savaient pertinemment. Je préférai alors aller aux arcades dans ces moments là, pour me vider la tête, en utilisant un peu de mon argent que je sauvegardais pour fuir.

Mon ventre grogna à nouveau, et je me rendis compte que je n'avais rien mangé depuis la veille, depuis que je les avais dérobés. Pour être honnête, j'avais été stressée et je pensais que tout allait se dérouler de travers. Je ne m'étais jamais frottée à un niveau supérieur, et le fait de savoir que ces hommes auraient pu me tuer n'avait fait que renforcer mon anxiété.

Prenant le bus, je m'arrêtai 10 arrêts plus tard, pour me retrouver devant les arcades, où je souris en voyant que des personnes se trouvaient déjà là. Pas mal de gens ici jouaient quand ils séchaient les cours. Je m'installai à une table, et allai commander un milkshake au chocolat, ainsi qu'un donut sucré. Une femme vint me servir, et je lui donnai l'argent, ainsi qu'un pourboire.

Je sirotai ma boisson rapidement, et avalai le petit bout de donut, avant d'aller m'installer derrière une machine de jeux. Tout se passait bien jusqu'à ce que je sente plusieurs présences derrière moi. Je me tournai pour voir trois hommes, tous baraqués, et je leur adressai un petit sourire candide.

- C'est elle.

- Elle me parait bien frêle...

- C'est la même odeur.

J'arquai un sourcil avant de me redresser pour les regarder un à un.

- Un souci, messieurs ?

- Il serait préférable que tu nous suives, me conseilla l'homme qui semblait être leur chef.

Il avait des cheveux chatains, et un regard bleu assez perçant. Il faisait surement dans les 1m80, sachant que je ne faisais que 1m63.

- Je ne suis pas les inconnus, désolée.

Je les contournai, mais une main se posa fermement sur mon épaule.

- Ça vaudrait mieux pour toi, fit la voix d'un des hommes.

- Et pourquoi donc ?

- Ne fais pas l'innocente. Nous savons que tu es responsable de vols d'argent ces derniers temps.

Mon coeur prit de la vitesse, alors que je cherchais la moindre faille dans mes plans. J'avais clairement pris la peine de tout camoufler, et pourtant, ils avaient été en mesure de me retracer jusqu'ici.

- Pardon ? Quels vols ?

Je les regardai sans comprendre, tout en me dégageant de la prise de l'homme.

- Vous avez des preuves de ce que vous dites ? Autrement, c'est comment on dit déjà... de la diffamation ?

- Elle ne compte décidément pas lâcher l'affaire.

- Vous n'êtes pas un peu trop vieux pour me faire du rentre dedans comme ça ? Devant autant de personnes en plus ?!

J'avais parlé suffisamment fort pour attirer l'attention des gens qui se trouvaient autour de nous, et ils remarquèrent bien qu'ils étaient reluqués de la tête aux pieds.

- Sortons.

Le soi-disant chef attrapa mon bras, et enfonça ses doigts dans ma chair, ce qui me fit grogner.

- Je ne vois pas pourquoi je devrais vous obéir !

Il montra subitement les crocs, et mon ventre se noua sous la peur.

- Et ça ose me montrer ses crocs !

Je faisais face à des loups garous. Je n'avais pas pour habitude de leur faire face, mais maintenant qu'il y avait trois grands gaillards, c'était assez terrifiant.

- Ferme la ! s'énerva-t-il.

- Et les gars ! Vous saurez que si je disparais, c'est à cause de ces mecs !

Les gens qui se trouvaient l'arcade s'étaient levés, surpris de ce qu'il se passait, et certains osèrent venir vers nous.

- Qu'est-ce que vous faites ?

- Ça ne vous regarde pas, cracha le chatain.

- Un peu, si. On ne peut pas laisser des mecs enlever quelqu'un de cette manière.

- Lâchez-la.

Remarquant qu'il n'allait rien tirer de la situation, le chatain me lâcha.

- On devrait appeler la police, non ? proposa une personne qui jouait tranquillement avant d'intervenir avec les autres.

Je vis le corps des trois gaillards se tendre.

- La police semble une bonne idée. J'ai l'impression qu'ils vont continuer à m'importuner autrement.

- On f'rait mieux de partir.

Le chatain me fusilla du regard, avant de faire signe aux deux autres de partir. Je les vis s'en aller et je leur fis signe de la main.

- Ce fut un plaisir, messieurs !

J'entendis leurs grognements, et mon sourire s'évanouit l'espace d'un instant, avant que je ne me tourne vers les personnes qui m'étaient venues en aide.

- Merci de m'avoir aidé.

- Pas de soucis. Si jamais ils viennent t'importuner à nouveau, dis le nous. On s'en occupera.

Au vue de la différence de silhouette, je savais que ces trois hommes auraient eu raison de ces personnes qui m'étaient venues en aide.

Je devais partir rapidement. Je savais qu'ils n'allaient pas me laisser tranquilles. Je pris mes affaires, et montai dans le premier bus qui passait, en voyant qu'ils avaient tous trois tournés la tête en voyant que j'étais partie.

Le chatain sembla leur donner un ordre, et les deux hommes se mirent à courir derrière le bus. Je roulai des yeux en voyant à quel point ils étaient extrêmes.

Ils étaient des loups garous si je ne me trompais pas, ce qui voulaient dire qu'ils avaient une très bonne endurance, et j'avais peu envie de les mener directement chez moi, alors autant faire un petit tour de la ville. Le bus s'arrêta toutefois à un arrêt, et je vis les deux hommes monter dans le bus. Ils me virent, et j'attrapai mon sac, avant de descendre du bus au dernier moment, les laissant coincer à l'intérieur. Je courus alors en direction d'un restaurant, où j'entrai dans les toilettes directement et me changeai avec des vêtements qui se trouvaient dans mon sac, avant d'enfiler une perruque, et des lentilles de contact. Je me parfumai aussitôt pour changer d'odeur, et abandonnai mon sac dans les toilettes, avant de sortir par la fenêtre. Je me retrouvais alors dans une ruelle, où je me faufilai dans la foule pour perdre ces hommes.

Je savais qu'ils avaient un bon odorat et qu'ils feraient rapidement le lien avec ma nouvelle apparence, mais si je pouvais gagner du temps, j'étais preneuse. Tant que je restais où il y avait du monde, je pouvais m'en sortir.

Je m'arrêtai en voyant l'un des hommes non loin de moi. Je fis alors demi-tour, et vis l'autre homme qui me recherchait.

Putain.

Je passai devant lui en me tenant près d'un couple, et une fois hors de portée, je me remis à courir, mes poumons commençant à brûler. J'aurais aimé rire de la situation comme je le faisais souvent avec les autres, mais je ne pouvais pas maintenant, j'avais trop peur.

Je ne savais pas ce qu'ils comptaient faire de moi, si jamais ils venaient à m'attraper.

- Personne ne t'a jamais dit qu'il ne fallait pas jouer de cette manière avec des loups ? Nous aimons vraiment la chasse.

Je m'arrêtai nette en faisant face à cet homme aux cheveux chatains. Il avait un sourire aux lèvres, malgré le petit air énervé qu'il avait sur le visage. Je souris malgré moi.

- Le jeu est déjà terminé ?

- Pour toi, oui.

Il m'attrapa soudainement et me balança sur son épaule comme si de rien n'était.

- À L'AIDE, IL...

- Si tu ne te tais pas, ce sera à ton père que nous nous en prendrons.

J'éclatai de rire.

- Vous avez pris mon père en otage ? J'aurais tout vu ! Vous avez regardé trop de films !

- Nous savons où tu habites. Inutile de fuir.

Sa voix était sérieuse, et je ne voulais pas embarquer mon père dans mes problèmes, alors que je m'étais impliquée moi-même dans ce genre de conneries. L'homme emprunta une ruelle déserte avant de me mener droit vers une voiture où les deux hommes étaient déjà installés. Je lâchai un son de réprobation avec ma langue alors qu'il me balançait à l'arrière comme un tas de déchet.

- Tiens toi tranquille maintenant, autrement, on devra utiliser la force.

Je voulus sortir de la voiture, mais la portière était verrouillée.

- Je t'ai dit de te tenir tranquille.

Je roulai des yeux en soupirant, et gardai mes yeux rivés sur l'extérieur, avant de me rendre compte où on se rendait. Mon coeur rata un battement quand je vis à l'horizon l'entrepôt.

Là où j'avais volé de l'argent juste la veille.

Oh oh, serait-ce le karma qui me rattrapait ?

Chapitre 3 03

Les trois hommes qui m'avaient capturée m'avaient abandonnée aux mains de ceux que j'avais volés la veille. Des liens me nouaient les poignées, et mes chevilles.

Ils avaient quand même pris la peine de m'attacher et de me mettre assise sur une chaise.

- Tu vas nous dire où se trouve l'argent ?!

- Qu'est-ce que j'y gagne ?

L'homme presque chauve me regarda d'un air surpris.

- Ce que tu gagnes ?! Ta vie !!

- J'y crois peu, vous savez. Dans les films, c'est ce qu'ils disent tous, pour au final, tuer la personne.

L'un d'eux éclata de rire, une batte en main.

- Le pire, c'est que t'as raison ! Par contre, le fait que tu ne veuilles pas en parler, nous permet de te torturer !

Il donna alors un coup de batte dans mes côtes, ce qui me fit grogner de douleur.

- C'est tout ce que tu as ? lançai-je.

Je savais que je ne devrais pas faire ça alors que j'étais à leur merci, mais c'était plus fort que moi. Je n'arrivais pas à corriger mon attitude alors que j'étais surement au bout de ma vie. Un coup de pied vint s'écraser contre mon ventre, alors que je tombai de la chaise sur laquelle ils m'avaient installée.

Fuck, ça faisait un mal de chien.

- Parle !!

J'eus un petit rictus qui se transforma en sourire.

- Vous ne m'avez toujours pas donné de raisons valables.

Il tira sur mes cheveux, et la perruque se retira, ce qui les surprit.

- Une perruque ?

- En plus, ça se déguise !

- J'suis mignonne avec, non ?

- Fais la parler, elle me soule, c'te garce !

Cette fois-ci, l'homme chauve attrapa mes vrais cheveux, et approcha son visage du mien.

- Parle, sale garce ! Dis nous où tu as mis l'argent !!

- Votre bouche ne sent vraiment pas la rose, vous savez ? Vous auriez pu prendre un chewing gum, ou j'sais pas, un bain de bouche aurait été le bienvenue.

La veine apparut sur son front, et j'entendis des rires derrière nous.

- Elle est marrante, elle.

Le chauve me gifla sous la colère, et je grimaçai.

- L'humour, vous connaissez clairement pas.

Il tira plus fort sur les cheveux, avant de me jeter à terre, mon visage s'éraflant contre le sol. Je ne préférais pas imaginer les dégâts que ces connards étaient en train de me faire subir. Une douleur surgit au niveau de mes chevilles et j'écarquillai des yeux, avant de serrer les dents, et de m'enfoncer les ongles dans ma peau, pour ne pas crier.

Je ne leur donnerai pas ce plaisir.

- Quoi ? J'entends plus ce que tu dis ?

Je le fusillai du regard, alors que l'homme chauve éclatait de rire.

- Tu peux mieux faire, grognai-je.

- Arrête de faire la discussion avec elle ! Fais en sorte qu'elle nous dise où se trouve le pognon !

Si je me souvenais correctement du plan du bâtiment, je pouvais encore m'en sortir, si je réussissais à me lever, et à fuir de leurs mains.

Le chauve grogna de frustration, avant de me donner plusieurs coups de pieds dans le ventre avec une telle force, que j'étais certaine que mes organes devaient être en miettes.

- DIS NOUS OU EST LE POGNON !!

- J'ai... toujours pas mes... raisons valables...

Il lâcha un cri énervé, avant de tourner sur lui-même.

- Que quelqu'un d'autre la fasse parler, autrement, je vais la buter, et personne ne retrouvera le pognon.

Il s'éloigna et un homme aux cheveux longs attachés en une queue de cheval apparut. Lui également portait un costard noir, et une cicatrice se trouvait sur son front. J'émis un petit rire, ce qui le fit froncer les sourcils.

- Qu'est-ce qu'il te fait rire, fillette ?

- Vous êtes le fameux Larry Crotter ? J'veux dire, avec la cicatrice et tout.

Il eut un sourire, avant d'éclater de rire.

- J't'aime bien, fillette. T'as un bon sens de l'humour même dans ce genre de situation.

Il s'agenouilla pour se retrouver à ma hauteur, et attrapa mon menton.

- Ce serait con de te faire du mal encore une fois, alors que tu pourrais nous dire gentiment où t'as planqué l'argent. Ensuite, on te libère, et c'est terminé.

- Vous me libérez, et me tuez, c'est ça ?

Il secoua la tête de gauche à droite.

- Promis, on te laissera vivante. Après tout, c'est pas comme si tu pouvais dire aux flics que nous n'avions fait que récupérer ce qui nous appartenait.

Il était bon, ce gars.

- Une promesse se fait en présence de l'auriculaire. Il me semble que le tien est inexistant en ce moment-même, mec.

J'avais baissé les yeux pour voir que sa main manquait ce doigt.

- Bonne observation, gosse.

- Ca veut dire que ce n'étaient que des paroles en l'air ?

Il sourit de toutes ses dents et se tint le menton pendant quelques secondes.

- Qu'est-ce que t'en dis ? Si on faisait un contrat ?

- Un contrat avec des gangsters ?

- On n'est pas vraiment des gangsters, tu sais ?

- J'ai pas envie de savoir vos magouilles.

Il lâcha un son de réprobation, comme s'il commençait à perdre patience à son tour. Je souris intérieurement, mais il soupira soudainement, puis sortis un couteau de sa poche.

- Je pense que je vais devoir accélérer les choses. Que dirais-tu de ça ? Je pose les questions, et si jamais ta réponse ne me satisfait pas, je te découpe un doigt.

- Oh, c'est ce qui t'es arrivé ? C'est pour ça qu'il te manque l'auriculaire ? Ca voudrait dire que s'il me manque des doigts, je finirai dans votre gang ?

- Personne veut de toi ici ! entendis-je.

C'était la voix du chauve.

- La ferme, Otis ! T'aides pas avec tes putains d'interventions !

- Mais j'en ai ras le cul d'entendre cette pute !

- Hé ho ! Arrête d'insulter les gens ! intervins-je. Que je sache les putes t'ont rien fait à part te donner du plaisir !

L'homme en face de moi éclata de rire, et d'autres personnes le rejoignirent.

- Putain, il faudrait vraiment qu'elle vienne avec nous. On avait pas rigolé autant depuis bien longtemps, fit quelqu'un que je ne pouvais pas voir.

- Qu'elle nous donne le pognon, et on verra ensuite.

- Oh ! Chef !

Oh oh, le chef s'était déplacé.

- Remets la assise.

L'homme au couteau me souleva et me mit sur la chaise. Je clignai les yeux l'espace d'un instant et vis l'homme de la veille. Celui qui avait écarquillé des yeux en me voyant voler son argent. Il portait un costard bleu, et ses yeux bruns me fixaient de la tête aux pieds.

- Ils ont l'air de t'apprécier, mis à part Otis... Tu pourrais faire partie du gang si tu venais à nous dire où tu as mis l'argent.

- Argent ? Quel argent ? Et puis, peu pour moi cette histoire de gang. Vu la manière dont vous vous organisés, vous faites des choses pas très très beaux, vous voyez ? Rien que la manière dont vous m'avez enlevé, et torturés, c'est difficile pour moi, de me dire que je devrais faire ce genre de chose avec vous, rien que pour faire parler une personne innocente.

Il sembla tiquer, car son sourcil s'était relevé d'un coup sur son visage impassible. Une gifle vola rapidement, et je fusillai Larry Crotter du regard.

- Ne parle pas de cette manière au chef !!

- Vos magouilles ne vous ont pas arrêté. Vous avez clairement blessé mon visage avec vos conneries. On vous a jamais appris que le visage d'une femme était précieux ?

- Une femme, toi ?! Laisse-moi rire ! intervint Otis.

- J't'ai pas parlé, l'chauve. Retourne lustrer ta tête !

Je fronçai les sourcils en voyant le chef retenir un rire, ce que tout le monde avait remarqué.

- Je n'avais pas vu de jeune femme aussi impertinente depuis bien longtemps.

- Chef, l'Alpha Dawton est là.

- Pourquoi faire ?

- Je ne sais pas.

- J'arrive. Faites la parler. Je veux savoir où est mon argent.

Il s'éloigna, et je reportai mon attention sur les autres, qui semblaient réfléchir sur ce qu'ils allaient faire.

- Sans l'intervention de Noah et de tes hommes, nous n'aurions pas pu trouver la voleuse aussi rapidement. Merci.

- Où est-elle ?

- Mes hommes sont en train de l'interroger.

J'avais pu entendre cette conversation qui se déroulait au loin, tout simplement parce que ces hommes n'avaient pas encore trouvé quoi faire pour m'interroger. La voix me semblait grave, et mon coeur avait pris de la vitesse rien qu'en l'entendant.

Ginger, c'était pas le moment.

- C'est tout ce que vous avez ?

- Rien à foutre de sa vie !

Otis marcha la batte en main, dans ma direction, et prit suffisamment d'élan pour me frapper à la tête. Je tombai sur le sol en gémissant, sentant un liquide chaud se propager autour de moi.

Tout ça parce qu'une bande de trois cons m'avait capturée. Autrement, j'aurais été tranquille aux arcades toute la journée.

- Putain !!! Mais qu'est-ce que t'as foutu ?! Tu vas la tuer !!!

J'avais l'oreille droite qui sonnait, et ma vision était devenue floue l'espace d'un instant, ce qui n'était pas très bon signe pour moi. Un grondement retentit, et me fit bien plus mal à la tête.

- ECARTEZ VOUS DE LA TOUT DE SUITE !!

- Dawton ?

- LE PROCHAIN QUI LA TOUCHE, JE LUI ARRACHE LA TETE !

Des bruits de pas se rapprochèrent de moi, et une main se posa sur mon visage, créant un frisson dans tout mon corps. J'avais presque l'impression d'être soulagée de la douleur, rien qu'à ce contact. J'entendis un grognement par dessus le sifflement qui régnait dans mon oreille.

- Je vais te tuer, Otis.

- Q-quoi ?! Elle me tapait sur les nerfs avec ces putains de remarques !

- FERME LA.

- Dawton, calme toi, et dis nous ce qu'il se passe !

- Vous avez osé blesser mon âme soeur !!

- Q-quoi ?! Mais on savait pas que c'était ton âme soeur ! C'est Noah qui l'a ramené !

Je lâchai un gémissement de douleur en tentant de bouger ma tête, mais une main m'arrêta.

- Ne bouge pas, tu risques d'empirer ta blessure.

- J'ai... pas besoin de ton aide...

- On ne pouvait pas deviner que c'était ton âme soeur ! En plus, elle nous a volé notre argent !

- Je vous rembourserai en retirant l'argent qui servira à la soigner.

Il me souleva, en maintenant ma tête, et la posa contre son torse. La chaleur qui émanait de lui était rassurante, et apaisante. Je n'avais jamais connu cette sensation.

Celle d'être en sécurité.

Son coeur battait fort dans sa poitrine, et malgré le sifflement qui persistait dans mon oreille, je me sentais bien.

- Je t'emmerde ! entendis-je.

- Qu'est-ce que tu racontes ...

- Arrête de parler, et garde tes forces.

Si je n'avais pas si mal, il pouvait être certain que j'aurais déjà fui de ses bras.

- Je ne vois pas... pourquoi je t'écouterais...

- Parce que tu es dans un mauvais état.

Je lâchai un grognement.

- Et ne dors pas. Je t'interdis de dormir.

- Tu dis trop d'chose... l'inconnu...

- Dawton. Pas l'inconnu.

J'avais presque envie de rouler des yeux, alors qu'il me faisait la conversation comme si de rien n'était. Comme si le fait de voir une inconnue couverte de sang et de blessures ne lui faisait rien.

- Hé ! Je t'ai dit de ne pas dormir !

Sur qui venais-je de tomber encore ?

Il était chiant. Très chiant.

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