Vendredi soir à huit heures, un banquet était organisé au Four Seasons Garden Hotel. Tout y était luxueux et il y régnait une atmosphère chaleureuse et conviviale. Les invités portaient joyeusement des toasts et discutaient de l'événement.
Voyant l'enseigne, Nina Lu a déclaré d'un ton incertain : « Ce doit être celui-ci ».
Ses sourcils froncés mettaient en exergue sa frustration. Elle était consciente du fait qu'entrer dans un tel endroit sans invitation ne serait pas chose facile. Qu'allait-elle donner comme excuse à la réception? Alors qu'elle réfléchissait, une silhouette élancée a surgi devant elle. Il s'agissait d'Isabella Zhang, une de ses anciennes camarades de classe.
« Isabella », l'a-t-elle interpellée en la saluant. La jeune fille surprise s'est retournée en clignant des yeux. Elle n'en revenait pas voyant la personne qui l'avait interpellée. « Que fais-tu ici? ».
Isabella s'est rapprochée, renfrognée, était déçue de ne pas sentir le parfum aux phéromones qu'elle lui avait donné. « Pourquoi n'as-tu pas mis le parfum? ».
« J'ai quelque chose d'urgent à faire et je suis sortie de la maison à pas de course ; je n'ai pas pu le mettre. » En réalité, elle n'avait pas l'habitude de porter de parfum. Son regard était focalisé sur la foule. « Au fait, peux-tu me faire entrer? ».
« Bien sûr que je peux », a affirmé Isabella Zhang toute souriante avec des yeux pétillants.
Elle a ensuite sorti le parfum de ses poches et l'a aspergé sur Nina Lu.
En toussant, Isabella s'est couvert le nez. « Je suis allergique à cette odeur », expliquait-elle en agitant sa main devant sa face ; comme pour disperser l'odeur du parfum.
Sans tarder, Isabella l'a fait entrer dans l'hôtel et l'a mise dans l'ascenseur.
Une fois les portes de l'ascenseur refermées, Isabella a souri méchamment, ravie d'avoir aspergé Nina du parfum. Elle s'estimait chanceuse de l'avoir apporté avec elle. En effet, cette invention tombait à point nommé ; peu importe à quel point une femme était pure ou sainte, elle agirait de manière provocante sous son influence et peu importe l'abstinence d'un homme, il serait tout de suite excité par l'odeur.
Il y avait des centaines d'hommes à la fête ce jour-là. Isabella avec un sourire en coin, se disait à elle même : « Bonne chance, Nina. j'espère que tu ne coucheras pas avec quelqu'un d'hideux. »
Nina est arrivée au vingtième étage, où il n'y avait que deux suites VIP. Ayant frappé à la porte de gauche, celle-ci a été ouverte par un homme charmant qui tenait dans ses bras une femme coquette.
Elle a titubé en arrière par surprise, elle pensait s'être trompée de chambre et, détournant le regard, elle s'est excusée d'un air gêné : « Mes excuses. Vous pouvez continuer ».
Dès qu'elle s'est retournée, il l'a retenue. « Attendez, voulez-vous rencontrer monsieur John? ».
Il l'a examinée de la tête aux pieds, se disant que vue son apparence, elle devait être une fille pure et sage, et que pour cette raison, John pourrait ne pas la renvoyer comme il l'avait fait dans le passé avec d'autres femmes.
Quelques minutes plus tôt, James Shi a juste contacté John Shi pour lui annoncer une surprise. Il ne s'attendait pas à ce que la femme lui soit livrée dans un délai aussi court.
« Il est à l'intérieur. » Avant que la jeune femme n'assimile ses propos, il l'a poussée à l'intérieur et a fermé la porte.
Nina est entrée dans la suite en titubant, manquant presque de tomber. Lorsque la porte s'est refermée derrière elle, ses yeux ont scruté la pièce.
Entendant des pas qui s'approchaient, elle s'est immédiatement retournée. Un grand et bel homme se tenait juste en face d'elle. Bien qu'ayant l'habitude de côtoyer de beaux garçons, aucun d'entre eux ne pouvait égaler celui devant elle à ce moment précis.
Son torse était ferme, sa peau claire et ses muscles extrêmement attrayants, en particulier à cet instant où, des gouttes d'eau tombaient entre ses abdominaux. Elle a dégluti à cette image.
« En avez-vous vu assez? », lui a-t-il demandé froidement, la ramenant à la réalité. Se rappelant sa mission, elle a secoué la tête pour s'excuser : « Je suis désolée. Je doit m'être trompée de chambre ».
Dans ce monde, seuls deux types de personnes pouvaient se tromper de chambre dans un hôtel : les stupides ou les manipulateurs. Pour lui, elle faisait partie de la dernière catégorie.
John Shi la regardait avec attention. Elle avait un beau visage, la peau claire et un nez fin.
Sa peau de porcelaine était d'un rose clair, et ses grands yeux brillants étaient empreints d'innocence. Il y avait quelque chose en elle qui l'attirait presque immédiatement.
« Non, vous ne vous êtes pas trompée. »
Elle devait être la surprise dont James lui avait parlé.
Il était habitué à ce genre de situations. Mais les femmes que James lui avait envoyées auparavant avaient toutes été expulsées. En réalité, il n'y avait même pas prêté attention.
Voyant que Nina devait être de la même tranche d'âge que son neveu James, soit environ vingt ans, il a jugé qu'il lui fallait être bienveillant envers elle.
« Depuis combien de temps faites-vous cela? », lui a-t-il demandé avec le même ton de réprimande que pour James.
Affichant sur son visage un air perplexe, Nina a froncé les sourcils. « C'est ma première fois », a-t-elle répondu en toute honnêteté.
Elle assistait à la discussion et l'analyse des cas lors du briefing dans le bureau des profs, et c'était la première fois qu'elle enquêtait sur le terrain.
Elle avait eu vent de ce que les deux cas de suicide étaient sur le point d'être classés sans suite au poste de police. Elle a toujours eu le sentiment qu'il ne s'agissait pas de simples suicides. Elle était en fait venue à cet hôtel pour faire le rapprochement entre les deux événements. Une partie d'elle avait le sentiment que les deux victimes étaient liées, et elle voulait trouver des indices qui pourraient le prouver.
La semaine précédente, elle a parcouru les hôtels environnants dans l'espoir de trouver des indices pour étayer son point de vue.
« Votre première fois? Donc jusqu'ici tout ce que vous savez n'est que théorique? », a-t-il demandé en s'asseyant. Il a ensuite pris un verre de vin et l'a siroté.
Nina lui a jeté un coup d'œil par inadvertance et s'est rendu compte qu'elle n'arrivait pas à le quitter des yeux.
« J'ai étudié la théorie pendant deux ans. »
« Vraiment? », il a ri comme s'il venait d'entendre une blague.
« Y a-t-il réellement une théorie pour ce genre de profession? Et en quoi consiste l'examen de fin d'études? Trouver un homme sur qui s'exercer?.
« Ne me prenez pas de haut », a-t-elle retorqué. Elle était sur le point de se retourner et de s'en aller lorsqu'elle a entendu sa voix.
« Qu'est-ce qui vous fait penser que vous êtes digne de respect? Combien vous ont-ils payée? », a-t-il poursuivi, en allumant une cigarette et en expirant un nuage de fumée. Il ne pensait pas que les femmes faisaient ce métier dans un but non lucratif.
« Rien », a-t-elle répondu d'un ton ferme.
Rien?
C'était la plus belle fille qu'il ait jamais vue, à tel point qu'elle pouvait valoir des dizaines de milliers de dollars dans ce cercle.
Voyant qu'elle était sur le point de s'en aller, John s'est énervé. « Vous ai-je demandé de prendre congé? » Il a à nouveau tiré son cigare, intensifiant la lueur de la petite boule de feu à son extrémité. .
Personne ne lui tournait le dos, encore moins sous son toit.
Elle s'est arrêtée avec le cœur rempli de colère. « Écoutez, notre profession ne peut pas être compensée par de l'argent. Vous devez avoir conscience du danger que cela représente, en particulier dans ce type de cas. Dans un milieu aussi restreint, quelqu'un pourrait perdre la vie si je ne fais pas bien mon travail. Je ferais mieux de m'en aller maintenant. »
Quelqu'un pourrait perdre la vie?
Déconcerté, il a baissé inconsciemment le regard et a fait une introspection rapide. Était-il vraiment si terrible?
Nina a écarquillé les yeux en réalisant d'un coup la connotation des échanges avec son interlocuteur.
Il a dû la prendre pour...
Elle a rougi.
« Espèce... d'éffronté! », s'est-elle exclamée avec indignation en le montrant du doigt.
John était sans voix. Comment pouvait-elle le traiter d'effronté alors qu'il était son employeur pour la nuit?
« Sais-tu même ce qu'effronté veut dire, fillette? » John s'est levé brusquement pour jeter la cigarette qu'il tenait dans le cendrier, et sans plus tarder, il s'est dirigé vers Nina, qui avait l'air minuscule en comparaison avec sa grande silhouette. Il l'a repoussée dans un coin, tandis que la jeune fille, les poings serrés, retenait sa respiration, sachant qu'elle ne pourrait pas revenir en arrière.
L'odeur unique de cet homme lui chatouillait les narines et elle a rougi très fort, et le fixant du regard, elle a presque rugi : « Je ne suis pas le genre de personne que tu crois que je suis! »
Toutefois quand il s'est approché d'elle à l'instant, il a senti que quelque chose n'allait pas. Quelque chose dans son parfum le poussait à ne pas vouloir s'éloigner.
Cela avait brisé toutes ses barrières, modifiant radicalement son expression.
À cause du parfum, le corps de Nina s'est également détendu contre lui. C'était comme si le parfum les manipulait tous les deux comme des marionnettes.
« C'est ton parfum! Tu m'as piégé! » Réprimant sa colère et sans plus réfléchir, il l'a soulevée, brûlant d'envie d'être plus intime avec elle.
« Non! Je .. Mm... Lâche-moi! Je... suis déjà... »
Elle était mariée.
Bien qu'elle ne sache ni qui était son mari ni à quoi il ressemblait, elle avait signé le certificat de mariage.
Cependant, John ne voulait plus entendre aucune de ses absurdités, alors il l'a embrassée très profondément. Dès qu'il l'a fait, son corps s'est tendu, car ses lèvres étaient incroyablement douces.
« Lâche-moi... », a-t-elle supplié en sanglotant et en lui frappant la poitrine.
Nina était un peu résistante, mais sa résistance n'était pas aussi effective que le parfum, qui augmentait considérablement le désir de l'homme.
Avant même de s'en rendre compte, John la dévorait avec voracité.
Nina quant à elle avait tellement peur qu'elle en était toute pâle, mais ses caresses envoyaient une sorte de décharge électrique dans son corps tout entier, la rendant muette et impuissante.
Après un moment, le jour a commencé à poindre.
Le corps entier de endolori, Nina, encore ensommeillée, a cligné des yeux en se retournant. Elle a presque hurlé en voyant l'homme étendu à côté d'elle.
« Non! », haletait-elle. Cela ne pouvait pas être vrai!
En pensant à son statut matrimonial, la main de la jeune femme a tremblé en touchant la table de chevet. Tout ce qu'elle voulait, c'était enquêter sur les affaires des deux suicides. Comment diable pouvait-elle savoir qu'elle entrerait dans la chambre d'un démon?
Le chant des oiseaux à l'extérieur l'a instantanément calmée et ramenée à la réalité.
Sachant qu'elle mettait peut-être son propre mariage en péril, elle s'est habillée à la hâte et est partie sans même regarder l'homme qui dormait profondément à côté d'elle.
Avec un peu de chance, ils ne se reverraient plus jamais.
Une fois à l'extérieur de l'hôtel, elle a pu constater qu'il n'y a pas eu de nouveau suicide étant donné l'absence de journalistes et le personnel en activité et elle a soupiré de soulagement.
Toujours sous le choc, elle est rentrée chez elle, où elle a passé la matinée entière à se laver encore et encore jusqu'à ce que toute sa peau rougisse.
Passer une nuit passionnée avec un inconnu n'était pas bien grave ; le problème était qu'elle était déjà mariée!
Deux ans auparavant, elle avait signé un certificat de mariage avec un homme qu'elle ne connaissait pas.
En fait, elle ne connaissait ni son nom, ni sa taille, son poids, son âge ou quoi que ce soit d'autre.
Si elle n'avait pas été aussi désespérée à l'époque, elle n'aurait pas ainsi creusé sa propre tombe!
L'anxiété et l'angoisse la tourmentaient.
« Bordel de merde! » Une pensée lui a soudain traversé l'esprit, alors effrayée, elle a couru à ses tiroirs et en a sorti un contrat.
Tremblant de peur, elle en a feuilleté les pages, se rappelant qu'il y avait une clause liée à l'infidélité... Si elle avait une liaison alors que le mariage était encore valide, combien devrait-elle payer?
En la trouvant, elle s'est figée comme si elle venait d'être frappée par la foudre. « Vingt millions?! », a-t-elle hurlé.
Nina s'est frotté les yeux pour regarder à nouveau. Il y était clairement écrit qu'elle devait vingt millions de dollars si jamais elle était infidèle, et pour couronner le tout à la fin, il y avait sa signature et son empreinte digitale.
« Merde! »
Désormais, elle n'avait plus d'échappatoire.
« Vingt millions ». Les mains tremblantes, elle s'est effondrée sur le sol, souhaitant que la terre l'avale.
Où diable allait-elle trouver l'argent?
Ce n'était pas comme si elle avait voulu tromper son mari!
En fin de compte, elle a pris une décision.
Debout devant le miroir et serrant les dents en plissant froidement les yeux, elle pensait qu'elle ne reverrait jamais cet homme, et si jamais ça arrivait, alors elle achèterait simplement son silence.
Au cas où il refuserait, elle le menacerait et lui ferait peur.
Une fois cette question résolue, elle préparerait ses papiers de divorce car elle ne pourrait rien faire d'autre.
Ainsi, elle obtiendrait enfin ce qu'elle voulait : la liberté. Et elle pourrait ensuite devenir criminologue sans aucun mari pour la freiner.
En y réfléchissant, la jeune femme a poussé un soupir de soulagement.
À dix heures du matin, un homme en costume et chaussures de cuir est entré dans la suite présidentielle. Il avait environ vingt-quatre ans, portait des lunettes à monture dorée et tenait d'une main une mallette.
L'homme était Henry Ye. Peu de temps auparavant, il avait postulé au poste d'assistant du PDG du Groupe Time. Bien qu'il ait obtenu le poste, c'était en fait la première fois qu'il voyait son patron, John Shi.
C'était le plus jeune fils de la famille Shi. Il se disait qu'il tenait les rênes du Groupe Time et qu'il était très puissant et même incroyablement impitoyable, et qu'en fait il possédait la moitié de la ville de Lexingport.
Dès que son assistant a ouvert la porte, il a vu un homme de grande taille vêtu d'une serviette sortir de la salle de bain. Il a regardé Henry avec indifférence. « Vêtements ».
« Oui, M. John », a-t-il dit, appelant immédiatement quelqu'un pour lui fournir un costume.
En regardant le canapé en désordre et les vêtements épars, il a aperçu une chaussure de femme. Il y avait aussi de fines rayures rouges sur le dos de son patron qui lui faisaient conclure qu'il avait passé une soirée spéciale.
Timidement, le garçon a ajusté ses lunettes. Quelques secondes plus tard, les vêtements demandés sont arrivés.
John se tenait devant le miroir dans un pantalon noir droit à la cheville et une chemise blanche au col déboutonné qui révélait un peu de sa peau.
Levant les yeux, Henry pouvait voir un visage bien dessiné et des yeux sombres et froids.
Pressant fort ses lèvres l'une contre l'autre, le PDG a commencé à se coiffer. Puis il a souri à son reflet et entrepris d'ajuster les petits détails de ses vêtements un par un.
« C'est un homme incroyablement narcissique », a pensé l'assistant.
Voyant que son patron était prêt, le garçon s'est redressé. « M. John, votre père a demandé que vous rentriez à la maison ce soir. »
« Arrange ça ».
« D'accord. Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous? », a-t-il demandé. « Par exemple, enquêter sur la femme d'hier soir? »
« Obtiens toutes les informations sur la femme qui est arrivée hier soir. Je veux tout savoir sur elle. » John avait besoin de découvrir la vérité.
James avait envoyé cette fille à cause de son apparence, mais il se souvenait qu'elle avait dit n'avoir reçu qu'une formation théorique.
Puisqu'il venait tout juste de rentrer, il devait être prudent avec ces choses.
Peu de temps après, Henry avait enfin trouvé des informations sur Nina, bien qu'elles ne remplissent pas plus d'une demi-page.
Fronçant les sourcils, il ne pouvait pas croire qu'un pirate informatique comme lui ne trouvait que si peu d'informations.
Il a dégluti nerveusement en lui tendant le document.
Il n'avait jamais été aussi anxieux de découvrir des informations confidentielles auparavant.
« Nina a 20 ans. Elle est étudiante en deuxième année au Département de psychologie de l'Université L. Il n'y a aucune information sur ses parents et il semble qu'elle soit enfant unique. De plus, elle est mariée », a rapporté l'assistant.
Bien qu'il y ait quelque chose dans le nom de la femme qui a piqué la curiosité d'Henry, il ne savait pas ce que c'était.
John était surpris par son statut matrimonial et, pensant au sang sur les draps, il ne pouvait s'empêcher de se sentir confus. « Elle est mariée? Son mari est-il impuissant? »
Quand il n'a plus eu de nouvelles de son assistant, John a levé les yeux. « C'est tout ? »
Henry a hoché la tête : « Les informations avant son admission à l'université sont disparues, je n'ai donc rien trouvé d'autre. »
« Même toi, tu ne peux rien trouver ? », a interrogé l'homme en le regardant avec incrédulité.
L'assistant a de nouveau hoché la tête. « Toutes ses informations ont été délibérément effacées. »
Comment peut-on supprimer complètement les informations d'une personne ? Même Henry, l'un des meilleurs hackers du monde, n'avait rien trouvé. Il semblait que cette femme n'était pas comme les autres.
John commençait à croire que le mari de cette femme mystérieuse n'était pas un adversaire facile et que, dans ce cas, la nuit dernière serait peut-être le seul moment où ils pouvaient se rencontrer.
Voyant l'expression réfléchie du visage de son patron, le garçon a senti qu'il était vraiment intéressé par cette fille, d'où il a déduit que le fait de savoir qu'elle était mariée a dû le décevoir.
C'est dommage que ce soit ainsi.
« Ne la laisse pas être enceinte de moi », a dit froidement le PDG en s'éloignant.
« Il semble qu'il soit non seulement froid, mais aussi impitoyable », s'est dit Henry en écoutant.
Même si c'était un coup d'un soir, comment John a-t-il pu être aussi indifférent à cette femme ?
Henry a jeté un nouveau regard sur les données.
Soudain, quelque chose lui a rappelé qui était vraiment cette Nina.
Elle était...
Il est devenu raide.
Pas étonnant que la jeune fille ait l'air incroyablement familière !
N'était-ce pas elle qui avait secrètement épousé son patron ?
En fait, John ne savait même pas qu'il était lui-même marié.
Il semblait qu'ils avaient flirté sans savoir qu'ils étaient destinés à être ensemble.
« M. John... », l'appelait Henry pour empêcher l'homme de monter dans l'ascenseur.
Il s'est retourné pour le regarder, comme pour dire en silence que si ce n'était pas important, alors il ne devait pas le déranger du tout.
Une partie du garçon ne voulait rien dire, mais l'autre partie avait peur que son patron découvrait qu'il lui avait caché la vérité et le brûlait vif ! À ce moment-là, il a pris une grande respiration pour se calmer.
« Monsieur, Mlle Nina est en fait votre fe... »
« Quand tu as postulé pour être mon assistant, personne ne t'a dit de te taire si je ne te demandais rien ? », l'homme l'a interrompu avec rigueur.
Surpris par ses paroles sévères, l'assistant a redressé le dos et s'est incliné en hochant la tête. « Oui, M. John. Je ne le ferai plus. »
« Ton salaire de ce mois-ci sera déduit, en guise de punition », a-t-il dit en agitant la main comme s'il était un roi commandant ses sujets.
Henry était complètement paralysé au point d'ouvrir la bouche sans un mot.
Ayant commencé ce boulot depuis moins d'un mois, il travaillait dur et c'était en vain ! Mais qu'est-ce qui se passait !
Bien que très en colère, il n'a pas osé parler à nouveau.
À trois heures de l'après-midi.
Nina avait encore sommeil, mais elle a répondu à un appel lui demandant d'assister à un dîner de 18 heures au Numéro 1, rue SQ. Elle a accepté sans hésitation et ne pouvait pas vraiment attendre.
La jeune fille avait l'intention de demander le divorce ce jour-là, et l'occasion s'est présentée juste à temps.
À l'adresse qu'on lui a donnée, il y avait une maison avec une grande terrasse. Comme c'était la seule maison qui seyait dans toute cette rue, l'endroit était très calme.
À son arrivée, elle a touché son sac à main inconsciemment, sachant qu'elle avait un accord de divorce nouvellement écrit.
Dès qu'elle est entrée dans la cour, une voix grave a retenti derrière elle. C'est son beau-père qui a souri à son arrivée.
Sam Shi avait la soixantaine, elle a donc supposé que son fils devait avoir la quarantaine maintenant.
Cependant, il n'était pas encore marié et avait même besoin que son père lui trouve une épouse. Cela ne pouvait que signifier que l'homme était moche ou malade mentalement.
Dans cette optique, elle a été encore plus encouragée à lui remettre l'accord.
« Tu es venue ! » Les cheveux de l'homme étaient déjà gris et les rides de son visage étaient clairement visibles à chaque fois qu'il souriait. Bien qu'il ait l'air vieux, il était encore assez énergique.
La fille s'est approchée de lui et s'est inclinée un peu. « Monsieur. »
La façon dont elle s'était adressée à lui ne lui plaisait pas.
Enfin, c'était sa belle-fille ! Comment pourrait-elle lui parler comme à n'importe quelle autre personne âgée ?
« Je pense que tu t'es mal adressée à moi », lui a-t-il gentiment rappelé.
Soudain, elle avait l'air mal à l'aise.
« Tu es toujours la femme de mon fils. Comment peux-tu m'appeler monsieur ? »
« Pas pour longtemps. »
Mais la jeune femme s'est abstenue de le dire de peur d'effrayer le vieil homme.
Mais pourquoi ne pas en finir ?
Sam avait organisé un dîner de famille ce jour-là et la personne avec laquelle elle était mariée y allait certainement. Et s'il la voyait et refusait ensuite de divorcer ?
Elle voulait couper tous les liens immédiatement !
« Monsieur, je suis en fait venue ici aujourd'hui pour vous dire quelque chose. » Sans rien ajouter d'autre, elle a pris l'accord de divorce dans son sac à main.
Comme elle l'avait imprimé le jour même, l'encre était encore fraîche. « Je l'ai déjà signé. S'il vous plaît, donnez-le à... »
Quel était le nom de son mari ?
À ce moment-là, elle a cligné des yeux de surprise car elle ne connaissait même pas son nom. Puis elle a poursuivi : « S'il vous plaît, donnez-le à mon mari et incitez-le à le signer. »
Un accord de divorce ?
L'expression de son beau-père a changé brusquement. Il a jeté un coup d'œil aux papiers avant de regarder à nouveau Nina pour analyser son visage.
Ce faisant, il a eu l'impression que la jeune fille devait vraiment vouloir que cela se produise, puisqu'elle l'avait même rédigé elle-même.
« Veux-tu y réfléchir ? », a-t-il demandé gentiment.
Le fait est qu'elle était très déterminée et n'acceptait aucune offre.
Peut-être que si elle n'avait pas trompé son mari, elle ne serait pas aussi impatiente de divorcer, mais ces vingt millions de dollars étaient trop.
Elle ne voulait pas que son mari se présente à aucun moment.
Et s'il découvrait ce qui s'était passé hier ? Elle ne voulait pas payer autant d'argent !
Nina se frottait les tempes quand elle a vu la déception sur le visage de son beau-père. « J'ai pris ma décision et je suis prête à renoncer à tous les biens qui me revient de droit. »
« Vraiment ? » Ne voulait-elle pas la protection de la famille Shi ?
Peu de gens la connaissaient, et Sam était la raison de tout cela.
S'il n'avait pas effacé toutes ses informations, son passé l'aurait hantée.
« Oui. »
Tant qu'elle n'avait pas à payer les 20 millions de dollars, elle ne se souciait de rien d'autre.
Ce n'est pas qu'elle ne pouvait pas le payer, mais elle ne voulait pas avoir d'ennuis.
De plus, elle savait bien comment se cacher de sa famille.
Après quelques réflexions, le vieux monsieur a déduit que la raison pour laquelle la fille voulait divorcer était qu'elle n'avait toujours pas vu son fils.
« Je suis responsable de votre mariage et c'est ma faute si vous ne vous êtes pas vus », s'est-il excusé.
Il a immédiatement pris une petite photo délavée dans la poche de son manteau pour la lui remettre. « C'est mon plus jeune fils. Tu pourras prendre ta décision une fois que tu l'auras vu. »
En raison de sa couleur délavée, Nina pouvait à peine voir le garçon, mais il avait l'air d'un beau jeune diplômé.
Cependant, il serait préférable de savoir à quoi il ressemblait maintenant.
« Monsieur, je ne veux pas vous faire perdre votre temps », a-t-elle dit. Elle ne voulait pas non plus perdre le sien.
Voyant qu'elle était toujours aussi indifférente, Sam a dû trouver un autre plan pour régler la question du divorce.