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Une Femme Imbrisable

Une Femme Imbrisable

Auteur:: Astermania
Genre: Romance
Natalia est une jeune femme sure d'elle, motivée et altruiste. Infirmière de métier, elle choisit de voyager au Mexique pour aider avec une ONG les plus nécessiteux. Sa grand-mère est mexicaine, mais cette origine qu'elle n'a jamais pu revendiquer, elle veut en savoir plus maintenant. L'amour est une possibilité, qu'elle veut laisser venir à elle. Sans pression, sans affolement... Andres est l'un des chef du gang Ouroboros. Depuis sa montée au pouvoir, il gère d'une main de maître les affaires de son gang. Lui assurant un boom exceptionnel. Sombre, cruel et possessif. Il n'attend qu'une chose des femmes qu'il côtoie : docilité et obéissance. Personne n'aurait jamais cru qu'une simple rencontre pouvait déclencher autant de chose. Natalia a rencontré son Némésis en Andres. Andres a vu sa prochaine cible en elle... Il la veut. Il l'obtiendra. Suite : Brisée par amour (dispo sur le site)

Chapitre 1 Prologue

- Restez tranquille, sinon je ne pourrais pas vous administrer vos soins correctement.

La femme en face de Natalia se calme suite à ses propos, mais pas pour bien longtemps.

- ¿Desde cuándo una niña me va a decir que hacer? (Depuis quand une gamine va me dire ce que je suis censée faire ?)

- la nueva generación... una extranjera sobre todo (la nouvelle génération... une étrangère en plus de cela)

Le mépris est clair dans la voix de la copine. La femme à ses côtés rigole pensant que Natalia ne pourrait comprendre ce qu'elle dise.

- la extranjera te entiende muy bien, por si quieres saberlo. (l'étrangère vous comprend très bien, si vous voulez tout savoir.)

Les deux femmes semblent choquées de la voir leur répondre en espagnol. Natalia avait l'habitude de ce genre de réaction. Elle était en mission depuis 3 mois dans tout le Mexique avec son ONG.

- Je peux te remplacer quand tu veux Natalia, lui lance Loyd de l'autre côté de la salle allouée à leur groupe. Tu pourras ainsi aller déjeuner.

- Ce n'est pas nécessaire. Je viens de finir avec ces deux charmantes dames. Elle se tourne vers elles, soudainement bien silencieuses, un sourire effronté au visage. Puedes ir a menos que prefieras seguir hablando de mí. (Vous pouvez y aller, sauf si vous préférez continuer à parler de moi.)

Elles se lèvent et quittent la salle sans demander le reste. Loyd rigole franchement dès leur départ. Il n'est pas mécontent de les voir s'en aller, surtout la queue entre les jambes après leurs propos.

- Tu arrives de mieux en mieux à les rembarrer ma poulette, dit-il en lui lançant un clin d'œil séducteur.

- Arrêtés. Il lève les mains en l'air comme signe de sa défaite avant de finir son bandage sur son patient. Je vais chez la mamie dans la rue à côté.

- D'accord, fais attention à toi. Demande à quelqu'un d'autre de t'accompagner. Ce n'est pas une ville des plus sûres.

- Oui papa, lui répondit-elle avant de s'en aller.

Elle ne suit pas son conseil et récupère de quoi prendre les mesures vitales de base, avant de laisser sa blouse dans un casier. Elle n'a pas besoin d'être en groupe pour aller voir la grand-mère, qu'elle avait aperçue en distribuant des tracts ce matin au sujet de leur implantation à proximité. Elle lui avait parlé, elle avait vu son état. Elle aurait dû mal à se déplacer toute seule. C'est pourquoi elle s'était proposée pour venir en personne l'aider.

Elle arrive rapidement à l'immeuble en question. La dame habite au rez-de-chaussée. Elle ne se rappelle pas forcément son nom, mais le portail s'ouvre avant qu'elle n'ait le temps de réfléchir. Elle pénètre dans le sas, une des portes dans le couloir est ouverte et elle reconnaît la tête de sa future patiente. Elle a dû également la reconnaître et l' ouvrir.

Elle salue l'octogénaire poliment avant de s'asseoir pour lui prendre ses constantes. Elles discutent ensemble, le temps passe tellement vite. Natalia a l'impression d'être en face de sa grand-mère. L'origine mexicaine de sa grand-mère n'est pas forcément le genre de chose auquel elle peut s'identifier. Sa famille ne semble pas porter dans son cœur ce pays. Il n'en parlait jamais à la maison. La seule fois où elle a appris ce côté de sa famille, c'était quand plus jeune elle avait fait un arbre généalogique. Le nom de jeune fille de sa grand-mère avait été le déclencheur. Après tout le monde lui demandait comment cela se faisait qu'elle ne ressemblait pas à une Latina. Elle était blonde avant, maintenant brune après coloration. Ses cheveux étaient plats et son teint ne trahissait en aucun cas son origine. Natalia n'était même pas son premier prénom, seulement le troisième. Caroline, Virginie étaient ses premiers prénoms. En recherche de son identité culturelle, de ses racines, elle avait décidé de ne se faire plus qu'appeler Natalia en arrivant à l'université. Aujourd'hui la plupart des gens avec qui elle travaillait ne l'appelait que comme cela.

Sa discussion avec la vieille est interrompue par de bruyants coups à la porte. Natalia se demande ce qu'il pouvait bien se passer. Les mains de sa patiente tremblent dans les siennes et son regard trahit une grande crainte. Les coups s'intensifient et elles entendent des hommes vociférer de l'autre côté. Natalia se lève et va voir ce qu'il se passe. Elle ouvre la porte doucement pour tomber sur 3 hommes, des caïds surement au vu de leur dégaine.

- Pas trop tôt la veille, j'aurais dû casser ta porte si tu n'avais pas ouvert. Je suppose que tu n'aurais pas eu assez d'argent pour la remettre à sa place. Surtout avec la tonne d'argent que ton fils nous doit.

La personne qui parle est un homme tatoué derrière les deux autres. Il semble être le chef de cette petite équipe.

- Que puis-je faire pour vous messieurs ?

Le chef regarde de haut en bas Natalia, lui adressant un regard appréciateur.

- Un vrai petit bonbon.

- Je ne sais pas qui vous recherchez mais il n'y a aucun homme dans cette maison. Uniquement une vieille dame. Elle a besoin de repos.

- En plus courageuse...

Il s'approche de Natalia, avant de la prendre par la hanche. Leurs torses se heurtent violemment. Mais elle ne détourne pas le regard.

- Quittez cet appartement ou j'appelle la police.

- Tu peux appeler qui tu veux ma jolie. Personne ne viendra m'empêcher de récupérer ce que je suis venu chercher.

Il s'éloigne de Natalia et se rapproche de la veille femme, qui baisse les yeux complètement apeurée.

- Ton fils a encore fui avec mon fric. Avec notre fric. Tu vas nous rembourser ?

- Je ne sais pas combien il vous a pris. Mais je n'ai pas grand-chose. Je ne sais même pas où il est passé... Il est parti sans rien me dire...

- Dehors, crie Natalia, munie de son téléphone. C'est mon dernier avertissement.

- Tu aurais dû rester bien tranquille et silencieuse. Je pense que tu n'as aucune idée de qui nous sommes.

- Ne faites pas cela ou ils vous tueront, l'avertit la veille femme à son tour, en panique totale.

- Écoute là c'est mieux pour toi. Surtout que je ne voudrais pas avoir à t'amocher.

- De nous deux, tu es sûrement celui qui finira à l'hosto. Espèce de pédale.

L'homme se raidit et son regard se fait assassin. Il s'approche d'elle à nouveau prêt à l'attraper. Natalia voit venir le coup et lui envoie un coup de pied en plein dans les couilles. Il se plie en deux et se tord de douleur. Les autres, plutôt silencieux auparavant, s'approchent de leur chef pour lui porter secours.

- Espèce de petite pute. Je vais t'attraper et tu me supplieras de te tuer.

- Essaie toujours, ajoute-t-elle, voyant qu'elle arrive à détourner l'attention des malfrats.

Elle quitte l'appartement, espérant qu'ils se lancent à sa poursuite.

- Putain lâchez-moi. Attrapez-la...

Pari tenu. Natalia entend les pas de course derrière elle des deux copains du premier malfrat. Elle entend par la suite ce dernier crier dans la rue. Natalia court comme si sa vie en dépendait. Elle n'est pas bête au point de ne pas avoir vu les tatouages et les flingues du groupe. Ils font partie de gangs. Elle doit revenir à l'immeuble où se trouve sa délégation. C'est sa meilleure chance. Ils ont des policiers stationnés là-bas, censés les protéger.

Il y a plus de piétons se promenant dans l'avenue que quand elle a pris le chemin pour venir. Elle crie à l'aide, au secours pour essayer d'alerter les gens. Mais personne ne semble en mesure ou ne tente de l'aider. Elle court souvent donc elle a un peu de cardio, mais elle sait aussi qu'ils vont la rattraper si elle ne trouve pas rapidement une solution. A ce moment-là, elle ne donne pas cher de sa survie.

- Aidez-moi.... Au secours... Ils essaient de me tuer...

Elle tourne la tête pour les voir arriver dans son dos, courant eux aussi à perdre haleine. Elle prend une ruelle moins animée pour tenter de les semer. Soudain elle se cogne à quelque chose, l'obligeant à s'arrêter. C'est comme rentrer dans un bloc de béton. Elle lève les yeux pour voir ce que c'est ou plutôt qui c'est... Un homme qui lui fait dos... Il l'empêche de par sa carrure et l'étroitesse de la ruelle de continuer à fuir.

- Excusez-moi, laissez-moi passer....

Elle entend les pas de ses assaillants se rapprocher. Elle essaie de se dégager, mais l'inconnu ne semble avoir aucune envie de lui faciliter la tâche. Il semble même vouloir la retenir ici. Il se tourne vers elle et attrape ses poignets d'un mouvement sec.

- Parfait, retiens-la, entend-elle dire le premier des malfrats qui vient d'entrer dans la ruelle. Celui qu'elle a amoché plutôt. Te voilà.

Elle se retrouve face à son assaillant, complètement paniquée sans aucun moyen de s'échapper.

- Je vais te faire passer l'envie de jouer avec moi ou de l'humilier de la sorte, dit-il après avoir sorti son arme et après l'avoir pointée sur Natalia. Tu as joué avec la mauvaise personne, le mauvais jour ma jolie. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même.

Elle ne dit rien. Sa gorge est sèche. Elle respire doucement. Cette scène lui semble tellement surréaliste. Elle ne veut pas mourir ici.

Il s'approche de plus en plus. Elle peut voir le bout du canon se rapprocher à son tour. Elle essaie de se détacher de l'emprise de l'homme dans son dos dont elle n'a aucune idée de l'identité ou du visage. Elle n'a pas eu le temps de le voir.

- Si tu veux vivre, il va falloir que tu te rattrapes et par cela, je veux dire qu'il va falloir que tu fasses bien les choses ce soir.

Natalia sait ce que cela veut dire. Il compte la violer. Il veut lui faire vivre des choses horribles et elle n'a aucun moyen de s'en sortir. Elle tente une nouvelle fois de piétiner l'homme dans son dos. Mais il évite aisément son attaque désespérée.

- Calme-toi immédiatement, lui dit une voix rauque et claquante dans son oreille. L'ordre est implicite. Quant à toi, tu ferais mieux de baisser ton arme.

- Tu es rigolo toi aussi. Tu ne sais pas qui je suis, ni à quel gang j'appartiens. Il se tourne et montre un tatouage sur son épaule d'un serpent se mordant la queue noir. Le symbole de l'infini : Ouroboros. Maintenant que tu le sais, tu ferais mieux de te faire discret ou je te bute avec elle.

La menace est aussi implicite mais bizarrement Natalia a moins peur que quand l'inconnu s'est adressé à elle tout à l'heure. L'homme dans son dos lui semble plus dangereux à cet instant précis. Elle ne saurait dire pourquoi...

- Tu es un nouveau à ce que je vois. Mateo a encore du mal à dresser ses chiens.

- Qui est-ce que tu traites de chiens, hurle à ce moment le porteur de l'arme.

Il la détourne vers l'homme dans le dos de Natalia qui est bien plus grand qu'elle. La pointe du canon a changé de direction mais la menace est toujours présente. Elle entend le cran de sûreté, elle s'attend à tout moment à ce qu'un coup de feu soit tiré, elle ferme les yeux automatiquement. Elle entend le bruit d'armes et un bruit de corps qui tombe. Mais la pression autour de ses poignets n'a pas diminué. Elle rouvre les yeux, c'est l'autre qui vient de tomber. Derrière lui, un autre homme, qu'elle ne connaît pas, tient un pistolet. C'est lui qui vient de tirer. Le corps de son futur agresseur remue toujours.

- Lâchez-moi... Il est peut-être vivant, hurle Natalia en se déchaînant pour porter secours à celui qui aurait pu la tuer il y a quelques instants. Il va mourir si je ne l'aide pas.

- Si il est chanceux, il mourra ici, lui répond la voix sombre et rocailleuse à nouveau.

Il la lâche et elle se précipite vers l'homme agonisant. Elle sort un mouchoir de sa poche et tente de freiner l'hémorragie provoquée par la balle.

- Appelez une ambulance...

- C'est l'homme qui a failli te tuer. Failli te violer. Pourquoi vouloir le sauver ?

- Il ne l'a pas fait. Il ne mérite pas de mourir. Personne ne mérite. Il a peut-être une famille. Aidez-moi...

Un deuxième balle se loge cette fois-ci dans le cœur du blessé. Le bruit de détente a fait sursauter Natalia qui n'a jamais été proche d'une arme de toute sa vie. A part à travers son écran lorsqu'elle regardait une série. Elle se tourne vers la source de la détonation : le dernier arrivant qui la fusille du regard en silence.

Les compères du mort arrivent par la suite. Ils ne comprennent pas la scène qui se trouve devant eux. Natalia s'attend à ce qu'ils tentent de venger leur camarade mais il suffit qu'ils voient l'homme qui l'a empêché de s'enfuir pour que leurs regards deviennent livides à leur tour.

- Je vois que vous n'êtes pas aussi bête que l'autre. Et que vous savez qui je suis. Ramassez son corps.

- Bien monsieur, répondent-ils rapidement.

Natalia a lâché le corps après le deuxième coup de feu. Son corps tremble en entier. Ils ramassent le corps et s'en vont sans un regard de plus.

- Ivan tu aurais pu attendre avant de l'achever.

- Il méritait de mourir patron. Après avoir pointé une arme sur vous. Il remonte son arme en direction de Natalia, complètement choquée. Est-ce que je dois la tuer elle aussi ?

- ...

- Vous êtes un monstre... Une personne ignoble... Un assassin...

Ce sont les seuls mots qu'arrivent à prononcer Natalia. Sa propre sécurité ne l'intéresse plus. Juste le fait d'avoir vu cet homme se faire abattre de la sorte. Elle ne voit plus le mal qu'en celui qui est à l'origine de cela.

Un éclat de rire franc résonne dans la ruelle. Il provient de l'homme en question. Elle lève les yeux vers lui et le regarde pour la première fois. Dans son costume hors de prix, il fait tache dans cette ruelle. Un latino, au cheveux sombres mi long, un regard insolent.... Mais plus qu'insolent, son regard est froid et tétanisant. Si elle était dans une autre situation, elle l'aurait sûrement trouvé beau, voire plus que cela.

- Tu es très intéressante. On rentre Ivan. On rentre avec elle.

Le Ivan en question s'approche de Natalia par son dos avant de la soulever. Elle tente en vain de se défaire de sa poignée, mais elle ne fait que ralentir. Elle l'entend bougonner, quand elle le mord pour qu'il la lâche. Elle a à peine le temps de se relever et de chercher à s'enfuir, qu'il attrape une de ses mains et lui balance son poing dans le ventre. La douleur et la force du coup sont telles qu'elle s'effondre directement, avant de perdre connaissance.

- J'ai dû la calmer, annonce-t-il à l'autre homme.

- Du moment qu'elle se réveille. Mais évite la prochaine fois.

- Oui patron. Il soulève Natalia et la porte sur son épaule. Lorenzo nous attend à quelques rues d'ici.

Il a à peine le temps de terminer sa phrase que des 4x4 s'arrêtent devant eux. En descend un autre jeune homme, le visage fermé.

- Andres je t'ai dit d'attendre que l'on vienne te chercher à l'aéroport. L'inconnu a donc également un nom : Andres. Ce dernier monte dans le véhicule sans répondre à son vis à vis. Celui-ci en question remarque enfin la femme sur l'épaule de Ivan. Le patron les aime toujours aussi chiante.

- Il a trouvé une nouvelle lubie Lorenzo.

- J'espère juste qu'elle va durer plus longtemps que les précédentes.

Ivan ne répond rien à Lorenzo. Leur patron est déjà monté et n'attend plus que eux. Ce n'est pas leur travail de juger, ils ne sont là que pour obéir. Il est temps de rentrer à la maison pour célébrer son retour. Andrés, second chef du gang des Ouroboros.

Chapitre 2 Chapitre 1

Natalia est réveillée par les rayons de lumière. Elle se relève tant bien que mal, encore un peu dans les nuages. Elle sent une petite douleur au niveau de son estomac, mais rien d'alarmant. Un peu plus réveillée, elle commence à réaliser que la pièce dans laquelle elle se trouve ne ressemble en rien à sa chambre à l'hotel. Elle commence à stresser en se rappelant peu à peu les évènements avant son évanouissement. La grand-mère, son agresseur, la course poursuite, l'homme effrayant, le mort..

Elle ne comprend strictement pas ce qu'il se passe. Pourquoi est-elle toujours vivante ? Pourquoi est-elle ici ? Que veulent-ils faire d'elle ? Est-ce que quelqu'un la cherche ? Parce qu'elle n'est toujours pas rentrée. Sa réflexion est interrompue par l'entrée dans la pièce d'un homme qu'elle ne connait. Il lui sourit tranquillement, en lui apportant un plateau repas.

- Enfin réveillée, caramela. Tu as dormi longtemps.

Natalia tique sur le surnom. Elle connait la signification de ce mot : bonbon.

- J'ai cru que Ivan t'avait tuée par mégarde. Le patron n'aurait pas apprécié du tout.

- Pourquoi vous me gardez ici, demande-t-elle d'une petite voix. Vous ne me tuez pas ?

Il s'approche d'elle encore plus et vient s'asseoir sur le lit. Il retire les liens qui retenaient ses poignets à la tête du lit.

- Caramela, ton sort dépend de toi ici. D'à quel point, il va vouloir te garder. Mange.

- Si je ne veux pas ?

- Je te déconseille de me laisser ressortir de la pièce sans que tu ais mangé. Je suis venu pour t'assurer un bon réveil, mais le prochain visiteur ne risque pas d'être aussi compliant.

- Laissez-moi partir s'il vous plait... Je ne dirais jamais rien.... Je vous jure....

Sa voix se casse et pour la première fois, elle se met à pleurer. La situation en est de trop pour elle.

- Pour le moment, nous n'allons pas te tuer. Mange.

Natalia se sert d'un des couverts présents et se met à manger. Elle se rend compte que les couverts ne sont pas en plastique. Elle pourrait essayer de l'attaquer avec, mais elle ne sait pas ce qu'il se passe derrière la seule porte de la chambre. L'entrée par laquelle il a pénétré ici. Mais surtout, il ne semble même pas la considérer comme une potentielle source de danger. Il regarde dans le vide, lui faisant dos et la laissant manger tranquillement.

- Qu'est-ce qui va m'arriver ?

Elle ne peut rien faire de plus pour le moment que de suivre les ordres. Elle vient de finir de manger.

- A cela je ne peux pas vraiment te répondre. Il viendra lui-même t'expliquer ce qu'il attend de toi. Il la regarde cette fois-ci avec une lueur de tristesse. Il ouvre la bouche avant de la refermer. C'est mieux que tu ne saches pas encore. Le seul conseil que je puisse te donner est d'obéir. De lui obéir.

- Il veut me violer ? Je ne suis plus vierge. Elle lance cette information sans savoir si ça changera grand chose ou pas. A quoi cela lui servirait ? Qui est-il ?

- Tout ce que je peux te dire, c'est que le viol n'est pas ce qu'il y a de pire.

Ils entendent une vibration. Il sort son téléphone et décroche, le regard soudainement plus fermé et dur. Il discute quelques minutes avec son interlocuteur. Quand il raccroche, il jette un dernier regard à Natalia, avant de se diriger vers la sortie, après lui avoir annoncé que son diner lui serait apporté ce soir.

- Merci. Elle sait qu'elle aurait pu tomber sur pire. Comment vous vous appelez ?

- Lorenzo.

Il sort juste après et elle l'entend parler devant sa porte. Elle perçoit d'autres voix d'hommes, elle en conclut qu'il y a des gens devant la porte. Elle n'a aucun moyen de sortir pour le moment. Son cœur se serre en se disant, qu'elle ne reverra peut-être plus jamais sa famille et ses amis. Elle pleure en silence, avant de s'endormir.

Deux jours sont passés depuis le passage de Lorenzo. Personne n'est rentré dans la pièce, et même ceux qui lui apportent son repas, le dépose juste dans la pièce sans lui adresser la parole. Les couverts sont en plastique évidemment. Ils sont plus prudents que dans le cas de Lorenzo. Elle n'avait strictement aucune chance contre lui. Elle comprend qu'il doit avoir une certaine influence ici. Même si elle n'a aucun moyen de confirmer.

Elle ne sait pas quelle heure il est, mais quand elle entend du bruit devant sa porte, elle se dit que c'est l'heure du déjeuner. Elle se relève, attendant que l'un des gorilles devant sa porte entre et dépose le repas avant de repartir. Mais pour une fois, il dépose le repas devant elle et un sac à coté.

- Mange. Le patron veut te voir. Déshabille-toi et mets uniquement cette tenue. Je viens te chercher dans 30 minutes.

Il sort de la pièce directement après. Natalia ouvre le sac en papier et trouve une nuisette dedans complètement transparente. Il n'y a même pas de sous-vêtements dans le sac. Il est hors de question, qu'elle ne s'habille que de cela. Tout le monde pourra la voir toute nue. Elle jette le sac au fond de la pièce. Elle mange et se recouche sans hésitation.

Au bout du temps imparti, le garde revient dans la pièce. Il ne fait aucun commentaire, avant de ramasser le plateau et le sac de vêtements et de ressortir. Natalia qui respirait difficilement, est soulagé de le voir partir. Au moins elle sait maintenant, qu'ils n'ont pas le droit de la toucher ou de la violenter par exemple. Cinq minutes plus tard, la porte s'ouvre en fracas, elle se retrouve face à l'homme de la ruelle. Celui qui a tué son potentiel agresseur. Celui qui l'a assommée.

- Il parait que tu ne veux pas suivre les ordres.

Natalia change de position immédiatement. Il ne prend même pas la peine de fermer la porte derrière lui. Elle voit peut-être une occasion de s'enfuir. Elle se met débout, prête à courir comme si sa vie en dépendait. Il s'agit surement d'une tentative dangereuse, mais elle ne sait pas quand elle en aurait encore une et surtout elle n'en peut plus d'être enfermée.

- Je ne compte pas mettre cette tenue, je ne suis pas une pute.

- Tu as de la chance qu'il ait donné des ordres clairs à ton sujet pour le moment.

Il s'approche d'elle et essaie de l'attraper, quand elle se libère et évite sa prise. Elle le dépasse avant de se mettre à courir en sortant de la pièce. Elle court mais tous les couloirs se ressemblent, elle a l'impression de se trouver dans un véritable labyrinthe. Le plus surprenant c'est que la maison semble vide. Il n'y a plus personne, elle ne rencontre personne. L'impression la met de plus en plus mal à l'aise. Elle s'arrête devant une fenêtre donnant sur une partie du jardin. Elle ouvre la fenêtre et s'apprête à sauter, quand de grandes mains l'attrapent par le haut du corps, avant de la tirer à l'intérieur. Elle n'arrive pas à bouger et la voix du tueur retentit dans son dos. Il la tient, putain...

- Tu es rapide, mais cela tu vas le regretter. Natalia essaie de se détacher de son emprise mais c'est sans succès. Sa poigne est supérieure à la sienne. Il attrape ses mains et les attache avec un bout de corde, qu'il n'avait pas sur lui plutôt. Ensuite il la pousse dans une certaine direction. Ton temps est dépassé caramela, il t'attend.

Encore ce surnom, qui ne fait que plus irriter Natalia. Elle ne peut que le suivre, tout en essayant de trouver des tentatives pour fuir, mais rien. Ils traversent un couloir désert, avant de s'arrêter face à une grande porte en bois massif. Il cogne à la porte et ouvre la porte, une fois qu'il reçoit la permission. Natalia se retrouve à genou, après que son assaillant l'ait poussée dans la pièce.

- Relève-la Ivan, dit la voix qu'elle reconnait entre mille. La voix de l'homme de la ruelle. Sa voix lui semble encore plus impressionnante et claquante maintenant. Natalia apprend en même temps le nom de l'homme qui l'a amenée ici. Ce dernier l'aide à se mettre debout sans ménagement. Je peux savoir pourquoi elle est vêtue de la sorte ?

Chapitre 3 Chapitre 2

Natalia relève les yeux et croise ceux de l'homme en question, l'homme à la source de tous ses problèmes. Elle ne s'en était pas encore rendue compte, vu la manière dont elle était arrivée ici, mais elle se trouve dans une sorte de salle de réunion. Il y a environ une dizaine de personnes dans la pièce, dont Lorenzo qu'elle reconnait immédiatement. Son regard est glacial.

- Elle n'a pas voulu obéir patron, lui répond Ivan d'une voix légèrement agacée. Comme je vous l'expliquais tout à l'heure.

Elle ne connait pas les autres personnes dans la pièce, mais l'un des regards se fait très curieux. Il s'agit d'un homme en face du patron. Mais surtout à coté de lui se trouve 2 femmes, vêtues uniquement de lingeries.

- Il semblerait qu'elle soit plus belliqueuse que tu ne le pensais Andres, lui dit l'homme accompagné, d'une voix joueuse. Il la regarde comme un animal de cirque et cela se voit que la situation l'amuse plus que tout. On va devoir attendre encore longtemps ?

- Je sais ce que je fais et ce que je veux Mateo. Entendre parler d'elle comme si elle n'est pas là, énerve énormément Natalia. Mais elle ne fait aucun commentaire, de toute façon le regard de pierre en face d'elle ne lui donne même pas envie de le défier à nouveau. Elle n'est pas bête, elle sait qu'à désobéir, elle se met dans une position difficile, surtout avec cet homme autoritaire qui semble avoir des projets précis pour elle. Déshabille toi caramela. Immédiatement.

- Ici ?

- Je t'ai laissé une chance d'éviter cela.

Non seulement il essaie de l'humilier, mais en plus il essaie de se faire passer pour le gentil de l'histoire. C'est du n'importe quoi. Il y a eviron une dizaine de personne dans cette pièce et ils vont tous la voir nue. Elle ne veut pas de cela, elle ne bouge pas. Elle l'entend se lever et le voit s'approcher d'elle devant son refus d'obéir. Elle essaie de reculer avant de se retrouver dos à un mur. Personne ne bouge pour l'aider, elle est seule face à la personne devant elle dont le regard et le rictus mauvais ne semblent rien présager de bon. D'une main, il saisit ses poignets et les monte au dessus de sa tête. Le visage de Natalia trahit se peur, tandis que de son autre main, il caresse doucement son visage.

- Ivan.

Ivan s'approche de lui et lui tend un couteau. Natalia voit sa mort se rapprocher. Elle s'imagine les pires choses dans son esprit. Elle tente de le supplier mais aucun son ne sort de sa bouche. Andres approche la lame du couteau de sa gorge. Il sourit pendant qu'il lui fait vivre de longues secondes effrayantes. Finalement il abat la lame du couteau avec une grande habilité et découpe ses vêtements. Natalia a le cœur qui bat tellement vite, qu'elle n'entend que cela. Il rend le couteau à Ivan et de sa main de nouveau libre, il retire les bouts de tissus qui constituaient sa tenue plutôt. Elle se retrouve toute nue, dans une position de totale faiblesse. Elle ne peut pas l'empêcher de faire ce qu'il veut d'elle et réaliser cela a plus d'impact sur elle qu'elle ne l'aurait cru. Elle a l'impression de nager en plein cauchemar. Un qui ne semble pas vouloir se terminer de sitôt.

Une fois complètement nue, il la lâche et elle tombe au sol, le dos collé au mur. Elle tente de cacher sa nudité, mais c'est sans compter ce que lui veut. Il attrape son cou d'une des ses mains et la soulève sans grande difficulté, comme si elle ne pesait absolument rien. Natalia se débat, elle pleure, elle hurle. Mais seul le silence lui répond. Personne dans la pièce ne bouge. Personne ne l'aide. Les deux autres femmes détournent le regard.

Il la ramène vers son siège, avant de la lâcher et de s'y asseoir.

- On va recommencer. Tu veux obéir ou tu préfères que je te fasse pire ?

- ....

- Réponds-moi.

- Je vais obéir.

- Très bien. Natalia pense avoir évité encore de subir d'autres choses. Elle veut juste retourner dans sa chambre. Rapproche-toi caramela. Elle est surprise de l'entendre l'appeler mais s'exécute rapidement. Bien mieux.

Elle est devant lui et maintenant elle le dépasse d'une bonne tête, lui qui est assis dans son fauteuil.

- Maintenant passons à la punition.

L'information a à peine le temps de remonter à son cerveau qu'il l'attrape et la fait basculer sur ses cuisses. Installée de la sorte, Natalia ne dit rien tellement elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Lorsque la première fessée s'abat, elle hurle de douleur et comprend enfin. La honte est totale. Il continue à lui assener des claques et ses cris se transforment en gémissements de douleur. Car elle a aussi sa fierté, une fierté qui lui semblait avoir disparue mais semble revenir. Elle se mord les lèvres pour contenir ses cris. Elle tient tant bien que mal, mais elle gémit quand même par moment et ses yeux sont embués de larme quand il décide enfin de s'arrêter. Il la fait s'assoir sur lui à ce moment face à lui pour que leurs regards se croisent.

- Si un de mes ordres doit encore être discuté, ce sera bien pire. Ai-je été assez clair ?

- Oui.

- Oui monsieur, la corrige-t-il immédiatement.

- Oui monsieur.

- Ivan la tenue. Il reçoit la tenue dans sa main, la maudite nuisette transparente qu'elle n'a pas voulu enfiler ce matin. Il la rapproche de lui d'un coup et Natalia se rend compte du début d'érection. Elle est dégoutée, mais elle cache son ressenti. Elle ne veut et ne peut plus rien supporter. Elle veut juste en finir et qu'il la libère. Catalina, Rosa.

- Oui monsieur, répondent à l'unisson les 2 filles derrière lui.

- Allez dans votre chambre avec elle et faites lui enfiler cette maudite tenue. Il relâche sa prise et la fait descendre. J'espère que je n'aurais pas à te rappeler aujourd'hui Natalia. Que tu seras sage.

- Je serais sage, lui répond-elle d'une voix soumise.

Elle sait que c'est ce qu'il veut entendre et pour le moment, elle est prête à lui donner. Elle va obéir, en tout cas jusqu'à trouver une idée pour se sortir de là et s'enfuir.

- Parfait alors. Prend-là. Il lui tend la tenue qu'elle récupère. Je l'ai acheté spécialement pour toi.

Son regard se fait lubrique et il regarde chaque partie de son corps avec beaucoup d'intérêt. Natalia n'en peut plus, elle baisse le regard.

- Allez-y les filles, rajoute Mateo. On dinera ce soir ensemble.

Chacune des filles embrasse à son tour Mateo avant de venir vers Natalia et de la faire sortir de la pièce. Les hommes se retrouvent entre eux dès leur départ.

- Très intéressante cette fille, Andres. Maintenant commençons la réunion.

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