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Une Couronne pour trois

Une Couronne pour trois

Auteur:: Sophia Story
Genre: Histoire
''UNE COURONNE POUR TROIS'' RÉSUMÉ Toutes les trois nées le même jour, les princesses Marina, Rosael et Rubi ont toujours vécu sous la protection de leur frère aîné et de leur père. Menant une vie paisible, elles ne s'attendaient pas à ce que tout bascule du jour au lendemain. Elles devront alors se battre pour protéger leur royaume et leur vie. Chacune d'entre elle va devoir également affronter ses sœurs pour réussir à être celle à qui reviendra la couronne. L'amour infini d'un frère, la détermination d'hommes très dévoués et même les liens de sang ne réussiront pas à empêcher cette guerre qui se prépare.

Chapitre 1 Chapitre 01

- Princesse Rosael Elvira CAMBOG FRANCIS DE LAZARIOS,

Princesse Rubi Leonora CAMBOG FRANCIS DE LAZARIOS,

Princesse Marina Saphira CAMBOG FRANCIS DE

LAZARIOS accompagnée de son fiancé le Prince Jude Nolan

ASCARATE, Prince Maurel Jordy CAMBOG FRANCIS DE LAZARIOS, Sa majesté le roi...

L'immense palais du roi Carl II accueillait une grande foule pour rendre hommage à la reine Liziria qui avait rejoint les cieux depuis désormais dix ans.

Le roi vieux et veuf depuis de longues années avait décidé de profiter du dixième anniversaire de la mort de la reine pour présenter son fils ainé Maurel comme son successeur au

trône.

C'était une incroyable chance pour lui car il n'aura pas à faire un choix entre ses trois filles nées le même jour.

Tout le monde était debout autour de la longue allée dans laquelle marchait la famille royale.

Après le long discours du protocole du roi, Maurel fut présenté à tous.

Plusieurs tables pour quatre royalement décorées accueillirent plus

tard les invités.

Maurel était un jeune homme de caractère avec une allure très

imposante.

Il inspirait confiance à tel point que beaucoup disaient

qu'il ferait un meilleur roi que son père.

Il avait longtemps été guerrier et durant tout son séjour dans la

garde royal il avait dirigé les troupes et s'était avéré être le plus redoutable guerrier et meneur que le royaume ait connu après plus

de trois générations.

A seulement vingt-huit ans il avait une réputation sans pareille. Tous les royaumes voisins le connaissaient. Après avoir remporté

trois guerres en quatre ans, il a su se débarrasser de plusieurs

ennemis du royaume et dissuader tous les autres de menacer leurs

terres.

Maurel avait pourtant un défaut, il ne résistait pas à la beauté

féminine. Il collectionnait des compagnes et brisait des cœurs. Son

grand sens de l'humour qui accompagnait son fort caractère le

rendait deux fois plus séduisant mais son refus de se marier était

l'une des choses qui déplaisait à son père et ce soir encore ils en

parlaient.

- Je ne saurai dire à quel point je suis fier d'avoir un frère comme

toi, lui disait son père assis à une table avec lui, Rosael et Rubi.

- Je me sens honoré majesté. Tout ce que j'ai appris, c'est de vous

que je l'ai appris.

- Il n'y a aucun doute, tu fais des jaloux. Tu seras un roi

exceptionnel mais...

- Mais ?

- Mais un bon roi a besoin d'une reine à ses côtés. Cette vie de

jeune homme célibataire que tu mènes te met en danger et

t'expose.

- J'ai toujours su être prudent.

- Aujourd'hui tu es un prince, quand tu deviendras roi sache que

tous les moyens seront bons pour t'atteindre.

- Je vais y réfléchir père.

- Majesté, appela l'un des gardes qui avait marché de la porte pour

se rapprocher du roi, il y a une fille dehors qui dit qu'elle a reçu

une invitation pour la cérémonie.

- Mais alors, faites-la entrer. Ne vous a-t-on pas dit qu'il fallait

laisser entrer les gens avec une invitation ?

- Le problème est que je doute que vous ayez vraiment invité cette

personne.

- Qui est-ce donc ?

- Shimaya, l'une des prostituées les plus réputées du royaume

majesté.

- Une prostituée ? Ici ?

- Je vais m'en occuper, proposa le prince Maurel.

- Tu as invité cette fille ? S'énerva le roi.

- Bien-sûr que non, je veux juste voir ce qui l'emmène ici. Je

pense qu'il vaut mieux que je la traine loin d'ici avant que nos

invités ne la remarquent.

- Les gardes peuvent faire ça. Tu ne peux pas t'échapper de ta

propre cérémonie.

- Premièrement ce n'est pas ma cérémonie mais celle du dixième

anniversaire de maman et deuxièmement je n'en aurai pas pour

longtemps.

Maurel prit congé de son père et se dirigea à l'extérieur du palais.

Il traina la jeune fille par le bras jusqu'aux écuries et passa une

main dans ses cheveux angoissé. Ils se connaissaient et visiblement

très bien.

- Que faites-vous ici Shimaya, voulez-vous me créer des

problèmes ? Salir ma réputation ? Qui vous a donné cette

invitation ?

- Je vous l'ai dérobé la nuit dernière et j'y ai ajouté mon nom.

- Savez-vous que c'est un crime de faire ça ? Vous pourriez vous

faire tuer pour une tricherie pareille.

- Je sais mais il fallait que je vous parle.

- Cela ne peut-il pas attendre ?

- venez me voir à peine une fois chaque dix jour alors non cela ne

pouvait pas attendre. Je vous aime Maurel et je sais que vous

m'aimez aussi alors pourquoi me cacher ?

- Vous plaisantez ? Voudriez-vous que je vous présente à tout le

peuple comme ma future épouse et la future reine de ce

royaume ?

L'amour est un sentiment très fort mais face au

devoir il ne vaut rien.

- Je n'aurai jamais dû vous faire confiance.

- Ne dites pas cela Shimaya, de toutes les femmes que j'ai

rencontré, vous êtes la seule envers qui j'ai été sincère et la seule

pour qui je nourris de vrais sentiments.

- Et vous vous êtes le seul homme à qui j'ai été fidèle. Je vous ai

donné mon cœur et pour vous j'ai cessé de faire la seule chose

que je savais faire.

Vous n'avez pas le droit de m'abandonner

comme ça, pas maintenant.

- Shimaya, quand je serai roi, je vous jure que je ferai tout le

nécessaire pour que mon royaume vous accepte mais pour que

cela se fasse, vous devez continuer à vous tenir droite, quitter ce

bordel pour de bon.

- Combien de fois vais-je vous dire que je n'y vais plus ?

- Un de mes hommes vous a vu y aller il y a quelques jours. Je

n'ai rien voulu vous demander car je savais que vous inventeriez

d'autres mensonges.

- Même si je vous dis ce que j'y faisais vous ne me croiriez pas

n'est-ce-pas ?

- En effet.

- Vos hommes ne vous ont pas aussi rapporté que j'y suis restée à

peine un quart d'heure ?

- Un quart d'heure c'est assez pour m'être infidèle.

Maurel ne vit pas venir la gifle de Shimaya. Furieux, il saisit ses

bras et afficha un regard menaçant.

- Vous savez pourquoi vous ne pouvez pas être reine ? Parce-que

vous n'avez aucun respect pour l'homme que vous dites aimer et

aucun respect pour la couronne. Vous vous comportez comme

une sauvage.

- Sir, appela un jeune chevalier qui depuis peu était le protégé du

prince, les gens commencent à remarquer votre absence et le

comte de Lawrence demande à vous parler.

- D'accord Karlion, répondit Maurel en ôtant ses mains des bras

de la jeune femme.

- Je dois vraiment vous parler, insista Shimaya.

- Plus tard, j'enverrai Karlion à votre demeure avec une note

demain à la première heure.

- Sir, je crains ne pas pouvoir me libérer demain, le sir Archibald

exige que nous soyons tous à l'arène dès l'aube pour un

entrainement.

- N'est-ce-pas moi qui vous entraine personnellement Karlion ?

- C'est bien vous majesté.

- Rassurez-vous mon cher ami, ce cher Archibald n'a rien à vous

apprendre que je ne vous ai déjà appris. C'est juste un

prétentieux qui a du mal à s'adapter à son nouveau titre.

- Tout était bien mieux quand c'est vous qui dirigiez les troupes.

- Malheureusement notre cher roi me préfère à ses côtés.

Les deux hommes continuèrent leur discussion tout en s'éloignant

des écuries. Shimaya ne resta pas plus longtemps et quitta le palais

quelques minutes après leur départ.

Assis à une table avec sa fiancée et deux autres invités, le prince

Jude remarqua Rubi qui était debout près du buffet.

Il s'excusa auprès de ses compagnons et marcha jusqu'à elle. Elle avait du mal

à tenir toutes les quatre coupes qu'elle avait en main.

- Laissez-moi donc vous aider, proposa Jude.

- C'est gentil, tenez donc.

Rubi tendit deux coupes à Jude qui les prit. Son regard curieux ne

resta pas inaperçu.

- Pourquoi me dévisager vous ainsi ?

- Je me demandais juste pourquoi une princesse telle que vous

préfère se servir elle-même. Tous les autres se font servir alors ?

- Comme le disait grand-mère paix à son âme, on n'est jamais

mieux servi que par soi-même.

- Dites-moi, vous arrive-t-il de sourire ? Vos sœur paraissent

généreuses, adorable mais vous vous semblez si froide et pleine

de rigueur. Vous feriez une bonne reine.

- Sauf que je ne suis pas destinée à être reine. La princesse Marina

est celle qui aura sans doute un tel privilège vu qu'elle épousera

un prince héritier.

- Ceci reste à voir, mon père est encore si jeune et si fort que j'ai

l'impression que je mourrai avant lui.

- Très drôle.

- Et pourtant cela n'a pas réussi à vous arracher un sourire. Malgré

cette mine affreuse vous restez de loin la plus belle de toutes.

- Faites attention Jude, certaines personnes insensées pourraient

croire que vous me faites la cour.

- Serait-ce si grave ?

- Vous feriez mieux de retourner vers votre fiancée, je crois

qu'elle ne sait plus rester loin de vous.

Rubi retira ses coupes des mains de Jude et alla les poser à sa table.

Son père et Rosael se servirent et la coupe du prince Maurel resta

là à attendre la fin de sa discussion avec le compte de Lawrence.

Marina se leva pour retrouver Jude devant le buffet.

- De quoi parliez-vous ? Demanda-t-elle à son fiancé.

- Oh de rien en particulier. Votre sœur est une boule de mystère.

- Ça c'est le moins qu'on puisse dire. Elle a toujours été si froide,

je plains l'homme qui l'épousera.

- Croyez-moi un tel caractère est ce qui rend certains hommes

fous. D'ailleurs je pense qu'elle ferait une incroyable reine.

- Avoir un frère à qui la couronne est destinée depuis tout petit

nous a empêchés d'avoir de telles aspirations. Nous avons pu

vivre loin de toutes ces obligations.

- Ma chère, n'oubliez pas que vous risquez de devenir reine bien

assez vite, en m'épousant.

- J'ai encore de longues années pour me préparer.

- C'est évident. Regardez de l'autre côté, on dirait que le comte de

Lawrence a fait le déplacement juste pour mettre sa fille entre les

bras de votre frère. Le pauvre, je n'aimerais pas être à sa place.

Pouvoir choisir en toute liberté la femme avec qui on désir

passer sa vie est une bénédiction.

- Vous avez totalement raison mais demander à Maurel de faire un

choix serait lui demander de remplir le palais de toute la vermine royal. Mon frère n'a aucun gout et aucune classe en matière de

femme.

- Si vous le dites princesses, si vous le dites.

Le comte de Lawrence, sa fille Iverra, le prince Maurel et son

fidèle compagnon Karlion étaient debout dans un coin de la grande

salle royale à s'échanger quelques politesses. Le comte semblait

toutefois avoir un sujet plus important qui lui tenait à cœur.

- Pouvez-vous vous séparer une minute de votre valet pour que

nous ayons une discussion plus sérieuse ? Demanda le comte à

Maurel.

- Mon valet ? Interrogea Maurel.

- Je pense qu'il parle de moi sir, avança Karlion, je vais me retirer

un moment.

- Non attendez Karlion. Sans vouloir manquer de respect au

comte, je voudrais que sa politesse sache faire la différence entre

un loyal chevalier et un valet. Karlion est un brillant jeune

homme, sans doute le seul qui un jour réussira à manier l'épée

mieux que j'ai bien pu le faire. C'est la seule personne à qui je

confierai ma vie alors s'il vous plait que pour rien au monde on

lui manque de respect.

- Oh cela va soit, nous avons tous un petit toutou à qui nous

tenons mais est-ce nécessaire qu'il participe à notre

conversation ? Il est sans doute digne de garder vos secrets mais

pour garder les miens il faudra que je le connaisse mieux. Si cet

homme était blanc comme tous les autres je comprendrais mais

il est noir, je doute qu'il vienne d'une famille noble.

- Ne vous en faites pas sir, je vais en profiter pour étancher ma

soif. Je ne serai pas loin.

Karlion se retira et marcha vers le buffet laissant le prince en

compagnie du comte et de sa fille.

- Je voulais personnellement vous présenter ma fille Iverra, une

véritable perle rare.

- Enchanté, c'est un plaisir et un honneur de vous rencontrer.

Maurel salua poliment et embrasse la main de la jeune Iverra qui

semblait très timide.

- Tout l'honneur est pour moi, répondit la jeune femme.

- J'ai éduqué ma fille en faisant très attention aux moindres

détails. Iverra est vraiment un trésor que les jeunes rois

s'arracheraient. Elle a des valeurs et un don incontestable quant

à s'agit de diriger. Elle a toujours rêvé devenir reine et

d'apporter tout son soutien et son savoir-faire à son peuple. Quoi

de mieux qu'une reine honorable pour un jeune homme tel que

vous ?

- J'avoue que j'apprécie le fait que vous ayez pensé à moi pour

votre fille mais cette façon de la vendre n'est pas forcément la

meilleure. Rien qu'en observant votre fille je peux voir toutes

ces valeurs dont vous me parlez mais plus vous en parlez, plus

elles disparaissent. Les pierres précieuses n'ont besoin d'aucune

publicité, elles se vendent toutes seules. Désormais laissez le

charme de votre fille opérer tout seul. Une femme comme Iverra

c'est une bénédiction mais un beau parent comme vous c'est

moins plaisant. Je l'ai dit et je le répète, je ne voudrais surtout

pas être impoli.

- Oh ne vous inquiétez pas, je comprends. Même les plus âgés ne

refusent pas quelques conseils.

- Et puisque le conseil vient de moi, sachez qu'il ne risque pas de

s'appliquer à moi.

Maurel se retourna vers Iverra et salua de nouveau.

- Ce fut un honneur de vous rencontrer et je vous souhaite de

trouver un époux qui sera à la hauteur de vos attentes. Veuillez

m'excuser.

- Je vous en prie.

Maurel se retira et rejoignit la table de son père. La colère noire sur

le visage du comte fit rigoler Karlion qui observait de loin. Il avait

compris que son prince avait dû remettre ce vieil homme arrogant

à sa place.

- Il est d'une arrogance ! Affirma le comte en buvant dans sa

coupe.

- Je le trouve plutôt impressionnant, contredit Iverra avec un léger

sourire. Cet homme fera un roi incroyable. Je crois que le divin

s'apprête à régner sur le royaume de Saragatt.

- C'est ce qu'on verra.

Des clins d'œil entre Rosael et Karlion. Elle semblait lui indiquer

les couloirs alors que le jeune homme tentait d'exprimer son refus.

Agacée, Rosael se leva, se retira de la salle et prit le couloir qui

menait vers les appartements.

Karlion regarda autour de lui et se décida à la rejoindre

discrètement. Quand Rosael arriva à sa porte, elle l'ouvrit et tira le

jeune chevalier à l'intérieur avant de refermer.

- Vous me faites courir un grand risque princesse, souligna

Karlion.

- Je pensais que le danger vous passionnait, murmura Rosael.

- Partir en guerre contre l'ennemi et provoquer la colère de son roi

ou d'un prince qui a placé toute sa confiance en vous sont deux

choses très différentes. Votre frère me tuerait s'il savait la

relation que j'entretiens avec vous.

- Aimer n'est pas un crime.

- Certes mais vous êtes de sang royal et moi je suis à la limite de

la noblesse.

- Mon frère vous apprécie, je suis sure qu'il serait fière

d'apprendre que sa sœur fréquente un homme tel que vous.

- Cessez de me faire de longs discours sur les classes sociales et

les races. Vous m'avez terriblement manqué.

- Je ne saurai dire à quel point vous m'avez manqué Rosael.

Karlion porta la princesse dans ses bras, marcha jusqu'à son lit et

l'y posa. Il l'embrassa tendrement et elle se retourna pour qu'il

l'aide à défaire tous les nœuds de sa robe.

Pendant ce temps Maurel vidait sa coupe en compagnie de son

père et de Rubi.

- Que voulait le comte de Lawrence ? Demanda Rubi à son frère.

- Oh tu sais, comme tous les autres il cherchait un bon parti pour

sa fille.

- Je pense que cette fille t'irait bien.

- Allez Rubi, qu'est-ce tu en sais ? Tu as le cœur tellement fermé

que même Archibald avec son égo surdimensionné ne relèverait

pas le défi de te faire succomber.

- C'est tant mieux pour Archibald, c'est un homme bien trop

arrogant pour n'importe quelle femme. Cet homme mourra seul

crois-moi.

- Continue comme ça et tu seras la suivante après lui.

- Alors, tu n'as vraiment pas apprécié cette chère Iverra ?

- La fille est charmante mais le père !

- Je m'en doutais bien. C'est pourtant un beau-père comme lui

qu'il te faut.

- Cet homme est trop dans les nuages. Si tu savais comment il a

osé traiter Karlion, comme un maudit esclave.

- S'il savait que dans l'une de tes précédentes vies tu étais

abolitionniste. Mon frère est un ange, celui qui brise les chaines

de l'esclave et fait se repentir les prostituées.

A ces mot la boisson de Maurel lui sortit presque par le nez, elle ne

l'avait pas dit par hasard ça non. Il espionna le regard de son père.

- Si je t'attrape Rubi, menaça-t-il.

- Non et non, avertit le roi. Vous allez vous calmer car nous avons

des invités.

Le roi avait compris qu'ils allaient encore une fois se pourchasser

comme à leur habitude. Rubi et Maurel étaient très proches et

adoraient se taquiner et courir dans le palais comme des enfants.

Maurel était le seul qui arrivait à faire rire sa sœur et le seul avec

qui elle se sentait en confiance.

Il ne lui racontait pas ses secrets mais il ne les lui cachait pas. Plus

d'une fois elle l'avait surpris avec Shimaya et n'avait fait aucun

commentaire.

- Suis-moi, ordonna Maurel à sa sœur, nous allons ouvrir le bal.

- A vos ordres futur roi.

Maurel invita sa sœur à danser et dès qu'ils firent leurs premiers

pas, Maurel se sentit mal. Il plaça sa main sur sa poitrine et

inquiète sa sœur lui demanda ce qui n'allait pas.

Quelques secondes après il s'écroula au sol le regard vide. Le

médecin de la cour se précipita vers lui et toute la salle debout dans

un silence absolu attendait que le médecin se prononce. Le roi était

debout aux côtés de Rubi. La famille du jeune prince l'avait

encerclé mais Rosael était absente.

- Il est mort, annonça le médecin, le prince Maurel Jordy CAMBOG FRANCIS DE LAZARIOS est mort.

Chapitre 2 Chapitre 02

Le bruit des cloches assourdissaient tout le royaume. Tous ceux qui n'étaient pas dans la grande salle du royaume se demandaient ce qui se passait. La cloche n'avait pas été sonnée depuis l'attaque du royaume qui datait de deux ans déjà.

- Vous avez entendu ça ? C'est la cloche.

Karlion avait entendu la cloche tout comme Rosael. La jeune princesse se libéra des bras de son compagnon et enfilait sa robe pendant que Karlion faisait de même avec son armure.

Ils coururent jusqu'à la salle et Rosael rejoignit ses sœurs. Face au corps sans vie de son frère elle s'écroula en pleurs. Rubi tenait Maurel dans ses bras et le suppliait de se relever. Quant à Marina, elle avait toujours du mal à croire ce qu'elle voyait et son fiancé essayait de la retenir à ses côté pour éviter qu'elle s'écroule elle aussi.

Karlion avait une larme qui glissait délicatement de ses yeux. Il était dévasté. Son mentor et son seul ami venait sans doute de se faire tuer et il n'était pas à ses côtés. Il se faufila entre les invités et se rendit près du corps.

- Ça ne fait aucun doute, il a été empoisonné.

La déclaration du médecin avait encore rendu la foule plus inquiète. Le silence avait été rompu et les murmures se faisaient entendre dans toute la pièce. Le prince héritier vient de mourir le jour du dixième anniversaire de la mort de sa mère, jour même où son père le présenta officiellement comme son successeur au trône.

Dans le royaume, hors du palais, le reste du peuple s'interrogeait. Les rumeurs faisaient déjà le tour du royaume. Shimaya et une de ses amies qui avaient entendu la cloche étaient sorties de leurs demeures pour se renseigner.

- Que se passe-t-il ? Demanda Shimaya à un passant affolé qui avait ses deux mains sur la tête. Pourquoi autant de panique dans le royaume ?

- Le prince hériter est mort, annonça le passant.

- De quoi parlez-vous ? Quel prince ?

- Quelle question ! Le seul prince que nous ayons, le prince Maurel.

Le cœur de Shimaya semble s'arrêter. Elle trébucha en tentant de faire un pas et se retrouva avec les genoux au sol. Elle ne se releva pas. Tout était obscur pour elle et sa tête semblait peser des tonnes. Une grande vague de chaleur parcourut son corps et paradoxalement, ses mains devinrent toutes froides.

Son amie s'approcha d'elle et posa les mains sur ses épaules.

- Calme-toi ma jolie, lui dit cette dernière. Je sais que c'était ton plus gros client mais tu sais ça ira.

- Comment peux-tu dire ça ? Rien n'ira. C'est une tragédie, un deuil pour tout le royaume.

- Je sais Shimaya, je suis toute autant dévastée que toi mais tu en fais un peu trop à mon avis.

- Je l'aimais tu comprends ? J'étais amoureuse de lui et c'était réciproque.

- Tu t'es sans doute fait des films.

- Que vais-je faire ? Que vais-je faire maintenant ? Il avait promis, il avait promis qu'on aurait l'occasion de se parler. J'aurai dû lui dire. Il est mort sans savoir que j'attendais son enfant.

- Shuuut, que racontes-tu ? Es-tu vraiment enceinte ?

- A ton avis Lara.

- Et tu es sure qu'il est de lui ?

- Cela fait bien des lustres que je n'ai connu aucun autre homme. Je dois me rendre au palais, je dois y aller, je dois le voir.

- Ne sois pas stupide. Le prince est mort. Quelqu'un l'a surement tué pour éviter qu'il puisse un jour accéder au trône. S'il est vrai que tu attends un enfant de lui alors tu dois faire attention. Personne ne doit l'apprendre.

- Qui aurait intérêt à le tuer bon sang ?

- Quelle question idiote ! L'une de ses sœurs bien évidemment. Sans doute la prochaine dans l'ordre de succession.

- J'en doute, elles sont trois et elles sont nées le même jour.

- Il y en a forcément une qui a vu l'extérieur avant les autres. L'ordre de succession est très clair, elles savent parfaitement à qui reviendra la trône. Viens Shimaya, rentrons. C'est obscur ici et l'air est vraiment glacial. Il faut que tu sois forte.

Durant toute la nuit, le royaume de Saragatt avait gardé ses invités prisonniers dans leur palais. Des fouilles qui avaient été mal vues par certains et avaient révoltés d'autres qui disaient avoir été invités pour ensuite être traités d'assassins.

Au petit matin les invités avaient libéré les lieux et aucun suspect pour l'instant. Le corps du prince avait été couvert et placé dans un cercueil ouvert. Les trois princesses n'avaient pas quitté leur frère et le roi remuait ciel et terre pour essayer de comprendre ce qui était arrivé à son fils.

Il avait fait appeler Karlion et le jeune chevalier s'était rendu dans la salle du trône où il l'attendait avec le sir Archibald.

- Votre majesté, affirma Karlion pour annoncer sa présence.

- Vous avez toujours été l'ombre de mon fils, affirma le roi. Je me demande où vous étiez quand tout ceci est arrivé.

- J'ai dû m'éloigner de lui quelques minutes sous la demande du comte de Lawrence. Il voulait s'entretenir avec lui en privé. J'ai ensuite remarqué qu'il avait rejoint sa famille et je n'ai pas voulu m'incruster.

- Je veux une liste de toutes les personnes qui ont approché mon fils ou qui ont eu accès à sa nourriture ou à sa boisson. Vous avez jusqu'au coucher du soleil pour me faire une liste complète.

- Si vous permettez majesté je m'en occuperai, proposa Archibald. Je doute que ce jeune homme ait assez d'expérience pour une si lourde tâche.

- Sir Archibald, ce jeune homme est celui qui connait mon fils mieux que quiconque et sans vouloir vous offenser ses propos à votre égard n'étaient pas très élogieux. Karlion va s'occuper de cette enquête.

- Je ferai ce que voudra sa majesté, répondit Karlion.

- Vous pouvez disposer.

Karlion quitta la pièce avec une mission qu'il aurait accomplie même sans la demande du roi. Toutefois, avoir l'ordre du roi lui faciliterait bien les choses.

- Sir Archibald, adressa le roi à son chef de troupes, si Karlion doit enquêter sur les autres, je veux que quelqu'un se charge d'enquêter sur lui également. Je veux savoir où et avec qui était ce jeune homme pendant que mon fils était à l'agonie.

- Oui majesté, les pires traitres sont ceux qu'on pense être les plus loyaux.

- Oh, je ne pense pas que ce jeune homme ait pu faire du mal à mon fils. Ce que je pense est bien tout autre. Faites ce que vous avez à faire et abstenez-vous de tout commentaire.

- Oui majesté.

Karlion avait quitté le palais après sa discussion avec le roi. Il s'était rendu au domicile de Shimaya très discrètement. L'amie de cette dernière lui avait ouvert et l'avait accompagné jusqu'à Shimaya qui était toujours en larmes.

- Elle n'a pas quitté son lit depuis hier, informa Lara.

- Merci, veuillez nous laisser un moment s'il vous plait.

Lara quitta la chambre et Karlion s'installa sur une vieille chaise en bois près du lit.

- Que venez-vous faire ici ? Je suis déjà informée de la mauvaise nouvelle.

- Je ne viens pas en tant que messager. Le prince est mort et vous êtes l'une des dernières personnes à l'avoir approché.

En entendant les accusations de Karlion, Shimaya sursauta de son lit et se mit assise lui faisant face.

- Qu'insinuez-vous ? Pensez-vous vraiment que j'aurai pu faire du mal au prince ? Je l'aimais pauvre imbécile.

- Ce que je pense c'est que vous avez su l'attirer loin de tous pour de sombres prétextes. Si vous n'êtes pas coupable, que faisiez-vous là ? Quelle est cette urgence qui ne pouvait pas attendre ?

Shimaya fondit en larmes mais Karlion semblait insensible à sa douleur. Il ne voulait pas se laisser duper par les larmes d'une prostituée qui selon lui étaient de fausses larmes.

- Faites ce que vous voulez de moi, faites-moi exécuter. Ce sera un soulagement pour moi de le rejoindre.

- Vous n'allez pas le rejoindre Shimaya, Maurel était un homme bon et une prostituée telle que vous n'aura pas droit au même paradis que lui. Cessez donc de faire votre hypocrite et dites-moi ce que vous lui avez fait.

- Je ne suis pas coupable de ce dont vous m'accusez. Si je suis allé à cette maudite fête c'est uniquement pour lui révéler ce que je venais tout juste de découvrir. J'attends un enfant et ne me manquez pas de respect en me demandant s'il est de lui.

- Un enfant ?

- Oui, un enfant et le médecin que j'ai consulté hier juste avant de venir à la cérémonie peut le confirmer.

- Je suis vraiment désolé, s'excusa Karlion honteux.

- Partez de chez moi maintenant à moins que vous ayez d'autres accusations.

- Qu'allez-vous faire ?

- Partir loin d'ici pour protéger mon enfant.

- Le royaume de Richtown, rendez-vous-y et demandez Tamara, dites-lui que vous venez de ma part, elle vous trouvera refuge.

Shimaya hocha la tête et Karlion se retira. Il ne s'attendait pas à une telle nouvelle mais il comptait protéger cet enfant innocent comme son père l'avait fait avec lui.

Plus tard dans la soirée, Rubi se rendit dans les écuries désirant monter à cheval et évacuer toute la tristesse qu'elle avait en elle. Elle caressait son cheval quand elle entendit des pas derrière elle. C'était sans doute le contremaitre.

- Maurel m'a offert ce cheval pour mes seize ans, affirma-t-elle.

- J'ai remarqué que c'était le plus sauvage et le plus imprévisible de tous.

- Il n'y a que moi qui puisse le monter, il ne laisse personne d'autre le faire.

Rubi avait répondu avant de réaliser que la voix qu'il avait entendu n'était pas celle de leur contremaitre. Elle se retourna brusquement et son regard se plongea dans celui d'un bel homme séduisant qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Elle se mordit inconsciemment la lèvre face à une telle beauté et prit un long moment pour retrouver ses esprits.

- Qui êtes-vous ? Demanda-t-elle.

- Le nouveau contremaitre.

- Où est Roy ?

- Il ne travaille plus ici, c'est moi qui le remplace.

- Puis-je savoir depuis quand ?

- Depuis hier matin. Attendez, je vous montre.

Le jeune homme sortit le cheval de la princesse et le caressa un moment. Il grimpa sur le cheval et fit un petit tour avant de le ramener.

- Qu'ils soient sauvages ou pas, il suffit juste de comprendre leur langage et de leur inspirer confiance. J'ai passé toute mon enfance dans un ranch.

- Pourquoi me racontez-vous votre vie ? Affirma arrogamment Rubi. Je ne sais pas pour les autres mais mon cheval à moi vous n'avez pas le droit de vous en servir pour vos petites séances d'équitation. Il est à moi et à moi seul.

- C'est compris, je ne recommencerai pas.

- C'est incroyable comment on sort des paysans de leurs coins et ils viennent faire leur important, aucune discipline.

- Je viens d'une zone de guerre, j'y ai grandi, j'avoue que j'ai du mal avec les ordres et toutes ces histoires de royauté.

- Je vais donc vous donner un conseil qui pourra vous être utile, évitez de répondre à une princesse si vous ne voulez pas finir au bucher. Maintenant hors de ma vue.

- Veuillez baisser d'un ton, après tout je suis un homme comme vous.

- Non vous n'êtes pas un homme comme moi. Je suis de sang royal. Quand je vous parle vous obéissez.

- C'est la première fois qu'une femme me donne des ordres, murmura le jeune homme.

- Votre insolence m'exaspère, ajouta Rubi avant de se retourner pour partir.

- Ce fut un plaisir d'avoir fait votre connaissance chère dame. Je suis Hélios à votre service.

Rubi se retourne pour partir et dans un élan de colère elle heurta une pierre. Hélios la rattrapa de justesse et la retint dans ses bras. Ce n'est qu'en la regardant de plus près qu'Hélios réalisa à quel point elle était magnifique. Il observa chaque trait, ses lèvres, ses yeux, son nez parfaitement dessiné et cette petite fossette qu'elle avait au menton. Il eut le souffle coupé et se crut dans un rêve.

- Laissez-moi, ordonna Rubi.

- Si je vous laisse vous allez tomber.

- Otez vos sales pattes de moi, vous puez le cheval.

Hélios aida Rubi à se redresser sans toutefois retirer ses mains. Il avait les mains autour de ses hanches et la retenait près de lui.

- Vous êtes incroyablement belle.

- Faites attention à ce que vous dites, je ne suis pas une femme à votre niveau.

- Ne vous méprenez pas, je le disais juste comme ça, vous n'êtes pas mon genre.

Hélios retira ses mains et s'éloigna sans tarder. Rubi n'en revenait pas, c'était la première fois qu'elle se prenait un vent. Se retrouver seule lui rappela surtout qu'elle venait tout juste de perdre l'être que son cœur chérissait le plus. Presque au bout des larmes, Rubi ramassa sa robe et retourna dans le palais.

Chapitre 3 Chapitre 03

Karlion avait interrogé les gardes du palais et les employés. Il avait rendu visite au médecin de la cour qui avait dit ne avoir détecté aucun poison ni dans la nourriture du prince ni dans les restes de sa boisson.

Avec la permission du roi, Karlion décida de s'entretenir avec chacune des princesses. Il avait d'abord invité Marina à le rejoindre à une table dans une pièce du palais.

- Pourquoi sommes-nous soumis à des interrogatoires ? Lui demanda Marina qui avait du mal à comprendre le sens de leur discussion. Sommes-nous accusées de quelque chose ?

- Bien sûr que non princesse, nous voulons juste savoir si vous avez vu ou entendu des choses qui pourraient aider.

- Je ne me suis pas approchée de Maurel pendant toute la cérémonie, je suis restée aux côtés de mon fiancé. Rosael et Rubi étaient à sa table, elles doivent avoir plus d'information.

- Vous n'avez jamais été très proche du prince Maurel, pourrais-je comprendre les raisons ?

- Maurel et moi avions deux personnalités différentes. Je suis une femme de principe qui apprécie que les femmes comme moi soient respectées. Maurel avait un grand égo et traitait les femmes comme des objets qui ne servent qu'à distraire. Son cœur est tout aussi fermé que celui de ma sœur Rubi, c'est bien pour ça que ces deux se comprenaient. Je n'avais rien contre Maurel, c'était mon frère et je l'aimais.

Les larmes de Marina commencèrent à couler et ses mots devinrent plus difficiles à déchiffrer.

- Si vous n'avez rien d'intéressant à me demander, je vous en prie évitez de remuer le couteau dans la plaie et laissez-moi faire mon deuil. Je sais que c'est notre père qui vous demande de faire tout ça mais ce n'est vraiment pas le moment. Vous aussi vous avez le droit de faire votre deuil. Je sais que vous l'adoriez.

- C'est peu de le dire mais sachez que je n'arrêterai pas avant de savoir ce qui lui est arrivé.

- Dans ce cas allez-y, trouvez ce meurtrier.

Marina quitta la pièce et alla retrouver les bras de Rosael. Karlion sortit après elle et demanda à s'entretenir avec Rosael. Celle-ci le retrouva à l'intérieur et la voir en larme lui brisa le cœur.

Elle s'était glissé dans ses bras et avait pleuré de longues minutes. Il avait ensuite réussi à la calmer avant de rejoindre la table avec elle. Personne ne voyait ni n'entendait ce qui se passait à l'intérieur et cela le rassurait un peu.

- Je suis désolé pour ce qui est arrivé à votre frère, s'excusa Karlion. J'aurai dû être là, j'aurai dû mieux le protéger.

- Je pense que s'il vous trainait partout avec lui ce n'est pas parce qu'il voulait que vous le protégiez mais parce-que lui voulait vous protéger. Il vous a toujours traité comme un frère.

- Je n'étais qu'un jeune chasseur de dix-huit quand on s'est rencontré. Il avait attaqué notre royaume avec son armée. Il nous a tous libéré de ce tyran qui nous servait de roi et qui malmenait le peuple. C'était notre héros. Alors qu'il avait posé son épée pour porter une petite fille blessée, il a failli se faire tuer. C'était la première fois que je lui sauvais la vie. Sans le connaitre j'ai combattu à ses côtés et je fus ensuite banni pour trahison. Sir Maurel n'avait que faire de nos terres bien que le roi fut mort, la reine a régné avec beaucoup plus de douceur mais tous les traitres furent exécutés. Maurel m'a sauvé à son tour et depuis nous avons combattu ensemble. J'ai surveillé ses arrières et il a surveillé les miens. Je ne viens pas d'une famille noble et il enfreint les codes de la chevalerie pour faire de moi chevalier. Il avait ses défauts mais c'était un homme bon et je ferai tout pour savoir qui lui fait ça.

- J'ai toujours été jaloux de la relation qu'il entretenait avec Rubi, je l'aimais plus que tout et je voulais qu'il soit aussi proche de moi qu'il l'était avec elle. Depuis petits il avait su veiller sur nous, il avait su nous protéger. Quand maman est morte il avait à peine dix-huit-ans mais il a dû prendre les choses en main et faire en sorte que nous n'ayons pas à nous sentir seules. Même si se partager en trois était une chose difficile il le faisait très bien.

- Pourquoi a-t-il été plus proche de Rubi d'après vous ?

- Il disait que la mort de maman l'avait affecté plus que quiconque et qu'elle s'était renfermée sur elle-même. D'après lui elle avait besoin que quelqu'un la comprenne et soit constamment présent pour elle.

- Dites-moi Rosael, maintenant que votre frère est mort, laquelle d'entre vous héritera du trône ?

- Je n'en sais rien, aucune de nous ne le sais. A vrai dire nous ne nous sommes jamais posé la question.

- Soyez prudente Rosael.

Rosael quitta la pièce et croisa Rubi qui traversait la salle furieuse. Elle l'arrêta et lui expliqua qu'elle devait parler à Karlion. Rubi ne dit mot et s'invita toute seule dans la pièce où attendait le jeune chevalier.

- Il parait que vous me cherchez, dit-elle avant de s'assoir.

- En effet. D'abord je tiens à vous présenter mes condoléances car je sais à quel point vous teniez à lui.

- Allez doit au but sir Karlion.

- J'ai entendu dire que vous étiez celle qui avait servi sa boisson au prince.

- C'est exact mais si vous vous demandez si j'ai empoisonné mon frère c'est non.

- Ce n'ai pas ce que j'ai voulu dire, je veux juste savoir si vous avez servi vous-même sa boisson.

- C'était impossible que cette boisson soit empoisonnée, je ne l'ai pas quitté des yeux. C'est vrai que je me suis faite aider à un moment mais je n'ai pas quitté les coupes des yeux.

- Aidé par qui ?

- Le prince Jude.

- Vous lui avez demandé de vous aider ?

- Non, il s'est proposé. Nous avons discuté un moment, rien de plus.

- De quoi avez-vous parlé ?

- Presque rien.

- Dites quand même.

- Il disait que j'aurai pu faire une excellente reine.

- Pourquoi disait-il ça ?

- Vous n'avez qu'à lui demander. Dites-moi Karlion, avez-vous posé autant de question à Rosael ? J'imagine que non. Vu qu'elle était occupée à coucher à vous, elle doit avoir un solide alibi ! Mon frère n'a pas été tué d'un coup d'épée, il a été empoisonné et ce poison aurait pu être employé n'importe où, n'importe quand et par n'importe qui. A ce que je sache aucun poison n'a été détecté dans sa nourriture ou dans sa boisson alors faites mieux votre travail et cherchez ailleurs. Si vous permettez je dois aller veiller mon frère, il sera incinéré tôt demain matin.

Il sonnait minuit, plusieurs lampes éclairaient le palais et le corps du prince était entouré de bougies. Les gardes étaient un peu partout et faisaient des allers et venues.

Marina s'était endormie sur un tapis installé dans la pièce où était gardé le corps. Ces sœurs n'étaient plus là. Le roi arriva vers elle et la réveilla.

- Vas à tes appartements ma fille, lui dit-il.

- Je n'ai pas su à quel moment je me suis endormie. J'ai tellement perdu du temps avec lui que je réalise bien trop tard qu'il est impossible de tout rattraper.

- Ce n'est pas ta faute, les choses arrivent comme elles doivent arriver.

- Si j'avais su qu'il partirait si vite j'aurai passé moins de temps à préparer mon mariage et plus de temps avec lui.

- S'il avait su qu'il partirait si vite il aurait également passé plus de temps avec toi. Nous avons reçu une lettre du roi de Richtown ce soir, il sera là avec son fils dès l'aube. Ils ne voudront pas manquer la cérémonie.

- Jude est un homme bien, je savais qu'il reviendrait très vite pour nous soutenir dans ces moments difficiles.

Le roi serra sa fille dans ses bras et la laissa se coucher sur ses genoux. Quand le sommeil l'emporta, le vieil homme la porta jusqu'à sa chambre et la mit dans son lit. Il sortit ensuite et marchait vers ses appartements quand il entendit des voix dans la chambre de Rosael. Il s'arrêta près de la porte et se mit à écouter.

Rosael était allongée dans son lit et Karlion assis à son chevet. Elle allait très mal et ses pleurs incessants n'arrangeaient pas les choses.

- Je vous en prie princesse, cessez de pleurer, je vous jure que je trouverai ceux qui ont fait ça même si c'est la dernière chose que je ferai de ma vie. Je ne supporte pas de vous voir dans cet état.

- Je ne peux pas m'arrêter de pleurer. J'ai tellement de souvenirs qui me reviennent. Jurez-moi que vous le vengerez Karlion, jurez-le.

- Je vous le jure Rosael mais cessez de vous faire du mal.

- C'est la deuxième fois que je perds un être cher et la douleur est plus grande à chaque fois. Si je n'avais pas votre amour, je crois que j'en mourrai.

- Je serai toujours à vos côtés. Je vous aime Rosael, plus que ma propre vie.

Le roi hocha la tête comme s'il venait d'avoir la confirmation d'un doute qu'il trainait longtemps. Il se rendit dans la salle du trône et demanda à ce que l'on appelle le sir Archibald.

Ce dernier arriva quelques minutes après avec une affreuse mine, son sommeil avait été dérangé.

- Je voudrais savoir ce que vos hommes ont découvert en suivant le sir Karlion, exigea le roi.

- Ce que nous avons n'est pas très clair majesté.

- Dites quand même.

- Le sir Karlion a passé son temps à mener ses petites enquêtes mais l'une de ses visites nous a un peu surpris.

- Laquelle ?

- Il a été au domicile d'une ancienne prostituée.

- Sans doute celle qui est venue pendant la cérémonie. La suspecte-t-il ?

- Nous n'en savons rien. Si c'est le cas il ne risque pas d'en tirer grand-chose puisque mes hommes ont vu la femme quitter le royaume pas plus tard que ce soir.

- L'ont-ils suivi ?

- Non majesté.

- Vos hommes servent donc à quoi ? Si cette fille s'est enfui c'est sans doute parce qu'elle s'est sentie menacée.

- Ou parce-que quelqu'un lui a demandé de le faire pour éviter d'être découverte. Je ne serai pas surpris si le sir Karlion se retrouve mêlé à toute cette histoire.

- Après l'incinération du prince demain, je voudrais que vous fassiez une chose très importante. Vous allez transmettre une lettre à la reine de Dueth.

Sur le toit de l'un des bâtiments du palais se cachait Rubi. Assise à attendre le lever du jour, elle ne s'attendait pas à avoir de la compagnie. Elle eut du mal à reconnaitre de loin l'homme qui s'approchait d'elle. Quand il fut arrivé, elle ne lui dit mot.

Hélios s'était invité sur le toit et s'était fait une place près de la princesse. Acte plutôt osé car il connaissait le tempérament de feu de la jeune femme.

- Que faites-vous là Hélios ? Demanda Rubi d'une voix épuisée. Elle n'avait visiblement pas envie de se disputer.

- Je vous ai vu monter depuis de longues heures et je ne vous ai pas vu descendre. Je me suis inquiété. Comptez-vous passer toute la nuit ici ?

- Ils sont déjà en train de disposer les bois. C'est juste là dans cette cours qu'ils vont bruler mon frère. Dès demain il ne sera plus qu'un tas de cendre.

- C'était un brave homme d'après ce que j'ai entendu dire. Il va manquer à plus d'un.

- Peu de gens le connaissaient vraiment. Mon père, mes sœurs, ils étaient tous de son sang mais ils ne savaient pas vraiment qui il était au fond. Je pense qu'il n'y avait que moi et Karlion qui le savions vraiment.

- Karlion, c'est le chevalier qui interrogeait tout le monde.

- Vous êtes nouveaux mais on dirait que vous vous renseignez.

- Il est venu m'interroger mais il m'a manqué, un des gardes m'a informé. De toute façon ça aurait été une perte de temps, je viens à peine d'arriver.

- Une coïncidence que vous veniez un matin et que juste le soir mon frère décède. Je pense que vous deviez être l'un des premiers à passer l'interrogatoire.

- En plus d'être belle vous êtes intelligente mais croyez-moi quand je vous dis que je ne suis pas un tueur de prince.

- Vous avez un sens de l'humour tellement déplacé.

- Vous vous n'en avez pas du tout. Dites-moi, ce Karlion, que savez-vous exactement de lui ?

- Pas grand-chose. Maurel l'a trouvé dans un royaume où un truc du genre. Si vous voulez des informations à son sujet, demandez-lui ou plutôt à ma sœur.

- Pourquoi à votre sœur ?

- Je pense qu'ils sont amoureux ou un truc dans le genre.

- Vous le dites comme si...

- Comme si ça m'était égal ? C'est le cas. L'amour est une faiblesse, un sentiment presque ridicule.

- Ça se voit que vous n'êtes jamais tombée amoureuse. Je vous comprends. J'étais comme vous jusqu'à ce que je rencontre une pierre précieuse que j'ai envie de conquérir.

- Si vous êtes là c'est sans doute parce-que ça c'est mal passé.

- Comment cela pourrait déjà mal se passer si je ne l'ai rencontré qu'hier ?

- Elle est de ce royaume alors ?

- Je ne savais pas que mes histoires de cœur vous intéresseraient.

- Tout ce qui me permet de penser à autre chose qu'au corps de mon frère en train de bruler est la bienvenue.

- N'ayez crainte princesse, tout ira bien. Les personnes que nous aimons ne partent jamais loin. Une fois que votre frère aura été incinéré, faites attention à vous car une guerre que vous n'imaginez pas aura lieu. Le pouvoir peut détruire n'importe quel lien, même ceux du sang. Si vous désirez devenir reine, il vous faudra être plus forte que vous ne l'êtes déjà.

- Je n'ai aucune envie de devenir reine.

- C'est exactement pour ça que vous ferez une bonne reine. Votre frère aurait aimé que ce soit vous.

- Vous n'en savez rien.

- Vous serez surpris de savoir tout ce qu'on apprend rien qu'en une journée entre ces murs, surtout quand on est invisible comme moi. Passez une belle nuit princesse.

- Attendez Hélios, ne me laissez pas seule, je n'ai aucune envie de rester seule.

Hélios acquiesça, s'installe plus confortablement et passa sa main autour de la taille de Rubi. Elle se servit de son épaule tel un oreiller et ferma les yeux sans pour autant dormir.

Au petit matin, ils étaient tous réunis dans la cour. Le corps de Maurel au milieu du cercle qu'ils formaient et sur les bois. Le roi marcha vers son fils et lui fit ses adieux avant de mettre le feu. Les trois princesses étaient debout enlacées l'une contre l'autre essayant de se soutenir pour faire face à la douleur.

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