Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Sci-Fi > Un étrange phénomène
Un étrange phénomène

Un étrange phénomène

Auteur:: Christian Laudes
Genre: Sci-Fi
Sam, un adolescent vient a vivre un phénomène très étrange, alors âgée de seulement 12 ans. Il en garde des séquelles mais essaie d'oublier. Ce n'est que trois ans plus tard très exactement qu'il revit la même situation mais cette fois-ci, ça ne se passe pas comme prévu.

Chapitre 1

Ce jour restera à jamais gravé dans ma mémoire. J'avais 12 ans lorsque c'était arrivé. Une nuit normale dans la vie d'un pré ado. J'avais eu le ventre rempli après avoir dévoré trois assiettes de nouilles chinoises au restaurant. Revenu chez moi, j'ai dormi illico.

Cette nuit-là j'étais réveillé par un bruit très aigu et fort. Je croyais que toute la maison allait tomber en miettes en raison du fait que le bruit était retentissant. Toutefois, contre toute attente j'étais le seul réveillé. Mon petit frère et mes deux parents étaient toujours endormis. Je pensais donc que ce n'était qu'un simple cauchemar, par contre mes pensées étaient interrompues par une intense lumière qui jaillissait de ma fenêtre. Je croyais apercevoir une silhouette au milieu de cet amas de lumière. Apeuré, j'avais décidé de réveiller mon petit frère qui était toujours dans les bras de Morphée:

« David, réveilles-toi tout de suite! » ai-je dit.

Mais cette idée que je pouvais être dans un rêve me rattrapait. En même temps, ce dernier était si réaliste...

« Quoi, qu'est-ce que tu veux et pourquoi tu me réveilles si tôt?, » a-t-il dit d'un ton agacé.

« Il y a un truc dans ma chambre » ai-je répondu.

Il avait finalement décidé de m'accompagner et en effet la lumière était toujours belle et bien présente. Je l'avais pointé la lumière, mais contre toute attente il avait répondu:

« Est-ce que c'est une mauvaise blague, tu me réveilles pour me montrer ta fenêtre. »

« De quoi tu parles?, » ai-je dit perplexe.

« Tu ne vois pas la lumière et tu n'entends pas le son assourdissant. »

« Non! Je ne vois rien et si c'est tout ce que tu avais à me dire je m'en vais, » avait-il fini par dire.

Après cette phrase, mon frère est directement allé dans sa chambre. Je restais là, perplexe à regarder cette lumière. Étais-je vraiment le seul à voir cette lumière ou n'était-ce que le fruit de mon imagination? Stressé, je me sentais peu en sécurité.

Après avoir regardé par la fenêtre une nouvelle fois, je me suis vite rendu compte que la lumière n'était plus présente...

* * *

Le lendemain de cet événement, mes songes ont été interrompus par l'entrée de mon petit frère.

« En passant Sam, ne me réveille plus pendant la nuit pour des bêtises. »

À ce moment précis, je fus glacé sur place. Pleins de questions circulaient dans ma tête. Pour être certain, j'ai dit à mon frère:

« Euh, qu'est-ce que je t'ai dit? »

« Quoi! tu ne t'en souviens plus, » a-t-il dit.

« Euh, non. »

Il fallait que j'en aie le cœur net sans pour autant faire peur aux autres.

« Euh, tu m'as demandé de regarder ta fenêtre comme si tu voyais un extraterrestre... »

Un rire embarrassant s'affichait sur mon visage. Mon frère, lui par la suite il a fini par descendre en disant:

« Bon, moi je vais manger mon déj. Mais si tu me réveilles encore comme hier je vais dire à tout le monde ton petit secret avec Mathilde. »

« Oh non, tu n'oserais pas, » ai-je dit.

Mais son silence me faisait comprendre qu'il n'hésitera pas.

Génial, maintenant je dois me préoccuper de deux choses.

* * *

Après avoir mangé huit gaufres, deux verres de lait, cinq œufs, quatre croissants, dix quartiers d'orange et deux bols de céréales, je me suis rendu compte que quelque chose n'allait pas. En effet, je venais de manger quatre fois la portion de ce que je mangeais d'habitude. Le pire était que je n'avais pas l'air d'être rassasié.

Évidemment, ce comportement ne manquait pas d'attirer la curiosité de mes parents et de mon frère qui profitait de toutes les occasions possibles pour me poser un tas de questions. La plupart du temps j'esquivais les questions, tout en me disant que c'était tout simplement lié à l'adolescence. Heureusement, ce jour-là c'était samedi, donc je n'avais pas besoin de me préoccuper de l'école.

À partir de ce moment tout allait bien. Même si je mangeais comme un lion affamé à chacun de mes repas, rien d'autre n'avait changé. Mais j'étais loin de m'imaginer qu'un jour tout allait être chamboulé.

Chapitre 2

Trois ans ont passé, j'ai maintenant 16 ans. Une journée banale dans la vie d'une personne qui est débordée par les divers devoirs que les professeurs assignent. Comme à l'accoutumée après mon deuxième cours, je dîne avec mes amis. Je prends huit tranches de pizza au fromage tout droit sorti de la cafétéria avec trois Fanta. Faut dire que je n'ai pas la meilleure alimentation du monde. On discute de ce qu'on veut faire dans le futur tout en se taquinant avec le nom de certaines filles de l'école.

Quand la cloche de l'école sonne, je me précipite tout droit vers mon casier, mais aujourd'hui je sais que j'aurais des embrouilles. En effet, un groupe de trois gars tous trois plus âgé d'un an et plus costaud que moi se tient devant mon casier. Malheureusement pour moi, ils ont l'habitude de me déranger après les cours. Ces fameux trois garçons portent le nom de Terry, Alex et Lucas. Aucun enseignant ne peut les voir agir vicieusement car ils sont subtils. Quant aux élèves, ils ne disent rien, de peur qu'ils subissent le même sort que les victimes. Si vous voyez bien où je veux en venir, il est bien de spécifier que je fais partie de ces victimes.

Cette fois, ils se tiennent devant mon casier. Comme d'habitude je reste pas loin en me disant qu'ils partiront sous peu. Par malheur pour moi, ils ont l'air obstiné. Je prends alors mon courage à deux mains et je m'avance vers eux.

« Excusez-moi, est-ce que vous pouvez vous déplacer un peu s'il vous plaît, » dis-je d'un ton assez faible.

« OH OH OH, mais qui vois-je là, » dit Terry.

« C'est toi mon Samsam, ha ha ha ha ha, » dit Alex à son tour

En effet, ils ont l'habitude de m'affubler de noms plus ridicules les uns que les autres.

« Alors comme ça on dit que t'es amoureux de Mathilde, » dit Terry

En effet, ils m'ont eu cette fois-ci. Surpris, fâché, déçu, confus et gêné. Je vis pour la première fois un tas d'émotions, sans trop savoir comment les gérer. Mais avant toute chose, je suis surpris car les seules personnes à qui j'avais révélé ce secret étaient tous des gens de confiance... Toutefois je n'ai pas le temps de jouer les détectives, je dois me défendre maintenant et vite.

« Non! C'est n'importe quoi, » dis-je d'un ton emporté.

« Ah vraiment? En tout cas, c'est vrai que c'est clair que Mathilde ne t'aimera jamais, » dit Luca.

« Elle n'aimera jamais un gars comme toi, » ajoute Terry.

Ces mots ne me font rien. Évidemment, je sais que Mathilde ne pourra jamais s'intéresser à moi. C'est de loin la fille la plus connue de l'école et sûrement la plus belle. De mon côté, je ne suis qu'une pauvre victime qui ne sait pas comment se défendre. Même ces trois-là ont l'air de tenir aussi à elle. À ces pensées j'ajoute:

« Vous par contre vous l'aimez, » dis-je.

Après avoir prononcé ces mots, je finis par regretter sur-le-champ. Terry s'avance vers moi d'un air très énervé. Je prends une apparence de confiance, cependant tout au fond de moi je sais que j'aurais dû fermer ma grande gueule.

Après s'être suffisamment rapproché jusqu'au point que je ressens sa respiration et que j'entends son coeur battre, il dit avec un ton impatient:

« Ne prends pas cet air petit vaurien, tu vas voir »

Ses deux compagnons finissent donc par m'immobiliser avec force. Par la suite, Terry assène un coup de poing qui finit par heurter le milieu de mon visage. Ses coups de poings s'arrêtent lorsque je saigne terriblement du nez.

« On se reverra petit vaurien, » dit celui-ci.

Un jour l'auteur Wayne Dyer a dit « La façon dont les gens vous traitent est leur karma, la façon dont vous réagissez est le vôtre ». Cela dit, il est mieux pour moi de les laisser partir et de m'essuyer le nez pour prendre l'autobus.

Effectivement pour rendre ma fin de journée plus mauvaise qu'elle ne l'était, je devais bien sûr l'avoir raté. La seule solution que je vois c'est de courir de l'école jusqu'à chez moi. C'est donc dans une haine et une disgrâce intérieure que je rentre.

* * *

De retour à la maison, mon père et ma mère ne sont pas encore rentrés du travail. Mais en me fiant à l'horloge du rez-de-chaussée placé par-dessus la cheminée, je sais qu'ils ne tarderont pas trop longtemps.

Toutefois, mon petit frère qui est déjà à la maison finit quand même par se douter de quelque chose. Comme toute autre journée bien entendu, il me pose une multitude de questions dont je laisse sans réponse en essayant de changer de sujet. Par contre aujourd'hui, il persiste plus qu'à l'habitude.

« Pourquoi t'es rentré en retard?, » dit-il.

« En quoi ça te concerne?, » réplique ai-je.

« Ça fait trop de fois que tu esquives la question et ça a tendance à attirer ma curiosité, » dit-il.

« Ouais mais ça te concerne pas OK! »

« Je voudrais juste savoir. De toute façon tu ne dis jamais rien aux parents, mais moi je veux savoir. »

Mais avant qu'il me donne du temps pour lancer mon argument, il ajoute:

« Est-ce que tu... tu prends de ... la drogue?, » dit-il d'un ton hésitant.

« Wow, wow! Tu vas un peu vite là. qu'est-ce qui te fait croire que... »

« Euh tu viens tard. On dirait que tu es abattu et tu es un adolescent. D'autant plus, ce n'est pas parce que j'ai seulement 12 ans que je n'y comprends rien à la drogue, » finit-il par s'empresser de dire.

« Bon ce n'est pas parce que j'ai l'air fatigué que je prends de la drogue. En plus tu me connais, tu sais très bien que je ne le ferai jamais, » dis-je.

« On pourrait avoir des doutes. C'est vrai, tu parles à personne, tu as l'air ailleurs et chaque fois qu'on parle d'un sujet sensible, tu l'esquives, » dit-il.

Je ne peux pas lui en vouloir parce qu'il est vrai que je ne suis pas vraiment quelqu'un qui parle de ses problèmes. Donc pour le rassurer je lui dis:

« Bon, bon, bon. La vérité c'est que je me suis battu à l'école. »

Je me suis rendu à un consensus avec moi-même que pour éviter une dispute le mieux est de dire la vérité. Évidemment que je ne rentre pas dans les détails lors de l'explication. Le minimum que je peux raconter c'est que je me suis battue avec trois garçons plus grands que moi à l'école. Bien qu'à vrai dire la vérité soit que je me suis fait battre vu que je ne me suis aucunement défendu physiquement. Tant bien que mal, il finit par valider l'explication de ma mésaventure.

* * *

Couché sur mon lit, je réalise à quel point ma journée a été basculée et mouvementée. Je finis par être exténué par les péripéties que cette journée m'a apporté.

C'est donc exténué que je passe le reste de ma journée jusqu'au soir venu. En effet, je dors épuisé et à la fois soulagé car je sais que demain c'est samedi. Ces circonstances me rappellent les événements d'il y a exactement trois ans que ma mémoire avait mis à l'écart. Toutefois, le sommeil m'a permis d'échapper à ce souvenir insolite. Cela dit, contre toute attente, j'ignorais complètement que j'allais vivre de nouveau une autre mésaventure de la sorte.

Chapitre 3

Un bruit brise le silence qui règne. Un bruit qui se fait de plus en plus fort. Pendant l'espace d'un moment, je crois reconnaître ce bruit, ce qui me fige d'un coup soudain. En effet, ce bruit puissant et retentissant, je l'avais déjà entendu. Dans un passé certes lointain mais tout de même présent. Ce même affreux souvenir d'il y a trois ans.

Je ne peux pas ignorer une nouvelle fois ce bruit, alors décidé, je me réveille afin de découvrir ce mystère. D'ailleurs, je suis bien conscient que je dois le découvrir seul.

* * *

En direction de la fenêtre, j'aperçois cette même lumière aveuglante. La peur m'envahit instantanément, mais je sais que je dois faire 4 petits pas pour me diriger devant la fenêtre. Premier pas, mon cœur commence à battre de plus en plus fort. Au deuxième pas, l'angoisse commence peu à peu à m'envahir et j'ai cette difficulté à respirer. Troisième pas, mon front commence à dégouliner quelque goutte de sueur. Quatrième et dernier pas, mon coeur se resserre. Toutefois, malgré cette sensation intense de peur, je finis par ouvrir la fenêtre à un angle d'environ 35°. À cet angle je vois une silhouette. Au moment où je continue à ouvrir la porte, je distingue que la lumière agit comme un trou noir.

Assez surpris, je me dis que ce n'est que le fruit de mon imagination débordante. Cependant, je vois et je sens que cette lumière m'éjecte hors de ma chambre. Mon cerveau est intact et ne comprend pas ce qui se passe. En effet, je me fais aspirer par ce trou. Je ne peux aucunement me défendre alors mon cerveau me fait perdre connaissance.

* * *

De tous les endroits où je pouvais me retrouver, je ne pensais pas me retrouver en plein milieu de la nuit au cœur d'une forêt. Évidemment, je prends du temps à me rendre compte de la gravité extrême de cette situation. En regardant autour de moi, je vois cinq autres personnes. Je remarque qu'ils sont tout comme moi des adolescents donc je me sens un peu plus rassuré.

Rassuré oui, mais ce silence me rend à vrai dire perplexe. Alors, je fais qu'analyser afin d'essayer de partir de ce lieu et de rentrer sous ma couette car effectivement la température est moins ambiante le soir dehors dans le cœur d'une forêt. En analysant, je réalise que nous sommes trois garçons et trois filles. Une de ces filles était Mathilde. Juste la voir me donne cette forte envie de sentir ses longs cheveux ondulés. Mais le but de tout cela, n'est pas de contempler Mathilde, mais d'aller sous ma couette. Alors voyant que personne ne souhaite briser ce lourd silence, je le brise moi-même pour bien sûr impressionner.

« Eh excusez-moi, suis-je le seul à penser qu'on a vécu particulièrement la même situation? Aussi vous voyez ça serait bien de se présenter vous ne pensez pas?, » dis-je d'un ton confiant, mais pas si confiant que ça.

À première vue, ils ont l'air d'hésiter et un peu gênés. Donc je prends la parole une nouvelle fois.

« On est tous dans le même bateau, donc ça serait bien d'affronter cette situation ensemble, » dis-je plus que confiant.

Mathilde et les quatre autres finissent par accepter ma proposition en disant oui de la tête. Donc je finis par ajouter:

« Alors si cela ne vous dérange pas, je vais commencer. Je m'appelle Sam, j'ai 16 ans et je vis à Orléans. Je vais à Mer Bleue et la manière dont je me suis retrouvée ici est assez unique. Tout comme vous je le suppose »

À ces mots, Mathilde me regarde et semble m'avoir reconnu. Je m'attends à cela puisque ça fait 4 ans que je suis dans au moins une de ses classes. Je finis par expliquer de manière générale ma mésaventure d'il y a trois ans et celle d'aujourd'hui, sans omettre trop de détails. Par la suite, le premier volontaire prend la parole avec une certaine incertitude:

« Euh... je m'appelle Justin... j'ai 16 ans et j'habite à Orléans aussi. J'ai vécu la même chose que toi il y a trois ans et aujourd'hui. Je vais à l'école Saint-Baptiste. »

À cette deuxième présentation, les autres voient qu'ils n'ont rien à craindre et commencent à se présenter peu à peu. Par simple petite analyse, on remarque que nous avons vécu la même situation. Cependant, j'ai vite discerné que comparativement à moi, ils n'ont pas développé une faim de loup. Le plus impressionnant reste quand même que nous habitons tous à Orléans. Cependant, nous venons de trois écoles différentes. Les trois écoles mentionnées ont été Mer Bleue, Saint-Baptiste et Lac-des-Rois.

En puisant un peu plus profondément, je remarque qu'une fille et un garçon représentent une école et que nous avons tous 16 ans. Dans mon cas, Mathilde et moi représentons Mer Bleue. Ce que j'aime malgré tout est cette absence de discrimination et ce repsect mutuel qui règne entre nous tous.

Certes, les présentations sont terminées, mais le petit hic dans tout cela est que je ne suis toujours pas sous ma couette bien au chaud.

À présent, nous devons trouver un moyen pour rentrer. Cela dit, je prends une fois de plus la parole:

« Bon au moins maintenant je sais que je ne suis pas fou. Mais si je résume la situation, on est perdu au milieu de nulle part sans savoir comment rentrer chez nous. »

Puisque je n'obtiens aucune réaction valable, je continue:

« Y a-t-il quelqu'un qui a son téléphone avec lui? »

Je sais bien que les chances sont minimes, cependant mieux vaut essayer que de rester là planté à rien faire. Sans plus attendre, un garçon affirme avoir son téléphone avec lui. Aussitôt dit, on se précipite vers lui et nous créons un cercle autour de lui.

Assez gêné d'être entouré, je lui demande de chercher notre localisation actuelle et il le fait en peu de temps. Une lueur d'espoir finit par éclairer mon esprit, mais elle disparaît aussitôt. En effet, le téléphone montre toutes les localisations possibles, sans tout de même signaler la bonne.

« Je crois que ton bidule est cassé, » s'empresse de dire une des filles.

« Non, non je suis certain qu'il fonctionne, regardez! »

Il fait une courte recherche au sujet des lions sur son navigateur web et tout semble bien fonctionner à la perfection. Le seul problème est que Google map est incapable de correctement discerner notre emplacement.

Nous finissons tous par perdre espoir quand tout à coup un s'exclame et dit:

« Euh les gens, est-ce que c'est normal que le ciel soit comme ça? »

Aussitôt dit, nous regardons tous vers le ciel et finissons par rester bouche bée. En effet, nous pouvons apercevoir deux lunes. Des frissons commencent maintenant à me parcourir l'échine et l'anxiété me rend incapable de parler. Tout mon courage et ma détermination partent subitement en bouilli. Pourtant, ce n'est pas le cas de Mathilde qui finit par prendre la parole:

« Tout le monde écoutez-moi, on a tous peur ok. Nous sommes tous effrayés, mais ce n'est pas en paniquant que ça s'arrangera. »

Sa voix plus douce que le miel me rassure et me rappelle la citation célèbre d'Albert Zilevou. Un jour, il a dit « Aucune bonne réponse ne pourra être trouvée dans l'affolement ou dans la panique. »

« Ah ouais alors dis nous ce qu'il faut faire pour sortir d'ici puisque tu as l'air de savoir, » dit une des deux filles.

À ces mots, le silence absolu finit par apparaître. Même si les secondes de silence me semblent des minutes, je garde espoir que Mathilde rétorque à cette fille. Cependant, il semble bien que Mathilde est bouche bée et ne sache aucunement comment interpréter sa réplique. Elle finit par me lancer un regard de désespoir et de souffrance, alors pour l'impressionner et pour prendre les devants je dis:

« Je sais qu'en ce moment, on est désemparé, je sais que vous avez peur. »

À ces mots, la même fille parle de nouveau et dit:

«Tu cherches à nous rassurer mais qu'est-ce qu'on va faire? »

« ON VA S'EN SORTIR, » dis-je d'un ton assuré .

Cette phrase bien que simpliste finit par donner un brin d'espoir aux autres.

« Je ne me considère pas comme votre chef, encore moins je ne m'attends pas à ce que vous m'écoutez. Malgré tout, il faut rester soudé sinon on n'a aucun moyen de survivre. »

À ces mots quelqu'un dit:

« Qu'est-ce que tu proposes? »

« Mon raisonnement est assez simple. Il suffit de se souvenir que normalement, on dort. »

Après avoir dit cela, tous finissent par me poser des questions et me demandent des explications plus concrètes.

Je dis alors:

« Avant d'être aspiré, j'ai remarqué que je dormais toujours. J'ai vu mon corps sur mon lit. Ce qui veut dire... »

« Ce qui veut dire que ce sont nos esprits qui sont ici, » finit par dire un des garçons.

« Exactement, tu as tout compris, » dis-je.

« Mais cela ne nous dit pas ce qu'on doit faire, » dit un autre.

« En fait, le seul moyen de se réveiller est de réveiller nos corps, ou soit de se focaliser sur retourner notre esprit dans notre corps. »

À cet instant, ils sont tous perplexes et je finis par dire:

« Euh en fait j'ai lu plusieurs articles dessus »

Sur ces mots, il est évident que je viens de gagner leur confiance. Je leur demande donc de se placer en cercle et de se tenir la main.

« Mais avant cela, Alain je remarque que ton sac à dos a aussi été aspiré avec toi, donc je me demandais si tu avais des feuilles et un crayon à me donner, s'il te plaît?, » dis-je.

Alain a évidemment des feuilles et un crayon dans son sac et il finit par me les donner. Je passe à chacun une feuille avec les noms de tout le monde et j'inscris aussi le nom de leur école. Je dis ensuite:

« Si cela fonctionne, je veux que nous nous rassemblions vu que l'on vit tous à Orléans. Il faut se retrouver et trouver la raison pour laquelle ceci nous arrive à nous. Avec cette feuille on devrait pouvoir se rencontrer. Dans un premier temps, essayez de contacter celui ou celle qui est dans la même école que vous, » dis-je.

Écoles et noms

Mer Bleue: Sam et Mathilde

Saint-Baptiste: Alain et Sophie

Lacs-des-rois: Noah et Victoria

Après s'être pris la main, je demande à tous de fermer les yeux et de s'imaginer dans leur corps, tout en suivant mes conseils. Bien entendu, comme j'y avais pensé, je tombe dans le vide. Quelque temps après, je me vois sous ma couette bien au chaud...

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022