Prologue
Les rires d'Habib pouvaient se faire entendre sur un rayon de 10km. Ces rires n'avaient rien d'anodin, le jeune homme était en train de se moquer de son meilleur ami qui lui faisait savoir qu'il venait de se prendre une veste de la part de sa collègue, l'intrépide Fatou Kiné.
Après avoir repris ses esprits, Habib se vanta auprès de son ami en disant que c'était le genre qui ne lui est jamais arrivé et qui ne l'arrivera jamais. Moctar eut le réflexe de rectifier son ami en lui faisant comprendre que la belle Fatou Kiné sortait d'une mésaventure, que peu importe l'homme qui se tenait en face d'elle, sa réponse serait non.
Dans un sursaut d'orgueil, Habib eu la pire idée de sa vie. Il lança un pari à l'encontre de son ami. Pour lui Fatou Kiné ne serait qu'un nom de plus sur son tableau de chasse. Malheureusement pour Habib, il avait un jeu à gagner mais l'amour n'est pas un jeu. Ce qu'Habib n'avait pas prévu, c'est que Kiné devienne l'unique objet de ses pensées. Car, maintenant qu'il l'aime plus que de raison, que se passera-t-il si elle découvre qu'il s'est servi d'elle ?
Chapitre 1
Je me réveille en entendant des bruissements au fond de mon ventre. Je n'ai pas diné hier, j'avais pas faim mais j'aurais dû me douter que la nuit allait être longue.
Je suis affalé sur le canapé. La télévision encore allumée illumine la pièce. Mon appartement ne ressemble pas à ça d'habitude. Je fais des efforts de rangement et de nettoyage. J'aime l'ordre, j'aime quand chaque chose est à sa place. En ce moment on dirait qu'un ouragan est passé sur ces lieux.
En mettant mes pieds sur le sol, mon pied gauche entre dans le bol de mon repas d'hier. Oh mais putain, dîtes-moi que c'est pas vrai. C'est à cloche-pied que j'avance jusqu'à l'interrupteur du salon pour éclairer la pièce. Et c'est de cette manière que je me rends à la salle de bain.
Je lave mon pied avec le robinet de la baignoire avant d'aller dans le lavabo afin de me débarbouiller le visage. Je regarde un instant le miroir. Vous voyez comment je suis moche? Dieu sait que je ne ressemble pas à ça d'habitude. Ma barbe a poussé alors que d'habitude il y en a qu'assez pour piquer quand on me caresse et mes cheveux ne ressemblent à rien. Je suis sûr que si ma petite sœur les voit, elle les traitera de tas de choux. Je dois aller chez le coiffeur. Il le faut vraiment.
Mon nez ne cesse de couler et mes yeux sont bouffis. J'ai tout mon corps qui me fait mal et la douleur est plus vive au niveau du thorax. J'ai mal à la tête et je suis nauséeux. Je pense que c'est le palu, d'autant plus que c'est l'hivernage. Toutefois j'écarte pas la possibilité que ça soit la grippe. Peu importe, laquelle de ces deux merdes c'est. Cela fait une semaine que je suis malade et que je ne sors pas de chez moi. A dire vrai, je ne me lève de mon canapé que pour ouvrir la porte au livreur qui m'amène ma nourriture ou pour aller à la salle de bain. Mon portable est éteint, je veux être seul et je ne veux parler à personne. J'ose espérer que les gens qui m'entourent vont respecter cela jusqu'à ce que je daigne sortir.
Depuis que je suis enfermé dans cet appartement, je ne m'habille qu'en short plus sous-vêtements. Je me douche pour reporter les mêmes choses. Je suis tout sauf présentable. Mais comme je disais, je ne ressemble pas à ça d'habitude.
Je me dirige à la cuisine pour chercher des restes dans le frigo. Si mon salon est désordonné, ma cuisine est encore pire. Il y a des assiettes sales qui datent d'une semaine. Je les ignore, je n'ai aucune envie de m'occuper de ça.
Heureusement pour moi, je retrouve des restes de pizzas. Je les fais chauffer à la micro-onde avant de les ramener au salon. Je regarde ce qu'il y a à la télé. A 4h du matin, je me demande ce qu'on peut espérer trouver. Je l'éteins pour prendre mon ordinateur. Etant un cinéphile, j'ai pas mal de séries avec moi. Après avoir défilé pendant un moment sur les dossiers, j'opte pour The big bang theory en pensant peut-être que cette fois-ci, ils parviendront à m'arracher un sourire.
C'est une de mes séries préférées que je regarde à la fois en VO et en VF mais disons que ces derniers temps, ni le manque de subtilité de Sheldon, ni les blagues tordus d'Howard ou encore les jeux de mots de Leonard n'ont réussi à me faire rire. Peut-être qu'aujourd'hui ils s'y arriveront.
Après avoir fini de manger, je prends la bouteille pour boire. J'ai pas de verre et j'en ai pas besoin. C'est ma bouteille, je peux en faire ce que je veux.
Je me couche à nouveau sur le canapé et rapproche la table où est déposé l'ordi de moi. Je m'endors quelques minutes après et encore une fois les 4 amis ont échoué leur mission.
*********
Cette fois-ci, les bruits qui me réveillent ne viennent pas de mon ventre mais plutôt de ma porte d'entrée. Qui qu'il soit, je pense qu'il sait déjà que je n'ai envie de voir personne.
Au lieu de me lever, j'arrange mieux la couette qui est sur moi sachant bien que je vais me rendormir très vite.
-Habib, te fous pas de moi. La seule excuse que tu peux avoir pour ne pas m'ouvrir c'est d'être mort. Tu as une minute pour m'ouvrir si tu ne le fais pas, j'irai voir le propriétaire pour qu'il me donne le double des clefs.
J'ai sursauté dès que j'ai entendu cette voix. Ciel, c'est ma mère !
Je voulais faire un peu de rangement mais elle m'a dit que je n'avais qu'une minute, qu'est-ce qu'on peut faire en une minute ?
Et puis même, on s'en fout quoi. Elle sait que depuis quelques jours je ne suis pas dans mon assiette donc elle comprendra.
Je vais l'ouvrir.
Ma mère se tient en face de moi. Je sais que c'est loin d'être une visite de courtoisie. Elle a une voile blanche avec des motifs dorés sur la tête et est habillé d'une robe en tissus « brodé » blanche avec une pochette dorée qui sans doute est de cette couleur pour s'aligner avec son voile. Depuis qu'elle est allée à la Mecque et qu'elle est devenue Adja Leyla, elle ne sort jamais sans rien sur la tête. C'est avec des mains tatouées au henné qu'elle tient son portable, un samsung galaxy. Elle n'a pas les dernières applications mais elle a dit à mon père que s'il peut acheter des portables chers à ses enfants, elle doit également en avoir. Soyez pas dupes, ma mère n'est pas en concurrence avec ses enfants c'est plutôt avec sa coépouse qu'elle est en concurrence. Après il faut la comprendre, quand ton mari épouse une minette alors que tu es déjà grand-mère il y a de quoi être en colère.
On sait tous que sa femme est avec lui pour son argent. Quelle femme saine d'esprit tombe amoureuse d'un type qui a le double de son âge ? Ma mère a fait des crises et tout ça, j'en suis désolé pour elle. Mais je m'oppose pas à ce mariage et je le ferai jamais. Si mon père pense retrouver ses vielles années grâce à Anna Fall et bein, je leur souhaite tout le bonheur du monde.
Je me suis un peu égaré, revenons à la présence de ma mère dans mon appartement.
-Habib, mais qu'est-ce qui t'arrive bon sang ?
-Bonjour mère.
-La ferme, je te dis.
Ça fait un bruit de ouf dans ma tête et j'ai l'impression qu'elle va exploser. Je pose ma main sur mon front.
-Maman, s'il te plait. Tu peux ne pas crier ?
-Merde. Pousse-toi que je puisse entrer.
Avant même que je me décale, elle me bouscule et entre.
-C'est dans cet état pitoyable qu'est ce logement...Se lamente-t-elle.
-Tu sais bien que je suis malade.
-Arrête de faire semblant. Tu es juste dégueulasse, je sais que tu n'as rien.
-Maman, comment peux-tu dire ça de moi ? Tu me connais.
-Au moins enlève ces affaires du canapé que je puisse m'asseoir.
Je vais prendre mes habits qui traînaient et ma couette. Je vais les poser sur le lit. Je reviens prendre les assiettes avec lesquelles je mangeais pour les amener à la cuisine. Là où elles doivent être.
Je me mets sur le fauteuil et je laisse le canapé à ma mère.
-Tu ne passes même pas un coup de balai ou tu n'as pas remarqué à quel point cette pièce est sale.
-Quand tu vas rentrer, je nettoierai.
-Tu penses que je te crois ?
-Tu es venue en taxi ?
-Non, c'est ton frère qui m'a amené. Normalement, il arrive.
-Ok. J'attends qu'il vienne. Il sait que je n'ai envie de voir personne et c'est lui qui te dépose.
-Entre toi et moi Habib, qui est la priorité d'Issa ?
Elle marque un point alors je ne dis rien.
-Tu l'as revue ???Me demande-t-elle.
-Qui ?
-Tu sais bien de qui je parle.
Je sais qu'elle parle de Kiné mais dans la mesure où j'aime bien faire mon "gogol", je fais celui qui sait pas.
-Mais je sais pas.
-Habib je t'ai déjà demandé de ne pas te foutre de moi...S'exprime-t-elle sur un ton menaçant.
-Pourquoi je ferai un truc pareil ?
Avant que ma mère ne me tue, quelqu'un frappe. Issa, sans aucun doute.
Je me lève pour aller lui ouvrir.
-Dieu seul sait combien je t'en veux. Pourquoi tu l'as laissé venir ?
-Va te faire foutre et je t'interdis de te déverser sur moi. Si tu as un truc à dire, va le lui dire à elle.
-T'aurais pu au moins t'arranger pour qu'elle reste à la maison.
-Non Habib, tu te fous de moi là. Tu sais bien comment elle est.
-T'aurais pu l'attacher à un arbre.
-Habib, walay je te casserai la gueule. C'est à ta mère que tu dis ça. Heureusement que le Ciel ne m'a pas donné qu'un fils, mal élevé va.
-Maman, je n'ai rien dit de mal...Dis-je avant de me rasseoir et Issa imite mon geste.
-Tu m'as quand même demandé de l'attacher à un arbre, je doute qu'elle apprécie ton sens de l'humour. D'ailleurs même je suis surpris de te voir faire des blagues. Ça va ?
-Je suis malade.
-D'une maladie dont le remède s'appelle Fatou Kiné.
-Va te faire foutre.
J'insulte Issa oubliant que ma mère est avec nous. Non mais, il m'énerve lui.
-Si on est énervé c'est parce qu'on a touché son point sensible.
-Tu n'as rien touché du tout.
-Tu sais bien que si je suis là c'est pour parler d'elle...Dit ma mère mais c'est évident que je l'ai deviné.
-Je sais.
-Donc pourquoi tu faisais l'idiot quand je te demandais si tu l'avais vu ?
-Maman quand tu me regardes est-ce que je te donne l'impression d'avoir envie de parler de Fatou Kiné?
-Mais tu dois en parler.
-Parler de quoi ? De comment elle m'a largué comme si j'étais une grosse merde. Je la comprends peut-être que si on inversait les rôles j'aurais fait pareil. Ce qui me fait mal c'est le fait de savoir qu'elle va se marier en moins d'un mois après notre rupture. Elle m'a même pas laissé le temps d'arranger la situation, de me racheter, de rattraper le tir. Non, elle s'est fiancée. Je pensais vraiment qu'on vivait quelque chose de fort. Je me suis rendu compte malgré moi que j'avais tort.
Le visage attristé de ma mère dédouble mon désarroi. J'ai le cœur meurtri. Je ne savais pas qu'on pouvait autant souffrir. J'ai mal, très mal et ça fait des jours que ça dure. La douleur au lieu de s'estomper ne cesse de grossir dans ma poitrine. J'ai juste envie qu'on m'arrache ces sentiments un par un.
-Tu vois maman, Dieu a finalement entendu tes prières. Après avoir vu des filles défiler sous ton nez pendant plus de 10 ans en sachant que ton fils ne faisait que s'amuser avec elles, tu as prié pour que ton fils tombe amoureux. Il en a fallu du temps mais c'est finalement arrivé. Oui maman, ton fils est tombé amoureux mais malheureusement pour lui ce fut de la fille qu'il ne fallait pas.
-Je n'ai jamais prié pour voir mon fils souffrir.
-Mais tu as prié pour que je tombe amoureux. Tu sais bien que l'amour à part pour nous faire souffrir, il ne sert à rien. Les choses étaient bien plus simples avant que je ne ressente toutes ces choses.
-Je suis allée hier chez Rama et évidemment c'était pas pour voir mon amie mais pour parler avec Kiné. Je lui ai demandé de me raconter l'histoire.
-Si tu sais ce qui s'est passé, pourquoi tu es là alors ?
-Parce qu'après sa version, je veux entendre la tienne.
-J'ai pas envie d'en parler.
-S'il te plait mon fils...Implore-t-elle. Je veux que tu me dises ce qui s'est passé. Et s'il te plait Habib, ne me mens pas.
Après cette supplication, je ne peux ne pas répondre à sa requête. De ce fait, je décide de raconter l'histoire à ma mère.
Mon histoire avec Fatou Kiné a commencé d'un pari que j'ai lancé à Moctar.
Il faut revenir à quelques mois plutôt quand j'ai discuté d'elle avec mon meilleur ami.
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Chapitre 2
Puisque ma mère veut connaitre la vérité, je vais en profiter pour vous raconter ce qui s'est passé entre Fatou Kiné et moi. Evidemment je vais vous donner certains détails de l'histoire que je vais outrepasser dans ma discussion avec ma mère.
Je me rappelle encore de cette discussion avec Moctar comme si c'était hier.
Je ne savais que faire de mon dimanche soir alors je suis allé chez lui. Il faut faire un gros plan sur moi. Vous voyez le type en chemise-pull et jean ? Beau comme un dieu avec un corps d'Apollon et bien ce type c'est ce à quoi je ressemble d'habitude. Vous avez sous vos yeux, l'Habib Cissé qui ne souffre d'une maladie de merde depuis plusieurs jours.
Bref, mon ami allait mal, très mal et moi au lieu de lui donner des mots réconfortants, je me foutais de sa gueule.
-A quel moment comptes-tu devenir moins salop ??? Se plaignit-il.
-Tu ne peux pas me raconter une merde pareille et t'attendre à ce que je ne moque pas. Rappelle-moi ce qu'elle t'a dit.
-Je t'ai déjà demandé d'aller te faire foutre ?
-Quelles dizaines de fois. Je suis sûr que si tu as eu un vent c'est parce que tu t'y es mal pris avec elle. Tu as toujours été nul en drague et ce n'est pas demain la veille que ça va changer.
-Tu penses que j'ai échoué parce que je suis nul ?
-Je ne vois pas aucune autre raison.
-J'admets que je m'y suis pris comme un pied.
-Continue et on sera bientôt sur la même longueur d'onde.
-Ne me coupe pas s'il te plait, laisse-moi finir.
-Je t'écoute.
-Elle sort d'une rupture.
Je lui ai jeté un regard noir après avoir entendu cette ânerie. Dire que telle ou telle a dit non quand tu as voulu sortir avec et qu'elle t'a dit non parce qu'elle sort d'une rupture est une « grosse ânerie ». Je me répète, je sais. La répétition est pédagogique, dit-on.
Quand une femme ne veut pas sortir avec vous c'est qu'elle ne veut pas sortir avec vous. Peu importe le prétexte qu'elle vous donnera, un non ne peut signifier autre chose qu'un non. N'a-t-on pas vu des femmes avoir deux copains à la fois ? Si une femme veut se mettre en couple avec toi peu importe la vie qu'elle mène, elle bravera tous les obstacles pour que vous soyez ensemble.
-On sort tous d'une rupture. Fais pas chier aussi.
Bien sûr qu'on sort tous d'une rupture. Le mec ou la meuf de quelqu'un a été forcément le mec ou la meuf d'un autre. A moins que ça soit un des ados qui font leur entrée dans le monde des « amoureux ».
-Celle de Fat Kiné est récente.
-Conduis-toi en homme et arrête de trouver des excuses bidon. Et juste le genre de choses qui t'arrivent à toi parce que tu es nul, il y a d'autres explications possibles.
-Epargne-moi tes reproches. En plus tu m'as déjà dit ça. Tu as beau faire ta grande gueule et tout ça, je suis sûre que si tu avais Kiné en face de toi, tu te serais également pris le vent du siècle.
Il était en train de me tenter et il le savait. C'est mon meilleur ami, personne ne me connait autant que lui. Il savait que je me prêterais au jeu s'il transformait la chose en défi irréalisable.
-Ne me force pas...Souris-je.
-Tu te défiles ?
-Tu penses qu'on a 5 ans ?
-Je veux seulement que tu admettes le fait que tu as beau être Habib Cissé, des vents on s'en ait tous pris.
-Moi, jamais. D'ailleurs même je vais confirmer mon sans faute avec la fille qui semble-t-il occupe tes pensées.
-Je vois un 0 échec qui va se transformer en 1 échec.
-Mon 0 échec restera un 0 échec. D'ailleurs même on va pimenter la chose en en faisant un pari.
-Qu'es-tu prêt à perdre ?
-Non qu'est-ce que toi tu es prêt à perdre ? Je sais que j'aurai cette fille.
-Ton arrogance n'a d'égal que ton insolence.
Je répondis par un sourire qui en disait long. L'arrogance est un signe d'intelligence. La confiance en soi est primordiale quand on veut vivre dans ce monde de dingue.
-La seule chose que j'ai qui t'intéresse c'est ma voiture, si je perds elle est à toi.
-Ça me va. De combien de temps je dispose ?
-Et tu ne me demandes pas ce que je veux.
-Dans la mesure où je sais que je vais gagner, ce que tu veux importe peu. Par contre prends soin de ma voiture.
-Quand tu réussiras à coucher avec elle, ma voiture sera à toi.
Je me demandais s'il était sérieux. Coucher c'était bien plus compliqué que sortir. J'espérais seulement que la fille en question ne soit pas une vierge effarouchée.
-Attends un peu là. On a parlé de sortir avec pas de coucher avec.
-Tu rétractes ? Si tu penses avec à faire à une vierge, calme-toi. Dès l'instant que tu as su que je me suis intéressé à elle c'était évident qu'elle ne l'était plus.
-Pourquoi tu veux changer les règles ?
-Puisque je te connais et je sais que tu peux te montrer insistant, je la vois te dire un oui juste pour se débarrasser de toi par contre si tu l'as met dans ton lit ça c'est un autre débat.
-J'espère au moins qu'elle est bandante.
-Habib, pourquoi tu te fous de ma gueule ? Si elle était moche, tu penses que j'aurai eu envie de sortir avec elle ?
-Je voulais seulement en être sûr.
Le sourire malicieux de Moctar aurait dû m'alerter. Cet imbécile était en train de m'envoyer dans la gueule du loup et moi comme le dernier des abrutis, je n'ai rien vu venir. Moctar savait à qui j'aurais affaire, il savait quel genre de divine créature était Kiné et moi tout ce qui m'intéressait c'était comment rencontrer Kiné et gagner au plus vite ce pari afin d'en boucher un nouveau coin à l'imbécile que j'appelle mon meilleur ami.
Il fallait que je pense à comment procéder comment créer une rencontre « hasardeuse » avec Fatou Kiné.
-Tu sais bien que je vais avoir besoin de ton aide.
-Mon aide pourquoi ?
-Comment veux-tu que je séduise une fille que je n'ai jamais rencontrée ?
- Je verrai ce que je peux faire.
-C'est pas la réponse que j'attendais. Dans votre entreprise il n'y a pas une soirée qui se prépare ? Un adulte de 30 ans qui pense en avoir 10 et qui fête son anniversaire ?
-Il y a un pot de fin de stage vendredi pour une fille. On sera tous regroupé dans la grande salle, tu peux venir en prétextant que c'est moi que tu es venue voir. A ce moment-là, tu ne pourras pas la rater.
Il arrive quand même à Moctar d'abord de bonnes idées. Parfois son cerveau lui est super utile.
-Ok je ferai ça. J'avais prévu d'aller voir mes parents avant de rentrer chez moi donc j'y vais.
Je me suis levé après m'être exprimé.
-Tu ne me demandes toujours pas ce que je veux ?
-Va te faire foutre.
Je sortis de sa chambre sans même lui dire au revoir.
Je pris ma voiture là où il était garé pour me rendre chez mes parents.
N'ayant pas le planning de couchage de mon père, je n'avais aucune idée sur le fait que je le verrais à la maison ou pas. Par contre j'étais sûr de voir mes frères et sœurs. Mes sœurs parce qu'elles habitent toujours à la maison et mes frères parce qu'on en avait parlé vendredi au bureau et je savais que je les verrais.
Comme à chaque fois que j'ai ma petite famille au complet, on avait parlé de rien d'intéressants et je regrettais d'être venu les voir.
Je vous ai pas encore parlé de mon travail. En fait je l'adore. Seule la maladie m'empêche d'aller bosser. Je travaille pour mon père et on doit avouer qu'il est cool comme patron. L'entreprise de mon père consiste à acheter des entreprises qui sont dans une pente descendante et de les redresser avant de les remettre sur le marché pour les vendre au plus offrant.
Ayant fait des études de finances, ce qui m'intéresse c'est l'argent. Je suis celui qui négocie des contrats, celui qui fait des offres et des demandes. Inutile de vous dire que je suis également celui que les chefs des entreprises en perdition craignent. Mon travail m'octroie un grand pouvoir et j'aime en profiter.
J'aime me montrer comme un as dans mon domaine. Si les entreprises étaient du foot, je serais le ballon d'or, le mec aux multiples records.
Ce jour-là, on avait une réunion et je venais de faire ma présentation. Il s'agissait d'une entreprise que mon père ne voulait pas vendre mais il voulait un associé. Autrement dit, j'avais un vieux monsieur à convaincre.
Puisque j'adore les PowerPoint, j'ai fait une présentation. Cette dernière a duré 45 minutes. On parlait pas de millions mais de milliards, pour que Monsieur Hanne décide de s'associer avec mon père, il fallait lui montrer qu'il avait tout à gagner. Je maîtrisais mon sujet, je savais quoi dire et quoi proposer.
-Merci pour cette présentation, Habib...Fit mon père.
Je prenais place à nouveau avant de prendre une gorgée d'eau. J'en avais besoin. Je suis pas un robot et je viens de parler penser 3 quarts d'heure.
-Alors Daouda, qu'en penses-tu ??? Demanda mon père à l'encontre de ce potentiel acheteur. L'impression du visage de mon père montrait qu'il le connaissait bien. Si j'avais su je me serais pas donner autant de mal. L'entreprise de mon père a bonne réputation.
-Intéressant. Je suis stupéfait...Dit le vieux avant de me lancer un sourire...Tu sais comment je suis Tidiane, je ne me lance que sur des valeurs sûres.
Ma question était si ce vieux était sérieux. Je venais de blablater pendant 3 quarts d'heure. Je l'ai déjà dit mais comme le savez j'aime me répéter.
Si mon père n'était pas là, j'aurais demandé gentiment à ce type d'aller se faire foutre. Comme papa était là, je me suis abstenu.
-Si vous avez besoin d'éclaircissements, c'est mon travail, je suis là pour ça.
-D'accord...Dit le vieux en regardant de plus près la marge bénéficiaire que j'avais évoqué tout à l'heure.
Je sais reconnaitre un type qui sait faire son intéressant quand j'en vois un. Il fallait appeler les choses par leur prénom et Daouda Hanne était un putain de branleur.
Il se leva avec le moins de délicatesse possible et nous avions tous imité son geste. Il avait négocié avec mon père un délai de réflexion avant de prendre une décision.
Au moment où je voulais sortir, Issa me stoppa.
-Qu'est-ce que tu veux encore ?
-Qu'est-ce qui s'est passé avec Natacha Lô ?
-Elle me soulait et j'ai cassé. Pourquoi tu me demandes ça ?
-Je te demande ça parce que son entreprise demande une plus grosse part.
-Dis-moi que t'es pas sérieux.
-Vois-tu un sourire sur mon visage ?
Il y a des ex qui sont pires que des épines qui entrent dans notre pied. Même si on parvient à s'en débarrasser, ça continue à nous faire chier.
Natacha est le prix-Nobel des chiantes, il y en a pas deux comme elle.
-Tu dois parler avec elle.
-J'ai rien à dire à cette folle.
-Il le faudra par contre.
-De toute façon c'était un contrat. Elle ne peut pas foutre la merde simplement parce que j'ai mis fin à notre idylle.
-Je pensais que t'avais mis un point d'honneur à ne jamais mélanger les deux.
-Natacha est une associée pas une employée. C'est différent.
-Soit. En tout cas tu nous as mis dans une merde, arrange-toi pour nous en enlever.
-On va en reparler plus tard. Je dois aller voir Moctar là.
-Il est pas encore midi.
-Je sais mais le temps que j'arrive à son entreprise il sera midi et je veux y être à cette heure.
-Et si papa te demande ?
-Et bien tu me couvres et c'est tout.
Je me suis éclipsé avant qu'il ne me demande de ne pas compter sur lui.
J'ai pas trainé sur le chemin et je suis arrivé très vite à l'entreprise où bosse Moctar.
Je me regardais une dernière fois dans le rétroviseur. Oui j'étais un putain de beau gosse, je le savais. J'étais en costume noir taillé sur mesure et je défiais n'importe quelle demoiselle de ne pas me regarder 2 fois.
Je n'avais jamais mis les pieds dans cette entreprise, quel intérêt ? Par contre je commençais à regretter cela. J'avais passé ces derniers jours à me demander à quoi ressemblait Kiné. Je le saurais dans quelques secondes.
J'accédais à la grande porte de l'entreprise quand j'ai vu à l'accueil un visage déjà vu.
Pourquoi je sens qu'avec la chance de damné que j'ai c'est elle Fatou Kiné ?
Je m'étais quand même avancé jusqu'à elle. J'avais pas le choix, elle était en train de parler avec la secrétaire de la boite.
-Monsieur Cissé...Dit-elle avec un regard assassin. Comment allais-je baiser avec une femme qui semblait me détester ?
-Bonjour.
-Vous vous souvenez de moi ?
Comment oublier ?
-Fatou Kiné.
-Donc vous vous souvenez de moi ?
-Je suis là avant tout pour m'excuser. J'ai été grossier avec vous sans aucune raison. Si le poste vous intéresse toujours, il est à vous.
A ce moment-là tout ce qui m'intéressait c'était la réussite de mon pari. Si mon père apprenait dans quel projet, j'étais en train de me lancer c'est sûr qu'il me tuerait.
Chapitre 3
Je pense qu'une petite mise au point s'impose. Comme vous devriez le comprendre, je connaissais Fatou Kiné. En outre, « connaissais » il fallait le dire vite car je ne l'avais vu qu'une fois à tout casser et ça s'était très mal passé. En effet, il y avait quelques mois de cela, mon père me convoque à son bureau. Je n'avais aucune idée de pourquoi il voulait me voir donc j'ai fait aussi vite que j'ai pu pour aller le voir. A ma grande surprise, il n'était pas seul ; une demoiselle était avec lui. Il fallait avoir de la merde dans les yeux pour ne pas remarquer qu'elle était d'une beauté déstabilisante pour ne pas dire affligeante. Ok j'exagère mais vous comprenez ce que je veux dire. Elle était habillée en tailleur, les cheveux coiffés en chignon. J'avais très vite compris que c'était pour un entretien d'embauche. Je lui ai tendu une main qu'elle a serrée, j'ai pris place avant de demander à mon père pourquoi il m'avait convié. Deuxième surprise en moins de 5 mn, mon père me fit.
-Mon fils, si je t'ai appelé c'est parce que je sais tu as énormément de travail, que je t'en demande sans doute beaucoup, beaucoup trop. Je me suis dit il y a peu que tu avais besoin d'un associé, de quelqu'un avec qui tu partagerais les différentes tâches.
En apparence, j'étais très calme mais je vais vous dire le foutoir qui était dans ma tête. « Mais ce vieux est complètement malade ou c'est comment que ça se passe. Comment ose-t-il me demander de partager mon travail ? Mon bébé ? Lui a-t-on demandé de partager ses bénéfices à la fin du mois ? Lui a-t-on demandé de partager son épouse ? Je parle de celle qui a mon âge, hein, pas de ma mère. M'a-t-il déjà entendu me plaindre ? D'ailleurs même j'ai pas plus de travail que n'importe quelle autre personne dans cette boîte pour qu'il puisse avoir la mauvaise idée de coller une associée au train. »
-C'est toi que j'écoute...Finit-il par dire face à mon mutisme.
-Si je comprends bien cette minette est là pour travailler avec moi.
J'avais pas dit « minette » parce qu'elle avait l'air d'une ado mais simplement pour être désagréable et la rabaisser.
Elle avait rien dit pour me contrecarrer. Tout ce que j'ai eu c'était un petit sourire au coin des lèvres et une tête qu'elle a secouée légèrement.
-Habib.
-La dureté de mon travail me concerne et je sais comment le gérer. J'espère que tu n'as pas dit, oui car tu vas être obligé de revenir sur tes paroles. Autre chose, la prochaine fois que tu auras la mauvaise idée de me trouver une collaboratrice arrange-toi à ce qu'elle ressemble à un vrai magnat de la finance et pas à ça.
Avant que mon père ne mette autre chose sur la table, je m'étais levé avant de sortir du bureau. Je ne l'avais pas revue. Je ne connaissais même pas son prénom. Pour moi ce n'était d'aucun intérêt. Elle était pour moi juste le genre de fille que je voulais sur mon lit et pas dans mon bureau.
Je voulais pas d'associé et j'étais très énervé que mon père ait pris une telle décision sans même me concerter. S'il y a une des choses qui faisaient que j'aimais mon travail était que j'étais seul. Je me débrouiller seul, sans compte à rendre à personne. Mon père me faisait entièrement confiance et prenait chacune de mes propositions. J'aimais les choses telles qu'elles étaient et je voulais pas de changement.
Après avoir été très grossier avec Fatou Kiné, me voilà en face d'elle pour lui proposer de travailler avec moi.
Après quelques secondes, je me demandais ce que j'étais en train de foutre. J'étais en train d'engager une femme avec l'intention de coucher avec elle. Tout comme j'en avais parlé avec Issa, on ne couche pas avec les collègues. De la même façon qu'on ne chie pas là où on mange, on ne baise là où on bosse. Qu'étais-je en train de foutre ?
-Et vous venez jusqu'à mon entreprise pour me le dire ?
-J'ai compris que mon comportement n'était pas justifié et je vous devais des excuses. Je devais pas...
-Habib...Moctar me stoppa au moment où j'étais en train de formuler des excuses qui n'était pas sincère.
Je retournais pour regarder Moctar avant d'entendre la secrétaire dire quelque chose à Kiné d'une voix très basse qui m'a empêché d'entendre ce qu'elle a dit. Elles partirent toutes les deux.
-Donc t'es venu ?
-Tu pensais que j'allais me défiler ? Où est ton bureau ?
-On y va.
Nous nous rendions au bureau de Moctar et dès que je me suis assis, j'ai commencé à parler.
-Je la connais, putain, je la connais.
-Comment ça tu la connais ? S'il te plait, ne me dis pas que tu as déjà couché avec elle.
-Arrête de faire l'idiot. Si j'avais déjà couché avec elle, crois-tu vraiment que je ferai cette tête de déterrer.
-D'où tu la connais ?
-Tu te souviens quand je t'avais dit que mon père voulait que je travaille avec quelqu'un.
-La fille hyper bandante ?
Cet idiot éclata de rire. Je lui jetai un regard assassin.
-Non mais attends, je savais pas que Fat Kiné voulait trouver un nouveau travail.
-Il semblerait que ton bosse ne paie pas assez bien.
-On ne plaint pas.
-Le fait est que je suis presque sûr qu'elle me déteste.
-Voilà qui rend les choses intéressantes.
-Si tu n'as rien d'intelligent à dire s'il te plait, tais-toi.
-Tu abandonnes ?
-Ai-je la tête d'un looser ? Ça me prendra seulement plus de temps que prévu mais tu verras que je réussirai.
-Comment tu vas faire ?
-D'abord, je compte lui donner ce qu'elle voulait.
-Je pensais qu'on ne baisait pas le personnel ?
-L'exception confirme la règle.
Mon portable sonnait et c'était Issa. Pourquoi il aimait me faire chier ?
Je répondais et il avait besoin de moi m'obligeant à écourter ma visite. Quand je suis sorti du bureau de Moctar, je voulais parler une dernière fois avec Kiné mais elle était plus là.
Quand je suis retourné dans mon bureau, j'ai mieux réfléchi à tout ça et je me suis dit que c'était peut-être mieux qu'elle m'ait pas dit oui. Rien ne m'obligeait à travailler avec elle pour l'avoir. Je trouverais bien un moyen. J'étais pas novice dans la drague et je savais comment procéder pour avoir ce que je voulais.
*******
Tout comme chaque lundi matin, je devais voir avec ma secrétaire le planning de la semaine.
En passant, elle doit être la seule femme très bonne à préciser que je côtoie sans aucune envie de coucher avec elle. Une bonne secrétaire ne pousse pas dans les rues. Tout comme moi, elle est très pointilleuse dans tout ce qu'elle fait. Elle est différente de toutes ces brebis galeuses qui pensent que pour atteindre le sommet, il suffit de d'enlever ses vêtements.
On a fini alors qu'elle s'apprêta à sortir de mon bureau, elle me précisa.
-Je ne sais pas si vous avez eu message.
-Quel message ?
-Votre père nous a tous convié dans la grande salle tout à l'heure pour nous présenter la nouvelle.
Je me souviens que mon cœur avait fait un loupé. Je doutais que ce n'était pas une coïncidence. Je proposais un travail Fatou Kiné et lundi mon père a une nouvelle à nous présenter.
Ma secrétaire était partie mais je ne pouvais me concentrer sur ce que j'avais à faire.
Comprenant que ce que je faisais ne server à rien, je me résignai à aller dans le bureau de mon père.
Vous vous pouvez le deviner, j'ai retrouvé une Fatou Kiné dans la même position qu'il y a quelques mois.
-Ah, Habib. J'allais t'appeler.
-Bonjour...Saluai-je.
-Bonjour...Me répondit-elle et je pris place.
-Quand Fatou Kiné m'a appelé pour me dire que tu étais venu la voir, j'étais déconcerté mais après j'ai compris. Il t'a fallu du temps mais tu as bien su que t'avais besoin d'aide.
-C'est ça, oui...M'empressais-je de dire.
-Je te connais et je sais que tu n'es pas allée la voir comme ça. Je sais que tu as des recherches sur elle et que tu as compris qu'elle avait déjà fait ses preuves.
Je confirmais les dires de mon père alors qu'en réalité je n'avais aucune idée de ce que Fatou Kiné avait réalisé. Mais je n'allais quand même pas lui dire que je l'avais engagé sur un coup de tête ou encore pour réussir mon pari.
-Je suis sûr que vous allez bien vous entendre. Je sais que Kiné atteindra le sommet et qu'elle amènera notre entreprise dans son envol.
La question que je me posais à cet instant était qu'est-ce qu'elle avait bien pu faire pour mériter de telles éloges. Je n'avais aucune idée de son âge mais elle avait l'air jeune. Il faut 5 ans pour avoir un master de finance. Même si elle avait eu le bac à 18 ans, elle n'avait pas encore eu le temps de réaliser des choses extraordinaires pour mériter tout ça. L'expérience, ça s'acquiert dans le temps.
J'avais pas parlé de son travail avec Moctar mais il fallait que je le fasse. Je devais savoir à qui j'avais affaire.
Je me suis excusé et je suis retourné dans mon bureau. J'avais du travail et les présentations de la nouvelle collègue, je m'en passerai bien.
*******
-Je pense JLP peut être un acheteur potentiel et surtout on peut avoir un bon prix.
-Oui, je vois.
Si je vous disais que c'était la seule phrase que j'avais entendu, vous me croirez?
Elle me regardait attendant une réponse mais je ne savais que dire.
Nous avons commencé à travailler le lendemain de sa venue dans l'entreprise et elle me faisait un topo des acheteurs.
Ça faisait 30 mn qu'elle me parlait et vous savez ce que je faisais au lieu de l'écouter, je me concentrais sur sa bouche et je me demandais comment elle serait avec mon sexe à l'intérieur. Je suis presque sûr qu'elle sait bien pomper mais il faut tester pour en avoir le cœur-net.
Je quittais sa bouche pour regarder ses seins. Putain !!! Ni trop petits, ni trop grands. La bonne taille quoi.
Elle a commencé à parler d'un autre au moment où je remarquais dans mon pantalon, un début d'érection. Bordel de merde !!! Je me sentais comme un ado en manque. Ça fait des années que j'ai pas eu d'érection spontanée.
Je cherchais dans ma tête la façon d'empêcher cela et de faire en sorte que ça ne se reproduise jamais. Je contrôle mes pulsions et je ne les laisse pas me contrôler. Ma vie est ce que je décide d'en faire, rien ni personne ne peut choisir à ma place. Je suis ce que je veux être et rien d'autres. Je me répétais ces choses dans ma tête car la dernière chose que je voulais c'était que Kiné me voit comme un obsédé qui saute sur tout ce qui bouge.
-Je pense que ça m'aiderait que vous arrêtez avec tes « oui », « ok », « je vois ». Et que vous me disiez ce que vous en pensez vraiment.
-Euh.
-Monsieur Cissé. Si je suis là c'est pour qu'on discute, pas pour m'entendre faire un monologue. Si mes idées ne sont pas assez bonnes pour vous, vous pouvez me le dire. Je suis pas une gamine qui n'accepte aucune critique.
Je n'allais pas critiquer son travail je ne savais même pas ce qu'elle avait fait.
-Je pense que le mieux est que tu me laisses le document ici comme ça je le lirai et je te dirai après ce que j'en pense.
-D'accord.
Elle m'a remis le document avant de se lever de la chaise et sortir du bureau.
Avant qu'elle ne franchisse la porte, je profitai bien du spectacle. Son pantalon moulait parfaitement ses fesses et j'ai bien regardé.
Je me suis également levé mais c'était pas pour sortir mais pour faire les cent pas dans mon bureau. J'avais l'impression d'être un putain d'obsédé. Mais qu'est-ce qui m'arrivait ?
Peut-être que ce qui m'excitait était le pari en lui-même. Peut-être aussi que c'était le fait que j'avais l'impression de n'avoir aucun effet sur elle.
Quelqu'un toqua.
-Entrez.
C'était Issa.
-Tu as parlé avec Natacha ?
-Pour lui dire quoi?
-De quoi avons-nous parlé dimanche ?
-De cette folle qui foutait la merde.
-Donc je n'ai pas besoin de te rappeler qu'elle a remis en question tous nos accords.
-Elle peut pas faire ça.
-Si, on avait rien signé. Je pense que la meilleure chose à faire c'est de lui donner ce qu'elle veut.
-Pourquoi ne pas me demander de jouer à la prostituée masculine pendant que tu y es ?
-Je n'ai pas dit ça.
-Tu me demandes de lui donner ce qu'elle veut et tu sais bien que si elle se donne en spectacle c'est parce qu'elle a pas digéré notre rupture.
-T'avais qu'à te contenir et ne rompre avec elle quand nos accords se seront officialisés.
-Tu sais quoi ???Dis-je en me levant...Je vais lui parler. Je sais déjà que tu ne me lâcheras pas avec cette histoire.
-Je ne demandais que ça...Me répondit-il juste avant que je ne quitte mon bureau.