Prologue.
J'ai franchi une limite que je n'aurais jamais dû, je me suis embarquée dans une histoire et maintenant il est impossible de faire marche arrière. Dans cette chambre d'hôtel, je regarde Manhattan du haut du plus magnifique building jamais vu. Je le sens qui avance vers moi, tel un félin ou plutôt un chasseur qui s'apprête à sauter sur sa proie.
Mon entrejambe est mouillé par anticipation à ce qui m'attend, je pose le verre de martini à mes lèvres et lui il pose son bras dans le creux de mes reins, un frisson me parcourt toute entière, menaçant de me faire lâcher mon verre. Son haleine fraîche souffle sur ma peau et sa langue vient chatouiller mon oreille. De sa main libre, il dégage mon cou de mon épaisse chevelure brune avant de le couvrir de baiser. Nos yeux se rencontrent dans la glace et il s'arrête un instant pour me regarder, je ne réalise pas encore tout à fait ce qui m'arrive, ce que je suis sur le point de faire. Je suis dans une chambre d'hôtel, avec l'homme d'affaires qui fait rêver toutes les filles, celui dont toutes les femmes rêvent d'avoir dans leur lit.
- Depuis que je t'ai vu entrer dans mon bureau, j'ai eu envie de te baiser. Rien que pour faire disparaître le sourire provocateur de ton visage.
Cette voix me donne des frissons, je me souviens que la première fois que je l'ai entendu c'était dans un ascenseur. Il était au téléphone pendant que mon équipe et moi montions dans son bureau. Il continue de me regarder et ouvre un à un les boutons de ma chemise. Je n'ai pas de soutien gorge. Puis il s'attaque à la fermeture éclair de ma jupe, je me demande comment il réagira quand il se rendra compte que j'ai fait ce qu'il a demandé. Lorsqu'il finit par enlever ma jupe, il se rend compte que je n'ai pas de culotte il grogne d'approbation dans mon oreille et colle son bassin contre le mien.
- Tu as fait ce que je t'ai demandé murmure t'il.
J'ondule mon bassin contre sa queue et je me frotte à lui.
- Putain murmure t'il avant de me retourner face à lui.
Nous nous jaugeons du regard, je suis toute nue et lui tout habillé. Je pose ma main sur son épaule et je me rapproche de lui et je l'embrasse à pleine bouche, un baiser affamé qui ne veut dire qu'une chose, baise moi. Kenneth Aura me repousse et me dit.
- Doucement, on a toute la nuit devant nous. Oui une nuit, une seule et après ça on en parlera plus. Il me pousse contre la vitre s'agenouille et prend une de mes jambes qu'il met sur son épaule, il observe mon sexe qui je suis sûre doit être plus que trempé.
Je le vois se lécher les lèvres, j'imagine déjà ce qu'il va me faire, Lindsey m'en avait parlé, elle m'avait dit à quel point c'était bon, j'en avais souvent rêvé aussi et aujourd'hui j'allais enfin savoir ce que ça fait. Il écarte mes lèvres intimes avec ses mains et puis je sens sa langue se poser sur ma chatte.
- Oh putain !
Je ne peux rien dire d'autre, tellement c'est bon et encore, il a juste passé sa langue dessus. C'est peut-être parce que je suis vierge et que je commence à peine à découvrir ce genre de sensations, c'est plus que ce que j'avais déjà. Il glisse ensuite un doigt à l'intérieur de moi, mon corps se crispe un peu, pas du tout habitué aux intrusions.
- Détends-toi et laisse-moi te faire du bien.
Je pousse un soupir et j'essaye de me détendre, je m'encourage dans ma tête. Allez Liv, juste cette nuit, perd le contrôle juste pour une fois, perd le contrôle, oublie un peu qui tu es, vis cette nuit, une nuit de plaisir, laisse tomber tes barrières, juste pour cette nuit. Son doigt s'introduit en moi, je pose la main sur ma bouche pour étouffer un gémissement. Et comme s'il avait deviné, il me dit.
- Ne te retiens pas, je veux t'entendre gémir.
Ses doigts commencent un lent mouvement de va et vient. Et Dieu seul sait à quel point c'est bon.
Je ferme les yeux et je me laisse aller, les gémissements qui franchissent mes lèvres me déconcertent, parce que je n'arrive pas à reconnaître cette voix. Ça ne peut pas être moi cette fille qui crie son plaisir dans un hôtel. Mais si c'est bien moi, c'est peut-être pas croyable mais je suis dans un hôtel et je vais coucher avec un homme. Kenneth Aura me porte et m'allonge sur le lit, il se déshabille et puis il s'allonge sur moi.
- Je suis désolé mais on va s'occuper des préliminaires plus tard, j'ai trop envie de toi.
Je me lèche les lèvres d'anticipation. Moi aussi j'ai envie de lui. Il prend une protection sur le table de chevet, la met sur son sexe qui est énorme. J'ouvre des yeux emplis de peur.
- C'est trop gros, ça n'entrera jamais !
- Si fais-moi confiance.
Je secoue la tête et je le laisse faire, lorsque son énorme engin est à l'entrée de mon sexe, je serre les dents, je ressens une vive douleur.
- Putain ça fait combien de temps que tu n'as pas fait l'amour ? Tu es tellement serrée.
- Très longtemps mentis je.
Une fois la brûlure passée, je commence à ressentir du plaisir, de plus en plus de plaisir.
- Oh Seigneur !
- Non mon cœur mon nom à moi c'est Ken.
J'enroulais mes pieds autour de sa taille et il grogna de plaisir en accélérant ses coups de reins. Je me mis à gémir comme hystérique et on aurait dit que lui, il adorait ça. Une vague de chaleur s'empara alors de moi et explosa dans mon cerveau et dans ma moiteur humide, je jouis dans un hurlement guttural. Il me rejoint quelques minutes plus tard et étouffe son grognement avec un baiser avant de s'écrouler sur moi et de s'endormir. Une fois que sa respiration est devenue régulière, je m'habille et je sors de la chambre, ce qui s'est passé là ne se reproduira plus jamais.
Olivia.
Deux ans plus tard.
Non mais qu'est-ce qui m'a pris de mettre ces talons ? Ça m'apprendra à écouter Lindsey.
- Tu devrais porter des talons aujourd'hui, il va faire beau.
Et puis comme si tout ce qu'elle disait se transformait en cauchemar, au lieu du magnifique ciel bleu qu'elle a prévu, je me retrouve à courir sous la pluie, avec des escarpins sur et je me couvre la tête avec un classeur. Elle est bien loin là la grande journaliste Olivia McGuire, que penseraient tous mes lecteurs s'ils me voyaient là à cet instant ?
Je suis censée représenter le sex-appeal à l'état pur, un sex symbole, le genre de femme que toutes les autres envient, mais là je ressemble plutôt à un chat mouillé.
Non mais quelle horreur !
Et tous les dossiers sur lesquels je travaillais.
C'est véritablement un cauchemar. J'arrive dans les locaux de l'agence, le portier me salue.
- Bonjour mademoiselle McGuire.
- Bonjour Pedro.
- Une sale journée n'est-ce pas ?
- À qui le dites vous ? Il faut vraiment que je m'achète une voiture.
J'entre dans mon bureau sans même regarder mon assistante. Si Tony me voit dans cet état, ce salopard de sexiste va encore me lancer une vanne pour se foutre de moi, tout simplement parce que je suis meilleure que lui et qu'il ne le supporte pas.
Heureusement que je garde toujours des vêtements de rechange dans mon bureau pour les jours où je dors au bureau. Je retire un t-shirt et un pantalon et je prends aussi une paire de tennis. Bon pour mes cheveux mouillés, je ne peux rien faire. Je vais juste me contenter de prendre une serviette et m'essuyer les cheveux. C'est là que Cassandra mon assistante entre.
- Liv ?
- Oui Cassie entre, que se passe t'il ?
- Réunion dans le bureau de Walter.
- C'est pas vrai ! Justement le jour où je ne suis pas présentable et ce salopard de Tony va en profiter pour se foutre de moi.
- Et crois-moi ce matin il est vraiment remonté à bloc.
- Comment ça ?
- Juste parce que j'ai changé de coiffure, il m'a demandé si j'avais baisé ce week-end.
Je lève les yeux au ciel.
- Non mais quel enfoiré !
- Je suis entièrement d'accord.
- Tiens, dit-elle en me tendant un dossier.
- Merci, on se parle tout à l'heure.
Je sors de mon bureau et je rejoins l'étage de notre boss, le Directeur Général d'El Magazine. Un magazine réputé qui est spécialisé dans la présentation des célébrités. Nous essayons de présenter toutes ces personnes célèbres comme des personnes à part entière et non juste des visages que l'on voit de temps à autre à la télévision. Nous présentons généralement des célébrités, mais aussi des hommes d'affaires, pour que ceux-ci puissent nous parler de leur évolution.
Je rejoins la salle de réunion, lorsque la porte s'ouvre, tous les regards convergent vers moi, je suis la seule qu'ils attendaient encore. Je vais m'asseoir à mon fauteuil, que bien sûr Tony s'est empressé de prendre. Je m'assois donc sur le fauteuil qui est à côté de celui de Walter.
- La reine est là, vive la reine.
Je lui lance un regard meurtrier. Et je me tourne à nouveau vers Walter.
- Bon maintenant que tout le monde est là, nous pouvons commencer. Le PDG de la compagnie Aura nous a contacté pour une nouvelle interview.
À l'annonce de ce qui nous attend, mon cœur se serre. Je commence à transpirer, j'ouvre la bouteille d'eau en face de moi et j'en avale une gorgée.
- Oh tu veux parler du PDG que personne ne peut approcher ? Demande Tony en posant ses pieds sur la table.
Walter le regarde d'un air sévère.
- Pour commencer tu vas enlever tes pieds de cette fichue table, ce n'est pas parce que tu es mon fils que tu vas te permettre ce genre de choses.
Ah oui ! J'ai oublié de vous dire que Tony est le fils du patron, c'est sûrement pour cette raison que c'est un trou du cul. Mais y'a pas à dire, j'adore lorsqu'il le remet à sa place, comme dans ces moments particuliers, ce petit con n' a absolument de respect envers personne, même pas envers son propre père. Walter est de loin l'homme le plus intègre qui existe, même si Tony est son fils, pour lui le travaille se paie au mérite et c'est pour cette raison que je serais toujours meilleure que lui, car moi, je mérite mon poste et tous ces encouragements que me fait Walter.
Tony enlève ses pieds de la table avec une moue boudeuse, on dirait un enfant à qui on aurait interdit de jouer avec la télécommande, si Cassandra était là, nous éclaterions bien toutes les deux de rire, je cache mon sourire d'une main.
- Bien, comme je le disais, après de longues discussions avec Kenneth Aura, il a accepté de nous parler de lui. Le vrai lui. Il a décidé de nous raconter son parcours en parlant à cœur ouvert de sa vie.
- C'est super dit Judith, celle qui s'occupe des interviews des hommes politiques. Imaginez un peu que nous ayons une interview du mystérieux Kenneth Aura, l'homme d'affaires sorti de nulle part et que toutes les femmes voudraient dans leur lit. Je vois d'ici les titres, ils vont se vendre comme des petits pains.
Walter lève un regard interrogateur vers moi.
- Qu'en penses-tu Liv ?
La politique de la maison est de faire comme à la maison justement nous ne nous faisons pas de prise de tête en appelant notre patron Monsieur, d'ailleurs, il déteste ça. Il veut qu'on le traite comme s'il était notre père, mais comme tout père, il sait être sévère quand il le faut. Je me racle la gorge mal à l'aise avec cette histoire. Pitié faites que ce ne soit pas moi qui soit choisi pour cette interview.
- Judith a raison, ce serait vraiment un gros avantage pour nous si nous parvenions à sortir un article sur cet homme d'affaires, ce serait vraiment une aubaine.
- Tant mieux dit Walter, parce que c'est toi qui va t'en charger.
Merde !
Je ferme les yeux pour me contenir et ne pas hurler ma frustration.
- Mais pourquoi moi ?
- Tu plaisantes ? S'écrie Judith, c'est une chance inespérée que l'on t'offre là, de toute façon, tu es beaucoup trop ingrate pour pouvoir apprécier ce que l'on t'offre.
Ah j'ai encore oublié, Judith est le petit toutou de Tony et comme Tony me déteste, alors elle aussi. Cassandra dit qu'elle est jalouse de moi, je ne vois pas bien pourquoi.
- J'ai mes raisons ! Lui dis-je.
- Eh bien donne les nous ! Me dit Tony.
- Qui ne te regardent absolument pas.
- Mais pourquoi Liv ? Tu as pourtant bien travaillé avec lui il y'a de cela deux ans et l'article que tu nous as sorti était incroyable.
- Et tu m'avais promis que je n'aurais plus à le faire.
- C'est la seule condition qu'il a posée pour pouvoir travailler avec nous. Il veut travailler avec toi et uniquement toi.
- Parce qu'en plus il a des exigences ? Dit Tony.
- Oui et des exigences que nous allons nous empresser d'accepter, je suis désolé Olivia, tu vas devoir mettre tes différends de côté, il nous faut cette interview tu vas devoir travailler avec lui.
Je soupire et je m'affesse un peu plus dans mon fauteuil, j'arrive pas y croire, après plus de deux ans, je vais le revoir. Lui, l'homme que je m'évertue à sortir de ma mémoire.
Olivia.
Je rentre à la maison éreintée, Ruphus me saute immédiatement dessus.
- Coucou toi ! Comment tu vas ? Je t'ai manqué ?
J'entends des bruits dans la cuisine, c'est sûrement Lindsey, ma cousine et moi vivons ensemble, elle possède son propre service traiteur et elle est souvent sollicitée dans de grands événements, il faut dire qu'elle cuisine vachement bien. La maison dans laquelle nous vivons, nous a été léguée par notre grand-mère, au décès de ses parents, elle a vendu leur maison et est venue s'installer ici avec moi et c'est avec l'argent de la vente qu'elle a lancé son entreprise.
- Ça sent super bon dis-je en entrant dans la cuisine. Qu'est-ce que c'est ?
- Un risotto.
- Tu finiras par me tuer un de ces jours avec tes bons petits plats.
- Mais où est passé ton beau tailleur ? Dit-elle en me regardant d'un air circonspect.
- J'ai été trempée jusqu'aux os, je l'ai enlevé
au bureau.
- Oh mon Dieu ! Et tes magnifiques escarpins ?
- Je les ai envoyés au pressing, j'espère qu'on pourra les récupérer. Bon je vais prendre une douche.
Je monte dans ma chambre et j'actionne le robinet de la baignoire. Une fois celle-ci pleine, je mets mes sels de bains moussants à la framboise et j'entre ensuite dans celle-ci. La mousse me recouvre tout le corps, je prends mes écouteurs que j'enfile et je mets de la musique. Je reste allongée là jusqu'à ce que mes souvenirs remontent à la surface, lui et moi, cette nuit, dans cette chambre d'hôtel luxueuse, pour la première fois de ma vie je me suis laissée aller, j'ai franchi les limites que moi-même je m'étais fixée. J'ai couché avec un partenaire, chose que je ne fais jamais. Mais comment aurais-je pu résister à toute cette attraction qui me poussait irrémédiablement vers lui ?
Lorsque je l'ai vu, j'ai tout de suite voulu qu'il me fasse sienne, mais je me suis retenue jusqu'à la fin du travail que j'avais à faire et là, de lui même, il est venu et m'a murmuré à l'oreille.
- Je me demande quelle teinte prendrait ton visage après une nuit d'amour avec moi.
Bien évidemment je l'ai repoussé, mais le corps est faible. J'ai fini par céder, l'une des plus belles nuits de toute ma vie. Et aujourd'hui deux ans plus tard, je la chérie encore comme le bien le plus précieux que j'ai.
À chaque fois que je ferme les yeux, je le revois lui. Sa langue sur ma peau, j'entends encore sa voix rauque à mes oreilles lorsqu'il gémit, je connais encore tous les petits noms avec lesquels il m'appelait quand il était en moi. J'ai encore toute cette nuit en mémoire. Et ce dont je me souviens parfaitement, c'est de que j'ai ressenti toutes ces sensations grisantes qui m'ont rendues toute chose entre ses bras. Comment les oublier ?
La preuve, en deux ans, je ne me suis pas trouvé quelqu'un avec qui être et qui partagera ne serait-ce qu'une nuit, comme si je voulais garder en moi le souvenir de son corps sur le mien. Je me caresse les lèvres une minute, puis je décide de sortir du bain. Pour ne plus avoir à penser à lui, à cette nuit. J'enfile un long t-shirt, celui qui m'accompagne depuis toujours pour dormir et je descends.
- Tu en as mis du temps, j'avais déjà peur que tu ne te sois noyée dans la baignoire.
- Ah ah ! Très drôle vraiment.
Elle me sert un verre de vin et je lui en suis gré.
- Merci dis-je en levant le verre, j'en avais énormément besoin.
- Pourquoi ? Tu as passé une sale journée ? Remarque, depuis que tu es rentrée, je te trouve bizarre.
Je pousse un soupir et pose le verre de vin sur la table. Lindsey me connaît beaucoup trop bien. C'est énervant et bien à la fois, j'avale une bouchée de ce délicieux risotto qui me transporte directement en orient avec toutes ces épices.
- Putain ce que c'est bon !
- Tout le secret réside dans la cuisson du riz. Alors qu'est-ce qui t'arrive ?
- Tu te souviens de l'interview que j'ai eu à faire il y'a de cela deux ans ?
- Avec l'homme d'affaires mystère ?
- Kenneth Aura.
- Oui, et je me souviens aussi ça été l'une de vos meilleures ventes jusqu'à cette année et dit-elle en levant sa fourchette comme si c'était une épée, je me souviens aussi très bien de la nuit torride que tu as passé avec lui.
Oui, je le confirme elle se souvient vraiment de tout, je rougis jusqu'aux oreilles et je baisse la tête pour qu'elle ne le remarque pas.
- Et à en croire la couleur que prennent tes joues, toi aussi tu y repenses encore, à cette fameuse nuit.
- N'importe quoi mentis je.
- Ah ouais ? Et c'est peut-être pour cette raison que je ne t'ai pas vu sortir avec un mec depuis des mois ? C'est vrai que tu as toujours été solitaire mais au moins avant tu allais au cinéma avec des garçons même s'il ne se passait rien.
Nouveau soupir de frustration.
- Bon admettons que ce soit vrai, de toute façon ça fait deux ans que les faits se sont écoulés, il m'a déjà sûrement déjà oublié.
- C'est fou la confiance que tu peux avoir en toi.
- Mais je dis juste la vérité Lindsey, c'est un homme puissant, un homme à femme qui ne perdrait sûrement pas son temps avec moi, il m'a déjà accordé une nuit et je suis certaine que le lendemain, il est passé à autre chose.
- Admettons, mais pourquoi tu me parles de lui actuellement ?
- Walter lui a organisé une nouvelle interview avec le magazine et m'a demandé de m'en occuper.
- Pourquoi spécialement toi ?
- C'est la condition qu'a fixé Kenneth.
- Tu vois ? Hurle-t-elle, il ne t'a pas oublié.
- Ou peut-être, il aime juste le travail que j'ai fait.
- Ce qui veut dire qu'il ne t'a pas oublié.
- Tu dis n'importe quoi !
- Où se passera l'interview ?
- Je ne sais pas, je n'ai pas demandé plus de détails, la dernière fois ça s'est passé ici, je présume que ce sera la même chose.
Lindsey ferme les yeux un instant et semble réfléchir, puis elle sourit.
- Imagine un instant, il te voit puis il te sourit, te prend dans ses bras et te dit qu'il ne t'a jamais oublié.
- Bien sûr !
Je préfère garder la tête froide et surtout ne pas me bercer d'illusions. Kenneth Aura n'est pas le genre d'hommes à se souvenir d'une même femme pendant plus de deux ans. Non, c'est impossible, je suis certaine qu'il m'a oublié, et je ne sais pas pourquoi, mais à cette idée, mon cœur se serre.
- Tu as des nouvelles de tes parents ?
Ma main se crispe sur ma fourchette et je lève les yeux sur elle.
- Non.
Ma réponse n'incite pas vraiment à s'étendre sur le sujet, et Lindsey le comprend et elle n'insiste pas.
Le lendemain matin, la première chose que je fais est d'aller dans le bureau de Walter pour qu'il m'en dise un peu plus sur cette interview.
- Bonjour Liv.
- Bonjour Walter, alors dis-moi comment ça va se passer ? Vous lui avez déjà loué une suite ?
- Non, ce que j'ai oublié de te dire c'est que c'est toi qui va devoir aller à sa rencontre.
- Comment ça ? Je ne comprends pas.
- Étant donné que monsieur Aura va se livrer à cœur ouvert à nos questions, j'ai trouvé bon qu'il le fasse dans un environnement qui lui est familier, un endroit où il se sent à l'aise.
- D'accord, mais jusque-là je ne comprends toujours pas.
- J'ai trouvé ça judicieux que tu t'installe chez lui, le temps que dure l'interview.
Je regarde mon patron et je reste sans voix, la plupart du temps, c'est moi qui laisse les gens ainsi sans voix, mais là.
- Comment m'installer chez lui ?
- Dans son appartement à New-York, il se fera un plaisir de te recevoir.
- Mais moi, je ne veux pas.
Walter semble agacé et me regarde de manière étrange.
- Tu as pourtant très bien collaboré avec lui la fois dernière, qu'est-ce qui se passe Liv ?
Comment lui dire ? Est-ce que je devrais lui dire que j'ai couché avec lui ? Et que maintenant je redoute plus que tout qu'il y'ait à nouveau de la promiscuité entre nous deux ! De toute façon, il ne comprendra pas.
- Rien fini-je par répondre, on a collaboré mais ça n'a pas été aussi facile que tu sembles le penser. C' est disons compliqué.
Et c'est en partie vrai, Kenneth Aura a quelque chose de sombre en lui, quelque chose qui le rend terrifiant et et terriblement sexy à la fois, et c'est d'ailleurs cette chose qui m'a fait céder, parce que comme le dirait Lindsey je craque toujours pour les mauvais garçons. C'est pas de ma faute, c'est comme ça, qu'est-ce que j'y peux ?
- Alors tu es d'accord ?
- Bien sûr Walter dis je en souriant.
- Merci, tu es l'un de mes meilleurs éléments et la réussite de ce magazine on te la dois en grande partie.
Je secoue la tête et je ne dis rien. Il y'a de cela quatre ans, je suis arrivée dans ce magazine, il m'a offert une nouvelle famille et je me suis développée professionnellement parlant comme jamais de ma vie je n'aurais pensé le faire, avec Walter, j'avais comme l'impression d'avoir un père, c'est peut-être pour cette raison que hé ne lui refuse rien. Merci à toi d'avoir donné une chance à cette fille paumée qui venait de la Caroline du Nord. Et je ne l'ai jamais regretté. Je lui souris et je me lève, je le ferai pour lui, je lui dois au moins ça.