Brooklyn, New York, USA
Myréna Fenty
Le soleil était à son Zénith. Il faisait si chaud dans ce petit bistrot où je me retrouvais que je croyais être sur le point de fondre sur place. Ceci dit, il est hors de question que je m'en aille. Actuellement, je suis sur une affaire de meurtre. Et l'avocat de la défense s'est donné pour tache de discréditer tous nos témoins.
Je ne connaissais pas la victime, mais, de mon point de vu, toute vie, quelques qu'elle soit, est d'une grande valeur. Que quelqu'un se prend un malin plaisir d'ôter la vie à un autre et espérer pouvoir s'en tirer impunément, je dis non. Je n'ai pas fait toutes ces années d'études pour devenir substitut du procureur pour laisser couler toutes ces bavures. Avec mes parents c'était bien suffisant. A cet époque, j'aurais aimé que toutes les personnes ayant un pouvoir de décision en pensent pareil.
Je me lève à l'instant car mon invité venait tout juste de passer la porte. Je lui fis signe de la main afin qu'il puisse me voir et s'approcher. On se salue un court instant avant de se rasseoir.
- Vous savez déjà pourquoi vous êtes là, n'est ce pas ? Alors, me permettez vous d'enregistrer notre entrevue ?
- On devra aussi m'appeler à témoigner ? Il prit peur.
Il parut surpris par ma requête.
- Euh... oui. Cela poserait problème ?
- Mademoiselle, je... Je ne sais pas pas si vous êtes au courant que ces gens là sont des tueurs de sang froid. Ils font partie d'un gang bien organisé. J'hypothèque ma vie si je devrais me présenter devant un tribunal. Pas seulement la mienne. Celle de toute ma famille. Et vous ne pourrez rien faire pour nous protéger.
- Monsieur, vous êtes conscient que si je ne présente pas les preuves dans un cadre légal, elles ne me serviront à rien ?
Son visage s'assombrit et il prit peur. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose, malheureusement. Encore un temoin qui ne me servirait à rien. Il tremblait déjà. Tout ce temps passé à établir un planning et des stratagèmes pour le rencontrer.
Je l'ai tout de même écouté pour ne pas avoir gaché le temps pour rien. Les informations recueillies ne seront pas recevables devant un tribunal, certes. Mais elles me seront peut être utiles au moment où je m'y attendrais le moins. Une chose est sûre, cet homme qui a été capable de tuer de sang froid ne va pas s'en sortir. Pas tant que je respire encore.
Je laisse le bistrot pour chez moi. Là bas, j'ai un petit espace aménagé exprès pour mes enquêtes. Alors, dès mon arrivée, tous les nouveaux éléments ont intégré le petit tableau accroché au mur. Certains, en ce moment, n'avait aucun lien entre eux. Mais, je ne les ai pas ecarté pour autant.
Entre temps, j'ai eu un appel de ma sœur. Quoique j'étais pressée, j'ai tout de même pris du temps pour discuter avec elle. Myléna appelle si rarement qu'à chaque fois qu'elle le fait, mon cœur s'affole et ma main tremble rien qu'à m'imaginer qu'elle puisse avoir un souci. Je souffle à chaque fois que je finis par comprendre qu'elle n'a rien.
C'est la seule famille qu'il me reste. J'en mourrais s'il lui arrivait quelques choses. Léna a sacrifié tellement de chose afin que je puisse être à ce niveau aujourd'hui.
Juste 5 minutes au téléphone, elle a raccroché car elle était sur le point de rentrer chez elle et qu'elle ne voulait pas être au téléphone en étant au volant. Comme toujours, elle me promit de m'appeler plus souvent. Elle m'a même assurée qu'elle me rendra visite bientôt. Même si je sais que ce ne sont là que des paroles en l'air.
Plus tard, je rejoins l'équipe pour une mise au point des nouvelles attitudes à adopter sur l'affaire en cour. C'est tout moi. J'ai une petite vie de personne lambda qui se résume à mon travail et ma maison. Les rares petits frissons de ma vie me proviennent de mon travail.
Le soir venu, je me tiens debout devant la baie vitrée de mon bureau, observant les lumières des rues de New York scintiller comme des étoiles tombées sur une toile noire. La ville ne dort jamais, et moi non plus. A 30 ans, la vie m'a appris que le travail est la seule constante, le seul moyen de garder à distance les ombres du passé et les peurs de l'avenir.
Les dossiers s'accumulent sur mon bureau, chacun portant le poids de secrets et de crimes que je me promets de déterrer. En tant que substitut du procureur, mon rôle est de traquer les malfaiteurs dans les recoins les plus obscurs de cette ville. Il m'arrive d'en faire une affaire personnelle. Les dossiers de crimes organisés sont mon quotidien. Des labyrinthes de corruption et de violence où chaque indice, chaque témoignage, est un pas de plus vers la vérité.
Mike, mon collègue et ami est souvent à mes côtés, une présence discrète mais indispensable. Il est l'antithèse de ce monde sombre. Toujours prompt à apporter une touche de légèreté dans les moments les plus intenses. Il m'est si fidèle que souvent fois je me retrouve à questionner ses motivations. Pour l'instant, je préfère me concentrer sur les affaires, sur les preuves qui doivent être réunies, sur les coupables qui doivent être jugés.
Souvent, je pense à Mylena. Ma sœur jumelle. Ma seule famille d'ailleurs. Elle est mon autre moitié, mon reflet dans le miroir de cette vie tumultueuse. Nous avons choisi des chemins différents, mais nos vies sont liées par un fil invisible qui nous garde proches, même dans la tourmente.
La journée a été longue. Balançant entre frustration et épuisement. Pour l'instant, je me concentre sur les lumières de la ville, sur les défis que demain apportera. Parce qu'ici, chaque jour est une nouvelle bataille.
Le bruit incessant des sirènes et des moteurs vient se mêler au rythme de mon propre cœur fatigué. Je prends une profonde inspiration, laissant la fraîcheur de l'air nocturne pénétrer mes poumons. C'est une pause bien méritée, même si je sais qu'elle sera de courte durée.
Mon téléphone vibre sur le bureau, me tirant de ma contemplation. Un message de Mylena.
"Je dois te parler. Urgent."
Un frisson me parcourt tout le corps à la lecture de ces mots. Mylena ne prend jamais le ton de l'urgence à la légère. Je relis le message plusieurs fois, cherchant à comprendre ce qui pourrait nécessiter une telle alerte.
Je prends un moment pour réfléchir avant de répondre. Notre relation, malgré la distance, est celle de deux personnes qui se comprennent sans avoir besoin de mots superflus. Je compose rapidement une réponse :
"Je suis au bureau. Juste dis moi quand."
Sa réponse ne se fait pas attendre.
"À la maison. Dans une heure. Je suis à New York."
A New York ? Cela doit être vraiment important si elle estime nécessaire qu'elle se déplace. Je range le téléphone dans ma poche, puis me tourne à nouveau vers la baie vitrée. Les lumières de la ville continuent de danser dans l'obscurité, et je me demande ce qui se trame derrière ce message tant énigmatique.
Le cœur lourd, je rassemble mes affaires et me prépare à quitter mon bureau. Une fois dehors, je prends un taxi en direction de l'appartement que nous avons partagé pendant des années, l'endroit où chaque recoin est empreint de souvenirs et de secrets non dits. Cet endroit dans lequel nos parents furent si heureux.
Alors que le taxi serpente à travers la ville, mon esprit vagabonde, effleurant des pensées d'inquiétude et d'anticipation. Mylena est ma constante, mon pilier dans ce monde chaotique. Si elle a besoin de moi et qu'elle l'exprime ainsi, il y a de fortes chances que ce soit grave.
Le taxi s'arrête devant l'immeuble. Je paie le chauffeur, prends une profonde inspiration et monte les escaliers jusqu'à ma porte. La lumière filtrée sous la porte indique que Mylena est déjà là. J'enfonce doucement la clé dans la serrure et entre.
L'appartement est calme, trop calme. Mylena est là, assise dans le salon, une expression grave sur le visage. Elle se lève en me voyant. La détresse pouvait se lire dans ses yeux. Avant que je puisse dire quoi que ce soit, elle m'attrape les mains et dit d'une voix presque tremblante :
- Ma sœur, il y a quelque chose que tu dois savoir. C'est important. Très important.
Je la regarde, inquiète mais résolue. Prête à affronter ce que l'avenir nous réserve, en espérant que ce secret ne soit pas un désastre qui bouleversera nos vies à jamais.
Je referme doucement la porte derrière moi, le bruit sourd de la serrure claquant dans le silence. L'atmosphère dans l'appartement est chargée de tension, une lourdeur palpable qui s'intensifie avec chaque pas que je fais vers Mylena. Elle est maintenant assise sur le canapé, son visage pâle sous l'éclairage tamisé du salon.
- Qu'est-ce qui se passe, Lena ? Pourquoi cet appel urgent ? J'ai eu si peur ma sœur.
Elle hésite un instant, puis prend une profonde inspiration avant de parler. Ses mains tremblent légèrement alors qu'elle les pose sur ses genoux.
- Je viens de découvrir quelques choses. Cest... une bombe. Je ne savais pas comment te le dire autrement, alors je vais aller droit au but. Tu te souviens de la fois où nous avons découvert que nos parents avaient été assassiné ?
Je hoche la tête, intriguée. Rien n'avait pu être prouvé. Cela avait été un mystère non résolu. Les preuves expliquants leur décès avaient soigneusement été enlevé du dossier. Nous avions essayé de maintenir l'enquête sans succès. Les souvenirs de ce moment avaient laissé une empreinte douloureuse dans nos esprits.
- Oui, je me souviens. Pourquoi ?
Mylena se redresse, le regard fixé sur moi, ses yeux cherchant la vérité derrière la façade de calme que j'essaie de maintenir.
- J'ai retrouvé un document dans des affaires personnelles que je n'avais pas encore ouvertes depuis toutes ces années. Il était caché parmi les vieux papiers de famille. Et il y a quelque chose que je dois te montrer. Quelque chose qui pourrait tout changer.
Elle me presente un classeur recouvert de poussière, comme s'il avait été oublié pendant des années. Mylena le place sur la table basse, puis l'ouvre avec précaution. A l'intérieur, parmi des papiers froissés et des photographies en noir et blanc, se trouve un mini-dossier en cuir sombre. Mylena le prend et l'ouvre lentement, révélant des documents jauni par le temps.
- Voilà. Voici le testament de nos parents. Mais ce n'est pas tout. Il y a aussi des lettres et des notes qui expliquent des choses que nous ignorions totalement.
- Mais, nos parents n'étaient pas riche. Pourquoi tant de mystères ?
- Regarde et tu comprendras mieux.
- Que disent ces documents ? Je demande, ma voix tremblant d'anticipation.
Je prends le dossier et commence à le feuilleter. Les mots sont écrits à la main, avec une élégance qui contraste avec le contenu troublant de celui-ci. Les lettres révèlent des secrets familiaux enfouis depuis longtemps, des liens inattendus avec des personnes dont nous n'avions jamais entendu parler.
- Léna !
Ma voix est suppliante. Je n'arrivais pas à accepter ce que je tenais sous mes yeux. Mylena hésite avant de répondre.
- Nos parents avaient des connexions avec un réseau de personnes puissantes, des relations que nous n'aurions jamais imaginées. Ils ont laissé des instructions pour nous protéger, mais aussi pour nous avertir d'un danger imminent. Je crois que nous sommes en danger ma sœur. Toutes ces années... Je ne savais pas comment te le dire autrement.
Je reste silencieuse, absorbant l'ampleur de la révélation. Le calme de l'appartement est désormais brisé par le tumulte de ces nouvelles informations. Les pièces du puzzle que nous pensions connaître sont en train de se réorganiser, révélant un tableau plus vaste et plus complexe.
- Comment as-tu trouvé cela ? Murmuré-je.
- C'est une longue histoire. J'ai commencé à trier certains affaires car je devais bientôt voyager. Et je suis tombé sur une boîte bien rangé qui appartenait à nos parents et que je n'avais jamais eu la force d'ouvrir. Nostalgie ou curiosité, j'ai voulu savoir ce qu'il y avait dedans. J'avais l'impression que quelque chose clochait, que nous n'avions pas toute l'histoire. Et puis bim, je suis tombée sur ces documents.
Le poids des révélations a commencé à m'écraser. Tout ce que je croyais savoir sur notre famille est en train de se fissurer. Je me tourne vers Mylena, les yeux déterminés.
- On ne peut pas passer sous silence de tel informations. Cela ne va servir à rien pour la police. Trop d'années se sont maintenant écoulés. Neanmoins, nous devons comprendre ce qui se passe. Il ne nous reste plus qu'à enquêter de notre côté sur ces révélations, lui proposé-je sans lui dire que j'étais déjà sur le coup. Et nous devons le faire ensemble. Rien ne nous arrêtera.
Mylena acquiesce, une lueur de soulagement danses yeux.
- Ensemble, nous allons démêler cette toile de mensonges et de mystères, pour découvrir la vérité cachée derrière notre héritage familial. Mais, je ne suis pas là uniquement pour ça ma sœur. J'ai besoin de ton aide.
Des mois plus tôt
Toronto, Ontario, Canada
Myléna Scott Fenty
- Je t'aime, me susurre mon mari qui enroule ses bras autour de ma taille tout en enfouissant sa tête au creux de mon cou.
Je fais 1m75. Mon mari avoisine le 1m90. Alors, il a du se plier un peu afin d'être à ma taille.
- Moi aussi je t'aime.
Je me pose sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
- Et si on se prenait des vacances Mylé ? Il me propose tout en me gardant contre lui. Ou voudrais-tu aller mon bébé ?
- A Mykonos. Mais ce ne sera pas pour ce mois ci.
Je me détache de lui pour aller lui prendre son lait et revenir à table. Notre aide ménagère n'est pas encore arrivée. Tout ça, c'est Reynaldo. D'après lui, vu que je peux m'occuper de son petit déjeuner tous les matins et qu'il adore ça, Nadia n'a pas besoin d'arriver très tôt le matin. Pffff ! Et quand à Alice, elle peut s'occuper d'elle même. Ce n'est plus une enfant. Sur ce point au moins, on est d'accord.
- Pourquoi attendre ?
Il récupère la tasse que je lui tend.
- Je pourrais facilement trouver un créneau dans les semaines à venir, continue t'il après une première gorgée de son lait.
- A ce moment de l'année, ça grue de touristes de toutes sortes, dis je alors que je me place derrière son dos. C'est l'été. Et tout le monde a envie de visiter. Laissons passer ce moment et on pourra y aller après.
En dehors du fait que je ne souhaite pas me mélanger avec tout le monde, cela ferait obstacle à mes plans. Et c'est de loin ce que je recherche.
- De plus, il y a l'anniversaire de ta mère bientôt. On ne pourra pas partir avant ça. Je n'ai pas prévu de rentrer très vite une fois partie. Et ils pourraient penser que mon but c'est de t'éloigner d'eux. Avec ta famille, j'en ai bien ma dose de conflit. Point besoin d'en rajouter. Et les connaissant, il faut s'attendre à tout. Je propose septembre.
- Arrête donc de croire que tout le monde te deteste Myléna.
- Hmmm hmmm !
- Mais bon, on fait comme tu dis. Va pour septembre alors.
Il m'embrasse et pose sa tasse.
- Tant que cela te plaise. Tu es à l'honneur... Bon, je m'en vais mon amour. Il me faut arriver tôt au bureau aujourd'hui. J'ai des choses en suspens.
- Mais, tu n'as rien mangé mon cœur.
- J'ai une réunion d'affaire assez importante ce matin. Je petit-déjeunerai une fois là-bas.
- Ah ! Et Logan ne peut pas s'en occuper ? Il te sert à quoi dans ce cas ?
- Il a déjà beaucoup à faire. Et puis, c'est toujours moi le président de cette compagnie. Alors c'est mon boulot. Logan est jeune. Je ne peux me permettre d'empiéter sur son temps.
- Hmmmmm ! Ce n'est pas comme s'il avait une femme. La vie de ton fils se résume au boulot. Qu'il bosse dans ce cas.
Sans commentaire, il m'embrasse sur le front et soulève son attaché case pour sortir.
- Bonne journée mon chéri !
- Bonne journée mon cœur !
Je finis de petit déjeuner et je garde le reste dans le frigo. Au moment de remonter dans ma chambre, Alice et moi on se croise. Comme à l'accoutumée, ses écouteurs à l'oreille, il y avait le son à fond.
- Où est ce que tu vas de si tôt ?
- Tu es au courant au moins que je ne te dois aucune explication dans cette maison ?
- Ah ouais ! Tu crois ? Je la défie.
- Tu n'es pas ma mère.
Je m'esclaffe.
- Je remercierai Dieu tous les jours pour cette grâce. Tu n'as pas idée.
- Pourquoi ? De ne pas être mère ? Es tu au moins capable de donner vie Myléna ?
- Je ne sais pas encore. De ne pas être la tienne, en revanche, cela me réjouit on ne peut plus. Il y a des enfants pour laquelle ça ne vaut pas la peine de donner vie. Après ça, il absorbe la notre. Tu en fais partie. Vipère !
Son regard est luisant. J'ai touché une corde sensible. Pourtant, elle ne va pas pleurer. C'est une coriace cete fille. Elle et moi on a bien des points communs. Si seulement elle n'était pas si mal élevée...
- Et il y'en a des entrailles tellement maudites qu'aucune vie ne peut pousser à l'intérieur, elle me balance sur le même rythme.
- Parle t'on toujours de moi très chère ?
- De qui d'autre ? Tu as choisi un homme qui même avec les avancées scientifiques serait dans l difficulté de t'offrir un spermatozoïde assez viable pour te faire un gosse. Mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour de l'argent ? N'est-ce pas belle-maman ?
Je me tue face à autant d'insolence.
- Je ne te dois rien. Mais, pour que tu ne t'inquiètes pas belle-maman, je vais te le dire.
Je hausse les sourcils exprimant mon désintérêt pour sa personne.
- Je sors avec des amis du collège. Ce sont les vacances, tu t'en souviens ? Ah ! J'oubliais. Comment quelqu'un comme toi ferait pour dissocier l'année académique des vacances ? Toi qui n'es jamais allée plus loin que le... Tu es arrivée à quel niveau déjà dans tes études Myléna ?
Je serre les poings de frustration. Certaines fois, j'ai bien envie de la boxer cette fille. Mais je me retiens de peur de déclencher quelques chose que je ne saurais gérer. Elle s'en va satisfaite, le sourire aux lèvres la vipère.
- Espèce de... petite chipie, je lui balance les dents serrées.
- Je t'ai entendu pétasse, elle me montre son doigt d'honneur.
Cette fille est un cas perdu. Il est hors de question que je la laisse décider de mon humeur. Ce n'est pas mon gosse après tout. Qu'elle fasse ce qu'elle veut.
Je monte me changer avec l'idée de me rendre chez Came-Suze. J'ai une folle envie d'aller faire les boutiques. Là bas au moins j'aurais un peu de tranquillité.
Je troque mon pyjama pour une robe plus ample mais classe. Je porte une paire de sandale à talon assorti à ma robe. Puis j'accompagne le tout du dernier collier serti de diamant que m'a offert mon mari le mois dernier. Mon apparence, c'est tout ce que je suis. Être la femme d'un joaillier doit se ressentir à des kilomètres à la ronde. En aucun cas je ne peux ni ne vais me négliger.
Lorsque je quitte la maison, il était une demie heure après 8 heures. Je me faufile dans ma voiture, une Porsche Panamera rouge qui m'a été offerte par mon mari l'an dernier pour mon anniversaire. Et je prend la route en direction de chez Came-Suze avec une légèreté que seule une matinée de shopping peut apporter. Les rayons du soleil caressent la carrosserie de ma voiture, et je me sens prête à conquérir la journée. Mon mari est parti pour ses affaires, et je n'ai qu'une chose en tête : profiter de ce moment rien qu'à moi.
En arrivant chez elle, je découvre qu'elle est en pleine dispute téléphonique pour m'installer confortablement sur le canapé usé qui se trouve dans le salon, en attendant qu'elle termine. Les éclats de voix à travers le combiné laissent entendre une conversation houleuse avec le père de son fils. Je comprends son irritation, car jongler entre les responsabilités d'une mère et les défis quotidiens n'est pas facile.
Lorsque Came-Suze raccroche, elle s'excuse pour le retard.
- C'est toujours un véritable casse-tête chinois à chaque fois. Désolée de te faire attendre mon amie, dit-elle en se dirigeant vers moi avec un sourire fatigué mais sincère.
Je lui rappelle qu'elle devrait récupérer son fils.
- C'est toujours un véritable casse-tête chinois à chaque fois. Désolée de te faire attendre mon amie.
- Pas pour le moment. Je peine à tenir les deux bouts. Comment pourrais-je prendre soins d'un enfant Myléna ?
- Tu sais pertinemment que je ne t'aurais jamais laissé t'en occuper toute seule. C'est tout de même mon filleul.
- Et je te le répète encore. Je ne vais pas récupérer l'enfant chez son père pour ensuite dépendre de toi. Cet enfant a un père. Et il se doit de s'en occuper.
- C'est toi qui l'as voulu ainsi. Tu es arrivée beaucoup plus loin que moi dans les études. Tu aurais pu te trouver un petit quelque chose.
- Comme épouser un homme riche pour m'entretenir même si ce dernier pourrait être mon père par exemple ?
- C'est méchant. Même venant de toi.
- Désolée ! S'excuse t'elle. Je ne pensais pas ce que j'ai dit. Je suis sous pression... J'y pense depuis un temps. Mais je n'ai rien trouvé.
- Hmmm ! Encore une fois, c'est ta décision. J'aurais bien pu glisser ton CV à mon mari. Il aurait pu te trouver quelque chose," dis-je, avec un soupir en me remémorant les nombreuses fois où j'ai tenté de la convaincre d'accepter une aide extérieure.
Elle soupire.
- Après ça, Qu'est ce qui t'amène mon amie ?
- Je suis passée te voir. Ou bien je n'ai plus le droit ?
- Je n'ai pas dit ça. Mais comme je m'apprêtais à sortir.
- Ce n'est pas bien grave. Je faisais juste un tour. Ce qui se passe c'est que j'ai voulu aller faire un peu de shopping. Je me suis dis que t'aurais voulu m'y accompagner. Mais bon, si tu n'es pas disponible, j'y vais seule alors.
- Il fallait commencer par ça ma belle.
Elle bondit de son vieux canapé qui doit avoir déjà fait sa vie.
- Pour du shopping, j'annule tout. Attend que j'aille chercher mon sac et on se met en route.
Elle se précipite pour se préparer, et je prends un moment pour apprécier la simplicité de ces instants. Came-Suze est bien plus qu'une amie, elle est ma sœur de cœur. Nos liens sont bien plus forts que le shopping ou les difficultés de la vie quotidienne. Nous avons traversé tant de choses ensemble, et c'est dans ces moments-là que je me rappelle pourquoi elle compte autant pour moi. Myréna est ma sœur de sang. Et Came-Suze ma sœur de cœur. Pour elles, il n'y a pas de sacrifice qui ne vale pas la peine.
Une fois qu'elle est prête, nous nous dirigeons vers les boutiques. Chaque boutique est un terrain de jeu pour moi, un lieu où je peux oublier les petites tensions et les soucis du quotidien. Les sacs, les chaussures, les vêtements, tout est un délice. J'aime me perdre dans la mode, c'est mon évasion, mon monde où je peux être libre et heureuse. Ma manière de décompresser.
Alors que nous parcourons les magasins, je sens que Came-Suze commence à se détendre peu à peu. Elle rit à mes blagues, essaie des tenues et me demande mon avis. Ces moments partagés sont précieux, et je me permets de croire que, malgré tout, la vie est encore pleine de promesses et de joies simples.
- Je savais que tu étais la personne qu'il me fallait pour cette journée, lui dis-je en la regardant avec affection. Merci d'être là.
Elle me sourit, reconnaissante.
- Je crois que c'est moi qui devrais te remercier. Parfois, il suffit de peu pour rendre une journée meilleure.
Avec Came-Suze à mes côtés, je suis prête à affronter le reste de la journée. Le shopping n'est pas seulement une distraction pour moi, c'est aussi un moyen de me reconnecter avec ce qui est important, mes proches, mes amies, et moi-même.
Après l'avoir déposée chez elle, je rentre chez moi. Me rendant dans ma chambre, je ressors la petite boîte cachée sous le lit. Je me souviens encore du jour où j'ai découvert ces documents. C'était comme si le passé, que j'avais tant essayé d'enfouir, ressurgissait brutalement.
Je farfouillais dans cette vieille boîte, cachée au fond du placard de ma cuisine dont moi seule avait la clé. Un endroit où je savais que mon mari ne chercherait jamais. Des souvenirs d'enfance, des photos jaunies... et puis, là, au fond, un dossier épais.
Mon cœur s'était mis à battre à tout rompre. C'est avec les mains tremblantes que je l'ai ouvert. Les pages étaient remplies d'une écriture soignée, d'articles de journaux, de lettres... Des éléments qui semblaient raconter une histoire bien différente de celle que l'on m'avait toujours contée. Une histoire sur la mort tragique de mes parents. Une histoire que je n'étais pas prête à affronter.
Je repense à Myrena, ma jumelle. Elle vit toujours à New York. Nous nous sommes éloignées au fil des années, mais le lien qui nous unit est indéniable.
- Devrais-je lui en parler ? Lui révéler ces vérités qui pourraient bouleverser sa vie à son tour ? Elle pourrait se retrouver en danger par ma faute.
Je me suis souvent demandé si nos parents avaient vraiment eu un accident, comme on nous l'avait fait croire. Ces doutes m'ont tourmentée pendant des années. Myrena de son côté n'y avait jamais crû. Et maintenant, les réponses semblaient être à portée de main. Mais à quel prix ?
Je sais que je ne peux pas garder ce secret pour moi éternellement. Mais révéler ces informations, c'est aussi risquer de détruire tout ce que j'ai construit ici, au Canada. Mon mari, ses enfants... Ils ne sont pas prêts à affronter ce passé que j'ai omis de leur avouer depuis le début. Je suis comme suspendue dans le vide, incapable de prendre une décision.
Une semaine plus tard
Toronto, Ontario, Canada
Myléna Scott Fenty
- D'où est ce que tu viens Myléna ?
Je sursaute au son de la voix de mon mari qui rugit dans le noir. Dans la pénombre qu'est plongé notre salon, je ne m'attendais pas à tomber sur Reynaldo assis aussi tranquillement. Il était censé être en voyage en dehors du pays et ne rentrerait qu'en week-end. On est mercredi aujourd'hui pourtant. Il n'est partie qu'il y a 2 jours. C'est sûrement l'anniversaire prochaine de sa mère qui a motivé ce retour précipité.
Alors, imaginez ma surprise d'être accueillie par lui. Surtout qu'il était presque 11 heures du soir. Ce n'est pas l'heure pour une femme mariée d'être dans la rue... et ceci sans son mari me diriez vous ? Qu'importe. Je ne dois explications à personne après tout. Néanmoins, je me reprend assez vite afin d'éviter que son esprit ne se mette à vagabonder et s'imaginer n'importe quoi. Des choses qui me deserviront à coup sur.
Comme tout homme de son âge avec une femme de 22 ans de moins que lui, Reynaldo est jaloux comme un poux. Il fut un temps où il m'avait même pris un chauffeur pour m'accompagner partout où j'allais. Comprenant que celui ci lui rapportait tous mes faits et gestes, je lui ai tellement fait voir de toutes les couleurs qu'il a démissionné de lui même. Je ne veux pas d'une personne constamment sur mon dos... Une qui me suit de partout comme un toutou.
Avec calme et assurance, je m'avance jusqu'à lui et lui embrasse les lèvres avec douceur. J'ai toujours su comment toucher cet homme. Encore même quand il était marié, j'ai plus d'une fois surpris ses œilades sur moi. Il matait mes courbes sans aucune gêne. La faute à qui ? Je suis une belle femme. Je n'ai pas les formes voluptueuses, mais je plais facilement aux hommes. Et j'en ai bien conscience de mes atouts.
Et comme toutes belles femmes qui s'assument, j'en ai fait des ravages sur mon chemin. Les hommes riches, je connais. Avant Reynaldo, j'en ai connu un tas. A chaque fois, ce sont eux qui assuraient mes dépenses ainsi que ceux de ma sœur. Et pour ça, je n'avais pas besoin de demander. Tout m'avait toujours été offert sur un plateau.
Puis j'ai grandi. En se faisant, je me suis mis à rêver de stabilité. C'est alors que j'ai croisé Reynaldo. Il n'y a jamais rien eu entre nous lorsqu'il était marié. Je ne m'abaisse pas à ça. C'est la règle. Jamais avec les hommes mariés. C'est valable jusqu'ici. En plus, ils avaient 3 gosses.
Pour avoir fait l'expérience avec ma sœur, non pas qu'elle était un poid pour moi, j'ai eu une certaine appréhension à me mettre avec un homme déjà père de famille. Avec 2 ados en pleine crise en plus. Mais, à la minute où il est redevenu célibataire j'ai essayé d'en faire fit et je n'ai pas tardé à tenter ma chance avec lui. Ses enfants me dérangeaient toujours. Mais, il me fallait effectuer un choix rapidement.
Reynaldo est un bel homme. Il aurait trouvé facilement une femme. Qu'on se l'avoue. Il était la garantie d'un avenir assuré. Dieu sait que j'en avais besoin à l'époque. Puis, au fil du temps, je suis tombée amoureuse de mon mari. Pas follement amoureuse. Mais je l'aime... à ma manière.
- Myléna ! Il gronde de nouveau, alors que je venais tout juste de m'écarter.
- Oui, Reynaldo ! Je réponds avec calme.
- Où est-ce que tu étais ? Il redemande d'un air faussement calme.
- J'étais avec Came-Suze, murmuré-je. Je ne comprends pas pourquoi tu as besoin de demander.
Et c'est vrai. Moi et Camie, on a passé la journée ensemble. Je l'ai accompagnée à Vancouver voir son fils. Came-Suze a eu Dylan qui est agé de 10 ans, avec un richissime homme d'affaire dont la femme ne pouvait pas enfanter. Aujourd'hui, ils ne sont plus ensemble car la femme de ce dernier a découvert qu'elle se faisait cocue et a tapé un scandale. Alors pour éviter le divorce, l'imbécile a laissé tomber la pauvre fille en gardant son gosse. En voilà l'une des raisons pour lesquelles j'ai toujours bannie les hommes mariés de mon carnet de chasse. Riche, oui. Mais marié ? Que Dieu m'en préserve.
Ce type, c'est un chien de la pire espèce. Encore heureux qu'il lui a laissé rendre visite à son fils depuis. Ces hommes, avec leurs argents, ce sont eux qui font les lois dans le pays. Il aurait été capable de tout pour garder mon filleul Dylan avec lui sans ce compromis de mon amie pour sceller cet accord à la miable. Surtout que sa femme avait commencé à faire des siennes. Comme ci on avait forcé son mari.
Tsuips ! Les femmes mariées et leur fausse croyance comme quoi, c'est toujours la faute de l'autre. Si elle savait. Alors, pour éviter les scandales, à chaque fois qu'elle y va, je l'accompagne. Je joue le pont entre eux quatres pour éviter que cela ne dégénère.
Vue sa manière de m'analyser, Reynaldo ne semble pas convaincue de ma réponse. C'est toujours comme ça avec les gens, ils doutent beaucoup plus facilement quand on leur dit la vérité. Plus d'une fois j'ai été ailleurs pour des activités moins louables. Il a toujours bu mes excuses aisément. Et aujourd'hui, alors que je lui dis la vérité, il a des doutes.
- Mon chéri, si tu ne me crois pas, prend ton téléphone et appelle Came-Suze, je m'agace. Tu as son numéro, je crois. Elle te confirmera mes dires si ma parole ne te suffit plus. Mais sérieux Rey, tu me déçois. Sache qu'aucun couple ne survit sans confiance.
Je le dépasse et regagne ma chambre sans un mot de plus. Alors que je monte, j'entends Alice faire tout un brouhaha dans sa chambre située non loin de la nôtre. De tous les enfants de mon mari, cette gamine c'est la pire. Je ne comprends vraiment pas pourquoi Reynaldo n'accepte pas qu'elle s'en aille d'ici comme ses frères. Tsuips ! Elle est grave énervante.
Je pars toquer à sa porte très remontée. Elle a dû penser que c'était son père car elle est venue ouvrir automatiquement que j'ai frappé.
- Ah ! C'est toi, elle dit en me toisant dès qu'elle m'a remarquée.
- Tu peux baisser le son s'il te plaît ? On n'est pas en boîte Alice.
- On n'est pas en boîte, certes. Mais c'est la maison de mon père. Pas le tien. Qui es tu pour te permettre de venir toquer à ma porte, m'exigeant de baiser le son ? Toi, tu es juste la profiteuse de service. Tu n'as rien à dire.
- Très drôle, je rigole. Mais tu baisses le son tout de même. Ici c'est peut être la maison de ton père très chère. Mais manque de bol mon coco, il se trouve que c'est aussi MON mari. Ce qui veut dire que c'est aussi MA maison. Et ici il y a des règles que tu te dois de respecter princesse. Ou sinon, tu ne vas pas aimer comment je vais m'en prendre pour que tu me foutes la paix dans cette maison. La pension est une bonne option, tu ne crois pas ? Je lui fis un clin d'œil.
Elle tire sur la porte et la claque avec force. Qu'elle l'arrache même, si elle veut. Je m'en fiche. Du moment qu'elle fasse ce que je dis.
Alors que je repartais, sa musique a cessé. Je souris et continue mon chemin. 17 ans seulement et elle pense qu'elle va rendre fou tout le monde dans cette maison. Il n'y a que ses frères et sa grand-mère pour la supporter dans ses dérives. Moi, à son âge, j'étais une ado responsable. Je n'avais pas le choix non plus. Sinon, comment nous aurions pu survivre ma sœur et moi à la mort de nos parents ?
Je devais penser pour deux. Je n'avais jamais été douée à l'école. Mais ma sœur, je m'en aurais voulu toute ma vie si je n'avais pas fait le nécessaire afin qu'elle termine ses études. C'était une collégienne brillante. Aujourd'hui, elle est avocate et bosse comme substitut du procureur à New York. J'ai rêvé plus grand pour elle. Mais bon, tant elle est heureuse, moi aussi je le suis. Son choix, je ne peux que le respecter.
J'arrive dans ma chambre et la première chose que je fais fut de prendre un bain. J'ai eu une journée très active, alors, je n'ai pas voulu regagner mon lit comme je suis rentrée. Me mettant sous le pommeau d'eau, les yeux fermés, l'eau me glisse sur le corps comme une douce caresse. Je savoure une bonne dizaine de minutes en fredonnant du Céline Dion avant de me savonner le corps. Ce faisant, je ressens une autre paire de main me caresser le dos. J'imagine que c'est mon mari qui est venu partager ma douche. Je l'ignore et continue de me frotter le corps.
- Désolé mon cœur, il me caresse le cou avec douceur. Tu sais que je n'aime pas te savoir dehors si tardivement. Tu t'imagines que je suis arrivé depuis 15 heures et tu n'étais nulle part. Personne ne savait où tu étais Myléna. Je t'ai appelé que cela ne passait pas. Ma tête s'est chauffée...
- Et comme toujours tu as imaginé le pire. Tu ne t'es pas dit que cela pourrait être un problème de réseau ? Ou peut être que j'étais beaucoup trop occupée pour répondre. Ou que je pouvais être en danger ?
- Je me suis inquiété. C'est tout.
- Dis plutôt que tu as cru que je te trompais, je me retourne face à lui. Ce ne sera pas la première fois que tu en fais allusion Reynaldo.
- Pardonne moi ma douceur. C'est que tu es si indispensable à ma vie. Je deviens fou à t'imaginer dans les bras d'un autre. Avec mon âge... Ajouté à cela mon petit problème...
Je me contente de me rincer le corps et quitte la douche. Reynaldo fait plus de bruit qu'il ne mord. C'est le premier à faire le bruit, le premier à s'excuser aussi. S'il y a une chose de formidable avec mon mari, c'est que peu importe les raisons de nos disputes, cela ne reste pas pour trop longtemps. Il sait reconnaître ses tords et s'excuser. Il aurait pu être le meilleur des maris. Mais bon, il faut croire qu'il n'est pas donné à l'homme de tout posséder dans cette vie.
J'enfilais tout juste ma nuisette lorsqu'il est ressorti tout frais de la douche. Il a dû en profiter pour prendre un bain lui aussi. Malgré son âge, Reynaldo est un très bel homme. Il est plutôt bien conservé. On lui donnerait facilement 40 ans.
Il me rejoint au lit et se glisse sous la couette. Des minutes après, il colle son bassin au mien. Son érection naissante à mes fesses, il gesticule dans mon dos et m'empêche de dormir.
- Mais qu'est ce que tu veux Reynaldo ? Je souhaite pouvoir m'endormir tranquillement. Tu te tortilles comme une anguille. J'ai eu une dure journée.
- J'ai envie de ma femme. Voilà ce que je veux. Laisse moi te relaxer alors.
Je souffle, me retourne et lui fais face. Il s'empare de mes lèvres automatiquement tel un assoiffé. Je le laisse faire un cours instant avant de sortir son membre de sa cachette tout en le massant doucement car cela allait trop en longueur à mon goût. Celui ci durci d'autant plus. La minute d'après j'étais empallée sur lui à bouger à un rythme effréné associant des mouvements de va et vient à d'autres plutôt circulaire. Il ne s'est pas passé 5 minutes que Reynaldo a commencé à grogner comme une bête en cage et déverser sa semence en moi alors que je commençais à peine à être stimulée. Sa bite glisse et quitte mon antre sans forcé les minutes qui suivent.
Je n'essaie pas de la faire repartir car je sais que c'est peine perdu et que je risquerai de m'énerver d'autant plus. Je retourne sous la douche me masturber pour faire passer mon envie de sexe qui ne disparaissait pas. Une fois satisfaction atteinte, je me nettoie et reviens dans le lit. Comme à chaque fois depuis son opération pour l'HBP (hyperplasie benigne de la prostate), être au lit avec Reynaldo ce n'est que frustration. Il ne tient pas assez longtemps pour me faire planer comme je le voudrais. Si un jour je divorce, ce serait pour ça, en fait. Des hommes riches et sexuellement compétents, ce n'est pas ce qui manque. En attendant de trouver le bon, je reste là.
Avant de m'endormir je fis un message à Came-Suze, une à Myréna, puis un autre à Thomas. Et je me laisse conduire jusqu'à Morphée.