C'était les vacances scolaires, animé comme à l'accoutumée avec une cacophonie de grand vacarme et de compositions vocales par les marchands afin d'attirer la clientèle ; le grand marché d'Adjamé situé dans le district d'Abidjan était un marché comme tous autres grands marchés du pays, où on pouvait acheter des articles et denrées importés de l'extérieur.
Aussi un marché, où demeurait un nombre incommensurable de canailles.
Toutefois, si plusieurs personnes venaient pour faire des emplettes dans ce vaste marché ; certains choisissaient de faire les affaires autrement.
Eux, c'étaient les bandits, partisans du moindre effort.
Toujours aux guet-apens et en embuscade , ils n'hésitaient pas à dérober des bagages , sacs, bijoux, joyaux, argents et autres biens des bons citadins.
Cette situation qui durait depuis toujours, avait encore plus obscurci l'image d'Adjamé.
À brûle-pourpoint , la voix stridente d'une dame se fit retentit dans ce tohu-bohu !
- Au secours , mon sac !!!
Au secours !!! Hurla désespérément, une jeune femme qui venait de se faire arracher son sac à une vitesse telle, celle de Batman.
Aussitôt un rassemblement à l'apparence d'un regroupement diplomatique se fit autour d'elle.
Les plus courageux , proposaient de rattraper son agresseur.
Malheureusement, c'était peine perdue !
Puisque, son malfaiteur c'était déjà brouillé dans la foule.
Impossible donc , de le retrouver !
Qui pouvait attraper ce aigrefin , dans ce vaste marché bondé de monde ?
Tout juste à quelques kilomètres de cette scène, se trouvait une jeune marchande de fruits agrumes assise sur un banc tout juste devant sa marchandise en train tailler des oranges : c'était "Amira Konan" .
Agée de seulement 18 ans, Amira Konan était déjà une très belle jeune fille infiniment charmante et élégante avec une taille moyenne de 1m 69.
Elle possédait aussi, une silhouette de rêve avec un jolie postérieur, de long cheveux noire et crépus qui prouvait son origine africaine.
N'étant ni blanche, ni noire mais, dorée.
Le teint d'Amira, mettait en doute son appartenance continentale.
En effet, tous, lui attribuait la nationalité "Américaine" faute de son teint qui s'apparentait à celui des noires-américaines.
Par conséquent, tous ceux qui la croisait fortuitement l'interrogeait sur sa nationalité à cause de sa couleur de peau.
Et c'était avec étonnement que ces admirateurs réagissaient, lorsqu'ils apprenaient qu'elle était d'origine Ivoirienne.
Ah sacrée , beauté d'Amira !
Certains même, l'avait surnommé l'Américaine ; tellement elle était exceptionnelle.
Ayant beaucoup de soupirants depuis son adolescence, Amira n'était intéressée par aucun d'eux.
Parce qu'elle s'était faite comme pari dans sa vie, d'avoir son premier petit ami après son baccalauréat.
Et, Maintenant qu'elle avait obtenu son baccalauréat, elle ne gagnait aucun homme qui voulait faire du sérieux avec elle. Tous voulaient en premier lieu, l'essayer sexuellement avant de l'épouser comme on le dit souvent en jargon ivoirien " tester- rester ".
Chose, qui était à l'antipode de ses principes de vie.
En fait, Amira en bonne chrétienne avait fait le serment de rester chaste jusqu'au mariage ! Mais, ne trouvant pas un homme qui la comprendrait sur ce point, elle décida alors de rester seule sans petit ami jusqu'à ce que Dieu lui fasse parvenir l'homme qui lui serait destinée.
Sur le plan comportemental, contrairement au caractère désagréable de sa défunte mère, il faut dire que la jeune fille, hérita de la bonne conduite de sa grande mère maternelle.
Elle était d'une gentillesse sans pareille, une excellente fille ayant le cœur sur la main, ne pensant qu'à aider les autres.
Même, lorsqu'un de ses prétendants l'accostait, c'était toujours avec affabilité qu'elle déclinait leur offre.
Par ailleurs, faisant toujours preuve de maturité depuis son bas âge, elle demeurait une fille très intelligente qui n'aimait ni les faux semblants mais, plutôt assez directe.
Toujours prête à conseiller ses proches et à montrer la meilleure solution au problème ; Amira était une fille bien cultivée, instruite et très courageuse.
Cependant, son seul défaut, était son côté très pessimisme.
Puisqu'elle, avait toujours besoin d'encouragements de quelqu'un pour avancer, ce qui mettait en relief sa nature sociable et altruiste.
De surcroît, Sa nature sociable lui fit avoir deux meilleures amies dans son quartier avec qui, elle partageait ses bons, comme mauvais moments :
c'était Christina 20 ans et Solange 19 ans.
Christina, était une belle jeune fille avec un beau teint bronzé et une belle taille de 1m72.
De plus , elle possédait une silhouette fine et élancée qui lui donnait l'aspect d'une sportive.
Par ailleurs, côté caractère elle était très gentille et surtout prête à aider son prochain, moins bavarde, et très discrète.
Cependant, son côté discret lui donnait le défaut de sournoiserie.
Contrairement à Christina, Solange était de teint noire d'ébène avec une taille de 1m65 et de forme ronde.
De surcroît elle Avait de plus, de belles fesses volumineuses, qu'elle exhibait à longueur de journée dans un collant ou pantalon à la vue des hommes qui ne faisaient que, lui courir après.
Aussi belle qu'elle était Côté caractère ; elle était très prolixe , comique et très gentille, surtout assez directe dans ses paroles comme son amie Amira.
Toutefois, Son seul défaut était son côté très envieux.
Amira , aimait ses amies malgré leurs défauts.
Elles étaient comme des sœurs , pour elle.
Ayant obtenues ensemble le baccalauréat, le trio passèrent désormais le clair de leur temps autour de la table de vente d'Amira à bavarder et à réfléchir sur leur avenir.
Mais, Malheureusement Ce samedi-là, Amira ne verrait pas ses amies autour de sa table de vente comme d'habitude.
Parce que, ces dernières prétendaient toutes occupées aujourd'hui.
Solange, disait être occupée par les travaux de ménages à la maison.
Christina Quant-à elle, prétextait se rendre à un entretien de travail qu'elle avait postulé récemment avec son baccalauréat sur le net.
Donc, ce jour-là Amira se retrouvait toute seule devant ses marchandises.
Ayant fini de servir des paires d'oranges taillées à un client véhiculé, elle reprit sa place sur son siège tout en réfléchissant à la situation qu'elle traversait en ce moment.
En effet, depuis que l'état de la maladie de sa grande mère maternelle s'était aggravé ; elle ne cessait de faire des allées et venues à l'hôpital.
Dans le but de, veiller aux côtés de sa mémé paralysée par l'hypertension artérielle depuis 4 semaines.
Ne pouvant plus faire face toute seule aux frais médicaux de sa grande mère, la jeune fille réfléchissait comment elle allait régler la dernière facture de l'hôpital et acheter les tous derniers "ANTI-HYPERTENSEURS CENTRAUX" que le médecin avait prescrit à sa grande mère.
Malheureusement, Ses amies ne pouvaient l'aider financièrement cette fois, puisqu'elles étaient aussi dans la même situation financière qu'elle.
Aucune d'entre elles, ne travaillaient présentement puisqu'elles, avaient arrêté le petit boulot "d'aide-ménagère" qu'elles exerçaient dans le passé toutes deux ; fautes des incompréhensions qui régnèrent entre elles et leurs patronnes.
Solange, fut renvoyée par sa patronne !
Puisque, celle-ci la soupçonnait d'entretenir des relations amoureuses avec son mari en catimini, chose qui n'était d'ailleurs pas vrai !
Christina Quant-à elle, avait elle-même arrêté ce métier de son gré.
Parce que, le ménage était de trop pour elle seule : elle devait en premier lieu s'occuper des enfants de sa patronne, ensuite faire le ménage, faire à manger, enfin, faire la lessive surtout ; dans un grand duplex, pour un si maigre salaire ?
Non , elle n'en pouvait plus !
Amira aussi, aidait auparavant sa grand-mère au marché dans son commerce de légumes pendant ces jours non ouvrables.
Et pendant les vacances scolaires, sa mémé lui remettait de l'argent pour pratiquer son propre commerce de fruits.
Inopportunément quelques années après, sa grande mère tomba gravement malade.
Ce qui causa son abandon pour son emploi de commerçante de légumes.
Vu que, tous les bénéfices de son commerce avaient été dépensés pour ses soins médicaux.
Toutefois , n'ayant désormais plus d'argent pour s'occuper de leurs besoins (elle et sa mémé) ; Amira était contrainte de faire mains et pieds ; pour pouvoir s'assumer et s'occuper de sa grande mère.
Ainsi que , des multiples charges de la maison.
En commençant par exercer un petit métier de vendeuse en magasin ensuite, nounou et enfin, aide ménagère ; pendant ses vacances scolaires lorsqu'elle faisait la classe de première, tout comme ces deux amies.
Cependant , elle dû arrêter tous ceci , après l'obtention de son baccalauréat.
Et, prit par la suite, son argent qu'elle avait gagné dans ces métiers appelés couramment "passe-temps " ; pour réinvestir dans son commerce de fruits agrumes.
Par ailleurs, cela ne lui rapportait pas toujours de bons bénéfices .
Mais selon elle, c'était mieux de travailler pour soi même que de le faire pour ces dames qui te feront vivre l'enfer ; comme si tu avais arraché leur mari.
Ne dit-on pas que, les relations entre femmes s'avèrent souvent problématiques ?
Eh ben ! C'est donc cette problématique qui poussa Amira Konan à demeurer dans son commerce d'oranges et de pommes vertes.
Bref, Toujours perdue dans ses pensées avec ce brouhaha qui régnait dans ce grand marché, elle fut interrompue par la sonnerie mélodieuse de son téléphone portable.
Après récupération de son téléphone , dans son sac d'argent qu'elle avait coutume d'accrocher sur son épaule.
Elle jeta rapidement un coup l'œil à l'écran d'accueil de son téléphone, histoire de voir le nom de celui qui essayait de la joindre.
-Oh ! C'est un numéro inconnu ! S'exclama la jeune bachelière.
Il me faut absolument décrocher cet appel, afin que je découvre l'identité de mon interlocuteur. Continua-t-elle !
-Oh ! C'est un numéro inconnu ! S'exclamait la jeune Amira.
Il me faut absolument décrocher cet appel, afin je découvre l'identité de mon interlocuteur. Continua-t-elle !
-Allô, Allô !
- Oui bonsoir, mademoiselle !
-Bonsoir , madame !
-Vous êtes madame Konan Amira, n'est-ce pas ?
-Effectivement madame, y a-t-il un souci svp ?
-Bon, en fait je suis l'infirmière Kadjo en charge des soins thérapeutiques de votre grande mère.
Le souci , est qu'il ya votre parente qui vous réclame depuis votre dernière visite de ce matin.
Donc, nous souhaitons que vous vous rendiez à son chevet le plus vite possible !
- Excusez-moi madame, j'aimerais savoir si son état de santé ne s'était pas aggravé ?
Va-t-elle bien ? Demanda successivement la jeune fille angoissée.
-Ecoutez Mademoiselle, je n'ai pas assez de temps.
Donc, je ne saurai vous répondre virtuellement, le mieux est que vous vous rendez en présentiel dare-dare à son chevet ; merci !
Sans même lui laisser le temps de répondre, l'infirmière raccrocha brusquement à l'appel.
-Han !
Elle a coupé , elle parle mal dêh !
Attends je vais arranger mes affaires et partir d'urgence à la clinique , j'espère que mamie va bien !
Eh seigneur, sinon problème est trop sur moi actuellement.
Sur ce ; elle se mit à ranger aussitôt ses affaires de ventes.
-Ahi, jolie mousso ( femme), tu rentres déjà ? Lui demanda brusquement le jeune Ahmed, qui était recharger de crédits tout juste à côté d'elle.
A vrai dire, lui aussi lui avait fait des avances dans le passé et c'était avec politesse qu'elle déclina sa proposition.
C'est ainsi, qu'ils restèrent tous deux de bons amis.
-Oui, je rentre j'ai une urgence !
- Ah d'accord, bonne route à toi !
- Merci ! Ah Ahmed j'oubliais, tu peux recharger mon compte Moov s'il te plaît, je dois contacter urgemment mes copines pour les prévenir de mon absence.
Pria Amira à Ahmed, tout en lui remettant la pièce de 200FCFA.
- Non, tu peux garder ton argent, utilises-le pour ton transport, je vais te recharger gratuitement.
- Gratuitement ?? Ah merci Ahmed, tu as bon cœur .
je t'assure que si je n'étais pas en galère , j'allais insister à ce que tu prennes cet argent.
- Ce n'est rien tu le mérites, tu es une bonne personne tu sais.
Quelques minutes après, Amira avait fini de ranger ses affaires elle s'apprêtait à partir à l'hôpital.
-Ahmed, as-tu fait le transfert ?
-Oui c'est fait depuis, vérifie-le.
-Attends que, je vérifie !
-C'est venu ?
- Oui, merci j'ai reçu, mais tu as fait pour 500 FCFA hein ? Ah merci, encore !
- De rien, l'Américaine.
-J'ai dit : de ne plus m'appeler, comme cela non ?
-Bon ça va, j'arrête de t'appeler ainsi, ne te fâches pas stp !
-Je ne suis pas fâché, toi aussi.
Bon Ahmed, je vais partir, à demain !
- Aurevoir, beauté !
Chemin faisant dans le labyrinthe de ce grand marché où les filoutages à la tire et les agressivités étaient fréquents.
Elle héla un mini car, appelé couramment en Côte d'Ivoire "Gbaka".
Dans le but de, se rendre à la gare d'Abobo et ensuite emprunter un taxi pour continuer directement à l'hôpital ; où était hospitalisée sa grande mère maternelle.
Une fois dans le véhicule, elle remarqua que tous les yeux des passagers étaient rivés sur elle.
Étant habituée à ces regards admirateurs faute de sa beauté angélique partout où elle se rendait, elle fit mine de rien et fit sorti d'emblée son téléphone portable qui était dans son sac ; pour enfin envoyer un message à ces deux amies.
<< Salut ma sœur, comment tu vas ?
Juste t'informer que , je viens d'avoir une urgence à l'hôpital où se trouve mémé ; donc je ne suis plus Adjamé .
Je serais plutôt à la clinique près de ma grande mère.
Alors, si tu souhaites me croiser ; retrouves-moi directement là-bas , et non au marché.
Bonne journée!
Bisous >> .
Elle expédia ce message en premier lieu à Solange ensuite, le transféra à Christina qui ne tarda pas enfin à lui répondre.
Christina : On ne dit rien ma sœur, j'espère que ce n'est rien de grave hein ?
Amira : Je l'espère aussi oh, et je prie Dieu pour cela , sinon l'infirmière m'a juste dit de me rendre subito presto à ces côtés vu qu'elle me réclamait.
Christina : Rien ne va lui arriver ma puce, ne t'inquiète pas.
A mon arrivée au quartier , je n'hésiterais pas à vous rejoindre à l'hôpital.
Vu qu'actuellement , je me retrouve dans une situation inextricable .
Tu sais en effet depuis ce matin , je ne fais qu'appeler le numéro du recruteur sans succès ; toujours sur répondeur.
Je suis à bout , Amira !!!
Amira : Eh ma sœur, je n'ose pas douter sur le fait que ; ça soit de l'anarque .
Parce que , J'ai même déjà été victime de ce genre de duperies à plusieurs reprises.
Et cela m'a terriblement, accablé ; tu t'en souviens j'espère ?
Christina : Oui Ami, tu m'avais raconté ta mésaventure (smiley rires).
Amira : Donc c'est la raison pour laquelle , j'ai dû arrêté de postuler aux offres d'emplois sur le net à fortiori sur certains réseaux sociaux.
Je pense qu'il serait mieux pour moi de continuer à me débrouiller dans mon commerce ; jusqu'à ce que mon heure sonne.
Christina : Et sur ce point , je te donne raison.
Amira : Ah tu vois ! Mais , cherche à rentrer à la maison, Ou bien ?
Christina : c'est ce que je compte faire même ; mais je suis démoralisée actuellement.
Je t'assure que si tu avais vu mon Zangoli (sape) pour allée faire l'entretien là non Wai, tu allais ricaner jusqu'à déborder.
Amira : (smiley rires) Tu as porté ton plus beau , Zangoli ou bien ?
Yako ma sœur, mais tu as déjà informé Solange de ta mésaventure ?
Christina : Non pas encore, Solange la gouailleuse ?
En plus , avec un esprit moqueur puff .
Je connais déjà mon sort , avec cette railleuse (smiley rires).
Amira : Toi-même , tu connais (smiley rires).
Bon, ma puce je vais te laisser on se retrouvera à l'hôpital à plus !
Et s'il te plaît fais un effort de rentrer au plus vite , car il ne faudrait pas que la nuit te trouves dans cet endroit .
Christina : D'accord, chérie ! je m'arrangerais pour rentrer au plus vite.
A plus !
-Apprenti ça descend ! hurla Amira à l'arpète du véhicule avant de descendre.
Une fois descendue, elle emprunta d'abord un taxi, pour se rendre rapidement à l'hosto.
A peine arrivée, elle se dirigea ensuite dans le bureau du docteur qui la conduisit enfin dans la chambre médicalisée de sa mémé.
Voyant sa mémé agonisante sur son lit médicalisé , Amira en larmes s'approcha d'elle en attrapant les mains de sa grande mère toutes tremblantes.
-A...mira, commença sa grande mère.
-Oui, mémé je suis là maintenant. Répondit la jeune fille passant d'un coup ; du sourire aux larmes.
-Ne coule plus des larmes ma fille , sinon je vais aussi me lamenter.
- -Ne coule plus des larmes ma fille , sinon je vais aussi me lamenter.
-D'accord mémé, je les essuye . Déclara Amira, tout en essuyant ses larmes.
-Ami si je t'ai fait venir , c'est pour libérer ma conscience contre ce lourd fardeau qui me pèse sur la tête.
-Soit plus explicite mémé, je ne sais pas d'où tu veux en venir !
-Amira, je crois qu'il est maintenant temps que je te dise la vérité sur l'origine du décès de ta mère.
-Comment ça mémé ? Tu m'avais pourtant dit, qu'elle avait perdu la vie en raison d'un incident obstétrical après ma naissance n'est-ce pas ?
-Non, elle n'était pas décédée d'un incident obstétrical !
Ecoute-moi, c'était elle même qui causa sa propre perte et ton père, n'est pas mort comme je te l'avais dit.
Je t'avais donc menti, pour te protéger et te faire éviter de grandir avec un esprit animé de vengeance comme l'avait fait jadis, ta mère.
En effet, Tu étais trop jeune pour comprendre, raison pour laquelle j'ai préféré te cacher la vérité.
- Donc, mon père est vivant ?
- Oui , vivant quelque part !
- Comment ça quelque part ?
Attend mamie cette vérité dont tu veux m'en parler, est-elle une lapalissade ?
- Non, plutôt de l'originalité !
-D'accord, tu sais que maintenant je suis majeure !
Donc, tu peux me raconter tous ce qui c'était passé en plus, je ne t'en voudrais pas de m'avoir menti puisque, c'était pour mon bien.
Alors, vas-y raconte-moi tout !
- Tu es très sage Amira et différente de ta mère comme, elle l'avait souhaité avant de rendre l'âme.
Maintenant, je vais t'égrener le long chapelet de notre vie passée dans les moindres détails .
Pour te faire éviter, la même erreur que ma défunte fille, Samira avait fait dans le passé.
Korsør Korsør. Toussota, la vielle dame avant de commencer son récit.
-Mémé, boit un peu d'eau, ça va passer ! Ordonna Amira à sa grand-mère qui but à cet instant d'un trait, une très grande gorgée.
En voulant remettre le pot d'eau minérale à sa grande mère, son téléphone portable se mit à vibrer ; c'était le message de Solange.
Solange : Copine, excuses-moi du retard j'étais tellement occupée par le ménage d'aujourd'hui au point même que je n'ai pas pu vite voir ton message.
D'ailleurs , tu sais très bien que, la femme de mon oncle est compliquée non...
Donc, demain je serais en ta compagnie , à la première heure chez toi ou à l'hôpital ? Ce qui est sûr, je t'appellerais pour te repérer.
J'espère aussi que ta grande mère se porte bien.
Si c'est le cas, Dieu merci !
Allez Bisous à demain !
Amira : Oui, elle se porte bien Solange.
Donc à demain, bisous à toi aussi !
-ça alors Mémé, on aurait dit que tu as une éponge dans le gosier ; tellement tu as bu cet eau à tire-larigot ?
- Oui, et c'est dû à mon hypertension vu qu'elle donne une soif inhabituelle ; tu ne la pas remarqué depuis le début de la maladie ?
- Peut-être , mais dans les débuts ce n'était pas en excès comme ça hein .
- Bah , maintenant c'est comme tu viens de le constater .
En plus , il parait que boire un demi-litre d'eau pourrait suffire pour traiter les personnes souffrant d'hypotension, selon des chercheurs britanniques.
- Mais mémé , est-ce que l'hypotension et l'hypertension sont pareilles ? demanda Amira l'air ébahi.
- Ahhh Ami , tu aimes trop compliquer les choses ; ce n'est pas même affaire de tension là?
- Non dêh !!
L' hypertension artérielle , correspond à une pression artérielle anormalement élevée tandis qu' une hypotension correspond à une PAS inférieure à 10 cmHg.
Sinon selon ce que je sais , les eaux minérales riches en sodium risquent de faire augmenter la tension puisqu'elles accroissent les apports en ce minéral.
- Ah je vois , ça c'est le raisonnement des bachelières avec 251 points.
Sinon nous autres qui avons eu "200 points juste" au Bac ; qu'est-ce qu'on pourrait dire dans ça ?
- (Rire) Tu me tue de rire , mémé.
De toute façon , je ne suis pas contre le fait que ; tu lèves le coude .
C'est juste un constat que j'ai fait , en plus c'était comme si ton mal s'aggravait de jour en jour .
A un tel niveau que Je me demande si tu prenais réellement , les médicaments que le médecin t'a prescrit ?
Je parle de ceux que j'ai acheté , dernièrement hein !
- Oui je les prend ! Menti, la vieille dame.
- Hum mémé , es-tu sure que tu les avale proprement ?
- Tu veux faire passer ta grand-mère pour une dupeuse , maintenant c'est cela ?
- Bien sur que non mémé , ne pense pas ainsi c'est juste que le médecin m'avait parlé de ta nycturie .
Du coup , je me suis dite que ton mal s'intensifiait.
Et, j'ai pris peur.
- Non n'aie pas peur , le désir d'uriner fréquemment fait partir des symptômes de la maladie ; ne t'inquiète surtout pas , je vais me rétablir.
- Si tu le dis , de toute façon ce n'est pas pour cette raison que tu m'a fait venir donc laissons tombé ce sujet et passons aux choses essentielles.
D'accord mais avant , je souhaite que tu poses le pot d'eau minérale près de moi, au cas où je prends soif plus tard.
-C'est fait, maintenant tu peux commencer ton récit, je t'écoute ! répondit la jeune fille après avoir posé la bouteille d'eau par-dessus de la table du chevet du lit de sa parente.
Début du récit...
Lorsque j'eus 29 ans à cette époque, je fusse déclarée veuve, moi Koffi Amoin Evelyne.
Parce que j'avais perdu tragiquement, mon mari c'est-à dire ton défunt grand père maternelle dans la crise politico-militaire qui sévissait dans le pays en 2002. A cette époque, je vivais avec mon conjoint en ce temps-là ; militaire.
Ainsi que mon unique fille Konan Adjoua Samira, qui était ta défunte mère.
A vrai dire, c'était une guerre civile qui avait vivement et longtemps endeuillé le pays.
C'était dans cette optique que, mon défunt compagnon nommé jadis : Konan Sévérin fut compté parmi les hécatombes de cette crise.
A l'annonce de cette nouvelle, j'étais tellement affligée et déboussolée, que je me mettais dare-dare à me poser milles et une question : comment j'allais m'occuper de ma fille auparavant adolescente de 13 ans ?
Sachant premièrement que : l'Etat ne reconnaissait pas encore le mariage coutumier en côte d'Ivoire, pour ainsi espérer qu'une allocation financière m'allais être versée. Afin de, subvenir à mes besoins et ceux de ma fille ?
Segundo c'était la guerre, si le pouvoir changeait ; ces combattants seraient peut-être oubliés. Toujours en proie à des réflexions interminables, j'entendis illico un coup de feu qui me tira aussitôt de ma rêverie.
Hâtivement je récupérais ma montre, dans le but de vérifier l'heure qu'il faisait.
- Oh, mon Dieu ! il est 20 heures, c'est le début du couvre-feu. M'exclamais-je.
Me souvenant aussitôt de ma fille, j'allais à la hâte à sa recherche dans la maisonnée.
- Sami où es-tu ?
Sors, de ta cachette stp !
Lorsque, je fouillai les quatre coins de la pièce, je découvris ta mère Samira, dans un état de pâmoison sous le lit.
Le cœur en lambeaux, je lui aspergeais aussitôt de l'eau au visage dans l'espoir qu'elle Revienne à elle.
Une fois revenue à elle, je la bombardais enfin de questions.
- Qu'est-ce qui t'es arrivée , ma puce ?
Pourquoi es-tu devenue faible , à ce point ?
As-tu , mangé ?
A l'entente de cette dernière phrase, ta mère acquiesça négativement d'un signe de tête ; pour me signifier que c'était la faim qui l'avait mise dans cet état.
Ayant devinée sa pensée, j'enchainai la conversation.
- Bien écoute moi, tu vas m'attendre ici sans bouger j'irais trouver de quoi à manger ; dans la cuisine d'accord !
Samira, opina du bonnet.
-Aussi, sais-tu que ton papa est mort ?
- Oui , maman.
- Très bien vois-tu qu'il y a des tirs un peu partout non, si nous restions ici nous allions finir comme ton père.
Donc, j'ai décidé qu'on quitte cette ville ; j'aurais bien voulu qu'on parte avec ma sœur et ta cousine ketiane, mais jusque-là je n'ai plus de leur nouvelle !
Pareille, pour ta famille paternelle.
Puisque, depuis que mon magasin de vêtements a été brulé et saccagé par les rebelles, je ne les ai plus jamais revus.
- Où allons-nous partir , maman ?
- Nous irons Abidjan, j'aurais appris que les rebelles avaient échoué à la tentative de prendre le contrôle d'Abidjan.
Donc, nous irions là-bas.
- On resterais là-bas ; pour toujours ?
-Bon ça je ne sais pas encore ma fille, ce qui est sûr nous irions là-bas lorsque cette guerre se calmera un peu. Ajoutais-je, tout en me dirigeant vers la cuisine.
Dans la cuisine, je trouvais un peu d'attiéké ( mets traditionnel ivoirien ; fait à base de manioc) avec du poisson dans le réfrigérateur .
Toute rassurée, je réchauffais d'abord le plat et ensuite servit ma fille qui mangea finalement avec gloutonnerie telle ; une famélique !
Après cette conversation prises toutes deux de sommeil ; on s'endormit.
Le lendemain matin je fusse réveillée par des coups insistants à la porte, je sursautais rapidement de mon lit toute effrayée en me demandant à voix basse :
-Quel diable oserait frapper à ma porte, en cette période conflictuelle ?
Ne serait-ce par les rebelles ?
-Non, je dois me trouver un objet pour me défendre au cas où c'était un ennemi. Me disais-je enfin in petto.
A vrai dire étant moi-même ex conjointe d'un militaire, j'avais appris à me défendre dans ce genre de situation.
Dix ans de vie commune avec mon mari, j'avais auparavant tout subi à savoir : les attaques spirituelles commandités par ma belle-famille afin de tuer mon mari et s'emparer de son héritage.
Les bastonnades, les infidélités répétés de mon feu mari ; bref.
Qu'est-ce que, je n'avais pas vécu dans ce foyer ?
Combien de fois , j'avais demandé à ton défunt grand père de légaliser notre union à la mairie, afin de jouir d'une protection sociale plus sécurisante ?
Chose, qu'il reportait toujours à demain.
En effet, ton défunt grand père m'avais juste épousé coutumièrement, raison pour laquelle j'insistais à ce qu'il légalisait notre union à la mairie.
Il fallait ajouter aussi que, mon feu compagnon était d'abord un véritable vicieux !
De plus, il prenait du plaisir à gaspiller à chaque fois son salaire dans l'alcool et sur ces multiples conquêtes.
Et pire encore, lorsque je me plaignais, il me rouait de coups devant notre unique fille.
-Mon Dieu ! Mémé, tu as beaucoup souffert oh ! Mais, pourquoi tu n'étais pas parti lorsqu'il te faisait vivre tous ceci ? Interrompit Amira.