Fascinée par les couverts en argents et les belles assiettes disposées sur les tables rondes de l'hôtel, Mira en aurait presque oublié son objectif. D'un pas perpétuellement gauche elle toucha du bout des doigts son masque tout en avançant lentement dans la salle. Tous étaient masqués, personne ne pouvait la reconnaître, s'assura-t-elle de penser en touchant son faux carré, aspergée de coloration. Oui, Mira n'était pas ici pour flâner entre les invités, mais pour rendre un service à une amie. Quand elle avait entendu son histoire, elle n'avait pas pu dire non à sa folie.
À travers cette foule immense, un homme s'y trouvait. Le Duc Kaïros de Grèce...le seul au pouvoir d'une riche famille royale qui malgré tout les compliments qu'il recevait depuis le début de sa succession, s'était montré impitoyable avec Evy. C'est pour cette raison qu'elle s'était invitée à ce bal dans l'unique but de récupérer des dossiers confidentiels dans sa suite. Une vengeance qui peut-être lui coûterait cher avait-elle pensé au moment de glisser les dossiers dans son sac. Elle avait déjà travaillé ici, et connaissait chaque recoin de cet hôtel de luxe. En réalité Evy ignorait elle-même pour quelle raison voler ces dossiers lui apporterait satisfaction. En clair...Mira risquait beaucoup. Elle décida de reposer son verre et de quitter la salle avant que cette histoire tourne au drame.
Elle n'était pas habituée à revêtir une belle robe et encore moins se revêtir d'un masque, même si ce dernier l'avait beaucoup aidé.
Tout aurait pu être formidable...elle aurait pu sortir d'ici sans accrochage, mais les pas derrière elle qui la suivaient d'un pas lent mais lourd lui indiquaient qu'elle n'était pas totalement sortie d'affaire.
Son cœur battait à la chamade. Accélérer le pas ne la sauverait pas au contraire.
Elle décida de se retourner pour affronter son suiveur, mais le regretta l'instant suivant.
Elle se retrouva face à un homme masqué, impeccablement habillé en smoking. Elle dut relever la tête pour atteindre son regard, qu'elle ne sut déterminer au premier coup d'œil.
Mépris Ou colère ?
Grand, cheveux châtain à la coupe court, sa barbe était taillée à la perfection qui bizarrement lui donnait une impression de sauvagerie. À travers l'ombre de son masque, une paire d'yeux gris clair l'a percée du regard.
Une bouffée de chaleur insupportable lui monta aux joues.
" Reste calme " S'ordonna-t-elle tâtonnant cheveux noirs à l'effet carré qui n'était qu'un leurre.
- Pourquoi vous me suivez ? Demanda-t-elle d'un ton incertain.
Sans un mot, l'inconnu se dirigea sans la quitter du regard vers une porte et l'ouvrit à la volée.
- Vous avez deux choix. Vous me suivez et vous me rendez mes dossiers ou j'appelle la police.
La voix dure comme de l'acier de l'inconnu l'immobilisa. Mira comprit avec douleur et honte que l'inconnu était le duc en personne. Comme un animal piégé, Mira vacilla et choisit la plus raisonnable des options.
Pendant tout le long de sa critique traversée jusqu'à la pièce, le duc l'avait suivi du regard.
Il claqua la porte, et la sombre lueur tamisée des lustres en cristaux les avaient plongé tout deux dans une ambiance glaciale.
Il retira son masque et lui arracha les dossiers à peine extirpés de son sac. Quand son visage lui apparu entièrement, Mira frémit. Son visage volontaire, aux traits décidés étaient sans aucun doute les plus mystérieux qu'elle vit de toute sa vie. Il sourcilla et releva son regard désarmant vers elle.
- Retirez votre masque. Ordonna-t-il d'une voix à la sécheresse rocailleuse.
Mira le retira en prenant le soin de ne pas défaire la seule chose qui pouvait encore sauver son identité. Ses cheveux à la rousseur incandescente étaient pour l'occasion noirs et cachés par un effet qui créait l'illusion qu'elle avait un carré. Et ses yeux...verts masqués par des lentilles marron la sauveraient certainement. Elle tenta de dissimuler sa détresse en gardant le menton levé.
Il darda sur elle un regard dédaigneux. Mais comment lui en vouloir ? Si on se référait à sa tenue et son maquillage poussé, elle ressemblait à une vulgaire catin.
- Je savais que les journalistes reculaient devant rien, mais là...commenta le duc en continuant de la dévisager avec un regard méprisant.
- Je ne suis pas journaliste, c'est une...une affaire personnelle. Parvint-elle à dire en avalant douloureusement sa salive.
- Ah vraiment ? J'ai vraiment hâte de connaître votre explication.
Complètement piégée...incapable de retenir la vérité plus longtemps, Mira décida de tout lui avouer et de mettre cet homme sans scrupule devant ses vérités.
- Vous avez quitté mon amie et vous l'avez forcée à avorté ! Ça vous va comme explication !
Durant un long moment, il resta muet sans se départir de sa froideur.
- Et quel est le nom de cette amie ? Questionna-t-il froidement.
- Evy Parxon.
Il secoua de la tête les sourcils froncés. L'intensité avec laquelle il l'a regardé la fit frissonner malgré elle.
- Je ne connais aucune Evy Parxon, cette accusation est fausse. Croyez-moi si j'avais un enfant illégitime, j'envisagerai tout sauf un avortement, c'est contraire à mon éducation.
Mira cligna des yeux pour assimiler ce qu'il venait de dire avec un sérieux qui l'avait cloué sur place.
- Ce n'est pas ce qu'elle a dit...n'essayez pas de jouer...
- Ce n'est pas moi qui joue, mais plutôt vous. Coupa-t-il en s'avançant vers elle. J'ignore à quel jeu vous jouez mademoiselle mais je n'ai pas le temps pour ça.
La proximité qu'il mettait chaque seconde un peu plus l'obligeait à se reculer, mais toujours en gardant la tête haute.
- En faites...vous ne vous souvenez plus d'elle. Je comprends cela doit être épuisant de ne plus savoir qui dort à côté de vous. Rétorqua Mira avec un peu trop d'assurance.
Au lieu de redoubler de colère, il explosa de rire en rejetant sa tête en arrière.
Il ne rétorqua rien. Il reprit seulement son sérieux en récupérant les dossiers.
- Vous pensiez faire quoi avec ça ? Avec des factures et des notes d'hôtel ? Me les jeter à la figure dans quelques jours en me menaçant de révéler mon menu de ce matin ?
Rouge jusqu'aux oreilles, Mira ne put rétorquer au risque d'être humiliée davantage.
- Il y avait plus alléchant dans ma suite, pourquoi prendre ça ? Demanda-t-il en rabaissant son regard sur sa silhouette.
Et dire qu'elle pensait que les ducs étaient habillés d'une manière différente des autres, Mira s'était trompée. Voilà pourquoi elle n'avait su le distinguer avec ou sans masque. Pas d'écharpe rouge le long du buste en décoration, ni de gants blanc...
Le mythe sur ces hommes de sang royale était faux, pensa-t-elle en baissant le regard sur la carrure de son torse.
- Comment vous m'avez eu d'ailleurs ? Demanda Mira en revenant brutalement à la réalité.
- Mon téléphone oublié dans ma suite, quelle stupeur de surprendre une voleuse en plein délit. Comment vous êtes rentrée ? Questionna-t-il du même ton froid.
Elle déglutit et songea à quitter la pièce en courant.
- J'ai travaillé dans cet hôtel voilà tout...
Il eut une expression faussement surpris en ouvrant la bouche.
Mira était au bord du gouffre...et elle se détestait de ressentir d'étranges frissons à son contact si proche.
- Vous avez pris beaucoup de risque pour peu mademoiselle ?
Mira se mit à réfléchir à toute vitesse. Fallait-il lui dire son vrai nom ?
- Katy Su...
- Votre vrai nom ou je fouille dans votre sac pour le découvrir.
Impuissante elle devait se résoudre à lui dire.
- Mira Ludington.
Elle profita de son silence pour se diriger vers la porte.
- Vous risquez la prison vous le savez j'espère ?
Elle se figea, pâle comme un linge.
- Non puisque vous avez récupéré votre...
- Vous êtes rentrée illégalement dans ma chambre, je pourrais aisément vous envoyez derrière les barreaux.
Mira vacilla, prise d'un violent vertige. Elle regrettait amèrement d'avoir écouté Evy. Maintenant elle allait devoir supplier ce duc implacable qui visiblement ne faisait pas dans la pitié.
- Je pensais qu'un duc savait se montrer magnanime ?
Il planta un regard sans compassion dans le sien.
- Pas avec les voleurs...ni les créatures sophistiquées qui osent venir me menacer avec des histoires saugrenues.
- Ce n'est pas des histoires ! Pourquoi Evy aurait inventé une telle chose ? S'emporta Mira en allant le confronter.
- Peut-être pour me faire chanter. Eluda le duc en serrant ses mâchoires avant que ses prunelles ne s'allument d'ironie. Mais je crois qu'elle a choisie la mauvaise personne pour ça...
Il ne l'épargnait pas. Un coup après l'autre, Mira devait affronter sa froideur et ses moqueries pesées par un long silence chargé de menace.
Elle pivota une seconde fois les talons espérant qu'il l'épargne.
- Je n'ai pas plus le temps de bavarder. Lança ce dernier en passant devant elle.
Il ouvrit la porte avec la même fureur que quand il l'avait ouverte il y a dix minutes et la foudroya du regard.
- Demain dix heures, dans ma suite. Nous réglerons cette histoire. Si vous ne vous présentez pas à moi, j'enverrai la police vous chercher.
Il quitta la pièce sans fermer la porte et replaça son masque, jetant sur elle un regard qu'elle n'aurait su déterminer.
Après une nuit difficile, Mira s'était réveillée avec de violents spams au ventre. Si déjà le peu de confort qu'Evy lui offrait lui donnait un affreux mal de dos, ne pas savoir ce que le duc lui réservait comme sentence la rendait nerveuse. Sa situation était déjà catastrophique mais là, elle venait de se mettre la corde au cou. Evy ne semblait pas se soucier de son sort, trop aspirée à se venger de ce duc, qui pourtant, à un moment, lui avait paru sincère.
- N'espère pas qu'il t'épargne Mira cet homme est sans état d'âme.
Mira se retourna en un soubresaut violent.
- Tu te rends compte de ce que tu dis ! J'ai risqué gros pour toi !
Evy baissa les yeux, sans cacher son agacement.
- Excuse-moi. C'est juste que je suis énervée, j'étais sûre que tu allais réussir.
L'égoïsme d'Evy lui arracha une exclamation silencieuse. Comment pouvait-elle penser à elle de cette façon ?
Voilà maintenant six mois qu'elles se connaissaient. Leurs deux tempéraments étaient différents. Evy gagnait bien sa vie, à l'inverse d'elle, qui devait affronter les situations difficiles du quotidien. Evy était grande et élancée. Ses vêtements de marques, ses accessoires de marques faisaient d'elle l'une des créatures les plus susceptibles de faire craquer un homme sans avoir besoin de parler. Parfois, Mira était jalouse d'elle. Elle vivait dans un bel appartement situé au cœur d'Athènes avait tout pour être heureuse et pourtant...aucun homme restait assez longtemps avec elle pour construire quelques chose de sérieux.
Mira n'avait jamais osé lui dire qu'elle était trop exigence et trop demandeuse de cadeaux et de bijoux hors de prix.
Malgré tout, Mira ne pouvait rester insensible à son histoire. Mais elle était perplexe. Car en dépit de la froideur du duc, Mira l'avait crû quand il avait affirmé avec colère être contre un avortement quelconque.
- Evy ? Est-ce que tu es sûre que c'était lui le père de...
- Tu crois que je suis une menteuse !
- Non...non...c'est juste que tu aurais dû entendre sa façon de l'avoir dit. Il avait l'air vraiment sérieux.
Evy serra les lèvres.
- Crois-moi ! Cet aristocrate arrogant sait manier l'art de manipuler les gens !
Mira tourna entre ses doigts sa tasse de café.
- Un aristocrate arrogant avec qui tu as eu une liaisons. Fit-elle remarquer.
Elle resta insensible à sa remarque et secoua des épaules.
- Qui n'a pas eu de relation avec Alek Kaïros. Toutes les femmes désirent aller dans son lit au moins une fois.
Mira en resta bouche bée.
- En attendant c'est moi qui a des ennuis.
Evy cessa de ranger la bazar de la veille pour s'asseoir sur le tabouret.
- S'il avait voulu te mettre en prison il l'aurait fait hier. Il veut juste s'amuser avec toi...
De plus en plus inquiète de sa situation, Mira écarquilla les yeux de stupeur.
- Et c'est censé me rassurer !
- Non, mais tu as là un avantage considérable. Répondit-elle en plissant des yeux malicieusement.
- Ah vraiment et lequel ?
- Tu as eu accès à ses dossiers ! Tu as lu des choses peut-être importante. Du coup...tu as l'avantage.
Mira replaça une mèche derrière son oreille en fuyant son regard. Si elle savait qu'en réalité elle avait volé des notes d'hôtels, elle enragerait sûrement.
- Tu as lu quoi dessus ? Vas y dis-moi ? Demanda-t-elle impatiente comme si elle tenait entre ses mains sa vengeance.
De plus en plus honteuse, Mira se racla la gorge.
- De...des contrats. Bafouilla-t-elle pour unique mensonge.
Evy étira un sourire machiavélique.
- Mais qu'est-ce que tu espères tirer de lui exactement ? Demanda Mira en commençant à perdre le fil de cette histoire dans laquelle elle était l'appât.
- Qu'il me revienne...
La simplicité avec laquelle elle venait de le dire fit monter en elle un accès de panique.
- Tu penses tout de même pas qu'il va revenir à toi après ce que...
- Si tu as eu accès à des dossiers confidentiels, il n'aura pas le choix !
Alors qu'elle s'en allait trop sûre d'elle, Mira elle, sentait la panique l'envahir. Rien de ce qu'elle avait volé pouvait faire revenir le duc.
- Tu devrais revenir à la raison Evy ! Il est en colère et t'accuse de mentir ! Et moi de voleuse !
Elle se retourna en croisant les bras.
- Mira. Tu sais ce qu'il m'a fait ! Pourquoi tu te défiles maintenant ? Demanda-t-elle froidement.
Mira glissa ses mains dans les poches de son pantalon de pyjama en se mordant la lèvre.
- Parce que je ne pensais pas que ça irait aussi loin. Maintenant c'est moi qui risque de croupir en prison. Cet homme n'est pas comme tu me l'as décrit Evy.
Mira n'oublierait jamais son regard ni son imposante stature implacable et dénuée de chaleur. Son esprit, peuplé d'étranges pensées depuis qu'elle l'avait vu, peinait à retrouver ses aptitudes.
- Mira s'il te plaît, lança Evy en prenant un ton impatient. Aide-moi. Je suis sûre que tu peux le faire plier en le menaçant.
Le menacer ? Avec quoi ? Mira ne pouvait lui dire la vérité et devait trouver un autre moyen.
- Très bien mais donne-moi les papiers qui peuvent m'aider pour ça.
Elle se recula, farouchement en la dévisageant.
- Quels papiers ?
- Et bien l'avortement qu'il t'a obligé à faire, tu dois bien avoir des papiers qui prouvent que tu as...
- Je ne sais pas où ils sont mais je vais les retrouver. Coupa-t-elle vivement.
Saisie d'étonnement, Mira papillonna des paupières.
- En attendant, il faut que tu gardes tes cheveux comme ça. Reprit-elle sans prendre en compte son interrogation muette.
- Je veux retrouver la couleur et la longueur de mes cheveux. Protesta Mira en désirant plus que tout, se défaire de ce cauchemar bien vivant.
Evy n'était pas de cet avis et entreprit de refaire le carré affreux de la veille.
- Ce n'est pas moi. J'ai l'impression d'être une prostituée Evy, je m'en veux de t'avoir aidé. Murmura-t-elle incapable de cacher la colère grandissante qui montait en elle.
Ses yeux, ses cils, ses lèvres, son teint...plus rien semblaient lui appartenir.
- De toute manière tu n'as pas le choix de le confronter. Répondit Evy sur un ton résigné.
Mira fut prise de nausée et attrapa ses papiers.
- En attendant est-ce que tu peux m'aider pour mes papiers ? Tu avais dit que tu le ferais.
Elle leva les yeux au ciel en soupirant.
- Mira tu as quel âge ? Tu ne peux pas le faire toute seule ? Ce n'est pas compliqué de remplir des cases.
L'ironie dans sa voix la fit rougir de honte.
- Je ne comprend pas, et j'ai besoin de ses papiers pour mon travail sinon je vais le perdre. Et puis tu me le dois non ?
Elle les prit en soufflant et y jeta un rapide coup d'œil.
- Fait en sorte que le duc me revienne et je t'aiderai.
Lui revenir ?
Mira aurait voulu la secouer et lui dire qu'elle était complètement folle. Visiblement folle d'un homme qui s'en moquait d'elle au point de ne plus savoir comment elle s'appelle. Mais elle s'y résigna.
Elle avait besoin que ses papiers soient rempli.
Et pour l'heure, elle devait confronter le duc.
Mira était assise dans le couloir depuis bientôt quinze minutes à se rejouer mentalement la scène de la veille, en essayant de trouver peut-être un mot ou une phrase qui pouvait laisser croire qu'aujourd'hui son destin n'était pas si périlleux qu'il en avait l'air. Le plus triste dans cette histoire c'était qu'aucun membre du personnel ne l'avait reconnu. Les mains serrées sur les lanières de son sac, Mira avait beaucoup de mal à accepter la robe incandescente qu'elle portait. Bientôt elle allait assurément exploser !
La porte s'ouvrit, son cœur cessa de battre quand deux silhouettes d'hommes quittèrent la suite avec des mallettes. Le duc sortit dans le couloir mains dans les poches en les regardant partir.
Elle cessa de respirer devant cette vue, improbable mais pourtant réel. À la lumière du jour, il était sans fausse note l'homme le plus magnifique qu'elle avait la chance d'admirer, quelque soit les véritables et tristes raisons de sa présence ici.
Le mâle alpha, sûr, dégageant un charisme terrifiant se tenait à quelques mètres d'elle vêtu d'un pantalon noir sur lequel reposait autour de sa taille des bretelles noires remontant sur son torse et ses épaules, serrant sa carrure d'athlète.
Quand il se retourna, son regard accrocha le sien. Ses yeux d'acier trempé s'emparèrent d'elle. Sa mâchoire ciselé se contracta sur son visage typiquement grec avec son nez droit et sa bouche légèrement tordue en un demi sourire cruelle.
Mira déglutit et se leva.
Une main tendue vers la porte, il l'invita à entrer.