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Un amour éphémère

Un amour éphémère

Auteur:: MAYA B
Genre: Romance
Demain sera le plus beau jour de ma vie. Il me semble... Celui dont toute fille consciente rêve depuis sa plus tendre enfance. En parlant d'enfance, j'en ai une qui n'a pas été très tendre. J'ai perdu mon père très tôt et j'ai grandi avec ma mère qui ma choyée et élevée par ses propres moyens. Ce qui a été un vrai parcours du combattant car dans la société dans laquelle nous vivons, être une mère célibataire est très mal vu. Alors là, être une mère célibataire et autonome financièrement est une véritable catastrophe. Pourtant Maman n'a jamais rechigné devant les multiples langues de bois sur elle. Elle a su être forte contre tous. Elle m'a élevée pour être cette jeune femme que je suis aujourd'hui. Elle m'a inscrite dans les meilleures écoles. Elle a suivi à la lettre mon éducation à la fois scolaire et coranique. Maman non seulement d'être une mère exemplaire, est une femme d'affaires redoutable. Elle est dans le commerce de Bazin et elle a su se faire une place de renom sur le marché. C'est elle mon inspiration, mon modèle de réussite. Je me suis toujours posée la question pourquoi elle ne s'est jamais remariée. Et ce n'est pas faute d'être belle. "Belle" est bien un ridicule mot pour décrire Maman, elle est magnifique ! Plus petite, j'ai été tentée à plusieurs reprises de lui poser cette question. Mais rien que le fait de dire le nom de mon père et ses yeux se voilent de tristesse. Souvent j'entendais ses sanglots tard dans la nuit. Elle devait vraiment l'aimer au point de ne pas vouloir le remplacer.

Chapitre 1 Chapitre 01

Moi, je suis Jamila, j'ai 21 ans et je viens d'avoir ma licence en économie et gestion. J'ai fait tout mon cycle académique en Guinée. La séparation avec ma mère pour des études supérieures à l'extérieur était inenvisageable. Elle n'avait que moi, et je n'avais qu'elle. C'est toute ma vie et si je la laisse, je me laisse aussi.

Je me suis péniblement levée de mon lit et j'ai trainé les pieds hors de la maison. Il y'a trop de monde et tout le monde parle en même temps. Ca cuisinait, dansait, chantait partout. Un vrai vacarme. J'ai la tête qui tourne. Des gens me saluaient à gauche, d'autres me parlaient à droite. Tout le monde était heureux à ce que je vois. J'ai contourné la maison et je suis partie dans mon coin favori. Un endroit derrière la maison ou régnait calme et paix. J'y venais souvent lorsque je me sentais seule, ou que j'étais triste. Pourquoi alors suis-je là aujourd'hui ? Ne suis-je pas heureuse ?

Je me suis assise sur la pelouse et j'ai fixé le ciel étoilé. Cet immense firmament bleu est magnifique.

- J'espère faire le bon choix... oh bon Dieu faites que celui que j'ai choisi soit le bon pour moi. Murmurais je

Mon téléphone s'est mis à sonner et j'ai vu que c'était lui qui m'appelais. Ibrahim ! est ce un signe ? mon cœur se mit à battre plus que la normale. Mon futur mari, celui qui fera de moi Madame DIA demain. Je suis totalement folle amoureuse de ce gars. Il est doux et attentionné. Il a quelque chose dans la voix qui me fait craquer et me rassure, en plus d'être mignon. Mais ce qui m'attire le plus c'est son intelligence. J'aime les gens qui sont cultivés et qui ont du verbe. Moi même étant bavarde j'ai horreur de parler avec quelqu'un et me sentir bête...

J'ai soupiré et j'ai éteint mon téléphone. Je veux être seule pendant que je le peux encore. J'ai rapproché mes genoux contre moi et j'ai commencé à me balancé tout doucement. Une question n'arrête pas de me venir en tête. Pourquoi depuis une semaine j'ai cette nette impression que je fais une bêtise ? Pourquoi ai-je l'impression que ce mariage risque d'être ma plus grosse erreur ?

Sans m'en rendre compte, j'ai commencé à repenser à ce jour. Ce jour où par le pire des hasards, ma vie et celle de Ibrahim se sont croisées. Ce jour où une simple chaise renversée lia notre destin à jamais.

Sortir de nul part

**** Un an Plutôt ******

- C'est très simple ! tu n'as rien à te reprocher. Ce n'est pas ton mari non plus hein. Laisse le s'agiter la bas comme un fou. Quand il va se calmer il viendra te voir. Tchiiip

J'écoutais d'une oreille distraite mon amie Binta qui prenait un malin plaisir à vociférer sur mon chéri. Je regardais ma montre agacée. Ce cours ne veut pas finir bon sang !

- Tu m'écoute Jami ? je te parle hein, tu n'as pas intérêt à prendre cet air de chien battu.

- Chuuut, doucement ! toi même tu sais que les gens écoutent ! je crois qu'il a raison de se fâcher comme ça. Je suis quand même sortie en boite sans le prévenir. S'il fait pareil je serai tout aussi vexée.

- Pff n'importe quoi. Donc maintenant il faut que tu demandes la permission pour sortir hein ? c'est lui ton père ? tu as donné trop de pouvoir à Karim, c'est pour ça qu'il se comporte comme ça. Et lui même hum il faisait quoi dehors alors ?

J'ai pris mon téléphone et j'ai écrit ce qui devais être mon vingtième messages depuis samedi nuit. Vous l'aurez compris, j'ai quelques soucis avec mon chéri. Il s'appelle Karim et nous sommes ensemble depuis huit mois déjà. Je dis bien, c'est ma plus longue relation. Je ne sais pas, mais j'ai du mal à supporter les garçons. Très rapidement je les trouve lourds et je m'en lasse. Mais Karim, a su se faire de la place dans mon cœur. Il ne s'est pas précipité, il a pris tout son temps pour prendre de la place dans ma vie, s'y installer et s'imposer. Je l'ai aimé sans trop m'en rendre compte. C'était mon ami, mon meilleur ami. Et là il est devenu mon essentiel.

Karim est une personne avec un humour hors du commun. On ne le voit jamais fâché. Il dégage cette joie de vivre qui contamine toutes les personnes de son entourage. Mais seulement, depuis un certain temps, j'ai l'impression qu'il n'est plus le même. Il devient colérique très rapidement. On se dispute souvent pour un oui et un non. Mes larmes ou ma tristesse ne lui disent absolument rien.

Il y'a deux jours encore tout allait bien. J'étais confortablement assise dans mon lit après le repas lorsque ma cousine m'a appelé. Apparemment elle organisait un anniversaire surprise pour sa sœur et elle m'a demandé de venir l'aider. J'ai dû longtemps bataillé avec Maman, car la surprise était prévue pour munit. Au bout du compte elle m'a laissé y aller pour que je la laisse tranquille. Mais entre nous, Maman ne me refuse jamais rien haha.

Donc comme prévu la surprise a été faite et de fil en aiguille nous nous sommes retrouvés en boite de nuit sans que cela ne soit prévu. J'étais en plein délire avec mes cousins et cousines sur la piste lorsque j'ai senti une présence derrière moi qui m'a donnée des frissons dans le dos. Je me retourne et me retrouve nez à nez avec Karim ! J'ai sursauté de surprise. Il avait l'air énervé. Sans rien me dire, il m'a prise par la main et a commencé à me tirer sans ménagement vers l'extérieure. Je me suis dégagée violement !

- Mais lâche-moi, qu'est ce qui te prend bébé ! tu me fais mal là ! criais-je pour qu'il m'entende à cause du bruit

- Qu'est-ce que tu fais là hum ? maintenant tu sors en douce comme ça, sans même me le dire hein.

- Mais non écoute, je suis là avec la famille. Tu ne...

- Ohh garde moi tes excuses à la con. Et s'il te plait n'insulte pas mon intelligence. S'il n'avait que la famille tu m'aurais au moins laissé un message.

- Mais non, écoute viens, viens que je te les montre... je disais cela en lui tirant la main pour l'amener dans le salon où nous étions.

Il s'est violement dégagé, ce qui a eu le pour effet de couper mon beau bracelet et d'éparpiller les perles dans toute la salle. Mais c'est quoi ça encore ?

- Toi tu viens avec moi. Dit il sans appelle

- Non désolé, je suis venu en famille et je reste en famille

- Bien, alors retourne voir ta petite famille, je me casse !

Il s'en est allé comme il est venu. Mais quelle mouche a bien pu le piquer pour qu'il agisse comme ca...

Toute la soirée je l'ai cherché du regard et rien. C'est comme s'il s'était volatilisé. Et petit à petit, le stresse a commencé à me gagner. Vous l'aurez compris, je suis une fille peu sure d'elle et je n'ai pas un si fort caractère. Moi je ne suis pas comme maman. Aujourd'hui encore , je suis là, coucher en classe, la tête dans les nuages à réfléchir à comment régler cette situation. Il ne répond ni à mes appels ni à mes messages. Il me manque pourtant. J'ai fait l'erreur d'en parler à Binta, une très bonne amie à moi. C'est ma voisine de classe. Depuis le matin elle n'arrête pas de le casser. Elle me demande de le laisser dans son coin. Mais et si après il ne veut plus de moi ? J'ai vivement secoué la tête pour éloigner cette mauvaise idée. Karim et moi c'est pour la vie. Nous avons tout prévu. Les études, le Mariage et même le nombre d'enfants qu'on aura. Il sait tout de moi et moi aussi je sais tout de lui. C'est mon amour et mon meilleur ami. Sa famille me connait déjà et sa mère est adorable avec moi. Franchement quand j'y pense en profondeur je ne vois pas où se situe le problème entre nous. A part peut être le fait que je veux m'abstenir jusqu'au mariage et que lui n'est pas de cet avis.

- Toutes les façons c'est moi qui vais te marier, franchement je ne vois pas pourquoi tu nous prive de ce bonheur réciproque. Si tu m'aimes comme tu le prétends ça ne poserait pas de problème. Dit-il souvent

- Arrête de dire ça, nous en avons parlé à maintes reprises. Tu sais très bien que je t'aime, et ma décision est une question de principe. Toi aussi si tu m'aimes comme tu le prétends tu respecterais mon choix et ma décision de m'abstenir.

Le prof a commencé à ranger ses affaires, enfin il est l'heure. J'ai faim. Je mange beaucoup pourtant je ne prends pas un seul gramme. Mère nature a été gentille avec moi sur ce coup. Je ne suis ni mince ni grosse, un juste milieu on va dire. Avec un teint tellement claire qu'on pouvait voir mes veines à travers.

- N'oubliez pas, vous devez assister à la conférence qui se tiendra à l'amphi 2. Tout de suite ! vous prendrez votre pause après. La présence est obligatoire et chacun devra me faire un compte rendu.

Toute la classe s'est mise à parler en même temps. C'était pire qu'un brouhaha de marché. Ah non, moi j'ai trop faim il faut que je mange d'abord sinon je vais tomber.

- Binta moi il faut que je mange d'abords. Sinon je risque de ne rien comprendre.

- Tu veux manger où ?

- Au restau juste à côté. La conférence va durer une heure, on reviendra d'ici la fin.

Je me suis dirigée dehors avec elle et sans aucun souci, nous sommes parties remplir nos ventres. Mais ce qu'on n'a pas prévu c'est qu'on a pris plus de temps qu'il ne le fallait. La conférence finira dans 15 minutes et nous ne sommes toujours pas à l'intérieure. Nous nous sommes mises à courir comme des possédées en priant que le surveillant ne nous attrape pas. C'est toute essoufflées que nous somme rentrées dans la pièce par la porte de derrière. Il y'avait une place de libre juste à l'entrée et j'ai demandé à Binta de s'y installer. J'ai balayé la salle du regard et je me suis rendue compte que la place la plus proche était à l'autre bout de la rangée. ZUUT !

J'ai fermé les yeux agacée et j'ai commencé à me faufiler entre les gens. La salle était calme et on entendait l'intervenant parler avec dynamisme et confiance sur son point de vu par rapport à la finance participative. J'ai relevé la tête. Il à l'air jeune dis donc. Je m'attendais plutôt à un vieux, ou un adulte. Pourtant ce monsieur à l'air d'être de notre génération en plus il est mignon. Mais ce n'est pas mon genre, il est noir. Mais qu'est qui me prend à le détailler de la sorte ? J'étais en train de me battre avec moi même dans ma tête , lorsque j'ai trébuché avant de m'étaler de tout mon poids en emportant avec moi la chaise sur laquelle je devais m'assoir.

Je n'ai pas besoin de vous raconter la scène. Le silence légendaire de la salle a été perturbé par le vacarme que j'ai créé. Etant sur la dernière rangée, toute la salle s'est retournée pour voir ce qui se passait. L'intervenant s'est tu, et je pouvais entendre de là où j'étais certains rires étouffés. J'étais encore par terre et tout ce que je voulais c'était qu'elle s'ouvre pour m'engloutir. J'ai aussi pensé à rester couchée là et faire la morte où mimer une crise. Je préfère ces options de loin que de me relever avec toute cette honte qui a déjà envahi tout mon corps.

- Est-ce que tout va bien mademoiselle ?

J'ai cru m'évanouir lorsque j'ai entendu cette phrase amplifiée par le micro. C'était l'intervenant. Merde !

- Quelqu'un peut vérifier si tout va bien ?... ah ça va ? bien, nous allons continuer dans ce cas.

Au moment où je me suis dit que c'était impossible d'avoir plus honte, j'entendis :

- Vous pouvez vous relever vous savez ? Nous sommes tous tombé au moins une fois dans notre vie...

Toute la salle a éclaté de rire. Ohh je le déteste ! J'ai rassemblé le peu de dignité qui me restait et je me suis relevée tout doucement avant de relever la chaise et de m'installer là dessus. J'ai gardé le visage fermé et je regardais mes mains. Je l'écoutais continuer sa présentation mais je n'entendais rien. Je m'en fou, je le déteste ! Quelques minutes après, la salle a commencé à se désemplir, je suis restée sur place sans desserré mon visage. Je dois être rouge tomate de colère et bleu de honte c'est sûr. J'attendais patiemment que tout le monde sorte avant de le faire à mon tour. C'est alors que j'ai senti quelqu'un s'approcher et se planter devant moi. j'ai relevé ma tête sans desserrer mon visage. C'était lui... il était bien plus mignon lorsqu'on le voyais de plus près. Le charisme MAMA...

- Vous allez bien ? demande t il calmement

- Bien merci. Répondis-je simplement. Je l'aai fixé dans les yeux

Je n'avais pas envie de me taper la causette avec lui, mais je ne pouvais pas non plus être désagréable.

- Je suis désolé pour tout à l'heure...

Je l'ai regardé sans comprendre où il voulait en venir

- J'ai vu sur votre visage que vous avez été frustrée par mes propos, et j'en suis désolé. Je n'aurais pas dû le faire.

- Ah... ce n'est pas grave, vous n'avez pas à vous excuser pour cela. Ce n'est pas de votre faute si j'ai deux pieds gauches

Il a souri. Il sourit avec les yeux, vous savez, lorsque les yeux se plissent légèrement en même temps que le sourire.

- Je vous comprends parfaitement, j'ai aussi deux pieds gauches... si cela peut vous rassurer, une fois je suis tombé en pleine conférence.

J'ai éclaté de rire sans pouvoir le maitriser en imaginant la scène. Il a encore sourit. Ça lui donne un air plus jeune.

- Vraiment ? vous êtes sérieux ?

- Haha non, pas vraiment. Je voulais juste détendre un peu l'atmosphère entre nous. Et ca en valait la peine. Dit il calmement

Oh okey, me suis je dis dans la tête. Il a regardé sa montre qui en passant est très belle avant de porter son attention encore sur moi.

- Je ne veux pas paraitre impoli en vous demandant votre numéro. Mais il y'a quelque chose qui m'intrigue chez vous et qui me pousse à avoir envie de vous connaitre un peu plus. Donc je vais vous laisser ma carte. Ce n'est pas un engagement, vous pourrez m'appeler quand vous vous sentirez à l'aise ou ne pas le faire tout simplement. Mais je dois avouer que ça me ferait plaisir si vous le faites.

Il a encore sourit en me tendant sa carte. Je crois que j'aime déjà son sourire, ça lui donne un air tellement « bébé ». C'est craquant. Mais en ce qui concerne le reste, je le déteste toujours pour m'avoir foutu la honte comme ça devant toute la salle ! J'ai pris la carte doucement et il s'est retourné comme il est venu.

Ibrahim DIA. C'était son nom il est consultant en finance dans un grand cabinet de la place. J'ai lentement rangé la carte avant de me lever.

- Eh ben tu en as mis du temps à l'intérieure, moi j'étais à l'entrée donc j'étais obligée de sortir pour laisser les gens passer, Dit Binta une fois que je suis arrivée à son niveau.

- Hum oui, j'attendais que tout le monde sorte...

- Bon on va oublier le petit spectacle que tu nous as donné tout à l'heure, j'ai vu le séduisant intervenant venir te parler, raconte...

- Ibrahim... il s'appelle Ibrahim DIA. Et il dit qu'il y'a quelque chose en moi qui l'intrigue dis-je la tête dans les nuages alors que nous sortions de l'enceinte de l'école. Mais je le déteste !

Au même moment, mon téléphone a vibré et c'était Karim. C'était un message :

« Bébé Appelle, quand tu seras chez toi. Bisous »

Hum maintenant je suis redevenue ton bébé hein.... Chapitre 1 : Sorti de nul Part

Depuis le début

Toute la soirée je l'ai cherché du regard et rien. C'est comme s'il s'était volatilisé. Et petit à petit, le stresse a commencé à me gagner. Vous l'aurez compris, je suis une fille peu sure d'elle et je n'ai pas un si fort caractère. Moi je ne suis pas comme maman. Aujourd'hui encore , je suis là, coucher en classe, la tête dans les nuages à réfléchir à comment régler cette situation. Il ne répond ni à mes appels ni à mes messages. Il me manque pourtant. J'ai fait l'erreur d'en parler à Binta, une très bonne amie à moi. C'est ma voisine de classe. Depuis le matin elle n'arrête pas de le casser. Elle me demande de le laisser dans son coin. Mais et si après il ne veut plus de moi ? J'ai vivement secoué la tête pour éloigner cette mauvaise idée. Karim et moi c'est pour la vie. Nous avons tout prévu. Les études, le Mariage et même le nombre d'enfants qu'on aura. Il sait tout de moi et moi aussi je sais tout de lui. C'est mon amour et mon meilleur ami. Sa famille me connait déjà et sa mère est adorable avec moi. Franchement quand j'y pense en profondeur je ne vois pas où se situe le problème entre nous. A part peut être le fait que je veux m'abstenir jusqu'au mariage et que lui n'est pas de cet avis.

- Toutes les façons c'est moi qui vais te marier, franchement je ne vois pas pourquoi tu nous prive de ce bonheur réciproque. Si tu m'aimes comme tu le prétends ça ne poserait pas de problème. Dit-il souvent

- Arrête de dire ça, nous en avons parlé à maintes reprises. Tu sais très bien que je t'aime, et ma décision est une question de principe. Toi aussi si tu m'aimes comme tu le prétends tu respecterais mon choix et ma décision de m'abstenir.

Le prof a commencé à ranger ses affaires, enfin il est l'heure. J'ai faim. Je mange beaucoup pourtant je ne prends pas un seul gramme. Mère nature a été gentille avec moi sur ce coup. Je ne suis ni mince ni grosse, un juste milieu on va dire. Avec un teint tellement claire qu'on pouvait voir mes veines à travers.

- N'oubliez pas, vous devez assister à la conférence qui se tiendra à l'amphi 2. Tout de suite ! vous prendrez votre pause après. La présence est obligatoire et chacun devra me faire un compte rendu.

Toute la classe s'est mise à parler en même temps. C'était pire qu'un brouhaha de marché. Ah non, moi j'ai trop faim il faut que je mange d'abord sinon je vais tomber.

- Binta moi il faut que je mange d'abords. Sinon je risque de ne rien comprendre.

- Tu veux manger où ?

- Au restau juste à côté. La conférence va durer une heure, on reviendra d'ici la fin.

Je me suis dirigée dehors avec elle et sans aucun souci, nous sommes parties remplir nos ventres. Mais ce qu'on n'a pas prévu c'est qu'on a pris plus de temps qu'il ne le fallait. La conférence finira dans 15 minutes et nous ne sommes toujours pas à l'intérieure. Nous nous sommes mises à courir comme des possédées en priant que le surveillant ne nous attrape pas. C'est toute essoufflées que nous somme rentrées dans la pièce par la porte de derrière. Il y'avait une place de libre juste à l'entrée et j'ai demandé à Binta de s'y installer. J'ai balayé la salle du regard et je me suis rendue compte que la place la plus proche était à l'autre bout de la rangée. ZUUT !

J'ai fermé les yeux agacée et j'ai commencé à me faufiler entre les gens. La salle était calme et on entendait l'intervenant parler avec dynamisme et confiance sur son point de vu par rapport à la finance participative. J'ai relevé la tête. Il à l'air jeune dis donc. Je m'attendais plutôt à un vieux, ou un adulte. Pourtant ce monsieur à l'air d'être de notre génération en plus il est mignon. Mais ce n'est pas mon genre, il est noir. Mais qu'est qui me prend à le détailler de la sorte ? J'étais en train de me battre avec moi même dans ma tête , lorsque j'ai trébuché avant de m'étaler de tout mon poids en emportant avec moi la chaise sur laquelle je devais m'assoir.

Je n'ai pas besoin de vous raconter la scène. Le silence légendaire de la salle a été perturbé par le vacarme que j'ai créé. Etant sur la dernière rangée, toute la salle s'est retournée pour voir ce qui se passait. L'intervenant s'est tu, et je pouvais entendre de là où j'étais certains rires étouffés. J'étais encore par terre et tout ce que je voulais c'était qu'elle s'ouvre pour m'engloutir. J'ai aussi pensé à rester couchée là et faire la morte où mimer une crise. Je préfère ces options de loin que de me relever avec toute cette honte qui a déjà envahi tout mon corps.

- Est-ce que tout va bien mademoiselle ?

J'ai cru m'évanouir lorsque j'ai entendu cette phrase amplifiée par le micro. C'était l'intervenant. Merde !

- Quelqu'un peut vérifier si tout va bien ?... ah ça va ? bien, nous allons continuer dans ce cas.

Au moment où je me suis dit que c'était impossible d'avoir plus honte, j'entendis :

- Vous pouvez vous relever vous savez ? Nous sommes tous tombé au moins une fois dans notre vie...

Toute la salle a éclaté de rire. Ohh je le déteste ! J'ai rassemblé le peu de dignité qui me restait et je me suis relevée tout doucement avant de relever la chaise et de m'installer là dessus. J'ai gardé le visage fermé et je regardais mes mains. Je l'écoutais continuer sa présentation mais je n'entendais rien. Je m'en fou, je le déteste ! Quelques minutes après, la salle a commencé à se désemplir, je suis restée sur place sans desserré mon visage. Je dois être rouge tomate de colère et bleu de honte c'est sûr. J'attendais patiemment que tout le monde sorte avant de le faire à mon tour. C'est alors que j'ai senti quelqu'un s'approcher et se planter devant moi. j'ai relevé ma tête sans desserrer mon visage. C'était lui... il était bien plus mignon lorsqu'on le voyais de plus près. Le charisme MAMA...

- Vous allez bien ? demande t il calmement

- Bien merci. Répondis-je simplement. Je l'aai fixé dans les yeux

Je n'avais pas envie de me taper la causette avec lui, mais je ne pouvais pas non plus être désagréable.

- Je suis désolé pour tout à l'heure...

Je l'ai regardé sans comprendre où il voulait en venir

- J'ai vu sur votre visage que vous avez été frustrée par mes propos, et j'en suis désolé. Je n'aurais pas dû le faire.

- Ah... ce n'est pas grave, vous n'avez pas à vous excuser pour cela. Ce n'est pas de votre faute si j'ai deux pieds gauches

Il a souri. Il sourit avec les yeux, vous savez, lorsque les yeux se plissent légèrement en même temps que le sourire.

- Je vous comprends parfaitement, j'ai aussi deux pieds gauches... si cela peut vous rassurer, une fois je suis tombé en pleine conférence.

J'ai éclaté de rire sans pouvoir le maitriser en imaginant la scène. Il a encore sourit. Ça lui donne un air plus jeune.

- Vraiment ? vous êtes sérieux ?

- Haha non, pas vraiment. Je voulais juste détendre un peu l'atmosphère entre nous. Et ca en valait la peine. Dit il calmement

Oh okey, me suis je dis dans la tête. Il a regardé sa montre qui en passant est très belle avant de porter son attention encore sur moi.

- Je ne veux pas paraitre impoli en vous demandant votre numéro. Mais il y'a quelque chose qui m'intrigue chez vous et qui me pousse à avoir envie de vous connaitre un peu plus. Donc je vais vous laisser ma carte. Ce n'est pas un engagement, vous pourrez m'appeler quand vous vous sentirez à l'aise ou ne pas le faire tout simplement. Mais je dois avouer que ça me ferait plaisir si vous le faites.

Il a encore sourit en me tendant sa carte. Je crois que j'aime déjà son sourire, ça lui donne un air tellement « bébé ». C'est craquant. Mais en ce qui concerne le reste, je le déteste toujours pour m'avoir foutu la honte comme ça devant toute la salle ! J'ai pris la carte doucement et il s'est retourné comme il est venu.

Ibrahim DIA. C'était son nom il est consultant en finance dans un grand cabinet de la place. J'ai lentement rangé la carte avant de me lever.

- Eh ben tu en as mis du temps à l'intérieure, moi j'étais à l'entrée donc j'étais obligée de sortir pour laisser les gens passer, Dit Binta une fois que je suis arrivée à son niveau.

- Hum oui, j'attendais que tout le monde sorte...

- Bon on va oublier le petit spectacle que tu nous as donné tout à l'heure, j'ai vu le séduisant intervenant venir te parler, raconte...

- Ibrahim... il s'appelle Ibrahim DIA. Et il dit qu'il y'a quelque chose en moi qui l'intrigue dis-je la tête dans les nuages alors que nous sortions de l'enceinte de l'école. Mais je le déteste !

Au même moment, mon téléphone a vibré et c'était Karim. C'était un message :

« Bébé Appelle, quand tu seras chez toi. Bisous »

Hum maintenant je suis redevenue ton bébé hein....

Chapitre 2 Chapitre 02

Je suis rentrée chez moi encore bouleversée par les derniers évènements. J'ai trainé les pieds jusqu'au salon où je me suis étalée de tout mon poids sur l'un des fauteuils, telle une masse opaque.

- Jamila, combien de vois je t'ai dit qu'il ne faut pas mettre des chaussures sur le tapis comme ça hum ? je le dirai à ta mère cette fois ci.

C'était Tanti Fatou, notre bonne. Mais moi je la considère comme une seconde maman. Lorsque ma mère est au travail la journée c'est elle qui s'occupe de moi. Et lorsqu'elle voyage c'est elle qui reste avec moi. J'ai grandi avec elle, et elle occupe une très grande place dans mon cœur, meme si je prends un malin plaisir à la fatiguer.

- Ahh Tanti Fatou min lan ronki handhè goye (je suis fatiguée aujourd'hui)

- Hmm si dha ronki ko hadjouma (si tu es fatiguée c'est ton problème) dégage tes pieds sur la moquette.

J'ai rouspété avant de me lever, de toutes les façons, personne ne m'aime dans cette maison. Je suis partie prendre ma douce avant de rattraper mes prières. Il était 17h et Maman allait rentrer d'une minute à l'autre. Je me suis concentrer sur un livre jusqu'à ce que j'entendre sa voiture klaxonner. Un sourire a illuminé mon visage... Maman...

Plus tard dans la soirée, j'étais couchée sur mon lit avec la carte de Ibrahim entre les doigts. Je lui fais signe ? ou non ? ça serait trop facile de céder comme ça, mais je ne sais pas il y'a comme une force invisible qui me pousse à vouloir connaitre ce qui l'intrigue tant chez moi. Peut être de la curiosité. Mon téléphone s'est mis à sonner, j'ai répondu sans prêter attention au numéro affiché.

- Allo ? dis je distraite

- Bébé...mon cœur a raté un battement. s'en est suivi un long silence.

- Oui, dis je dans un souffle...

- Tu me manques...

- Karim...

- Non attends s'il te plait... je suis désolé, j'ai agi comme un con, je ne sais pas ce qui me prends ces dernier temps. Tu sais avec les papiers du Canada qui retardent, c'est pas évident pour moi.

- Oui mais ce n'est pas une raison de te comporter comme ça avec moi... tu avais promis Karim dis je dans un souffle

- Oui je sais, je sais que je t'ai promis de ne jamais te faire souffrir et crois-moi ce n'est pas prémédité. Tu es ma princesse et tu le sais.

- Hmmm

- Je suis désolé et tu me manque vraiment

- Toi aussi tu me manque dis je alors que je serais très fort mon oreiller contre moi

- Je sais ca haha ça te dis qu'on se voit ?

- Quoi là maintenant ?

- Oui là maintenant, on ira juste faire un tour vite fait, je suis à 5 minutes de chez toi

- La dernière fois j'ai failli me faire choper par maman tu sais...

- Juste dix minutes pas plus, promis

- Hmmm...okey.... je descends alors.

- A plus bébé, dit il avec cette voix qui me fait craquer

Je me suis levée tellement précipitamment que je n'ai pas fait attention à la carte qui a glissé pour aller tomber sous le lit. J'ai fait un sprint dans la salle de bain avant de porter un bat de jogging et un débardeur. J'ai pris mon téléphone et je suis sortie de la maison comme un voleur avec la complicité du gardien. Je n'ai pas intérêt à ce que maman se réveille. Il était 23h. Une fois dehors je l'ai vu garé un peu loin du portail. Il avait éteint ses phares mais je reconnaitrais parmi mille sa RAV4. Je me suis dirigée vers la voiture le cœur battant. Dès que je suis montée dans la voiture, je me suis sentie vivement plaquée contre le siège avant de sentir ses lèvres fondrent sur les miennes. Nos langues sont rentrées dans une danse folle et nos respirations étaient saccadées. Il a tiré sur ma lèvre inférieure ce qui me fit échapper un gémissement. Il a mis fin à notre baiser alors que nous essayons tant bien que mal de reprendre notre souffle.

- Salut beauté dit il en se détachant de moi et en me regardant comme il sait si bien le faire

- Salut beau gosse... dit je alors que je me faisas petite sur mon siège

Il a démarré la voiture et c'est en silence que nous nous sommes dirigés vers la plage qui était proche de chez moi. J'avais mes longs cheveux qui dansaient pèle mêle au gré du vent alors que Karim venait se placer derrière moi avant de me serrer dans ses bras. Nous étions adossés à la voiture en face de la mer et seul le bruit lent et apaisant des vagues interrompait le silence de la nuit

.

- Jami ?

- Hum ?

- Tu penses à quoi ?

- Rien...

- Si, je vois bien que tu as l'air préoccupée dit il calmement.

J'ai gardé le silence avant de respirer un bon coup.

- On a pas parlé de « nous » quand tu iras au Canada.je ne sais pas si je pourrais supporter la distance....

- Chuuut ne dit pas ça, nous allons nous retrouver très vite et vivre notre amour comme il se doit.

- Mais maman... je ne peux pas la laisser seule

- Mais Jami tu es une femme, tôt ou tard il te faudra quitter tes parents... regarde-moi bébé

Je me suis lentement tournée vers lui. Il a callé ma longue chevelure derrière mon oreille pour dégager mon visage. Il a plongé son regard dans le mien

- Je n'oublie pas les promesses que je t'ai faites. Je ferai de toi la femme la plus heureuse... tu me fais confiance ?

- Oui dis je dans un souffle.

Ses lèvres se sont fendu dans un sourire craquant avant de prendre les miennes et de m'entrainer dans une avalanche de sentiments.

Le lendemain je suis partie à l'école plus sereine avec un pèche d'enfer. Cela n'a pas manqué à Binta et de là où je la voyais, je crois quelle mourrait d'envie de savoir ce qui s'est passé pour me faire changer d'humeur comme ça du jour au lendemain.

- Pourquoi tu rayonne comme ça ? dit-elle une fois qu'on est sorti du cours

- Haha l'amour ma chérie, l'amour !! dis je sarcastique

- Tchiip avec ta tête on dirait Amour. Le gars là a fini par te rendre folle tu es irrécupérable

- Hum au moins moi il me considère, je ne le cours pas après

Elle prit un air faussement choquée ce qui me fit éclater de rire. Je l'ai prise dans mes bras avant de lui faire une pluie de bisous.

- En parlant de ça, je dois aller voir un de mes oncles. Il faut dire qu'en amour je n'ai vraiment pas de chance. Pourtant je n'ai pas de problème

- Oui oui c'est ça... dis je distraite en répondant un message de mon homme

- Non je suis sérieuse. Toute les Facon, je vais le voir là. Il a fait une potion pour moi.

J'ai relevé la tête et je l'ai fixée histoire de comprendre où est ce qu'elle voulait en venir.

- potion? comment ca potion ?

- Ahh c'est moi qui sait comment il s'y prend ? bref tu m'accompagne ?je n'ai pas envie d'y aller toute seule.il me fait un peu peur ce vieux fou.

- Tu le traite de fou mais c'est quand même toi qui lui donne le pouvoir de te dire ce qu'il en est de ta vie ? laisse-moi rire

Nous avons emprunté un taxi avant de se rentre chez son soit disant oncle. Durant tout le trajet j'étais insouciante et je n'ai pas vraiment mesuré l'ampleur de ce qu'on s'apprêtait à faire.

- Tu es sure de vouloir de ça ? dis je un peu hésitante alors qu'on s'introduisait dans la cours où se trouvait une petite maison presqu'en ruine

- Relax, ce n'est pas la première fois pour moi....

Nous avons contourné la maison pour accéder à l'arrière cours. Au beau milieu de la cours se trouvait un homme qui supportait le poids de sa vieillesse. Il était confortablement assis sur une natte étalée à même le sol et égrenait un chapelet. Une femme avec une forte corpulence se tenait près de lui et lui faisait du thé. Nous nous sommes approchées.

- On Djarama Baba (bonjour Papa) dit Binta alors qu'elle exécutait une parfaite génuflexion à l'endroit du vieux

- On Djarame (Bonjour) dis je toute timide alors que je me suis mise à l'écart.

- Mes enfants, installez vous.

Il y avait une natte en face de lui et nous y avons pris place.

- Ensuite le vieux a repris son chapelet et nous l'avons observé l'égrener seconde après seconde.

Quelques minutes après, la femme qui était en train de faire le thé est venue poser une bouteille remplie d'un liquide près du vieux. Je ne l'ai même pas vu se déplacer celle-là. Ces gens sont bizarre personne ne parle... aussitôt le vieux commença

- Tu devras te laver de cette potion tous les matins avant l'aube. Apres un mois reviens me voir tu as compris ?

- Oui ! répondit Binta

- Comme nous l'avons dit la dernière fois, il n'y a rien de grave. Tu as juste de mauvaises ondes qui te suivent et il faut t'en débarrasser sinon tu risques de ne jamais être heureuse...

J'assistais à leur dialogue et pleins de sentiments m'ont traversé le corps. Je me demande si c'est vrai ce qu'il est en train de lui raconter...

- Ton amie voudrait me poser une question à ce que je vois

J'ai failli sauter sur place et prendre mes jambes à mon cou. Comment il a fait pour lire dans mes pensées ?

- N'aie pas peur ma fille je t'écoute

Apres plusieurs secondes d'hésitation je lui dis :

- Non, non je n'ai aucune question pour vous Baba.

- Alors moi j'ai des choses à te dire, des bonnes et des mauvaises...

Mon cœur a raté un battement

- Tu auras à traverser beaucoup d'épreuve dans ta vie. Il te faudra beaucoup de courage pour ne pas sombrer et virer du côté de la noirceur. Ton cœur est plein de beauté et de pureté, d'ailleurs tu as une très belle étoile. Lorsqu'arrivera le moment de te marier, deux hommes seront de choix. Si tu suis ta raison et que tu ne regardes pas plus loin que ton nez, tu choisiras le premier. Celui-là n'est pas ton homme ! il ne le sera jamais ! quant au deuxième, ton cœur le choisira sans que tu ne le veuille, tu le détestera, puis tu l'aimeras. Le mariage peut être possible avec cet homme... mais ! vous aurez des problèmes, je vois beaucoup de larmes et de tristesse.

Il fit une pause alors que je croyais que mon cœur allait sortir de ma poitrine. Toujours en continuant à égrainer son chapelet il poursuivit :

- Tu feras un voyage, un homme y sera. C'est lui ton homme, vos étoiles se complètent. Mais malheureusement pour vous il a déjà lié sa vie avec une autre femme. Malheureusement pour toi, tu vivras que des séquences de bonheur éphémère dans ta vie...

Ce fou est vieux ! Non ! Ce vieux est fou ! Sans prendre mon reste, j'ai ramassé mon sac à main et je suis sortie de là en ignorant les appels incessants d'une Binta autant bouleversée que moi par ces révélations. J'ai pris le premier taxi et je suis rentrée chez moi. Je ne me suis sentie bien qu'après avoir prié. J'ai vu que Binta avait essayé de me joindre plusieurs fois. Je lui ai laissé un message en lui faisant comprendre que je ne suis pas fâchée mais que j'aimerai rester un peu seule.

******

Toute la semaine, j'étais un peu la tête ailleurs, heureusement que Karim était là. Il m'a fit oublier cette mauvaise expérience en un clin d'œil. Très vite j'ai rangé les phrases du vieux dans un coin de ma tête. A la fin de la semaine, une réunion familiale a été organisée dans la famille de ma mère. C'était une occasion pour les parents d'aborder les différents sujets d'ordre familial et pour nous les cousins de nous retrouver dans la bonne humeur. J'étais dans la cuisine avec mes cousines en train de préparer le jus de gingembre.

- L'insertion professionnelle dans ce pays est un véritable parcours du combattant. Ca va faire des mois que je cherche un stage mais rien. C'était Aicha, l'ainé de mes cousines

- Prends courage ça va aller. Les entreprises ne recrutent jamais ceux qui ont fait leurs études ici, répond une autre

- Je crois que tout dépends de toi. Dis-je très calmement.

- Je ne vois pas pourquoi vous vous acharnez tant à trouver du travail comme ça. Moi ce qu'il me faut c'est un mari beau, riche et séduisant... disait une autre cousine

- Hmmm comme le fils de tonton Abdoul qui est revenu du Canada là. Apparemment il a une très belle situation financière... renchérit Aicha

- Eh lui ! c'est le candidat parfait, en plus il est éloquent d'une façon là....

- Euh de qui vous parlez ? quel tonton Abdoul ? dis je un peu perdu...

- Eh tonton Abdoul, un ami intime à mon papa dit Aicha. Tu ne dois pas le connaitre toi parce que....

Sa phrase est restée en suspens alors que les autres aussi on interrompu leurs gestes. Moi toujours pensant qu'elle n'avait pas fini sa phrase.

- Tonton Abdoul ? tu as raison, surement je ne le connais pas

- Bonjour ! Aicha... Ma mère te demande, elle est au salon !

Cette voix ! Cet accent... ça me dit quelque chose. Mais c'est impossible, mais... j'ai senti une présence derrière moi. Assez proche pour que j'inhale son parfum... ce parfum, je le reconnais. C'est avec le cœur battant et les mains tremblantes que je me suis retournée très lentement avant de plonger mes yeux dans la profondeur des siens qui ont toujours gardé cette malice que j'avais décelé le premier jour..

Chapitre 3 Chapitre 03

Cette voix ! Cet accent... ça me dit quelque chose. Mais c'est impossible, mais... j'ai senti une présence derrière moi. Assez proche pour que j'inhale son parfum... ce parfum, je le reconnais. C'est avec le cœur battant et les mains tremblantes que je me suis retournée très lentement avant de plonger mes yeux dans la profondeur des siens qui ont toujours gardé cette malice que j'avais décelé le premier jour. Ma gorge est restée sèche, je crois que j'ai perdu ma voix.

Nous nous comme regardé ainsi durant un long moment avant que je ne secoue ma tête comme pour me réveiller et de tourner la tête. J'ai vu Aicha faire un battement cils avant de se faufiler et de sortir de la cuisine. Les autres étaient toujours suspendues dans leurs gestes. Je l'ai comprends, c'est que Ibrahim impose vraiment sa présence.

- Salut dis il assez bat pour que je comprenne qu'il s'adressait qu'à moi.

Je l'ai regardé avant de me reconcentrer sur ma tâche. Je l'ai aperçu sourire. Je mélangeais lentement le sucre dans la bassine de jus de gingembre. Il a tendu sa main et a interrompu mon geste. Au contact de sa peau j'ai frissonné. Il m'a forcé à le regarder.

- J'ai attendu ton appel, dit il calmement toujours avec ce sourire sur les lèvres

- J'ai perdu votre carte répondis je du tic au tac.

- Bien alors donne-moi ton numéro, c'est moi qui vais t'appeler dans ce cas...

Il y avait mes cousines qui nous regardaient. Je ne pouvais plus me défiler. Il a sorti son téléphone de sa poche avant de me le tendre. Je l'ai pris avant d'y insérer mon numéro.

- Et je l'enregistre à quel nom ?

- Jami, juste Jami dis je d'une petite voix

- Bien... je suis content de d'avoir revu juste Jami.

Il a sorti son sourire d'ange avant de s'en aller. Je ne savais pas où me mettre. Dès qu'il est sorti les cousines se sont rassemblées autour de moi.

- Mais qu'est qui vient de se passer ? dit l'une

- Vous deux vous vous êtes connus où ?

Je les ai regardées exaspérée avant de me racler la gorge.

- J'ai rencontré Mr DIA lors d'une conférence à l'école

- Mdr Monsieur ? Ibrahim tu veux dire

- Oui lui même !

- Hum tu es sure ? tu as vu comment il te regardait ?

- Et vous comment vous le connaissez ? dis je pour détourner la direction que prenait la conversation

- C'est le fils de tonton Abdoul ! c'est de lui qu'on parlait...il a longue vie hein

- Je vois. Ecoutez, je vais aider de l'autre côté j'ai fini ici, vous pouvez le mettre au frais, dis je en désignant le jus.

- En tout cas l'avenir nous dira ! disent-elles en cœur

Je suis sortir de la cuisine en respirant difficilement ! non je n'ai pas vu comment il me regardait mais je l'ai senti. Où peut être qu'on se fait toutes des idées. Je suis allée aider pour la préparation di repas. A 13h tout le monde se régalait. Il y avait une très bonne ambiance. J'étais collée à ma mère comme toujours alors que Ibrahim était avec les hommes, mais ne m'a pratiquement pas quitté des yeux. Une dame de teint noir est venue vers ma mère après le repas. Elle était très belle et plus elle approchait, plus j'ai eu la certitude que c'était la mère de Ibrahim. Plus près, la ressemblance est frappante !

- Djouldé, je vous remercie pour l'invitation, mais je crois que je vais vous fausser compagnie. J'ai un mariage auquel je dois forcément assister

- Ahh merci, merci infiniment Rama. Tu as mangé j'espère, laisse moi t'apporter une boisson...

- Non, ne te dérange pas.... c'est ta fille ça ? oh la dernière fois que je l'ai vu elle était encore un bébé

- Haha oui c'est ma fille Jamila. C'est vrai que ça fait longtemps, quand tu es partie t'installer au canada elle avait encore 5 ans

- Oui en effet, Ibrahim venait de fêter ses 10 ans! elle est magnifique Ma sha Allah... peut être qu'on sera bientôt beaux-parents dit elle en éclatant de rire

- Haha ça ne serait pas impossible en tout cas...

J'ai regardé ma mère choqué. J'ai lancé un sourire timide à cette Dame élégante du nom de Rama et elle s'en est allé avec ses talons... mais elle a quel âge pour marcher avec ce genre de chaussures ?

Plus tard dans la soirée j'étais couchée sur le lit de ma mère et je la regardais ranger ses bijoux

- Maman ? c'est qui cette Dame qui est venu te dire au revoir tout à l'heure ?

- Beaucoup de personne m'ont dit au revoir chérie, dit elle sans être concentrée sur notre discussion.

- Celle qui avait le teint noir et qui disais qu'elle était au canada

- Ah oui Ramata ? elle et son Mari sont de très bons amis de la famille

- Hum son fils dont elle parle c'est Ibrahim DIA ?

- Elle a arrêté ce qu'elle faisait puis elle m'a regardé. Oui, tu le connais ?

- Euh non ! pas vraiment. Il était à l'école pour une conférence la dernière fois, puis je l'ai revu aujourd'hui.

- Je vois....

Je n'aime pas du tout son je vois... il est plein de non-dits

Mon téléphone à vibré m'indiquant un message.

- Ton jus de gingembre était délicieux « Juste Jami »

J'ai sursauté et j'ai regardé ma mère comme si j'étais un enfant qui a touché quelque chose d'interdit. Je me suis lentement levée avant de souhaiter bonne nuit à ma mère en prétextant une fatigue puis je me dirigée vers ma chambre. Je me suis confortablement installé sur mon lit.

- Euh c'est qui s'il vous plait ? j'ai répondu au message en souriant sournoisement

- Ibrahim jeune demoiselle ! à moins que tout le monde vous appelle « juste Jami » ce qui serait un autre problème

- Ah bon ? je n'ai pas connaissance qu'il en existait un déjà

- Si pourtant...

Ahh mais c'est qu'il peut être mystérieux ce gars ! bon je vais changer de sujet c'est mieux

- Donc comme ça on est de la même famille

- Ahan ! et je suis ton ainé, donc tu me dois du respect...

- Désolé, mais le respect il se mérite...

- Vous marquez un point-là mademoiselle... ?

- Mademoiselle Diallo

- Je peux t'appeler ?

J'ai longtemps hésité... mais il veut qu'on se disent quoi ?

- Oui tu peux.

5 seconde après mon téléphone a sonné :

- Allo ? dis je d'une petite voix

- Hey you ?

- Haha une bien drôle de façon de débuter une conversation.

- Drôle ? non, mais originale oui !

- Mdr et la modestie alors ?

- Elle est pour les pauvres ma chère

J'ai éclaté de rire et ça a détendu l'atmosphère. Et tout naturellement, nous avons commencé à discuter de tout et de rien. Il parlait beaucoup et posait beaucoup de questions. A un certain moment je me suis demandé quand est ce qu'il allait enfin se décider à raccrocher. Il m'a parlé de sa famille. Du lien avec la mienne. Il connaissait ma mère mais il ne savait pas que j'étais sa fille. Il m'a aussi confié que le premier jour qu'il m'a vu, mon visage lui semblait familier et que maintenant il faisait le lien avec celui de ma mère. J'ai appris qu'il avait créé sont cabinet au Canada et qu'il était finalement rentré définitivement en Guinée il y'a trois mois. Je le laissais poser les questions et moi je me contentais juste de répondre. A un moment j'ai reçu un deuxième appel sur ma ligne, c'était Karim. Je me suis excusé poliment auprès de lui.

- C'est ton chéri qui t'appelle ? dit il calmement ?

- Euh hmmm oui, en effet c'est lui

- Bien, je ne vais pas te déranger plus que ça. Ça m'a fait plaisir de discuter avec toi.

- Le plaisir est partagé

- Bonne nuit, dit il très doucement

- Dors bien Ibrahim...j'ai raccroché

J'ai soufflé un grand coup avant de sourire. Il est cool lui, lourd mais cool. J'ai rappelé Karim.

- Allo bébé ? dis je toute joyeuse de lui parler

- Tu parlais avec qui ? sa voix était froide et autoritaire

- Euhh... j'étais prise au dépourvue, je m'attendais pas à ce genre de réponse.

- TU PARLAIS AVEC QUI JAMI ?

- Hey mais calme toi voyons ! ne me cri pas dessus je ne suis pas ton enfant ! j'étais en ligne avec un cousin !

- Ah oui ? c'est à moi que tu parles comme ça hein ? tu n'es pas mon enfant bien ! considère que je ne suis rien pour toi à partir de là...

- Quoi ? mais qu'est ce qui te prend ? bébé laisse moi t'expliqu....craac !

Il venait de raccrocher ! merde ! je l'ai rappelé plusieurs fois il ne répondait pas et à un moment je n'arrivais plus à le joindre ! j'en ai marre... j'ai jeté mon téléphone rageusement alors que mes larmes commençaient à couler. C'est toujours la meme chose avec lui. Mon couple ne marche plus depuis longtemps. Je le voyais mais je refusais de l'accepter. Ce Karim n'est plus celui que j'ai connu. Il n'est pas celui que j'ai aimé. Je ne le connais pas. Il est violent, il cris tout le temps. Le moindre problème et il me rejette. Sans chercher à connaitre ma version des fait, sans le donner le bénéfice du doute. Le mot communication il ne connait pas. Il me jette à la poubelle comme une moins que rien, autant de fois que ça lui chante et j'en ai marre...

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