Il fait jour, et Sandy doit se rendre au travail. Elle a terminé ses tâches domestiques et s'apprête à partir quand son portable se met à sonner. Elle le prend et voit que c'est Bobby, son petit ami. Sans tarder, elle décroche.
- Allô ! Mon chéri, comment vas-tu ce matin ?
- Je vais super bien, ma fleur, et toi ?
- Je vais bien. Et la famille ?
- La famille se porte à merveille. Dis-moi, tu es déjà prête?
- Oui, mon amour. Tu viens me chercher, c'est ça ?
- Je suis même devant ton portail.
- Tu es sérieux ? Ou bien c'est encore l'un de tes jeux ?
- Mon amour, je suis dehors et je t'attends. Ou alors, je pars ? Peut-être que tu ne veux pas que je te dépose ?
- Non, ne te fâche pas, mon amour ! Je suis déjà prête, j'arrive, d'accord ?
- D'accord, je t'attends.
Sandy se dépêche de rejoindre Bobby. Elle arrive au portail et voit qu'il est effectivement là, assis sur sa moto. Sans plus tarder, elle monte derrière lui, et ils prennent la route.
Après quelques minutes, ils arrivent devant l'entreprise où travaille Sandy. Elle descend de la moto et se tourne vers Bobby.
- Mon chéri, je veux te demander quelque chose avant que tu partes.
- Oui, mon amour, je suis suspendu à tes lèvres.
- Pourquoi, quand tu es venu à la maison, es-tu resté devant le portail au lieu d'entrer ?
- Ma chérie, je ne veux pas de problèmes avec ton père. Tu dois me comprendre.
- Comment veux-tu que je comprenne ? Que tu le veuilles ou non, tu finiras par faire sa connaissance. Et puis, mon père n'est pas un lion qui va te dévorer!
- Ma chérie, tu ne peux pas comprendre. Cela fait cinq mois que nous sommes ensemble. J'ai pris le temps d'étudier ton père et de mener mes enquêtes sur lui.
- Et qu'est-ce que tes enquêtes t'ont révélé ?
- Que ton père n'est pas un homme simple et que tout le monde a peur de lui. Je dois faire attention. Tu ne te demandes pas pourquoi les jeunes hommes de ton quartier ne tournent pas autour de ta maison ? Pourtant, il y a une déesse qui y vit, toi, Sandy ! C'est parce qu'ils ont peur de ton père.
- Arrête avec ça ! Qui t'a dit que les jeunes hommes de mon quartier ne rôdent pas autour de ma maison ? Tu crois que tout le monde est aussi peureux que toi ? C'est moi qui les évite, parce que je n'aime pas les relations de quartier. Tu es vraiment chanceux que j'aie accepté ta demande et que, depuis cinq mois, nous soyons toujours ensemble.
- Je sais que je suis chanceux, et je prie Dieu pour que tu te donnes complètement à moi. Je ne comprends pas pourquoi tu continues à mettre des barrières entre nous.
- Que veux-tu dire par là, mon chéri ?
- Tu sais très bien de quoi je parle. Cela fait cinq mois que nous sommes ensemble, et tu refuses toujours que je te connaisse... à fond.
- À fond comment ? Je ne te comprends pas, chéri.
- Je veux que tu me donnes ma chose, au moins une fois, pour que je goûte à ça. On dirait que ce n'est pas pour moi, toutes ces choses que tu as... Parce que tu refuses, et même les toucher est difficile.
- Mon amour, tu sais bien que tu es le seul propriétaire de tout ce que Dieu m'a donné. Mes fesses, mes seins, mes lèvres... Moi, en entier, je suis à toi. Mais s'il te plaît, cinq mois, ce n'est pas encore trop. Au moins, je te laisse goûter à mes lèvres, ces lèvres que tu aimes tant. C'est déjà quelque chose. Alors, attendons notre nuit de noces pour le reste. Je vais les garder jalousement pour toi. Tu sais très bien que je suis encore vierge, et je veux que ce soit toi qui... débouche ce trou. Je te le promets.
- OK, OK, c'est compris. Tu n'arrêtes pas de me flatter dès que j'aborde ce sujet. Je serai l'homme le plus heureux ce jour-là.
- Oui, bien sûr. Bon, mon amour, je dois partir. J'ai beaucoup de travail aujourd'hui.
- D'accord, moi aussi, je suis en retard. Mais ce n'est pas grave, comme je suis mon propre patron, je n'ai pas de souci à me faire. Comment va Daley, ton petit frère ?
- Il se porte très bien, merci, mon amour. Bonne journée à toi.
- Merci beaucoup, ma fleur. Bonne journée à toi aussi. Je t'aime.
- Je t'aime aussi très fort, mon chéri.
- Tu n'as pas oublié quelque chose, ma fleur ?
- Oh, excuse-moi, je pensais que je t'avais déjà fait ça.
Sandy embrasse Bobby, puis entre dans l'entreprise. Bobby démarre sa moto et prend la route pour le travail.
Toute la journée, Bobby et Sandy ont passé leur temps à s'appeler.
Quelques heures plus tard...
Sandy rentre à la maison. Elle est en train de cuisiner quand son père revient du travail. Ce dernier dépose son sac, se change, puis s'installe dans le salon pour suivre le journal du soir à la télévision. Il est absorbé par les informations quand Sandy vient l'informer que le repas est prêt.
- D'accord, ma fille. Dis-moi, il y a encore quelque chose sur le feu ?
- Non, papa. Vous voulez que je fasse quelque chose pour vous ? De l'eau chaude, peut-être ?
- Non, ma chérie, c'est bon. Je voulais te parler, c'est pour ça que j'ai posé la question.
- Ah, d'accord, papa. Je vous écoute alors.
- Viens t'asseoir à côté de moi, ma fille.
Sandy s'installe à côté de son père, qui prend la parole.
- Ma fille, je sais que tu es une grande fille maintenant. Tu avais 20 ans quand ta mère est décédée, et aujourd'hui, tu en as 25. Une vraie femme. Ce n'est pas parce que tu sais déjà différencier le bien du mal que je vais rester silencieux. Je t'ai vu aujourd'hui avec un homme. Qui est-ce ? C'est ton petit ami ou un collègue ?
- Papa, c'est mon petit ami. Il s'appelle Bobby.
- Bobby quoi ?
- Bobby Alassane, papa.
- Et il fait quoi dans la vie ? Il travaille dans la même entreprise que toi ?
- Non, papa, il a sa propre compagnie de publicité.
- Donc, si je comprends bien, il est le directeur général de cette compagnie ?
- Oui, papa.
- Tu as déjà visité son entreprise ?
- Oui, plusieurs fois même.
- D'accord. Et vous êtes ensemble depuis combien de temps ?
- Cinq mois, papa. Je voulais vous en parler, mais j'attendais d'être sûre de notre relation avant de vous en informer.
- C'est bien. J'espère qu'il est sérieux avec toi. Parce que l'acte qu'il a posé aujourd'hui n'est pas correct. S'il a vraiment de bonnes intentions et veut faire de toi sa femme, il ne devrait pas rester dehors, au portail.
- Papa, il est vraiment sérieux, et je me sens bien avec lui. Il n'est pas entré parce que nous étions en retard. Il devait me déposer avant d'aller au travail.
- D'accord, je comprends. Mais renseigne-toi bien sur lui avant de t'investir totalement dans cette relation. Tu sais que je ne veux pas voir ton frère et toi souffrir.
- C'est compris, papa. Je vais prendre en compte vos précieux conseils.
- Bien. Maintenant, passons à table. Où est ton frère?
Sandy appelle son frère, et tous trois passent à table. Après le repas, Sandy débarrasse et range la cuisine. Alors qu'elle termine, son portable se met à sonner. Son petit frère, Daley, le lui apporte.
- Merci, Daley. C'est qui ?
- J'espère bien que c'est Bobby.
Daley s'éclipse, laissant sa grande sœur répondre à l'appel. Comme prévu, c'est bien Bobby.
- Allô ! Mon amour, comment se passe ta soirée?
- Bien, ma fleur. Et toi ? Tu fais quoi ? J'espère que tu n'es pas occupée ?
- Mon amour, je vais te rappeler dans trois minutes, d'accord ? Je termine de ranger la cuisine.
- D'accord, ma princesse.
Bobby raccroche. Sandy termine rapidement ce qu'elle faisait et monte dans sa chambre pour l'appeler. Mais, à sa grande surprise, c'est une femme qui décroche.
Troublée, elle raccroche immédiatement et rappelle. Cette fois, c'est bien la voix de Bobby qu'elle entend.
- Allô ! C'est bien Bobby ?
- Oui, mon amour. Pourquoi cette question ? Tu ne reconnais plus mon numéro ?
- Ce n'est pas ça, mon cœur... Je viens de t'appeler à l'instant, et une femme a décroché.
- Une femme ? Tu es sûre de ce que tu dis ?
- Oui, bien sûr... Bon, c'est peut-être un problème de réseau.
- Oui, ça doit être ça. Parce que moi, je suis à la maison, et il n'y a aucune femme ici. Même pas ma famille. Donc, ce ne peut être que le réseau.
- D'accord, mon amour. Sache que je n'ai aucun doute sur toi. Tu as mangé quoi ?
- Du riz, et toi ?
- Du couscous. Qui l'a préparé ? Ou bien tu l'as acheté ?
- Je l'ai acheté au restaurant en rentrant. Tu sais bien que personne ne cuisine pour moi à part toi.
- Ne t'inquiète pas, mon amour. Je vais organiser mon planning pour te préparer à manger plus souvent, même avant qu'on ne vive ensemble.
- Ça me ferait énormément plaisir, ma fleur.
- D'accord, mon cœur. Mais dis-moi, tu es où ? On dirait que tu es dehors.
- Oui, je suis sur la véranda, je prends un peu d'air.
- D'accord, je vois, mon amour. Bon, alors, on dit quoi ?
- Rien de spécial. Je voulais juste entendre ta voix. Mais je suis fatigué, je vais me reposer.
- D'accord, mon chéri. Je te laisse alors. Bonne nuit, mon chou.
- Bonne nuit, ma fleur. Je t'aime.
- Je t'aime aussi, mon cœur.
Sandy raccroche et file sous la douche, toute heureuse. Elle est follement amoureuse de Bobby. Ah, l'amour !
Bobby entre à l'intérieur, furieux. Une fois dans sa chambre, il dépose son portable avec agacement et commence à crier sur une femme allongée sur le lit.
Qui est-elle ? Sa sœur ? Sa fiancée ? Sa petite amie ? Ou sa femme ?
Bobby lui parle, mais elle ne répond pas.
- Lily, c'est à toi que je parle ! Ou bien je m'adresse à un fantôme ?
Elle lève enfin les yeux vers lui, sans montrer la moindre émotion.
- Bobby, je ne vois pas ce qui te met dans cet état. Oui, j'ai décroché l'appel. Et alors ?
- Je t'ai déjà dit de ne plus toucher à mon téléphone ! Combien de fois faudra-t-il que je te le répète ?
- Je n'ai pas envie de discuter. Sache que tant que je suis ici et que ton portable sonne, je décrocherai. C'est clair ?
- Ah, c'est comme ça ?
- Oui, c'est bien comme ça.
- D'accord. On verra bien... Puisque tu es une femme qui refuse de comprendre, on verra.
Furieux, Bobby attrape son téléphone et sort brusquement de la chambre. Lily se redresse immédiatement et le suit jusqu'au salon.
- Bobby, où est-ce que tu vas ? C'est quoi ton problème ?
Sandy finit de prendre sa douche. Fatiguée, elle veut se coucher, mais décide d'abord de faire sa prière. Après avoir prié, elle s'allonge dans son lit et laisse ses pensées dériver.
- J'ai vraiment de la chance d'avoir croisé Bobby. Il est exactement l'homme qu'il me faut. Je ferai tout pour le rendre heureux... Oh, mon amour Bobby... Parfois, j'ai même envie de le laisser me toucher... jusqu'à me prendre entièrement. Mais j'ai peur... Je n'ai jamais fait ça. Et puis, aujourd'hui, faire confiance à quelqu'un, ce n'est pas une chose à prendre à la légère. J'ai peur qu'il prenne ce que j'ai de plus précieux et m'abandonne après... Avec l'aide de Dieu, je vais m'en sortir. On sera ensemble, comme nous l'espérons...
Sur ces pensées, elle se laisse emporter par le sommeil.
Le lendemain matin...
Aux premières lueurs du jour, Sandy se réveille. Elle attrape aussitôt son téléphone et compose le numéro de Bobby. Mais il ne décroche pas. Fronçant les sourcils, elle repose son téléphone et se met à réfléchir.
- Qu'est-ce qui se passe avec mon chéri ce matin ? Pourquoi il ne répond pas ? D'habitude, c'est lui qui m'appelle à cette heure... Bon, peut-être qu'il n'est pas à côté de son téléphone ou qu'il est occupé. Je vais réessayer plus tard.
Elle se lève et quitte sa chambre pour commencer ses tâches quotidiennes. Son téléphone en main, elle reste attentive au moindre appel de Bobby.
Pendant ce temps, Bobby est enfermé dans sa chambre avec Lily. Cette dernière a confisqué son téléphone et refuse catégoriquement de le lui rendre. Bobby tente de raisonner Lily, mais elle ne veut rien entendre.
- Lily, c'est quoi ce que tu fabriques ? J'aime pas ça, pas du tout ! Ne me pousse pas à bout, s'il te plaît. Sinon... sinon...
- Sinon quoi, Bobby ? Sinon quoi ? Qu'est-ce que tu vas me faire ? Tu sembles oublier que tu travailles dans l'entreprise de mon père. Tu crois que tu peux tout avoir, c'est ça ? Je t'ai donné mon amour, je t'ai tout donné ! Et grâce à qui tu travailles dans cette compagnie ? Grâce à moi!
Lily le fusille du regard avant de poursuivre, sa voix tremblante de colère.
- Et maintenant, tu penses que tu peux te mettre avec une autre femme ? Tu te trompes lourdement ! Si cette femme savait vraiment qui tu es, jamais elle ne t'aurait ouvert son cœur. Parce que toi, Bobby, tu es tout sauf un homme à qui on peut donner son amour. Tu es un monstre ! Pire qu'Hitler ! Toi seul, tu as couché avec la secrétaire de mon père, puis avec la femme de ménage... Et maintenant, tu oses me trahir encore ? Tu es vraiment sans scrupules, Bobby. Pourquoi es-tu comme ça ? Quel Dieu t'a créé pour que tu sois aussi mauvais ?
Bobby écarquille les yeux, sidéré.
- Lily, je ne sais pas d'où tu sors toutes ces histoires, mais qui t'a raconté ces mensonges ? Moi, je t'aurais trompée ? Avec Sarah ? La secrétaire de ton père?
- Ne fais pas l'innocent ! Mon père a combien de secrétaires dans son entreprise, à ton avis ?
Elle croise les bras et le défie du regard.
- Quoi qu'il en soit, je ne te rendrai pas ton téléphone. Tu iras au boulot sans aujourd'hui, que ça te plaise ou non !
Bobby soupire et tente de l'amadouer.
- Lily, pour l'amour de Dieu, ne me fais pas ça... Tu sais bien que tout ça, ce sont des mensonges ! Toi seule comptes pour moi. Pourquoi est-ce que je te tromperais ? Pose-toi la question... Depuis que tu pars en voyage et me laisses seul ici, est-ce qu'une seule fois, tu m'as surpris avec une autre femme en rentrant à l'improviste ?
Il marque une pause avant d'ajouter, la voix plus douce.
- Je ne comprends pas pourquoi tu crois à ces rumeurs. C'est toi seule que je veux. Tu es la reine de mon monde, mon amour. Je t'aime de tout mon cœur, et je ne supporterais jamais de te partager avec une autre.
Lily le fixe, troublée.
- Bobby... Pourquoi tu me fais ça ? Tu sais très bien que tu es le seul homme de ma vie... Mais pourquoi aimes-tu autant me faire souffrir ?
- Mon amour, arrête de pleurer... Je te jure que je ne te trompe pas. Tu sais très bien que beaucoup de gens me détestent dans cette entreprise. Tout ça parce que je sors avec la fille du patron et aussi... la plus belle femme du monde.
Il s'approche doucement d'elle et la prend dans ses bras.
- Je t'aime, ma reine... Ne laissons pas ces jaloux briser notre relation.
Troublée, Lily finit par céder et se blottit contre lui. Bobby commence à la caresser doucement et l'entraîne vers le lit.
- Mon amour... J'ai envie de toi... Je veux te sentir en moi» murmure Lily, frémissante.
- Ma rose, tu sais bien que je dois partir au boulot... Tu as besoin de repos, et moi, je dois travailler. On peut tout faire ce soir... et jusqu'au petit matin.
- Non, mon chéri, s'il te plaît... Je veux te sentir en moi maintenant. Reste avec moi aujourd'hui, ce n'est pas un problème. Je vais appeler pour les prévenir.
Bobby la regarde, hésitant.
- Tu es sûre ? Je ne veux pas avoir de problème avec ton père...
- Ne t'inquiète pas, c'est mon père. Arrêtons de parler et passons aux choses sérieuses. Déshabille-toi, mon amour... Moi, je suis déjà nue comme un ver de terre.
Bobby esquisse un sourire et laisse ses yeux parcourir son corps.
- Waouh... Tu deviens de plus en plus belle avec tes courbes de Coca-Cola... Mon Dieu, je suis excité. Aide-moi à me déshabiller.
Lily l'aide, et enfin, ils sont tous les deux nus. Bobby commence à caresser les seins de Lily, effleure son corps avec douceur et tendresse. Lily, frissonnante, s'abandonne complètement à lui. Bobby passe à la vitesse supérieure, et bientôt, ils s'oublient dans la passion.
Derrière leur chambre, dans le jardin, Razak, le gardien, arrose tranquillement les fleurs. Mais bientôt, il perçoit des bruits étranges venant de la chambre de ses patrons. Il fronce les sourcils et tend l'oreille.
- Oh mon Dieu... Ces deux-là vont me tuer dans cette maison ! À peine le soleil levé, monsieur Bobby ne veut plus aller au travail ?
Il secoue la tête, puis lève les bras au ciel en soupirant.
- Et ils ne pensent même pas à moi, pauvre célibataire que je suis ? Au lieu de mettre sa jalousie de côté et d'engager une femme de ménage, ce qui me permettrait, moi aussi, d'avoir une compagnie et peut-être de sortir du célibat, Madame Lily a refu. Elle ne peut même pas baisser un peu le volume de ses gémissements ! Mon Dieu...
Il baisse les yeux vers son pantalon et grimace.
- Ma chose est dure comme un bâton, et il n'y a rien pour l'apaiser.
Il secoue la tête et tourne les talons.
- Je dois quitter cet endroit, sinon je vais mourir d'envie.
Sur ce, Razak s'éloigne rapidement, laissant derrière lui la douce mélodie du plaisir interdit.
Sandy a déjà terminé ses travaux de ménage et s'apprête à aller au travail. Une fois prête, elle prend son portable pour vérifier si Bobby l'a appelée. Mais aucun signe de lui. Elle décide alors de le rappeler, mais il ne répond toujours pas. Déçue, elle sort de la maison, le cœur lourd.
Devant son portail, elle aperçoit son père en train de monter dans sa voiture. Lorsqu'il la voit, il s'arrête.
- Ma chérie, ton petit ami ne vient pas te chercher aujourd'hui ?
- Je ne sais pas trop, papa. Je l'appelle, mais il ne répond pas. Peut-être qu'il est en réunion, je n'en sais rien.
- D'accord. Monte, je vais te déposer.
- Merci, papa.
Sandy monte dans la voiture avec son père, et ils prennent la route. Pendant le trajet, ce dernier lui parle encore de sa relation avec Bobby, mais Sandy est ailleurs. Son esprit est entièrement tourné vers Bobby, et elle ne prête qu'une oreille distraite aux paroles de son père. Ce dernier remarque bien qu'elle est dans la lune.
- Sandy, ma fille, tout va bien ?
- Oui, papa, je vais bien... J'ai juste un peu mal à la tête.
- Tu es sûre que tu peux aller travailler ? Je peux appeler ton patron pour lui demander une permission, si tu veux.
- Non, papa, ce n'est rien de grave.
- D'accord, si tu le dis... J'espère que tu ne me caches rien?
- Mais non, papa ! Je ne cache rien du tout.
- Bon... J'espère que tu n'es pas enceinte ! Je ne veux pas entendre ça tant que personne n'est venu demander ta main. Avec la tête que tu fais, je ne comprends plus rien... Surtout avec cet homme.
- Papa chéri, je ne suis pas enceinte. C'est vrai que j'ai l'âge d'avoir un bébé, mais je ne suis pas pressée. Je veux d'abord construire une base solide pour mon couple avant d'y penser.
- Très bien. Ta mère était une femme exemplaire, une femme rare et précieuse. C'est moi qui lui ai pris sa virginité. À l'époque, elle avait 25 ans.
- Quoi ?! Papa, vous êtes sérieux ?
- Bien sûr ! Ta mère était vierge quand je l'ai rencontrée. Ce n'est qu'après notre mariage que je lui ai pris ça. Si elle était encore en vie, elle te répéterait sûrement les mêmes conseils que je te donne maintenant. C'est ce que tes grands-parents lui ont appris quand elle était jeune.
- Waouh, c'est incroyable... Je vais faire comme maman. C'est une vraie valeur !
- Exactement. Dans ma famille, mes parents me considéraient comme un homme accompli. Et mes frères étaient jaloux de moi.
- Même oncle Jerry ?
- C'est lui qui était le premier à l'être ! Parce que j'ai épousé une vierge, une perle rare. Et en plus, ta mère était une femme d'une beauté qui faisait chavirer tous les hommes. Mais c'est moi qui ai eu la chance de l'avoir.
- Papa, je comprends maintenant pourquoi tu n'as jamais voulu refaire ta vie. Tu aimes vraiment maman de tout ton cœur... J'espère que mon mari sera comme toi. Mes enfants seront chanceux d'avoir un père à ton image.
Le père de Sandy ne dit plus rien, laissant simplement échapper un sourire, et un silence s'installe entre eux.
Sandy, perdue à nouveau dans ses pensées, s'interroge sur ce qui ne va pas avec Bobby. Après quelques minutes de trajet, ils arrivent enfin devant l'entreprise où elle travaille. Son père la dépose, puis reprend la route vers son propre travail.
Sandy est enfin dans son bureau. Elle pense à ce que son père lui a dit concernant sa mère et sourit lorsque Monsieur Grégory frappe à la porte. Elle l'invite à entrer.
Qui est Monsieur Grégory ? C'est le directeur général d'une grande entreprise et un partenaire d'affaires du patron de Sandy.
Âgé de trente ans, célibataire et sans enfant, il est brillant et intelligent. Depuis qu'il a rencontré Sandy dans l'entreprise de son ami, il ne cesse de la courtiser. Mais Sandy ne veut rien entendre, car elle est follement amoureuse de Bobby.
Ses collègues lui répètent qu'elle est chanceuse, car Monsieur Grégory ne s'intéresse jamais aux femmes. Son seul souci, jusqu'à présent, était son travail. Pourtant, elle a réussi à conquérir son cœur. Mais Sandy répond simplement qu'elle n'est pas intéressée.
Monsieur Grégory prend place.
- Bonjour, Mademoiselle Sandy. Comment allez-vous en ce beau matin ?
- Je vais très bien, Monsieur, et vous ?
- Moi aussi, et plus que ça même ! Aujourd'hui, tu as une bonne mine. Dis-moi, qu'est-ce qui te donne ce si beau sourire ce matin ?
- Rien du tout, Monsieur. Que puis-je faire pour vous ?
- Ton patron m'a dit qu'il t'a remis certains documents que je dois récupérer. Je me trompe ?
- Non, mais il m'a dit que c'est votre chauffeur qui viendrait les chercher pour vous.
- Mais c'est moi-même qui suis venu. J'ai ainsi l'occasion de voir la femme qui fait battre mon cœur. Tu deviens de plus en plus belle.
- Merci beaucoup, Monsieur. Voici les documents.
- D'accord. Tu me renvoies déjà, c'est ça ? Ce n'est pas grave. Mais sache une chose, ce que je ressens pour toi n'a pas de nom sur cette terre. Même l'amour n'est pas à la hauteur de ça. Je t'aime, Sandy. Je suis fou amoureux de toi et je n'arrive même pas à contrôler cet amour.
- Monsieur Grégory, arrêtez, s'il vous plaît. J'ai déjà un petit ami.
- Juste un petit ami ? Je pensais que c'était ton fiancé. Dans tous les cas, je serai patient. Si tu m'es destinée, tu seras à moi. Et une chose, s'il te plaît, j'aime pas trop que tu me vouvoies. Bonne journée à toi. Je t'aime.
Monsieur Grégory quitte le bureau, laissant Sandy complètement dépassée par tout ce qu'il vient de lui dire.
- Mais qu'est-ce qu'il a, au juste ? Qu'a-t-il trouvé en moi ? Oh mon Dieu...
Pendant ce temps, Lily et Bobby viennent de faire l'amour. Allongés dans le lit, ils profitent de leur étreinte avant que Lily ne se lève, embrasse Bobby et file sous la douche.
Bobby prend son téléphone et sort de la chambre. Une fois à l'extérieur, il appelle Sandy.
Sandy est plongée dans son travail, les yeux rivés sur son ordinateur, quand son téléphone commence à sonner. Elle le prend et voit que c'est Bobby. Elle décroche immédiatement.
- Allô, mon amour !
- Allô, ma fleur ! Excuse-moi pour tout. J'ai vu tes appels, mais je ne pouvais pas décrocher, j'étais en réunion. Je voulais t'appeler avant de partir, mais j'ai complètement oublié. S'il te plaît, ma fleur, je suis vraiment désolé.
- Ce n'est rien, mon chéri, ce n'est pas grave. Le travail est important. J'avais juste peur quand tu ne répondais pas. Je me suis dit qu'il t'était peut-être arrivé quelque chose de grave.
- Non, ma fleur. Mes partenaires d'affaires ont débarqué sans prévenir. S'il te plaît, pardonne-moi.
- Ne t'inquiète pas, maintenant que j'entends ta voix, tout va bien.
- Comment as-tu fait pour aller au boulot ?
- C'est mon père qui m'a déposée. J'espère que ça ne te dérange pas ?
- Non, mon amour. Bon, je dois te laisser. Je t'appelle dès que je suis libre, d'accord ?
- D'accord, mon chéri. Prends bien soin de toi. Je t'aime.
- Toi aussi, prends soin de toi pour moi, my love. Je t'aime très fort. Bonne journée.
- Merci beaucoup, mon chéri. Pareil pour toi. Bisous.
Sandy raccroche et, un sourire radieux sur le visage, se sent heureuse d'avoir entendu la voix de son amoureux.
Bobby remet son téléphone dans sa poche et rentre dans la chambre. Il y trouve Lily en train de s'habiller.
- Ma princesse, tu as déjà fini ?
- Oui, mon chéri. J'ai appelé ton bureau pour dire que tu avais un empêchement. Donc, cette journée sera pour nous deux, rien que pour nous deux.
- C'est parfait. Viens, je veux goûter encore à tes délicieuses lèvres.
Lily se rapproche et ils commencent à s'embrasser à nouveau...
Quelques heures après...
Sandy est prête à rentrer chez elle. Elle a attendu l'appel de Bobby, mais toujours rien. Finalement, elle décide de ne plus l'appeler, se disant qu'il est sûrement toujours occupé.
Elle sort de son bureau, son sac en main, et une fois à l'extérieur de l'entreprise, elle se dirige vers le bord de la route pour chercher un taxi.
Alors qu'elle attend, une moto s'arrête devant elle. Une femme est assise dessus, un casque sur la tête. Sandy continue de chercher un taxi, sans prêter attention à la motocycliste. Soudain, la femme enlève son casque et l'appelle par son prénom.
Intriguée, Sandy s'approche et n'en croit pas ses yeux.
- Fanny ? C'est bien toi ?
- Oui, c'est moi, Sandy ! Comment vas-tu ? Tu es devenue la plus belle de nous toutes, hein ! Tu vas où comme ça ?
- Fanny, tu ne changeras jamais ! Comment va la famille ? Et maman, elle va bien ?
- Tout le monde va super bien, et maman aussi se porte à merveille. Et chez toi ?
- Ça va, grâce à Dieu. Ça fait longtemps ! Je n'ai plus eu de tes nouvelles depuis ton départ au Mali.
- Ma chérie, j'ai perdu ton numéro, et j'ai remarqué que ton compte Facebook était bloqué. Je me suis même demandé si tu m'avais supprimée.
- Comment peux-tu imaginer une chose pareille ? Mon compte a été piraté. Et comme je n'ai plus trop le temps, j'ai décidé de laisser tomber Facebook. Tu m'as vraiment manqué !
- Toi aussi, ma chérie. Et Papa, ainsi que Daley?
- Ils vont très bien. Et toi, que fais-tu maintenant ?
- Je suis styliste ! J'ai une boutique au Mali et j'en ai ouvert une ici aussi, il y a à peine cinq mois.
- Waouh ! Tu as réalisé ton rêve, je vois ! C'est super, ma chérie !
- Et toi ?
- J'ai obtenu ma maîtrise en comptabilité, alors maintenant, je travaille dans une entreprise en tant que comptable.
- Waouh, ma sœur ! J'espère que tu gagnes bien ta vie ? Et ce n'est pas une petite entreprise, j'espère ?
- Ça va, ce n'est pas mal. Et oui, c'est une petite entreprise, mais petite ou grande, l'important, c'est que je travaille et que je sois indépendante.
- C'est vrai, ma chérie. Je suis vraiment heureuse qu'on ait pu réaliser nos rêves.
- Moi aussi ! Dis-moi, comment va Malick ?
- Mon mari ?
- Attends... Tu t'es mariée avec Malick ?
- Oui, ça fait déjà deux ans. Tu n'étais pas au courant ? Il est même ici avec moi.
- Donc, vous avez déjà un bébé, si je ne me trompe pas ?
- Non, pas encore.
- Pourquoi ? Vous attendez quoi alors ?
- Tu sais bien que Malick est un homme d'affaires. Il voyage tout le temps et moi aussi, mon travail me prend beaucoup de temps.
- Je vois...
- Et toi, tu as un petit ami au moins ? Parce que dans le temps, tu étais la sainte qui ne parlait jamais d'hommes !
- Ma chérie, arrête avec ça, s'il te plaît.
- Oh, je vois ! Donc tu as un petit ami. C'est déjà ton fiancé ou bien... tu vis déjà sous le toit d'un homme, comme moi ?
- Non, ma chérie. On est juste en couple pour l'instant. Ça ne fait même pas cinq mois que je me suis lancée dans cette aventure.
- Et alors ? C'est doux ?
- C'est quoi cette question, Fanny ?
- Non, rien, je voulais juste savoir si tu as déjà...
- Mais non, ma chérie ! Juste cinq mois et tu veux que je fasse quoi ?
- Je te taquine ! Bon, où vas-tu ? On aura le temps de bien discuter.
- Je rentre à la maison.
- Ah bon ? Vous habitez où maintenant ?
- Pas loin de notre ancienne université.
- Ah, c'est bien ça ! Mais dis-moi, pourquoi tu n'as pas encore acheté au moins une moto pour tes déplacements ?
- Mon père me dépose au travail et vient parfois me chercher. Et puis, Bobby est là aussi. Donc, pour l'instant, je ne me préoccupe pas trop de ça.
- Bobby ?
- Mon petit ami.
- Ah, je vois. Il fait quoi comme travail ?
- Ma chérie, on dirait qu'on ne va plus jamais se revoir, avec toutes tes questions !
- Excuse-moi, mais ça fait des années qu'on ne s'était pas vues !
- Juste trois ans, ce n'est pas énorme. Et maintenant que tu es ici, on a tout le temps du monde.
- Tu as raison. Allez, monte, je vais te déposer devant l'université. De là, tu pourras prendre un taxi-moto pour rentrer. Je veux bien savoir où tu habites, mais j'ai un rendez-vous avec une copine qui se marie la semaine prochaine. Elle veut voir mes modèles.
- D'accord, je comprends. Allons-y.
Sandy monte sur la moto. À ce moment-là, le téléphone de Fanny se met à sonner. Elle décroche et, après quelques minutes de conversation, annonce à Sandy que son rendez-vous est annulé.
- Dans ce cas, ma chérie, je passerai la soirée chez toi. Malick ne rentrera pas tôt ce soir.
- Waouh ! Je suis trop contente, Fanny !
Fanny démarre la moto, et les deux amies prennent la route, heureuses de leurs retrouvailles.