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Un amour silencieux

Un amour silencieux

Auteur:: Seojuna
Genre: Romance
Puis-je accomplir des choses malgré le fait que je ne peux pas parler ? Est-ce que je peux aimer et être aimée ? Ai-je un avenir dans un monde rempli de discriminations, d'injustices et de douleur? Voilà les questions que se pose Emma , une jeune adolescente muette qui a longtemps subi le harcèlement de ses pairs. Mais prenant courage grâce à un amour inattendu, elle va réussir à passer au delà de son handicap afin de se donner un avenir. Entre abandon, meurtres , injustices sociales et abus de pouvoir, Emma va traverser beaucoup de choses pour réaliser ses rêves.

Chapitre 1 Injuste traitement

J'ai essayé d'attraper mon corps alors que je voyais le sol se rapprocher de plus en plus de mon visage, comme au ralenti, mais mes bras étaient devenus inutiles et une fissure écœurante s'est ensuite agitée dans l'air. Ai-je sifflé, un son animal passant mes lèvres alors qu'une secousse de douleur disparaissait de mon noyau externe vers mon intérieur ; Je voulais désespérément riposter – mais je savais que cela attirerait trop l'attention sur mon corps.

Alors je me suis allongée, comme plusieurs fois auparavant, avec un groupe de filles qui m'entourent avec des sourires écœurants sur le visage. Toutes détestaient les attardés disaient elles – tous me détestaient. Et même si je les détestais en retour, je n'ai jamais levé le petit doigt contre elles. Je savais que je ne devrais pas. Donc je ne l'ai pas fait.

Un coup de pied sur le côté de mes côtes provoqua un hurlement qui s'échappa de mes lèvres saignantes, mes yeux larmoyants s'écarquillant alors que j'essayais de trouver une échappatoire à la douleur. Ma pensée, même battue, était claire comme le jour. Les blessures précédentes que j'avais soit ouvertes, soit meurtries à nouveau. Ma tête me faisait mal et je me demandais, silencieusement, s'il y avait un sédatif qui traînait par hasard pour que je puisse le prendre afin de ne plus ressentir toute cette douleur en moi.

Le leader de la bande, ou la cheffe, fronçait les sourcils et m'appelait dégoûtante encore et encore alors qu'elles donnaient des coups de pied, piquaient et riaient. J'ai combattu le besoin de pleurer ; après si longtemps, ces mots brûlaient encore un morceau de laine brûlante à l'intérieur de moi, me faisant me sentir comme une merde inutile qui parcourait le monde même quand elle ne le devrait pas. Elles m'ont appelé le mal, maudite par Dieu et le diable, un morceau de merde bizarre qui ne devrait même pas être vivante – elles m'ont appelé n'importe quoi et tout ce à quoi elles pouvaient penser.

Elles étaient environ sept. Même avec le sang qui envahissait mes yeux, je pouvais voir des silhouettes floues, mais je pouvais mieux les entendre. Chaque fois que j'étais battue, ma vue m'était arrachée, mais mon ouïe était toujours aussi fine – c'était le meilleur aspect que j'avais.

J'ai senti une autre chaussure en métal se frayer un chemin sous ma hanche. J'ai crié, effrayée pour ma vie, alors que les autres me harcelaient les côtes, mais il n'y avait rien que je puisse faire, rien que je puisse utiliser contre elles pour me protéger. Je n'avais rien ; il n'y avait rien qui pouvait me protéger. L'argent, je n'en avais pas. Amis, je n'en avais pas. Alliés, personne n'y penserait même ; au lycée j'étais considérée comme une curiosité à croire qu'être muette n'équivaut pas à être humaine. La force, je l'avais, mais je ne l'ai pas utilisée – et maintenant je suis sûre qu'avec toutes ces blessures, je ne pourrais pas l'utiliser si j'essayais. La colère, je l'avais, mais il n'y avait rien que je pouvais utiliser pour la laisser s'exprimer. J'étais, au propre comme au figuré, seule face à tous ces regards haineux et dégoûtés.

Et c'était horrible. Mon seul crime ne pas pouvoir parler. Ils m'ont évité comme la peste peut-être croyaient ils que mon mutisme était contagieux, ils m'ont laissé me faire battre par ces filles se disaient ils que je le méritais sans doute ; aucun n'est allé cherché un professeur, peut-être était-ce mieux car ces filles étaient de vraies terreurs. J'étais donc seule et abandonnée.

« Tes parents ont créé un putain de monstre... salope, c'est comme si tu ruinais le monde... » gronda la cheffe. Toutes les autres ont montré leur accord en courtisant ou quelque chose du genre, me laissant ne rien faire d'autre que gémir. Ça fait mal. Vraiment, vraiment mal – ça fait très mal. Je voulais aller ramper dans un trou et mourir, ne jamais revenir. Mais je savais que je ne pouvais pas. Elles ne pourraient plus me harceler, et ces idiotes iraient chercher d'autres innocents sans défense à battre. Parfois, la vie n'était pas juste.

« Mon Dieu, tu m'énerves... » L'une des autres grogna. La cheffe laissa échapper un rire hystérique. Cela montrait qu'elle était d'accord.

J'ai senti un autre coup de pied dur et quelques coups plus durs avant qu'elles ne se lassent de moi. L'une m'a craché dessus, puis un autre, puis les six ou sept autres et au moment où elles ont fini, mon visage était couvert de leur salive collante et dégoûtante. Je voulais vomir, oh, comment j'ai fait, mais je ne pouvais pas. Ça me ferait mal au ventre. Des pas descendirent alors ; espérons-le loin, très loin, leurs voix portant puis loin du terrain de basket. Lorsque leurs voix se sont complètement évanouies, j'ai attendu quelques minutes de plus avant d'essayer de bouger.

Le sol était froid, de toute façon. Cela aiderait mes blessures.

Un air renfrogné et une toux s'échappèrent des lèvres meurtries que je possédais, envoyant ma gorge irritée dans un tout nouveau tourbillon de douleur. Un peu de sang éclaboussa le sol à cause de ça aussi, et je dus me demander comment diable j'avais réussi à mordre autant l'intérieur de ma bouche pour la faire saigner autant. Prudemment, je me suis mise contre le mur, m'assurant de garder ma respiration lente et superficielle et mon estomac hors du sol. Mes mains tremblaient pendant que je le faisais. Au moins, le mur était cool – ça faisait du bien à ma joue meurtrie et à mon esprit endolori.

Le monde autour de moi était calme et j'en étais contente, après mon châtiment public tout le monde est rentré dans les bâtiments du lycée dans un silence qui laissaient croire qu'il n'y avait jamais rien eu à cet endroit.

Personne n'est venu s'enquérir de mon état ni a appelé les secours. Ils ont tous quitté le terrain d'entraînement sans un bruit et c'était tant mieux. Les sons ne feraient que me faire mal à l'esprit. Je n'aimerais pas du tout ça. Ma tête me faisait déjà mal et mes os tremblaient déjà – j'étais brisée au milieu de cette école immorale. Je n'avais aucune idée de comment j'allais rentrer à la maison et ce que j'allais dire à ma sœur – ou même si je le ferais. D'habitude elles ne me frappaient pas autant ce qui fait que je n'avais pas besoin de cacher les blessures. Mais cette fois elles y sont allées très fort et je me retrouve salement amochée même mon visage est horrible. Assise ici, le sang continuerait à couler et il ne s'arrêterait pas... Est-ce que je saignerais à mort ici, dans le froid ? L'auront-elles enfin fait ?

Ça n'a jamais été aussi mauvais avant. Habituellement, j'étais capable de me lever et de m'éloigner – à vrai dire en boitant, mais j'étais toujours capable de le faire. Cela m'a fait peur. Est-ce que j'allais mourir ici ? Tomberais-je enfin entre les mains du sommeil éternel ? Peut-être que j'échapperais à ce monde... Mais irais-je en enfer ? Tous le pensaient ainsi ; tout le monde pensait que j'étais un monstre et que le diable m'a créé donc je finirais par être consumée par les flammes. Peut-être que je le ferais aussi. Mais ça ne pouvait pas faire autant de mal que je le faisais maintenant.

J'ai pris une profonde inspiration et me suis penchée plus loin dans la brique fraîche et apaisante. Juste au moment où je gémissais, j'ai senti la vision que je possédais se brouiller, et la prochaine chose que j'ai su, mon cadre s'effondrait....

La dernière chose que j'ai entendue a été un grognement accablé.

Chapitre 2 Sécurité

Mon corps est lourd alors que j'ouvre les yeux et je me rends compte que je suis dans un lit...un lit ?

Je me redresse comme piquée à vive et je me tourne pour étudier mon environnement... grossière erreur je l'ai fait beaucoup trop rapidement et maintenant j'ai très mal au cou.

Je lève ma main pour masser la partie endolorie et je peux voir sur mon avant bras des bandages.

Quelqu'un m'a soigné.

Ceci étant je décide de connaître où je suis et lorsque mon esprit se calme enfin je reconnais la pièce. Un petit tiroir, une fenêtre avec les mêmes dimensions qu'un format A4, une table d'étude avec quelques livres et cahiers...exactement comme je l'ai laissé ce matin et un dressing qui n'a pas plus de vingt vêtements.

Oui en effet c'est ma chambre, je suis dans ma chambre sur mon lit et ses draps gris...aussi gris que ma vie.

J'entends des bruits de pas et je me tourne avec le son grinçant de la porte qui s'ouvre, là elle apparaît ma grande sœur Jeanne et accessoirement ma tutrice légale.

Elle me regarde avec des yeux larmoyants et je sais qu'elle a dû vraiment beaucoup pleurer car ses yeux sont rouges...rouges et gonflés.

Je me sens vraiment coupable de lui faire endurer cela elle qui a tant fait pour moi.

Je n'étais pas encore née quand mon père un policier s'est fait descendre dans les ruelles malfamées de cette ville durant une patrouille, ma sœur n'avait que onze ans et ma mère une femme au foyer avait de quoi se faire du souci avec un enfant à venir et une à nourrir.

Ma sœur m'a dit qu'elle est morte en couche mais à sa manière de le dire aussi froidement et sèchement je crois plutôt qu'elle s'est barrée... mais ça c'est ce que je crois certainement que nous sommes véritablement orphelines de père et de mère.

Elle n'avait que douze ans quand elle est devenue mon parent...à cet âge je ne sais pas si c'est possible même moi qui ai 16 ans je ne pense pas pouvoir m'occuper d'un bébé si cela venait à arriver...mais ma sœur l'a fait et a réussi...elle est ma héroïne.

Je ne vais pas lui demander non plus ce qu'elle a dû faire pour m'élever toujours est-il qu'elle a sacrifié sa vie pour m'élever et je pense qu'elle a réussi raison pour laquelle je ne veux pas la déranger avec mes problèmes.

Surtout que je sais qu'elle se sent coupable.

Quand j'avais 4 ans et je suis tombée malade...très malade elle n'avait que 15 ans et elle ne savait pas comment réagir et apparemment même les voisines ne le savaient pas.

Elles avaient cru à de la fièvre mêlée à un problème gastrique car j'étais prise de vomissements et de perte d'appétit. Elles avaient utilisé quelques médicaments qu'elles avaient sur elles ma sœur n'ayant pas encore sa paie pour m'emmener à l'hôpital nous n'avions pas d'assurance santé.

On avait cru que c'était bon mais j'avais eu une crise et le quartier se cotisant avait pu m'envoyer à l'hôpital...c'était trop tard.

Une Méningite à Hib (Haemophilus influenzae de type B) une forme de méningite bactérienne chez les enfants de moins de 5 ans.

Il existait des vaccins afin de la prévenir mais je n'en avais jamais pris un... même si le vaccin Hib ne protège pas contre ses autres affections.

Vue la gravité de mon mal j'aurais dû être sourde ou avoir des séquelles neurologiques mais même le médecin ne l'explique pas... je suis plutôt devenue muette ou presque vu que je peux émettre quelques sons et dire quelques mots simples même si c'est tellement laid à entendre que j'ai dû arrêter d'essayer de parler et de juste faire des signes.

C'est aussi parce que ceux et celles qui me harcèlent avaient plus d'entrain à le faire quand ils m'entendaient grogner comme une bête...leurs propres mots.

J'ai appris à ne faire que le langage des signes et c'est ainsi qu'aucun son n'est plus jamais sorti de ma bouche.

Ma sœur s'en est toujours voulue...elle ne le dit pas mais je le sais.

Souvent elle s'assoie dans sa chambre et se met à pleurer se rendant coupable de mon malheur... pourtant moi je ne lui en veux pas , elle n'était qu'une enfant et elle m'a toujours si bien traité.

Si je n'avais pas été là elle serait certainement plus heureuse et aurait accompli tellement de grandes choses alors non je suis heureuse de l'avoir comme sœur.

Ce n'est aucunement de sa faute si le destin n'a pas été clément avec moi et que les gens autour de moi sont si rétrogrades.

« Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Pourquoi avoir caché que tu te faisais harcelée à l'école ? »

Je reste silencieuse. Pourquoi ? je ne sais pas peut-être parce que je ne voulais pas qu'elle ait encore à se plier en quatre pour moi. Pourquoi ? Parce que je n'ai plus envie qu'elle s'inquiète et se sente coupable à cause de moi ...non je ne voulais plus que cela arrive alors j'ai préféré le garder pour moi.

C'est stupide n'est-ce pas ? Peut-être que ça l'est vu l'état dans lequel je me suis retrouvée après que ces filles m'aient autant frappée mais je pensais aussi que ça serait comme d'habitude. Qu'elles allaient juste me frapper légèrement tout en évitant de laisser des marques mais apparemment elles avaient décidé de passer à la vitesse supérieure et à me ruiner... à me tuer car j'ai été presque morte.

Je soupire et lui parle à ma manière.

** Comment tu as su ce qui m'est arrivé ? L'école t'a appelé ?**

Il y'a un temps d'arrêt, en effet ma sœur a du mal à comprendre facilement le langage des signes et il lui fait donc un moment avant d'identifier les signes et de les comprendre afin de me répondre.

« Non ... en fait j'ai donné 10$ à un de tes camarades celui qui vit de l'autre côté de la rue pour qu'il m'appelle si tu as un problème à l'école »

Face à mon regard assez perdu elle soupire et continue de parler.

« Il y'a une semaine quand t'es rentrée et que je t'ai demandé s'il y'avait quelque chose dont tu voudrais parler mais tu as dit non... j'avais vu les bleus sur ton ventre et sans que tu ne me parles je ne pouvais rien faire alors j'ai décidé de voir ce garçon pour qu'il me dise quad il remarque quelque chose.

J'ai baissé la tête de culpabilité... ma sœur se retrouve encore à veiller sur moi tout en gâchant ses économies pour moi. Et ce garçon ne pouvait-il pas juste appeler à l'aide ? Il a fallu que ma sœur lui donne de l'argent pour le motiver à aider une personne dans le besoin. L'être humain court vers sa propre perte.

** Ce n'est rien**

C'est stupide de le dire alors qu'elle m'a trouvée presque morte n'est-ce pas ? Mais je ne veux pas qu'elle aille voir ces filles et se mette dans des problèmes Inutiles.

Elle fait une tête abattue alors qu'elle vient s'assoir sur le lit près de moi et me caresse la tête.

« Je suis avec toi peu importe qui se dresse devant toi je te défendrais je veux juste tu me fasses confiance avec ta sécurité »

Je hoche la tête et elle me sourit avant de reprendre son visage solennelle.

« J'y ai réfléchi depuis quelques temps et je pense que je vais te changer de lycée »

Je me redresse rapidement, non c'est pas bon elle doit économiser me changer de lycée maintenant serait trop compliqué et en plus il n'y'a que deux lycées dans notre petite ville, celui où j'étais et l'autre qui est un peu plus élitiste ce qui fait qu'il est aussi plus cher.

** Non ça peut aller tu ne dois pas t'en faire je gère**

« Ça ne va pas au contraire tout est une catastrophe je dois te protéger...je sais que tu réagis comme ça à cause des frais scolaires mais j'ai des économies tu sais ta grande sœur n'est pas si pauvre ... rien n'est plus important pour moi que de te permettre d'être en sécurité peu importe ce que je dois faire pour cela.

Les larmes coulent seules alors que ma sœur me prend dans ses bras.

« Dès la semaine prochaine tu vas aller au lycée près de la mairie...je te promets que tu y seras plus heureuse. »

Je hoche juste la tête en espérant que réellement ça sera le cas et ai bout d'un moment ma sœur se lève et va me préparer à manger.

Demain elle ira demander une lettre de transfert en espérant que je serai prise. Je ne sais pas pour mon infirmité mais j'ai toujours eu de très bonnes notes alors pour ce cas là je ne m'inquiète pas.

Le reste de la soirée se passe pour le mieux ma sœur aux petits soins avec moi tandis que la nuit tombe rapidement sur notre petite ville et je suis de nouveau à un nouveau jour.

Une journée qui passe rapidement et quand il est 14 heures ma sœur revient avec la lettre de transfert... je me sens coupable car elle a encore manqué son travail à cause de moi et que demain elle le sera également. Elle est en plus payée par heures de travail ce qui fait qu'elle a perdu énormément aujourd'hui et va encore le faire demain également.

« Ne fais pas cette tête toutes tes pensées sont tellement visibles ... »

Elle glousser et ça me détend.

« Bien ma chérie je vais aller me reposer un peu si tu as besoin de moi tu viens me chercher ok ? Et surtout ne sors pas encore si tu as une course ...il y'a ces voyous dehors »

Les voyous ... ce sont des jeunes qui arrachent les affaires des passants des petits pickpockets en somme. De toutes les façons je n'allais pas sortir alors il n'y'a pas vraiment de mal.

Je hoche la tête et je vais me recoucher car mon corps est en miettes et il a besoin de repos.

Chapitre 3 Fragile et conscience.

Ma sœur avait eu beaucoup à faire et à donner pour que je vois sur son visage doux ce sourire satisfait et fier qui ne signifiait qu'une chose, j'étais acceptée dans ce lycée.

Je souris de manière complaisante pas que le fait que ma sœur ait réussi à me trouver cette place et ainsi me protéger de mes harceleurs m'ait déplu non loin de là comme j'ai l'habitude de le dire ce que ma sœur fait pour moi est inestimable et je ne saurais lui en être assez reconnaissante.

Non ce qui me chagrine ce sont les sacrifices qu'elle consent à faire pour moi, je ne veux pas insulter ses efforts non ça me touche vraiment et ça me fait plaisir mais le souci est que ça me donne des cas de conscience. Ma pauvre sœur, elle qui est si jeune et si belle à cause de moi ne peut pas profiter de sa jeunesse, elle ne peut même pas aller s'amuser avec ses copines...si tant est qu'elle a du temps pour s'en faire, elle ne peut pas s'offrir les fringues qui lui plaisent et à bientôt 28 ans elle n'a pas encore eu de vraie relation amoureuse.

Elle me dit qu'elle heureuse en s'occupant de moi mais ça ne me fait pas plaisir de voir ma sœur aussi solitaire et si peu mise en valeur. Elle se démène tellement pour moi j'aimerais tellement lui apporter un peu de réconfort par moment, ne pas être une source de soucis et de tracasseries pour elle tout le temps ; qu'elle arrête de s'inquiéter tout le temps pour moi alors qu'elle a aussi une vie à vivre.

J'aurais même souhaité que ce garçon à qui elle a donné 10$ pour la prévenir en cas de souci au lycée ne soit qu'un petit escroc et qu'il ne l'ait pas prévenu au moins elle n'aurait pas eu à faire cette dépense imprévue alors que nous n'arrivons même pas à manger à notre faim tous les jours.

Si seulement je pouvais trouver un travail à faire, un petit boulot après le lycée de nombreux camarades le font. Dans un café, dans une boutique de CD, il y'a tellement de petits jobs pour lycéens mais le hic avec moi c'est ...moi. Je ne pourrais pas travailler décemment avec mon infirmité et je ne pense pas que quelqu'un voudra bien m'engager. Je vais continuer à être une inutile et une charge pour ma sœur jusqu'à ma mort car même après mes études je ne suis pas sûre que je pourrais travailler.

J'aimerais tellement arrêter d'aller à l'école pour plusieurs raisons en fait, il y'a d'abord les brimades et harcèlements mais la raison la plus importante c'est ma sœur...je pense qu'elle fait un effort inutile en me forçant à aller à l'école pour un avenir incertain. Mais elle est tellement heureuse quand elle lit mes bulletins de notes, elle me dit à chaque fois que je suis très intelligente et que je suis vouée à un grand avenir plus tard. Je ne discute pas car ses yeux brillent tellement en le disant que je ne peux pas me comporter comme une ingrate alors que pour m'élever elle a sacrifié son éducation – si aller à l'école peut faire en sorte qu'elle soit heureuse alors je vais le supporter et promis quoiqu'il se passe au lycée cette fois je vais faire de mon mieux pour garder le sourire et le dissimuler au mieux afin qu'elle ne s'inquiète de rien.

Je veux que ma sœur ait sa propre vie à mener peu importe la douleur et la souffrance dont je devrais faire face pour qu'elle y parvienne. Ma sœur mérite tout ce qu'il y'a de meilleur sur cette terre et je vais faire en sorte qu'elle l'obtienne.

Je reporte mon attention sur ma sœur et lui sourit cette fois avec sincérité je vais me battre à mon niveau pour ne plus être une source d'inquiétude pour Jeanne.

« Devine qui est maintenant élève au lycée de Central ? »

Je pouffe en levant les épaules comme si je n'en savais rien, j'aime bien nos moments ensemble où elle fait mine de me surprendre et où je fais mine d'être surprise.

« Toi ma chérie... ah le proviseur a été très impressionné par tes notes et a même dit que tu es un génie il te veut dans son lycée alors tu commences lundi sympa n'est ce pas ? »

Oui c'est sympa mais et pour mon infirmité il n'a rien dit ? Je ne sais pas si ma sœur lui a parlé du fait que je suis pratiquement muette, j'ai peur qu'elle ne l'ait pas fait, elle élude le plus souvent cet aspect pour ne pas me discriminer mais elle a beau le nier c'est le cas... je suis atteinte de mutisme et le refuser ne changera pas la réalité des choses.

Je pense que mon visage est assez expressif car elle pose sa main sur mon épaule et me sourit tendrement avant de parler de nouveau.

« Ne t'inquiètes pas, il sait car dans ton dossier j'ai ajouté ton certificat médical avec tous les détails nécessaires. Il a dit qu'il n'a pas de soucis avec cela tu es une élève brillante et c'est ce qui compte »

Je relève le visage heureuse par cette nouvelle et même si c'est un peu exagéré comme réaction je suis heureuse, oui très heureuse serait-ce l'invitation à un nouveau départ ? J'espère juste que les choses se passeront pour le mieux cette fois.

« Bien je vais y aller je vais me reposer je suis épuisée »

J'imagine.

Elle se lève et est sur le point de partir dans sa chambre mais je lui tiens le vêtement pour attirer son attention sur moi, elle se retourne intéressée et me sourit, elle a toujours ce sourire aimable et souvent j'ai l'impression que la discrimination commence ici à la maison car ma sœur est toujours entrain de me protéger je ne sais pas de quoi mais elle pense en me traitant avec autant de gentillesse et de délicatesse que je suis fragile et faible pourtant je ne le suis pas...plus maintenant car j'ai affronté beaucoup de choses difficiles dans ma courte existence qui ont fait que maintenant je ne pense plus que je sois si faible. Je peux faire certaines choses dont elle me pense incapable maintenant.

« Qui y'a-t-il ma chérie ? »

** Je vais faire à manger**

Elle se renfrogne un moment avant de me sourire et de soupirer.

« Ah fallait me dire que tu avais faim je vais me mettre aux fourneaux immédiatement »

Je fais une expression blessée, je n'ai pas faim ce que je voulais en fait c'est de l'aider en étant à la maison j'ai fait toutes les tâches ménagères je pense que c'est la raison pour laquelle elle a fait cette tête un peu dépitée à son retour. Jeanne n'aime pas que je fasse la moindre tâche et ça me frustre car j'ai l'impression d'être une incapable.

Je baisse naturellement la tête de tristesse, même si je décide de lui dire je suis sûre qu'elle ne voudra pas entendre raison et me demandera de me reposer. C'est ce qu'elle me dit chaque fois que je veux faire quelque chose.

J'aimerai tellement qu'elle me fasse confiance pour une fois.

« Bien laisse moi quelques minutes et je te rapporte une délicieuse soupe avec du poisson...tu veux des patates avec ? »

Je ne fais aucun mouvement et elle me caresse la tête avant de sortir de ma chambre non sans me demander de me reposer car j'en ai besoin après ce qui s'est passé.

Je m'allonge sur mon lit tendant les bras de chaque côté de mon corps et des larmes se mettent à couler seules, suis-je si incapable aux yeux de ma sœur ? Non je ne pense pas qu'elle le croit vraiment c'est juste que je ne lui ai jamais donné l'opportunité de lui prouver que moi aussi je peux, que je suis capable de choses qu'elle ne pourrait soupçonner.

Je ne suis pas si fragile qu'elle veut le croire.

Je ne sais pas quand est-ce que je me suis endormie mais je sens mon corps remuer comme si quelqu'un est entrain de me secouer et finalement j'ouvre les yeux.

« On se réveille petite marmotte j'ai fini de faire à manger tu viens ? Avant que ça ne refroidisse »

Je hoche la tête avant de lever mon corps lourd de sommeil et encore douloureux des coups du traitement de mes assaillantes d'il y'a quelques jours.

Je gémis de l'effort de redresser mon corps et ma sœur se précipite pour m'aider, c'est un geste attentionné mais je ne sais pas pourquoi ça me blesse mais je ne peux pas le lui dire. Je ne veux pas la blesser elle ne le mérite pas.

Si seulement je n'étais pas muette, peut-être je pourrais l'aider. Non ça va aller je vais changer ma sœur mérite que je sois digne d'elle, de ses efforts et je le serais.

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