- Maman fait vite voyons, je n'aimerais pas du tout être en retard ahhh
Ma mère me regardait d'un air moqueur et se demandait pourquoi j'étais si agitée alors que ce n'était même pas encore la rentrée.
Vous vous posez la question de qui je suis? Alors je vais attiser votre curiosité.
Je m'appelle Laïla Ba, je suis un beau bout de femme avec un comportement assez trempé. Oui oui, je sais je ne suis pas tout le temps facile, on dit parfois que je suis à la limite un garçon manqué. Mais ce n'est pas de ma faute voyons, je suis la benjamine à la maison, et il se trouve que je suis la seule fille de mes parents. Mais bon, ils ont bien voulu me donner deux grands frères, Ahmed le plus âgé et Khalil, qui vient juste avant moi. Ma relation avec mes frères...bah une relation normale, vous savez lorsqu'ils font les hommes de la famille et surprotègent leur petite soeur "adorée".
Donc revenons à nos moutons, je suis actuellement entrain de me tortiller dans la voiture de ma mère qui me dépose à l'école pour des cours de vacances. Je suis très excitée à l'idée de retrouver mes amis, mais surtout ce qui me rend toute joyeuse c'est d'enfin commencer mes cours du collège.
Cette année, mes parents m'ont inscrite dans l'un des lycées les plus huppés de la capitale, maintenant je fais partie de la cours des grands.
Une fois arrivée je fais une bise très rapide à ma mère puis descend de la voiture presqu'en courant. J'entends de loin ma mère me dire que ça sera le chauffeur qui viendra me chercher à la descente.
- Laïlaaaaaaaa!!
L'instant d'après quelqu'un me sautait sur le coup! Haha c'est ma copine Matou. Matou est comme on peut dire une amie avec laquelle on s'entend super bien et avec laquelle on se tape des délires à n'en plus finir.
- hey ma chérie Matou, ta folie n'a pas du tout diminuée pendant ces vacances lol.
- haha très drole, toi aussi tu m'a manquée, alors tu étais finalement partie aux USA? Je vois que tu as sorti le grand jeu aujourd'hui en matière de vêtements.
En fait je suis née aux États Unis, mais mes parents vivent en Guinée. Pour les vacances c'était pas possible cette année mais bon mon frère qui y était allé m'avait ramené une valise de nouveaux habits, so je fais un peu ma star haha.
Avec Matou, on est parti rejoindre les autres en parlant de tout et de rien lorsqu'on entendit l'alarme qui nous incitait à rejoindre chacun sa classe respective.
Je suis de personnalité assez renfermée surtout avec les personnes que je ne connais pas. Et vu que c'était des cours de vacances, forcément il y avait beaucoup de visages inconnus.
On débuta ce jour avec des cours de Maths, tout ce que j'aime. Le prof parlait et il avait réussi à attirer toute notre attention lorsque la porte s'ouvrit avec fracas pour laisser entrer un garçon, ado, de mon âge, avec une mine lasse mais sereine. Il a murmurer des excuses au prof et est parti s'asseoir devant.
J'étais un peu agacée je ne sais pourquoi, peut être à cause de cet air suffisant, qu'il affichait, qui sait?
Un moment, toute la classe était entrain de bavarder et le prof, pour calmer tout ce beau monde posa une question. Chacun regardait son voisin et ne sachant quoi répondre.
Je vis une main se lever et une voix douce et clair répondre de façon distinct à la question. Même le prof était bouche bée.
- c'est exact jeune homme, dit le prof. Pouvez vous me rappeler votre nom?
- Boubacar, monsieur, je m'appelle Boubacar Sow.
- eh bien Mr Sow, vous venez de répondre à une question du niveau de la 4e année! S'écriat le prof l'air étonné mais satisfait.
Moi après avoir attentivement observé la scène, tout ce que j'avais retenu c'était "Boubacar".
Je me tourne lentement vers Matou:
- eh Matou, tu as vu celui qui est devant là, et qui vient de répondre à la question? Lui dis en le pointant du doigt.
- oui biensur, comment je peux le rater? En plus regarde comment il est mignon avec ses lèvres rose... dit elle avant de glousser.
- eh bah cache ta joie ma cocotte parce que tiens toi bien, un jour cet homme fera de moi sa femme, devant Dieu et les hommes. Terminais je l'air satisfaite.
Matou me regarda un sourire moqueur aux lèvres et très vite nous reprenons le fil des explications.
"Un jour, il fera de moi sa femme"
Cette phrase dite comme ça, de la façon la plus innocente, Laïla etait loin de se douter du haut de ses 13 ans que son destin était effectivement lié à celui de Boubacar mais que la vie leur réservait bien des surprises pas forcément agréables.
Maya
une rencontre pas du tout fortuite
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Plusieurs semaines sont passées et les jours se ressemblaient. Les cours de vacances étant terminés laissaient place au début des cours depuis un mois déjà.
Driiiinnnnng !!! Arrhghh ce fichu réveil qui sonne. Aujourd'hui je ne me sens pas du tout d'attaque pour aller à l'école, je crois que je vais simuler une maladie peut être que mes parents me laisserons paresser un peu dans mon lit.
C'est en imaginant mon plan diabolique que je reçu un message de Matou me disant qu'elle devait absolument me voir aujourd'hui, car elle avait quelque chose de très important à me dire. Je range mon téléphone en soupirant et traine mes pieds jusqu'à la salle de bain. Comme une automate, je me brosse les dents et s'en suivi une longue douche chaude. Ensuite je me dirige vers mon dressing et sort un jean noir et un t-shirt rouge, voilà qui fera l'affaire pensais-je.
Je n'aime pas vraiment parler de mon physique mais je crois que ça vous permettrait de mieux cerner mon personnage. Je suis comme on peut dire une enfant très en forme avec des rondeurs. On me fait des fois des remarques sur mon poids mais je m'en fou royalement. J'ai un teint caramel et des cheveux qui me tombent sur les épaules. Je préfère m'habiller très relax, jeans, t-shirt... je mets même souvent des casquettes lol. Je crois que la plus belle partie de mon corps ce sont mes yeux. J'ai des yeux en amande, clair avec un iris qui tire vers le brun.
C'est la rentré depuis un mois et malgré je sais que tout le monde sera sur son 31, encore... Mais je m'en fou royalement, toute la façon, toute cette féminité, moi, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Mais pendant une seconde j'ai pensé à LUI et je n'ai pas pu empêcher les battements désordonnés de mon cœur. Je crois que je devrais faire un effort sur mon code vestimentaire si je veux qu'il me remarque. Donc aujourd'hui j'ai décidé de laisser tomber mes cheveux sur mes épaules.
Boubacar... durant tous les cours de vacance on ne s'est pas parlé même une fois et d'ailleurs ca à continuer même après le début des cours. En ce qui le concerne, je me suis totalement trompée sur sa personnalité. Je croyais avoir à faire à un intello GEEK qui passait son temps fourré dans ses cahiers, mais non ! En plus d'être très intelligent, il s'est fait aimer de tous et fait partir de la bande des gars les plus stylés du collège. Et mon Dieu, qu'il est mignon ! Il est très grand pour quelqu'un de notre âge et il a un teint noir très éclatant. Ce qui frappe le plus c'est sa bouche... avec de belles lèvres roses qui s'étirent pour laisser voir un sourire éclatant avec une dentition parfaitement blanche. J'ai tellement rêvé d'embrasser cette bouche.... Mais qu'est-ce que je raconte ?! Je devrais avoir honte de moi, tout ça, tous ces sentiments, ça ne me ressemble pas.
- Laila !!! tu sors, ou tu voudrais que je te traine dehors en te tirant les oreilles ? crie ma mère depuis la terrasse.
- J'arrive Mom. Je termine rapidement de me brosser les cheveux, me regarde dans le miroir d'un air satisfait, je tire mon sac et me dirige vers la voiture ou m'attendait déjà le chauffeur.
J'habite à environs 20 minutes de l'école, confortablement assise à l'arrière de la voiture je regardais à travers la fenêtre et me demandais bien de quoi Matou, voulait me parler. J'étais encore perdue dans mes pensées quand, un peu plus loin, j'aperçu une silhouette que je reconnaitrais parmi mille. Mon cœur, ce traitre, se mit à battre de façon désordonné. Mais qu'est-ce qu'il fait là lui ?
- Sylla, s'il te plait peux-tu arrêter la voiture ? dis-je au chauffeur.
L'instant d'après la voiture s'immobilisa juste devant cette silhouette et j'eu la conformation que c'était lui... Boubacar.
Je pris mon courage à deux mains puis descendis de la voiture, il s'était arrêté et me regardait de façon impassible jusqu'à ce que je me plante devant lui.
- Euh Bonjour, lui dis-je en regardant mes mains. J'avais perdu toute ma confiance devant tant de beauté. Il était habillé tout en noir et malgré son teint cette couleur lui allait tellement bien.
- Bonjour, Laila ? c'est ça ? me dit-il avec un sourire innocent.
- Tu... tu connais mon nom ? balbutais je.
- Bah oui je te rappelle qu'on a passé deux mois entier dans la même classe, me réponds il moqueur.
Je sentais mon malaise monter et aussitôt, je regrettais pourquoi j'ai demandé à ce qu'on arrête la voiture. Reprenant ma contenance, je luis dis :
- Ecoute, je m'en vais à l'école, quand je t'ai vu j''ai cru comprendre que toi aussi. Donc je me suis arrêtée pour savoir si tu veux y aller avec nous. Je terminais ma phrase en lui montrant la voiture.
Il hocha la tête et me suivi. On s'est tous les deux mis à l'arrière et je retenais presque mon souffle. Son parfum avait pris l'habitacle de la voiture et même étant de l'autre côté de la voiture il m'intimidait avec tant de charisme.
Pendant 5 minutes nous roulions dans un silence très lourd, lorsqu'il décida de le rompre sentant ma gêne.
- Alors, tu habites aussi dans le quartier ? il me regardait dans les yeux.
- Oui, oui ; murmurais je pathétique
- Euh moi en fait je vis avec ma sœur qui s'est installée ici il n'y a pas longtemps. Me dit-il, me regardant toujours.
- Oh d'accord, je vois.
Je crois qu'il s'est rendu compte que je ne voulais pas trop me taper la causette, en tout cas il ne dit plus rien et le reste du trajet, il se tourna du côté de sa fenêtre.
Moi de mon côté, je ne savais pas ce qui m'arrivait, je ne comprenais pas tous ces sentiments qui me traversaient. Jamais je ne me suis sentit comme ça, pourtant je suis une fille avec un caractère très trempé et étant entouré que de garçons à la maison, la majorité de mes amis sont des garçons. Ce qui fait que je suis parfaitement à l'aise avec le sexe opposé, mais pourquoi pas avec lui ? Et en même temps je me posais tellement de questions. Pourquoi il ne vit pas avec ses parents ? Pourquoi malgré tant de beauté je décèle une grande tristesse cachée derrière ce regard ?
Arrivé à l'école, il me remercia très rapidement et descendit de la voiture sans attendre ma réponse. La seconde d'après je le suivi et inspirais d'un grand bol d'air comme si j'étais restée tout ce temps sans respirer. Je crois que je ne suis pas prête à revivre cette expérience de nouveau. De loin je vis Matou m'attendant sur notre lieu de rendez-vous habituel du matin. Dès qu'elle me vit, elle se précipita vers moi.
- Ahh ma chérie, tu ne devineras jamais avec qui je suis venue à l'école aujourd'hui, lui dis-je dès que je suis arrivée à son niveau.
- Qui que ce soit, ça peut attendre d'abord, j'ai un super gros scoop pour toi, me dit-elle les yeux brillant et un sourire satisfait.
Mon cœur se mit à battre plus vite, pourquoi j'ai l'impression que je ne vais pas aimer ce qu'elle va me dire.
- J'ai appris que Boubacar et Saran sortent ensemble et que c'est très sérieux d'ailleurs, tient les voilà ensemble regarde. Me dit-elle. Mon cœur fit un raté.
Comme une automate, je me retourne et le spectacle qui s'offre à moi, non je ne peux pas, je ne veux pas voir ça.
Saran et Boubacar en train de se faire un câlin, Saran se hissant sur ses pieds et faisant un bisou sur la joue de Boubacar, et ce dernier lui souriant de toutes ses belles dents. Non ! S'en était trop !! Mais qu'est-ce que j'ai bien pu rater moi dans cette histoire ?? Non je ne peux pas l'accepter, je ne sais pas pourquoi mais j'ai la ferme conviction que lui et moi nous avons été fait l'un pour l'autre. Et je ne suis pas prête de laisser tomber comme ça, sans rien faire. C'est pourquoi, sans réfléchir, je me dirigeais vers eux, les mains tremblant, en ignorant les appels d'une Matou qui ne comprend surement pas, le pourquoi de ma réaction.
: la Friend Zone
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Et je ne suis pas prête de laisser tomber comme ça, sans rien faire. C'est pourquoi, sans réfléchir, je me dirigeais vers eux, les mains tremblant, en ignorant les appels d'une Matou qui ne comprend surement pas, le pourquoi de ma réaction
Plus je m'approchais plus je regrettais cette décision de venir lui parler. Mais qu'est ce qui m'a pris bon sens ??
Le couple s'était alors arrêté et Boubacar me fixait toujours égal à lui-même avec son air impassible. Et Saran... elle se contentait de me regarder de manière suffisante prenant ces grands airs dès que je fus près d'eux
- Alors comme ça Big Mama, tu viens nous adresser la parole aujourd'hui, lance-t-elle
Hummm mon esprit commence déjà à bouillonner. Parmi toutes les filles du collège, il a fallu que ça soit cette peste de Saran qu'il ait choisi pfff. Bon il faut avouer que coté physique, mère nature a été très gentille avec elle.
Vous savez au secondaire, on a toujours cette fille super canon et bah nous on a Saran.
Son père est un grand et très riche fonctionnaire du pays et elle ne rate pas une seule occasion pour nous le rappeler. En plus d'être très belle avec un teint brun digne d'une malinké, elle a aussi la très grande chance d'être en forme.
Contrairement à la majorité des filles de notre promotion, Saran a déjà ses seins qui ont poussés et un jolie popotin qui orne son derrière. Moi en face d'elle je ne vaux rien du tout
Apres avoir soupiré d'exaspération et avoir ignoré ca remarque à la limite blessante, je me tourne vers Boubacar et lui dit que j'aimerai lui parler en privé
- Ah ça non bébé, tu ne vas quand même pas la suivre !! peu importe ce qu'elle a à te dire elle peut bien le faire devant moi
- Et si elle n'en a pas envie ?? réponds-t-il calmement en me suivant.
J'affichais un air satisfait en narguant cette Saran, mais très vite je perdis mes moyens lorsque je me rendis compte qu'on était seul et qu'il me fixait attendant surement t que je lui dise ce que je lui voulais
- Euh... tu... tu es très vite descendu de la voiture tout à l'heure voilà pourquoi je n'ai pas pu te le dire plutôt
- Bahh...Laila, durant tout le trajet, tu es restée très silencieuse, tu ne me répondais à peine, à la limite j'avais l'impression que tu ne pouvais pas me respirer, donc c'est tout à fait normal que je parte dès notre arrivée.
- Euh... oui.. c'est que...
- Regarde-moi !
- Hum ? quoi ?
- Regarde-moi, tu ne me regarde jamais quand tu me parles, depuis le début. D'ailleurs tu ne m'as jamais vraiment regardé. J'ai la ferme intention que tu me fuis en quelque sorte. Voilà pourquoi depuis tout ce temps je t'ai laissé dans ton coin et on ne s'est jamais adressé la parole.
J'étais...., comment dire ? Bouche bée !!! Je relève ma tête tout doucement. Arrêtant en même tant de me tortiller les doigts, et là je plongeais mon regard dans le sien. J'ai eu une vrai sensation de mal être mais en même temps un bien indescriptible. C'est fou toutes les sensations et tous les sentiments que je découvre avec lui... à cet âge
- Voilà qui est mieux, me dit-il. Alors tu disais quoi tout à l'heure
- Euh en fait, je me disais, enfin, je ne sais pas. Mais je me demandais, vu qu'on fait le même trajet tous les jours, si tu voulais venir avec moi et mon chauffeur au lieu de te lever tôt pour prendre un taxi. On pourra même rentrer ensemble si tu le veux.
- Ahh ... c'est très gentil de ta part de me le proposer, mais tu sais je n'aimerai pas t'imposer ma présence tous les jours, pas après ce que j'ai vu aujourd'hui. Me dit-il avec tellement de douceur que j'ai eu l'impression que ce n'était pas à moi qu'il s'adressait.
- Non, non, je t'assure que ça ne me dérange pas. Et je promets de ne pas faire la tête durant tout le trajet, lançais-je presque dans un souffle.
Il marqua une pause comme pour réfléchir.
- Bien alors, encore une fois merci pour ta proposition, on fera comme tu veux.
- Ok cool, aujourd'hui on rentrera ensemble, comme ça tu me montreras chez toi et demain je passerai t'y chercher.
Il me sorti son sourire ravageur, de la façon la plus innocente, avant de tourner les talons et de se diriger vers une Saran qui a surement suivi notre conversation de loin et qui apparemment, semblait bouillir de l'intérieur. Ohhh que je m'en fiche d'elle..
Moi aussi de mon côté, je retournais auprès de Matou qui s'empressa de me demander ce que j'étais partie faire avec Boubacar, heureusement, je fus sauvée par la sonnerie de l'alarme qui nous indiquait de rejoindre nos classes respectives
Toute la journée je suivis mes cours de façon très distraite, pensant et repensant à comment mon retour à la maison se passera aujourd'hui avec Boubacar
Depuis notre première rencontre j'ai cultivé un sentiment pas très saint à son égard. Je ne comprends pas vraiment ce qui me trouble autant chez lui, ni pourquoi cela m'arrivait à moi, maintenant. Et le plus important pourquoi il a fallu que ça soit lui ???!
Un brouhaahaa énorme me sortit de ma rêverie et je compris que les cours étaient terminés et que chacun essayait de sortir de la classe. Ohh pauvre de mes parents !! S'ils savaient qu'ils payaient mes études tellement chères et que moi au lieu de travailler comme il se doit je me met à rêver d'un homme qui n'est même pas le mien, oh je n'imagine même pas ce qu'ils me feraient. Je crois que mon père me vendrai au enchères. Hahaha
Je me dépêchais de ranger mes affaires et sorti de classe, devant le bâtiment je vis Boubacar m'attendant son sac au dos et avec une main dans la poche
Dès que j'arrivais à son niveau je le vit sourire puis je lui rendis son sourire, et sans dire un mot, on se dirigea vers notre voiture
Le trajet se déroula dans une ambiance plutôt gaie. Il me raconta ces cours, vu qu'il faisait la 6e A et moi la B.
je le regardais parler des notions qu'ils ont apprises de manière tellement passionnante. Qu'a un certain moment, sans le vouloir j'ai éclaté de rire
- Quoi ?
- Non rien, hahaha, pendant toute la journée tu étais en classe et là au lieu de relaxer et penser à autre chose tu te mets encore à me parler de ton cours de SVT ?? tu es sérieux là ?
- Ahh ca non, si tu me connaissais vraiment, tu saurais à quel point j'adore les études.
- Mdr, de toutes les façons, nous rentrons dans le quartier là, tu devrais indiquer au chauffeur la route de chez toi.
Arrivé derrière sa maison, il me remercia encore une fois, remercia le chauffeur, et descendit de la voiture en me soufflant un « à demain Laila »
- Soit prêt à 7h30 !!!lui lançais- je, en ignorant les battements désordonnés de mon cœur.
Depuis ce jour, lui et moi on s'était instauré une routine bien à nous. Le matin je passais le chercher et il me ramenait des beignets « fait maison » par sa sœur. On les mangeait ensemble en discutant de tout et de rien jusqu'à l'école. Et le soir on rentrait ensemble, toujours égal à lui-même, me racontant comment ses cours se sont passés
Il est aussi venu chez moi et j'ai dû le présenter à mes frères. Je vous épargne le long interrogatoire que Khalil lui a fait passer, lui demandant si on était de la même classe, ce qu'il cherchait derrière moi, etc. laissant ce pauvre Boubacar dans un malaise sans précédent
Mais très vite, il est devenu un membre de la famille, enfin presque. Il venait même à la maison, et mon Khalil nous faisait réviser les Maths
Moi aussi, après tous les vas et viens que j'ai dû faire chez lui, sa sœur a fini par se prendre d'affection pour moi
On a appris à se connaitre, il me parlait de sa famille et c'est ainsi que j'ai appris que ses parents avaient divorcé quand il était plus jeune et que sa mère vivait aux Etats Unis. Voilà pourquoi sa sœur l'a récupéré avec elle
Nous avons passé toute l'année scolaire ainsi. Nous étions amis. Comme il le disait à qui voulait l'entendre, jétais sa meilleure amie. Mais moi, après tout ce temps, je n'arrivais pas à le voir comme un simple ami. Il n'était plus avec Saran depuis longtemps, parce que comme il le dit « on est pas compatible »
Moi, durant tous ces mois, rien n'a changé. Je ne sais pas ce que je ressens, mais je sais que c'est quelque chose de très fort. Quelque chose que je n'arrive pas à contrôler, quelque chose qui grandit tous les jours un peu plus, quelque chose qui fait que j'ai envie de le voir tous le temps, quelque chose qui fait que j'ai besoin de lui parler à tout moment
Non !! C'était trop frustrant de le garder pour moi. C'est pourquoi, ce jour-là, couchée dans mon lit, je me promis de le lui dire dès la rentrée prochaine. Il faut que je lui dise ce que je ressens, l'effet qu'il me fait, mais à quel prix ?? Celui de notre amitié.