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Un Pacte Avec Le Diable Masqué

Un Pacte Avec Le Diable Masqué

Auteur:: Bruno Fletcher
Genre: Moderne
L'odeur âpre de l'hôpital me poignardait, tout comme la vue de mon frère, Pierre, brisé, son corps martyrisé sur ce lit, victime de ceux qui nous avaient déjà volé notre père. Mon père, Jacques Dubois, détective acharné, mort pour avoir touché de trop près la corruption qui rongeait cette ville, laissant derrière lui des dossiers oubliés et des ennemis puissants. Quand j'ai tenté la voie légale, la police m'a repoussée, mon indignation traitée avec un mélange de pitié et d'agacement, mon dépôt de plainte classé sans suite comme une vulgaire feuille morte. L'humiliation cuisante et l'impuissance des forces de l'ordre m'ont battue, me laissant à terre, le genou ensanglanté, mais l'âme bien plus meurtrie encore. De retour au cabinet paternel, l'odeur de papier vieilli et de tabac froid m'a guidée vers cette boîte scellée, son dernier héritage : « Les Impossibles » – des affaires non résolues, une toile de corruption que lui seul avait commencé à démêler. Ce soir-là, devant la Tour Moreau, ce gratte-ciel de verre et d'acier, symbole de l'empire corrompu d'Auguste Moreau, je me suis posée une question. Comment combattre un monstre qui avait déjà terrassé mon père et mon frère, laissant ce dernier à peine vivant, un simple souffle ? La justice légale s'était avouée vaincue, mais je n'abandonnerais pas ; je me suis avancée, non pas pour l'accuser, mais pour lui offrir mes services, la plus audacieuse et terrifiante des trahisons. Face à Auguste Moreau, l'homme qui avait orchestré notre malheur, j'ai présenté l'impensable : devenir son alliée, manipuler son monde de l'intérieur, armée du savoir de mon père sur ses faiblesses. Mon plan était d'orchestrer sa chute ; non pas une vengeance rapide, mais une dissolution lente et méthodique, pour lui ôter tout ce qu'il possédait, jusqu'à ce qu'il soit aussi brisé et seul que mon frère. Moreau pensait avoir engagé une conseillère, mais il avait en réalité invité une empoisonneuse dans son antre.

Introduction

L\'odeur âpre de l\'hôpital me poignardait, tout comme la vue de mon frère, Pierre, brisé, son corps martyrisé sur ce lit, victime de ceux qui nous avaient déjà volé notre père.

Mon père, Jacques Dubois, détective acharné, mort pour avoir touché de trop près la corruption qui rongeait cette ville, laissant derrière lui des dossiers oubliés et des ennemis puissants.

Quand j\'ai tenté la voie légale, la police m\'a repoussée, mon indignation traitée avec un mélange de pitié et d\'agacement, mon dépôt de plainte classé sans suite comme une vulgaire feuille morte.

L\'humiliation cuisante et l\'impuissance des forces de l\'ordre m\'ont battue, me laissant à terre, le genou ensanglanté, mais l\'âme bien plus meurtrie encore.

De retour au cabinet paternel, l\'odeur de papier vieilli et de tabac froid m\'a guidée vers cette boîte scellée, son dernier héritage : « Les Impossibles » – des affaires non résolues, une toile de corruption que lui seul avait commencé à démêler.

Ce soir-là, devant la Tour Moreau, ce gratte-ciel de verre et d\'acier, symbole de l\'empire corrompu d\'Auguste Moreau, je me suis posée une question.

Comment combattre un monstre qui avait déjà terrassé mon père et mon frère, laissant ce dernier à peine vivant, un simple souffle ?

La justice légale s\'était avouée vaincue, mais je n\'abandonnerais pas ; je me suis avancée, non pas pour l\'accuser, mais pour lui offrir mes services, la plus audacieuse et terrifiante des trahisons.

Face à Auguste Moreau, l\'homme qui avait orchestré notre malheur, j\'ai présenté l\'impensable : devenir son alliée, manipuler son monde de l\'intérieur, armée du savoir de mon père sur ses faiblesses.

Mon plan était d\'orchestrer sa chute ; non pas une vengeance rapide, mais une dissolution lente et méthodique, pour lui ôter tout ce qu\'il possédait, jusqu\'à ce qu\'il soit aussi brisé et seul que mon frère.

Moreau pensait avoir engagé une conseillère, mais il avait en réalité invité une empoisonneuse dans son antre.

Chapitre 1

L'odeur de l'antiseptique et du désespoir flottait dans le couloir de l'hôpital. C'était la seule chose que je pouvais sentir. Assise sur une chaise en plastique inconfortable, je fixais la porte de la chambre de mon frère, Pierre. Les médecins allaient et venaient, leurs visages graves. Le bruit de leurs chaussures sur le linoléum était le seul rythme dans le silence pesant.

Mon père, Jacques Dubois, était un détective privé. Le meilleur, disaient certains. Il nous a laissé un héritage étrange : un petit cabinet rempli de dossiers, une réputation d'honnêteté et une conviction inébranlable que la justice existait, même si elle se cachait bien. Il est mort en service, une affaire de trop, un ennemi trop puissant. Il nous a laissé, à Pierre et à moi, avec ce cabinet.

Et avec ses ennemis.

Pierre, mon petit frère. Un génie avec un clavier. Il pouvait faire danser les lignes de code comme un marionnettiste. Il pensait pouvoir utiliser son talent pour venger notre père. Il a essayé d'exposer un réseau de corruption à la mairie, un groupe d'hommes puissants qui avaient volé les terres de notre famille, les mêmes hommes qui, nous en étions sûrs, étaient derrière la mort de notre père.

Ils l'ont trouvé. Ils ne l'ont pas tué. Ils ont fait pire. Ils l'ont brisé. Plusieurs os cassés, une blessure à la tête. Les médecins ne savaient pas s'il remarcherait un jour, ou même s'il se réveillerait complètement. Il était devenu une victime innocente de leur guerre. Mon innocence à moi était morte avec la sienne.

J'avais essayé la voie légale. J'avais porté plainte. Au poste de police, on m'a regardée avec un mélange de pitié et d'agacement. Une jeune femme, seule, accusant les hommes les plus influents de la ville. Ils ont pris ma déposition, puis l'ont classée. Quand j'ai insisté, un policier m'a poussée dehors. Je suis tombée sur le trottoir. Mon genou saignait, mais ce qui faisait le plus mal, c'était l'humiliation. Ils m'avaient battue avec leur indifférence, leur impuissance volontaire.

Ce soir-là, de retour au cabinet de notre père, l'odeur de vieux papier et de tabac froid m'a envahie. C'était un fantôme de sa présence. Sur son bureau, une boîte en bois fermée à clé. Il m'avait dit de ne jamais l'ouvrir, sauf si tout était perdu. Pour moi, tout était perdu. J'ai forcé la serrure.

À l'intérieur, pas d'arme, pas d'argent. Juste une pile de dossiers, bien plus vieux et plus épais que les autres. Sur le dessus, une note de sa main : « Les Impossibles ». C'étaient des affaires qu'il n'avait jamais résolues, des échecs qui l'avaient hanté. Mais la note continuait : « Ce ne sont pas des échecs séparés. C'est une seule et même toile. Trouve le centre, et tout s'effondrera. »

C'était son véritable héritage. Pas le cabinet, pas la réputation. Un puzzle. Une arme.

Le lendemain, j'ai pris ma décision. J'ai rassemblé les dossiers les plus pertinents des « Impossibles », ceux qui mentionnaient des noms que je reconnaissais dans les journaux, des noms liés à la corruption. J'ai ajouté les photos de Pierre sur son lit d'hôpital, le rapport médical, ma propre plainte classée. J'ai mis le tout dans un grand sac.

Puis, je me suis présentée devant le commissariat central. Pas la petite antenne de quartier où on m'avait humiliée. Le grand bâtiment, celui où travaillait le commissaire principal. Je savais qu'il s'appelait Bernard. Je savais aussi, grâce aux vieilles photos dans le bureau de mon père, qu'ils avaient été amis. C'était mon seul espoir.

Je n'ai pas demandé à voir quelqu'un. Je me suis assise sur les marches, devant l'entrée principale. J'ai sorti les dossiers et les photos, et je les ai étalés autour de moi. Je n'ai rien dit. J'ai juste attendu.

Les gens passaient, me regardaient, chuchotaient. Les policiers à l'entrée m'ont dit de partir. J'ai secoué la tête. Ils ne pouvaient pas m'arrêter pour ça. Je ne bloquais pas le passage, je ne criais pas. J'étais juste là, un mémorial silencieux à l'injustice.

Les heures ont passé. Le soleil a commencé à descendre. Une voiture noire s'est garée juste devant. Deux hommes en costume en sont sortis. Je les ai reconnus. Des avocats, des hommes de main du réseau de corruption. Ils se sont approchés de moi.

L'un d'eux a souri, un sourire sans chaleur.

« Mademoiselle Dubois. Vous causez une scène. »

Je n'ai pas répondu.

« Ramassez vos papiers et rentrez chez vous. Oubliez cette histoire. Votre frère a eu un accident malheureux. N'en provoquez pas un autre. »

Son ton était calme, mais la menace était claire. Il a fait un pas en avant, comme pour ramasser les preuves. Au même moment, les portes du commissariat se sont ouvertes.

Le commissaire principal Bernard est sorti. C'était un homme plus vieux, fatigué, avec des yeux qui avaient trop vu. Il a regardé les hommes en costume, puis moi, assise au milieu de mon chagrin et de ma colère.

« Laissez-la tranquille, » a-t-il dit, sa voix grave et ferme.

Les hommes se sont figés.

« Commissaire, ce n'est qu'une jeune femme en détresse... »

« J'ai dit, laissez-la tranquille. Et partez. Maintenant. »

Ils ont hésité, puis ont échangé un regard. Ils sont remontés dans leur voiture et sont partis. Le commissaire Bernard s'est approché de moi. Il s'est accroupi, ses genoux craquant. Il a regardé les photos de Pierre, puis les dossiers de mon père.

« Les Impossibles, » a-t-il murmuré. « Jacques n'a jamais abandonné, n'est-ce pas ? »

Il m'a regardée dans les yeux. J'ai vu une lueur de la vieille amitié, une étincelle de la justice que mon père chérissait tant.

« Entrez, mademoiselle Dubois. Racontez-moi tout. »

Mais au fond de moi, une nouvelle certitude naissait. Ce n'était pas assez. Ils avaient essayé de me faire taire, de détruire les preuves. Ils s'en étaient pris à Pierre. La justice légale ne suffirait pas. Il ne s'agissait plus seulement d'arrêter les coupables. Il s'agissait de les détruire. Totalement. Et j'allais utiliser l'arme de mon père pour le faire.

Chapitre 2

Le bureau du commissaire Bernard sentait le café fort et la frustration. Il a écouté mon histoire sans m'interrompre, ses doigts tapotant un rythme silencieux sur son bureau en bois. Quand j'ai eu fini, il a poussé un long soupir.

« Jeanne, je connaissais ton père. C'était un homme bon. Un homme juste. Mais il s'est attaqué à quelque chose de trop grand. Ce réseau... il a des racines partout. Dans la police, dans la justice, à la mairie. Je suis moi-même surveillé. Si j'ouvre une enquête officielle basée sur ces dossiers, ils l'étoufferont en moins de vingt-quatre heures. Les preuves disparaîtront. Tu seras en danger. »

« Alors vous n'allez rien faire ? » ma voix était un murmure glacé.

« Je vais faire ce que je peux. Discrètement. Mais je ne peux pas te promettre la justice que tu veux. Pas comme ça. »

Je suis sortie de son bureau avec une certitude froide. Il avait peur. Il était impuissant. Personne ne m'aiderait. Si je voulais la justice, je devais l'arracher moi-même.

Deux jours plus tard, alors que je veillais Pierre, ma tante Sophie est entrée dans la chambre. Elle est la sœur de ma mère, une femme pragmatique qui a toujours considéré le travail de mon père comme une folie dangereuse.

« Jeanne, il faut être réaliste, » a-t-elle commencé, sans même un regard pour Pierre. « Le cabinet ne vaut plus rien. Cette maison est remplie de mauvais souvenirs. J'ai un acheteur pour le cabinet. Vends, prends l'argent, et partons d'ici. Laisse Pierre dans un bon établissement et refais ta vie ailleurs. »

« Partir ? Abandonner ? »

« C'est du courage, pas de la lâcheté. Ils ont presque tué ton frère. Tu seras la prochaine. Qu'est-ce que tu crois pouvoir faire, seule ? Ton père n'a pas réussi, tu penses être plus intelligente que lui ? »

Ses mots étaient durs, mais ils venaient d'un endroit de peur. Une peur que je refusais de laisser entrer en moi.

C'est là que j'ai pris ma décision. Mon père avait échoué parce qu'il les avait combattus de front. Il avait joué selon les règles, contre des gens qui n'en avaient aucune. Je ne ferais pas la même erreur.

Les dossiers des « Impossibles » n'étaient pas seulement une liste de crimes. C'était une psychologie. Une étude détaillée de l'homme au centre de la toile : Auguste Moreau. Un magnat de l'immobilier, un philanthrope en public, un monstre en privé. Mon père l'avait traqué pendant des années. Les dossiers révélaient ses habitudes, ses peurs, ses faiblesses. Et sa plus grande faiblesse était sa paranoïa et son obsession pour le contrôle.

J'ai passé la nuit à étudier. Le lendemain, j'ai mis ma plus belle robe, une robe simple et noire. J'ai attaché mes cheveux en un chignon strict. Je ne ressemblais pas à une victime. Je ressemblais à une professionnelle.

Je ne suis pas allée à la police. Je ne suis pas allée voir un avocat. Je suis allée directement au cœur de l'empire. La Tour Moreau. Un gratte-ciel de verre et d'acier qui dominait la ville.

La réceptionniste a essayé de me barrer la route.

« Monsieur Moreau ne reçoit pas sans rendez-vous. »

« Dites-lui que Jeanne Dubois est ici. La fille de Jacques Dubois. Il saura pourquoi je suis là. »

Le nom a eu son effet. Elle a passé un appel, le visage blême. Quelques minutes plus tard, un homme de la sécurité m'a escortée jusqu'à un ascenseur privé. Il montait directement au dernier étage, le bureau de Moreau.

La pièce était immense, avec une vue panoramique sur la ville qu'il possédait. Auguste Moreau était assis derrière un bureau de la taille d'une voiture. C'était un homme d'une soixantaine d'années, impeccablement vêtu, avec des yeux froids et calculateurs. Il m'a regardée entrer, sans expression.

« Mademoiselle Dubois. J'avoue que je suis surpris. Après votre petite performance devant le commissariat, je m'attendais à des avocats, pas à une visite personnelle. Avez-vous quelque chose à me dire ? »

Je me suis avancée lentement. Je ne montrais aucune peur. Juste du calme et de la détermination. Je me suis arrêtée devant son bureau.

« Je ne suis pas venue pour vous accuser, Monsieur Moreau. »

Il a haussé un sourcil, intrigué.

« Non ? Alors pourquoi êtes-vous ici ? Pour me supplier ? Pour me menacer ? »

J'ai soutenu son regard.

« Je suis venue pour vous servir. »

Un silence total est tombé dans la pièce. On aurait pu entendre une épingle tomber. Moreau me fixait, son visage un masque d'incrédulité. Ses gardes du corps, postés près des murs, ont échangé des regards confus. La surprise était une arme, et je venais de tirer le premier coup.

« Vous... vous êtes venue pour quoi ? » a-t-il répété, comme s'il n'était pas sûr d'avoir bien entendu.

« Pour vous servir, » ai-je répété, ma voix toujours aussi calme, presque clinique. « Mon père a passé sa vie à vous étudier. Il vous a combattu, c'est vrai. Mais pour combattre un homme comme vous, il a dû apprendre à vous comprendre. Il a appris à penser comme vous. Il a compilé des années d'informations sur vos rivaux, vos faiblesses, les menaces internes et externes à votre empire. Il a échoué à vous détruire, mais dans son échec, il a créé l'outil le plus complet qui soit pour vous protéger. »

Je marquai une pause, le laissant absorber l'absurdité et la logique de ma proposition.

« Il est mort. Mon frère est... neutralisé. Je n'ai aucune envie de suivre leur chemin. Je ne peux pas vous battre. Alors, je choisis de me joindre à vous. Tout ce savoir, toute cette analyse... est inutile dans un cercueil ou un lit d'hôpital. Mais pour vous, elle pourrait valoir une fortune. Elle pourrait vous garantir le contrôle que vous cherchez. »

Moreau s'est adossé à son fauteuil, ses yeux plissés. Il me scrutait, cherchant la faille, le piège. Il ne voyait qu'une jeune femme désespérée, prête à tout pour survivre. C'était exactement ce que je voulais qu'il voie.

« Vous trahiriez l'héritage de votre père ? L'homme qui vous a donné son nom ? »

« Mon père est mort en poursuivant un idéal, » ai-je dit froidement. « Moi, je préfère vivre en acceptant la réalité. La réalité, c'est que vous avez gagné. Je ne suis pas là pour la justice. Je suis là pour le pouvoir. Même une petite part du vôtre vaut mieux que rien du tout. »

Ma propre voix me dégoûtait, mais ma détermination était sans faille. C'était un jeu dangereux, un pari insensé. Mais en le regardant, en voyant la lueur d'intérêt avide dans ses yeux, j'ai su que j'avais touché une corde sensible. Il n'était pas seulement un criminel. C'était un narcissique. Et l'idée d'utiliser l'arme de son plus grand ennemi pour son propre profit était une ironie qui devait terriblement lui plaire.

Il a souri. Un vrai sourire, cette fois. Un sourire de prédateur qui vient de voir sa proie se jeter volontairement dans sa gueule.

« C'est la chose la plus folle et la plus brillante que j'aie entendue depuis des années. »

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