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Un Mariage Sous Contrat avec l'Alpha

Un Mariage Sous Contrat avec l'Alpha

Auteur:: max htn
Genre: Loup-garou
Lorsqu'elle accepte d'accompagner sa demi-sœur pour un week-end dans une charmante maison de campagne, Élodie ne se doute pas que ces quelques jours vont transformer sa vie. Et pourtant... À peine le séduisant alpha Julien Duval lui adresse-t-il un sourire qu'un frisson inexplicable parcourt son corps : pourrait-il être l'homme de ses rêves ? Cette sensation s'intensifie quand il l'embrasse avec passion... Malheureusement, le rêve tourne au désastre. Quelques semaines plus tard, alors qu'Élodie découvre qu'elle attend un enfant, Julien révèle une facette inattendue de sa personnalité et exige qu'elle devienne sa femme. Déstabilisée, Élodie se retrouve face à un dilemme : peut-elle vraiment bâtir une vie avec un homme qui semble dissimuler des vérités inquiétantes ? Quels secrets cache-t-il derrière son allure séduisante ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Élodie n'était pas particulièrement enthousiaste à l'idée de passer un week-end dans une maison de campagne perdue dans la campagne. Elle avait été conviée par sa demi-sœur Clara, et bien que celle-ci fût insistante, Élodie avait d'abord tenté de refuser. Les obligations sociales l'étouffaient souvent, surtout quand il s'agissait de s'immiscer dans les cercles d'amis influents de Clara, des gens qu'elle connaissait à peine et dont elle se sentait, pour la plupart, totalement étrangère.

Mais Clara, avec son énergie pétillante et son regard insistant, avait réussi à la convaincre, comme toujours. « Ce sera différent cette fois, Élodie. Une vraie escapade, tu verras ! »

Ainsi, après une route sinueuse qui les avait menées plus loin que ce qu'Élodie aurait imaginé, elles étaient arrivées à la maison de campagne. C'était une grande bâtisse en pierre, isolée, entourée de forêts épaisses. Les lieux étaient pittoresques, mais Élodie ne parvenait pas à se débarrasser de ce sentiment de malaise qui l'envahissait à chaque nouvelle étape de leur arrivée. Elle se sentait à la fois excitée et nerveuse. Les lumières douces qui illuminaient les fenêtres n'arrivaient pas à effacer l'ambiance un peu sinistre du lieu.

Clara la poussa dans la grande salle à manger, un sourire lumineux sur le visage. « Allez, détends-toi. Tout va bien se passer. »

Élodie acquiesça sans grande conviction, jetant un dernier regard par la fenêtre où la lueur du soir se mêlait à l'ombre de la forêt. C'était alors qu'il entra dans la pièce.

Julien Duval. Il ne semblait pas être un homme à qui l'on accorde une attention particulière, mais dès qu'il franchit la porte, quelque chose dans son attitude, dans la manière dont il se tenait, fit taire tous les bruits autour d'Élodie. Il avait cette prestance silencieuse, cette autorité naturelle, qui en faisait un homme difficile à ignorer.

Il la salua de manière simple, mais son regard, perçant, ne la quitta pas de l'instant où leurs yeux se croisèrent. Un frisson traversa la peau d'Élodie, et elle détourna rapidement le regard, comme pour se protéger de quelque chose qu'elle n'aurait su définir. Mais l'attraction était là, palpable. Julien Duval n'était pas simplement un Alpha. Il était un homme magnétique. Il avait cette confiance tranquille en lui, un charme qui n'avait pas besoin de mots pour se faire ressentir. Son regard se posa sur Élodie un instant, et elle sentit comme une pression douce sur son cœur, une étrange attirance qu'elle ne pouvait expliquer.

« Tu dois être Élodie, » dit-il enfin, d'une voix grave et douce. « Clara m'a beaucoup parlé de toi. »

Elle esquissa un sourire, tentant de paraître indifférente, mais son cœur battait plus fort dans sa poitrine. « Oui, c'est bien moi, » répondit-elle, sa voix trahissant une légère hésitation.

Clara, comme pour briser l'atmosphère tendue qui s'était installée, intervint rapidement. « Élodie n'est pas une grande fan des grandes réunions sociales, mais elle va finir par s'habituer. Julien, c'est un ami de longue date. »

Élodie n'avait pas besoin d'entendre plus pour comprendre que Julien n'était pas un simple ami. Son attitude, son regard chargé de sous-entendus, tout en lui trahissait une certaine autorité, une puissance presque palpable. Il n'était pas seulement un homme charismatique ; il semblait aussi avoir un certain pouvoir sur les autres, une capacité à les dominer sans même le vouloir.

La soirée se déroula dans une conversation tranquille, ponctuée de rires et de discussions futiles. Mais Élodie n'arrivait pas à se débarrasser de la sensation d'être observée, d'être l'objet d'un regard insistant. Julien n'était jamais loin, et chaque fois qu'il posait ses yeux sur elle, un frisson parcourait sa peau, aussi doux qu'un souffle chaud. Elle se concentrait sur sa nourriture, sur les discussions autour de la table, mais rien ne semblait pouvoir la détourner de ce regard mystérieux qui la pénétrait.

Le dîner s'acheva, et alors que tout le monde se levait, Julien fit un pas vers elle. « Tu viens faire une promenade avec moi ? » demanda-t-il d'une voix qui semblait presque murmurée, mais si insistante, si directe.

Élodie hésita. Un mélange d'envie et d'appréhension s'affrontait dans son esprit. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû accepter. Mais quelque chose, une force invisible, la poussait à le suivre. « Je... Je suppose que oui, » répondit-elle, sa voix à peine audible.

Ils sortirent dans la fraîcheur de la nuit, leurs pas s'enfonçant dans le sol légèrement humide. La lumière des réverbères de la rue s'éteignait peu à peu derrière eux, et l'obscurité enveloppait la forêt. La tension entre eux était palpable, une sorte de connexion inexplicable qu'Élodie ne parvenait pas à comprendre.

« Tu as l'air nerveuse, » remarqua Julien, ses yeux brillants dans la pénombre.

« Je ne suis pas nerveuse, » répondit-elle, mais elle n'était pas convaincante. Elle n'avait pas le courage de lui avouer que, d'une manière ou d'une autre, il avait ce pouvoir de troubler ses pensées. « C'est juste... que c'est un peu étrange, non ? Je veux dire... je ne te connais pas vraiment. »

Julien s'arrêta soudainement, se tournant vers elle. « Il y a des choses qu'on ne doit pas toujours comprendre. Parfois, il suffit de laisser la vie nous guider." Il fit un pas vers elle, réduisant la distance qui les séparait, et le regard qu'il posa sur elle était aussi intense qu'un feu brûlant. « Tu n'as pas à comprendre. Il suffit de ressentir. »

Élodie sentit son souffle se couper. Elle recula d'un pas, mais avant qu'elle n'ait le temps de réagir, il l'avait déjà saisie par la taille, l'attirant contre lui. Le contact de son corps contre le sien la fit frissonner. Elle aurait dû le repousser, mais quelque chose, un désir insensé, l'en empêchait. Leurs lèvres se frôlèrent, puis se trouvèrent dans un baiser fougueux. Julien ne lui laissa pas le temps de réfléchir. Sa bouche était chaude et pressante, et Élodie, surprise par l'intensité de ce qu'elle ressentait, se laissa emporter.

Le baiser s'intensifia, chaque mouvement, chaque souffle, la transportait dans un tourbillon qu'elle ne savait comment arrêter. Ses mains se perdirent dans ses cheveux, et elle sentit ses jambes se dérober sous elle. Elle se raccrocha à lui, et ce fut à ce moment précis qu'elle comprit que son corps ne pouvait plus se passer de cette attraction irrésistible.

Quand ils se séparèrent, tous deux haletants, Élodie eut du mal à reprendre son souffle. Ses yeux croisèrent ceux de Julien, et pour la première fois, elle aperçut quelque chose de dangereux dans son regard, une flamme qu'elle n'avait pas vue jusque-là. Un silence lourd de non-dits s'installa entre eux, et Élodie, le cœur battant, se rendit compte que ce baiser, aussi envoûtant qu'il fût, laissait une étrange sensation d'inquiétude, un pressentiment qu'elle ne pouvait ignorer.

« Tu n'as aucune idée de ce que tu viens de déclencher, » dit Julien, sa voix devenue plus grave, plus autoritaire.

Élodie le regarda, confuse et troublée. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Il la fixa un moment, son regard semblant la sonder, avant de répondre : « Je veux dire que maintenant, il est trop tard. Tu es impliquée. »

Chapitre 2 Chapitre 2

Le lendemain matin, Élodie se réveilla avec une sensation de malaise. Elle n'arrivait pas à échapper à l'impression que quelque chose avait changé, que tout ce qui s'était passé la veille semblait irréel, comme si elle avait vécu un rêve étrange, mais terriblement vivant. Elle se leva lentement, ses pensées tournées vers la nuit précédente. Le baiser de Julien... cette chaleur qu'il lui avait transmise, cette urgence qui les avait envahis. Pourtant, maintenant, il semblait si distant, presque absent.

Au petit-déjeuner, elle chercha du regard Julien, espérant retrouver quelque part dans son regard la passion qu'il lui avait donnée la veille, mais rien. Il était là, pourtant, son regard porté sur son assiette, son attitude figée, distante. Il ne la regardait pas, ni Clara. Seul un murmure de son prénom sembla briser le silence lorsque Clara le salua, mais la réaction de Julien était glaciale, comme s'il ne l'avait pas entendue.

Élodie se força à sourire, mais une inquiétude grandissante monta en elle. Pourquoi ce changement si soudain ? Pourquoi cette distance, cette froideur après ce qu'ils avaient partagé ? Elle ressentait comme un abîme qui s'était creusé entre eux, et la peur qu'il ne l'ait utilisée pour un moment, sans réel intérêt pour elle, s'imposa peu à peu dans son esprit. Mais comment un homme comme Julien pouvait-il avoir un tel pouvoir sur elle, l'abandonnant dans cet état de doute et de confusion ?

Après le petit-déjeuner, Clara la tira discrètement à part. Elle se pencha vers elle, son expression sérieuse, presque inquiétante.

« Élodie, il faut que tu sois prudente avec Julien. » La voix de Clara était basse, comme si elle ne voulait pas que Julien entende. « Il a une réputation. Une mauvaise réputation. »

Élodie la regarda, interloquée. « Que veux-tu dire ? »

Clara soupira profondément, ses yeux se perdant dans les alentours, comme si elle avait peur que quelqu'un puisse entendre. « Tu sais, ce n'est pas un homme comme les autres. Il a... des secrets. Beaucoup de secrets. » Elle se pencha encore plus près. « Il est capable de te faire oublier tout ce que tu crois savoir. Et ce n'est pas seulement sa séduction. C'est dans sa nature. Il a ce pouvoir de manipuler, d'entrer dans ton esprit, de t'emmener là où il veut que tu sois. »

Élodie la fixa, déstabilisée. « Mais il n'a rien fait de mal... il n'a fait que... nous parler. »

Clara la regarda, son regard durci. « Tu ne comprends pas, Élodie. Il a ce don. Il attire les gens, les envoûte. Et quand tu es sous son emprise, il peut te briser. » Elle marqua une pause, comme si les mots qu'elle venait de prononcer étaient trop lourds à porter. « Il y a des choses que même moi je ne comprends pas. Des histoires, des rumeurs. Mais il est dangereux. »

Élodie laissa échapper un soupir. « Tu veux dire que je devrais l'éviter ? »

« Je ne sais pas ce que tu devrais faire, » répondit Clara, les yeux assombris par l'inquiétude. « Mais fais attention. Reste sur tes gardes. »

La conversation laissa Élodie dans un état de confusion plus profond encore. Était-ce possible ? Était-ce lui qui avait changé, ou était-ce elle qui avait commencé à se perdre dans cette attirance dangereuse, ce désir qu'elle n'avait pas cherché à comprendre ? Mais pourquoi Clara semblait-elle si préoccupée, si urgente dans ses mises en garde ? Et pourquoi, après tout, avait-elle accepté de passer ce week-end ici, entourée par ces personnes et surtout lui, Julien ?

L'après-midi passa, mais Élodie ne parvenait pas à se débarrasser de cette sensation étrange. Alors qu'elle se promenait seule dans les jardins, elle aperçut Julien à l'horizon, marchant lentement à travers la forêt. Son regard se fixa sur lui, et avant même qu'elle ne puisse se dire que c'était une idée stupide, elle se retrouva à suivre ses pas, comme poussée par une force invisible.

Il ne tourna pas la tête lorsqu'elle s'approcha, mais son dos se raidit légèrement lorsqu'il sentit sa présence derrière lui. Puis, d'une voix calme, il parla sans se retourner.

« Tu me suis ? »

« Je pensais juste que... peut-être que nous pourrions parler un peu, » répondit-elle, sa voix douce, presque hésitante.

Il s'arrêta, lentement, et se tourna vers elle. Ses yeux brillèrent un instant, puis il esquissa un sourire léger. « Tu as des questions ? »

Élodie se sentit déstabilisée sous son regard. « Oui... J'ai... l'impression que tu es différent aujourd'hui. C'est comme si tu... avais changé. »

Julien la fixa pendant un moment, et il sembla hésiter, comme s'il cherchait quelque chose dans ses yeux. Puis, sans dire un mot, il tourna les talons et se remit en marche dans la forêt, signifiant qu'elle devait le suivre. Une nouvelle fois, elle se sentit attirée, presque forcée de marcher à ses côtés, comme une ombre.

Au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient dans la forêt, l'air devenait plus lourd, plus électrique. Leurs pas se perdaient dans le bruissement des feuilles et le craquement des branches. La nature autour d'eux semblait presque silencieuse, comme si elle écoutait, elle aussi, ce qui allait se passer. Élodie ressentit alors une étrange sensation de danger, comme si la forêt elle-même devenait un piège qui se refermait sur elle.

« Tu n'as pas peur ? » demanda Julien soudainement, sans se retourner.

« Peur de quoi ? » répondit-elle, ne sachant pas si c'était la question qui la troublait ou la réponse qui se cachait derrière.

« De ce qui peut se passer quand on laisse une chose aller trop loin. » Il s'arrêta brusquement, la fixant maintenant intensément. « Tu as une chance de comprendre ce que tu veux vraiment, ou de t'éloigner avant qu'il ne soit trop tard. »

Élodie sentit une vague de chaleur envahir son corps. « Pourquoi me dis-tu ça ? » demanda-t-elle, incapable de cacher l'angoisse qui montait en elle.

Julien fit un pas en avant, presque imperceptible, et tendit une main vers elle, comme pour l'inviter à le suivre dans une profondeur qu'elle ne voulait pas comprendre. « Parce que tu es déjà trop proche de moi pour revenir en arrière. »

Un bruit lourd fit écho dans la forêt, interrompant leurs échanges. Élodie tourna brusquement la tête, n'ayant pas remarqué que ses pieds avaient glissé sur une racine humide. Avant même qu'elle n'ait eu le temps de réagir, elle sentit son corps basculer en avant, l'instant suivant, elle chutait vers le sol avec une rapidité déstabilisante.

Julien réagit d'instinct, sa main se tendant vers elle. Il la saisit juste avant qu'elle ne touche le sol, la tirant vers lui avec une force qui la fit haleter. Elle s'accrocha à lui, son cœur battant la chamade dans sa poitrine. Il la tenait contre lui, solidement, son bras autour de sa taille, et elle sentit sa chaleur envahir tout son être.

« Ça va ? Tu es bien ? » demanda-t-il, ses yeux scrutant le moindre signe de douleur sur son visage.

Elle hocha la tête, mais son souffle était saccadé, son esprit encore embrouillé par la peur du moment. « Oui... oui, je vais bien. Merci. »

Julien la regarda un instant, puis ses yeux se durcirent, presque froids. « Il vaut mieux que tu restes près de moi, » murmura-t-il, « Parce que ça n'est pas fini. »

Un frisson traversa le corps d'Élodie. Quelque chose, dans la manière dont il avait prononcé ces mots, laissait entendre que ce n'était que le début de quelque chose de bien plus complexe et dangereux.

Chapitre 3 Chapitre 3

Le matin se leva sur la maison de campagne, mais l'air semblait plus lourd qu'hier, plus oppressant. Élodie n'arrivait pas à se détacher de la scène dans la forêt, où Julien l'avait sauvée de la chute, où ses bras l'avaient enroulée avec cette force tranquille qui l'avait à la fois rassurée et déstabilisée. Pourtant, ce matin-là, quelque chose manquait. Il n'était nulle part. Aucune trace de lui, aucun signe, juste le silence pesant de la grande maison.

Elle déambula dans les pièces, son esprit embrouillé par des pensées contradictoires. Où était-il passé ? Après la tension palpable de la veille, après ce frisson étrange qui avait parcouru tout son corps en sa présence, après avoir frôlé l'extinction du souffle dans ses bras, pourquoi disparaissait-il soudainement ? Élodie se sentit abandonnée, un sentiment qu'elle n'avait pas anticipé. Elle avait cru que, même dans cette atmosphère étrange et lourde, quelque chose l'unissait à lui, mais il était comme une illusion, disparue dès le matin.

Elle s'installa dans le salon, les mains serrées autour de sa tasse de thé, espérant un signe de sa part, un mot, un geste, quelque chose qui puisse expliquer ce changement abrupt. Mais rien. Ses pensées étaient un tourbillon. Elle se retrouva à repenser à leurs échanges précédents, aux silences lourds entre eux, aux regards trop intenses, aux gestes trop proches. Mais qu'est-ce que tout cela signifiait ? Pourquoi lui avait-il sauvé la vie, puis s'était-il volatilisé ?

Ce n'est qu'à midi, alors qu'elle attendait dans l'entrée, que Clara apparut. Elle semblait un peu plus calme, mais son regard restait méfiant. Elle s'approcha d'Élodie, s'installant sur le canapé avec elle.

« Alors, tu l'as vu ? » demanda Clara, ses yeux scrutant le visage d'Élodie comme si elle cherchait à y lire quelque chose de secret.

Élodie hocha la tête, l'impression de ne pas avoir toutes les cartes en main. « Je l'ai cherché ce matin. Mais... il n'est nulle part. Que s'est-il passé ? Pourquoi il a disparu comme ça ? »

Clara soupira profondément, s'appuyant contre le dossier du canapé, les bras croisés. « Tu vois, Julien, c'est un homme qui a besoin de contrôler. Il disparaît quand il veut garder une certaine distance, ou quand il juge que l'intensité de la situation devient trop forte. Il te laisse là, et tu te retrouves à te poser mille questions. » Clara marqua une pause, semblant réfléchir. « Il n'est pas comme les autres hommes. Il a des côtés sombres, des parts de lui qu'il garde bien cachées. »

« Mais pourquoi ? Pourquoi il est comme ça ? » Élodie était perdue, une partie d'elle se sentant rejetée, l'autre cherchant une explication à son comportement étrange.

« Parce qu'il a un caractère secret. C'est dans sa nature. Il n'aime pas s'attacher, même s'il te donne l'impression du contraire. » Clara baissa les yeux, comme si elle venait de révéler quelque chose d'important. « Je te préviens, Élodie, si tu tentes de t'approcher de lui trop intensément, il se retirera encore plus. Il a cette capacité à rendre les gens accros à lui, mais au moment où tu en as vraiment besoin, il disparaît. »

Élodie sentit un poids dans sa poitrine. Elle n'avait pas imaginé qu'il puisse être si distant, si insaisissable. « Et tu crois qu'il a voulu... me manipuler ? » demanda-t-elle, la voix presque brisée.

Clara la regarda droit dans les yeux, une expression difficile à déchiffrer sur le visage. « Il manipule tout le monde, à sa manière. C'est son pouvoir. Mais ce n'est pas un pouvoir qu'il utilise à la légère. Tout ça, c'est plus complexe qu'une simple histoire de séduction. » Elle soupira de nouveau, ses doigts se tordant autour de la frange de son pull. « Tu dois être prête à ce que ça ne se termine pas comme tu l'espères. »

Élodie se sentit bouleversée par ses mots, mais au fond d'elle, une petite voix lui disait qu'elle n'avait pas encore tout vu de Julien, et qu'il y avait plus à comprendre derrière cette façade distante. Elle se leva brusquement, comme si un pressentiment l'avait poussée à prendre une décision.

« Je pars, » dit-elle simplement, sans explication, sans chercher à justifier sa décision. « Je vais rentrer. »

Clara la regarda, surprise, mais ne dit rien. Elle comprit, sans doute, que l'influence de Julien l'avait perturbée plus que de raison. Il n'y avait pas de retour en arrière. Les blessures étaient déjà là, même si elles étaient encore invisibles.

Les deux femmes préparèrent rapidement leurs affaires. Clara, bien que réticente, n'insista pas davantage. Elle savait que si Élodie avait pris cette décision, il était inutile de la retenir. Quelques minutes plus tard, elles étaient dans le hall, prêtes à quitter la maison.

Avant de partir, Élodie jeta un dernier coup d'œil au jardin, aux lieux où elle avait vécu ces moments déroutants. Le vent soufflait doucement, comme pour emporter avec lui ses pensées. Mais elle se sentait vide, comme si quelque chose s'était brisé sans qu'elle puisse en saisir l'ampleur.

« Il est parti, » murmura-t-elle pour elle-même, ses yeux se posant sur la porte de la maison, l'impression que la dernière trace de Julien s'éloignait avec elle. « Mais il reviendra. Je le sens. Ça ne fait que commencer. »

Clara la guida jusqu'à la voiture, sans échanger d'autres mots. Elles montèrent, et en silence, le véhicule s'éloigna de la maison de campagne. Mais quelque chose restait suspendu dans l'air. Quelque chose de lourd, de mystérieux. Comme un fil invisible qui les reliait encore, même si elles prenaient la route opposée. Élodie sentait que leur histoire, bien que marquée par une fin abrupte, n'était pas terminée. Leurs vies allaient se croiser à nouveau, et cette tension inexplicable qu'elle ressentait dans ses entrailles ne ferait que grandir avec le temps.

Alors qu'elles roulaient à travers la campagne, une pensée obsédait Élodie. Comment Julien pouvait-il avoir ce pouvoir sur elle, ce pouvoir de disparaître et de laisser derrière lui un vide si profond ? Elle n'avait pas l'habitude d'être affectée ainsi par quelqu'un. Et pourtant, cette nuit, ce matin, cette forêt... tout se mêlait en elle, tissant un réseau complexe d'émotions et de désirs qu'elle ne comprenait pas encore.

Elle tourna son regard vers Clara, qui, les yeux fixés sur la route, semblait perdue dans ses propres pensées. « Tu sais, Clara, tu avais raison. Je ne sais pas ce qui m'a attirée vers lui. Mais je suis certaine que ce n'est pas fini. »

Clara tourna brièvement la tête vers elle, un léger sourire effleurant ses lèvres. « Ce n'est jamais fini avec Julien. »

Élodie hocha la tête, un frisson courant le long de sa colonne vertébrale. Non, ce n'était pas fini. Ce n'était que le début.

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