1 : Une passion naissante
LE POINT DE VUE D'Ethan
L'eau chaude ruisselait sur ma peau, glissant sur mes épaules, mes bras, se frayant un chemin entre mes doigts tandis que je caressais son visage. Elle était là, devant moi, magnifique sous le voile translucide de la vapeur, son regard brillant d'une lueur à la fois douce et ardente. Son corps, à peine dissimulé par les gouttes, frissonnait sous mes doigts.
D'un geste lent, presque hésitant, je laissai ma main remonter le long de sa nuque, effleurant du bout des doigts sa peau humide. Son souffle s'accéléra légèrement, et un sourire naquit sur ses lèvres avant qu'elle ne ferme les yeux sous la caresse. Mon autre main descendit doucement le long de son bras, suivant la courbe de son épaule, redécouvrant chaque centimètre de sa peau sous une nouvelle lumière, une nouvelle sensation accentuée par la chaleur de l'eau.
Elle s'approcha encore, nos peaux se frôlèrent, et un frisson me parcourut l'échine. Son ventre effleura le mien, et je sentis la douce fermeté de son corps contre moi. Mon cœur battait plus fort. D'instinct, mes mains glissèrent sur ses hanches, l'attirant contre moi avec une délicatesse mêlée de désir. Elle leva son regard vers moi, et avant même que nos lèvres ne se touchent, je pouvais sentir son souffle chaud, sucré, se mêler au mien.
Quand enfin nos bouches se rejoignirent, ce fut d'abord un baiser lent, intense, comme une promesse. Mes doigts s'emmêlèrent dans ses cheveux trempés tandis que nos lèvres dansaient ensemble, savourant chaque seconde, chaque frisson. Puis le baiser s'intensifia, plus profond, plus pressant. L'eau ruisselait sur nos corps collés l'un à l'autre, comme si elle cherchait à effacer la frontière entre nous.
Mes mains se firent plus audacieuses, explorant les lignes de son dos, dessinant sur sa peau humide des caresses qui se prolongeaient en frissons. Elle répondit à mes gestes avec la même ferveur, ses doigts glissant sur ma poitrine, descendant lentement, attisant en moi un feu grandissant. Nos corps s'épousaient sous la douche, se cherchant, se redécouvrant dans une danse silencieuse, portée par l'eau qui continuait de couler autour de nous, témoin muet de cette intimité brûlante.
L'eau continuait de ruisseler sur nos corps enlacés, formant une brume autour de nous, comme si le monde extérieur n'existait plus. Nos bouches se détachaient lentement, nos respirations s'entremêlant dans l'espace infime qui nous séparait. Ses yeux brillaient sous la lumière tamisée de la salle de bain, et un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres.
Elle chuchotant, un brin joueuse : - Tu sais que tu es irrésistible quand tu me regardes comme ça ?
Je laissai échapper un léger rire, mes doigts continuant d'explorer sa peau douce et humide.
Moi murmurant contre sa tempe : - Et toi, tu es une véritable tentation...
Elle inclina la tête en arrière, offrant son cou à mes lèvres. Je ne résistai pas à l'envie de le parsemer de baisers légers, sentant son souffle se saccader légèrement sous l'effet du plaisir.
--Elle : fermant les yeux, frissonnant :- Continue...
Je laissai mes mains glisser lentement sur ses hanches, savourant chaque réaction de son corps. Nos souffles s'accéléraient au rythme de nos caresses, nos peaux brûlantes de désir malgré l'eau qui nous enveloppait.
MOI dans un murmure, effleurant son oreille : - J'aime sentir chaque frisson sur toi... savoir que je suis la cause de ces frémissements...
Elle mordilla sa lèvre inférieure, ses doigts traçant des lignes invisibles sur mon torse. Son regard était intense, habité par une lueur à la fois tendre et affamée.
Elle le regard pétillant de désir : - Alors fais-moi frissonner encore...
À ces mots, je la pris par la taille et la plaquai délicatement contre la paroi de la douche, mes lèvres s'emparant des siennes avec une envie plus marquée. Nos corps s'imbriquaient parfaitement, nos gestes devenaient plus pressants, plus profonds. La chaleur de l'instant contrastait avec l'eau qui ruisselait sur nous, exacerbant chaque sensation, chaque contact.
Mes mains explorèrent les courbes de son dos, effleurèrent ses reins, descendirent lentement, savourant chaque seconde de cette proximité brûlante. Elle laissa échapper un soupir, se pressant davantage contre moi, ses ongles effleurant ma peau, augmentant le feu qui nous consumait.
Nos souffles se mélangeaient, nos baisers devenaient plus fiévreux, nos corps dansaient sous l'eau dans une harmonie parfaite, où le désir se mêlait à la tendresse. Chaque caresse était une promesse, chaque regard un aveu silencieux. Nous étions seuls au monde, emportés dans cette vague de plaisir et de passion qui ne demandait qu'à nous submerger entièrement.
LE POINT DE VUE DE MAYA
Je refermai la porte derrière moi avec un sourire satisfait. Enfin un moment avec lui... Cela faisait quelques jours qu'on ne s'était pas vus à cause du travail, et il me manquait terriblement. J'avais envie de le surprendre, de passer du temps avec lui, juste nous deux, sans distraction.
Déposant mon sac sur la table de l'entrée, j'appelai doucement :
- Ethan ?
Pas de réponse. Je fronçai légèrement les sourcils. Peut-être qu'il dormait ? Ou qu'il avait mis des écouteurs ?
Je marchai à pas feutrés à travers l'appartement, jetant un œil dans le salon, puis dans la chambre. Vide. C'est alors que j'entendis le bruit de l'eau couler.
Il est sous la douche.
Un sourire mutin étira mes lèvres. Parfait. L'occasion était trop belle... Une douche surprise, un moment de complicité sous l'eau chaude, peau contre peau... L'idée me fit frissonner d'excitation.
Je ne perdis pas une seconde de plus et commençai à me déshabiller, laissant tomber mes vêtements un à un sur le sol. Mon cœur battait un peu plus vite à mesure que je m'approchais de la salle de bain.
Lorsque je posai la main sur la poignée, un frisson d'anticipation parcourut ma peau nue. Je pouvais déjà imaginer la surprise dans ses yeux, son sourire en me voyant, la manière dont il me prendrait contre lui sous l'eau...
J'ouvris la porte avec douceur, prête à le surprendre...
Mais ce que je vis me figea instantanément.
Là, devant moi, sous l'eau ruisselante, Ethan n'était pas seul.
Une femme, une autre femme, complètement nue, était collée à lui. Son corps pressé contre le sien, leurs souffles courts, leurs peaux humides se mêlant dans une étreinte que je n'aurais jamais dû voir.
Le bruit de l'eau et les gémissements résonnaient encore à mes oreilles comme un coup de tonnerre. Une chaleur brutale me monta au visage, non pas celle du désir que j'avais ressenti plus tôt, mais celle de la trahison.
Mon souffle se coupa sous le choc. Une seconde passa, interminable, puis une autre. L'incompréhension se mua en douleur, la douleur en rage.
Je n'avais plus conscience de ma nudité, de la situation. Mon cœur battait si fort que je crus qu'il allait exploser.
Et alors, le cri sortit tout seul, une détonation qui brisa l'instant :
- ETHAN !
Ils sursautèrent tous les deux. La femme tourna la tête vers moi, son visage marqué d'un mélange d'effroi et de honte. Ethan, lui, devint livide. Ses yeux s'écarquillèrent, et il recula légèrement, comme s'il venait de se réveiller d'un rêve.
- Maya... Je... balbutia-t-il, la bouche entrouverte, cherchant une excuse, une explication.
Mais qu'y avait-il à expliquer ? Tout était sous mes yeux.
Je sentis mes jambes trembler, mon cœur se serrer comme si une main invisible le broyait. J'avais cru lui faire une surprise... Mais c'était moi qui avais été surprise.
Trahie.
Mes poings se crispèrent. Une colère brûlante, incontrôlable, monta en moi.
- Comment tu as pu... ?!
Ma voix tremblait entre rage et chagrin. Mon regard se posa une dernière fois sur lui, puis sur elle.
J'aurais pu hurler, pleurer, tout casser. Mais à cet instant précis, je n'avais plus qu'une seule envie : fuir cet endroit qui sentait la trahison et le mensonge.
2: les larmes
Je ne savais plus comment mes jambes arrivaient encore à me porter. Tout semblait flou autour de moi. Mon souffle était court, irrégulier, mes mains tremblaient, mon cœur battait si fort que j'avais l'impression qu'il allait éclater dans ma poitrine.
Je n'avais même pas pris la peine de récupérer mes vêtements. J'avais juste attrapé ce que je pouvais, enfilé rapidement un haut et un pantalon, et j'étais sortie en courant, pieds nus, sans un regard en arrière.
L'air froid de la nuit me frappa en pleine face dès que je franchis la porte de l'immeuble. Mais je ne m'arrêtai pas. Je marchai vite, puis plus vite encore. Mes larmes coulaient déjà, brouillant ma vision, mais je ne voulais pas m'arrêter. Je voulais juste fuir.
Ethan... Mon Ethan.
L'homme avec qui j'avais partagé des années. Celui en qui j'avais placé toute ma confiance, celui que j'aimais de tout mon être. Comment avait-il pu me faire ça ? Comment avait-il osé ?
Je rentrai chez moi en titubant presque, le souffle saccadé, la gorge nouée. J'ouvris la porte de mon appartement d'un geste tremblant, puis je la refermai derrière moi avec fracas, comme si je voulais définitivement l'éloigner de moi.
Dès que j'atteignis ma chambre, mes jambes cédèrent sous mon poids. Je m'effondrai sur mon lit, le visage enfoui dans les draps, et un hurlement silencieux se bloqua dans ma gorge. Puis, les sanglots explosèrent.
Je pleurais toutes ces années, tous ces souvenirs qui défilaient dans ma tête comme un film cruel.
Nos fous rires. Nos voyages. Nos nuits blottis l'un contre l'autre. Ses "je t'aime" murmurés dans le creux de mon oreille. Les promesses qu'il m'avait faites.
Tout était un mensonge.
- Pourquoi, Ethan ? Pourquoi tu m'as fait ça ? soufflai-je, la voix brisée.
Je revoyais encore cette image insupportable. Son corps contre le sien. Leurs souffles saccadés. Leur peau collée sous l'eau.
J'aurais voulu oublier. J'aurais voulu me réveiller et réaliser que tout cela n'était qu'un cauchemar... Mais c'était bien réel.
Je roulai sur le côté, ramenant mes genoux contre ma poitrine, comme si me recroqueviller pouvait atténuer la douleur. Mais elle était là, partout, brûlante, insupportable.
J'essayais de comprendre. À quel moment avait-il cessé de m'aimer ? Quand avait-il décidé que je n'étais plus suffisante pour lui ?
Je repensai aux fois où il semblait distrait ces derniers temps, aux messages qu'il envoyait en souriant sans jamais me dire à qui. À ces soirs où il rentrait plus tard que d'habitude, prétextant la fatigue.
J'aurais dû voir les signes.
Mais j'avais confiance en lui.J'aurais donné ma vie pour lui.
Et lui, en retour, m'avait poignardée en plein cœur.
Un sanglot plus fort que les autres secoua mon corps. Je frappai le matelas du poing, submergée par l'injustice de cette situation.
Comment allait-il oser me regarder en face après ça ?
Mon téléphone vibra soudain sur la table de nuit.
Je tendis la main d'un geste hésitant, les larmes toujours coulant sur mes joues.
C'était lui. Ethan.
Un message.
"Maya, je suis désolé. S'il te plaît, parle-moi."
Je sentis ma gorge se serrer encore plus. Désolé ?
Un rire amer m'échappa entre deux sanglots. Comment pouvait-il croire qu'un simple "désolé" suffirait ?
Je fixai l'écran en tremblant, mon pouce planant au-dessus du clavier.
Et puis, dans un élan de douleur et de rage, je balançai mon téléphone à l'autre bout de la pièce.
Il ne méritait même pas une réponse.
J'enfouis mon visage dans l'oreiller et laissai les larmes couler encore et encore. Je l'aimais. Je l'aimais tellement.
Mais ce soir, quelque chose en moi venait de mourir.
Et plus rien ne serait jamais comme avant.
Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais là, recroquevillée sur mon lit, noyée dans mes larmes. Mon corps tremblait encore sous l'effet du choc, et ma poitrine se soulevait violemment à chaque sanglot.
J'avais mal. Si mal.
J'aurais voulu disparaître, effacer cette soirée de ma mémoire, retourner quelques heures en arrière et ne jamais ouvrir cette foutue porte de salle de bain.
Soudain, j'entendis la porte de ma chambre s'ouvrir doucement.
- Maya... ?
C'était ma sœur, Lina.
Sa voix était douce, mais inquiète. En la voyant entrer, je me redressai légèrement, les yeux rouges et gonflés.
- Maya, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu pleures comme ça ?
Je baissai la tête, incapable de parler pendant quelques secondes. Puis, d'une voix brisée, j'articulai enfin :
- C'est Ethan...
Rien que prononcer son nom me fit monter une nouvelle vague de larmes. Lina s'approcha rapidement et s'assit à côté de moi sur le lit. Elle posa une main réconfortante sur mon dos, son regard plein de sollicitude.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? demanda-t-elle, la mâchoire déjà serrée, comme si elle sentait que la réponse allait l'énerver.
J'essuyai mes joues d'un revers de main tremblant avant de tout lui raconter. Chaque détail.
Comment j'avais voulu lui faire une surprise. Comment j'avais entendu l'eau couler et m'étais imaginé une soirée parfaite. Comment j'avais retiré mes vêtements en souriant, impatiente de le retrouver sous la douche.
Et comment, en ouvrant la porte, je l'avais vu avec une autre femme. Nus. Enlacés.
À mesure que je parlais, je voyais le visage de Lina changer. Son regard doux s'assombrissait, ses sourcils se fronçaient, et sa respiration s'accélérait. Lorsqu'elle serra les poings, je sus qu'elle était enragée.
- Ce fils de... Elle se retint de finir sa phrase, mais ses yeux lançaient des éclairs. Je vais le tuer.
Je reniflai, mes larmes coulant toujours, et secouai la tête.
- À quoi bon, Lina ? C'est fini... Tout est fini...
J'aurais voulu que ma voix soit forte, assurée. Mais elle n'était qu'un murmure brisé.
C'est alors que mon téléphone, toujours jeté à l'autre bout de la pièce, se mit à vibrer.
Nous avons toutes les deux tourné la tête vers l'écran qui clignotait dans la pénombre.
Ethan.
Il appelait.
Mon cœur se serra douloureusement. Pourquoi insistait-il ? Il voulait quoi ? M'expliquer que c'était "une erreur" ? Me supplier de l'écouter après ce que je venais de voir ?
J'étais paralysée. Incapable de bouger, incapable de répondre.
Mais Lina, elle, n'hésita pas.
Elle se leva brusquement, traversa la pièce d'un pas rapide et saisit mon téléphone avant que je puisse l'en empêcher.
- Lina, non...
Trop tard. Elle décrocha et porta le téléphone à son oreille.
- Espèce de sale connard ! lâcha-t-elle d'une voix tranchante, remplie de colère.
Je l'entendais respirer fort, la mâchoire crispée, ses doigts serrant mon téléphone comme si elle voulait l'écraser.
- T'as osé tromper ma sœur, enfoiré ?! siffla-t-elle. T'as osé la trahir après tout ce qu'elle a fait pour toi ?!
Je n'entendais pas ce qu'il disait à l'autre bout du fil, mais Lina ne lui laissa même pas le temps de parler.
- Ferme ta gueule, Ethan ! Je veux pas entendre tes excuses de merde ! cracha-t-elle. T'es qu'un pauvre type, un lâche, un salaud sans honneur !
Elle fit quelques pas dans la pièce, bouillonnante de rage, tandis que moi, toujours recroquevillée sur mon lit, j'écoutais sans rien dire, le cœur brisé.
- Tu perds ton temps à appeler ! Elle veut plus jamais entendre parler de toi, t'as compris ?!
Elle attendit à peine une seconde avant d'ajouter :
- Va te faire foutre.
Et elle raccrocha violemment.
Le silence tomba dans la chambre, seulement troublé par mes sanglots étouffés. Lina s'approcha de moi et posa mon téléphone sur la table de nuit. Puis elle s'assit à nouveau près de moi et me prit dans ses bras.
- Il ne mérite pas tes larmes, Maya... Il ne mérite rien de toi. murmura-t-elle doucement en caressant mon dos.
Je m'accrochai à elle, laissant mes pleurs couler sur son épaule. Elle avait raison. Mais alors... Pourquoi ai-je si mal ?
3: UNE ERREUR
LE POINT DE VUE DE MAYA
Les jours avaient passé, mais la douleur, elle, restait là. Tapie au fond de ma poitrine, lourde et oppressante, comme un poids que je n'arrivais pas à soulever.
Chaque matin, je me réveillais avec cette sensation de vide, ce trou béant dans mon cœur. La nuit, je luttais contre les souvenirs qui me hantaient, contre l'image d'Ethan et cette femme sous la douche. Même quand je fermais les yeux, tout me revenait en boucle.
Mais ce soir-là, allongée sur mon lit, fixant le plafond d'un regard perdu, quelque chose en moi changea.
J'en avais marre de souffrir.
Marre de pleurer pour un homme qui ne m'avait pas respectée.
Marre de laisser cette douleur m'enchaîner et m'empêcher d'avancer.
Je pris une profonde inspiration et me redressai. Pour la première fois depuis des jours, je ne me laissai pas tomber en arrière pour m'enfermer dans mon chagrin. Non. Cette fois, je me levai.
Je me dirigeai vers le miroir accroché au mur et m'observai.
Mon reflet me renvoya l'image d'une femme fatiguée, les yeux cernés, le visage marqué par la tristesse. Ce n'était pas moi. Pas la Maya forte, celle qui s'était toujours battue pour sa famille, pour Lina, pour elle-même.
J'étais l'aînée, et depuis toujours, j'avais porté le poids des responsabilités sur mes épaules.
Maman et papa vivaient loin, dans le village où nous avions grandi. Ils n'avaient jamais eu les moyens de nous offrir une vie confortable en ville, alors quand Lina avait voulu entrer à l'université, j'avais pris les choses en main.
J'avais trouvé un travail comme assistante dans un petit bureau, pas très loin d'ici. Le salaire n'était pas énorme, mais il nous permettait de payer le loyer, la nourriture, et une partie des frais de Lina pour ses études. Ce n'était pas facile. Parfois, on devait sauter des repas, faire des sacrifices, mais on tenait bon.
J'avais tout donné pour que Lina puisse réaliser ses rêves.
Et pendant tout ce temps, j'avais cru qu'Ethan était mon refuge. Mon équilibre. Celui avec qui, malgré toutes les difficultés, je pouvais être heureuse.
Mais je m'étais trompée.
Je ne pouvais plus continuer comme ça. Je ne pouvais plus me permettre d'être faible. Lina comptait sur moi. Moi, je devais compter sur moi-même.
Je passai une main sur mon visage, essuyant les larmes qui menaçaient de couler. Non. Ce soir, je ne pleurerai pas.
Je pris une grande inspiration et ouvris mon armoire. J'en sortis un jean, un t-shirt propre et me changeai. Ensuite, je me dirigeai vers la salle de bain et me regardai à nouveau dans le miroir.
J'avais besoin de voir une autre version de moi. Pas la femme brisée, mais celle qui se relève.J'attachai mes cheveux en une queue de cheval haute, me lavai le visage et inspirai profondément. C'était décidé. À partir de maintenant, je reprends ma vie en main.
Ethan ne méritait plus une seule larme. Je ne vivrais plus pour un homme qui ne m'a jamais vraiment aimée. Je vivrais pour moi.
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Les jours passaient, et je restais fidèle à ma décision. Je voulais me relever.
Je m'étais promis de ne plus pleurer pour Ethan, alors j'avais enfoui ma douleur sous une nouvelle routine. Je travaillais plus, je rentrais tard, j'évitais de trop penser.
Mais malgré tout, l'argent manquait toujours.
Le salaire que je gagnais comme assistante ne suffisait pas. Lina avait encore des frais pour l'université, le loyer était une charge lourde, et les factures ne cessaient de s'accumuler.
C'est là qu'ils sont venus me voir.
Tout a commencé un soir, au bureau. J'étais restée tard pour finir des dossiers quand mon patron, Monsieur Vargas, un homme aux allures respectables mais dont les affaires étaient troubles, est entré dans mon espace de travail.
- Maya, j'ai une proposition pour toi.
J'ai levé la tête, intriguée.
- Quel genre de proposition ?
Il a souri, s'asseyant sur le coin de mon bureau.
- Je sais que tu galères financièrement. Que tu prends soin de ta sœur toute seule. Je peux t'aider.
Mon cœur s'est serré. Comment savait-il tout ça ? Depuis combien de temps m'observait-il ?
- Aider comment ? ai-je demandé d'une voix prudente.
Il a sorti une enveloppe épaisse et l'a posée devant moi.
- Un petit travail en plus. Simple. Tu continues de faire ce que tu fais ici, mais parfois, tu fais passer des transactions. Des paiements en liquide que tu ne notes pas dans les registres officiels. Des documents que tu classes sans poser de questions.
J'ai senti mon estomac se nouer.
- C'est illégal, n'est-ce pas ?
Il a ri légèrement, haussant les épaules.
- C'est juste du business, Maya. Des gens riches qui veulent que leur argent passe inaperçu. Tu ne fais que du papier, tu ne touches même pas à l'argent directement. Et en échange... tu reçois des primes généreuses.
Il a poussé l'enveloppe vers moi.
- Ceci, c'est juste une avance.
J'ai regardé l'enveloppe, hésitante. Il y avait sûrement plusieurs milliers à l'intérieur.
J'aurais dû dire non.
Mais Lina avait besoin de cet argent. Moi, j'avais besoin de cet argent. Alors, j'ai tendu la main et j'ai pris l'enveloppe.
C'est comme ça que tout a commencé.
D'abord, ce n'étaient que de petits documents à signer sans lire. Des dossiers à ranger sans poser de questions. Puis, j'ai commencé à recevoir des colis à déposer dans certaines adresses.
Les premiers jours, mon cœur battait à tout rompre. Je savais que c'était dangereux.
Mais à chaque fois que je rentrais et que je voyais Lina réviser sereinement, sans se soucier de notre situation, je me disais que c'était nécessaire. Je faisais ça pour elle. Pour nous. C'est ce que je me répétais. Mais au fond, une partie de moi savait que j'étais en train de me perdre.
Ce soir-là, tout devait bien se passer.
J'avais suivi les consignes à la lettre depuis des semaines. Je faisais ce qu'on me demandait, sans poser de questions. Et en retour, l'argent tombait, me permettant de tenir le coup, de payer le loyer, les factures, et d'assurer à Lina un semblant de stabilité.
Mais ce soir-là, tout a basculé.
J'avais reçu une somme importante à faire transiter. Beaucoup plus que d'habitude. Je ne savais pas exactement combien, mais l'enveloppe était bien plus lourde que les précédentes. Une partie devait être discrètement répartie dans différentes transactions pour être "propre", et le reste livré à une adresse précise.
Mon cœur battait un peu plus vite que d'habitude lorsque je suis sortie du bureau, l'enveloppe soigneusement cachée dans mon sac. Je savais que je jouais à un jeu dangereux. Mais jamais je n'aurais imaginé ce qui allait arriver.
Il était tard, la rue était presque vide. J'avançais d'un pas rapide, pressée de terminer cette mission et de rentrer chez moi. Mais à peine avais-je tourné au coin d'une ruelle que je les ai vus.
Trois hommes, capuches abaissées, silhouettes menaçantes.
Je n'ai même pas eu le temps de réagir.L'un d'eux s'est avancé brusquement et m'a agrippée par le bras.
- Donne le sac.
Sa voix était grave, sèche, sans une once d'hésitation. Un frisson glacé m'a parcouru l'échine.
- Je... Je n'ai rien, laissez-moi tranquille ! ai-je balbutié, tentant de reculer.
Un autre homme a ri doucement.
- Écoute, on sait ce que tu transportes.
Mon estomac s'est noué. Comment pouvaient-ils savoir ?Quelqu'un avait parlé.
- J'ai dit, donne le sac.
Cette fois, sa voix s'est faite plus menaçante, et j'ai senti quelque chose de froid contre mon ventre. Un couteau.
Un frisson d'horreur m'a traversée. Je ne pouvais rien faire.
J'ai serré les dents, les larmes aux yeux, et j'ai lentement tendu mon sac. L'homme l'a arraché de mes mains, l'a ouvert rapidement, puis a hoché la tête à ses complices.
- Bonne fille.
Ils ont reculé doucement, s'assurant que je ne bouge pas, puis ont disparu dans l'obscurité de la ruelle.
C'était fini.
Je suis restée figée quelques secondes, le cœur battant à un rythme incontrôlable. Mon souffle était saccadé. Mon corps tremblait.
Puis, la panique m'a submergée. J'ai perdu tout l'argent. Une somme énorme. Mon cerveau s'est emballé. Qu'est-ce que j'allais faire ?
Monsieur Vargas n'allait jamais accepter ça. Ils allaient me tuer. J'ai reculé contre un mur, le souffle court, ma tête tournant sous le choc.
J'étais foutue.