La ville de Lisse, au Pays-bas est la capital de la tulipe. Partout où vous marcherez, vous ne trouverez que ça, des tulipes. C'est donc pour cette raison que le premier jour du printemps devient le prétexte d'une fête à sa gloire. Chaque 21 mars, les habitants se rendent aux moulins de Kinderdjik pour y faire un grand pique-nique. C'est aussi un événement mondain, où les parents y présentent leurs progénitures pour fomenter des mariages arrangés... Une sorte de bal des débutantes, mais sans musique...
C'est donc la mine déconfite, que je me fais conduire en voiture à cheval à cet événement désolant. Entourée de mes parents, qui ne souhaitent qu'une chose : que je trouve un mari. Je suis leur seule et unique fille. Bien que ma condition de femme m'interdise à peu près tout et n'importe quoi, j'ai cependant réussie à passer sous les mailles du filet.
J'ai fais des études, à Paris et y ai passé l'essentielle de mon adolescence, chez une tante que j'adorais : Sylvia... mais quand le temps de revenir fut venu, je me suis faite à l'idée que je deviendrai vieille fille. Refusant d'être au mieux le trophée d'un homme, ou au pire sa servante! J'ai réussie à repousser l'échéance mais à présent que mon vingt-troisième anniversaire est passé, mes parents commencent à s'inquiéter de mon statut. Les filles avec qui j'ai grandi sont déjà mariées et mères de familles...
Je souris en les voyant accentuer leurs efforts pour me "placer " comme ils le disent, dans une famille bien sous tout rapport... Je ne cache jamais ma joie, quand j'arrive à anéantir tout leur efforts, avec une seule parole ou un seul regard, démontrant à mes soupirants que je ne serais pas femme facile!
Ingrid : " La famille Sassnard sera là parait-il. " dit-elle en s'adressant à mon père. " Savais-tu que leur fils à été major de son école d'ingénieur? Il reprendra l'aciérie familiale cette année. " me dit-elle, avec intérêt.
George : " C'est l'une des familles les plus anciennes de le région. Ils avaient leurs habitudes au palais avant, mais depuis qu'ils ont choisis la région pour le commerce du bois, ils n'y sont plus autant présent... "
Adélaïde : " C'est censé m'intéresser? " dis-je, avec agacement. " Vous et moi, savons comment tout cela va se finir, alors arrêtons l'hypocrisie. Je ne compte pas rester docile à vos exigences. Je ne laisserai aucun prétendant me faire la cour! Vous devrez vous y faire. "
George : " N'insistons pas Ingrid, elle n'en fait qu'à sa tête... " dit-il résigné.
...
La fête bat déjà son plein quand nous arrivons aux moulins. De longues tables en bois sont disposées et décorées avec de fleurs où de la nourriture est servie dans d'immenses plats. Quelques enfants jouent, ajoutant à l'ambiance décontractée du lieu. C'est bien la première fois que mes parents m'emmènent dans un endroit aussi chaleureux, remarquais-je.
Adélaïde : " Je vais visiter les alentours... " leur dis-je, avant de partir sans attendre leur consentement.
C'est dans un immense parc qui doit faire plusieurs hectares, que je m'engouffre avec rapidité, afin d'éviter leurs manigances. Il y a aussi un lac peuplé d'oies et de canards, et un champs de... tulipes! Bien évidemment. Je marche pour m'éloigner de l'agitation de la fête mais pour aussi m'accorder un petit temps à moi. Mes parents étant toujours sur mon dos, je me sens oppressée quelques fois et il n'y a que la nature qui m'apaise un peu.
Alors que je m'avance au plus profond du champs de fleurs, je m'arrête à la vue d'une silhouette près du cours d'eau. C'est un jeune homme, d'une vingtaine d'année probablement, des cheveux châtains clairs jusqu'au oreilles, avec des yeux... bleus, je crois. Il lance des cailloux dans l'eau pour essayer de faire des ricochets. Je l'observe un moment, subjuguée par sa prestance. Il est grand et assez bien bâtit. Je n'avais jamais vu un homme pareil avant... il se dégage de lui, une sorte d'élégance particulière... Alors que je ne cesse de le regarder, mes talons s'enfoncent dans la boue et je dois m'extirper du marasme dans lequel je me suis mise, pour ne pas rester coincée.
Quand je relève la tête, il a disparu. Je décide alors de revenir sur mes pas, mais alors que je me retourne, un corps musclé me percute et je tombe presque à la reverse. Une main me retient par le bras et j'arrive à éviter la chute. Je lève la tête et reconnais immédiatement le jeune homme, qui était il y a encore cinq minutes, près du lac.
" Alors comme ça, on espionne? " dit-il, d'une voix rauque.
Adélaïde : " Je ne vous espionnais pas... Je.... Je... "
" Je quoi? " dit-il, d'une voix implacable. " Fouineuse et en plus menteuse. "
Adélaïde : " Je ne vous permets pas! " dis-je, outrée par son impolitesse. " Je me promenais et je vous ai surpris en train... de faire je ne sais quoi! "
" Vous n'aviez qu'à tourner les talons! Au lieu de ça, vous m'avez regarder, un long moment... Ce que vous regardiez, vous plaisait tant que ça? " Je rougis instantanément devant le sous-entendus que soulève ses paroles. Comment ose-t-il?
Adélaïde : " Pourriez-vous me lâcher? " dis-je constatant sa poigne autour de mon bras.
" Non. Je ne crois pas que j'en ai envie... " dit-il, amusé.
Je suis abasourdie par sa nonchalance. Étrangement, je n'ai pas peur. Il m'agace plus qu'il ne m'intimide.
Adélaïde : " Vous êtes un rustre! Il n'y a que les rustres pour ce comporter ainsi. Votre manque d'éducation est flagrant. Vous restiez seul, car personne n'osait s'approcher de vous, puisque vous êtes si désagréable! Voici mon tord, avoir été bien trop près de votre personne! " dis-je, en le défiant du regard.
Il m'observe, ses yeux remplit d'une lueur indéchiffrable, et un petit sourire se dessine sur ses lèvres.
" Vous semblez bien perspicace pour une femme si... "
Adélaïde : " Vous seriez surpris de savoir ce qu'une femme peut connaître sur la nature humaine, en particulier le genre masculin! " répondis-je en l'interrompant.
"Pourrais-je savoir à qui ai-je l'honneur? "
Adélaïde : " Adélaïde Hemberg. " répondis-je en levant le menton.
" Hemberg... " répète-t-il, songeur.
Adélaïde : " Comment avez-vous dit que vous vous appeliez? "
" Je ne l'ai pas dit. " dit-il, avant de me lâcher et de me laisser là, livrée à mon sort.
Je reste un moment interdite, entre les tulipes et la boue, essayant de me convaincre que je n'ai pas rêvée ce qui vient de se passer. Je regarde mon bras légèrement rougit par la pression de sa main sur ma peau. Je n'ai jamais eu à faire à quelqu'un d'aussi mal élevé de ma vie! Mais comme on dit : avec un peu de détermination, on arrive à se faire entendre...
Je termine de lire une seconde fois la lettre que ma tante Sylvia m' a envoyée de Paris, pour m'annoncer sa venue prochaine au manoir. Quand elle est là, tout est si léger et amusant. C'est la soeur de ma mère, mais quelque fois je me demande si elle n'a pas été adoptée! Elle a eu la chance d'être devenue veuve très jeune, et a donc pu vivre sa propre vie après cela. Son mari était un aristocrate français, descendant d'une grande famille d'intellectuels, il est mort à la guerre quelques mois après leur mariage. Laissant ma chère Sylvia devenir une jeune veuve richissime.
C'est donc revigorée par cette excellente nouvelle, que je descends dans la cours afin de m'aérer un peu. Alors que j'observe les chiens courir derrière un écureuil, un des employés du domaine court à la hâte jusqu'à nous.
" Le prince va se marier! " cri-t-il, essoufflé. " Ils ont placardés l'avis de noce, ce matin en ville. Il va y avoir un mariage royal! " dit-il, joyeux.
Ingrid : " Avec qui donc, le prince se marie-t-il? " lui demande-t-elle.
" Ce n'est pas écrit. Seule la date du mariage est annoncée. Ce sera dans trois semaines, à Amsterdam. "
Ingrid : " J'ai hâte d'y être... Tu verras Adélaïde, les mariages royaux sont au-dessus du lot! On s'y amuse tant, la musique est incroyable et la nourriture exquise... Les gens sont si élégants ... Peut-être qu'avec un peu de chance, tu trouveras là-bas quelqu'un à ton goût! "
Adélaïde : " A ta place, je ne l'espérerai pas trop... "
Soudain, à travers le portail, je vois une horde de cavaliers s'avancer jusqu'à nous. Un des cavaliers semble montrer un papier au gardien, qui les laisse passer le portail avec déférence. Ma mère et moi nous regardons, interloquée à la vue de cette scène. Lorsqu'ils arrivent à notre hauteur, un garde vêtu de rouge et d'or descend de sa monture et nous salue avec respect.
Ingrid : " Ce sont les gardes royaux... " me chuchote-t-elle.
" Enchanté mesdames. Commandant Litz de la garde royale, pour vous servir. Je suis venu vous remettre une lettre écrite de la main du Roi. Il vous demande de préparer les affaires de votre fille, afin qu'elle se rende au plus vite au château pour les préparatifs du mariage. Vous pourrez l'accompagner si vous le souhaitez. "
Adélaïde : " Quoi?! Pourquoi devrais-je aller au palais? " dis-je interloquée par ses paroles.
Ingrid : " Chut... C'est un ordre du Roi! Excusez-moi, comandant, mais pour quelle raison ma fille est-elle convoquée? "
Il nous regarde, surpris par nos questions.
Commandant Litz : " Mais madame... votre fille est la fiancée du prince. " dit-il, calmement.
Adélaïde : " Jamais de la vie! " répondis-je, avec aigreur.
Ingrid : " Adélaïde, tais-toi! "
Mon père sort enfin de sa tanière et il est surpris de voir autant de monde dans la cours de son modeste manoir.
George : " Que se passe-t-il? "
Ingrid : " Le roi veut que nous allions au palais pour assister au mariage d'Adélaïde et du prince..." dit-elle, croyant à peine à ce qu'elle dit.
Adélaïde : " Je n'irai nulle part! Vous m'entendez, dite au prince que je ne l'épouserai pas ! "
Commandant Litz : " Désolé de vous l'apprendre, mais c'est un ordre royal, et je dois l'exécuter. Le prince nous a dit de vous ramenez... dans les plus brefs délais. "
Je boue littéralement de rage. Il faut que je trouve un moyen de me sortir de là!
Adélaïde : " Je vais chercher mes affaires, mais je compte bien demander des comptes au Roi! " dis-je, avec défiance.
Le commandant me regarde avec un air circonspect et mes parents n'arrivent toujours pas à comprendre ce qui se passe. Quand je rentre à l'intérieur, je me précipite à l'autre bout du manoir, afin de passer par les écuries.
Alors que je m'apprête à monter un cheval, deux gardes se postent devant moi. Je comprends à cet instant, que je n'ai pas d'autre choix que de les suivre. Je ne sais pas me battre et je suis en infériorité numérique. Maudit soit ce prince, quel qu'il soit!
...
Nous mettons deux heures et demi avant d'atteindre Amsterdam. Quand je passe les hauts grillages du palais, j'ai le sentiments d'être rentrée dans une prison - certes élégante - mais une prison quand même ! À peine suis-je sortie de la calèche, que deux gardes m'escortent, suivant chacun de mes mouvements. Mes parents son guidés à l'intérieur, mais moi, je suis un autre chemin.
Adélaïde : " Où allons-nous? " demandais-je.
Ils ne répondent pas. Je marche à travers un grand parc, puis me retrouve devant une écurie. Nous y pénétrons, et au fond se trouve un homme qui brosse un cheval. Il est de dos.
" La voici monsieur. " dit l'un des gardes.
Il se raidit immédiatement, puis doucement se retourne. Son visage me frappe! C'est lui, l'inconnu du lac!
" Merci. Pouvez-vous nous laisser seul un instant? Elle n'ira nulle part. Je vous le promet." leur dit-il.
Ils quittent l'écurie et se postent à l'extérieur.
Adélaïde : " Mais qui êtes-vous? Vous n'êtes certainement pas le Roi! "
" Je le serai un jour... Johann Von Armsberg des Pays-Bas. Pour vous servir. " dit-il, avec un petit sourire.
Un long frisson parcours toute mon échine, quand je réalise que je converse avec le prince du pays dans lequel je vis.
Adélaïde : " Pourquoi avez-vous dit aux gardes que nous allions nous marier? " demandais-je perdue.
Johann : " Parce-que c'est vrai. Cela fait maintenant deux ans que l'on me presse de trouver une femme, pour songer à la pérennité du royaume... je n'ai jamais vraiment cherché, mais depuis quelques temps, mon père me harcèle, voulant même m'imposer un choix. Quand je vous ai vu, je me suis dis : pourquoi pas elle? Une femme reste une femme après tout... "
Adélaïde : " Vous êtes peut-être prince, mais vous n'avez rien de princier! Plutôt mourir que de vous épouser. Je refuse! Je ne donnerai jamais mon consentement! "
Il s'approche de moi lentement mais je recule, intimidé par son regard perçant.
Johann : " Vos parents vous ont accompagnés, n'est-ce-pas? Ce serait dommage qu'ils leurs arrivent malheur... Vous allez m'épouser, me faire des enfants, et surtout apprendre à vous taire! Je suis le prince et vous ne pouvez rien faire contre ça. " dit-il, d'une voix tranchante.
Sa menace, me glace. Il me regarde de bas en haut, puis m'attrape le bras.
Adélaïde : " Lachez-moi! " dis-je, en essayant de me dégager.
Johann : " Vous êtes farouche... j'ai hâte... ce sera un vrai délice que de vous soumettre à mon désir... " dit-il, presque excité par mes gestes. Je suis pétrifiée à l'écoute de ses mots. " Gardes!" crie-t-il. " Emmenez-la dans sa chambre. "
Ils m'attrapent à leur tour et me guident jusqu'à l'extérieur.
...
Quand je pénètre dans ma chambre, je suis saisie par sa splendeur. Elle fait la taille du salon de la maison de mes parents, il y a des dorures partout, et des tissus de soie qui habille les fenêtres et le lit. Cependant, je ne m'y résout pas! Je refuse d'être mariée de force! Il faut que je trouve le moyen de m'enfuir... je sais qu'il ne fera rien à mes parents, il bluff... du moins, je l'espère. Je regarde par la fenêtre et vois une grande cours, mais il y a des gardes partout. Je vais pour ouvrir ma porte, mais elle est fermée à clé. Je suis au deuxième étages, il faut donc que je passe par la fenêtre pour espérer faire quoique ce soit... Il faut que j'analyse toutes les options qui s'offre à moi, mais j'ai déjà pris ma décision : il va y avoir une évasion en ce château!
Je viens d'avoir la déplaisante visite de la gouvernante censée s'occupée de moi, lors de mon séjour ici. Elle doit m'apprendre les règles du palais, et de ce qu'elle m'a déjà racontée, je n'ai quasiment droit de ne rien faire, si ce n'est: sourire et écouter! Cette situation est ubuesque! Jamais, je n'accepterai une telle existence! Je sais que la vie à autre chose à m'offrir et la soumission n'a jamais été une option pour moi. Je ferais scrupuleusement tout le contraire de ce qu'ils attendent de moi.
Allongée dans le lit, j'attends que la nuit soit bien entamée, depuis un long moment maintenant. Je regarde l'horloge à mes côtés, il est deux heures du matin. J'ai improvisée une corde avec des draps pour sortir par ma fenêtre. Il y a un rebord au premier étage qui me permettra de ne pas tomber et d'atteindre le sol sans embûche. Je sors de mon lit et enfile ma robe que je plis entre mes jambes pour faire comme un pantalon, en coinçant l'excédent de tissu dans ma ceinture. Je ne ressemble à rien, mais je m'en fiche! Il faut bien ça, pour m'enfuir de ce mouroir.
J'ouvre la fenêtre et regarde au loin. Les gardes sont à plusieurs mètres, et il fait si noir, qu'on ne me repèrera pas tout de suite. J'attache les draps au pied d'une commode gigantesque ( j'ai essayée de la pousser et cela m'a été impossible). Je jette le reste des draps par la fenêtre et entreprends sa descente. Quand j'atteins rapidement le rebord du premier étage, je souffle de satisfaction. La dernière partie est la plus dangereuse mais je ne me décourage pas.
Je suis extatique quand je touche les gravillons de la cours. Ça fait un bruit fou, mais j'ai tout de même réussi à quitter ma chambre. Je commence à courir le plus vite possible vers les jardins, je pense que j'aurais plus de chance de sortir par là, que devant. Quand j'atteins l'entrée des roses, j'entends des gardes crier et commencés à bouger un peu partout... j'ai l'impression qu'ils ont constatés mon subterfuge. Un son de clairon retentit et je comprends que je suis recherchée. Je cours pour m'enfoncer dans le jardin, afin qu'ils ne puissent déceler ma silhouette. Je suis à bout de souffle, mais je ne lâcherai pas! Je vois une porte grillagée au fond et m'y précipite. Alors que je l'atteins, j'entends des gardes et des chiens se rapprocher de moi. Je me mets à escalader la porte, mais je suis retenu par l'un des chiens à la cheville. Je suis perdue...
...
À mon grand étonnement, je ne suis pas ramenée dans mes appartements, mais dans une pièce encore plus immense, dotée d'un lit à baldaquin et d'une bibliothèque. J'attends, entourée de quatre gardes, qui m'observent avec colère. Au bout de quelques secondes, le prince fait son apparition, les yeux rougis par le sommeil... et la colère.
Johann : " Vous pouvez partir. " dit-il, ne me quittant pas des yeux.
Garde : " Vous êtes sûr votre altesse? "
Johann : " Restez derrière la porte, je vous appellerai si besoin... " Ils quittent la pièce, en me laissant seule avec lui. Bizarrement, je me sentais plus en sécurité avec eux à mes côtés que maintenant. Il marche dans ma direction d'un pas lent et déterminé. Je me lève et bouge lentement pour mettre de la distance entre nous. " Alors comme ça, on s'enfuit... Tu me défies? Je vais te montrer... "
Soudain, il avance vers moi rapidement et essaye de m'attraper, mais je pars dans l'autre sens pour m'échapper. Il est bloqué par une table et me regarde encore plus énervé.
Adélaïde : " Je recommencerai! Je partirai à nouveau! " crie-ai-je.
Johann : " Je vais t'enlever cette envie... " dit-il, en serrant les dents. Il est devant la table et bouge rapidement pour me faire croire qu'il passe d'un autre côté mais en réalité, il passe de l'autre. Alors que j'atteins la porte, il m'attrape par le bras et saisi mes épaules pour me secouer violemment. " Tu n'y peux rien à présent. Je t'ai choisi et tu vas devoir faire avec ça! Ne me fait plus lever en pleine nuit! Tu entends? "
J'enfonce mes ongles dans ses avant-bras pour me défendre et il me jette à terre si fort, que je me cogne contre une chaise et perds connaissance.
...
Quand j'ouvre les yeux, les mêmes dorures au plafonds m'accueillent de leurs motifs. Quelqu'un est assis à côté de moi, mais je ne vois encore trouble... On me sert de l'eau, que je bois, et après quelque secondes d'acclimatation, je reconnais Johann.
Johann : " Vous allez bien? "
Adélaïde : " Lâchez-moi. " dis-je en le repoussant.
Johann : " Si vous avez assez de force pour me repousser, c'est que vous vous portez comme un charme. "
Adélaïde : " Je n'ai pas peur de vous. "
Johann : " Il est bien là le problème, vous ne savez pas de quoi je suis capable... À cause de vous, les appartements que j'avais donné à vos parents leurs ont été retirés..."
Adélaïde : " Où sont-ils? "
Johann : " Au cachot. "
Adélaïde : " Vous êtes... vous êtes... "
Johann : " Faites attention! Je peux faire pire." dit-il menaçant.
Adélaïde : " Pourquoi moi? Vous êtes prince, vous pouvez épouser qui vous voulez? Une femme consentante en plus! Je ne comprends pas votre acharnement... "
Johann : " Si ça ne tenais qu'à moi, je ne me marierai pas, mais j'ai le devoir de faire un choix et il s'est porté sur vous. Mon délai de sélection prenait fin et je vous ai vus, vous m'avez donné votre nom... quand mon père m'a demandé qui avais-je choisi, j'ai dit votre nom, sans réfléchir...
Adélaïde : " Vous êtes en train de me dire que tout cela est dû au hasard? "
Johann : " J'aurais plutôt dit la destinée... "
Adélaïde : " Que je ne veuilles pas de vous, ne vous gêne pas? "
Johann : " Pas le moins du monde... vous apprendrez que ce que vous pensez n'intéresse pas grand monde ici... "
Adélaïde : " Vous ne faites vraiment rien pour que je vous apprécie, pas même le soupçon d'un effort... sachez que vous êtes tombé sur la mauvaise proie! Je n'aurais de cesse que de vous mettre des bâtons dans les roues, je ne suivrai aucune de vos lois ou de vos ordres. Je ne m'abaisserai pas à vous satisfaire, de quelque manière que ce soit. "
Il plonge ses yeux bleus dans les miens et je retrouve cette lueur glaçante de désir qui m'a fait frissonner dans l'écurie hier. C'est comme-ci, plus je lui résistais, plus il éprouvait de l'excitation.
Johann : " Adélaïde... vous êtes décidément le meilleur coup de poker que j'ai jamais mené... J'ai senti votre impétuosité près du lac, mais je ne me doutais pas de votre témérité... " Il s'approche de moi et me bloque contre le matelas. J'essaye de me débattre mais je suis encore un peu sonnée et il bien plus fort que moi. " Je vais prendre ce qu'il me revient de droit... " dit-il, avant de coller sa bouche sur la mienne. J'essaye de le repousser mais il me tient bien fermement. Je mords sa lèvre et il crie avant de me regarder. Sa bouche saigne un peu, mais pas assez à mon goût. Il lèche son sang, et lorsqu'il comprend ce que je viens de faire, il m'attrape par le cou et sert ses doigts autour. " Tu n'as pas idée de ce que tu viens de faire! Je vais demandé à avancer la date du mariage car il faut que je sois ton mari pour t'affliger la correction que tu mérites, mais crois-moi lorsque je le serai... je te ferai perdre toute envie rébellion! "
Il me lâche enfin, et je suffoques presque en essayant de retrouver ma respiration. Il se lève et sort de la pièce en furie. Les gardes me rejoignent et m'aident à me lever pour m'emmener dans ma chambre.