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Tu m'appartiens déjà

Tu m'appartiens déjà

Auteur:: Enzob
Genre: Romance
Elle pensait maîtriser son destin. Lui n'avait jamais eu besoin de croire en quoi que ce soit. Leur rencontre n'était pas prévue, et pourtant, elle va sceller l'irréparable. Elle, c'est une femme animée par une quête de justice aussi rigide que sa carapace. Lorsqu'elle se retrouve face à lui un homme dont le nom seul glace les sangs dans les milieux qu'elle dénonce elle croit d'abord tenir sa chance. Pour elle, il incarne tout ce qu'elle combat : un être froid, calculateur, sans remords, qui règne sur son empire dans l'ombre et la loi du plus fort. Mais ce qu'elle ignore, c'est que leurs chemins ne se sont pas croisés par hasard : elle est tombée entre ses mains, et il ne compte pas la laisser repartir indemne.

Chapitre 1 01

Posé en haut d'un immeuble et dissimulé dans l'ombre, je l'observais en silence. La neige recouvrait mes épaules et un souffle froid s'échappait à chacune de mes expirations. L'intérêt qu'elle m'insufflait, m'empêchait de faire le moindre mouvement.

Je me délectais de voir la peur envahir ses pores et d'observer ses prunelles effrayées. C'en était galvanisant.

Je ne comprenais pas ce choix, pourquoi avait-elle été choisie à la place d'une autre. Elle était si banale. Quelque chose d'anormale se tramait.

Les effluves de son parfum parvenaient jusqu'à mes narines frémissantes et c'était une affreuse torture de rester immobile et de ne pas la toucher. Le désir qui me possédait était intense. Mais la colère surpassait cette folie, car je savais ce que représentaient tous ces signes et je grognais de frustration. Je détestais cette sensation d'être contrôlé.

Elle ne pouvait pas rentrer dans ma vie, elle n'était pas comme moi. Elle serait continuellement en danger et m'attirerait d'inutiles ennuis. Mais je devais agir car une seule question parmi mes doutes demeurait.

Il fallait que je sache si c'était Elle.

Lyna

Cela faisait plus de deux heures que je me trouvais devant cette allée et je sentais mes muscles s'engourdir peu à peu. Je me frottais le front pour repousser les quelques mèches qui s'y collaient. Mes yeux me piquaient mais je me forçais à les garder ouvert car je devais encore classer les nouveaux livres que nous venions de recevoir. Heureusement j'avais presque fini. Les froides journées d'hiver étaient toujours les plus longues et les plus épuisantes, nous nous levions avec la nuit et nous nous couchions avec la nuit. Un vrai calvaire. C'est dans ces moments-là que je rêvais de vivre dans un grand palace avec une vue sur la mer, mais la réalité était tout autre. Ce sont des livres qui me faisaient offices de jardin paradisiaque et des immeubles en béton en guise de logements. Ouais, c'était pas la folie.

-Lyna qu'est ce que tu fais encore là ? Il est plus de vingt-deux heures ! me dit mon patron en arrivant sur le côté de l'étagère, me faisant sursauter.

-Vingt-deux heures ?! m'exclamais - je en reposant un livre. Je regardais ma montre et remarquais que je n'avais pas du tout vu le temps passer.

-Mais je n'ai même pas encore terminé de ranger tous ces livres ! je lui répondis en pointant du doigt la colonne de livres qui m'attendait encore. J'avais tendance à ne jamais m'arrêter et au quotidien cela pouvait vite devenir déplaisant, car c'était mon sommeil qui en était le plus touché.

-Ne t'embête pas pour ça, tu continueras demain ma belle, maintenant rentre chez toi, il se fait tard, il répliqua d'un ton chaleureux et j'acquiesçais avec un petit sourire. Il connaissait bien ma manie pour l'organisation. Je l'écoutais et m'en allais juste après dans la salle au fond de la librairie pour chercher mes affaires dans les casiers et récupérer mon manteau ainsi que mon sac à main. Je m'approchais de la sortie mais mon patron Brice m'arrêta en m'attrapant le bras et je l'interrogeai du regard.

-Tu devrais prendre des vacances, tu es morte de fatigue et tu vas finir par tomber malade, tu te surmènes trop, il me sermonna inquiet en inspectant les cernes qui devaient certainement se loger sous mes yeux. Ce qui me fit comprendre que je devais être plus discrète si je ne voulais pas être mise de force à l'arrêt, car ce métier c'était tout ce qui "animait" mes journées. Sans celui-ci j'allais me retrouver avachis dans mon canapé et non merci. J'avais besoin d'une activité quotidienne.

-Ne t'inquiète pas pour moi, et puis tu as besoin de moi tu ne peux pas t'occuper de tout, seul, je lui répondais avec un petit sourire en essayant de l'amadouer et il soupira résigné.

Fière de moi, je le saluais et sortais enfin de cette librairie. La différence de température était flagrante et me fit rapidement perdre mon sourire. Je serais sans doute frigorifiée si je n'avais pas déjà chaud dû à mes rangements. Nous étions en hiver, la neige recouvrait désormais tous les trottoirs et les voitures laissaient des trainées derrière leur passage. Je mettais quand même mon écharpe autour de mon cou car sinon demain je me retrouverai ensevelie sous des dizaines de couvertures avec comme seul compagnon : la boîte de mouchoir. Et je n'aurais plus aucune excuse valable à donner à mon patron.

Les rues de Philadelphie étaient étrangement calmes cette nuit, je croisais quelques personnes mais ce n'est pas la folie. Seule la lumière des vieux lampadaires éclairait les rues. Je partais dans mes pensées et continuais de marcher en rêvassant. Après quelques minutes de marche, j'entendis un bruit de craquement juste derrière moi et me retournais en sursaut. J'observai les alentours et remarquai que ce n'était qu'un simple chat.

-Tu deviens folle ma vieille, marmonnais- je en sentant la fatigue me jouer des tours.

Je continuais à avancer en suivant les longs trottoirs, mon appartement se situait à environ 15-20 minutes à pieds de la librairie. Je n'avais pas de voiture et je ne préférais pas me retrouver seule dans les transports en communs à vingt-deux heures du soir surtout à Philadelphie. Je sentis la fatigue prendre possession de moi mais je continuais tout de même de marcher en serrant mon sac contre ma poitrine. Je longeais les trottoirs perdue dans mes pensées, lorsque je sentis une respiration forte et chaude me frôler délicatement l'épaule. Je me tétanisai rapidement et n'osai plus me retourner. Je deviens folle ou quoi !

Je sortis rapidement de ma léthargie et commençai à marcher plus rapidement. Des bruits de pas se firent entendre et semblèrent se rapprocher de moi. La peur commença à me gagner. Je crois qu'un malade est entrain de me suivre. Je me retournai brusquement pour être sûre et m'apprêtai à hurler sur cette personne mais qu'elle fut ma stupeur lorsque je découvris qu'il n'y avait personne, seulement moi. Mais je n'avais tout de même pas imaginé toute cette scène !

Je me massais grossièrement les tempes et soufflais. Je pense que j'ai besoin d'une bonne douche et d'un sommeil profond. Les conseils de mon patron prirent alors tout leurs sens. Je sortis rapidement mon portable et essayai de l'allumer mais bien évidemment, pour ne pas continuer dans le début d'un vieux film d'horreur, mon portable n'avait plus de batterie.

-Il ne manquait plus que ça... soufflais-je dépitée. Je le rangeais dans mon sac à main et relevais la tête pour observer les hauts immeubles qui m'encerclaient, tout en continuant de marcher. Plus les minutes avançaient, plus les immeubles se ressemblaient et je me frottais les mains pour les réchauffer.

-Qu'est ce que...

Je vis une silhouette se fondre dans l'ombre, posée sur un des toits d'un immeuble. Je m'arrêtais et essayais de mieux voir de quoi il s'agissait. J'arrivais à distinguer une forme humaine. Je plissais les yeux pour forcer mes yeux à s'adapter dans la nuit, sans succès.

Mais que faisait cette personne perchée sur un immeuble et cachée dans l'ombre ? Et comment avait- elle réussi à arriver tout en haut ! Y'a vraiment des fous partout...La silhouette pencha sa tête sur le côté comme si elle était curieuse, comme si je n'étais pas censée pouvoir l'observer. A

Au moment où j'allais m'avancer pour me retrouver devant cet immeuble, l'ombre disparut rapidement, comme évaporée. Une sueur froide dégringola dans mon dos. Je m'éloignais rapidement. Peut-être que ce n'était que le fruit de mon imagination et du manque de sommeil accumulé, mais j'entendais des bruits de craquements autour de moi comme des branches d'arbres qui se brisaient : ça se rapprochait. L'ombre me suivait. Tout le monde savait ce qui pouvait arriver aux jeunes femmes marchant dans les rues tard le soir : viol, meurtre...

Je n'arrivais plus à avoir de pensées rationnelles. Tout cela n'avait aucun putain de sens, mais j'étais fatiguée et il faisait nuit. Perdue dans ma course effrénée, mon corps percuta violemment quelque-chose, et désorientée je hurlais de surprise. Je me rapprochais dangereusement du sol mais juste avant de tomber deux bras me rattrapèrent. Enfin c'est ce que j'aperçus derrière ma vision floue. Je ne bougeais plus comme tétanisée. Je tremblais et n'osais pas ouvrir les yeux. Fais la morte, fais la morte, fais la morte. Je restais immobile, le cœur battant la chamade.

-Montre-moi tes yeux, m'ordonna l'inconnu d'une voix froide. Complètement cinglé. J'avais beaucoup trop peur de le faire et j'entendis le soupir de mon ravisseur, comme si je le mettais en colère. J'étais affreusement perdue et cette situation me paraissait irréaliste... Bordel pourquoi cet inconnu désirait -il que je le regarde ?

-Tes yeux, il répéta d'une voix agacée. Je ne comprenais pas pourquoi il tenait tant à ce que je le regarde mais je finis par ouvrir timidement mes paupières. J'examinais lentement sa silhouette. Avec la faible lumière des lampadaires, je pus apercevoir des chaussures noires, et en remontant mon regard, je constatais qu'il était large d'épaule, sa carrure était impressionnante. Il me dépassait de deux têtes, tout en lui respirait l'obscurité et le néant. Lorsque mon regard rencontra le sien pour la première fois, je reculais de deux pas. Il ressemblait un homme. Pourtant, tout en moi criait le contraire, de mes poils qui s'hérissaient un à un à mes mains tremblotantes. Lorsque nos yeux se rencontrèrent et que j'aperçus ses pupilles sombres et perçantes, je pris peur devant ce mélange d'haine profonde. Il fallait à tout prix que je parte.

Lorsque j'entrepris un demi-tour, mes membres se figèrent un à un indépendamment de ma volonté. Mes jambes devinrent dures, mon visage figé. C'était ses yeux... c'était eux...ils... me..il y avait.. quelque chose à l'intérieur... comme le secret d'une existence cachée et d'un retour en arrière impossible. Il fallait vraiment à tout prix que je parte.

Mais une violente vague d'émotion s'immisça en moi, me coupant le souffle tellement celle-ci était brusque. Je sentis tous mes poils s'hérisser plus qu'ils ne le faisaient déjà. Je ne pouvais pas non plus décrocher mon regard de ses pupilles noires comme si nous étions connectés par un lien infrangible. Mes lèvres semblèrent scellées et les sensations que j'éprouvais étaient étranges et puissantes. Je n'avais jamais au grand jamais auparavant ressenti cela.

-Putain...je voulais en être sûr, je l'entendis marmonner agacé en se reculant vivement de moi comme si je l'avais brûlé et la sensation de paralysie s'arrêta brusquement. Ma poitrine se mit parallèlement à me bruler.

-Qu'est-ce que tu m'as fait ?! je criais horrifiée et d'une voix rauque, comme si cela faisait des années que je ne l'avais pas utilisée. Je touchais ma poitrine dont une faible brulure se fit sentir.

-Écoute moi bien, Il me coupa en s'avançant vers moi puis en continuant, tu m'oublies et tu continues ta vie, tu as compris ? Il me menaça en me regardant avec froideur et... du dégoût ?

-Mais, de quoi est-ce que tu parles bordel ?! je répondais complètement effrayée. Puis brusquement, la sensation de brulure s'intensifia et un gémissement de douleur m'échappa. Je le vis faire une légère grimace, comme s'il pouvait ressentir lui aussi cette brulure. Je ne comprenais rien.

-La seule chose que tu dois savoir, c'est que tu ne m'as jamais vu ni entendu, il répliqua d'un ton acerbe en passant à côté de moi.

Je me tournais pour m'énerver mais inspectais effrayée les alentours, j'étais de nouveau seule. Je vérifiais s'il n'était pas caché dans l'ombre, mais rien, aucune trace de lui. Je ne connaissais même pas son nom et il avait totalement disparu, emportant avec lui les réponses à mes questions. Je me retrouvais plus que démunie et avec une étrange sensation de brulure. J'essayais en vain de me frotter la poitrine pour faire disparaître cette douleur. Je me mis alors à marcher pour rentrer chez moi la main au cœur, lorsque soudain une tristesse profonde et inidentifiable remplaça la brulure. Je m'arrêtai la bouche ouverte sous la pression de cette émotion qui semblait envahir chaque cellule de mon être. Un élan de panique me gagna lorsque je compris la raison de cette soudaine tristesse. Bordel, mais qu'est-ce que son regard m'avait fait !? Affolée, je ramenais ma main à ma bouche. C'était impossible.

Il me manquait.

Chapitre 2 02

Lyna

Je venais de finir de ranger toute la colonne des romans du XIXème au XXème siècle et je m'occupais maintenant de trier les commandes que l'on venait de recevoir. J'étais fatiguée, et il m'arrivait d'avoir des étourdissements assez fréquents. Je n'arrêtais pas de rassurer Brice sur mon état, mais j'étais autant inquiète que lui. Je ne cessais de me remémorer les événements d'hier. Depuis ce matin mon mal-être s'était accentué, comme une sensation de rejet. Mes émotions devenaient aléatoires, j'alternais entre la colère et la frustration.

Je pense à nouveau à cet homme, on dirait qu'il n'est que noirceur et haine. Mais je n'arrive pas à accepter tout ce qui a suivi sa rencontre. Ce n'est pas possible. Je me rappelle que la science fiction , c'est que dans les films et que je dois juste couver une pathologie passagère. Un rhume peut-être. Un drôle de rhume alors... Je ne sais pas qui j'essaye de convaincre mais je ne peux me laisser aller à de telles possibilités car on en vient à parler de choses carrément surnaturelles. Assez parlé de lui, il fallait que je rentre chez moi si je voulais avoir le temps de me préparer pour la soirée de ce soir. Mes amis m'avaient invités dans la boîte la plus grande de Philadelphie et ce n'était pas ce stupide mec qui allait gâcher ma soirée !

-J'ai fini Brice, je vais y aller embrasse ta famille pour moi, lui demandais-je.

-Pas de problème Lyna, à toi aussi !me répondit-il avec un grand sourire.

-Bonne soirée ! Je le saluais et m'élançais dans la rue après avoir récupéré toutes mes affaires. Il était dix-sept heures et le soleil était déjà entrain de se coucher, mais il éclairait encore faiblement les rues et je ne pouvais m'empêcher de repenser à ce qu'il m'était arrivée hier soir... Je regardais rapidement autour moi et inspectais les toitures des immeubles. On dirait un peu une folle, mais bon il valait mieux vérifier.

•••

Je laissais couler l'eau chaude de la douche sur mes muscles endoloris et passais mon visage sous l'eau. Je soupirais de bonheur puis me lavais les cheveux avec mon shampoing. J'enroulais mes cheveux dans une serviette et me brossais les dents. Après avoir appliqué de la crème sur tout mon corps, j'enfilais mes sous-vêtements et sentis à nouveau cette sensation de brulure. Je regardai le miroir et n'aperçus aucune trace, aucune rougeur.

-Je vais finir par croire que je suis complètement folle... Je marmonnais en me massant les yeux. Je me rendis ensuite devant mon dressing. Un dilemme s'imposa à moi, si je prenais une tenue trop chaude car nous étions en hiver, j'allais certainement le regretter une fois collée entre tous ces corps remplis de sueur et de chaleur. J'optais finalement pour un haut en forme de bandeau blanc. J'enfilais un pantalon fluide taille haute noir qui était serré à la taille et aux hanches mais qui partait en évasé au niveaux des jambes.

Je me faisais un maquillage discret et enfilais des escarpins noirs puis mon manteau en long de la même couleur. Après avoir pris rapidement une pochette, je fermais à clés mon appartement et sortis de celui-ci. Je hélais un taxi et lui indiquais le lieu, je sentis parfois ma poitrine se serrer et devenir douloureux me bloquant la respiration sans que je ne fasse rien, mais ce soir j'avais décidé de faire abstraction de toute cette histoire farfelue, et je comptais bien en profiter. Je remerciais le conducteur et lui donnais son argent puis partis retrouver mes amis qui m'attendaient dans la gigantesque queue.

-Lyna !

-J'arrive ! Je me faufilais dans la file et ne faisais pas attention aux réprimandes des autres gens que je venais de dépasser. Je saluais mes amis et les détaillais chacun leur tour. Mon amie Maeva avait opté pour une robe qui moulait ses généreuses formes et portait par dessus un blazer de couleur noir. Tandis que Liam avait lui opté pour une tenue plus simple. Sous son manteau, il était muni d'un t-shirt rouge et d'un pantalon gris. Pour finir, Aïla portait sous son manteau une combinaison bordeaux cintrée à la taille.

-Prête pour ce soir ?! me demanda Liam d'un regard charmeur.

-Je n'attends que ça... lui répondis-je en lui renvoyant son sourire.

•••

Nous venions enfin de rentrer et je plaquais directement un sourire sur mon visage. L'ambiance était électrique, des centaines de personnes dansaient à en décoller du sol et la musique bombardait toute la salle. Nous nous dirigions vers les casiers de la boîte pour poser nos affaires personnelles ainsi que nos manteaux puis nous les refermions avec une pièce. Je tirais mes amis sur la piste de danse toute excitée et entamais une danse sensuelle en accentuant le mouvement de mes hanches les balançant de gauche à droite. Le son des enceintes résonnait en moi et faisait vibrer ma cage thoracique tant c'était puissant. Je décidais d'aller m'hydrater au bar après trente minutes de danse acharnée.

-Je te sers quoi ? me demanda une femme avec une coupe assez particulière je dirais, ses cheveux étaient d'un violet éclatant et partaient dans tous les sens.

-Un sex on the beach s'il te plaît, lui répondis-je d'une voix forte par dessus la musique.

-Tiens.

-Merci. Je me retournais vers la piste de danse et m'asseyais sur un des tabourets du bar tout en sirotant ma boisson et en me balançant au rythme de la musique. J'aperçus mes amis s'éclater et j'en étais ravie, cette soirée était faite pour décompresser. Je me grattais la poitrine discrètement pour atténuer la fine douleur, lorsqu'une voix se fit entendre à côté de moi.

-Salut. Je me retournais et aperçus un belhomme aux yeux d'un bleu océan envoûtant, assis sur un des tabourets se trouvant à mes côtés.

-Salut, répondis-je. Je n'étais pas là plus sociable mais cette année je voulais faire des efforts.

-Tu t'appelles comment ?

-Lyna et toi ?

-Dereck, il me dit en me regardant profondément. Je lui souriais ne sachant pas quoi faire d'autre et me forçant plus qu'autre chose. Bon je sens qu'il va vite me souler.

-Sinon tu veux danser av..

Une violente vague d'émotion me percuta, me faisant lâcher des mains mon verre qui vint s'éclater violemment au sol. Je restais immobile quelques instants, le temps de me reconnecter à la réalité. C'était quoi ça... Mais heureusement la musique avait recouvert le bruit du verre. Je sentais mon cœur battre de plus en plus vite et mes mains se mirent à trembler. J'avertissais la serveuse mais elle me dit de laisser, et que ce n'était pas grave. Mais il fallait vite que je bouge d'ici.

-Eh..mais attends tu vas où ?!,me dit Dereck en essayant de m'attraper le bras mais je descendais déjà du tabouret et partis dans un coin de la boîte pour reprendre ma respiration.

-Mais y'avait quoi dans cette boisson...marmonnais-je. Après plusieurs minutes la douleur finit par s'estomper tout doucement.

Mais j'avais comme une conviction qu'il fallait que je me lève à tout prix. Ma poitrine me brûlait comme de petites pulsions. Je relevais les yeux et instinctivement je me laissais guider par mon corps vers la source de mon attraction. En traversant la salle pleine, j'avais une certitude que c'était nécessaire, presque vital que j'aille dans une direction précise. Je ne comprenais rien mais décidais d'y aller.

Chapitre 3 03

Je finis par me stopper en plein milieu de la piste de danse lorsque je compris la raison de ces douleurs. Mes jambes se mirent a trembler, au fond presque fondu dans le noir, l'homme arrogant et détestable d'hier soir. Celui qui m'avait rendue malade. Et il me fixe, oui lui aussi me fixe, mais d'une manière insolente comme si c'était moi la personne qui dérangeait dans cette pièce. Je crus que tout l'univers était contre moi pour que les chances qu'il se retrouve devant moi se produisirent ce soir.

Il était vêtu d'un haut noir ainsi que d'un pantalon de la même couleur et se fondait presque dans les coins sombres de cette salle. Il y avait comme une aura invisible qui entourait cet homme. Brutale, sexuelle. Il continuait de me regarder d'un regard espiègle tout en embrassant le cou d'une femme posée sur le siège mitoyen au sien. Il ne me lâchait pas une seule seconde du regard. Sans aucun contrôle sur mon corps, la sensation de brulure s'intensifia. Bordel qu'est-ce qu'il m'arrivait ! J'essayais de reprendre rapidement le contrôle de mes émotions et la colère pris possession de moi. Je n'allais pas me laisser contrôler par lui et allais profiter de cette soirée, du moins essayer. Je réfléchissais, depuis hier soir j'avais une sensation de manque et étrangement, je ne supportais pas de le voir avec une fille. Alors que je n'en avais réellement rien à faire. Il fallait que je sache si c'était réciproque ces sensations.

Tu veux jouer avec moi, ne t'inquiète pas je vais distribuer les cartes.

Je lui souriais malicieusement et me retournais, si lui pouvait me faire souffrir par je ne sais quel moyen alors j'allais faire de même et voir si cela était possible inversement. J'attrapais un homme au hasard et lui proposais une danse, l'inconnu accepta volontiers et vint se mettre derrière moi, collant son bassin contre mon dos. La folie de la situation et l'alcool dans mes veines me poussèrent à faire des choses que étant sobre je n'aurais jamais osé...

Mais une certitude s'imposait, ce n'était pas un inconnu sorti de nul part qui allait me rendre malheureuse ! Je relevais les yeux pour confirmer mes soupçons et ceux-ci se révélèrent vrais lorsque je le vis froncer les sourcils. J'espère que tu souffres connard. L'homme derrière moi, commençait à être un peu trop pressant.

Lorsque mon bras fut tirer de force et que je vis l'expression glaciale de l'inconnu. Il était si imposant. Il me ramena dans une pièce sur les côtés de la salle, à l'abri des regards tandis que j'essayais de m'échapper de son emprise mais sa poigne était beaucoup trop forte, anormalement forte.

-Lâche-moi connard !lui hurlais-je dessus. Il me colla contre le mur derrière moi d'une manière à me menacer de tenter toute échappée.

-Tu cherches à faire quoi, il me menaça en faisant référence à ma danse et mon regard narquois.

-Toi ! tu joues à quoi ? répliquais-je sur le même ton que lui. À croire qu'il n'avait pas commencé ! Tout ça n'avait aucun sens, je me retrouvais à ressentir de la jalousie pour un inconnu et avait la possibilité de lui faire sentir à son tour ! Je ne comprenais rien. Il se mit à me fixer froidement, on aurait dit une bête sauvage prête à me réduire en miette. Mais je ne baissais pas le regard et le plongeais dans le sien. Il avait voulu jouer et j'avais fait de même. Jamais je n'avais baissé le regard, et ça ne sera pas aujourd'hui, même si tout en lui me faisait peur. J'essayais de ressentir de la haine en vers lui mais au fond de moi une émotion tentait de sortir, c'est quoi ce bordel. La colère laissait place au désir comme deux codes informatiques qui ne pouvaient fonctionner ensemble.

Il était peut être beau, douloureusement magnifique même, avec ses traits bruts, je ne pouvais pas me voiler la face sur cela, mais là ce n'était pas moi. Je fus soudain attirée par lui, mon regard glissa doucement sur ses lèvres pulpeuses qui devenaient de plus en plus attirantes. Je fronçais les sourcils et essayais de repousser ce désir, je ne voulais tellement pas l'embrasser, c'était un connard de première, mais le désir était tellement enivrant, tellement puissant. Il tapa violemment à côté de ma tête pour me faire sortir de ma transe, me faisant sursauter.

-Putain de lien de merde ! il s'énervait et allait partir de la pièce pour sans doute pour aller se calmer mais je l'interrompis.

-Toi aussi tu ressens la même chose ?, je demandais, intriguée de savoir si je devenais folle ou pas. Il se retourna vers moi avec un sourire à faire glacer le sang.

-Ne va pas t'imaginer des choses, il me nargua avec méchanceté et j'écarquillais les yeux devant ce revirement de situation. L'audace !

-Toi ! Ne va pas t'imaginer des choses, on est dans la même merde, c'est à cause de toi tout ça. Je m'arrêtais désabusée et continuais. Il se rapprocha de moi et pris en coupe mon menton. Ses mains me faisaient très mal tant il accentuait la pression sur mon visage.

-J'ai aucun compte a te rendre, il répliqua d'une voix froide et me lâcha pour partir.

-Explique moi au moins ce qu'il m'arrive ? Je m'insurgeais.

-Tu n'as toujours pas compris hein, il rigola nerveusement avec amertume, On est liés, tu entends l.i.é.s, il répliqua avec haine en tourant la tête vers moi près de la porte. Mais qu'est-ce qu'il me racontait celui-là.

-De quoi est-ce que tu parles, comment je peux être liée avec toi ! Tout ça n'avait aucun sens.

-C'est bien la question que je me pose, il rétorqua avec un rire amer et il finit par partir définitivement en disparaissant dans la foule. Il était parti et je venais de me faire humilier. J'étais prise d'une rage violente, je récupérais mes affaires rageusement et expliquais à mes amis que je partais, après l'avoir cherché en vain. Je ne pouvais même pas en parler à mes amis, c'était impensable. Je restais toujours sans réponses, c'était quoi cette histoire de lien ? Pourquoi il semblait savoir des choses que je ne savais pas !

-Homme de merde, vie de merde, je marmonnais en sortant de cette fichue boite de nuit.

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