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Trop tard pour me reconquérir, M. PDG !

Trop tard pour me reconquérir, M. PDG !

Auteur:: IReader
Genre: Moderne
Depuis que Ryan l'avait recueillie, Kailey s'était efforcée d'être raisonnable et de lui faire plaisir, s'adaptant à ses sautes d'humeur. Même s'il l'avait élevée, elle ne l'avait jamais considéré comme un aîné, car elle était convaincue qu'ils finiraient par se marier. Le jour de ses vingt ans, alors que Kailey était prête à avouer à nouveau ses sentiments, la femme que Ryan aimait tant est revenue. Kailey a entendu Ryan dire de ses propres oreilles : « Pour moi, Kailey n'est qu'une gamine, je ne pourrais jamais l'aimer. La seule femme que j'aime, c'est Olivia. » Kailey s'est éloignée, et Ryan s'est effondré. Plus tard, à son mariage, Kailey souriait dans sa robe blanche. Ryan la suppliait : « Je regrette, Kailey. S'il te plaît, ne l'épouse pas. » D'un ton calme, elle a dit : « Tu peux lâcher prise ? Mon mari ne va pas être content. »

Chapitre 1 Je ne pourrais jamais l'envisager d'un point de vue amoureux

Kailey Evans avait soigneusement choisi un cadeau pour l'anniversaire de Ryan Owen.

Alors qu'elle s'approchait de la salle privée où il se trouvait avec ses amis, des voix lui sont parvenues.

« Maintenant qu'Olivia est de retour, vous pouvez enfin sortir ensemble, Ryan. Cependant, Kailey a un sacré caractère. Et si elle te faisait des histoires ? »

À travers la vitre, la faible lumière empêchait de distinguer les traits de Ryan, mais son ton était incontestablement froid. « Ce n'est qu'une gamine. Ses paroles ne comptent pas. »

« Kailey est jeune, certes, mais tout le monde voit bien qu'elle a des sentiments pour toi. Tu veux dire que tu ne l'as jamais vue de cette façon ? »

La question insistante de Vernon Clayton a fait battre le cœur de Kailey à tout rompre.

Elle a tendu l'oreille, avide de saisir chaque mot, car elle tenait désespérément à savoir si Ryan avait jamais nourri le moindre sentiment amoureux pour elle.

Allongé au centre du canapé, Ryan - imperturbable, sûr de lui - dégageait une assurance tranquille.

Après une pause calculée, il a répondu d'une voix froide et sans concession : « Ne lancez pas ce genre de discussion, les gars. Kailey est jeune et impulsive. Pour moi, elle est comme une nièce. Je ne pourrais jamais l'envisager d'un point de vue amoureux. »

Ces mots sont tombés comme un couperet et ont transpercé le cœur de Kailey.

Inconscient de sa présence derrière la porte, Vernon a continué à s'amuser. « D'accord, d'accord, on a compris, c'est Olivia qui compte vraiment pour toi. Kailey ne pourrait jamais la remplacer. »

Ryan a acquiescé avec un léger mouvement de tête. « Évitez simplement de mentionner Kailey devant Olivia. Je ne veux pas de malentendu. »

« Est-il en fait nécessaire de parler d'elle ? », a répliqué Vernon avec un soupir aussi lourd que son ton. « Vu son caractère, Kailey ne va pas rester les bras croisés à te regarder filer avec une autre. »

« C'est vrai », a renchéri un autre homme en riant, visiblement amusé. « Elle a quoi, vingt ans, maintenant ? Pourquoi ne pas sortir avec Kailey et Olivia en même temps ? Kailey n'a nulle part où aller, de plus, elle s'accroche à toi depuis toujours. Elle accepterait probablement la situation sans sourciller. »

Le regard de Ryan est devenu glacial et l'expression de son visage a suffi à faire régner le silence dans la pièce. « C'est quoi ces saloperies ? La seule raison pour laquelle j'ai demandé à mon frère de la prendre en charge, c'est que j'avais pitié d'elle. Mon cœur n'a jamais appartenu qu'à Olivia. Arrêtez de dire ces choses-là, ça me dégoûte. »

Les doigts de Kailey se sont crispés si fort sur la poignée de porte qu'elle a eu mal. Un instant, sa respiration est devenue laborieuse.

C'était donc ce que valaient ses sentiments aux yeux de cet homme : ils étaient pitoyables, méprisables.

Elle était venue prête à entrer, peut-être même à se défendre, mais, soudain, toute force l'abandonnait.

Sans dire un mot, elle a baissé les yeux, ravalé la brûlure qui lui montait à la gorge et elle s'est éloignée.

Dehors, la rue silencieuse et déserte semblait s'étendre à l'infini.

Comme le club était isolé en bord de rivière, aucun taxi n'attendait à proximité.

Serrant fermement le cadeau, Kailey s'est engagée dans l'allée déserte d'un pas rapide.

La conversation entre Ryan et ses amis tournait en boucle dans son esprit.

Après toutes ces années, à quoi s'était-elle donc raccrochée ?

Un rire amer lui a échappé et elle a murmuré : « Kailey, as-tu vraiment été aussi bête ? »

Des larmes silencieuses lui ont coulé sur les joues. Elle n'a pas pris la peine de les essuyer.

À l'intersection suivante, des phares l'ont soudain éblouie ; la lumière crue a piqué ses yeux déjà endoloris. À ce moment-là, ses doigts se sont relâchés.

Le cadeau, une paire de boutons de manchette chers achetés avec ses propres économies, est tombé sur le trottoir en produisant un bruit mat. Il ne signifiait plus rien.

Inspirant profondément, Kailey a sorti son téléphone pour composer un numéro.

« Kyson, je me suis décidée. J'accepte ta proposition. Marions-nous. »

Kyson Blake avait cinq ans de plus qu'elle ; c'était un voisin d'enfance du cercle familial des Owen. Après le lycée, il était parti à l'étranger et n'était revenu à Aslesall que récemment.

Pendant leur dernière rencontre, Kyson lui avait parlé franchement des pressions qu'il subissait : attentes familiales, mariages arrangés, l'entreprise familiale. Sa proposition avait été pragmatique, presque chaleureuse.

« Kailey, tu sais comment ça fonctionne. Toi et moi, nous sommes destinés à des mariages qui servent nos familles, pas nos cœurs. Si on y est obligés, pourquoi ne pas se choisir l'un l'autre ? Pourquoi ne pas choisir quelqu'un qui nous comprend ? Et si on se mariait tout simplement ? »

Lorsque Kyson lui avait dévoilé cette suggestion, Kailey n'avait pu qu'en rire. Cependant, ce soir-là, cette idée ne lui semblait plus du tout absurde.

Elle a jeté un dernier regard au club par-dessus son épaule : les enseignes au néon clignotaient de couleurs vives et chaque éclat semblait se moquer des restes de ses sentiments pour Ryan.

« On se connaît depuis l'enfance, c'est bien mieux qu'épouser un inconnu, n'est-ce pas ? Si tu es encore partant et que ta famille te presse d'en finir, nous pourrions officialiser cela rapidement », a-t-elle ajouté au téléphone.

Kyson a été surpris que Kailey se soit décidée aussi vite. Il y a eu un silence à l'autre bout du fil puis il a répondu : « D'accord, si tu veux, je viens te chercher. Quand seras-tu prête ? »

Le regard de Kailey a glissé vers le sac cadeau qu'elle avait abandonné sur le trottoir. « Laisse-moi d'abord organiser la fin de mon stage, il se termine bientôt. »

Si elle devait épouser Kyson, elle n'avait plus aucune raison de séjourner à Jucridge.

Elle a raccroché, marché très longtemps puis finalement hélé un taxi qui l'a remmenée au Domaine de Sundown.

Le domaine se trouvait en plein cœur de la ville, à un endroit idéal situé à seulement cinq kilomètres de la maison où elle était née... avant que tout ne s'effondre.

Alors qu'elle avait neuf ans, la vie de Kailey s'était effondrée lorsque l'entreprise familiale avait fait faillite. Submergés par les dettes et le harcèlement des créanciers, ses parents avaient perdu espoir et abandonné leur fille. Leur maison elle-même avait été détruite, réduite en cendres.

Les créanciers n'avaient témoigné aucune pitié et, pendant un temps, il avait semblé que la petite Kailey elle-même ne serait pas épargnée.

Personne n'avait montré de désir de l'aider, sauf Ryan.

Il n'avait eu que dix-sept ans à l'époque, mais il avait tenu tête à son frère aîné, Sawyer Owen. « Je ne peux pas être son tuteur légal seul, car je ne suis pas marié. Si tu l'adoptes officiellement, je m'occuperai de tout le reste. »

En effet, Ryan avait tenu parole. Il avait offert à Kailey le meilleur de tout - il l'avait protégée et choyée au fil des années.

Cependant, pour Kailey, il n'avait jamais vraiment été un oncle, quel que soit le nombre de fois qu'il avait utilisé ce terme.

Kailey avait grandi, convaincue qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, elle et Ryan.

Le jour où elle avait eu dix-huit ans, elle lui avait déclaré son amour.

Mais Ryan avait rejeté sa proposition. Il avait affirmé qu'elle était trop jeune, qu'il y avait trop de distance entre eux et avait déclaré avec insistance qu'il ne pourrait jamais la considérer autrement que comme une nièce.

Pourtant, même en dressant ce mur entre eux, il n'avait permis à aucun autre homme de s'approcher d'elle.

Kailey avait pensé que cette possessivité était un bon signe, persuadée qu'il était jaloux et qu'il attendait seulement qu'elle grandisse.

Elle avait vraiment cru que, si elle patientait assez longtemps, leur histoire deviendrait réalité un jour.

Pendant que la ville défilait en un flou de lumières et d'ombres derrière la vitre du taxi, Kailey l'a contemplée en se laissant aller à ses pensées. Des larmes lui sont montées aux yeux pour des raisons qu'elle ne parvenait pas vraiment à nommer.

Elle a compris que sa douleur ne s'était pas apaisée avec le temps et que renoncer à son amour était une blessure en soi.

À cet instant, elle s'est silencieusement promis d'oublier Ryan.

Peu après, le taxi s'est enfin arrêté devant chez elle. Elle a essuyé les dernières traces de larmes, refoulé tout sentiment et monté les escaliers sans bruit. Une douche chaude lui a calmé les nerfs et, peu après, elle s'est glissée dans son lit en se laissant engloutir par l'obscurité.

Elle s'attendait à avoir du mal à s'endormir. Au contraire, elle a sombré dans un sommeil profond et sans rêves. Le lendemain matin, elle a été réveillée par des bruits métalliques forts qui provenaient du rez-de-chaussée, comme si quelqu'un réaménageait la cuisine tout entière.

Une fois habillée, Kailey est descendue pour identifier le bruit, qui semblait se faire plus intense à mesure qu'elle approchait.

Encore ensommeillée, elle a bâillé et s'est dirigée vers la cuisine, s'attendant à y trouver la domestique déjà en plein travail. « Tu commences bien tôt, aujourd'hui... »

Elle s'est interrompue dès qu'elle a vu qui était là.

Une femme évoluait entre la cuisinière et le plan de travail. Elle portait une robe blanche et avait un tablier crème soigneusement noué à la taille. Ses longs cheveux étaient attachés par une barrette élégante et toute sa personne respirait l'ordre et la précision.

Kailey s'est figée sur place. C'était le premier amour de Ryan, la femme qu'il n'avait jamais vraiment réussi à oublier - Olivia Marsh.

Olivia s'est retournée avec un sourire radieux, à l'aise comme si elle avait toujours vécu là. « Kailey, tu es réveillée ! J'allais finir de préparer le petit-déjeuner et monter te chercher. Je ne pensais pas que tu te lèverais aussi tôt. »

Kailey a réprimé son envie de se moquer d'elle. Avec un tel boucan, il aurait fallu qu'elle soit sourde pour ne pas se réveiller.

Inspirant profondément, elle s'est ressaisie et a affiché un sourire forcé. « Qu'est-ce qui t'emmène ici aussi tôt, Olivia ? »

Celle-ci a porté une main à ses lèvres, feignant la modestie. « Ryan a un peu trop bu hier soir. Je l'ai remmené ici, je l'ai aidé à se coucher et, comme tu étais seule, j'ai pensé que je pourrais préparer le petit-déjeuner pour nous tous. »

Donc... ces deux-là avaient passé la nuit ensemble.

Toute trace de politesse a commencé à s'évanouir du visage de Kailey et sa voix est devenue froide. « Est-ce que je t'ai demandé de faire quoi que ce soit ? »

Sur ces mots, une voix tranchante a retenti derrière Kailey. « Kailey, est-ce que je t'ai appris à te comporter comme ça ? Excuse-toi ! »

Chapitre 2 Plus tu deviens cruelle

Le dos de Kailey s'est raidi et, après un long moment d'hésitation, elle s'est lentement retournée.

Ryan venait de sortir de la douche, de l'eau perlant encore à ses cheveux. Même vêtu d'une tenue d'intérieur gris foncé, il avait toujours cette allure nette et ce charme saisissant. Sans son expression sévère, il aurait facilement pu passer pour l'homme idéal de n'importe quelle femme.

Kailey a gardé les lèvres étroitement serrées et a détourné la tête, décidée à ne rien dire.

Le regard d'Olivia a oscillé entre eux, puis elle a lancé à Ryan un regard faussement réprobateur avant de passer son bras sous le sien. « Pourquoi es-tu aussi agressif ? Kailey vient juste de se réveiller. Qui n'est pas de mauvaise humeur le matin ? Tu n'es pas vraiment tendre non plus, tu sais. »

Ses paroles ressemblaient à un léger reproche, mais la note taquine dans sa voix en a adouci la portée.

Le visage de Kailey s'est vidé de ses couleurs, et elle n'a pas réussi à chasser l'impression qu'elle n'avait pas vraiment sa place ici.

L'humeur de Ryan ne s'était pas complètement améliorée, mais la tension dans la pièce s'est un peu relâchée. Il a tapoté doucement l'épaule d'Olivia pour la réconforter un peu, puis il a posé sur Kailey un regard grave. « Viens dans le bureau avec moi. »

Sans un mot, Kailey l'a suivi.

Olivia leur a lancé, les sourcils froncés d'inquiétude : « Tu es peut-être son oncle, mais tu n'as pas besoin d'être aussi dur avec elle. Essaie, pour une fois, de parler gentiment à Kailey. »

Kailey a laissé échapper un petit ricanement intérieur. Ils n'étaient même pas encore mariés, et Olivia jouait déjà le rôle de l'épouse.

Perdue dans ses pensées, Kailey ne s'est pas rendu compte que Ryan s'était arrêté, jusqu'à le heurter de plein fouet, le choc lui picotant le nez.

« Qu'est-ce qui te rend aussi distraite ? »

La voix grave de Ryan l'a enveloppée, et Kailey a levé les yeux pour croiser ses prunelles glaciales fixées sur les siennes.

Presque sans réfléchir, elle a répondu : « Tu ne sais pas ce que j'ai en tête, vraiment ? »

Que ce soit le dernier éclat d'espoir ou une simple curiosité face à sa réaction, les mots lui ont échappé.

Les sourcils de Ryan se sont davantage froncés. Il l'a observée pendant un long moment de silence avant de finir par parler. « Kailey, je t'ai déjà avertie de ne pas nourrir d'idées déplacées. Tu vas bientôt obtenir ton diplôme, et je veillerai à ce que tu trouves un petit ami convenable, mais ce ne sera jamais moi. Je suis ton oncle, et bientôt Olivia sera ma femme. Tu dois lui accorder le même respect qu'à moi. Tu as compris ? »

C'était la première fois que Kailey l'entendait parler avec autant de franchise.

Non seulement il ne partageait pas ses sentiments, mais il était aussi résolu à lui arranger un avenir avec quelqu'un d'autre.

Cela correspondait à ce que Kyson avait dit.

Qu'avait-elle bien pu espérer ?

N'était-ce pas elle qui avait déjà essayé de laisser tout cela derrière elle ?

Kailey a expiré lentement, elle réalisait que renoncer n'était pas aussi difficile qu'elle l'avait imaginé.

Elle a hoché la tête. « J'ai compris, Oncle Ryan. »

Les sourcils de Ryan se sont levés ; il était surpris par la rapidité avec laquelle elle avait accepté ses paroles.

D'habitude, elle ne s'adressait à lui avec autant de formalité que lorsqu'elle cherchait à se faire pardonner après avoir causé des ennuis, et elle trouvait toujours le moyen de répliquer.

Convaincu que Kailey avait enfin retenu la leçon, Ryan a adouci son expression. « Tu sais, Olivia se donne du mal pour être gentille avec toi. C'est même elle qui a préparé le petit-déjeuner ce matin. Essaie de ne pas être aussi froide avec elle, d'accord ? »

Kailey n'a pas pu s'empêcher de penser que, même si Olivia n'avait pas cuisiné, Ryan l'aurait fait. De toute façon, manger était bien la dernière chose qui lui importait. Malgré tout, elle a gardé ses pensées pour elle et a répondu : « D'accord. Je m'entendrai avec elle. »

Ce changement d'attitude a laissé Ryan perplexe. Il l'a fixée un long moment, comme s'il cherchait encore quelque chose à dire, avant de demander finalement : « Pourquoi n'es-tu pas venue hier soir ? »

La veille, c'était son vingt-huitième anniversaire. En réalité, Kailey était allée au club, mais elle n'était pas entrée dans le salon privé.

Après y avoir repensé, Kailey a soufflé à voix basse : « Il y a eu un séminaire à l'université qui s'est terminé tard. J'étais épuisée, alors je suis simplement rentrée directement à la maison. Joyeux anniversaire, Oncle Ryan. »

Tout ce qu'elle voulait désormais, c'était régler ce qui restait en suspens et avancer en silence, alors elle ne voyait aucune raison de s'attarder ni de s'expliquer davantage.

Ryan a hoché la tête, a hésité un instant, puis a tendu la main pour lui caresser doucement les cheveux. « Si un jour tu as besoin de parler, tu peux venir me voir. Ne garde pas tout pour toi. Va manger quelque chose. »

Kailey n'avait jamais imaginé se retrouver un jour là, assise à prendre le petit-déjeuner avec l'homme qu'elle aimait, en mangeant un repas préparé par la femme qu'il aimait.

Elle a brièvement songé à s'esquiver, mais elle a compris que, si elle était vraiment prête à tourner la page, elle pouvait supporter ce genre de scène.

De toute manière, elle quitterait bientôt la ville.

Une fois le petit-déjeuner terminé, Ryan est monté à l'étage pour se changer.

Kailey comptait retourner dans sa chambre pour faire ses valises. Elle devait retrouver plus tard son mentor à l'université pour discuter de son stage à Aslesall.

« Kailey. »

Une voix derrière elle a arrêté Kailey net.

Elle s'est retournée et a vu Olivia à la porte de la cuisine, des gants en caoutchouc aux mains, appuyée contre l'encadrement avec une aisance parfaite, l'image même d'une femme qui maîtrisait la situation.

Kailey a senti sa gorge se serrer, mais elle a gardé un visage impassible en demandant : « Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Rien d'urgent, je voulais juste discuter un instant. » Olivia a souri avec douceur, même si ses yeux n'exprimaient aucune chaleur. « J'ai entendu dire que tu as toujours excellé dans tes études, au point de sauter des classes, c'est bien ça ? Maintenant que le diplôme approche, as-tu choisi l'endroit où tu feras ton stage ? »

Ses paroles semblaient bienveillantes, mais Kailey a tout de suite compris qu'elle cherchait à obtenir des informations.

Avec un sourire poli et vide, elle a répondu : « Je ne pense pas que cela te regarde. »

Au départ, Ryan avait prévu qu'elle fasse son stage dans une entreprise du Groupe Owen. Cette idée l'avait remplie de joie ; elle s'était imaginée travailler à ses côtés. Mais à présent, tout cela n'avait plus aucune importance.

Le visage d'Olivia s'est tendu un instant avant qu'elle ne force un sourire. « Je voulais simplement prendre de tes nouvelles. Après tout, Ryan est un homme, et il y a sûrement bien des choses qu'il ne se sent pas à l'aise d'aborder avec toi. »

Kailey a failli lui faire remarquer qu'elle s'était toujours confiée à Ryan sur tout et n'importe quoi. Mais elle s'est alors souvenue que le cœur de Ryan appartenait à Olivia, pas à elle. Cela ne servait à rien de discuter.

« J'ai compris », a répondu Kailey d'un ton neutre.

Olivia a cligné des yeux, surprise de ne rencontrer aucune résistance. Après un instant d'hésitation, elle a proposé : « Tu es grande maintenant. Ce n'est pas un peu gênant de vivre avec Ryan ? Tu devrais peut-être venir habiter chez moi à la place. Ce serait agréable de t'avoir avec moi. »

Kailey avait entendu quantité d'histoires sur des vies amoureuses compliquées et vu assez de drames romantiques pleins de mensonges et d'intrigues. Elle croyait autrefois que tout cela était exagéré, mais elle s'est rendu compte à présent que ce n'était pas si éloigné de la réalité. Olivia ne l'invitait pas par gentillesse ; elle voulait seulement l'écarter de la vie de Ryan.

Cette boule familière lui est remontée dans la gorge, avec la même douleur qu'une écharde. Incapable de se contenir, elle a fait un pas en avant et a planté son regard dans celui d'Olivia. « Je suis censée te remercier pour ta gentillesse ? »

Quelque chose dans le regard stable de Kailey a semblé déstabiliser Olivia. Elle a reculé d'un pas, décontenancée. « Ce... ce n'est pas nécessaire. »

Soudain, ses yeux ont filé par-dessus l'épaule de Kailey. Sa voix s'est adoucie. « Kailey, tu ne devrais pas craindre que je te prenne Ryan. Il tiendra toujours à toi. Je... »

Olivia n'avait pas terminé sa phrase qu'elle a trébuché sur le seuil et est tombée en arrière avec fracas.

Par réflexe, Kailey a voulu l'aider, mais avant même d'avoir pu réagir, quelqu'un l'a violemment tirée de côté, assez fort pour l'envoyer heurter le bord de la table.

Ryan l'a fusillée du regard, l'expression froide et pleine de déception. « Kailey, plus tu grandis, plus tu deviens cruelle ! »

Chapitre 3 Kyson, je me suis blessée

Les yeux de Ryan étaient froids et inflexibles, figeant Kailey sur place, incapable de prononcer un seul mot.

Une douleur irradiait de son flanc meurtri, mais elle ne pouvait que regarder en silence tandis qu'il prenait doucement Olivia dans ses bras et l'emportait, la laissant derrière lui.

Des larmes brûlantes ont coulé sur ses joues avant même qu'elle ne s'en rende compte, et Kailey n'a pu que renifler, clouée sur place et incapable de bouger.

Peu après, le bruit lointain de la porte d'entrée que l'on ouvrait a rompu le silence.

La domestique est arrivée, fredonnant pour elle-même tandis qu'elle se dirigeait vers la salle à manger. La mélodie joyeuse s'est interrompue net lorsqu'elle a aperçu Kailey. « Mme Evans, qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi pleurez-vous comme ça ? »

Cette simple question a fait voler en éclats le dernier reste de sang-froid qu'elle conservait. Les mots de Kailey sont sortis d'une voix tremblante, elle a balbutié : « Pouvez-vous... m'aider ? Je... j'ai très mal au côté. »

La domestique n'a pas perdu une seconde. Elle a appelé le gestionnaire de la résidence pour qu'il envoie une voiture et a rapidement conduit Kailey à l'hôpital le plus proche.

Après une batterie complète d'examens, les résultats ont apporté un léger soulagement : rien de grave n'avait été touché.

« Essayez d'éviter de vous cogner le côté pendant quelque temps, et n'oubliez pas d'appliquer la pommade régulièrement. » Le médecin a jeté un coup d'œil à Kailey, notant la jeunesse de ses traits. « Il pourrait y avoir quelques vilains bleus, mais ils disparaîtront bientôt. Ne vous inquiétez pas trop. »

Kailey l'a remercié discrètement et a suivi la domestique dehors.

Une fois à l'extérieur, la domestique s'est tournée vers elle. « Voulez-vous que j'appelle M. Owen pour vous ? »

« Ce n'est pas nécessaire. »

Kailey s'est dit que Ryan était sans doute occupé à s'affairer autour d'Olivia, et qu'il y avait peu de chances qu'il pense à elle à cet instant.

Un sourire amer a effleuré ses lèvres ; elle a doucement tourné la taille, constatant que la douleur s'était un peu apaisée. En tendant la pommade à la domestique, elle a dit doucement : « Vous pouvez rentrer, maintenant. Je vais à l'université. »

La domestique a demandé, le visage marqué par l'inquiétude. « Vous êtes sûre que ça ira ? »

« Le médecin a dit que ce n'était rien de grave, aucun os n'a été touché. Je vais me débrouiller. »

Il a fallu insister un peu, mais la domestique a fini par accepter de partir. Seule sur la banquette arrière de la voiture, Kailey a été submergée par une vague de solitude.

Elle avait vécu sous le toit de Ryan depuis l'enfance, s'y sentant toujours à l'abri du mal. Pourtant, au moment où elle avait vraiment eu besoin de quelqu'un, le seul réconfort était venu d'une domestique.

Elle a soupiré intérieurement, comprenant que toutes les relations finissaient par s'éloigner ; la sienne avec Ryan s'était simplement brisée un peu plus tôt que les autres.

Plus tard, après avoir déposé ses documents, Kailey a informé son mentor de son intention de faire son stage à Aslesall.

Son mentor a cligné des yeux, surpris. « Aslesall ? C'est vraiment très loin d'ici. Je croyais que tu ne supportais pas l'idée de quitter ton oncle et que tu comptais rejoindre son entreprise. Ne s'inquiéterait-il pas si tu partais aussi loin ? »

Kailey a hésité, ne sachant pas comment expliquer l'histoire compliquée qui la liait à Ryan. Après un silence, elle a répondu : « Nous ne sommes pas liés par le sang, et je ne peux pas continuer à compter sur lui éternellement. J'aurai bientôt vingt et un ans. Il est temps que j'apprenne à voler de mes propres ailes. Il n'a aucune raison de s'y opposer. »

Son mentor a réfléchi à ses paroles et a laissé échapper un léger soupir. « Tu sais, personne n'a besoin de me dire à quel point ton oncle tient à toi. C'est quelque chose que tout le monde sur le campus peut voir, aussi bien les enseignants que les étudiants. Même maintenant que tu es presque adulte, il vient encore te chercher pour te ramener chez toi, comme s'il te protégeait de tous les dangers possibles. Mais tu as raison de vouloir grandir par toi-même ; il y a tant à apprendre au-delà de ces murs. Je suis sincèrement convaincu que tu t'en sortiras très bien, peu importe où tu iras. Je te soutiens de tout cœur. »

Kailey a hoché la tête avec gratitude et est restée quelques minutes à bavarder avant de quitter le campus.

Ses années à l'université n'avaient pas duré longtemps, mais les paroles de son mentor ont fait remonter des souvenirs.

En première année, Ryan avait même acheté un logement près du campus pour pouvoir lui préparer ses repas.

Ce genre d'attention semblait remonter à une autre vie.

À présent, son monde tournait autour de quelqu'un d'autre, quelqu'un qu'il voulait vraiment chérir et avec qui il voulait construire un avenir. Kailey comprenait qu'au fond, sa présence commençait à lui peser.

Peut-être que s'éloigner était la meilleure façon de lui témoigner sa gratitude, un discret cadeau d'adieu.

Elle était certaine que Ryan serait trop occupé avec Olivia pour rentrer ce soir-là.

Mais lorsqu'elle est entrée, elle l'a aperçu sur le canapé, concentré sur son ordinateur portable.

Le bruit de la porte lui a fait lever les yeux. « Déjà de retour des cours ? »

Kailey ne s'était pas attendue à le voir. La domestique avait dû le tenir informé.

« Oui », a-t-elle répondu en rangeant discrètement ses affaires dans le placard. Après un court silence, elle a demandé : « Comment va Olivia ? Elle va bien ? »

Entendre le nom d'Olivia a fait se crisper les sourcils de Ryan, une lueur d'irritation traversant son visage.

Kailey a senti qu'il s'apprêtait à la réprimander une fois de plus pour avoir blessé Olivia, alors elle a baissé la tête et s'est tue.

À sa surprise, Ryan a changé de ton. « Je suis parti si vite tout à l'heure. La domestique m'a dit que tu t'étais cognée assez violemment contre la table. C'était sérieux ? »

La main de Kailey s'est serrée en un poing à son côté, puis s'est lentement détendue. Elle a fixé le sol et a répondu d'une voix douce : « Ce n'est pas grave. Je vais bien. »

Ryan n'y a pas cru une seule seconde. Il se souvenait que la domestique avait dit que Kailey avait pleuré, ce qui n'arrivait presque jamais. Elle avait toujours été forte ; la douleur devait donc avoir été insupportable.

Il a refermé son ordinateur portable, l'a posé de côté et s'est avancé vers elle. « Laisse-moi voir ta blessure... »

Lorsqu'il a tendu la main, Kailey a instinctivement reculé.

La main de Ryan est restée suspendue dans le vide, le geste inachevé. La surprise a traversé ses yeux devant son mouvement de recul.

« Kailey ? » Sa voix s'était faite plus douce, empreinte d'hésitation. « Je sais que je ne pensais qu'à Olivia à ce moment-là, et que je n'ai pas vu ce que tu traversais. Je suis désolé, d'accord ? »

Une douleur sourde s'est installée dans la poitrine de Kailey. Toute son inquiétude avait été pour Olivia ; il ne l'avait même pas vraiment vue.

La tête baissée, Kailey a gardé le visage caché et a répondu d'une voix égale : « Ce n'est qu'un bleu. Rien à côté de la blessure d'Olivia. Tu devrais rester près d'elle. »

« Tu es sûre que ça va ? »

« Je vais bien. »

Ryan l'a longuement observée avant de relâcher sa vigilance, convaincu qu'elle disait la vérité. Connaissant son tempérament, il s'est dit qu'elle aurait fait toute une scène si la situation avait été vraiment grave.

Il allait poursuivre la conversation lorsque son téléphone a sonné. Il a décroché, et sa voix s'est adoucie instantanément. « Chérie ? Que se passe-t-il ? Tu vas bien ? », a-t-il demandé en attrapant sa veste sans la moindre hésitation. « J'arrive tout de suite. »

Il s'est précipité vers la porte, puis s'est arrêté pour jeter un regard en arrière à Kailey. « Si quelque chose ne va pas, fais-le-moi savoir. Prends soin de toi, et essaie de ne pas sortir sauf si c'est nécessaire. »

Kailey est restée silencieuse, le regardant se hâter dehors, démarrer sa voiture et disparaître au bout de la rue.

Le silence s'est étiré autour d'elle, tandis que son côté recommençait à lancer.

Soudain, son téléphone a vibré dans son sac. L'écran s'est illuminé en affichant le nom de Kyson, et une boule s'est formée dans sa gorge.

Elle a répondu, la voix empreinte d'une vulnérabilité qu'elle ne cherchait plus à cacher. « Kyson, je me suis blessée. »

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