Amélie Dubois, piégée dans un mariage arrangé qu'elle méprisait, ne rêvait que de liberté.
Elle ne cessait de provoquer son mari, Antoine Moreau, par des humiliations publiques et des affichages intimes avec Lucas Valois, son charismatique amant.
Contre toute attente, Antoine, d'habitude si résigné, accepta enfin de la libérer, mais à une condition inattendue : cinq dernières faveurs.
Amélie, impatiente de sa liberté, accepta sans réfléchir, transformant chaque « faveur » en un nouveau terrain de jeu pour sa cruauté, l'humiliant en public, l'abandonnant à la gare, et le giflant de plein fouet, aveugle à la maladie qui rongeait Antoine en secret.
Son calme face à sa méchanceté et la vision de son crâne dégarni ne firent que renforcer son mépris, la poussant à crier devant Lucas : « Je préférerais te voir mort plutôt que de rester mariée à toi une minute de plus ! » et Antoine répondit étrangement : « Très bien. »
Le lendemain, Antoine mourut, mais Amélie, persuadée d'une ultime machination pour la retenir, rejeta la nouvelle avec mépris, ignorant que cette indifférence venait de la condamner à l'agonie d'une vérité bien plus cruelle.
Amélie Dubois et Antoine Moreau étaient mariés.
Un mariage arrangé.
Trois ans.
La famille d'Amélie était riche, très riche. Luxe parisien. Haute couture, peut-être joaillerie.
Le domaine viticole d'Antoine en Bourgogne, lui, sombrait. L'argent des Dubois devait le sauver.
Amélie méprisait cet arrangement.
Elle méprisait Antoine.
Froide, sarcastique, elle ne montrait rien.
Antoine, lui, était artiste. Peintre. Secret.
Dans l'underground, on le connaissait comme "L'Astre Fugace".
Il aimait Amélie. Depuis l'adolescence. En silence.
Et il allait mourir. Cancer du pancréas. Fulgurant. Personne ne le savait, sauf Clément Rousseau.
Clément, son meilleur ami. Médecin oncologue. Son confident.
Ce soir-là, c'était la 99ème fois.
Amélie avait organisé une scène. Un gigolo. Dans leur appartement parisien.
Une humiliation de plus.
Elle voulait le divorce. Elle le provoquait sans cesse.
Antoine regardait la scène. Son visage était calme. Trop calme.
Amélie s'attendait à de la colère, des cris. Rien.
Le gigolo est parti, gêné.
Amélie s'est tournée vers Antoine, un sourire mauvais aux lèvres.
"Alors ? Toujours pas décidé à me laisser partir ?"
Antoine l'a regardée. Longuement.
"D'accord," a-t-il dit doucement. "Parlons de divorce."
Amélie a été surprise. Vraiment surprise.
Une joie froide a commencé à monter en elle. Enfin.
"Tu es sérieux ?"
"Oui," a dit Antoine. "Je signerai les papiers."
Il n'a pas mentionné les termes. Pas d'argent, pas de conditions.
Amélie s'attendait à une bataille. À de la cupidité.
Elle a souri, triomphante. "Parfait. Je vais appeler mon avocat demain."
Elle a pris son sac. Prête à partir. Déjà.
"Je te laisse la carte de visite d'une amie," a-t-elle dit, un ton moqueur. "Elle est très bien. Tu pourras passer à autre chose."
Elle a jeté une carte sur la table basse.
Antoine l'a regardée, sans la ramasser. Il a hoché la tête.
"Un mois," a-t-il pensé.
Le délai légal pour le divorce.
Un mois. C'était tout ce qu'il lui restait.
Le diagnostic était tombé quelques heures plus tôt.
Hôpital Gustave Roussy. Clément était là.
"Cancer du pancréas. Phase terminale. Un mois, peut-être un peu plus avec beaucoup de chance."
Les mots de Clément résonnaient encore.
Antoine avait essayé de parler à Amélie. Avant.
Quand les premières douleurs étaient apparues.
Quand son domaine s'enfonçait.
Il avait cherché du réconfort.
Elle l'avait repoussé. Froidement.
"Tes problèmes ne m'intéressent pas."
Puis, il y avait eu Lucas Valois.
Le premier amour d'Amélie. Critique d'art. Charismatique. Manipulateur.
Revenu de New York.
Amélie le voyait comme une échappatoire. L'amour passion.
Elle s'affichait avec lui. Vernissages. Dîners.
Elle l'avait embrassé devant Antoine un soir.
Une provocation. Encore.
Antoine avait senti une douleur aiguë. Pas seulement physique.
Il portait toujours la bague. Une simple alliance.
Amélie ne portait plus la sienne depuis longtemps.
Il se souvenait du jour où elle l'avait jetée.
"Je ne porterai jamais le symbole de cette farce."
Elle pensait qu'il l'avait épousée pour l'argent. Pour sauver son domaine.
C'était vrai. En partie.
Mais il l'aimait. Désespérément.
Elle ne l'avait jamais su. Jamais voulu savoir.
Elle célébrait déjà leur future séparation.
Elle avait appelé ses amies.
"Enfin libre de cet incapable !"
Une de ses amies, plus perspicace, avait émis un doute.
"Tu es sûre qu'il ne joue pas un jeu ? C'est trop facile."
Amélie avait ri. "Quel jeu ? Il est fini. Son domaine est fini."
Elle avait quand même confronté Antoine le lendemain matin.
"Tu te moques de moi ? Tu as un plan ?"
Antoine, épuisé, l'avait regardée. Un sourire triste.
"Oui, Amélie. Je joue avec toi."
Ses yeux brillaient d'une lueur étrange.
"Mais pour que je signe, tu vas devoir faire quelque chose pour moi."
Une condition. Elle ne s'y attendait pas.
"Quoi ?" a-t-elle demandé, méfiante.