Cette soirée de poker devient de plus en plus inconfortable.
C'est à cause de son odeur exquise.
Ou alors de sa beauté à vous couper le souffle.
Elle est juste à côté de moi. Si proche et pourtant si inatteignable.
Carmen Jimenez.
La robe de velours noir qu'elle porte moule si parfaitement ses formes généreuses tout en soulignant sa taille de guêpe.
Cependant, je trouve le décolleté un peu trop plongeant.
Horatio, un de mes protégés en provenance de Vegas, ne cesse de la reluquer.
Je l'ai même vu se passer la langue sur les lèvres, el vicioso!
Mierda! Parlant de vicieux... Je suis dur comme du roc!
Normal que j'perde depuis l'début!
Cette femme me rend fou!
Aussi bien balancer mes cartes!
J'crois que je vais me retirer dans ma chambre pour la nuit... et prendre une bonne douche froide!
D'autant plus que tous les autres prévoient organiser une petite partie de strip-poker version BDSM un peu plus tard. C'est leur manière de célébrer discrètement le mariage de William et Kalinda, un couple d'amis, et qui aura lieu après-demain.
Cependant, comme je suis une vedette internationale, je ne peux prendre part à ce genre d'activités sans risquer d'être exposé. Et puis, le BDSM, ce n'est pas vraiment mon kink. Comprenez-moi! Je n'dirait jamais non à pimenter un peu sa vie sexuelle de temps à autre... mais au-delà de ça... non! Une femme soumise à tous mes petits besoins en permanence...ou devoir négocier et vérifier la check-list de ma partenaire avant de baiser... non merci! Ce n'est pas ce que je recherche!
Moi ce que je veux, c'est du mystère, du romantisme!
Moi ce que je veux, c'est... Carmen!
Arrête! Tony! Ne va pas là!
Elle est mariée!
MARIÉE rappelle-toi!
Et à ton fichu cousin, en plus de ça!
«Moi aussi, j'aimerais participer... si c'est... hmm... possible!» annonce alors timidement Carmen de sa voix si douce.
Je suspends mon geste alors que j'étais sur le point de balancer mes cartes. Me coucher. Me tirer en douce. Abandonner la partie. Me sauver loin de cette ensorceleuse!
« Moi aussi j'aimerais participer. » Ces mots me font l'effet d'une tonne de briques sur ma tête.
Une veine pulse à mon front.
Je ne suis pas du tout jaloux, allons!
Il s'agit quand même de la femme de mon cousin!!! Alors il est normal que cette idée de la voir faire une partie de strip-poker version BDSM avec d'autres dominants me choque, n'est-ce pas!
'Mais oui! Continue de te mentir à toi-même, Tony!'
Emma Erickson, la femme d'un des membres parmi les plus éminents de notre meute, au Milliardaire Beach Club, pose sa main sur celle de Carmen sur ma droite, afin de l'encourager: « Bien sûr! Il ne devrait pas être bien difficile de te trouver un partenaire de jeu... » Ensuite, elle tourne la tête en direction des gros joueurs qui sont dans le bureau voisin et non dans le grand salon où nous nous trouvons, hurlant très fort:
« Hey! Jumin! Carmen se cherche un partenaire de jeux, pour le strip-poker! Ça te dirait!?»
Jumin Kang est un alpha tout comme moi.
Il est aussi du même calibre que moi.
Alpha Divin pur jus.
Sa femme est décédée il y a un an et demi.
Je peux donc comprendre en quoi aux yeux d'Emma cela fait de lui le partenaire idéal pour Carmen, car il ne s'engage jamais dans des relations sexuelles complètes avec ses partenaires tandis que Carmen, elle, est mariée à ce Pendejo* batteur de femme qui me fait office de cousin! Luis est un alpha lui aussi, mais de catégorie bien inférieure à la nôtre.
Tout cela pour dire que si Carmen désire une introduction à ce mode de vie BDSM qui l'attire depuis un petit moment déjà, ce qui est aussi le mode de vie de bien des gens ici ce soir... Jumin serait la personne idéale et surtout la moins engageante pour elle. Il serait sans doute aussi le dom le plus sécuritaire par rapport à quelqu'un comme Horatio par exemple, qui n'est qu'un débutant.
Oui parce que, non seulement Jumin Kang est dans le mode de vie, mais il possède même des tas de clubs BDSM ouverts aux Alphas et aux humains. Je crois même qu'il y a un jour spécialement dédié pour les alphas en rut qui seraient en quête de partenaire, dans ses clubs...
On peut donc dire qu'il est Alpha doublé d'un dom d'expérience. Ma rationalité me dit à donc à moi aussi que Jumin serait sans doute la personne idéale pour faire cette introduction au mode de vie que Carmen espère vivre depuis un p'tit moment déjà.
J'ai aussi parfaitement conscience que ce n'est pas avec mon stupide cousin que Carmen risque d'explorer cette facette soumise d'elle-même. Ou du moins, pas de manière très saine. Non. Luis est un batteur de femme. Un abuseur. Il ne recherche que son plaisir. Celui de Carmen, il s'en fiche! Ce qui fait qu'elle n'oserait jamais lui demander de l'attacher à la tête de lit pour la baiser bien fort! Ce serait comme d'ouvrir la porte toute grande aux abus!
Logiquement, je ne devrais pas non plus m'en mêler.
Carmen est une adulte.
Elle est libre de faire ce qui lui chante.
Mais je ne peux m'empêcher d'ouvrir la bouche et de m'opposer. Et quand je parle, même moi je suis hébété des mots qui me sortent de la bouche!
« Ce n'est pas nécessaire! Je serai le partenaire de Carmen!»
Non seulement dis-je cela, mais pour le faire, j'utilise ma voix de commandement.
Celle de l'Alpha Divin très dominant et de lignée si pure que je suis.
Je peux tout de suite sentir que Carmen n'y est pas indifférente.
Elle est traversée d'un frisson. Il lui serait pratiquement impossible de me désobéir quand j'utilise mon magnétisme d'alpha. Les autres personnes autour de la table en sont toutes aussi affectées. Plus personne ne joue et tous me dévisagent, la bouche toute grande ouverte.
Même les dominants autour de cette table ainsi que les quelques alphas en ont froid dans le dos.
Ils sentent instinctivement.
Ce que je suis.
Ma nature d'Alpha Divin.
Mon autorité d'ordre surnaturelle.
Je suis après tout une des plus puissantes créatures surnaturelles qui existe sur cette terre, même au sein de ma propre espèce.
L'aura charismatique qui émane de moi - et qui a fait mon succès au niveau international - a présentement des accents très dangereux et hautement possessifs!
Je tente de rétracter mon aura si furibonde dont j'ai perdu le contrôle un court moment.
J'ouvre la bouche avec l'intention de justifier cette réaction un peu trop exagérée. Mais alors, Carmen me démontre encore une fois, comme elle l'a fait si souvent par le passé, quelle Consorte* courageuse elle est, elle qui est issue de notre race tout comme moi, mais qui arrive pourtant à me défier. Moi. Un mâle alpha si puissant.
Moi... qui lui suis pourtant prédestiné.
«NO!» s'insurge la courageuse petite femme.
Le reste est une suite d'insultes en espagnol que je vous épargne, mais qui témoigne bien de son tempérament fougueux!
Mon regard s'assombrit. L'Alpha en moi ressent la brulure du rejet. Un rejet que m'a fait vivre Carmen de si nombreuses fois. Elle doit bien être la seule femme de notre race que je connaisse, capable de résister à l'Alpha qui lui était prédestiné.
Mais ce soir, la souffrance est encore plus grande, elle qui serait prête à aller vers un autre!
Qu'elle me résiste depuis toutes ses années, nous faisant atrocement souffrir tous deux, tout cela même si mon cousin est un foutu hojo de putas, je peux comprendre!
Mais maintenant elle serait prête à aller vers un autre alpha, et de la trempe de Jumin Kang... tout en continuant de se refuser à moi!?
Non pas que j'aie tenté de la séduire avant aujourd'hui... Elle est la femme de mon cousin, alors je respecte! Je suis un homme d'honneur! Mais me demander de la laisser aller avec un autre homme... ENCORE!
Alors qu'il me fut si souffrant de la voir épouser mon cousin!
De constater sa marque sur sa nuque! Son odeur sur son corps!
Lui qui l'avait fait Sienne!
Alors que moi, mon cœur! Mon âme! Ma flamme sacrée! Elle me les a arrachés! Volés. Confisqués!
Et piétinés ce soir encore une fois!
N'en pouvant plus, je perds mon calme pour de bon. Je balance mes cartes sur la table.
J'agrippe son poignet très délicat, bondissant de ma place, et je l'entraine en direction d'un petit salon voisin dont les portes donnaient sur cette grande salle. Carmen tente de me résister, mais il n'y a rien à faire!
Les lumières sont éteintes dans la pièce où nous surgissons et seul un rayon de lune par la baie vitrée nous éclaire quand j'en referme une des portes violemment derrière nous et que je la plaque contre celle-ci.
Elle pousse alors un petit cris craintif, me suppliant :
―Tony! Arrête! Tu m'fais mal!
Je relâche son poignet spontanément, me désolant d'y constater une petite marque.
Mon esprit un peu embrumé par tous ces verres de scotch que j'ai bus durant la partie de poker m'a sans doute fait perdre un peu le contrôle sur la force que j'exerçais.
Enfin libérée, Carmen tente alors de m'échapper. Je pose rapidement ma main gauche à plat sur la porte derrière elle pour lui couper la route et resserrer ma prise sur ma victime. Sur sa droite près de la porte se trouve un meuble, donc elle ne peut se sauver de ce côté.
Si près du corps de Carmen, mon souffle chaud sur son visage, son odeur est intoxicante me monte alors aux narines.
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*Consorte: Femelle de l'Alpha
C'est comme une odeur de cerise ou de framboises sauvages.
Elle est pour moi un fruit bien mûr et bien juteux.
Un fruit défendu.
Cependant quand elle est dans les parages un peu plus longtemps, je peux aussi déceler une note de fond plus riche et plus profonde, avec une petite pointe d'amertume,comme le chocolat noir ou le café.
J'ai très souvent été intrigué voir subjugué par le doux parfum de Carmen Jimenez. C'est même la première chose que j'ai notée, lors de notre première rencontre. Son parfum intoxicant.
Mais ce soir, son parfum est encore plus enivrant.
Il a l'odeur de la peur, mais aussi de la douce excitation que vous auriez à la perspective de commettre un acte interdit, mais oh combien délectable!
Tous ses sens en éveil, cette petite femme lève ses yeux de biche sur moi et elle me renvoie la pareille. De cette manière si propre à notre espèce, elle ne peut s'empêcher de me renifler elle aussi et ses pupilles se dilatant, l'attirance étant mutuelle.
Carmen serre les cuisses devant moi, me faisant bien sentir que je ne me trompe pas!
Elle non plus n'est pas indifférente à cette proximité entre nous.
À ma présence.
Celle du véritable alpha qui lui était prédestiné!
Je ferme les yeux à demi pour tenter de ne pas perdre la maitrise de moi-même. Ne pas libérer cette bête sauvage qui rue dans les brancards au plus profond de moi-même, et qui me supplie de la libérer chaque fois que je suis en présence de la compagne qui m'est prédestinée... mon âme-cœur... ma Divine Consorte...!
C.A.R.M.E.N. J.I.M.E.N.E.Z.
Je devrais résister.
Elle est la femme de mon cousin.
Mais je n'en peux plus de lutter contre cette bête en moi...qui ne désire que de la posséder!
L'Alpha en moi la désire plus que tout... et lui, contrairement à « l'honorable Tony Jimenez », il se fiche bien des conséquences!
J'ai toujours été capable de me maitriser.
Capable de brider ces pulsions si violentes de notre espèce!
Mais avec Carmen... c'est comme si tout ce qu'on m'avait enseigné... je l'oubliais d'un seul coup!
Je réouvre les yeux et je constate alors qu'elle a baissé les yeux, cherchant à éviter mon regard, ses épaules s'affaissant. Je peux sentir en elle la peur, mais aussi la honte de cette attirance envers un autre homme que son Alpha.
Même si j'ai bien failli l'oublier ce soir en raison de l'alcool sans doute... Luis sera toujours un obstacle entre nous!
Mais ce soir, Luis trouve enfin son utilité!
― Qu'est-ce que tu avais dans la tête Carmen! Crois-tu vraiment que mon cousin approuverait de te voir aller à des soirées dans un club BDSM ou traîner avec des gens comme Jumin Kang qui ne fera que te considérer comme un jouet sexuel... un passe-temps pour tromper l'ennui tout au plus! HEIN Carmen! Comment peux-tu envisager même de tromper Luis avec un type comme lui!?
Mais ce que je veux vraiment dire, c'est : pour quoi l'accepter LUI et me refuser moi!?
Carmen lève les yeux et elle me fustige du regard.
Eh! Comme si souvent, elle me provoque d'un simple regard!
Cependant, ce soir, j'ignore si c'est parce qu'elle a trop bu ou quoi, mais sa réponse contient un fragment de vérité :
« Oui! Ça en vaudrait la peine! Même si ce n'est pour un soir où je suis enfin libre de ce mariage qui m'étouffe... ce serait toujours ça!»
Sa réponse me laisse sans voix. Luis est tellement violent, pervers... inhumain avec elle... que j'ai toujours cru que la seule raison qui la faisait rester... c'était qu'elle aimait mon cousin. D'un amour tordu et toxique... mais quand même!
Mais elle en parle comme si ce mariage était une torture. Une obligation. Une responsabilité trop étouffante!
Carmen éclate d'un rire sarcastique devant moi en constatant mon étonnement.
Elle se moque de ma naïveté :
« Tu crois que Luis me divorcerait s'il apprenait? JAMAIS! Luis ne me laissera jamais tranquille... Me torturer est son activité favorite entre toutes! Vois, tu, j'ai le malheur d'être la fille de l'homme qu'il déteste le plus sur cette terre... alors il ne me lâchera jamais! C'est sa manière de punir mon père du mal qu'il lui a fait! Je suis un jouet pour lui Tony! Il me torture... sans arrêt! Même le fait qu'il me laisse travailler pour toi est une forme de torture!»
Ma respiration devient saccadée. Une veine pulse à mon cou. L'alpha en moi menace d'entrer dans une rage folle. Je me fais violence pour ne pas laisser mes émotions venir tout embrouiller. Venir l'effrayer au point qu'elle se refermerait comme une huitre, elle qui me dit enfin les vraies choses!
Si vous saviez le nombre de fois où je lui ai laissé la porte ouverte pour qu'elle se confie à moi et me donne enfin une raison valable de me battre pour elle!
Mais ce qu'elle me dit me brise le cœur une fois de plus!
Mon âme-cœur est avec un autre alpha. Et un qui s'amuse à la torturer..!
Soudain, une chose qu'elle a dite me frappe de plein fouet et j'en ressens la blessure si vive dans mon cœur. Comme une lame qu'elle tournerait et retournerait dans la plaie déjà si vive!
Ma voix témoigne de ma souffrance intérieure quand je demande :
« Pourquoi?....Mi Tessoro... Pourquoi est-ce une torture de travailler pour moi?»
Je croyais que de la prendre à mon service... d'en faire ma cuisinière et de l'obliger à me suivre en tournée lui permettrait d'échapper au moins un tout petit peu à cette vie misérable qu'elle avait avec mon cousin...
Je croyais aussi que nous avions trouvé un espace pour nous deux... Un lieu où nous pouvions être heureux ensemble... d'une certaine manière.
Mais de ce qu'elle en dit, pour elle, cela semble être le contraire!
La gorge serrée, elle détourne les yeux : « Parce que je t'aime Tony... et que ton cousin le sait parfaitement.»
Ma main appuyée sur la porte retombe le long de mon corps, sous le choc de cet aveu. Elle n'ose même pas me regarder, comme si cet amour était un secret honteux!
Je la prends par le menton et je l'oblige à me regarder dans les yeux. Mon pouce caresse tendrement sa lèvre inférieure alors que je demande :
― Combien...? Depuis combien de temps... Carmen?
Sa voix n'est qu'un murmure quand elle m'avoue : «Depuis le tout début, Tony...»
Je me penche alors sans réfléchir et je l'embrasse. Mes lèvres charnues entre en collision avec ses petites lèvres pulpeuses. Ma langue explore sa bouche sans fin alors que je la prends par la taille. Tandis que notre baiser s'approfondit, je tente de glisser une main sous la jupe de sa robe et de lui baisser la culotte, ma bite frottant contre sa hanche à travers mon pantalon.
Carmen en gémit de plaisir contre ma bouche.
Je peux sentir sa propre excitation. Comme elle mouille pour moi!
Je veux lui faire l'amour. Ici contre cette porte. Laisser entendre tous ces gens qui se trouvent derrière! Prendre ce qui me revient de plein droit!
La clamer! ELLE! Ma Consorte! Mon âme-cœur!
Mais comme je suis sur le point de lui baisser la culotte, je sens la petite main de Carmen sur mon cœur, qui me repousse doucement, ses lèvres se détachant des miennes.
― Non! Tony! Pas ici!
Pas comme ça! Et pas dans un endroit où nous pourrions être surpris!
Je colle mon front contre le sien, fermant les yeux.
Je tente de retrouver mes esprits.
Quand je les réouvre, elle peut sentir ma détermination. Je me penche subitement et je la prends dans mes bras pour la transporter.
Carmen pousse un petit cri de surprise, ses bras se pendus à mon cou, et se blottissant contre mon épaule.
À grandes enjambées je nous fais quitter les lieux, par une porte secondaire donnant sur le couloir principal. Je l'embrasse sans fin tout en la conduisant vers la chambre que j'occupe un étage plus haut.
Cette nuit, tu seras enfin à moi, Carmen Jimenez...
Cependant, si tu penses que je te laisserai partir demain matin... maintenant que tu m'as enfin avoué la vérité... tu te trompes lourdement!
Je pousse la porte de ma chambre du talon de ma chaussure pour la refermer derrière nous. Je dépose Carmen au pied du lit.
Nous demeurons ainsi à nous regarder une fraction de seconde. Moi les yeux baissés et elle les yeux levés vers moi.
Nous nous reniflons comme des bêtes.
L'Alpha en moi reconnait sa Consorte et la Consorte en elle reconnait son Alpha.
Elle est celle qui m'est prédestinée. Je le sais, et elle le sait même si Carmen s'entête depuis toujours à refuser de le voir.
En même temps, nous nous précipitons l'un vers l'autre.
Nous nous embrassons. Passionnément. Nous qui étions séparés depuis des mois, NON! Des années!
Des années... de terribles années!
Une lueur de colère apparait dans mon regard.
Elle aurait dû être à moi!
Depuis toujours!
Ma main qui était posée sur sa joue descend lentement le long de son cou si gracieux, puis vers sa nuque, soulevant sa chevelure si soyeuse.
Je touche cette marque horripilante.
Celle de Luis. Mon cousin.
C'est un tatouage. Un crâne.
Miquiztli. La mort dans le pays de nos ancêtres, la Colombie.
Il a utilisé un symbole de mort pour lier sa compagne alpha à lui-même! Ce qui démontre bien comme Luis ne comprend rien aux âmes prédestinées! Il n'a jamais compris toute la profondeur de la relation entre un Alpha et sa Consorte!
Pour lui, Carmen n'est qu'un moyen pour parvenir à ses fins. Une manière d'amplifier ses pouvoirs Alphas et de les stabiliser.
Mais la Consorte d'un Alpha est bien plus que cela. Elle est son Âme-cœur. La dépositaire et la protectrice de sa flamme sacrée! Ils ne peuvent vivre l'un sans l'autre. Et quand un Alpha trouve celle qui lui est prédestinée, ils se complètent si parfaitement!
Ce qui n'est pas du tout le cas de Luis et de Carmen.
Parce qu'ils n'étaient pas prédestinés!
Elle est à moi LUIS m'entends-tu! À moi!
Je suis tenté de laisser le tatouage actif durant notre relation sexuelle. Pour que Luis sente. Pour qu'il sache que j'ai enfin pris ce qui me revenait de droit!
Mais ensuite, il se vengerait sur Carmen. Ou alors il me provoquerait en duel et je devrais le tuer, ce qui me donnerait le droit clamer Carmen. Mais ce n'est pas la façon que je veux la clamer! Pas dans le sang et la violence! Ce ne sont plus les méthodes de notre race depuis longtemps. Seuls les déviants le font encore!
Nous sommes un peuple évolué. Tellement plus évolué!
Je gratte le tatouage de crâne au sourire si cynique du bout de mon ongle. Tout en m'exécutant, un petit son échappe de ma bouche, comme une petite note gutturale...un claquement de langue!
Mes lèvres contre celles ma belle Consorte, je savoure cet instant d'intimité nouvelle, ma main retombant le long de sa colonne vertébrale pour aller se poser sur son charmant postérieur.
Carmen est parcourue d'un frisson pendant que je m'exécute. Elle ressent tout de suite la coupure avec son Alpha.
Stupéfaite, elle détache ses lèvres des miennes, et me dévisage, poussant un petit cri de surprise.
Dans son regard, cette petite lassitude qui était toujours présente depuis que Luis l'avait marquée a disparu. Son odeur est même devenue encore plus intoxicante. Elle n'a plus cette note d'amertume en arrière-fond, celle qui appartenait à Luis sans doute.
L'odeur d'un Alpha est toujours un peu présente sur sa compagne prédestinée, après qu'il l'ait marquée ou suite à leurs ébats sexuels. Mais cette nuit, Carmen est libre. Libre de venir vers moi!
Ses lèvres s'entrouvrent. Elle est sous le choc de cette révélation. Parce qu'en bloquant ce lien subtil entre elle et son Alpha, je me suis révélé à elle d'une manière qu'elle n'imaginait pas.
Eh oui, Carmen! Je ne suis pas qu'un simple alpha, mais un qui est d'ascendance divine.
Ma lignée remonte aux tout premiers Alphas. Les descendants en ligne directe de la race des Premiers Êtres qui peuplaient ce monde bien avant la race humaine...
Je suis donc plus puissant et bien plus dévastateur qu'un Alpha ordinaire tel que Luis.
Ne niant aucunement ce que je suis, je me contente de lui spécifier d'une voix rauque :
― Juste pour cette nuit...
Tout puissant que je suis, je n'ai pas le pouvoir de briser ce lien entre elle et mon cousin. Je ne peux bloquer le lien entre une Consorte et son Alpha ou l'affaiblir que de manière temporaire.
Carmen a bien des questions à me poser tout à coup, sa curiosité prenant le dessus.
Quelle est l'étendue de mes pouvoirs?
D'où viennent mes ancêtres? Est-ce que les Premiers Êtres venaient vraiment de la forêt d'Amazonie telle que beaucoup d'Anciens le disent?
Elle ignorait que la lignée alpha du clan des Jimenez remontait à si loin et elle aimerait visiblement en savoir plus!
Carmen fronce les sourcils subitement, réfléchissant à haute voix. Mais si c'est l'cas, pourquoi est-ce que nous sommes les seuls à avoir hérités du gène surnaturel de l'alpha dans la famille, moi et Luis, hein! Et surtout, pourquoi Luis n'est pas un alpha divin si moi j'en suis un?
Je sens le mal de tête me venir. J'utilise ma voix de commandement sans le vouloir :
―Carmen!
Elle cesse immédiatement de parler, telle une petite biche effarouchée. Immédiatement je regrette mon attitude, et je la prends par la taille avec tendresse pour me racheter, la rapprochant de moi pour l'embrasser :
― Pas maintenant... Demain je répondrai à toutes tes questions... d'accord, mi corazón!
Je ne lui donne pas la chance de protester, me penchant pour lui clouer le bec de mes lèvres de nouveau.
Carmen glisse ses bras autour de mon cou, répondant à mon baiser. Nos corps étant si proches, elle peut sentir mon érection contre son ventre à travers ce pantalon très chic que je portais ce soir. Je peux la sentir frissonner entre mes bras quand une de mes mains descend le long de sa croupe, pour relever sa jambe et la poser tout contre ma hanche, me permettant ainsi de me frotter à elle de manière à la fois si animale et sensuelle.
Carme répond à mon geste, ses bras autour de ma nuque et se hissant sur la pointe des pieds pour frotter à son tour sa chatte contre ma bite bien dure, qui la darde à travers mon pantalon
Nous nous frottons ainsi l'un contre l'autre, nos corps en feu, d'une brulure si vive et si profonde que nos cœurs se consument.
Carmen frotte sa joue contre mon cœur et moi j'y réponds, enfouissant mon visage dans ses cheveux si soyeux et huma la délectable odeur de son excitation.
Brusquement, je recule parce que je n'en peux plus!
Je ne prends même pas le temps de la dévêtir. Je lui arrache sa robe!
Carmen est bien trop frustrée que j'aie ruiné sa robe pour cacher son corps qui m'est maintenant si divinement offert!
Mais son indignation n'est que de courte durée, car la seconde d'après, elle se précipite sur moi pour me retirer mes vêtements à son tour, alors que je dénouais justement ma cravate.
Carmen ne fait pas de manière avec moi elle non plus. Elle relâche sur moi sa nature sauvage et fougueuse, faisant sauter tous les boutons de ma chemise qu'elle m'arrache du corps. Son regard devient alors transfecté, observant le tatouage qui couvre mon avant-bras, une partie de mon épaule, puis mon sein droit.
Quetzalcóatl, le serpent à plumes.
L'emblème de mon clan, celui de ma mère auquel j'appartiens depuis toujours.
C'est un serpent à plumes de couleur verte, aux yeux comme des rubis qui la fixent présentement, se plaisant sans doute de me voir enfin m'unir à ma Consorte. Le tatouage des Alpha est vivant. Il est la manifestation de notre lien sacré avec les Premiers Êtres qui peuplaient cette terre et qui nous en ont enseigné le secret.
Le mien est d'autant plus spécial que la technique utilisée pour l'encre rituelle est exactement la même qu'utilisaient ces êtres spirituels tant vénérés des Alphas encore aujourd'hui.
Carmen est en mesure de sentir comme mon tatouage est organique. Comme il en émane une force surnaturelle. La mienne. Elle en est envoutée durant un bref instant, plongé dans la fascination.
Je retire mes chaussures, la laissant en apprécier la vue autant qu'elle le désire. Je pose une de ses mains sur mes pectoraux, la laissant même le toucher. Carmen pousse un petit cri de surprise, puis ses doigts tracent les contours du tatouage, en admirant tous les détails.
Elle entend alors de clic de la boucle de ma ceinture, que je défais, la retirant des ganses de mon pantalon lentement. La main de Carmen sur mon torse musclé descend lentement en direction de mon nombril et de cette ligne de poils bien noirs comme mes cheveux qui lui trace une petite route vers cette bosse dans mon pantalon!
Carmen se mordille la lèvre inférieure, se penchant alors devant moi langoureusement.
Carmen défait alors ma fermeture éclair lentement pour baisser mon pantalon.
Accroupie devant moi, dans ses dessous féminins en dentelle noire, elle relève la tête, ses yeux si doux fixés sur cette énorme bosse dans mes boxers. Lentement, très lentement, et ne me quittant pas des yeux, elle commence à descendre mes boxers, ma bite en jaillissant, comme mue par ressort et pointant glorieusement en l'air tel un glorieux soldat au garde à vous.
Carmen se passe la langue sur les lèvres, en observant le gland si cramoisi et gorgé de sang, tout désireux qu'il est d'être enfin dans sa petite chatte si parfaite aux poils incurvés!
Lentement, elle enroule sa main à la base de ma bite et elle la porte à ses lèvres pulpeuses.
D'abord elle embrasse très tendrement mon sexe, le vénérant et l'adorant. Penché sur elle, en goutant tout le plaisir, je m'ébahit de cette expression de si grande dévotion envers moi sur son visage alors qu'elle lèche ma bite de sa langue pour la première fois. Ses pupilles se dilatent et elle en savoure chaque coup de langue, comme si j'étais un mets très raffiné qu'elle goûterait pour la toute première fois.
Et c'est l'cas. Nous goutons cet instant de si grande proximité pour la toute première fois.
J'ai toujours respecté mes distances avec Carmen, mais cela est maintenant chose du passé!
Enfin, elle enfonce ma bite dans sa petite bouche en cœur et je pousse un râlement de plaisir. Ma main va se placer sur sa tête alors qu'elle suce ma queue avec diligence. Je n'ose trop la toucher, ne faisant qu'effleurer sa chevelure si lisse et si parfaite.
Je ne veux pas la forcer et je me fais violence pour ne pas la pousser. Pour ne pas en demander plus. L'Alpha en moi voudrait la dominer. La soumettre. Abuser sa bouche et la violer en profondeur. Mais j'ai senti plus d'une fois la brutalité de Luis envers elle par le passé même si elle ne disait rien. Et je ne veux pas être pour elle, encore un autre de ces alphas très machos, qui prennent leur plaisir sans jamais en donner, de manière si cruelle et sauvage.
Alors je bride ma nature dominante comme je peux. Carmen est la châtelaine de mon âme. Le centre véritable de mon existence! Jamais je ne la forcerai en quoi que ce soit!
Je me suis juré il y a longtemps de la traiter comme une reine. De ne jamais rien lui refuser et de ne surtout jamais la pousser à faire des choses qu'elle ne voudrait pas. Et pourtant, j'en serais tout à fait capable!
Je suis un alpha Divin.
Et un qui possède un don très spécial...
Une seule parole de moi et les foules se prosternent!
Une seule parole de moi et... des alphas s'éveillent à la vie surnaturelle.
Carmen augmente la cadence et un autre grognement de satisfaction m'échappe.
Il est de plus en plus difficile pour moi de résister.
De me retenir.
De brider la bête en moi qui désire se déchainer.
La prendre de manière si sauvage!
Mierda! Je vais venir si ça continue!
― Mi amor... dis-je d'une voix rauque.
Carmen est parcourue d'un frisson en entendant ce petit mot d'amour. Elle me regarde d'un air tout innocent, ma bite dans sa bouche.
Elle ne réalise pas ce qu'elle me fait!
Elle ne l'a jamais réalisé, j'crois bien!
Je la prends par les épaules pour l'empêcher de continuer.
― Si tu continues, je vais jouir!
Et moi, moi, je veux jouir en elle pour la toute première fois!
Carmen se relève lentement, délaissant ma bite à contrecœur. Très vite, je la prends par les épaules et je l'embrasse passionnément. Je goûte mon propre sexe sur sa langue. Je respire son excitation. Une de mes mains caresse son sexe par-dessus sa petite culotte en dentelle fine qui est totalement mouillée maintenant!
C'est comme une brise qui attise le feu sacré en moi, ce grand brasier qui me brule de l'intérieur et qui menacerait de nous consumer tous les deux si nous attendons plus longtemps!
Je tire un grand coup sec pour lui retirer sa culotte, la faisant tomber à ses pieds! Carmen doit être tout aussi impatiente que moi d'en finir, car elle commence déjà fébrilement à tirer son soutien-gorge demi-buste qu'elle portait.
Bientôt, sa poitrine m'est enfin offerte, ses petits seins fermes pointant si divinement vers moi. Les seins de Carmen ne sont ni trop gros ni trop petits. Tout juste ce qu'il faut!
Je les adore. J'ai très envie de les lécher!
Mais une autre envie est encore plus pressante! Celle de me trouver en elle. Et je vois bien qu'elle est tout aussi impatiente que moi! Alors, ses jolis seins devront attendre! Après-tout, nous avons toute la nuit pour nous, n'est-ce pas!
Je la prends par les épaules et je la fais tomber sur le lit à la renverse. Prenant ma bite dans ma main, je m'approche du lit où elle repose, mais subitement, je m'arrête.
Mierda! Je n'ai aucun condom!
Cela fait si longtemps que je ne ramène plus de filles dans ma chambre que je n'ai même pas pensé à en prendre avant d'quitter Orlando!
― ¿Qué pasa? me demande timidement Carmen, couchée sur le lit.
Je lui avoue alors avec embarras que je n'ai pas pensé à prendre de préservatif... « Mais je suis sûr qu'Horatio doit en avoir... Attends, je vais... »
« C'est inutile! » s'exclame alors Carmen. Puis, d'une voix toute petite, elle ajoute, détournant les yeux : « Nous essayons depuis longtemps Luis et moi... hmm... mais le docteur a dit que j'étais... » Elle ne poursuit aucunement, sa voix devenant un murmure.
Ma gorge se noue. Ma Consorte est infertile. Nous n'aura jamais d'enfants tous les deux...
Pour moi, qui ai une fille hors mariage... ce n'est pas un aussi grand drame... mais pour Carmen, qui aime tant les enfants! Et surtout pour une femme de notre espèce! Chez les Consortes alpha, l'infertilité est un sujet extrêmement tabou. Les femmes alphas non dominantes, toute particulièrement, aspirent bien souvent à être nos âmes-cœur. Le tabernacle de notre flamme sacrée, mais aussi à porter nos enfants. C'est donc une des vocations secrète de Carmen. Porter la descendance de son alpha!
Sentant son malaise grandissant, je décide de ne pas m'attarder sur ce sujet si douloureux pour elle. Je m'agenouille, le lit s'enfonçant, et je glisse tendrement ma main entre ses cuisses, les écartelant pour admirer sa petite chatte aux poils incurvés. Je peux sentir comme elle mouille et comme elle est déjà prête à me recevoir. J'ai très envie de me pencher et de gouter cette chatte, mais en ce moment, je veux être en elle! Le désir est si intense que ma bite me fait mal! Cependant, j'entends bien la lécher et la brouter consciencieusement, quand je lui donnerai son second orgasme, puis un troisième et un quatrième!
Je caresse sa chatte amoureusement, ne la quittant pas des yeux alors que son regard se pose de nouveau sur moi, sentant mon aura si prédatrice.
Cette nuit, douce Consorte, j'ai bien l'intention de te faire oublier tout ce que Luis a pu dire ou faire pour te faire se sentir si coupable et si inadéquate à ne pas pouvoir lui donner des enfants!
Comme si elle avait entendu mes pensées, Carmen écarte les jambes encore plus grandes, me donnant libre-accès alors que je la masturbe doucement d'un doigt, puis de deux, afin de m'assurer que sa chatte au vagin si serré puisse m'accueillir.
Son corps se tortille et elle frémit, chevauchant ma main experte. Je retire mon doigt tout juste avant qu'elle jouisse! Notre premier orgasme, nous l'aurons ensemble!
Je me penche sur ma proie si délicieuse, ne la quittant pas du regard, alors que mon sexe caresse sa chatte, se glissant tout en douceur entre ses petites lèvres. Je me penche plus avant, mon visage si près du sien.
Mes bras aux muscles bien bandés de chaque côté de son petit corps si fragile, j'en tremble tellement je me fais violence pour demeurer tendre, la pénétrer avec toute la douceur que je sais avoir...
Cette nuit, j'entends bien adorer chaque partie de ce petit corps divin que je viens de conquérir.
Un autre jour, ce sera son âme qu'elle me donnera, mais cette nuit, il y a des besoins plus pressants à satisfaire!
Dans l'excitation du moment, je me penche sur son sein gauche et je le mords de toutes mes forces.
Comme si je voulais la marquer.
Mais c'est impossible et nous le savons!
L'Alpha en moi est seulement irrationnel.
Possessivement irrationnel!
Le corps de Carmen s'arc, m'offrant encore un meilleur accès à sa poitrine pour que je la morde encore plus fort.
Tel un enfant qui boirait au sein maternel, je mords dans sa chair et je goute le sang qui jaillit de la blessure.
Carmen enfouit sa main dans mes cheveux, me retenant tout contre son cœur.
L'espace d'un bref moment, elle est à moi et je suis à elle... et il n'existe que nous dans tout l'univers.
Quand je la sens au bord de la jouissance, je viens moi aussi, hurlant son nom à plein poumon, celui de celle qui m'était prédestinée :
Carmen!