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Trahison et Renaissance Amoureuse

Trahison et Renaissance Amoureuse

Auteur:: Elowen Glass
Genre: Moderne
Mon rêve était à portée de main : une bourse complète pour les Beaux-Arts de Paris. Un coup de fil, un cri de joie : « J'ai réussi, Antoine ! » Mon ami d'enfance, Antoine, et ma meilleure amie, Chloé, étaient là pour célébrer mon triomphe. Mais la joie fut de courte durée. Mon nom, si attendu sur la liste des boursiers, n'y était pas. À la place, tout en haut, brillait le nom d'Antoine Leclerc. Et ma toile phare, « Renaissance », était disqualifiée pour suspicion de plagiat. Le monde s'est effondré, mais le pire restait à venir. J'ai entendu de mes propres oreilles leurs rires, leurs aveux, leur plan diabolique. « On a réussi ! » La voix de Chloé résonnait. « Il suffisait de créer le doute, » ajouta Antoine, se vantant d'avoir volé mon idée. La trahison était si totale, si écœurante. Mes amis, ceux en qui j'avais le plus confiance, m'avaient tout pris. Comment avaient-ils pu être aussi cruels, aussi menteurs ? Et si la vieille galeriste avait raison ? Peut-être le malheur a-t-il vraiment une odeur. La gentille Camille est morte ce jour-là. Une rage froide et pure est née de ses cendres. Je suis retournée à la galerie Fournier, le cœur empli d'une seule idée : la vengeance.

Introduction

Mon rêve était à portée de main : une bourse complète pour les Beaux-Arts de Paris.

Un coup de fil, un cri de joie : « J'ai réussi, Antoine ! »

Mon ami d'enfance, Antoine, et ma meilleure amie, Chloé, étaient là pour célébrer mon triomphe.

Mais la joie fut de courte durée.

Mon nom, si attendu sur la liste des boursiers, n'y était pas.

À la place, tout en haut, brillait le nom d'Antoine Leclerc.

Et ma toile phare, « Renaissance », était disqualifiée pour suspicion de plagiat.

Le monde s'est effondré, mais le pire restait à venir.

J'ai entendu de mes propres oreilles leurs rires, leurs aveux, leur plan diabolique.

« On a réussi ! » La voix de Chloé résonnait.

« Il suffisait de créer le doute, » ajouta Antoine, se vantant d'avoir volé mon idée.

La trahison était si totale, si écœurante.

Mes amis, ceux en qui j'avais le plus confiance, m'avaient tout pris.

Comment avaient-ils pu être aussi cruels, aussi menteurs ?

Et si la vieille galeriste avait raison ?

Peut-être le malheur a-t-il vraiment une odeur.

La gentille Camille est morte ce jour-là.

Une rage froide et pure est née de ses cendres.

Je suis retournée à la galerie Fournier, le cœur empli d'une seule idée : la vengeance.

Chapitre 1

La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre un mardi après-midi, le genre de nouvelle qui change une vie. J'avais été acceptée à l'École des Beaux-Arts de Paris. Une bourse complète. C'était tout ce dont j'avais rêvé, tout ce pour quoi j'avais travaillé dans mon petit atelier qui sentait la térébenthine et l'huile de lin.

La première personne que j'ai appelée, c'était Antoine Leclerc, mon ami d'enfance. Nos mères étaient amies, nous avions grandi ensemble, une relation presque fraternelle, pleine de souvenirs et de secrets partagés.

« J'ai réussi, Antoine ! »

Sa voix à l'autre bout du fil était pleine de joie.

« C'est incroyable, Camille ! Je suis tellement fier de toi ! Il faut fêter ça ce soir. Chloé sera là. »

Chloé Martin, ma meilleure amie, mon âme sœur en amitié. Nous nous étions rencontrées au lycée et ne nous étions plus jamais quittées. Elle était la douceur, le calme, le soutien indéfectible.

Le soir, dans notre bar habituel, l'ambiance était électrique. Antoine avait commandé du champagne. Chloé m'a prise dans ses bras, une étreinte longue et sincère.

« Tu le mérites plus que personne. »

Nous avons ri, nous avons bu, nous avons refait le monde. C'était parfait. Trop parfait.

En rentrant, un peu ivre et flottant sur un nuage, je suis passée devant une vieille galerie d'art que je n'avais jamais remarquée. La vitrine était poussiéreuse, l'enseigne à moitié effacée : « Galerie Fournier ». Une lumière faible filtrait de l'intérieur. Poussée par une curiosité stupide, j'ai poussé la porte. Le carillon a sonné dans le silence.

Une femme âgée était assise derrière un grand bureau en bois sombre, le visage creusé de rides, les yeux perçants comme des éclats de verre. Elle m'a regardée sans un mot.

« Excusez-moi, je... je passais juste devant. »

Elle a hoché la tête lentement.

« Vous êtes Camille Dubois. »

Ce n'était pas une question. J'ai froncé les sourcils, mon euphorie retombant d'un coup.

« Comment connaissez-vous mon nom ? »

« Le monde de l'art est petit, » a-t-elle dit d'une voix rauque. « Et le malheur a une odeur que je reconnais. »

J'ai eu un rire nerveux.

« Le malheur ? Au contraire, je vis le plus beau jour de ma vie. J'ai été acceptée aux Beaux-Arts. »

« C'est pour ça qu'ils vont vous détruire, » a-t-elle continué, imperturbable. « Ceux qui sourient le plus fort sont souvent ceux qui tiennent le couteau. »

Un frisson m'a parcouru l'échine. L'alcool se dissipait, laissant place à un malaise étrange. Cette femme, son ton, l'atmosphère pesante de la galerie... tout cela commençait à m'effrayer.

« Je ne comprends pas ce que vous racontez. Mes amis sont heureux pour moi. »

« Vos amis, » a-t-elle répété, un rictus cynique étirant ses lèvres fines. « L'un est rongé par la jalousie de ne pas avoir votre talent, l'autre par l'envie de ne pas avoir votre chance. Une alliance parfaite pour le désastre. »

Je me suis sentie agressée. Cette vieille folle insultait Antoine et Chloé.

« Vous ne les connaissez pas. »

« Je n'ai pas besoin. Je vois ce que vous portez. »

Son regard s'est fixé sur mon poignet. Je portais un bracelet fin en argent, un cadeau d'Antoine pour mon anniversaire, quelques semaines plus tôt. Une petite breloque en forme de palette de peintre y était accrochée.

« Un joli cadeau, » a dit la vieille dame, Madame Fournier, comme je l'ai appris plus tard. « Mais certains cadeaux sont des cages. Ils ne sont pas faits pour donner, mais pour prendre. Cet objet... il est chargé de mauvaises intentions. Il va aspirer votre chance, votre talent, et les donner à quelqu'un d'autre. »

C'en était trop. C'était absurde. Je me suis retournée pour partir.

« Attendez, » a-t-elle dit. « Pensez-y. Depuis que vous le portez, n'y a-t-il pas eu de petits incidents ? Des choses inhabituelles ? »

J'ai marqué une pause, la main sur la poignée de la porte. Mon esprit a tourbillonné. La semaine dernière, ma toile la plus importante, celle pour le concours des Beaux-Arts, était tombée sans raison, créant une petite déchirure que j'avais mis des heures à réparer. Deux jours avant, un pot de pigment bleu outremer, un pigment rare et cher, s'était renversé sur une série de croquis préparatoires. Et la veille, l'ordinateur sur lequel j'avais sauvegardé mon portfolio numérique avait planté, me forçant à passer une nuit blanche pour tout récupérer.

J'avais mis tout ça sur le compte du stress, de la malchance. Mais maintenant...

Je me suis retournée vers elle, le cœur battant.

« Comment... comment arrêter ça ? »

« On ne peut pas l'arrêter, » a-t-elle répondu calmement. « On peut seulement le renvoyer. Le malheur doit aller quelque part. Cet objet est un conduit. Il peut être retourné à son expéditeur. L'intention qu'il a mise dedans se retournera contre lui. »

Son expéditeur. Antoine.

L'idée était monstrueuse. Antoine, mon ami, mon presque frère. Lui souhaiter du mal ? Jamais.

« Non, » ai-je dit fermement, secouant la tête. « C'est impossible. Je ne ferai jamais ça. C'est Antoine. »

J'ai vu de la pitié dans ses yeux.

« L'innocence est une belle chose, mademoiselle Dubois. Mais elle ne survit pas longtemps dans un monde de requins. Vous reviendrez me voir. »

Je suis sortie de la galerie en claquant la porte, le cœur en désordre. C'était une folle. Une vieille femme amère qui projetait ses propres déceptions sur moi. Mes amis m'aimaient. Tout allait bien se passer.

J'ai serré le bracelet à mon poignet, comme pour me rassurer. Un simple bijou. Rien de plus.

Chapitre 2

Les jours suivants, j'ai essayé d'oublier cette rencontre étrange. J'ai rangé les paroles de Madame Fournier dans un coin de mon esprit, sous la catégorie "délire de vieille folle". Je préparais mon déménagement à Paris, je choisissais mes cours, je rêvais à ma nouvelle vie. Antoine et Chloé étaient omniprésents, m'aidant à faire des cartons, m'emmenant dîner pour "profiter des derniers moments". Leur enthousiasme semblait si sincère.

Pourtant, une petite graine de doute avait été plantée. Je me surprenais à observer Antoine, à guetter un signe de cette jalousie dont parlait la vieille galeriste. Mais il était parfait, trop parfait. Il me couvrait de compliments, parlait de mon "génie", de mon "avenir brillant". Chloé, elle, était la douceur incarnée, me rassurant sur mes angoisses, me disant qu'elle viendrait me voir à Paris tous les week-ends.

Le jour de la confirmation officielle et de la publication de la liste des boursiers est arrivé. C'était une simple formalité. J'avais déjà reçu l'appel. Je me suis connectée au site des Beaux-Arts, le sourire aux lèvres, prête à voir mon nom imprimé noir sur blanc.

Mon nom n'y était pas.

J'ai rafraîchi la page. Une fois. Deux fois. Dix fois. Rien. La panique a commencé à monter, une vague glacée dans ma poitrine. J'ai cherché dans la liste des admis simples, sans bourse. Toujours rien.

À la place, tout en haut de la liste des boursiers, il y avait un nom que je connaissais.

Antoine Leclerc.

Mon souffle s'est coupé. C'était impossible. Antoine ne peignait presque plus. Son dossier était bon, mais pas exceptionnel. Pas au point d'avoir une bourse complète. Et surtout... pourquoi ne m'avait-il rien dit ?

Puis j'ai vu la note en bas de page. Une mention spéciale du jury. Mon œuvre phare, "Renaissance", celle qui m'avait valu les félicitations anticipées du directeur, était signalée. "Disqualifiée pour suspicion de plagiat."

Le sol s'est dérobé sous mes pieds. Plagiat ? C'était mon âme sur cette toile. Chaque coup de pinceau venait de mes tripes. C'était une blague, une erreur administrative.

J'ai attrapé mon téléphone, les mains tremblantes, pour appeler Antoine. Il saurait quoi faire, il m'aiderait. Sa ligne était occupée. J'ai appelé Chloé. Pas de réponse.

Prise d'une intuition terrible, je suis sortie de chez moi. Je devais leur parler. Je suis allée à l'atelier d'Antoine, un grand loft que ses parents lui payaient. La lumière était allumée. Je me suis approchée de la porte, prête à frapper, quand j'ai entendu des éclats de rire.

La voix de Chloé.

« On a réussi ! J'arrive pas à y croire, on a vraiment réussi ! »

Puis celle d'Antoine, triomphante.

« Je te l'avais dit. Son œuvre était trop parfaite. Il suffisait de créer le doute. J'ai envoyé les faux croquis préparatoires au jury de manière anonyme. Ils ressemblaient tellement à son style, mais datés d'un an avant. Un artiste obscur de l'Europe de l'Est. Personne n'irait vérifier. »

J'ai plaqué ma main sur ma bouche pour étouffer un cri. Le sang dans mes veines s'était transformé en glace.

« Et la bourse ? » a demandé Chloé. « Comment tu as fait pour l'avoir ? »

« Facile. J'étais le deuxième sur la liste. Camille disqualifiée, la place me revenait. J'ai juste "emprunté" quelques-uns de ses concepts pour mon propre portfolio. Elle m'a tout montré, la naïve. Elle pensait que je l'aidais. »

« Pauvre Camille, » a dit Chloé, mais il n'y avait aucune pitié dans sa voix, seulement une excitation cruelle. « Elle va être anéantie. Et son œuvre la plus prometteuse, "Renaissance"... Tu penses pouvoir la reproduire, la faire tienne ? »

« Mieux que ça, » a répondu Antoine. « Je vais dire que c'était une collaboration. Qu'elle a volé mon idée à la base. Avec la suspicion de plagiat qui pèse sur elle, qui la croira ? C'est moi la victime maintenant. C'est moi l'artiste prometteur. »

Je ne pouvais plus respirer. Chaque mot était un coup de poignard. Mon ami d'enfance. Ma meilleure amie. Ils avaient tout planifié. Chaque conseil, chaque encouragement, chaque sourire n'était qu'un mensonge. Je me suis souvenue de toutes les fois où Antoine avait "critiqué" mon travail, me suggérant des modifications qui, je le réalisais maintenant, affaiblissaient mes compositions ou me faisaient perdre du temps. Je me suis souvenue de Chloé qui m'avait "accidentellement" fait effacer une partie d'un disque dur, me disant que ce n'était pas grave.

La trahison était si totale, si écœurante, qu'elle m'a vidée de toute tristesse. Il ne restait que le froid. Une rage froide et pure.

Les paroles de la vieille galeriste me sont revenues en pleine figure. "Ceux qui sourient le plus fort sont souvent ceux qui tiennent le couteau."

Je suis partie sans faire de bruit, marchant comme une automate dans les rues. Mon chemin m'a menée, sans que j'y réfléchisse, jusqu'à la galerie Fournier.

Elle était là, comme si elle m'attendait. Elle n'a pas dit "je vous l'avais dit". Elle m'a juste regardée, et j'ai tout vu dans ses yeux : la compréhension, la pitié, et une lueur dure.

« Vous savez ce que vous avez à faire maintenant, » a-t-elle dit.

J'ai hoché la tête. La gentille Camille, la naïve Camille, était morte derrière la porte de l'atelier d'Antoine.

« Dites-moi comment faire, » ai-je murmuré, ma voix brisée.

Elle m'a expliqué le processus. Il ne suffisait pas de rendre le bracelet. Le conduit devait être... réaligné. Je devais y infuser ma propre intention, ma propre douleur. Elle m'a donné une petite aiguille stérile.

« Une goutte de votre sang. Sur la breloque. C'est le prix à payer. Le sang appelle le sang. La douleur appelle la douleur. Ensuite, vous devez le lui rendre. Il doit l'accepter de son plein gré. »

Je suis rentrée chez moi. J'ai pris le bracelet d'argent. Il me brûlait la peau. J'ai regardé la petite palette de peintre, ce symbole de mon rêve qu'il avait perverti. Sans hésiter, j'ai piqué mon doigt avec l'aiguille. Une perle de sang rouge a coulé. Je l'ai laissée tomber sur le petit morceau de métal.

J'ai ensuite appelé Antoine. J'ai pris une voix tremblante, celle qu'il s'attendait à entendre.

« Antoine... J'ai vu... Je ne comprends pas ce qui se passe... »

« Camille ! J'allais t'appeler. C'est une horreur. Je suis tellement désolé pour toi... »

Sa fausse compassion me donnait la nausée.

« Est-ce que je peux te voir ? J'ai besoin de toi. »

« Bien sûr, j'arrive tout de suite. »

Quand il est arrivé, j'avais les yeux rouges, j'avais préparé ma performance. Il m'a prise dans ses bras. J'ai dû me battre contre l'envie de le repousser.

Après un moment, je me suis écartée. J'ai enlevé le bracelet de mon poignet.

« Tiens, » lui ai-je dit. « Je ne peux pas le garder. Ça me rappelle trop... tout ça. Mais je veux que tu l'aies. Comme un porte-bonheur. Pour Paris. »

Il a hésité une fraction de seconde. Puis il a souri, un sourire avide.

« Tu es sûre ? C'est très gentil de ta part, Camille. Malgré tout. »

Il l'a pris et l'a attaché à son propre poignet. Le contact de l'argent sur sa peau.

Le piège était refermé.

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