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Trahison du sang: La vengeance du véritable héritier

Trahison du sang: La vengeance du véritable héritier

Auteur:: Firmine
Genre: Mafia
Je pensais que sortir de la cave de mon ravisseur après huit ans d'enfer était la fin de mon calvaire, mais ce n'était que le début. Mon père, le puissant Parrain Damien Marchand, a regardé mon visage de douze ans et n'y a vu que le monstre qui nous avait séquestrées. Il était convaincu que j'étais le fruit du viol de sa femme, me qualifiant de « souillure » dans sa lignée si pure. La vie au domaine était un cauchemar. J'étais forcée de récurer les sols pendant que sa belle-fille, Chloé, vivait comme une princesse. Un jour où je mourais de faim, Damien m'a surprise en train de manger dans les poubelles et s'est moqué de moi. Quand Chloé a ordonné à un Doberman de m'attaquer, déchiquetant ma jambe sur la pelouse immaculée, il s'est contenté de regarder et a dit aux gardes de me recoudre sans anesthésie. Pourtant, quand il se mourait d'une blessure par balle et que l'hôpital était à court de sang, c'est moi qui me suis portée volontaire. J'ai donné deux poches de mon sang pour le sauver, espérant qu'il me verrait enfin. Il ne m'a pas vue. Dès qu'il a été stable, sa mère m'a jetée dehors, me livrant à l'Aide Sociale à l'Enfance comme un déchet indésirable. Ils n'ont réalisé qu'une fois la voiture partie que le dossier médical sur la table contenait un secret. Mon sang n'était pas impur. L'ADN correspondait à 99,9 %. Je n'étais pas la fille du ravisseur. J'étais la sienne. Quand ils sont finalement revenus des années plus tard, suppliant mon pardon, je ne leur ai pas offert un câlin. Je leur ai tendu un avis d'expulsion.

Chapitre 1

Je pensais que sortir de la cave de mon ravisseur après huit ans d'enfer était la fin de mon calvaire, mais ce n'était que le début.

Mon père, le puissant Parrain Damien Marchand, a regardé mon visage de douze ans et n'y a vu que le monstre qui nous avait séquestrées. Il était convaincu que j'étais le fruit du viol de sa femme, me qualifiant de « souillure » dans sa lignée si pure.

La vie au domaine était un cauchemar. J'étais forcée de récurer les sols pendant que sa belle-fille, Chloé, vivait comme une princesse.

Un jour où je mourais de faim, Damien m'a surprise en train de manger dans les poubelles et s'est moqué de moi.

Quand Chloé a ordonné à un Doberman de m'attaquer, déchiquetant ma jambe sur la pelouse immaculée, il s'est contenté de regarder et a dit aux gardes de me recoudre sans anesthésie.

Pourtant, quand il se mourait d'une blessure par balle et que l'hôpital était à court de sang, c'est moi qui me suis portée volontaire.

J'ai donné deux poches de mon sang pour le sauver, espérant qu'il me verrait enfin.

Il ne m'a pas vue.

Dès qu'il a été stable, sa mère m'a jetée dehors, me livrant à l'Aide Sociale à l'Enfance comme un déchet indésirable.

Ils n'ont réalisé qu'une fois la voiture partie que le dossier médical sur la table contenait un secret.

Mon sang n'était pas impur. L'ADN correspondait à 99,9 %.

Je n'étais pas la fille du ravisseur. J'étais la sienne.

Quand ils sont finalement revenus des années plus tard, suppliant mon pardon, je ne leur ai pas offert un câlin.

Je leur ai tendu un avis d'expulsion.

Chapitre 1

Point de vue d'Élise Marchand

J'ai compris que ma mère ne m'aimait pas au moment où le canon silencieux d'un fusil s'est pressé contre mon front et qu'elle n'a pas hurlé pour me sauver la vie – elle a hurlé pour l'homme qui tenait l'arme.

Pendant huit ans, nous avions pourri dans une cave d'un trou perdu dans les Cévennes, une cage qui sentait le moisi et le whisky bas de gamme de Bruno.

Je pensais que l'explosion qui a arraché la porte d'acier de ses gonds était la fin.

La poussière tourbillonnait dans l'air lourd, étouffant la faible lueur de l'unique ampoule qui se balançait au-dessus de nous. Des hommes en tenue tactique noire ont inondé la pièce, silencieux et mortels.

Ce n'était pas la police.

La police crie des avertissements.

Ces hommes se déplaçaient avec l'efficacité synchronisée de faucheuses.

Bruno, le monstre qui nous avait gardées en cage depuis mes quatre ans, n'a même pas eu le temps d'attraper son fusil de chasse. Un des soldats l'a frappé avec la crosse de son fusil, le craquement humide de l'os résonnant contre les murs de béton.

Bruno s'est effondré sur le sol, inconscient ou mort. Je m'en fichais.

J'ai reculé en rampant, pressant ma colonne vertébrale contre les parpaings humides, serrant le pendentif en argent que j'avais volé dans la cachette de Bruno des mois auparavant. C'était ma seule monnaie d'échange.

« Maman », ai-je murmuré en tendant la main vers elle.

Elle l'a repoussée d'un coup sec.

Ce n'était pas une réaction de panique. C'était un rejet.

Elle se relevait déjà péniblement, les yeux fixés sur la silhouette qui emplissait l'embrasure de la porte.

Il est entré dans la pièce, et l'atmosphère a instantanément changé, aspirant l'oxygène de l'air.

Damien Marchand.

Je connaissais son visage grâce aux coupures de journaux froissées avec lesquelles Bruno nous avait nargués. Le Parrain. Le Prince Noir du clan Marchand.

Mon père.

Il portait un costume qui coûtait plus cher que la maison où nous étions piégées, taillé sur mesure pour des épaules larges qui portaient le poids d'un empire criminel.

Il n'a pas regardé le sang sur le sol. Il n'a pas regardé la misère.

Il n'a regardé qu'elle.

« Éléonore », a-t-il dit. Sa voix était profonde, un grondement qui vibrait à travers le plancher.

« Damien ! »

Ma mère s'est jetée sur lui. Elle ne s'est pas retournée vers moi. Pas une seule fois.

Elle a enfoui son visage dans sa poitrine, sanglotant, se fondant en lui comme s'il était la seule chose solide dans l'univers. Il a enroulé ses bras autour d'elle, son expression passant du granit froid à quelque chose de possessif, de féroce.

Il a enfoui son visage dans son cou, inhalant son odeur, récupérant son bien.

Je me suis levée, les jambes tremblantes. J'avais douze ans, j'étais mal nourrie, vêtue d'un t-shirt taché trois fois trop grand.

J'ai fait un pas en avant. « Papa ? »

Le mot est resté en suspens dans l'air, fragile comme du verre.

Damien Marchand a relevé la tête.

Ses yeux se sont posés sur les miens.

Je m'attendais à des larmes. Je m'attendais à du soulagement. Je m'attendais à un père.

Au lieu de ça, j'ai vu un vide.

Ses yeux étaient de la couleur de l'acier, et tout aussi durs. Il m'a regardée avec la même expression que l'on pourrait avoir en voyant un cafard ramper sur un gâteau de mariage.

Du dégoût. Un dégoût pur et absolu.

Il a serré Éléonore plus fort contre lui, la protégeant de ma vue.

« Dégagez-moi cette saleté de ma vue », a-t-il ordonné.

Sa voix n'était pas forte, mais elle portait le poids d'une condamnation à mort.

Un soldat m'a attrapé le bras. Sa poigne était de fer.

« Attendez », ai-je haleté, le pendentif s'enfonçant dans ma paume. « Je suis votre... »

« Tu n'es rien », m'a coupé Damien. Il m'a regardée de haut, avec un rictus méprisant. « Tu lui ressembles trait pour trait. »

Il parlait de Bruno.

Il pensait que j'étais le fruit du viol de sa femme. Il pensait que j'étais la souillure dans sa lignée si pure.

Je voulais hurler que j'avais ses yeux. Je voulais hurler que mon sang était rare, tout comme le sien.

Mais le soldat m'a traînée vers les escaliers.

J'ai jeté un dernier regard en arrière.

Éléonore chuchotait à l'oreille de Damien, le dos tourné vers moi. Elle avait choisi son sauveur. Elle avait choisi sa survie.

Je n'étais que le dommage collatéral de son traumatisme.

Ils m'ont poussée à l'arrière d'un SUV blindé noir. Les sièges en cuir étaient frais et sentaient l'eau de Cologne chère.

Damien et Éléonore sont montés dans le véhicule de tête. J'étais assise seule, flanquée de deux gardes armés qui refusaient de me regarder.

Mon estomac s'est noué. Le mouvement de la voiture, combiné au choc et à des années de malnutrition, était trop violent.

La bile est montée dans ma gorge.

J'ai plaqué une main sur ma bouche, mais c'était inutile. J'ai vomi sur le tapis de sol immaculé.

Le SUV s'est arrêté brusquement.

La portière s'est ouverte à la volée.

Damien était là. Il était revenu de la voiture de tête. Il a regardé le désordre, puis moi.

« D'abord tu souilles ma femme par ton existence », a-t-il dit, sa voix basse et dangereuse. « Maintenant tu salis ma voiture. »

Il ne m'a pas frappée. Il n'en a pas eu besoin. La haine dans ses yeux était un coup physique.

« Nettoyez ça », a-t-il ordonné au garde, sans me quitter des yeux. « Et mettez-lui un sac sur la tête si elle doit encore être malade. Je ne veux pas que sa puanteur nous suive jusqu'à la maison. »

Il a claqué la portière.

Nous sommes arrivés au Domaine Marchand une heure plus tard.

Ce n'était pas une maison. C'était une forteresse.

Des grilles en fer se sont ouvertes pour révéler un manoir tentaculaire qui semblait avoir été taillé dans l'argent et le sang. Le convoi s'est arrêté dans l'allée circulaire.

La presse était déjà là, tenue à distance par un périmètre de gardes.

Damien est sorti, aidant Éléonore. Elle avait l'air fragile, belle, tragique. La victime parfaite.

Il était le protecteur stoïque.

Les appareils photo crépitaient.

On m'a sortie de la deuxième voiture, dirigée vers une entrée de service à l'écart des lumières. Mais je l'ai vue.

Debout sur les grandes marches, vêtue d'une robe blanche immaculée, se tenait une fille de mon âge.

Chloé.

Je savais qui elle était. La belle-fille. La remplaçante.

Elle avait des boucles blondes et des joues roses de santé. Elle tenait une laisse attachée à un énorme Doberman.

Elle m'a regardée être traînée vers l'entrée des domestiques.

Elle n'avait pas l'air confuse. Elle avait l'air territoriale.

Elle a souri.

Ce n'était pas un sourire amical. C'était le sourire d'un prédateur qui réalisait que le nouvel arrivant était une proie blessée.

Une femme plus âgée se tenait près de la porte. Diane Marchand. La Matriarche. Elle portait des diamants qui valaient plus que ma vie.

Elle m'a regardée, puis le chef de la sécurité.

« La fille n'entre pas dans la maison principale », a-t-elle dit. Sa voix était sèche, comme des feuilles mortes grattant le pavé.

« Où la mettons-nous, Madame ? »

Diane s'est détournée, vérifiant sa manucure.

« Les quartiers des domestiques, au sous-sol. Frottez-la bien. Brûlez ces haillons. »

Elle a fait une pause, regardant l'entrée principale où Damien embrassait le front d'Éléonore pour les caméras.

« Nous avons une réputation à maintenir », a dit Diane. « Nous ne pouvons pas laisser le monde voir la souillure. »

La lourde porte en chêne s'est refermée sur mon visage.

J'étais à la maison.

Et je n'avais jamais été aussi seule.

Chapitre 2

Point de vue d'Élise Marchand

L'eau était brûlante, un choc pour mon corps gelé.

Je me tenais nue sur le sol carrelé de la buanderie industrielle, frissonnant violemment malgré la vapeur qui montait autour de moi.

Deux femmes de chambre en uniformes gris amidonnés me frottaient la peau avec des brosses à poils durs, me traitant moins comme une enfant que comme une tache sur le sol.

Elles ne me parlaient pas. Elles parlaient de moi, par-dessus ma tête.

« Elle sent la charogne », marmonna l'une d'elles en versant une solution qui sentait l'eau de Javel industrielle sur mes cheveux.

« Le patron a dit de faire partir la puanteur », répondit l'autre en me frottant le bras jusqu'à ce que la peau devienne rouge et à vif. « Il ne veut pas que Madame soit contrariée. »

Je me suis mordu la lèvre jusqu'à sentir le goût du cuivre, désespérée de ne pas crier.

J'étais un objet à désinfecter. Une erreur à effacer.

Elles m'ont donné un uniforme trop grand – une robe grise qui pendait sur ma silhouette squelettique comme un linceul.

« Reste ici », ordonna la première femme de chambre, sa voix dénuée de sympathie. « Ne t'éloigne pas. Monsieur Albert s'occupera de toi. »

Elles m'ont laissée dans la pièce humide, le silence résonnant à mes oreilles.

Mon estomac s'est contracté, un nœud serré et tordant. Je n'avais pas mangé depuis deux jours. La peur de la punition était lourde, mais l'exigence primaire de la faim était plus forte.

Je me suis glissée vers la porte, l'ouvrant d'une fente.

Elle menait à un couloir relié au garage.

J'ai entendu un grognement bas et vibrant.

Je me suis figée.

Chloé était là.

Elle était assise sur le capot d'une Ferrari rouge, ses jambes se balançant avec une arrogance désinvolte.

Le Doberman, Zeus, faisait les cent pas devant elle.

C'était une bête musclée, les oreilles coupées, les yeux fixés sur moi comme un prédateur repérant sa proie.

« Alors c'est toi, le rat », a dit Chloé.

Ce n'était pas une question.

Elle a sauté de la voiture et s'est approchée de moi d'un pas nonchalant.

De près, elle sentait la vanille et le sucre – un contraste écœurant avec l'odeur de Javel qui me brûlait le cuir chevelu.

« Je m'appelle Élise », ai-je murmuré.

« Je sais qui tu es », a-t-elle ricané en se penchant près de moi. « Tu es l'erreur. Papa Damien te déteste. Tu le sais, n'est-ce pas ? »

Ma poitrine s'est serrée. « C'est mon père. »

Chloé a ri. C'était un son aigu et cruel qui a résonné contre les murs de béton.

« Il aurait préféré que tu meures dans cette cave. Maman aussi. Tu lui rappelles le méchant homme. »

Elle a claqué des doigts.

Zeus s'est jeté en avant, aboyant férocement.

J'ai trébuché en arrière, tombant lourdement sur le sol en béton.

Chloé a tiré sur la laisse à la dernière seconde, riant alors que je m'éloignais à quatre pattes.

« Reste dans ton trou, le rat », a-t-elle dit. « Ou la prochaine fois, je le lâche. »

J'ai couru.

Je me suis retrouvée dans la cuisine.

C'était une zone de guerre. Les chefs criaient, les casseroles s'entrechoquaient.

L'odeur d'ail rôti et de romarin m'a frappée comme un coup physique, vertigineuse et écrasante.

Ma bouche s'est remplie d'eau douloureusement.

J'ai vu un plateau de hors-d'œuvre en préparation.

Des brochettes satay avec une sauce aux cacahuètes.

La panique a éclaté dans ma poitrine, éclipsant ma faim.

« Attendez ! » ai-je crié d'une voix rauque en m'avançant.

Le chef cuisinier, un homme corpulent au visage rouge, s'est tourné pour me foudroyer du regard.

« Qui t'a laissée entrer ici ? »

« Les cacahuètes », ai-je dit en montrant frénétiquement la sauce. « Ma mère... Éléonore... elle est allergique. Un choc anaphylactique. »

Je m'en souvenais d'avant l'enlèvement. C'était l'un des rares souvenirs que j'avais, un fragment précieux d'une vie qui m'avait été volée.

Le chef s'est approché de moi d'un pas menaçant.

Il n'a pas écouté. Il a vu une enfant sale et indésirable qui interférait avec son travail.

« Dehors ! » a-t-il rugi.

Il m'a poussée.

J'ai été projetée en arrière, ma hanche heurtant une table de préparation en métal avec un bruit sourd et écœurant.

La douleur a explosé dans ma jambe, m'aveuglant une seconde.

« Monsieur Albert ! » a hurlé le chef. « Sortez-moi cette vermine de ma cuisine ! »

Albert, le majordome, est apparu. Il ressemblait à un croque-mort, décharné et solennel.

« Je t'avais dit de rester dans la buanderie », a-t-il sifflé, me saisissant l'oreille et me traînant vers la sortie.

« Elle est allergique ! » ai-je crié, les larmes coulant sur mon visage. « S'il vous plaît, ne la tuez pas ! »

« Le menu a été approuvé par Madame Marchand elle-même », a dit froidement Albert. « Tu n'es qu'une menteuse et une nuisance. »

Il m'a jetée par la porte de derrière sur le patio de service.

Il pleuvait.

Je me suis blottie sous l'auvent, regardant à travers les baies vitrées de la salle à manger.

Il faisait chaud à l'intérieur. Une lumière dorée baignait la table, projetant un halo de perfection sur tout.

Damien était assis en bout de table.

Éléonore était à sa droite. Chloé était à sa gauche.

Ils ressemblaient à une famille royale, intouchable et complète.

Des serviteurs posaient des assiettes devant eux.

J'ai retenu mon souffle, observant Éléonore.

Elle n'a pas touché au satay. Elle l'a repoussé d'un geste de la main avec un sourire.

Elle n'était pas allergique.

Ou peut-être que ça lui était passé.

Ou peut-être que je m'étais trompée.

Mon souvenir, le seul lien que j'avais avec elle, était un mensonge.

Je les ai regardés manger.

Damien a coupé le steak d'Éléonore pour elle, un geste tendre et intime.

Chloé a ri à quelque chose qu'il a dit.

Il a souri à Chloé. Un sourire sincère et chaleureux.

Le père que je voulais était juste là, donnant son amour à une fille qui ne partageait pas une goutte de son sang.

Ma faim est devenue une agonie aiguë et tordante.

J'ai regardé la grande benne à ordures près du bord du patio.

Je savais que je ne devais pas. J'étais une Marchand.

Mais mon corps se fichait des noms. Il ne se souciait que de la survie.

J'ai rampé vers les poubelles.

J'ai trouvé un petit pain à moitié mangé et un morceau de poulet froid.

J'ai enfourné la nourriture dans ma bouche, sans mâcher, avalant juste par gorgées désespérées.

Mon estomac l'a rejetée immédiatement.

Mon corps, peu habitué à la nourriture, s'est révolté.

Je me suis effondrée sur le pavé mouillé, vomissant à sec jusqu'à ce que des points noirs dansent devant mes yeux.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

La voix était glaciale.

J'ai levé les yeux.

Damien se tenait dans l'embrasure de la porte.

Il tenait un verre de whisky, le liquide ambré captant la lumière.

Il m'a regardée, recroquevillée près d'une poubelle, du vomi sur le menton.

Il n'avait pas l'air inquiet. Il n'y avait aucune pitié dans ses yeux, seulement une fureur froide et bouillonnante.

« Tu manges les poubelles », a-t-il constaté.

« J'avais faim », ai-je murmuré, ma voix tremblante.

« Tu es une Marchand », a-t-il craché. « Ou tu prétends l'être. Les Marchand ne mangent pas dans les poubelles comme des rats. »

Il a tourné brusquement la tête. « Albert ! »

Le majordome est sorti en courant.

« Appelez un médecin », a dit Damien. « Pas parce que ça m'importe qu'elle meure, mais parce que je ne veux pas que le légiste trouve des ordures dans son estomac. Ça ferait mauvais effet dans le rapport. »

Il s'est approché de moi.

Il s'est accroupi, ses chaussures de luxe à quelques centimètres de mon visage.

« Je t'ai entendue dans la cuisine », a-t-il dit doucement, son ton mortel. « Mentir sur les allergies de ma femme pour attirer l'attention. »

« Je pensais... »

« Éléonore n'est pas allergique aux cacahuètes », a-t-il dit. « C'était Bruno. »

Le nom est resté en suspens dans l'air comme de la fumée, m'étouffant.

« Tu te souvenais de l'allergie de ton père », a dit Damien, sa voix dégoulinant de venin. « Tu es bien sa progéniture. »

Il s'est levé et s'est éloigné, me laissant sous la pluie.

Il n'a pas vu mon cœur brisé.

Il n'a vu que l'ennemi.

Chapitre 3

Point de vue d'Élise Marchand

Le lendemain matin, la convocation est arrivée. Damien me voulait dans son bureau.

L'air à l'intérieur était lourd de l'odeur masculine de parchemin vieilli, de cuir riche et de l'odeur âcre et métallique de l'huile pour armes.

Je me tenais devant son immense bureau en acajou, joignant mes mains tremblantes pour cacher leur tremblement.

Il ne m'a pas offert de siège.

Au lieu de cela, il a appuyé sur un bouton d'une télécommande posée sur le sous-main.

Un grand écran fixé au mur s'est allumé.

C'était une retransmission en direct.

La caméra montrait une pièce insonorisée aux murs de béton froids. Au centre se trouvait une lourde chaise en acier.

Bruno y était attaché.

Il était méconnaissable. Son visage était une ruine enflée et violette, et ses doigts étaient tordus à des angles contre nature.

Un homme portant une cagoule s'acharnait sur lui avec une paire de pinces rouillées.

Mon estomac s'est retourné, et j'ai reculé.

« Regarde », a ordonné Damien, sa voix dénuée de chaleur.

« Je ne veux pas », ai-je murmuré, la bile montant dans ma gorge.

« Regarde ! » Il a frappé la paume de sa main contre le bureau, le son claquant comme un coup de feu.

J'ai forcé mes yeux à s'ouvrir, tremblante, en fixant mon regard sur l'écran.

« Voilà ce qui arrive aux gens qui prennent ce qui est à moi », a dit Damien, son ton descendant à un grondement bas et dangereux. « Il a touché ma femme. Il a volé huit ans de ma vie. Il paie chaque seconde volée en sang. »

Il a fait une pause, ses yeux sombres me transperçant.

« Tu es le reçu de ce vol. »

D'un clic, l'écran est devenu noir.

« Je ne peux pas te tuer », a-t-il dit, avec un air sincèrement regrettable. « La loi sait que tu es ici. La presse sait que tu as été 'sauvée'. Mais ne t'y trompe pas, Élise. Tu es un fantôme. »

Il s'est penché en avant, le cuir de son fauteuil grinçant.

« Si tu hantes ma femme, si ton visage déclenche ne serait-ce qu'un instant de son traumatisme, je t'exorciserai. Tu comprends ? »

« Oui », ai-je réussi à dire. Ma voix semblait creuse, comme si elle appartenait à quelqu'un d'autre.

« Sors. »

J'ai été reléguée au sous-sol de façon permanente.

Il était meublé, mais à peine – un lit de camp, des toilettes, un petit lavabo. En vérité, ce n'était guère mieux que la prison où Bruno pourrissait actuellement.

Les semaines se sont écoulées dans une brume grise et silencieuse.

J'évitais tout le monde, me déplaçant dans l'ombre, essayant d'être le fantôme qu'il voulait.

Mais Chloé ne me laissait pas disparaître.

Elle m'a trouvée en train de dépoussiérer le couloir un après-midi, une corvée que Diane m'avait spécifiquement assignée pour m'occuper.

« Oups », a dit Chloé, sa voix dégoulinant d'une fausse innocence.

Elle a poussé un vase en cristal de la table d'appoint.

Il a heurté le sol et s'est brisé en un million de diamants scintillants.

« Maman ! » a hurlé Chloé, sa voix perçant le silence de la maison. « Élise a cassé le vase ! Celui que grand-mère t'a donné ! »

Éléonore est sortie en courant de sa chambre, les yeux écarquillés.

Elle a regardé les éclats dispersés sur le tapis. Puis, lentement, elle m'a regardée.

« Je n'ai pas... » ai-je commencé, les mains levées en signe de reddition.

Éléonore s'est couvert les oreilles, son visage se crispant. « Arrête ! Arrête de mentir ! »

Elle m'a regardée avec une terreur absolue. Mais elle ne voyait pas une fille de douze ans. Elle voyait la cave. Elle voyait ses ravisseurs.

« Éloignez-la de moi ! » a hurlé Éléonore, reculant comme si j'étais un monstre.

Chloé a souri en coin derrière le dos de sa mère, une lueur cruelle et satisfaite dans les yeux.

« Je m'en occupe, maman », a dit Chloé doucement.

Elle m'a attrapé le bras, ses ongles s'enfonçant, et m'a traînée vers la porte de derrière.

« Tu dois être punie », a chuchoté Chloé près de mon oreille.

Elle m'a poussée sur la pelouse, la lumière vive du soleil m'aveuglant un instant.

« Zeus ! » a-t-elle appelé. « Attaque ! »

L'ordre était sec, exercé.

Le Doberman se reposait à l'ombre du patio. Il s'est redressé instantanément.

Il m'a vue courir.

L'instinct a pris le dessus.

C'était une arme biologique, et j'étais la cible.

Je n'ai pas atteint la sécurité de l'arbre.

Zeus m'a percutée par derrière comme un train de marchandises.

Cinquante kilos de muscles m'ont projetée sur l'herbe manucurée, me coupant le souffle.

Des mâchoires se sont refermées sur mon mollet.

J'ai hurlé.

La douleur était blanche, fulgurante, consumant mon monde entier.

Les dents ont déchiré le muscle et raclé l'os.

Je me suis débattue, sanglotant, essayant de le repousser à coups de pied, mais il était inamovible.

« Zeus, au pied ! » Une voix profonde a retenti sur la pelouse.

Ce n'était pas Chloé.

Le chien m'a relâchée instantanément, gémissant en baissant la tête en signe de soumission.

Je me suis recroquevillée en boule, serrant ma jambe en sang. L'herbe verte immaculée se tachait rapidement de cramoisi.

J'ai levé les yeux à travers un voile de larmes.

Henri Marchand se tenait sur le patio. Le Patriarche. Le *Capo dei Capi*.

C'était un vieil homme, mais il se tenait droit comme une barre d'acier. Il s'appuyait légèrement sur une canne surmontée d'une tête de lion en argent.

Il a regardé Chloé.

« On n'abat pas les enfants sur la pelouse, Chloé », a-t-il dit. Sa voix était calme, terriblement stable. « Ça abîme le gazon. »

Il n'a pas demandé si j'allais bien.

Il a simplement regardé ma jambe mutilée avec désintérêt.

« Appelez le vétérinaire », a-t-il dit à un garde voisin. « Recousez-la. »

Puis il a levé les yeux vers le balcon.

Éléonore était là. Elle avait tout vu.

Elle a croisé mon regard.

Je saignais. J'étais brisée.

Elle s'est retournée et est rentrée à l'intérieur, fermant les lourds rideaux pour ne plus me voir.

C'est à ce moment-là que la dernière braise d'espoir dans ma poitrine s'est finalement éteinte.

Le vétérinaire m'a recousue sans anesthésie. Il avait l'habitude de soigner des chevaux, pas des petites filles.

Je n'ai pas pleuré. Je n'avais plus de larmes à verser.

Plus tard dans la nuit, la maison a éclaté dans le chaos.

Les téléphones sonnaient sans cesse. Les gardes se criaient des ordres.

J'ai boité jusqu'en haut des escaliers, m'agrippant à la rampe.

Albert passait en courant, son calme habituel disparu.

« Que s'est-il passé ? » ai-je demandé.

Il s'est arrêté, le visage pâle et en sueur.

« C'est Monsieur Damien », a-t-il haleté. « Il y a eu un règlement de comptes. Sa voiture... il est dans un état critique. »

Damien se mourait.

Et pour la première fois depuis mon arrivée, l'immense maison semblait vraiment, terriblement vide.

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