Chapitre 1
Livia se tenait là, au milieu de la salle, les yeux braqués sur celui qu'elle avait aimé plus que tout. La meute était silencieuse, des centaines de regards posés sur elle, attendant sa chute. Il n'y avait plus de retour en arrière.
« Tu as trahi la meute, Livia, » déclara Marcus d'une voix glacée. Il était l'Alpha, l'homme qu'elle avait cru être son partenaire, celui qu'elle avait suivi aveuglément. « Tu es une menace pour nous tous. »
Les mots lui frappèrent le cœur comme des griffes acérées, la laissant sans souffle. Trébuchant légèrement, Livia tenta de maintenir sa position, mais l'humiliation lui brûlait la peau. Ses jambes tremblaient sous la pression. Comment était-ce possible ? Elle n'avait rien fait. Rien ! Mais il ne voulait pas entendre sa version. Il avait choisi de croire aux accusations, aux mensonges.
« Je n'ai rien fait ! » cria-t-elle, sa voix brisée par l'émotion. Ses mains tremblaient alors qu'elle cherchait à retenir les larmes qui menaçaient de tout emporter.
« Silence ! » ordonna Marcus, le regard froid comme la glace. « Je t'accuse d'avoir comploté contre moi, contre la meute. Tu n'as plus de place ici. »
Un murmure parcourut la salle. Les membres de la meute se détournèrent, certains détournant les yeux avec dégoût. Livia sentait chaque regard comme un poignard. Elle avait toujours été loyale, elle avait toujours tout donné pour cette meute, pour lui. Mais cela n'avait plus d'importance. Le poids de la trahison était trop lourd, trop évident à leurs yeux. Et elle n'était que la coupable idéale.
Marcus s'avança d'un pas, imposant, sa stature dominant la pièce. Il saisit un couteau dans sa main, le tenant fermement. « Tu ne mérites pas de vivre parmi nous, » dit-il, son ton dénué de toute compassion. « Tu es une paria. »
Livia ne pouvait pas détourner son regard de lui, même si chaque mot était une claque dans son âme. Elle savait qu'il ne reviendrait pas en arrière. Ses doigts se crispèrent, mais elle garda sa dignité. Elle ne se laisserait pas abattre. Elle avait encore des forces en elle, même si elles se faisaient rares. Mais le couteau dans sa main et l'agression des membres de la meute étaient bien plus forts qu'elle ne pouvait l'imaginer.
Un hurlement retentit, perçant la tension. « Livia ! » C'était sa meilleure amie, Elara, qui se précipita vers elle, les yeux pleins de larmes. « Livia, non ! Tu n'as pas fait ça ! »
Mais les cris d'Elara ne pouvaient plus atteindre Marcus, ni les autres. Ils avaient déjà décidé. Une fois le verdict prononcé, il n'y avait plus de place pour la compassion.
« Tu as trahi la meute et tu en subiras les conséquences, » murmura Marcus, tout en marquant son cou de l'acier froid de son couteau. Le signe de l'exil. Le rejet. L'inscription qui marquait qu'elle était désormais bannie de son territoire, de sa famille.
« Tu... tu n'as pas à faire ça, » murmura Livia, le souffle coupé. Elle avait perdu sa place parmi les siens, mais elle ne voulait pas de cette marque. Pas cette humiliation.
L'invocation de son ancien amour, de la personne qu'elle croyait connaître, n'eut aucun effet. Ses mots glissèrent sur lui comme de l'eau sur du métal. Il se détourna d'elle, comme si elle n'avait jamais existé. Livia sentit son corps s'effondrer sous la pression. Un cri étranglé se coucha dans sa gorge alors que le couteau glissait sur sa peau, marquant son dos d'une lignée d'acier.
Le sang coula le long de sa peau, brûlant, mais ce n'était pas la douleur physique qui la paralysait. C'était l'abandon, l'injustice, la trahison d'une vie entière. Elle n'était plus qu'un spectre parmi les vivants, rejetée de son propre peuple, la seule famille qu'elle ait jamais connue.
Quand le dernier coup de couteau fut donné, elle tomba à genoux, le cœur brisé. Il n'y avait plus de place pour elle ici. Elle s'effondra, le visage baigné de larmes, mais pas un seul geste de compassion n'émouvoit la salle. Les regards des membres de la meute s'étaient détournés, indifférents à son sort.
« Pars, » dit Marcus, sans un regard en arrière. « Tu n'as plus rien ici. »
Les mots flottèrent dans l'air, aussi froids que la neige d'un hiver éternel. Livia se releva lentement, sentant la brûlure de sa marque, le poids de la trahison encore plus lourd que la douleur dans son dos. Elle savait qu'elle n'aurait aucune aide ici. Ils l'avaient rejetée, et elle n'avait plus d'autre choix que de fuir.
« Je reviendrai, » souffla-t-elle, plus pour elle-même que pour eux. Puis, sans se retourner, elle s'éloigna de la salle, de la meute, de tout ce qu'elle avait connu.
Le monde au-delà des frontières de la meute était un endroit inconnu et hostile. Mais elle n'avait pas le choix. Elle ne pouvait pas rester ici, pas après ce qui venait de se passer. Livia se dirigea vers l'extérieur, traversant la forêt dense, les yeux embués, mais résolus. Elle ne pourrait pas compter sur la pitié. Elle devrait se relever seule.
Les jours qui suivirent furent un tourbillon de douleur et de survie. Livia se cacha, errant comme un animal traqué. Elle savait que la meute la poursuivrait, que Marcus ne la laisserait jamais partir ainsi. Il avait trop à perdre. Mais Livia savait aussi que si elle survivait, elle pourrait revenir pour se venger, pour réclamer ce qui lui appartenait.
Elle avait été la compagne de l'Alpha, mais elle n'était plus rien maintenant. Elle devait redevenir elle-même. Ce n'était pas seulement une question de vengeance, mais de dignité. Elle se jura que sa chute ne serait pas la fin, mais un nouveau commencement.
Elle s'endormit sous un vieux chêne, le vent mordant sa peau, son cœur battant encore de rage et de désespoir. Mais elle n'était pas prête à céder. Pas maintenant. Pas avant d'avoir eu sa revanche.
Un soir, alors qu'elle se croyait en sécurité dans un recoin isolé, un bruit de pas la fit sursauter. Elle se redressa instinctivement, ses sens en alerte. Tout son corps se tendit, prête à fuir ou à se battre, peu importe. Mais ce n'était pas un membre de sa meute qui s'avançait.
Un homme, grand, silencieux, à la silhouette imposante, se tenait devant elle. Son regard était perçant, presque prédateur. Livia se redressa, prête à attaquer si nécessaire, mais l'homme ne fit aucun mouvement menaçant. Il observa simplement, comme s'il attendait qu'elle réagisse.
« Tu fuis, mais tu ne sais pas où aller, » dit-il d'une voix grave, cassée. « Tu es seule maintenant. »
Il savait. Il savait exactement ce qu'elle ressentait. Mais qui était-il ? Pourquoi semblait-il si... connu ? Et pourquoi ne l'avait-elle pas vu venir ?
Avant qu'elle ne puisse réagir, l'homme s'approcha, sa présence imposante envahissant son espace. Ses yeux étaient sombres, mais il y avait quelque chose d'intrigant, de mystérieux dans sa posture. Il n'avait rien à voir avec sa meute. Il n'était pas un simple humain. Non. Il était autre chose. Et Livia savait, au fond d'elle, que sa rencontre avec cet homme allait changer le cours de sa vie.
Chapitre 2
Livia ne savait plus combien de jours s'étaient écoulés. La douleur de la marque dans son dos, le souvenir de Marcus qui la rejetait, était encore brûlant dans son esprit, comme une cicatrice ouverte. Elle était seule, vraiment seule, dans ce monde qui lui avait tout pris. Chaque branche cassée sous ses pieds, chaque souffle haletant dans l'air frais, lui rappelaient que, si elle s'arrêtait ne serait-ce qu'un instant, elle serait perdue. Les chasseurs de primes étaient à ses trousses, sans pitié. Mais ce n'était pas eux qui lui donnaient le plus de peur. C'était la solitude. La faim. L'angoisse.
Elle s'était égarée trop loin, trop profondément dans la forêt, un terrain qu'elle connaissait à peine. Elle s'était perdue dans sa propre fuite. Les échos de la meute, de ses cris, de ses menaces, résonnaient encore dans sa tête, mais elles ne comptaient plus. Ce qui comptait, c'était qu'elle survive. Qu'elle trouve une issue.
Elle avait entendu des rumeurs. Des murmures d'une ancienne amie, Elara, qui était restée fidèle à la meute mais qui n'avait jamais cru aux accusations de trahison. Peut-être qu'elle pourrait l'aider. Peut-être qu'elle pourrait la cacher, la protéger. Livia se rappela les moments passés ensemble, ces conversations où Elara lui avait promis que, quoi qu'il arrive, elle serait là pour elle. Une amitié solide, sincère, comme un phare dans une mer agitée. Elle s'accrocha à ce souvenir comme à une bouée de sauvetage, déterminée à le retrouver.
Mais quand elle arriva enfin là où Elara devait se trouver, l'espoir se transforma rapidement en amertume. Livia s'approcha de la petite cabane, son cœur battant fort contre sa poitrine, mais dès qu'elle entra, un frisson glacial la parcourut. La pièce était vide. Vide de vie, de chaleur. Seules quelques traces de pas dans la poussière du sol trahissaient qu'il y avait bien eu quelqu'un ici. Son nom, ce mot qui portait tant d'espoir, laissa place à un vide douloureux. Elle se força à avancer, à chercher des signes de sa présence, mais tout était figé, abandonné.
Livia s'assit sur le sol poussiéreux, la tête entre les mains. La trahison de la meute l'avait frappée, mais celle-ci la laissait sans repère, brisée à l'intérieur. Un silence oppressant s'était installé autour d'elle. Elle aurait pu pleurer, crier, tout ce qu'elle voulait. Mais elle savait qu'il n'y avait plus de place pour la faiblesse, pas dans ce monde-là.
La colère bouillonnait en elle, mais la douleur la poussait à avancer. Pourtant, la peur la rongeait de l'intérieur. Que faire ? Où aller ? Son esprit bouillonnait de solutions possibles, mais aucune ne semblait viable. Ses muscles étaient tendus, épuisés, son corps se débattait avec la réalité du danger. Elle savait qu'elle ne pourrait pas s'échapper éternellement.
Elle ferma les yeux un instant, puis se redressa. Il fallait avancer. Elle n'avait pas le luxe de se laisser abattre par la déception. Pas maintenant. Elle se leva, essuya la poussière de ses vêtements et se dirigea vers la porte.
Quand elle sortit, un cri perça l'air, étouffé, puis le bruit sec d'un projectile. Elle n'eut pas le temps de réagir. Livia sentit une douleur fulgurante à son flanc, un coup d'arbalète. Elle se haussait pour courir, mais la douleur la paralysa. Elle tomba à genoux, le sang se répandant autour d'elle, éclaboussant le sol. Elle tenta de se relever, mais une autre douleur s'ajouta, plus vive. Ses mains tremblaient de fatigue et de douleur, la vision devenant floue, jusqu'à ce qu'un autre bruit se fasse entendre.
Elle tourna la tête, mais ce fut trop tard. Les chasseurs étaient là, l'encadrant de leurs regards froids, leurs armes prêtes. Elle avait trop faibli. Trop tard pour fuir.
« Tu es encore en vie ? » L'un des hommes ricana, son ton dénué de compassion. « Tu n'auras pas cette chance longtemps. »
Livia tenta de se relever, mais elle se retrouva à nouveau à terre. Le sang s'écoulait trop vite, elle avait déjà perdu trop de force. Ses jambes étaient comme du coton, incapables de la soutenir. Son esprit se brouillait, mais elle savait qu'elle devait se battre.
Un éclat métallique brilla dans la lumière déclinante, et une main se tendit vers elle, la saisissant par les cheveux. « Tu croyais vraiment qu'on te laisserait partir ainsi, petite louve ? »
Elle serra les dents, prêt à mordre, à se défendre, mais une douleur terrible la traversa lorsqu'une autre flèche se ficha dans son épaule. Son cri fut étouffé par l'impact, et ses forces la quittèrent petit à petit. Le monde se vida autour d'elle.
Elle savait que ce n'était qu'une question de temps. Peut-être que ce serait son dernier souffle.
Mais juste avant que l'obscurité ne l'engloutisse complètement, un cri perça l'air, un cri puissant et rageur. La silhouette d'un homme émergea dans l'ombre, et les chasseurs reculèrent brusquement. Il y eut un instant de silence total. Puis, dans une vitesse effrayante, la silhouette se rapprocha, saisissant les chasseurs un à un, les plaquant au sol avec une force inouïe. Un seul regard suffit à savoir que cet homme n'était pas là pour jouer. C'était un prédateur. Et il avait un but bien précis.
Livia, inconsciente, sentit une chaleur intense l'envahir alors qu'elle se retrouvait prise dans les bras de cet inconnu. Mais elle n'avait pas la force de comprendre ce qui se passait. Son corps était trop fatigué, trop endommagé pour lutter. Elle sombra dans un sommeil profond, comme une mer calme, alors que la bataille continuait autour d'elle.
Quand elle ouvrit les yeux, la douleur avait disparu. Ses blessures avaient été nettoyées, bandées. Elle était allongée sur quelque chose de dur, mais confortable, enveloppée dans une couverture chaude. Le feu crépitait à proximité.
« Tu es réveillée, » dit une voix grave, familière d'une manière étrange. Livia tourna lentement la tête et croisa le regard d'un homme aux yeux sombres, froids comme de l'acier. Il la regardait sans émotion, comme s'il l'évaluait. « Tu es chanceuse. Pas beaucoup de gens peuvent survivre à ça. »
Elle se redressa légèrement, un frisson courant sur sa peau. « Qui... qui êtes-vous ? » demanda-t-elle d'une voix brisée.
L'homme ne répondit pas immédiatement. Il se leva, son regard toujours fixé sur elle, et s'éloigna pour récupérer quelque chose sur une table. Puis il se tourna enfin vers elle. « On m'appelle Caïn. Et toi, tu sembles être une survivante. Mais tu n'as plus d'endroit où aller, n'est-ce pas ? »
Livia le fixa, le silence entre eux lourd de non-dits. Elle ne savait pas si elle pouvait lui faire confiance. Mais elle savait une chose : il n'était pas comme les autres. Et, au fond, elle n'avait plus vraiment le choix.
Chapitre 3
Caïn n'était pas du genre à se laisser émouvoir par la souffrance des autres. Son monde était fait de calculs, de stratégies froides, et de conquêtes. Rien n'avait jamais existé dans ses pensées en dehors du pouvoir. Les gens étaient des pions, et il savait comment les manipuler. Mais ce qu'il trouva ce jour-là, étendue dans l'ombre, était différent.
Livia était dans un état misérable, son corps pâle et marqué par les coups et les blessures. Son souffle était faible, mais elle était vivante. Pas pour longtemps si on la laissait là, cependant. Un frisson, presque imperceptible, parcourut l'échine de Caïn. Il n'aimait pas voir la vulnérabilité des autres, encore moins celle d'une louve de la meute ennemie.
Il se pencha sur elle, observant ses traits tirés, son corps fragile, marqué par les souffrances qu'elle avait endurées. Ses yeux, clos sous l'effet de la douleur, restaient fermés. La rage qui brûlait dans son regard, même quand elle était inconsciente, ne le laissa pas indifférent. Mais cela n'avait rien à voir avec de la pitié. Ce n'était pas de la compassion qui se réveillait en lui.
« Tu es chanceuse que ce soit moi qui te trouve », murmura-t-il, plus pour lui-même que pour elle. Une louve faible, perdue, chassée de chez elle par son propre Alpha. Il aurait pu la laisser là, expirer son dernier souffle sous les yeux des chasseurs. Mais quelque chose, un sentiment vague, l'arrêta.
Il savait que c'était une occasion. Une occasion de nuire à son ennemi, Marcus, de lui voler ce qu'il avait. Livia, brisée, était plus qu'une simple victime ; elle était une arme, une chance d'affaiblir un Alpha rival. Et si elle survit ? Il n'avait rien à perdre.
Il se redressa brusquement et ordonna à ses hommes de la charger. Ils étaient déjà là, silencieux, observant. Sans un mot, ils s'exécutèrent, la portant à l'intérieur de la maison, là où Caïn pourrait la soigner, ou du moins, l'empêcher de mourir tout de suite.
Elle était inconsciente, tout juste assez vivante pour ne pas être un fardeau immédiat. Ses mains étaient couvertes de sang. Elle tremblait. Caïn la fixa un instant, une étincelle de réflexion dans son regard. S'il la laissait mourir, il n'y aurait plus de preuve pour torturer Marcus. Mais s'il la gardait en vie...
Il la prit entre ses bras sans douceur, la soulevant comme un paquet de chair, un fardeau qu'il ne désirait pas. « Tu es une chance, Livia », murmura-t-il, la voix froide. « Pas pour toi, mais pour moi. »
Il la déposa sur le lit. Ses hommes se tenaient à distance, attendant les ordres. Caïn leur fit signe de sortir. Il ne voulait pas d'interférences. Il n'avait jamais eu de patience pour ceux qui se mêlaient de ses affaires. Livia était sa décision, et lui seul en porterait le fardeau.
Un regard suffisant pour voir les blessures ouvertes sur son corps. Un coup de couteau, une flèche, des contusions. Une souffrance silencieuse. Un soupir s'échappa de ses lèvres, bien plus humain qu'il n'aurait voulu l'admettre. Mais Caïn n'était pas homme à s'attarder sur la douleur d'un autre. Si elle mourrait, c'était sa propre perte. Il n'était pas responsable de ses décisions, ni de ses souffrances. Pas encore.
Il fit le nécessaire pour désinfecter ses plaies. Mais l'idée qu'elle puisse lui être utile, en tant que pion dans ce jeu dangereux avec Marcus, faisait briller une lueur d'intérêt dans ses yeux. Elle pourrait le servir. Peut-être même mieux que n'importe quelle autre victime. Mais il y avait une condition à cela.
Quand elle se réveilla, la douleur l'envahit immédiatement. Ses yeux s'ouvrirent lentement, mais ils se fermèrent aussi vite, incapable de supporter la lumière. Le seul bruit était le battement de son cœur, la lourdeur de sa respiration.
Il attendait, là, près du lit, sans faire un bruit. Ses yeux noirs la scrutèrent. Il ne savait pas pourquoi il avait choisi de la sauver. Peut-être qu'il voulait l'utiliser. Peut-être que la regarder souffrir lui apporterait une satisfaction qu'il ne pouvait pas expliquer. Mais il se surprit à se demander s'il pouvait la forcer à répondre à sa question.
Elle roula légèrement sur le côté, haletante. « Où suis-je ? » Sa voix était cassée, fragile.
Il ne répondit pas tout de suite, laissant un long silence planer. Elle n'avait plus de forces. Elle savait déjà qu'elle ne pouvait pas fuir.
« Tu es sur mes terres », répondit-il enfin, son ton impassible. « Et si tu veux vivre, tu feras ce que je te dirai. »
Elle leva les yeux vers lui, la défiance allumée dans son regard, même si ses forces étaient encore limitées. « Tu n'as pas le droit de me faire ça », murmura-t-elle, une étincelle de résistance dans sa voix.
Caïn la fixa sans cligner des yeux. « Je peux t'ôter la vie à tout moment, Livia. Mais je ne vais pas te tuer. Pas encore. Tu as une chance, une seule. Tu veux la saisir ? »
Elle essaya de se redresser, mais la douleur la cloua sur place. Elle se remit en position, la tête baissée, frustrée. « Et quel genre de chance est-ce ? Que veux-tu de moi ? »
Il se leva d'un geste, et s'approcha lentement d'elle. « Je veux que tu me serves. Tu vas m'aider à détruire Marcus. Et si tu fais ça, si tu me rends service, tu pourras continuer à respirer. Mais tu n'as pas d'autre choix. »
Elle le fixa avec intensité, ses yeux s'élargissant à peine. « Je te déteste », murmura-t-elle. « Je ne t'aiderai jamais. »
Un sourire glacial se dessina sur les lèvres de Caïn. « C'est exactement ce que je veux. La haine, l'amertume. Ils te rendront plus forte. Et tu m'obéiras. À ta manière, ou à la mienne. »
Il se détourna d'elle, se dirigeant vers la porte. « Rien n'est jamais facile dans ce monde. Mais tu survivras si tu choisis de rester avec moi. »
Le silence s'installa dans la pièce, lourd, oppressant. Livia le fixa, un mélange de haine et de dégoût dans ses yeux. Mais au fond, elle savait que Caïn avait raison. Elle n'avait plus rien à perdre.
Elle allait devoir se battre, se soumettre à lui pour pouvoir récupérer ce qui avait été volé. Pour reconquérir sa dignité, pour venger sa meute, et pour se venger du traître qui l'avait abandonnée. Mais à quel prix ?
Cela, elle le découvrirait bientôt.