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Trahi par mon compagnon

Trahi par mon compagnon

Auteur:: Smile
Genre: Loup-garou
Eliott Durand, un tueur à gages implacable et hanté par la disparition de son frère, a passé des années à éliminer méthodiquement les pièces maîtresses du réseau criminel Delacourt. Mais lorsque son chemin croise celui de Lucie Morel, une jeune femme au passé mystérieux, sa mission prend une tournure inattendue. Sauvée in extremis d'un sort tragique, Lucie devient à la fois un fardeau et une clé pour détruire l'empire Delacourt. Tandis qu'Eliott plonge plus profondément dans un monde de complots, de trahisons et de violence, Lucie, elle, lutte pour garder ses secrets enfouis. Mais plus ils se rapprochent, plus leurs ennemis découvrent leurs failles. Le danger n'est pas seulement autour d'eux, il se trouve aussi dans les sentiments qu'ils commencent à éprouver l'un pour l'autre. Dans un Paris sombre et impitoyable, Eliott devra choisir entre la vengeance qu'il poursuit depuis dix ans et l'amour qu'il n'attendait plus. Mais à quel prix ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Le claquement des talons sur les pavés mouillés résonnait dans une ruelle sombre de Paris. La pluie, fine et glaciale, s'écoulait le long des gouttières, mêlée à la lumière tremblante des réverbères. Caché dans l'ombre d'une arcade, Eliott observait, immobile. Son souffle était calme, presque imperceptible, alors que ses doigts gantés caressaient la crosse froide de son arme.

Le temps semblait suspendu, comme toujours dans ces moments-là. Tout était calculé : le temps qu'il lui faudrait pour atteindre sa cible, la probabilité qu'un passant imprévu interfère, et les issues possibles si les choses tournaient mal. Mais les choses ne tournaient jamais mal. Eliott n'était pas simplement bon dans ce qu'il faisait, il était le meilleur .

L'homme qu'il surveillait, un certain Éric Beaumond, ne semblait pas se douter que ses minutes étaient comptées. Son imperméable beige flottait légèrement derrière lui alors qu'il pressait le pas, une serviette en cuir serrée sous son bras. C'était un avocat, impliqué dans des affaires que certains qualifiaient de "louches", mais Eliott n'avait jamais pris le temps de connaître les détails. Ce n'était pas son rôle de juger. On lui donnait un nom, une description, et il exécutait. Littéralement.

Quand Éric tourna dans une impasse, Eliott bougea. Pas un bruit. Ses pas étaient ceux d'un fantôme, parfaitement maîtrisés. Le claquement métallique discret du silencieux qu'il fixait sur son arme brisa à peine le silence.

– Vous auriez dû être plus prudent, souffla Eliott dans un murmure à peine audible.

Éric se retourna brusquement, ses yeux s'écarquillant de terreur en croisant ceux d'Eliott. Il ouvrit la bouche, peut-être pour crier ou supplier, mais un seul "pffft" étouffé retentit, et il s'effondra. Le coup avait été parfait, comme toujours. Pas de souffrance, pas de complications.

Eliott rangea son arme, jeta un regard rapide aux alentours pour s'assurer que personne n'avait été témoin, puis disparut aussi silencieusement qu'il était venu.

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Son appartement était tout aussi froid que lui. Des murs gris, des meubles fonctionnels, rien qui ne trahissait une personnalité ou une vie réelle. Une simple étagère contenait quelques livres poussiéreux, et une cafetière usée trônait sur le comptoir. Eliott posa sa veste sur une chaise, retira ses gants, et se dirigea vers le petit coffre-fort dissimulé dans le mur. À l'intérieur, des liasses de billets, des passeports sous différents noms, et une photo jaunie.

Il prit la photo et la regarda un long moment. Deux jeunes garçons, souriants, l'un un peu plus âgé que l'autre. C'était lui, à dix ans, et son frère Vincent. La douleur lui serra la poitrine, comme à chaque fois qu'il voyait ce visage qu'il n'avait pas oublié, même après toutes ces années. Vincent avait disparu depuis dix ans, et Eliott savait que les Delacourt étaient responsables. Ce réseau criminel qui avait pris son frère était devenu son obsession, la raison pour laquelle il s'était transformé en machine à tuer.

Un bip discret interrompit ses pensées. Il posa la photo avec soin et attrapa son téléphone. Un message.

Clara : Mission terminée ? Viens, j'ai quelque chose pour toi.

Clara Joubert. Informaticienne brillante, sarcastique, et l'une des rares personnes en qui Eliott avait un minimum de confiance. Elle travaillait pour lui, fournissant des informations précieuses sur ses cibles et le monde des Delacourt.

Il soupira et enfila sa veste. Clara ne l'appelait jamais sans raison.

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L'appartement de Clara était un contraste total avec celui d'Eliott. Des plantes partout, des lumières tamisées, un ordinateur qui semblait tout droit sorti d'un film de science-fiction. Clara était assise devant ses multiples écrans, ses cheveux courts en désordre, une tasse de café à la main.

– Alors, beau gosse, bien passé la mission ? demanda-t-elle sans se retourner.

– Comme prévu. Qu'est-ce que t'as pour moi ?

Clara fit pivoter sa chaise, un sourire malicieux sur le visage.

– Direct au but, hein ? Très bien. J'ai trouvé quelque chose qui pourrait t'intéresser.

Elle tapa quelques commandes sur son clavier, et une image apparut sur l'écran principal. Une maison délabrée en banlieue, entourée de broussailles.

– C'est quoi ? demanda Eliott en fronçant les sourcils.

– Un point de stockage utilisé par les Delacourt. J'ai intercepté une conversation... Ils disent qu'il y a un "colis précieux" là-bas. Ça pourrait être des infos sur leur réseau.

Eliott fixa l'écran, ses mâchoires serrées. Les Delacourt. Rien que ce nom suffisait à réveiller sa haine.

– Pourquoi tu penses que c'est important ?

Clara haussa les épaules.

– Ils ont renforcé la sécurité autour du lieu récemment. Et puis... j'ai un pressentiment.

Eliott détestait se fier à des pressentiments, mais il savait que Clara n'était pas du genre à se lancer dans des hypothèses sans fondement.

– D'accord, dit-il enfin. Je vais y aller.

Clara sourit, mais son regard se fit plus sérieux.

– Fais attention, Eliott. Ça pourrait être un piège.

– Ça l'est sûrement, répondit-il avec un demi-sourire froid. Mais ça n'a jamais arrêté personne, si ?

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De retour dans son appartement, Eliott se préparait pour la mission. Il nettoya ses armes, vérifia son équipement, et planifia minutieusement son approche. Mais une ombre de doute le hantait. Ce "colis précieux"... Pourquoi cette mention résonnait-elle différemment cette fois-ci ?

Il observa une dernière fois la photo de Vincent avant de la ranger dans sa poche.

"Je me rapproche, Vincent," murmura-t-il dans le silence glacial de la pièce.

Quand il ferma la porte derrière lui, il ne savait pas encore que cette mission allait changer le cours de sa vie.

Chapitre 2 Chapitre 2

La nuit était aussi froide que sombre, une brume fine recouvrant les rues désertes de la banlieue parisienne. Les lampadaires clignotaient sporadiquement, projetant des ombres vacillantes sur le sol fissuré. Eliott observait la maison abandonnée, dissimulé dans l'obscurité d'un bosquet. Elle était aussi sinistre que Clara l'avait décrite : un bâtiment délabré, aux volets pendants et aux murs couverts de graffiti. Mais ce qui attirait son attention, c'était les deux silhouettes armées patrouillant à l'entrée principale.

Il ajusta les jumelles et scruta les environs. La sécurité n'était pas excessive, mais il y avait quelque chose d'étrange. Une tension qu'il ne pouvait expliquer. Les Delacourt n'affectaient jamais des hommes à un lieu sans raison. "Colis précieux", avait dit Clara. Mais quoi ? Ou plutôt, qui ?

Eliott rangea les jumelles dans son sac et se prépara. Sa lame de combat glissa silencieusement de son étui, brillante sous la pâle lueur de la lune. Il inspira profondément. Ce n'était qu'une autre mission. Rien qu'un autre obstacle entre lui et les Delacourt.

Il contourna la maison, progressant comme une ombre entre les hautes herbes et les débris jonchant le sol. À chaque pas, il scannait les environs, son instinct de survie aiguisé comme un rasoir.

L'un des gardes approcha, sa cigarette incandescent faiblement dans l'obscurité. Eliott attendit qu'il soit assez proche avant de frapper. Une main sur la bouche pour étouffer le moindre son, la lame trouvant sa cible avec une précision chirurgicale. L'homme s'effondra sans un cri, son corps glissant doucement contre le mur humide.

Le second garde n'eut pas plus de chance. Eliott l'élimina avec la même efficacité, son regard glacial, dépourvu de remords.

Il s'introduisit dans la maison par une fenêtre à moitié brisée, se faufilant à l'intérieur comme un fantôme. L'odeur de moisi et de renfermé saturait l'air, mêlée à une étrange odeur métallique. Des bruits de pas résonnaient quelque part au-dessus. Il y avait d'autres hommes ici.

Chaque pas d'Eliott était calculé. Il montait les escaliers en bois, évitant avec soin les planches qui grinçaient. À l'étage, une lumière vacillante filtrait sous une porte. Il s'arrêta devant, écoutant attentivement.

– Elle est vraiment importante, cette fille ? demanda une voix rauque de l'autre côté.

– Les ordres sont les ordres, répondit une autre voix, plus grave. Personne ne doit savoir qu'elle est ici.

Eliott fronça les sourcils. Une fille ? Son esprit s'emballa, mais il repoussa les pensées parasites. Il ouvrit brusquement la porte, arme au poing.

Les deux hommes n'eurent pas le temps de réagir. Deux détonations sourdes suffirent à mettre fin à leur conversation. Le silence retomba, lourd et oppressant.

Dans un coin de la pièce, une silhouette recroquevillée sur elle-même attira son regard. Une jeune femme, ligotée et bâillonnée, ses vêtements sales et déchirés. Ses cheveux blonds emmêlés encadraient un visage marqué par la peur et la fatigue.

Eliott s'approcha, méfiant.

– C'est toi, le "colis précieux" ? murmura-t-il en rangeant son arme.

La femme releva la tête, ses yeux bleu clair fixant les siens avec une intensité désarmante. Elle tremblait, mais il n'était pas sûr si c'était à cause du froid ou de la terreur.

Il sortit un couteau de sa ceinture et trancha les cordes qui lui liaient les poignets et les chevilles. Elle recula instinctivement, cherchant à s'éloigner de lui.

– Je ne vais pas te faire de mal, dit-il sèchement, bien que sa voix ne contenait aucune chaleur. Qui es-tu ?

Elle ne répondit pas, ses lèvres tremblantes, son regard fuyant.

– Je t'ai posé une question, insista-t-il, un brin d'agacement dans le ton.

Elle finit par secouer la tête, murmurant d'une voix rauque :

– Je ne peux pas... Je ne peux pas dire.

Eliott soupira. Il n'avait pas le temps pour des jeux.

– Écoute-moi bien. Je t'ai tirée de ce trou, mais si tu veux rester en vie, tu vas devoir me suivre et faire exactement ce que je dis. Compris ?

Elle le fixa avec une expression mélangeant défi et panique, mais elle hocha lentement la tête.

– Bien, dit-il. Maintenant, bouge.

Il la tira doucement par le bras pour l'aider à se relever. Elle chancela légèrement, visiblement affaiblie, mais elle le suivit sans protester.

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Ils progressaient dans le couloir sombre, Eliott en tête, ses sens en alerte maximale. Mais quelque chose le dérangeait. Cette fille, qui qu'elle soit, avait clairement une importance capitale pour les Delacourt. Et pourtant, elle n'avait rien d'une criminelle ou d'une alliée potentielle. Alors pourquoi ?

Quand ils atteignirent le rez-de-chaussée, Eliott sentit une présence. Il s'arrêta net, levant une main pour signaler à la jeune femme de ne pas bouger.

Le silence fut brisé par un bruit sourd derrière eux. Une porte s'ouvrit violemment, et des voix crièrent :

– Ils sont là ! Ne les laissez pas s'échapper !

Eliott se retourna, voyant un groupe de cinq hommes armés surgir dans le hall. Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent de panique, et elle recula instinctivement.

– Bouge pas ! cria Eliott en dégainant son arme.

Les premières balles fusèrent, fracassant le bois pourri et envoyant des éclats de plâtre dans l'air. Eliott riposta avec une précision implacable, chaque tir trouvant sa cible. Deux hommes tombèrent rapidement, mais les autres se dispersèrent, cherchant à les encercler.

– Reste derrière moi, ordonna-t-il à la femme, la voix dure mais assurée.

Elle obéit, se plaquant contre un mur, tremblante mais silencieuse. Eliott se déplaça avec une agilité impressionnante, utilisant les ombres et les obstacles pour réduire ses ennemis un par un.

Mais un homme parvint à contourner, s'approchant de la jeune femme avec un couteau en main. Elle poussa un cri, reculant encore, mais Eliott fut plus rapide. Une balle bien placée envoya l'homme s'effondrer à ses pieds.

– Je t'ai dit de pas bouger, gronda-t-il en la rejoignant.

Elle ne répondit pas, trop choquée pour articuler un mot.

Les derniers mercenaires furent éliminés, mais Eliott savait que d'autres pourraient arriver.

– On doit partir, maintenant, dit-il en l'attrapant par le bras.

Alors qu'ils sortaient enfin de la maison, Eliott sentit un doute le ronger. Ces hommes étaient clairement là pour la tuer, pas pour la ramener. Mais pourquoi ?

– Qui es-tu, au juste ? demanda-t-il brusquement en la regardant.

Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son ne sortit. Avant qu'il puisse insister, un grondement de moteur brisa le silence, et une lumière de phare balaya la cour.

Eliott plissa les yeux, son arme toujours prête. Une camionnette noire approchait rapidement, des silhouettes armées visibles à l'intérieur.

– Merde, murmura-t-il, le ton glacé mais tendu.

Il se tourna vers elle, ses yeux brûlants d'une intensité qui ne laissait pas place à la discussion.

– Prépare-toi. Ça va être long.

Chapitre 3 Chapitre 3

La chambre d'hôtel sentait le tabac froid et l'humidité. Les murs étaient tapissés d'un papier peint défraîchi, jauni par le temps, et un néon clignotant projetait une lumière blafarde sur le lit à moitié défait. Eliott avait choisi cet endroit parce qu'il était improbable que quelqu'un les cherche ici. Loin des regards, loin des soupçons.

Assise sur une chaise bancale près de la fenêtre, Lucie gardait les bras croisés, le visage fermé. Son regard oscillait entre défiance et méfiance. Elle était toujours sale, ses vêtements tachés et ses cheveux encore emmêlés. Pourtant, quelque chose dans sa posture, dans la façon dont elle soutenait le regard d'Eliott, trahissait une force qu'il n'aurait pas soupçonnée chez elle.

Eliott, adossé au mur près de la porte, la surveillait en silence. Il avait retiré sa veste en cuir, révélant un t-shirt noir qui collait à son torse, légèrement humide après leur fuite précipitée. Sur la table, son arme était posée, bien en vue. Pas une menace directe, mais un rappel évident de qui il était.

« Alors, tu comptes parler, ou je dois encore jouer les baby-sitters ? » lâcha-t-il finalement, sa voix basse et tranchante.

Lucie détourna les yeux, fixant le sol. « J'ai rien à dire. »

Eliott esquissa un sourire sans joie. « Ça, c'est marrant, parce que les types qui voulaient te descendre semblaient penser le contraire. Tu veux m'expliquer pourquoi les Delacourt te tiennent en si haute estime ? »

Elle releva la tête, les yeux brillants d'un mélange de colère et de peur. « Je t'ai déjà dit, je sais rien. Et même si je savais, pourquoi je te le dirais ? T'es pas mieux qu'eux. »

Il fit un pas vers elle, lentement, son regard froid et perçant. « Non, je suis pire. La seule différence, c'est que je t'ai pas encore laissée crever. Mais crois-moi, ça peut changer. »

Elle frissonna, mais elle ne baissa pas les yeux. Un silence tendu s'installa entre eux, seulement troublé par le grésillement intermittent du néon.

Finalement, elle soupira, brisant le silence. « Ils veulent quelque chose que j'ai. Enfin... que j'avais. »

Eliott arqua un sourcil. « Continue. »

Lucie hésita, mordillant sa lèvre inférieure. « J'ai bossé pour eux. Pas directement, mais... j'étais dans leurs fichiers. Un pion, rien de plus. Mais j'ai vu des choses. Entendu des trucs que j'aurais pas dû. »

Eliott croisa les bras, son intérêt piqué. « Quels trucs ? »

Elle secoua la tête. « Ça, je peux pas te dire. Si je parle, je suis morte. »

Un éclat de frustration traversa le visage d'Eliott. Il s'approcha encore, se penchant légèrement vers elle. « Écoute-moi bien, Lucie. Si tu crois que les Delacourt te laisseront tranquille, tu te trompes lourdement. Mais moi, je peux te protéger. Si tu coopères. »

Elle éclata de rire, un rire amer et désabusé. « Toi ? Me protéger ? T'as aucune idée de ce dont ils sont capables. »

Avant qu'il ne puisse répondre, un bruit dans le couloir attira son attention. Trois coups rapides, suivis d'un silence. Il saisit immédiatement son arme, son regard fixé sur la porte.

« C'est moi, Eliott, » murmura une voix familière.

Il soupira légèrement et ouvrit la porte, laissant entrer Clara. Elle portait une veste en jean et des lunettes qui dissimulaient partiellement son visage. Ses cheveux roux étaient attachés en un chignon désordonné, et son expression était un mélange de soulagement et d'agacement.

« Tu pouvais pas choisir un endroit moins pourri ? » lança-t-elle en regardant autour d'elle avec dédain.

« C'était pas pour ton confort, Clara, » répliqua Eliott en refermant la porte derrière elle.

Clara posa son sac sur la table et sortit un ordinateur portable qu'elle alluma immédiatement. Ce n'est qu'alors qu'elle remarqua Lucie, toujours assise près de la fenêtre. Ses yeux se plissèrent légèrement, une lueur de méfiance brillant dans son regard.

« Et elle, c'est qui ? » demanda-t-elle en désignant Lucie d'un mouvement de tête.

« Lucie, » répondit simplement Eliott. « C'est elle, le fameux "colis précieux". »

Clara haussa un sourcil, visiblement peu convaincue. « Sérieusement ? Tu te mets en danger pour ça ? »

Lucie serra les poings, mais garda le silence. Eliott sentit la tension monter et posa une main sur l'épaule de Clara pour la calmer.

« Elle sait des choses sur les Delacourt, » expliqua-t-il. « Et ces choses pourraient nous être utiles. »

Clara ricana. « Si elle sait des choses, pourquoi elle parle pas, alors ? »

Lucie se leva brusquement, les yeux étincelants de colère. « Je suis là contre ma volonté, OK ? J'ai rien demandé, et je dois des explications à personne ! »

Clara lui lança un regard glacé. « Peut-être, mais si tu veux qu'on t'aide, va falloir commencer à coopérer. Sinon, tu peux retourner crever dans ton trou. »

Eliott fronça les sourcils. « Ça suffit, Clara. Elle a déjà assez à gérer. »

Le ton qu'il employa fit taire Clara, mais pas sans qu'elle ne lui lance un regard accusateur. Il y avait une tension entre eux, quelque chose de sous-jacent qui n'avait rien à voir avec Lucie.

« Bref, » reprit Clara en ouvrant un fichier sur son ordinateur. « On a un problème plus urgent. Quelqu'un nous a vendus. »

Eliott se tourna vers elle, son expression se durcissant. « Explique. »

Clara tapota sur le clavier, affichant une série de noms et de photos. « Les Delacourt savaient qu'on allait intervenir à cette maison. Ils savaient qu'on viendrait pour elle. Ça veut dire que quelqu'un dans notre réseau leur a donné l'info. »

Un silence pesant s'abattit sur la pièce. Lucie observait les deux complices, le regard passant de l'un à l'autre comme si elle tentait de comprendre leur dynamique.

« T'es sûre ? » demanda Eliott, bien que la réponse semblait évidente.

Clara hocha la tête. « Je suis pas parano, Eliott. Y a une taupe parmi nous. Et si on la trouve pas rapidement, on est morts. »

Lucie sentit un frisson parcourir son échine. Elle avait l'impression de plonger dans un univers bien au-delà de ce qu'elle pouvait gérer.

Eliott, lui, resta immobile, son regard perdu dans le vide. Les trahisons étaient monnaie courante dans son monde, mais une taupe à l'intérieur de leur propre réseau ? C'était une menace qu'il n'avait pas anticipée.

« Alors, qu'est-ce qu'on fait ? » finit-il par demander, sa voix basse mais résolue.

Clara haussa les épaules. « D'abord, on la trouve. Ensuite... on fait ce qu'on doit faire. »

Le silence retomba, lourd et oppressant. Au loin, dans la rue, une voiture passa, ses phares projetant des ombres fugaces à travers les rideaux.

Lucie, toujours debout près de la fenêtre, croisa les bras. « Et moi, dans tout ça ? »

Clara se tourna vers elle, un sourire sarcastique sur les lèvres. « Toi ? T'es juste un pion. »

Eliott intervint avant que la tension n'explose. « Non. Elle est peut-être notre meilleure chance de faire tomber les Delacourt. »

Clara le fixa, incrédule. « T'es sérieux, là ? »

Il hocha la tête. « Oui. Et si t'as un problème avec ça, c'est ton problème, pas le mien. »

Lucie observa cet échange avec une étrange sensation. Pour la première fois, elle se sentit légèrement protégée, même si elle savait que cette sécurité était précaire.

Mais alors qu'Eliott s'approchait de la table pour étudier les fichiers de Clara, une question lui brûlait les lèvres.

« Et si la taupe, c'était l'un de vous deux ? » murmura-t-elle.

Sa remarque fit l'effet d'une bombe. Clara la fixa, les yeux plissés, tandis qu'Eliott se figeait, son regard sombre.

« Fais attention à ce que tu dis, » prévint Clara, sa voix glaciale.

Lucie haussa les épaules. « C'est pas comme si c'était impossible. »

Eliott, pour une fois, ne dit rien. Mais au fond de lui, un doute insidieux commençait à germer.

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