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Tours du destin

Tours du destin

Auteur:: ibrahima243
Genre: Histoire
Nul ne peut échapper à sa destinée.

Chapitre 1 Tours du destin

Prologue !

Assise dans le bureau du proviseur du collège de mon fils, j'attends impatiemment de savoir les raisons de ma présence ici un mardi matin. Je suis une femme très occupée mais pour les deux personnes qui partagent ma vie depuis plus de dix ans, je trouve toujours le temps nécessaire. Je veux bien évidemment parler de Mathis, mon gros bébé de 10 ans qui est tout mon univers. C'est fou comme ce petit bout fait ma fierté et ma joie. Il est ma force, mon rayon de soleil, en un mot toute ma famille et tout mon monde tourne autour de lui. Après lui, il y a Liliane ma presque maman, mon amie, ma bienfaitrice, ma maman de cœur, celle-là même qui n'est pas de mon sang mais qui m'a donné bien plus que mes même propre parents.

Je suis vraiment inquiète car c'est la première fois que je reçois un coup de fil pareil d'un établissement scolaire que mon fils fréquente. Il a toujours été parmi les meilleurs de sa classe, très respectueux et vraiment très facile à vivre.

Le proviseur (me sortant de mes réflexions): Bonjour madame GAGUI, désolé pour le dérangement, nous savons que vous êtes une femme très occupée mais, nous n'avions pas eu le choix.

Moi (sourire de circonstance): Vous ne me dérangez pas Monsieur le proviseur, rassurez-vous, vous m'avez dit au téléphone plutôt qu'il y a un problème avec Mathis, expliquez-moi ce qui ne va pas.

Le proviseur (mine triste): Votre fils est exclu du collège pour une semaine madame parce qu'il a roué de coup un de ses camarades.

Moi (surprise): Mais comment cela a-t-il été possible? Pourquoi a-t-il fait ça

Monsieur le proviseur ? Mathis a toujours eu un comportement irréprochable, c'est le plus tendre des garçons que je n'ai jamais connu. Expliquez-moi ce qui s'est passé, je veux comprendre ce qui ne va pas ou à défaut voir mon fils.

Le proviseur : Il vous attend dans le hall à l'entrée de l'infirmerie du collège. Il refuse de répondre à nos questions depuis un moment. Le gamin qu'il a tabassé a été transporté à l'hôpital.

Moi (ouvrant grandement les yeux): À l'hôpital? C'est si grave que ça? Mon Dieu, non qu'est ce qui ne va pas? Mathis n'est pas violent.

Le proviseur (regard triste): Sa réaction nous a aussi beaucoup étonnée, l'autre est de un an son aîné, mais il l'a bien amoché. Il était un peu comme en transe pendant un moment. Vous devez l'emmener voir un spécialiste de trouble de comportements pour son propre bien.

Moi (soupirant): Mon Dieu que vais-je faire? Donnez-moi svp l'adresse de l'hôpital où le petit a été conduit, je vais faire un tour là-bas et m'entretenir avec ses parents.

Le proviseur (prenant un bout de papier pour me noter l'adresse): Tenez, voici le nom de l'hôpital et le numéro du père de l'enfant en question. Nous sommes vraiment désolés.

Moi (mine triste): Moi encore plus monsieur le proviseur, je vous rappelle plus tard, passez une bonne suite de journée.

Le proviseur: Au revoir madame, prenez soin du petit.

Je sors de son bureau sans plus rien ajouter, je suis à bout, j'ai l'impression que tout me tombe sur la tête ces derniers jours. Quand je pense que tout va pour le mieux dans ma vie il y a toujours quelque chose de mal qui m'arrive. On dirait que j'ai la poisse. Je sors retrouver mon fils, comme une automate, il court vers moi en me voyant venir à lui. Je m'abaisse pour le prendre dans mes bras.

Lui(en pleure): Je suis désolé maman, je n'ai pas fait exprès, je ne sais pas ce qui m'est arrivé, je ne comprends pas maman, pardonne moi stp.

Moi(le serrant dans mes bras): Calme toi mon poussin, maman est là avec toi, tout ira bien, maintenant nous devons y aller. Viens avec moi, je dois faire un petit détour par l'hôpital.

Lui (reniflant): Nous allons voir Mamie Liliane?

Moi (triste): Non mon chéri, nous allons voir ton ami qui a été conduit à l'hôpital.

Lui (abattu): Il ne va plus vouloir être mon ami parce que j'ai été méchant avec lui maman. Morel est bon et gentil mais, moi je suis mauvais.

Moi (lui souriant tendrement): Tu n'es pas mauvais mon prince, tu es mon ange et un ange n'est jamais méchant.

Lui (triste): Alors dis-moi pourquoi je lui ai cassé la gueule ? C'est lui qui me défends quand les autres me traitent mal en classe, je ne sais pas ce qui m'a pris maman.

Moi (changeant de conversation): Je préfère t'emmener chez mamie et aller toute seule à l'hôpital voir ton ami, tu iras le voir après dès qu'il ira mieux.

Lui (triste): D'accord maman.

Je demande au chauffeur de nous conduire à l'hôpital où est hospitalisée maman Liliane depuis bientôt six mois. Je la salue rapidement avant de lui confier Mathis pour aller voir son ami. Une fois sur place je m'excuse au nom de mon fils chez les parents du petits avant de leur proposer de prendre en charge tous les frais liés à l'hospitalisation. Je leur laisse ensuite mon contact en leur demandant de me joindre au moindre souci. Heureusement, ce sont des personnes très gentilles et très compréhensives. Je retourne à l'hôpital voir maman Liliane, elle m'accueille comme toujours le sourire aux lèvres.

Moi (lui donnant un baiser): Comment te sens-tu maman?

Elle (souriant faiblement): Pas très bien mon enfant, je suis couchée dans ce lit subissant en silence tous les traitements mais mon heure approche à grand pas. Je vais bientôt quitter ce monde ma fille, mais tu dois me promettre de ramener mon petit-fils au Bénin, il doit connaître son père et sa famille ma fille.

Moi (triste mais étonnée): Tu ne partiras pas de sitôt maman, mais dis-moi, où vais-je trouver Mathis, Maman ? Je ne connais que son nom et son prénom, je n'ai aucune idée de l'endroit où il peut être en ce moment et s'il est toujours à Paris?

Elle: Je ne sais pas comment tu feras mais, tu dois libérer Mathis de ce fardeau, Il m'a raconté ce qui est arrivé aujourd'hui au collège et je me dis que ce n'est pas une coïncidence, d'abord les cauchemars qu'il fait depuis plusieurs mois, ses étranges visions et maintenant ça?

Moi (regardant autour de moi): Où est-il d'ailleurs? Il ne doit pas nous entendre.

Elle (souriante): Avec mon médecin traitant, il pose des questions comme toujours à tous les hommes en blouse blanche. Il sera plus tard, un excellent médecin.

Moi (souriante): Je l'espère maman, mais j'ai peur de retourner au Bénin, j'ai peur d'affronter mon passé. Je ne peux pas retourner là-bas sans aller voir les miens, ça fait trop longtemps que je suis partie comme une voleuse. Plus de douze ans. Peut-être que mes parents sont déjà morts, on ne sait jamais. Je me dis que ce n'est pas une bonne idée.

Elle (soupirant): Ne sois pas têtue Dora, tu as de la famille à par tes parents, tes frères et ta tutrice par exemple. Ils seront ravis de te revoir après toutes ces années.

Moi (soupirante): Je ne sais pas maman, je vais y réfléchir. Pour le moment, je veux me concentrer sur nos affaires.

Elle (me souriant): Tu veux dire tes affaires, qui vont d'ailleurs bien ? Ne change pas de sujet stp, nous parlons ici de ton passé pas de tes affaires.

Moi (souriante): De nous deux qui est la plus têtue maman ? Laisse tomber cette affaire.

Elle: Un jour où l'autre tu comprendras ma fille.

Moi (lui caressant la main): Pour le moment, je veux profiter de mon fils et toi.

Elle (souriante): Je peux mourir maintenant en paix Dora, tu as embelli mes vieux jours. Grâce à toi, j'ai connu la joie d'être maman et mamie sans avoir jamais enfanté. Tu es l'une des plus belles choses qui me soit arrivée dans la vie. Que Dieu te bénisse et te protège ma fille. Je t'aime tellement si tu savais.

Moi (toute émue): Je t'aime aussi maman, tu es d'un grand soutien pour moi. Tu m'as redonnée confiance à la vie. Sans toi, je ne serai peut-être plus de ce monde. Merci maman pour tout ce que tu m'apportes. Je suis fière d'être ta fille sans être de ton sang, tu es à jamais gravée dans mon cœur.

Elle (émue jusqu'aux larmes): Merci mon enfant, Mathis et toi me comblez de joie et de fierté.

Mathis (entrant): Pourquoi pleurez-vous mamie?

Moi (essuyant mes larmes): Pour rien mon fils, mamie et moi parlons du bon vieux temps et ça nous fait toutes les deux pleurer de joie.

Maintenant dis au revoir à Mamie, nous allons devoir rentrer à la maison parce que je dois retourner au bureau.

Lui (embrassant Liliane): Au revoir mamie, je reviens demain te voir.

Elle(le prenant dans ses bras): D'accord mon champion, mamie t'aime très fort.

Mathis (souriant): Moi aussi, je t'aime très fort mamie.

Moi (faisant une bise à ma mère de cœur): A ce soir maman, je passe te voir à la fin de ma journée. Je vais confier Mathis à Noria et repartir au bureau pour continuer mon travail.

Elle (me souriant): D'accord ma fille, passe une bonne journée.

Moi (lui souriant): Merci maman, à plus tard.

Je sors de l'hôpital encore émue, cette femme est un don du Ciel tout comme mon fils Mathis, je donnerai ma vie pour l'avoir encore plus longtemps à mes côtés mais hélas, elle souffre d'un cancer en phase terminale. J'ai constamment peur, qu'elle s'en aille chaque jour qui se lève, qu'elle me laisse seule avec mon fils. Je monte rapidement dans ma voiture toujours conduite par mon chauffeur. Je soupire d'aise en m'asseyant dans ma belle auto. Je me rends maintenant compte qu'avec tout ce que je vis, j'ai oublié de me présenter à vous.

Je vais bien faire les choses, avant de continuer à vous parler de ma vie compliquée. Je suis Théodora Barikisou GAGUI, j'ai 34 ans et je suis Béninoise résidente à Abidjan depuis bientôt onze ans par la force des choses. Je suis à la tête d'une chaîne de production et de commercialisation d'une gamme de produit corporel pour tous types de peaux. Je suis très douée pour les affaires selon maman Liliane (sourire). J'ai un adorable Fils de 10 ans qui ne fait pas son âge parce qu'il est super intelligent, je suis célibataire et très heureuse de l'être.

J'espère que vous aurez le temps de connaître la longue et douloureuse histoire de ma vie mais pour le moment j'ai bien mieux à faire. Je dois penser à comment arranger ce problème avec mon fils qui se comporte parfois bizarrement depuis un certain moment. Il arrive qu'il ait des réactions étranges que je mettais sur le coup de l'adolescence mais avec ce qui vient de se passer aujourd'hui je ne sais plus quoi penser. Je pense aussi à tout ce que maman vient de me dire sur ses cauchemars et ses visions de reptiles dans notre maison et je me dis qu'elle a peut-être raison.

C'est le bruit d'arrêt du moteur de la voiture qui me fait sortir de mes pensées et je réalise que nous sommes déjà dans la maison de Liliane, ou plutôt la mienne depuis que cette dernière a su qu'il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Cette demeure, est mon havre de paix. Je souris en regardant autour de moi, ici j'ai six grandes chambres avec cinq salles d'eau, un salon, un séjour, une bibliothèque qui me sert de bureau, une cuisine et une vaste cour avec un jardin située à Cocody Riviera Palmeraie un quartier chic d'Abidjan. Tout ce que j'ai aujourd'hui je l'ai eu grâce à la générosité de Dame MENSANH Liliane. Une togolaise résidente en Côte d'Ivoire depuis plus de 45 ans. Je vous parlerai également de ma rencontre avec cette dame un jour, dès que je serai prête pour le faire.

Moi (entrant dans mon salon): Noria, où est tu?

Noria (venant à moi le sourire aux lèvres): Je suis ici madame.

Moi: Je suis venue te déposer Mathis, il n'ira pas au cours pendant toute cette semaine. Il restera à la maison avec toi. Moi, je dois retourner au bureau, prends soins de lui stp.

Noria (avec sourire): Comptez sur moi madame, vous pouvez y aller le cœur tranquille.

Moi (répondant à son sourire): Merci Noria, pense à faire de la soupe pour mamie au diner. J'enverrai quelqu'un chercher en fin de journée.

Noria: D'accord madame, A ce soir.

Moi (faisant une bise à mon Mathis): A plus tard champion, sois sage stp.

Lui (large sourire): Promis juré maman.

Chapitre 2 Tours du destin

Je retrouve un instant plus tard mon lieu de travail. Dès que je mets pieds dans le local tous les employés sont comme au gardez-vous. J'affiche une mine de circonstance avant d'entrer dans mon bureau. Je me débarrasse de ma veste et je prends un verre d'eau. Je sais que je suis parfois trop rigoureuse et très sévère avec les autres mais bon c'est ma manière à moi de me protéger. Je me suis déjà laissée duper à deux reprises dans ma courte vie et je veux éviter que cela se reproduise.

Je balaie du regard les dossiers devant moi et je prends celui concernant la nouvelle gamme de produits pour enfants de 0 à 15 ans, mon bébé du moment. J'étais en plein dans mon travail quand j'entends sonner le téléphone. Je le décroche en poussant un juron.

Moi (sur un ton dur): Que puis-je pour vous Maria?

Maria (voix tremblant): Excusez-moi pour le dérangement madame c'est juste que Monsieur KOUADIO est ici et insiste pour vous parler, il dit que c'est urgent.

Moi (furieuse): Mais que me veut-il encore celui-là? Je n'ai pas rendez-vous avec lui.

Maria: C'est ce que je lui ai dit, mais il insiste depuis un moment. Il dit qu'il ne partira pas d'ici sans vous voir.

Moi (soupirante): Faites-le entrer dans dix minutes svp.

Maria: D'accord madame, désolée encore pour le dérangement.

Clic!

Je me lève pour me rafraîchir le visage dans la salle de bain attenante à mon bureau. Je remets ma veste et mes chaussure en bonne villageoise (sourire), je ne supporte pas de porter des chaussures toute une journée. Un instant plus tard Paul fait son entrée dans mon bureau. Je le regarde avec un pincement au cœur en pensant à cet homme qui m'a achevé il y a environ 12 ans. Il m'a envoyé plus bas que terre alors que j'étais déjà au plus mal.

Aujourd'hui, je regarde toutes les personnes qui m'entourent à l'exception de mon fils et de Liliane avec crainte et méfiance. Paul a tout pour plaire à une femme mais, mon cœur de femme est meurtrie et rien ni personne ne pourra le guérir. Il court derrière moi depuis plus de quatre (4) ans mais je n'arrive pas à lui ouvrir mon cœur malgré toutes ses attentions.

Lui (sourire charmeur): Bonsoir ! Dora, tu es toujours aussi élégante.

Moi (sourire forcé): Paul, pourquoi perds tu ton temps? Je ne serais jamais à toi et tu le sais. L'amour n'est pas pour moi, cherche toi une autre femme stp.

Lui (large sourire): Je suis persévérant ma belle, je sais qu'un jour tu seras à moi.

Moi (soupirante): Tu ne comprends donc pas ce que je te dis?

Lui (me souriant): Je t'ai entendu Théodora, mais je refuse de comprendre tes propos. Je te laisse travailler, je passais juste pour voir ton jolie visage et entendre ta sublime voix. Si tu n'es pas prise ce soir, je voudrais t'inviter à dîner pour passer du temps avec toi.

Moi (souriant): Tu es terrible Paul, tu es un homme très bien, mais comme je te l'ai toujours dit la seule chose que j'ai à t'offrir c'est mon amitié et rien d'autre.

Lui (sourire charmeur): Moi, je veux ton amour ma belle et je l'aurais, tu as mon numéro, appelle-moi si tu veux me voir ce soir autrement je comprendrai.

Moi (souriante): Passez un bel après-midi mon cher ami.

Lui (large sourire): Merci ma future épouse.

Moi (riant): A plus tard Paul.

Il sort et j'éclate de rire, cet homme me fait juste marrer, il ne se fatigue jamais. J'espère qu'un jour il trouvera une femme bien pour lui faire passer cette obsession qu'il a pour moi. Un moment plus tard j'entends cogner à ma porte, je souris en répondant parce que je devine déjà qui est à la porte.

Arsène (entrant): Bonjour Boss, je viens de voir sortir ton admirateur numéro1.

Moi (riant): Numéro 2 peut-être, après mon fils, bonjour mon cher, comment vas-tu?

Arsène (souriant): Je vais très bien ma chère et la vieille?

Moi (triste): Elle va bien, mais je sais qu'il lui reste très peu de jours à vivre, j'ai peur qu'elle nous quitte.

Arsène: C'est la vie mon amie, sois courageuse.

Moi (soupirante): C'est toi qui le dis, mais pour moi, c'est vraiment injuste.

Arsène: Je peux te comprendre, mais tu dois l'accepter et te préparer psychologiquement à cela.

Moi (triste): Je crois que je n'y arriverai jamais, cette femme et mon fils sont toute ma vie.

Arsène: Je le sais mais comme je te l'ai dit tantôt c'est la vie, maintenant oublie tout ceci et pense un peu à toi. Je parie que tu n'as pas déjeuné c'est pour cela que je nous ai commandé de la bonne nourriture.

Moi (riant): Tu es un ami hors pair et même si j'ai du mal à refaire confiance, je sens qu'avec toi, je ne fais pas fausse route.

Arsène (souriant): Merci pour ta confiance Boss.

On entend deux petits coups donnés à la porte l'instant d'après, il se lève pour prendre le repas des mains de mon chauffeur. Nous le partageons dans une ambiance gaie. On finissait à peine de manger quand mon téléphone portable se met à sonner, je me lève pour le prendre dans mon sac. Je panique en voyant le numéro de l'hôpital où se trouve maman Liliane sur l'écran.

Moi (déchant en tremblant): Allo Docteur, qu'est ce qui ne va pas avec maman?

Docteur: Madame GAGUI, votre mère vous demande, elle est au plus mal, je crains qu'il ne lui reste plus que quelques minutes ou tout au plus une ou deux heures à vivre.

Moi(en larme): Je viens tout de suite docteur.

Je raccroche en éclatant en sanglots.

Arsène (se levant): Ne bouge pas Théodora, je demande au chauffeur de positionner la voiture et j'évacue le hall, personne ne doit te voir dans cet état. Prends un petit moment pour te calmer avant de sortir, je viens avec toi.

Moi(en larme): Merci Arsène.

Dès qu'il sort, je respire un bon coup en allant rapidement à la salle bain pour me rafraîchir à nouveau le visage. Je prends mon sac en remettant ma veste et mes chaussures que j'avais enlevée plus tôt pour être à mon aise pour déjeuner. Je sors rapidement du bureau, tout le hall est vraiment désert et ma voiture garée juste à l'entrée. Je m'engouffre rapidement dedans et Arsène vient s'installer près de moi, le chauffeur démarre en trombe et nous quittons l'entreprise. Il gare quelques minutes plus tard devant la clinique, je descends et je cours vers la chambre de maman Liliane.

Elle (me voyant entrer): Le moment est venue ma fille.

Moi(en pleure): Ne pars pas maman, ne me laisse pas seule.

Elle (sourire faible): Tu ne seras jamais seule, tu as ton fils et Dieu le père. Prie-le en toutes circonstances comme je te l'ai apprise sans oublier que je serai toujours dans ton cœur.

Moi (sanglotant): Tu vas tellement me manquer maman.

Elle (toussant faiblement): Je me retire de ce monde en paix ma fille, je suis heureuse de t'avoir eu dans ma vie, promets-moi que tu retourneras au Bénin pour faire la paix avec toi-même. Promets le moi stp, c'est tout ce que je te demande.

Moi(en pleure): Je te le promets maman.

Elle (sourire faible): Prend soins de mon petit fils et que Dieu vous protège mes enfants.

Moi (reniflant): Amen maman.

Elle s'éteint l'instant d'après, j'éclate en sanglot, les infirmières viennent me sortir de la salle. Je retrouve Arsène devant la porte, il me prend dans ses bras sans rien me dire. Je pleure comme une petite fille dans ses bras. Il me laisse faire pendant un bon moment. Il me conduit ensuite à la voiture.

Arsène (m'aidant à monter dans la voiture): Attends- moi ici, je reviens dans un instant.

Je ne lui réponds pas il ferme la portière et repart dans la clinique. Il revient un moment plus tard avec des documents qu'il me demande de signer pour les formalités. Je le fais rapidement et il repart à nouveau dans l'hôpital. Dès qu'il eut terminé avec les formalités, il revient et le chauffeur démarre sur ses instructions.

Moi (reniflant): Je veux l'enterrer demain.

Lui (mine triste): Oui, je le sais, tu me l'avais déjà dit une fois. Elle sera enterrée le lendemain du jour de sa mort comme elle l'a toujours souhaité.

Moi (éclatant en sanglot): Merci mon ami.

Lui (me prenant la main): Je sais que tu en aurais fait autant avec moi.

Nous rentrons chez moi, et je monte dans ma chambre en disant au revoir à Arsène. Je prends rapidement mon bain avant de revenir me coucher dans mon lit en pleurant ma mère de cœur. Mon fils me rejoint un moment plus tard, nous pleurons tous les deux en silence. Il s'endort un moment plus tard, moi je reste éveillée toute la soirée et même la nuit. Le lendemain on disait au revoir à maman après une messe et des hommages dignes d'une reine. Je retourne chez moi avec mon fils, Arsène et Noria. Je demande d'annuler tous mes rendez-vous du jour et du jour suivant et je m'enferme dans ma chambre en confiant mon entreprise à Arsène mon bras droit et DGA de la boîte.

Je laisse mon fils aux bons soins de Noria. Je pense qu'il est temps que je me retrouve un peu seule. Je viens de perdre la seule personne qui m'a tendue la main quand tout semblait perdu. Je prends un bon bain relaxant avant de m'installer dans mon lit. Je décide enfin d'ouvrir la petite boîte que je cache dans mon placard depuis plusieurs années. Elle contient tout ce qui me rattache encore à mon passé douloureux. Je l'ouvre, presque en tremblant, en sortant une photo de Serge et moi, le jour de nos fiançailles, il y a exactement 12 ans 6 mois et 7 jours au Bénin, ma terre natale. Je sais que je suis trop sentimentaliste mais c'est ma malheureusement ma nature.

Ce jour reste l'un des jours marquant de ma vie. Je pensais ce jour-là que j'allais me marier dans les deux mois qui suivront et que je serais la femme la plus heureuse de toute la terre. Mais les choses ne se sont pas passées comme je le voulais. J'ai compris la veille de notre mariage que tout n'est jamais acquis dans la vie et que le bonheur peut céder la place au désespoir et au malheur en quelques fractions de secondes. Je regarde la photo en coulant une millionième fois des larmes de tristesse. Je sors aussi une photo sur laquelle se trouve ma tutrice, son mari, leur jumeaux, la sœur de Serge, ses parents et naturellement Adidja celle qui m'a le plus fait du mal dans ma vie.

Je me demande encore aujourd'hui à quel moment mon amie, la meilleure que j'ai jamais eu dans ma vie a autant changé. Je me souviens encore de ce sourire machiavélique que j'ai vu sur son visage le jour où je l'ai surprise en plein ébat sexuel avec Serge mon ex fiancé. Pendant longtemps je me suis posée des questions sur son attitude mais je n'ai jamais pu trouver des réponses à mes interrogations. Je finis par sortir la photo de Mathis et moi, le seul homme à qui je me suis donnée de tout mon être, le père de mon fils, le deuxième homme que j'ai cru aimer et qui m'a aussi brisé le cœur.

Je me demande bien pourquoi la vie est si cruelle avec moi. Et pourtant j'ai toujours été honnête dans la vie. Je n'ai jamais fait du mal sciemment à quelqu'un et j'ai toujours prié Dieu autant que je peux. Alors qu'on me dise pourquoi je n'ai pas droit au bonheur? Pourquoi dois-je perdre toutes les personnes auxquelles je tiens? Je me demande bien comment répartir au Bénin quand personne ne m'attend. Comment repartir vers les miens après plusieurs années loin d'eux sans jamais donner de mes nouvelles ? Si seulement je n'avais pas promis à maman Liliane sur son lit de mort de faire ce voyage jamais je ne remettrais les pieds dans mon pays malgré le fait que ma famille me manque cruellement.

Aujourd'hui je suis une femme très riche et très influente grâce à tout ce Dame MENSANH Liliane m'a légué de son vivant. J'ai plusieurs immeubles en location, plusieurs millions en banque, une plantation de cacao et en prime une entreprise prospère. Je dois par contre vous dire que je suis née dans une famille pauvre et que Dieu dans sa bonté m'a permis d'avoir l'aisance financière en me privant d'amour. Maman Liliane me disait souvent que Dieu n'est pas coupable de mes malheurs, moi je me dis que c'est bien lui, car Il a permis aux humains de me faire souffrir. Je crois qu'il est temps que je vous raconte ma vie passée.

Je suis maintenant disposée à vous raconter comment je suis où je suis aujourd'hui, loin de ma famille et sans nouvelles d'eux depuis plusieurs années. Vous saurez comment mon amie, ma presque sœur m'a poignardé dans le dos sans regrets, comment l'homme qui m'a juré amour et fidélité pendant que mon père me reniait m'a rejeté la veille de notre mariage et enfin comment le premier homme de ma vie a profité lâchement de moi en me laissant seule dans un pays étranger enceinte, désespérée et dégoûtée de la vie. Mon histoire est bien longue, je vous prie de bien vous installer car mon récit pourrait durer des jours et des nuits. De toutes les façons, moi je n'ai plus envie de refouler ces douloureux souvenirs après avoir ouvert la boîte de pandore.

Chapitre 3 Tours du destin

..........Bariki...............

Je suis assise aux côtés de Serge dans une belle voiture conduite par un chauffeur. Je suis sûre qu'il doit venir d'une famille vraiment aisée car il peut s'offrir le luxe d'avoir une voiture avec un chauffeur à sa disposition. Moi, les rares fois où, je suis montée dans une voiture, c'est quand je devais aller de mon village à Parakou et vice versa. Et là encore il fallait prendre un taxi où on nous entasse comme des sardines dans une boîte(sourire). La voiture s'arrête après un long trajet sur une grande propriété parsemée d'arbres fruitiers en particulier de manguiers.

Serge cherche un endroit à l'ombre d'un arbre pour nous installer, il étend une couverture et sort une glacière de la voiture avec plein de jus de fruits et un sac en papier remplie de sandwichs, de fruits et de paquets de biscuits.

Il prend ma main et m'aide à m'asseoir. Il parle un moment avec le chauffeur qui s'en va l'instant d'après avec la voiture. Bizarrement je me sens en confiance avec lui, malgré le fait qu'on soit éloigné de toutes civilisations. Il s'assied également à son tour en face de moi avec un large sourire. Il me demande ma préférence en fruit et je choisis de manger une pomme. Il prend la même chose que moi. Il me parle de tout et rien, il me fait rire avec ses blagues. Je voulais juste que le temps s'arrête pour que ce moment ne s'arrête jamais. Je m'imagine même avec lui, devant l'hôtel comme on le décrit dans les livres que je lis, moi en robe de mariée toute blanche et lui en costume. Je sais que ma vie est déjà toute tracée mais je pense que j'ai aussi le droit de rêver non ? Un moment plus tard, il me prend la main en me souriant.

Serge (me regardant droit dans les yeux): Dora!Je voudrais te faire une confidence, depuis que je t'ai vu hier je n'ai pas arrêté de penser à toi. Je n'ai même pas pu fermer les yeux de la nuit, j'avais tellement hâte de te voir que je suis venu à notre rendez-vous 30mn avant l'heure. Tu me plais énormément et je voudrais vraiment avoir une relation sérieuse avec toi.

Moi (toute émue): hoooo! Serge sans te mentir j'aurais voulu aussi! Mais ma vie est bien compliquée.

Serge (fronçant les sourcils): Compliquée pourquoi ma belle?

Moi (regard triste): Serge dans quelques jours, je me marie! On ne pourra jamais être ensemble! Mon père ne pourra jamais l'accepter, J'ai un mari depuis que j'ai huit (8) ans. Tu comprends maintenant? Jamais on ne pourra être ensemble.

Serge (surpris) : Je ne comprends vraiment pas ce que tu me dis là Dora, explique moi tout calmement.

Moi (soupirante): Serge, je suis fille unique de ma famille. Depuis mon bas âge j'ai été promise au fils de notre chef de village qui est très ami avec mon père.

Serge: Et toi, dis-moi aimes-tu l'homme que tu veux épouser?

Moi (baissant lourdement la tête): Je ne l'ai encore jamais vu Serge, il étudie à Cotonou. Je connais juste son père, sa mère et quelques un de ses frères et sœurs.

Serge (me regardant bizarrement): Tu me parles de mariage forcé Dora, le monde a bien évolué; tu peux t'opposer à ce mariage ma belle, tu en as le droit de le faire.

Moi (triste): Je ne peux pas Serge, ma famille compte sur moi pour changer de vie, et mon père ne me pardonnera jamais cet affront.

Serge (triste): Donc tu comptes te taire, épouser cet inconnu et passer ta vie à ses côtés comme si de rien n'était? Ce n'est pas juste Dora, moi je t'apprécie sincèrement, je sais que c'est trop tôt pour parler d'amour, mais ce que je ressens pour toi, jamais, je ne l'ai ressenti pour une autre fille. Je voudrais une relation suivie avec toi qui nous conduira au grand amour car depuis hier on dirait que j'ai trouvé celle que j'attendais.

Moi(en larmes): C'est aussi mon cas Serge, mais tout est contre nous. Nous devons nous résigner et accepter le fait que jamais l'on ne pourra être ensemble.

Serge ( le regard déterminé): Je te propose de t'enfuir avec moi Dora, je prendrais soins de toi, viens avec moi, n'épouse pas cet homme stp.

Moi (sanglotant): Je ne peux pas me séparer de ma famille Serge, même si ce que je ressens s'est fait naturellement, tu restes pour moi un inconnu, nous nous sommes rencontrés hier alors ne me demande pas de partir avec toi et d'abandonner les miens.

Serge (triste): Je ne peux pas de parler d'amour fou, vu qu'on s'est connu hier seulement, mais je peux t'assurer que je n'aimerais plus vivre sans toi Dora.

Moi (reniflant): C'est ce que je ressens aussi Serge, je ne veux même pas imaginer ma vie sans toi. Tu as changé ma vie en 24h, remettant en cause tous mes principes. Quand j'ai posé mes yeux sur toi ce matin, j'ai compris que ce que je désire le plus c'est être avec toi pour toujours, mais nous sommes jeunes et moi encore plus. Peut-être que ce que je ressens est juste une illusion, et qu'avec le temps ça passera. Ce qui m'étonne c'est que je me sente si bien quand je suis près de toi, un peu comme si je t'avais toujours connu. J'ai même une confiance aveugle en toi, autrement jamais je ne t'aurais suivi au milieu de nulle part sans me poser de questions. Seulement, je ne peux pas m'enfuir avec toi, je suis l'espoir de ma famille et la fierté de mon père, jamais il ne me pardonnera cette bêtise.

Serge (encore plus triste): Que comptes-tu alors faire?

Moi (regard triste): Je ne saurais te répondre Serge en ce moment. Tout ce dont je suis sûre c'est que, je ne peux abandonner ma mère, elle est tout pour moi. Douce, tendre et aimante elle est la personne qui me comprend le mieux chez nous. Elle a toujours veillé à ce que nous soyons une famille unie toujours prête à soutenir mes frères et moi parfois même s'attirant la colère de papa. Non,Je ne peux pas abandonner lâchement les miens même pas par amour encore qu'on en est très loin.

Serge (triste): Donc tu préfères épouser un homme que tu ne connais pas? Que tu n'as jamais vu, que de t'enfuir avec un homme que tu aimes et qui est prêt à te donner le meilleur? Tu veux être malheureuse toute ta vie?

Moi (hésitante): Peut- être que je l'aimerais avec le temps! Qui sait? Si mon père l'a choisi pour moi c'est surement parce que c'est un homme bien. Il dit l'avoir vu grandir et que c'est celui qui me convient.

Serge (me regardant intensément): Tu as peut être raison Dora, mais que fais-tu de" Nous"? De notre Amour naissant ma belle.

Moi (laissant couler des larmes): Il n'y a pas de "Nous" Serge! Et n'y aura jamais de "Nous". Même si je pense t'aimer très fort, car tu es vraiment mon idéal d'homme, notre amour est voué à l'échec Serge, comprends moi stp.

Serge (me suppliant): Non Dora, ne fais pas ça stp, ne laisse personne nous séparer. Tu ne peux pas les laisser ruiner ta vie, tu as le droit au bonheur ma chérie.

Moi (essuyant mes larmes du revers de la main): Serge, laisse tomber stp, je ne viendrai pas avec toi, oublies cette idée absurde je t'en prie. Essayons stp de passer une belle journée, c'est peut-être la dernière fois qu'on se voit et je voudrais que ces moments soient inoubliables, parle-moi stp de la vie estudiantine par exemple.

Serge (capitulant) Si c'est ce que tu veux, je respecte ta décision. Viens stp, allons marcher un peu.

Il se lève et me prend la main pour une petite promenade. Le reste de la journée se passa sans encombre, il me parla de sa vie, de son père qui est un agent de la douane, de sa mère qui est une vendeuse de Bijou au Marché international de Cotonou. Il me raconte brièvement les raisons qui ont poussé son père à construire sa maison à Porto-Novo où toute sa famille vit. Sauf que lui, il vit pendant l'année scolaire au campus d'Abomey-Calavi et ne rentre qu'en week-end auprès des siens. Il est fils unique et n'a qu'une sœur. Il souriait quand il parlait de sa famille. Nous avons passé une belle journée entre rires et câlins. Il n'a plus abordé le sujet de mon mariage de toute la journée, il me raccompagne vers 20h et me donne un baiser d'au revoir. Nous avons prévu de nous revoir encore le lendemain à la même heure qu'aujourd'hui pour passer encore la journée ensemble.

Je le quitte heureuse et toute chose.... C'est le premier baiser que je reçois d'un homme. Il était tendre et doux, je touche encore mes lèvres en fermant les yeux pour ressentir ses lèvres sur les miennes. Comment peut-on aimer un homme aussi fort en peu de temps? Je pensais que ces choses ne se passaient que dans les livres et me voilà maintenant en train de le vivre en vrai. Je pense même que notre histoire pourrait créer le buzz si on l'écrit ou si on le raconte un jour (sourire). Je viens de passer de bons moments que je ne suis pas prête d'oublier. J'étais tellement aux anges que je fredonnais une chanson d'amour en ouvrant le portail de la maison. Mais ma joie fut de courte durée car mon père était installé dans la cours avec ma tutrice. Il me regarde les yeux injectés de sang, je sais déjà qu'il est très en colère et que je pourrais être punie mais je ne regrette pas d'avoir passé cette journée avec Serge.

Papa (furieux): Où étais-tu Bariki? Tu vois l'heure qu'il est? Je t'attendais depuis plusieurs heures, on devrait repartir au village aujourd'hui mais apparemment mademoiselle avait un autre programme?

Moi (confuse): Excuses moi papa, j'étais avec mes amies, on célébrait notre réussite.

Papa (hurlant): Tu faisais la fête pendant que moi je t'attendais ici comme un con, Bariki? Tu as de la chance que je sois content à cause de ta réussite et ton mariage imminent. Que ce soit la dernière fois que tu te moques ainsi de moi. Maintenant vas ranger tes affaires, demain nous rentrons chez nous, ton mari t'attend déjà et impatient de devenir ton époux.

Moi (la tête baissée): D'accord papa! Excuse-moi de t'avoir fait attendre inutilement je ne recommencerai plus.

Je vais rapidement m'enfermer dans ma chambre en laissant couler mes larmes impuissamment. Le ciel vient de me tomber sur la tête, il y a encore quelques minutes j'étais heureuse, mais tout ça n'a vraiment pas duré. Je ne peux même pas dire au revoir à Serge. Si seulement je pouvais le revoir une dernière fois! Il faut que je parle à Adidja, je sais qu'elle est la seule capable de m'aider. C'est maintenant que je vois l'utilité d'un téléphone portable, si seulement j'en avais un, j'aurais appelé directement Serge. Je refuse de dîner avec tout le monde. J'attends patiemment que tout le monde dorme dans la maison avant de ressortir sur la pointe des pieds. Je vais rapidement trouver Adidja qui bizarrement était devant sa maison avec un homme bien plus âgé qu'elle.

Je lui raconte mon problème sans faire attention à cet homme avant de lui donner une lettre pour Serge.

Je repars malgré l'obscurité et la peur à la maison. Je suis triste que les choses entre nous se terminent de la sorte mais, je pense bien que c'est la vie. Je me couche ce soir-là le cœur en lambeau en priant Allah pour que cet homme que je vais épouser soit au moins un homme bien qui puisse me faire oublier ce que je ressens en ce moment pour Serge et combler le vide qu'il a créé en moi. La vie est parfois cruelle, pourquoi me faire rencontrer Serge si elle savait que nous ne serons pas ensemble? Pourquoi permettre que je ressente des sentiments aussi forts pour lui si elle savait qu'elle allait nous séparer juste après deux jours?

................. ....Serge..............

Je suis rentré depuis plusieurs heures et malgré tous mes efforts, je n'arrive toujours pas à sortir Dora de mes pensées. On dirait que Je l'ai dans la peau. Qui l'aurait cru? Moi Serge, tomber amoureux d'une fille aussi facilement ? J'ai moi-même du mal à comprendre ce qui m'arrive. J'ai toujours fait passer mes études avant tout dans la vie, je suis un jeune homme plutôt timide et réservé, mais j'ai toujours attiré les femmes comme des mouches. Au collège comme à l'Université, les filles ne se faisaient pas prier pour venir vers moi, certaines s'offraient même sans pudeur et sans aucune dignité à moi, je savais que seul l'argent de mes parents m'attirait toutes ses faveurs et tout cela me répugnait encore plus. Alors j'évitais simplement ces filles.

La seule fois où j'ai cru avoir trouvé l'amour, je suis tombé sur une fille qui avait déjà un amoureux qui n'était personne d'autre que mon meilleur ami Brice. Elle s'était juste rapprochée de moi pour mieux séduire ce dernier et moi comme un idiot je me faisais plein d'illusions. Quand j'ai compris enfin ses intentions je me suis juré ne plus jamais aimer quelqu'un car j'avais beaucoup souffert de ce rejet, même si je n'ai jamais osé lui avouer mes sentiments. Je suis venu à Parakou depuis une semaine, pour assister au mariage de mon cousin et j'étais loin d'imaginer que j'allais rencontrer l'amour. Hier matin quand ma cousine m'a annoncé qu'elle organisait une fête pour célébrer sa réussite au BEPC, j'étais vraiment choqué que mon oncle lui permette de tels débordements.

Elle a dix-huit ans et vient d'avoir le BEPC et son père est tellement heureux et fier d'elle alors que moi à cet âge j'avais déjà le BAC en poche. Si Brice et Armel mes deux inséparables ne m'avaient pas forcé à assister à cette fête j'aurais passé volontiers mon temps dans ma chambre à regarder des films d'actions de Jean Claude Van Damme mon acteur préféré. Mais, contre toute attente, c'est à cette fête que je trouvais ridicule au départ, que cupidon a décidé de faire son œuvre .Quand j'ai vu cette fille faire son entrée dans la maison hier, j'ai tout de suite su qu'elle était spéciale, elle était si différente de toutes les filles venues à la fête, si belle, naturelle, sans artifices dans sa robe de pagne toute simple. Elle avait de jolies yeux avec une bouche si bien dessinée, qui appel juste au péché. Elle était si mal à l'aise en rentrant dans la maison qu'on pouvait facilement deviner qu'elle n'avait pas l'habitude de ces fêtes.

C'est ce qui m'a justement poussé à aller à sa rencontre. Je ne voulais pas la voir rebrousser chemin et ça a apparemment marché. J'ai pu passer un bel après-midi à ses côtés, malgré les clins d'œil que son amie ne cessait de me faire même en étant dans les bras de son petit copain. Théodora est une jeune fille vraiment épatante, intelligente, innocente et pleine de vie. Cette journée passée avec elle malgré toutes les révélations troublantes qu'elle m'a faite est l'une des plus belles journées de ma vie. Je ne peux simplement pas la laisser faire cette folie. Comment peut-elle accepter épouser un homme qu'elle n'a jamais vu? Qu'elle ne connaît pas! Juste parce que son père le souhaite? J'étais encore dans mes pensées quand mes deux potes font leur entrée dans ma chambre.

Brice large sourire): Eh, man! Tu as passé une bonne journée en compagnie de ta belle nordiste?

Armel (me donnant une tape sur l'épaule): Je vois que tu es touché mon frère! Passer toute une journée loin de nous! Ça doit être sérieux hein!

Brice (éclatant de rire): Allez, raconte nous tous, Comment est-elle ? Dis-nous tout mon frère!

C'est dans une ambiance gaie que je leur raconte ma journée. Ils sont tous d'avis que je fasse tout pour convaincre Dora de ne pas épouser cet homme. C'est avec cette résolution que je me mets au lit avec plein d'espoirs pour l'avenir. Le lendemain j'étais en train de prendre mon petit déjeuner quand le gardien vient m'annoncer qu'il y avait une jeune fille qui cherchait à me voir. C'est tout content que je lui ai demandé de la faire entrer, je pensais qu'il s'agissait de ma Dora qui avait changé d'avis et qui était venue me voir. Mais c'était juste son amie. Je ne savais pas ce qu'elle cherchait mais j'étais décidé à la remettre à sa place.

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