Il y a plus de huit ans, un soir d'été, la police est arrivée à la maison nous annonçant la mort de mon père qui était tout pour moi. Encore aujourd'hui, je ne me suis pas faite à sa mort et je suis devenue plus renfermée que jamais sur moi-même. Je passe tout mon temps libre enfermée dans ma chambre dans notre petit appartement qui se situe au troisième étage d'un immeuble du centre-ville de Manhattan.
Ma seule sortie est de me rendre au lycée ainsi qu'à la librairie pour aller chercher du matériel de dessin. Mon père était un grand dessinateur qui a créé beaucoup de tableaux dont certains sont exposés au Métropolitan Muséum Art; un des plus grands musées de New York. Il était aussi un excellent professeur de dessins et un père extraordinaire. Je passe donc beaucoup de temps à dessiner dans ma chambre ce qui me donne l'impression d'être avec lui dans ces moments-là. Le dessin m'apaise beaucoup surtout quand je reviens du lycée où j'ai dû une fois de plus devoir prendre la parole devant la classe ou même m'asseoir auprès d'un garçon.
Je ne suis pas du tout sociable et encore moins avec la gent masculine que j'évite le plus possible comparée à ma meilleure amie Marina qui est totalement l'opposée de moi. C'est une vraie féministe avec un caractère qui ferait trembler le pire des garçons quand elle s'y met. Nous nous sommes rencontrées au collège et plus précisément après une de mes crises de panique parce qu'un garçon m'avait complimenté sur mes cheveux. Un détail pour beaucoup de filles qui prendrait ce compliment avec le sourire mais moi, cela me fait l'effet inverse. Marina qui ne fait pas du tout partie du groupe de filles que j'aurais fréquentée a retrouvé mon carnet de dessins dans les toilettes après cet épisode et après me l'avoir ramené et félicité sur ceux-ci, elle a commencé à me parler d'elle. Les jours ont passés et c'est devenu comme une habitude de l'avoir auprès de moi me racontant sa vie. Bien entendu, nous faisons contrastes puisqu'elle porte des tenues très féminines avec ses longs cheveux blonds et ses magnifiques yeux bleu azur alors que moi, les gens doivent se demander ce qui se cache sous mes pulls à capuche et mes jeans trop grands pour moi.
D'ailleurs, je suis toujours harcelée depuis notre arrivée au lycée par des filles qui sont pourtant du style de Marina; le genre de fille sortie d'un magazine mais qui n'ont contrairement à Marina aucune manière. Dernièrement ce fut la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Je n'aime pas vraiment me rappeler de ce jour mais c'est pourtant ce jour-là que nous avons enfin décidés de changer de lycée pour notre dernière année pour un dans le sud de Manhattan. Et c'est peut-être le jour où j'ai cédé aux supplications de Marina et de ma mère.
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Deux mois plus tôt.
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- Alix, tu m'attends là ! Me lance Marina en repartant vers le bâtiment principal alors qu'elle a oublié son livre de mathématique.
J'acquiesce et je vais m'assoir sur le banc près de l'arrête de bus avec mon carnet de dessin. Comme tous les jours, je passe mon temps quand je suis seule à dessiner tout ce qui se passe par la tête et aujourd'hui je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais dessiner. Rien d'intéressant n'est arrivé pour attirer mon attention et je décide de dessiner Marina comme je le fais assez souvent. J'aime vraiment tout en elle. Que ce soit son sourire ou sa façon de râler surtout quand elle me retrouve dans le bus vêtue de mon éternel pull à capuche.
- Regardez qui est là ?! S'exclame une voix que je préfèrerais éviter mais il est déjà trop tard, elles sont déjà près de moi et je tiens ma capuche de mes doigts complètement crispés et tremblants espérant qu'elles s'en aillent vite.
- Tu vois, je vous l'avais dit qu'elle était gouine ! S'écrie l'une d'elle en m'arrachant mon cahier de dessin que je tiens pourtant fermement.
- Regardez ! S'écrie-t-elle à nouveau en riant et je serre mes mains sur ma poitrine en priant qu'elles en finissent vite.
- J'avoue que tu as du talent. Me dit une fille d'une voix narquoise en se baissant devant moi et je baisse mon regard sur mes mains. Je sens une douleur atroce dans ma poitrine alors que je ferme les yeux en essayant de calmer ma respiration. Je suis en train de paniquer comme jamais alors que tout le monde autour nous voit mais personne ne réagit à ce qui se passe. Voilà ce qui se passe réellement dans les vies de lycéennes et lycéens différents des autres, nous sommes malmenés par des gens qui se prennent au-dessus de nous. Mais dans mon cas, elles n'ont pas tort, je ne leur arrive même pas à la cheville. Je n'ai rien pour moi et tout ce qui fait que je suis moi, ce sont mes dessins. Mais comme je le dis toujours quand tout ceci sera terminé, ma santé contrairement à certain sera intacte et j'ai une famille qui m'aime pour ce que je suis. Je sens qu'on me tire en arrière pour m'arracher ma capuche et je remonte mes mains pour l'attraper.
- Montre-nous ta gueule de gouine ! Claque la fille derrière moi alors que j'entends les pages de mon cahier de dessin se faire déchirer.
- Non ! Crié-je dépitée en bondissant du banc mais ce fut une monumentale erreur puisque ma capuche se fait tirer en arrière tout comme moi et ma tête cogne contre le banc. J'ai juste le temps de me recroqueviller avant de sentir leurs semelles dégoutantes s'écraser sur moi et je retiens mes cris ainsi que mes larmes en attendant qu'ils se lassent ou que Marina arrive.
Un vrombissement se fait entendre et des cris s'en suivent jusqu'à ce que celui-ci s'arrête si près de moi que je remonte mes mains sur mes oreilles essayant de ne plus rien entendre. Ma tête tourne et je n'ai plus la force de retenir mon corps de la panique qu'il a subi sous ses coups.
Marina
Je sors du bâtiment et mon regard se porte vers l'arrêt de bus où Alix doit m'attendre mais je me fige sur place en voyant ce qui se passe. Ce foutu groupe de filles est entrain de malmener Alix devant des autres élèves qui ne bougent pas d'un pouce et préfèrent filmer ce qui se passe pour le mettre sur les réseaux sociaux. Mon sang ne fait qu'un tour et je cours vers l'arrêt de bus pour les arrêter quand une moto apparait en Wheeling faisant disperser cette bande pour s'arrêter devant le corps d'Alix allongé par terre. Je fonce vers Alix en bousculant les badauds qui me répugnent à regarder la scène au lieu de l'aider mais quand j'arrive enfin à hauteur d'Alix, le motard est accroupi devant elle et il pose sa main sur son épaule.
- Alix ! L'appelé-je. Alix !
- Elle a dû avoir un malaise dû à la panique ! Me fait une voix d'homme dans le casque. Tu ferais mieux d'appeler une ambulance.
- Merci mais vous devriez reculer, vous lui ferez peur si elle se réveille. L'informé-je.
- Oh désolé. Me fait-il et il lève ses mains sur son casque pour l'enlever.
- Non ! L'arrêté-je. Ce sera encore pire.
Le motard s'arrête et je caresse les cheveux noirs d'Alix tout en composant le numéro de l'ambulance. Alix sera encore plus paniqué de voir un homme auprès d'elle après ce qui vient de se passer et je ne saurai pas la calmer dans ce cas-là.
- Je suis désolée mais vous devriez partir. Lui dis-je sans le regarder. Je vous remercie d'être intervenu mais ce sera plus dur pour elle si vous êtes là. Alix a peur des...
- Oh je vois. Me fait-il en se relevant et je regrette du coup d'être si froide avec lui alors qu'il vient de l'empêcher de se faire lyncher devant le lycée. Ce lycée où ses foutus enfoirés ne font que regarder au lieu d'aider les gens dans le besoin. Est-ce ainsi que sera l'avenir des gens comme elle ? Les gens timides seront ainsi malmenés toute leur vie sans pouvoir compter sur qui que ce soit ?! Je ne veux pas de ça et surtout pas pour elle. Elle mérite tellement mieux. Si seulement, elle voulait faire un petit effort sur elle-même et essayer de vivre comme les autres. Non, tout ce qu'elle veut, c'est dessiner dans sa chambre et vivre totalement dans son monde. Non que je ne la comprenne pas mais il va falloir qu'elle affronte la vie un jour ou l'autre et comme maintenant, je ne serai pas toujours là pour la soutenir.
Bien entendu, à ce moment-là je ne savais pas que ce que je pensais en lui caressant les cheveux seraient si proche de la réalité et des horreurs que nous allions surmonter à l'avenir.
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Aujourd'hui, c'est mon anniversaire et Marina a décidé avec l'aval de ma mère de me faire sortir pour mes dix-sept ans dans une sorte de soirée branchée qui a lieu dans une nouvelle boîte de nuit. Je n'ai jamais officiellement dit que j'étais d'accord mais quand ma mère crie du salon pour me prévenir que Marina vient d'arriver, je sais que je n'ai plus le choix et je soupire très fort sur mon carnet de dessin en me demandant pourquoi ma mère crie si fort alors que nous ne sommes qu'à quelques mètre l'une de l'autre. Ma mère est tout le contraire de moi elle aussi, elle ne fait absolument pas ses trente-quatre ans et on la prendrait plus pour ma grande sœur que ma mère. Tout comme moi, elle a de longs cheveux noirs mais la différence entre nous se situe dans la taille et dans les yeux. Ma mère ne doit pas être loin du mètre quatre-vingts alors que moi, je fais tout de suite un mètre soixante-trois et pour ce qui est de nos yeux, les siens sont noisette alors que les miens sont d'un vert un peu émeraude. Elle est plutôt sociable mais bon, elle travaille dans un restaurant qui d'ailleurs lui a donné congé pour assister à ce que j'appellerais ma torture.
- Alix tu es prête pour les essayages ! S'exclame Marina en entrant comme chez elle dans ma chambre.
- Oh pitié Marina. Supplié-je. Je suis très bien habillée comme je suis.
Marina prend une pose en croisant ses bras sur sa poitrine et me toise un instant avant de se mettre à rire.
- Ma chérie, il est hors de questions que tu sortes en boîte dans cette tenue. Me fait-elle en se tournant vers le sac qu'elle a apporté.
- Aujourd'hui, nous sommes le dix juillet, tu as dix-sept ans et je me dois de faire de toi une déesse pour notre sortie. Continue-t-elle.
Je la regarde dépitée, pas des séances d'essayage de vêtements s'il vous plaît mais je n'ai pas le choix puisque ma chère mère vient s'en mêler et me voilà emmenée limite de force pour une séance d'essayage dans la salle de bain. Je sais que j'ai promis de faire des efforts sur ma façon d'être mais j'ai l'impression que je vais le regretter. Les tenues sont aussi sexy que je le pensais en ce qui me concerne, ce qui me rend encore plus mal à l'aise à chaque tenue portée et quelle fut ma tête quand elles décident de me faire mettre cette mini robe noire très sexy avec son ouverture devant.
Mais ce fut bien entendu cette robe que ma mère et Marina choisissent unanimement alors que moi je me sens complètement nue dans cette tenue.
- Super tu es magnifique ! Me lance Marina alors que je trouve cette tenue limite vulgaire sur moi.
- Tu es trop belle ma chérie, Tu vas en faire tourner des têtes. Pleurniche ma mère.
- Maman, arrête de pleurer. La consolé-je la trouvant un peu trop sensible comme si c'était moi à sa place.
J'esquisse un sourire timide tandis que Marina attrape nos sacs pour m'entraîner vers la porte en direction de ma nouvelle vie pour mes dix-sept ans et je suis à mille lieux d'imaginer tout ce qui va se passer à partir d'aujourd'hui.
Alix
Nous arrivons devant le club où Marina m'emmène.
Les filles sont toutes habillées de façon super sexy limite provocatrice et que dire de ses garçons qui les reluquent sans gêne si bien que je regrette que Marina et ma mère m'ait persuadée de venir dans cette robe. J'ai vraiment l'impression d'être de la viande à leurs yeux.
- Arrête de stresser autant. On est venue pour s'amuser ! Me fait Marina sur un ton un peu autoritaire mais amusé aussi.
- Parle pour toi... Râlé-je.
- Allez détends-toi, tu verras après un verre tu te sentiras mieux. Me dit-elle alors que nous rentrons dans le club.
Quoi ? Parce qu'elle compte me faire boire en plus ! En dix sept ans, je n'ai jamais bu une goutte d'alcool et encore moi danser. Elle s'imagine peut-être que je vais changer parce que j'ai dix sept ans aujourd'hui ?
Entrées dans le club, Marina m'emmène directement au milieu de la piste que j'ai déjà du mal à atteindre vu le monde qu'il y a. Je ne suis vraiment pas à l'aise de me frotter à tout ses gens pour arriver jusqu'à la piste.
Une fois arrivées sur la piste, Marina se met à bouger son corps tout naturellement alors que moi je reste droite comme un I regardant autour de moi.
- Allez Alix laisse-toi aller ! Me crie Marina en attrapant mes mains pour me faire bouger.
Mais il n'y a pas moyen, je suis vraiment mal à l'aise et j'ai l'impression que cette robe rétrécit à chaque mouvement de mon corps.
- Tu veux qu'on aille chercher à boire ? Ça te détendra un peu. Je te promets pas un truc fort.
J'acquiesce. De toute façon avec Marina, je n'ai pas le choix et puis, ça me détendra peut-être.
Marina et moi, nous nous sommes rencontrées au collège. Elle était déjà aussi excentrique que maintenant et surtout elle ne se laissait pas faire. Moi je suis du genre réservée et timide, j'aime être seule dans mon coin pour dessiner. C'est d'ailleurs le dessin qui nous a rapproché, elle a trouvé mon carnet de croquis dans les toilettes du collège où je l'avais oublié et a été émerveillée par mes dessins.
On dit toujours que les contraires s'attirent, Marina et moi en sommes la preuve vivante.
Marina
Alix n'a pas l'air de s'amuser, il faut vraiment qu'elle se détende. Je lui commande un cocktail avec un peu de Gin dedans, il n'est pas question qu'elle soit bourrée le premier soir.
- Tiens. Il y a très peu d'alcool dans celui-là.
- Merci. Ils n'avaient rien sans alcool je présume ? Me demande-t-elle en posant ses lèvres sur la paille.
- Bois et arrête de réfléchir ! A tes dix sept ans !
Je vois à son sourire qu'elle apprécie la boisson que je lui ai prise. Au moins, j'ai enfin droit à un sourire.
Alix ne se rend pas compte comme elle est super belle. Si elle voyait tout les garçons qui la regardent depuis qu'on est rentrée. Bon la robe y fait beaucoup mais ses yeux verts sont vraiment magnifiques avec cette ligne d'Eye Liner noire et ce trait de crayon que je lui ai mis.
Elle devrait vraiment penser à les mettre en valeur plus souvent.
- Tu veux qu'on monte à l'étage? Il y a moins de monde. Lui demandé-je voyant qu'elle se fait bousculer un peu trop à son goût.
- Très bonne idée.
Nous montons à l'étage; effectivement il y a moins de monde mais il y a surtout beaucoup de couples ici ce qui va encore la mettre plus mal à l'aise qu'elle ne l'est.
Je remarque une table bar de libre et lui propose d'y aller.
- Alors, pour une première sortie t'en penses quoi ?
- Pas trop mal, on est quand même mieux ici que là en bas. Me fit-elle en buvant dans son verre.
Je souris, j'ai enfin réussi à la détendre.
- Tu as quelque chose de prévu demain ?
- Non, pourquoi ? Ne me dis pas que tu veux encore sortir. Me demande-t-elle dépitée.
- Non, enfin si, mais dans un autre style de soirée. Avoué-je.
Alix me regarde encore plus mal du coup et je me mets à rire, il est vraiment temps qu'elle sorte de chez elle la pauvre elle va rater toute sa jeunesse.
Derek
Nous sommes montés directement à l'étage nous installer en arrivant.
Ayden est déjà entrain de draguer un peu plus loin alors que Félicie scrute les gamines sur la piste.
- Je t'avais dit qu'il n'y aurait que des gamins. Regarde-moi ça, ça doit avoir à peine les oreilles sèches derrière les oreilles.
Je ris en buvant mon verre, Félicie n'en rate vraiment pas une. Pourtant à y regarder, il y a du beau petit lot quand même. Mes yeux croisent une petite blonde bien appétissante. Je lui sors mon plus beau sourire, après tout, on est bien venu pour s'amuser non ?
Félicie qui me regarde, se retourne un instant vers la fille.
- Pas mal, disons qu'elle doit être majeure elle au moins. Me lance-t-elle en ramenant son regard vers moi.
Je lui fais un sourire narquois, j'ai bien l'intention d'aller vérifier ça.
Je prends mon verre et vais la rejoindre sur la banquette où elle est assise.
- Salut, ma copine là bas se demande si tu es majeure ? Lui demandé-je en montrant Félicie qui lève les yeux au ciel et se retourne.
- Bien sur, j'ai vingt et un an. Me répond-elle alors qu'elle passe sa main sur sa nuque.
Je passe mon bras autour de ses épaules et elle se met limite à glousser.
J'adore faire ce genre de choses. Les filles sont si faciles à cerner. En un regard, on sait tout de suite ce qu'elles désirent et celle-ci ne désire qu'une chose : Moi.
Sa main caresse déjà ma jambe alors que mes lèvres se posent dans son cou la faisant frémir de désir. En un instant, sa bouche et la mienne se rejoignent et je sens mon portable vibrer.
Je n'ai pas besoin de regarder c'est Félicie qui m'envoie un texto du style « Bien joué ».
Je sais, je ne peux pas m'empêcher de faire plaisir aux femmes.
Alix
Marina parle aux garçons qui se trouvent à la table derrière nous pendant que je fais un tour d'horizon du club. Les décorations sont quand même superbes, il y a des variations de couleurs très intéressantes. Je n'aurais pas cru trouver de telles couleurs dans un lieu si sombre.
Je reviens du coup sur l'étage et regarde les murs qui eux aussi ont des variations de couleurs magnifiques avec ces colonnes d'aluminium qui reflètent les lumières faisant ressortir les couleurs pendant quelques instants.
Je suis là à regarder ces couleurs qui dansent quand mon regard se pose sur un couple qui s'embrasse mais ce n'est pas le couple qui m'interpelle, ce sont les tatouages que l'homme a sur les bras.
Je plisse les yeux pour profiter au mieux du rayon de lumière quand il passe sur ses bras pour en découvrir les dessins. Ils ont l'air vraiment fascinant, l'artiste qui a fait ça doit être vraiment très doué.
Je suis complètement fascinée par ce travail que je ne me rends même pas compte que la fille est partie et que la personne avec les tatouages relève son regard vers moi.
Je croise ses yeux et me fige sur place. Je veux détourner mon regard, mais n'y arrive pas.
Son regard est si intense, il me transperce littéralement comme si il allait me dévorer intérieurement.
Il est assis sur la banquette nonchalamment et alors que je suis totalement paralysée par son regard, il porte son verre à sa bouche en continuant de me dévorer et quand son verre quitte sa bouche, il passe sa langue sur ses lèvres en me souriant.
Je suis complètement hypnotisée par son regard à cet instant et ma respiration devient un peu plus rapide tellement son regard est intense.
- Alix on va chercher à boire ?
Je sursaute et me tourne vers Marina qui est accompagnée des deux garçons de la table d'à coté.
- Ça ne va pas ? Me demande Marina voyant que j'ai l'air étrange d'un coup.
- Si, si. Allons-y.
En me retournant vers l'escalier où se trouve l'homme aux tatouages, je remarque qu'il n'est plus là et me sens soulagée.
Alix
Nous sommes rentrées vers quatre heures de la boîte de nuit. J'ai mal aux pieds comme pas possible, je n'ai vraiment pas l'habitude de mettre des talons.
Marina nous a fait rencontrer deux garçons qui font des courses de moto en ville. Elle a prévu d'y aller ce soir mais je ne suis pas chaude du tout pour ce genre de soirée. Mon père a été renversé par un gang à moto, du coup, c'est vraiment un endroit que je préfère éviter mais connaissant Marina je n'aurai pas le dernier mot.
Ma mère travaille aujourd'hui, donc je suis seule dans l'appartement. Je m'installe sur mon lit et sors mes crayons ainsi que mon carnet de dessin. Je regarde ma feuille et la seule chose qui me vient en tête ce sont ses tatouages qu'il avait sur son bras.
J'essaye de me souvenir de chaque détail et commence à dessiner.
Je ne sais pas combien de temps il m'a fallu pour le refaire mais j'ai dessiné le principal. C'est alors que son regard intense me vient en mémoire et je peux sentir les frissons me parcourir rien qu'en y repensant.
Sans m'en rendre vraiment compte, je commence à dessiner son regard sur ma feuille de dessin. Un regard si intense qu'il pourrait traverser l'âme de n'importe qui.
Je sens encore plus de frissons quand je l'ai fini et que je le regarde. On pourrait y lire tout le désir et la force qu'il met dans son regard.
La sonnette de l'appartement me sort de mes songes.
Je vais ouvrir à Marina qui entre tout naturellement dans l'appartement comme si elle était chez elle, mais je pense qu'elle passe plus de temps chez nous que chez elle.
- Tu n'es pas encore prête ? On a rendez-vous avec les mecs dans trente minutes. Me fit-elle en sortant des vêtements de mon armoire.
- Marina, j'ai eu ma dose hier soir. Dis-je en me tapant sur mon lit.
- Rien du tout, on leur a promis de venir.
Marina comme toujours ne m'écoute pas et me lance un short court en jeans avec un top court noir.
- Attends t'es sérieuse ?! il fait froid ! M'exclamé-je.
- Tracasse la température va vite monter. Ricane-t-elle.
J'abandonne, prends les vêtements et vais me changer dans la salle de bain.
Derek
Aujourd'hui, je me rends à l'endroit choisi pour les courses. Nous changeons d'endroit tout les soirs pour ne pas se faire prendre par la police. Quoi que des fois c'est limite quand même mais je ne me suis jamais fait prendre.
J'arrive sur place avec ma Ducati rouge et banche comme tous les soirs où je compte faire une course et me gare à coté de la Mustang de Félicie.
Félicie est déjà entrain de draguer les pauvres mecs qu'elle va regarder dans son rétroviseur pendant la course. Je descends de ma moto, enlève mon casque et mets mes lunettes de soleil.
J'aime cette impression d'être inaccessible alors que tout le monde le sait maintenant que plus accessible que moi il n'y a pas.
Je fais le tour de la Mustang rejoignant Félicie.
- Tu martyrises déjà tes adversaires. Fis-je en m'appuyant sur sa voiture.
- Derek chéri, ne leur fais pas peur. Tu sais que je ne suis pas si cruelle que ça. Me lance t-elle en me faisant un clin d'œil.
Je me frotte les mains en souriant, elle est encore bien motivée ce soir.
Un groupe de gamins arrivent près de la ligne de départ avec leurs petites Suzuki toute nouvelle, je souris en fixant les petits nouveaux quand mon regard se porte sur la fille qui est près d'eux.
Elle porte un short court en jeans et un petit top noir qui moule parfaitement ses formes pourtant elle a l'air gênée vu sa posture. Par contre son amie semble beaucoup plus à l'aise vu la façon dont elle rit et touche dès qu'elle peut le gamin sur la moto.
- Tu regardes quoi ? Me demande Ayden en me donnant une bière Corona.
- Je regarde les petits nouveaux et leurs copines.
- Du menu frotin pour toi non ? Me lance Ayden en partant vers eux.
Je souris, il va vraiment me faire faire la course contre ces gamins.
Ayden
- Salut les jeunes ! Fis-je en arrivant près d'eux.
C'est qu'ils me toiseraient presque ces morveux !
- Vous voulez faire une petite course ? Leur demandé-je.
- Tu crois qu'on est venu faire de la figuration ! Me répond le petit blond se croyant sûrement malin.
- J'ai un bon plan pour vous. Mon copain là-bas cherche des adversaires si ça vous intéresse.
Je leur montre un mec à l'opposé de Derek qui se tient près de la Ducati pour les mettre en confiance. Si ils voyaient Derek ça serait mort tout de suite.
- Pas de soucis, on le prend quand tu veux. S'exclame le blondinet.
- OK OK disons dans vingt minutes alors.
- Pas de soucis ! Confirme-t-il.
Je retourne en pouffant de rire vers Derek et Félicie appuyés sur la Mustang.
- Tu ne leur as quand même pas fait le coup de Tom ? Me demande Félicie d'un air sévère.
- Qui moi ? Rigolé-je. C'est Derek qui a voulu s'amuser un peu.
Félicie toise Derek qui détourne la tête vers l'opposé en riant.
- Je vais faire un tour. Fait-il me laissant avec Félicie qui me frappe.
Derek
Ayden est comme un gamin quand il s'agit de faire pleurer des nouveaux. Toute personne qui connaît les courses sait que ma moto est celle que tout le monde craint. Ces deux-là sont venus pour faire les malins devant leurs copines et je vais devoir les écraser d'une poignée de gaz.
Je vais saluer plusieurs de mes connaissances sur place, après tout cela fait douze ans que je roule dans ses courses. J'ai grandi dans ce milieu depuis mon enfance, c'était ça ou entrer dans un gang mais vu que je n'aime pas les armes et que je ne me drogue pas, mon choix a été vite fait.
Je vais rejoindre un groupe de potes et bois une bière avec eux quand la blonde du club d'hier apparaît devant moi.
- Tu te souviens de moi ? Me demande-t-elle en me regardant langoureusement.
- Bien sur. Répondis-je en passant ma langue sur mes lèvres.
Il ne faut pas trois minutes pour qu'on se retrouve contre une voiture entrain de s'embrasser.
- Je suppose que tu n'as pas le temps maintenant ? Me demande-t-elle avec ses yeux de biche.
- Non j'ai une course dans dix minutes. Répondis-je .
- Dix minutes c'est assez non ? Insiste-t-elle.
Je détourne mon visage un instant pour voir où en sont les jeunes quand je croise de nouveau son regard posé sur moi.
Je ne fais plus attention à la fille qui m'embrasse dans le cou tout en se frottant contre moi. Je regarde cette fille là bas qui me fixe comme cette nuit dans la boîte de nuit.
Son regard me transperce complètement.
Alix
Je regarde les gens autour de moi laissant Marina parler avec les garçons; leur conversation de macho narcissique ne m'intéressant pas du tout.
Alors que je regarde les voitures et les motos qui se trouvent devant moi, mon regard se pose sur un couple qui s'embrasse et je reconnais les tatouages sur le bras.
Je recommence à les dessiner dans ma tête me rendant compte que j'ai oublié beaucoup de détails sur mon dessin que j'ai fait. Je suis à nouveau complètement obnubilée par ses tatouages quand je me souviens de son regard et relève le mien.
Je me rends compte qu'il me regarde encore, même si il a ses lunettes de soleil sur les yeux. Son visage est tourné vers moi et je peux sentir son intensité d'ici.
Je frémis en imaginant à nouveau son regard intense qui m'a transpercé la nuit dernière. Une fois de plus, je n'arrive pas à détourner mon regard alors que je sens de drôles de sensation en moi. Tout en lui a une telle présence que tout mon corps frissonne.
- Tu fais quoi ? Me demande le garçon avec qui on est venu posant son bras autour de ma taille.
Je me décale immédiatement, arrêtant de fixer l'homme aux tatouages.
- Rien, je regardais les voitures. Répondis-je en mettant mes bras croisés pour être sur qu'il ne me touche plus.
- On va bientôt rouler. Viens ou tu vas rater le départ. Me dit-il en gardant ses distances.
Derek
Je rêve où cette fille a reculé quand il l'a touchée ?
- Désolé faut que j'y aille. Fis-je à la fille qui est pourtant bien chaude maintenant.
- On se retrouve plus tard ? Me demande-t-elle pleine de désir.
Je lui fait mon sourire le plus charmant caressant son visage et posant mes lèvres sur les siennes mais honnêtement là, je suis plus obnubilé par cette fille qui me fixait encore.
Je repars vers Félicie, Ayden et les autres qui se rassemblent autour de ma Ducati.
Je jette un regard vers la fille en question qui ne semble pas avoir vu que j'étais là, pourtant nous ne sommes qu'à quelques mètres l'un de l'autre.
- Tu es prêt à mettre la pâtée à ses gamins ?! Me lance Ayden alors que je monte sur la moto.
Je souris et enlève mon T-Shirt.
- Tu ne vas pas recommencer ! Me lance Félicie avec un sourire narquois.
Elle comprend en effet que je suis bien motivé à leur foutre la trouille.
Alix
Je suis encore sous le choc de la présence qu'il dégage. Alors que je n'arrive pas à écouter ce que Marina me raconte, un bruit de moto à coté de nous me sort de mes songes.
- Oh mon dieu c'est quoi ce mec ! S'écrie Marina toute émoustillée. Il a un corps superbe, tu as vu ses tatouages ?
Je relève la tête vers la direction du bruit de la moto qui vient se placer à coté des deux garçons qui nous accompagnent et me fige.
Je reconnais ce bras remplit de tatouages pour l'avoir dessiné tant de fois depuis hier.
Mais ce n'est rien comparé au reste de son corps, son torse est entièrement tatoué d'un visage Tibétain revu façon pop rock qui tire la langue entouré de toutes sortes de mandala montant dans son cou où se trouve une fleur de Lotus rouge.
Et que dire de son dos entièrement tatoué d'une immense tête de mort avec la bouche ouverte montrant ses dents comme si elle allait nous dévorer arborant lui aussi des dessins de mandala.
Si j'étais déjà fan des tatouages sur son bras, là je suis totalement hypnotisée par son corps. Chaque détail est magnifiquement représenté.
- Alix. Fait Marina alors que j'essaye d'étudier les petits détails.
Marina me tape avec son coude.
- Quoi ? demandé-je enfin.
- Tu le connais ? Me demande-t-elle sans me regarder. Il est entrain de te dévorer du regard.
Je retourne mon regard vers le visage de l'homme sur la moto et frissonne d'un coup.
Ses yeux sont littéralement entrain de me dévorer alors qu'un coup de feu retentit et il démarre.