Je n'ai pas le souvenir d'avoir été témoin d'un geste de tendresse entre mes parents. Ni d'un mot gentil qu'ils auraient échangé. Il faut que je demande à ma sœur si quelque chose de cet ordre lui vient à l'esprit qui m'aurait échappé, au moins une fois au cours des cinquante ans où nous les avons côtoyés.
Le schéma classique de leur jeu relationnel, c'est que mon père dénigre et humilie ouvertement ma mère qui, de son côté, se plaint constamment de lui, revendique un statut de victime et s'emploie à nous liguer contre lui, sans se rendre compte qu'elle nous demande ainsi de détester une part de nous-mêmes. Cette mère qui est la douceur incarnée essaie depuis plus de cinquante ans de nous prendre en otage d'une relation toxique dans laquelle elle nous a toutes les trois enfermées. Elle seule a le pouvoir de mettre fin à ce cirque par un divorce. Malgré mes encouragements réitérés, elle n'a jamais choisi cette option qui nous aurait délivrées des humeurs lunatiques du tyran, permis peut-être d'ébaucher une autre relation avec lui chacune de son côté et qui lui aurait donné à lui une chance de se remettre en question. Elle ne l'a jamais fait, préférant gâcher sa vie et notre enfance. J'ai grandi et j'ai été moulée dans un climat délétère aussi pour mes futures relations affectives. Car réussir une vie de couple avec un pareil handicap de départ, c'est un sacré défi.
Première partie
La dépendance est une maladie insidieuse, progressive et mortelle. Héréditaire aussi, ai-je envie d'ajouter, non pour accabler mes ascendants, mais au contraire pour relever qu'ils ne sont pas plus responsables que moi du bagage qui leur a été transmis. Nous ne sommes pas responsables de notre maladie, mais nous sommes responsables de notre rétablissement.
On ne choisit pas d'être qui on est. Mais avec de bons outils, on a une certaine prise sur qui on devient.
L'un d'eux consiste à conserver sa pire image. À la garder précieusement sous le coude, afin de pouvoir la convoquer chaque fois qu'on serait tentée de flancher. Pour se rappeler d'où on vient et où on n'a pas envie de retourner. Ma pire image peut me sauver la vie. J'ai de la chance : il y en a deux qui me viennent immédiatement à l'esprit.
2000
Ma main serrée sur celle de Romain, j'essaie d'imprimer un rythme. Il tricote de ses petites jambes pour suivre la cadence. J'ai l'impression d'avancer avec le frein à main serré. C'est l'impatience plus que l'effort qui me fait transpirer. Dommage que le type n'ait pas été disponible avant la sortie des classes. Il a dit seize heures. Nous voilà enfin dans son quartier. Un peu en avance. Moi qui ne suis pas physionomiste des lieux pour un sou, j'ai pris mes repères. Un grand bâtiment hideux en bordure de voie, stores délavés, déchirés, la deuxième entrée.
Sur l'interphone, je sélectionne le bouton où il n'y a pas de nom. Aucune réaction. Je presse tous les autres et quelqu'un finit par déverrouiller la porte d'entrée de l'immeuble. On s'engouffre, on monte au premier. Je sonne, j'attends, je frappe, j'attends, je secoue la poignée.
En collant l'oreille contre la porte, j'entends pourtant des bruits de pas et de conversation. Je tambourine de plus belle, finis par sonner en continu jusqu'à ce que quelqu'un, enfin, daigne ouvrir. Une fille. Je lui demande où est son mec ; elle prétend être seule. S'apprête à refermer. J'ai tout juste le temps de glisser mon pied dans l'entrebâillement. Puis je repousse la porte avec la force que me confère toute la rage accumulée. « Ça va pas ? », crie la fille qui a failli se la prendre dans le front. « Qu'est-ce qui se passe ? » La voix du type me guide vers le salon. Il est là. Planqué. Sans rien à vendre. Lui qui m'a fait miroiter une beuh de première qualité, des quantités astronomiques pour une bouchée de pain, n'a pas la moindre boulette à me proposer en guise de dédommagement. Je me suis stressée pour rien. Si j'avais su que j'aurais affaire à un tel branleur, j'aurais pris mes dispositions. Ça m'apprendra à faire confiance. Je parle de plus en plus fort, je hurle, ma frustration se déverse en un flot d'insultes, une éruption de dépit. Je menace de m'incruster jusqu'à la livraison.
Le type réussit à me virer. Je décoche un violent coup de pied dans la porte avant de repartir bredouille. Mon petit Romain me regarde effaré. « Il t'a fait quoi le Monsieur ? »
Je lui explique que ce sinistre individu n'a pas tenu promesse : « C'est très vilain. » En effet, le respect de la parole donnée est une valeur que Paps et Mams ont enracinée en moi. Par des exemples plus constructifs.
2003
Un bus bondé. L'heure qui file. Les tâches qui s'accumulent. Et les devoirs de Romain. À caser quelque part entre la séance chez la psychomotricienne, la préparation du souper, puis le souper lui-même et les rangements. Sauf que les devoirs, c'est pas une mince affaire. Il faut compter d'abord une demi-heure de négociation, une demi-heure d'argumentation avec l'agacement qui monte de minute en minute, qui monte en même temps que la voix, et Romain qui se cabre et ma maigre patience qui s'érode pour qu'enfin, il accepte de s'y mettre, accepter est d'ailleurs un bien grand mot, c'est plutôt qu'il s'y résigne en désespoir de cause. Quand enfin il a le livre en main et moi la boule au ventre, les mots lui résistent, les lettres valsent, c'est parti pour durer des heures, sauf que les heures, on ne les a pas, il faut manger, il faut laver les enfants, il faut se dépêcher de les coucher pour pouvoir les lever assez tôt le lendemain et en remettre une couche avant de les amener à l'école, alors je m'exaspère, et je lui réexplique, sans comprendre ce qu'il ne comprend pas, ni où réside la difficulté. Ça, c'est les jours sans rendez-vous.
Romain est dyslexique. Une enseignante nous l'avait signalé dès l'école maternelle avec beaucoup de délicatesse : « Âge mental, deux ans ». Depuis, on consulte à tour de bras : logopédiste, psychologue, allergologue, toute une kyrielle de spécialistes, autant de solutions miracles qui se dérobent à nous. Romain se laisse trimballer de l'un à l'autre : « C'est quand qu'on va chez le vétérinaire ? »
Le jour du rendez-vous, je l'ai donc cueilli à la sortie des classes. La psychomotricienne, trajet inclus, va nous manger près de deux heures et je ne vois plus comment caser le reste. Pour essayer de glaner des secondes où je peux, je décide de mettre le trajet à profit. L'idée d'expédier le problème de math dans le bus n'emballe pas, mais alors pas du tout Romain. J'insiste. Je hausse le ton, sans du tout me soucier des gens qui nous entourent. Il n'y a plus que mon idée qui compte et la furie de ne rien maîtriser. Romain se braque. Sa résistance fait sauter ma dernière digue. Je lui brandis le cahier sous le nez en le sommant de lire l'énoncé de la question. Plus je le presse, moins il en est capable. Brusquement, je lui saisis le doigt et l'écrase sous la ligne en lui intimant de lire enfin cette putain de consigne de merde. Quelques passagers volent au secours de mon fils.
- Madame, vous ne voyez pas qu'il est paniqué ?
- Si vous voulez me remplacer, pas de problème. Sinon, vous vous la fermez.
- Courage, mon gars, je suis avec toi.
- Romain, si tu ne veux pas finir comme cet abruti, maintenant tu m'écoutes.
Quand on arrive chez la psychomotricienne, on n'a pas avancé d'une ligne. Mais je me suis mis tout un bus à dos.
Romain a pourtant été l'enfant le plus désiré de la terre. Un désir qui commence par Pierre.
1993
Fraîchement embauchée chez Caritas Suisse à Lucerne, je suis la seule employée de cette grande organisation à ne pas comprendre le suisse allemand. Mes collègues ont le respect des minorités. Dès que je m'assieds à leur table, le français... fédéral s'impose comme langue officielle. Ils échangent quelques banalités, puis l'envie de communiquer l'emporte et la conversation se germanise. Je m'accroche à des bribes, rate toujours les moments où l'on rit. Le « surchargé de la communication pour la Suisse romande » passe quant à lui d'une langue à l'autre comme un amphibie. J'admire cette dextérité mentale. Et ce n'est pas la seule chose que j'admire en lui. Pierre dégage un mélange de tristesse et de bonté qui me va droit au cœur. Un jour, le hasard m'a accordé la faveur de le rencontrer dans le train. Ce jeune père séparé rentrait de Genève. Quatre heures de trajet aller et quatre heures retour pour voir sa fille. Sauf qu'il avait trouvé porte close. Faute de pouvoir joindre la mère, il s'était résigné, après une demi-heure d'attente, à repartir bredouille. Sa détresse m'avait chavirée.
Voilà des semaines que je gamberge sur la manière de donner à notre relation une tournure plus personnelle. Il me tend la perche en affirmant qu'à Lausanne, on ne trouve plus aucun établissement ouvert passé une certaine heure. Il a raison. Au début des années 90, Lausanne est encore qu'une bourgade champêtre bien loin de la festive noctambule des années 2000. Entre quatre et cinq heures du matin, elle dort sur l'ensemble de son territoire.
Je le sais, mais exclu de l'admettre. Piquée au vif, je concocte donc un plan qui poursuit deux visées : passer une nuit entière avec lui et le convaincre de l'incessante vie nocturne de la capitale vaudoise. Le second point implique une solide dose de mauvaise foi, un timing bien précis et des choix d'établissement assez contestables, mais qu'à cela ne tienne, je lance le pari qu'on peut s'y éclater toute la nuit.
La Tomate, boîte déjà ringarde à l'époque, présente l'indéniable avantage de se situer tout en haut de la ville. En y dansant jusqu'à la fermeture, on peut, selon mes calculs, gagner ensuite le buffet de la gare à pied et, pour peu que la balade prenne une tournure suffisamment romantique, occulter l'heure morte en arrivant juste après l'ouverture.
Chemin faisant, une aubaine me sourit. Par le plus grand des hasards, notre tournée des grands ducs coïncide avec la Nuit du cinéma et l'Athénée projette un film à quatre heures du matin. L'événement doit se produire une fois tous les dix ans. Sur le ton blasé de celle qui a l'embarras du choix, je lui demande s'il ne préférerait pas un arrêt cinéma. Cette nuit-là, je gagne ainsi mon pari et bien plus encore. Pierre est impressionné par la vie nocturne lausannoise. Et moi par la chance que j'ai de serrer sa main dans la mienne.
Le bonheur, ça ne se raconte pas. Tout au plus puis-je essayer de l'esquisser par quelques touches qui donneront une idée de la couleur générale.
Mon amoureux cumule toutes les qualités. Altruisme et générosité. Humour et sensibilité. Un bagage de cinq langues, une encyclopédie sur pied. Un corps de karatéka, normal, il fait du karaté. Sans oublier la créativité. Des idéaux, des rêves. Une place pour moi dans ses projets. Une oasis de français dans ma ville d'adoption.
De temps en temps, il me demande quand on va se marier et avoir des enfants. Je ne sais pas s'il plaisante ou s'il est sérieux. J'ai une nette préférence pour la seconde option, surtout en ce qui concerne l'idée de procréer. Nos fibres sociales entrelacées en une jolie bouture.
Mais je n'ose pas le lui dire, de peur d'être déçue. Ce qu'il a vécu dans son ancienne relation, la confiscation de son premier enfant, l'impunité avec laquelle la mère de sa fille bafoue les décisions de justice, le chagrin dont je suis témoin, font que je lui projette plein de réserves et de réticences à l'idée de recommencer. Je garde dans le secret de mon cœur ce désir de progéniture qu'il nourrit parfois de petites allusions et prends ostensiblement la pilule devant lui tous les matins, après avoir pris soin de remplacer le contenu de la boîte par d'anodines pastilles contre la toux. Quand je serai enceinte, il ne pourra que craquer face au fait accompli.
En attendant, je pleure en cachette à chaque menstruation.
***
Quand je rencontre Pierre, il y a longtemps que les joints font partie de mon quotidien. Les premiers à la pause de midi et les suivants sitôt rentrée du travail. Impossible de concevoir une journée sans. Mon seul fragment de discipline consiste à les éviter dans la matinée. Lui fume aussi, quoique beaucoup plus sobrement. Sa règle, c'est un pétard par jour, un seul. Mais pour en profiter le plus longtemps possible, il se l'offre en guise de petit déjeuner. En nous unissant, nous fusionnons nos habitudes : j'adopte le joint du matin, lui les pétards du soir. Je vis sur un double nuage.
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Pour la troisième fois consécutive, mon amoureux m'emmène au Letten. À cette époque, ce quartier de Zurich est la scène ouverte de la drogue. Un immense rassemblement de toxicos, un local d'injection à ciel ouvert. Autour de nous, des épaves décharnées végètent dans l'entre-deux mondes. Certains s'agacent à se chercher une veine encore pas trop nécrosée dans le bras, la cheville ou le cou, tandis que d'autres longent les rails de la voie désaffectée pour récupérer des fonds d'héroïne dans des seringues usagées. C'est la cour des miracles, partout des peaux nécrosées et couvertes d'abcès, des zombies errant, des gens affalés dans les détritus et quelques bonnes sœurs venues distribuer à manger à ceux qui songent encore à s'alimenter. Du haut d'un pont surplombant la scène, un père de famille venu observer cette faune avec ses enfants pour s'économiser une visite au zoo.
Pierre est l'un des premiers à consacrer un reportage à ce sujet. Il l'intitule « Par un beau dimanche en enfer ». Moi, je mesure mal toute l'horreur de ce que je vois. Mon regard est faussé par la présence de mon journaliste préféré. Avec lui, où que j'aille, je me sens au paradis.
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Dur de partir un mois, presque à l'autre bout du monde et de surcroît avant l'ère des téléphones portables, texto, courriels et autres liens virtuels, quand on est retenue en Suisse alémanique avec toute la force d'attraction d'un amour récent. Mais une promesse est une promesse, c'est très mal de ne pas les respecter, n'est-ce pas futur Romain ? et j'ai une amie qui compte sur moi.
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Quand l'ennui de Pierre se fait trop violent, je trouve un fax où lui envoyer quelques mots tendres et passionnés. Comme je n'ai pas d'adresse fixe, sa ou ses réponses m'attendent à des milliers de kilomètres, dans une poste restante de New Dehli où nous passerons vers la fin du voyage.
Les jours et les semaines s'égrènent au rythme nonchalant de l'Inde, avec leur lot d'aventures rocambolesques et quelques visions de dénuement qui nous choquent profondément. Lorsque Béa et moi arrivons enfin à la capitale, ma première visite est pour la poste. Ce ne sont pas une ou deux lettres qui m'attendent, mais toute une liasse. Assise sur une marche d'escalier, je les savoure dans l'ordre chronologique, ce qui me permet d'apprécier pleinement leur évolution. Au fil des pages, l'attirance se mue en attachement, la joie de m'avoir rencontrée en un profond désir de me garder. L'une des dernières déclare que ce n'est plus seulement mon corps, mais mon âme qu'il désire enlacer. C'est du moins ce que je crois distinguer à travers mes larmes.
Rien de tel qu'un éloignement pour consolider un amour naissant.
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Notre relation intime ayant pris naissance dans un cadre professionnel, nous avons tout d'abord cultivé une certaine discrétion. Fatalement, quelques collègues finissent par nous croiser ensemble. Certains savent, d'autre pas, aussi décidons-nous d'officialiser.
Depuis quelques semaines, nous relevons quotidiennement un défi personnel qui se corse à mesure qu'on s'enfonce dans l'automne : se tremper tous les jours dans le lac à partir d'un escalier que nous avons rebaptisé la playa romande. C'est là que nous convions nos collègues à un petit apéritif. Forcément assorti d'une baignade. Après tout, on n'est qu'en novembre. L'amour nous immunise du froid.
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« Il y a une église en face, vous deux, il faut vous marier », plaisante le serveur d'un bistrot parisien. Des décennies plus tard, sa réflexion me revient en mémoire. Pierre et moi, c'était de l'ordre de l'évidence.
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L'euphorie de l'amour nous donne envie de nous griser de moments forts, soif d'adrénaline, orgie d'inoubliable, surenchère de folie. La grue se dresse au bord d'un promontoire rocheux. Quinze à vingt mètres au-dessus du lac. Pierre grimpe le premier, je m'engage à sa suite. Seul un sautoir accroché à la taille nous sécurise. Je ne comprends pas bien comment. Mon ami fait trembler l'échelle, je me cramponne à chaque barreau, de plus en plus crispée à mesure qu'on s'élève, usant mes forces à me tenir. Surtout ne pas regarder en bas. Nous atteignons enfin la plateforme tremplin. Je tremble comme un veau nouveau-né. Pierre s'équipe et se jette dans un grand cri. Je le vois rebondir trois ou quatre fois, puis s'immobiliser tête en bas. C'est mon tour.
Le simple fait de m'avancer au bord du vide est déjà une épreuve. Le poids de l'élastique accroché à mes chevilles cherche à m'y entraîner. L'hésitation me met au supplice, je dois me décider. Juste une petite impulsion à donner, la suite ne dépend plus de moi. Je m'accroche à l'idée que je n'ai presque rien à faire. D'autres personnes arrivent qui attendent leur tour. Je ne peux pas me taper la honte de redescendre par l'échelle. Et mes bras n'en ont plus la force.
Je saute en serrant les dents. Le lac se rapproche de plus en plus vite, au dernier moment il freine et seul le haut de mon crâne entre en contact avec l'eau. Me voilà déjà aspirée en arrière. Le film se déroule à l'envers, je remonte, presque jusqu'au point de départ pour un deuxième vertige pire que le premier. Arrivée au point d'inertie, je ne sens plus, comme lors de la première chute, la résistance de l'air. Me voilà en apesanteur, aucun appui nulle part comme ces dessins animés à l'instant où ils comprennent qu'ils n'ont plus pied, avant de tomber. Mes organes flottent dans tous les sens. Puis je retombe, avec l'élan en moins et la conscience que cette atroce sensation va recommencer. Encore deux-trois aller-retours et je finis par m'immobiliser au bout de mon fil, tête à l'envers comme une chauve-souris et les idées brassées. Malgré l'inconfort de la position, un énorme fou rire me prend. Quand le rameur vient me décrocher, je suis encore en train de me gondoler aux larmes. Quel beau dimanche, on s'est offert !
***
Héritage de mes coups de cœur d'enfance, j'ai un rat comme animal de compagnie. Un rat en liberté dans l'appartement, sa cage n'étant destinée qu'au transport. Comme j'ai peu de temps à lui consacrer, il est resté assez sauvage et je dois beaucoup ruser chaque fois qu'il faut le capturer. Quand on décide que je vais m'installer chez Pierre et résilier mon bail, il ne me vient même pas à l'esprit que ma bestiole et mon refus de l'emprisonner pourraient déranger mon amoureux. Et le fait est que celui-ci m'accueille à bras ouverts avec rat et principes.