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The mission :Entre les griffes de la mafia

The mission :Entre les griffes de la mafia

Auteur:: Lovely241
Genre: Romance
Morgan Williams, capitaine de brigade d'élite, est choisie pour une mission risquée : infiltrer le cartel de drogue dirigé par Yasinkov, surnommé le Caméléon. Un homme aussi insaisissable que dangereux, opérant depuis la Russie, capable de se dissimuler derrière des identités multiples. L'objectif de Morgan est clair : se rapprocher de Yasinkov, gagner sa confiance, et finalement le livrer à la justice. Mais au fil des mois, plongée dans cet univers criminel, elle découvre un homme bien plus complexe qu'elle ne l'imaginait. Charismatique, intelligent, et séduisant, Yasinkov bouleverse ses certitudes. La mission prend une tournure inattendue, et Morgan tombe amoureuse de lui. Pendant ce temps, aux États-Unis, les autorités commencent à s'inquiéter. Son silence est de plus en plus suspect. Après plusieurs mois sans nouvelles, le FBI décide d'intervenir, envoyant une équipe pour récupérer Morgan et la ramener vivante aux États-Unis. L'objectif : la juger pour la trahison qu'elle semble avoir commise en se compromettant avec un criminel. Mais Morgan se retrouve déchirée entre sa loyauté envers son pays et ses sentiments pour Yasinkov. Alors que la pression monte et que la mission devient de plus en plus complexe, la guerre intérieure de Morgan devient aussi redoutable que la mission elle-même. La frontière entre justice et amour est floue, et elle doit maintenant choisir : protéger l'homme qu'elle aime ou assumer sa trahison envers sa propre nation.

Chapitre 1 Chapitre 1

Le bureau du commandant était plongé dans une semi-obscurité, seul un rai de lumière perçait à travers les stores. Morgan Williams, capitaine de brigade, se tenait droite, à l'écoute, son regard fixé sur l'homme assis derrière le bureau. Le commandant la fixait avec intensité.

- Capitaine Morgan, vous devez sans doute vous demander pourquoi vous avez été convoquée ici.

Elle ne répondit pas tout de suite, attentive à ce qui allait suivre.

- C'est pour vous confier une mission, poursuivit-il. Une mission que vous seule êtes en mesure de mener à bien. Elle correspond parfaitement à votre profil... mais soyez prévenue : elle est dangereuse, très dangereuse. Discrétion, stratégie et adaptation seront vos meilleures armes.

Morgan fronça légèrement les sourcils, mais garda son calme.

- Sans vouloir vous offenser, mon commandant, je...

- Êtes-vous en train de discuter les ordres ? coupa-t-il sèchement.

Elle se redressa, au garde-à-vous.

- Non, mon commandant.

- N'oubliez pas que vous avez prêté serment : protéger et défendre votre pays, quels qu'en soient les risques.

- En quoi consiste cette mission ?

Le commandant esquissa un sourire satisfait.

- Voilà l'état d'esprit que j'attendais. Vous devrez infiltrer l'un des plus puissants cartels internationaux. Trafic de drogue, d'organes, d'armes... tout y passe. Vous allez devenir l'une des leurs afin de démanteler leur réseau de l'intérieur.

Morgan afficha un sourire confiant.

- Ça ne devrait pas être trop compliqué.

Le commandant secoua la tête, amusé par son assurance.

- Ne soyez pas trop sûre de vous. Regardez bien cette photo, dit-il en la lui tendant. Voici Yasinkov, surnommé le Caméléon. L'un des bras droits de Volodimir.

Le nom fit réagir la jeune femme.

- Volodimir ?

- Ce nom vous est familier ?

- Oui. Il est à la tête d'une branche de la mafia russe.

- Exact. Et l'un des criminels les plus dangereux que nous ayons jamais traqués. Si vous êtes découverte, vous serez immédiatement désavouée.

- Je comprends, mon commandant. Je ferai tout ce qu'il faut pour réussir.

- C'est ce que je veux entendre. Vous devrez nous transmettre toutes les informations possibles : noms, lieux, activités, réseaux. Dès maintenant, vous nous remettez votre arme et votre insigne. Officiellement, vous n'existez plus.

Morgan hocha la tête. Elle savait ce que cela impliquait.

- Nous allons effacer toute trace de votre existence, y compris à l'état civil. Vous renaîtrez sous une nouvelle identité. Nouveau nom, nouvelle apparence, nouveau passé.

Le commandant sortit un dossier et le lui tendit.

- Vous vous appelez désormais Ekaterina. Vous vivez seule. Vos parents ont été tués dans un attentat commandité par Sergeï, rival de Volodimir. Vous êtes assoiffée de vengeance. Pour cela, vous vous êtes plongée dans le trafic illégal de stupéfiants. Votre objectif : approcher Yasinkov, gagner sa confiance et lui proposer vos services. En échange, il vous promettra la tête de Sergeï sur un plateau d'or.

Il marqua une pause.

- La mission se déroulera à Moscou. Vous devrez vous installer là-bas jusqu'à ce qu'elle soit accomplie.

- Très bien, répondit-elle simplement.

- Posez vos questions si vous en avez. Et n'ayez aucun scrupule à refuser si vous ne vous en sentez pas capable. Je peux envoyer quelqu'un d'autre.

Morgan éclata de rire.

- Ne vous inquiétez pas pour moi, Commandant. Dites-moi simplement quand je pars.

- Demain. Voici vos nouveaux papiers. Bonne chance, Mademoiselle Ekaterina.

- Je vous tiendrai informé de chaque avancée.

- Capitaine Morgan.

- Oui, mon commandant !

- N'oubliez pas de passer par l'équipe maquillage et esthétique.

- J'y vais immédiatement.

Quelques heures plus tard, Ekaterina - ou plutôt Morgan, encore elle sous ce nom - se tenait devant un miroir. Elle avait du mal à se reconnaître. Ses cheveux roux coupés au carré avaient laissé place à une longue prothèse capillaire brune descendant jusqu'au bas du dos. Ses yeux, désormais d'un noir profond grâce aux lentilles, lui donnaient un air totalement différent.

- C'est bien moi ? murmura-t-elle.

Ils avaient fait un travail remarquable. Même sa façon de parler avait été modifiée, tout comme sa posture, ses gestes, son maquillage. Une transformation totale.

Elle soupira. Elle allait devoir s'habiller vulgairement, jouer un rôle à mille lieues de sa nature. Mais elle était prête à relever le défi.

Ce qui la préoccupait le plus, c'était l'absence. Elle allait devoir laisser Santiago, son fils de trois ans. Il était tout pour elle, son unique raison de se battre. Le laisser lui brisait le cœur.

Heureusement, Thomas, son petit ami, serait là. Marin rencontré lors d'une croisière, il avait rapidement pris une place dans sa vie. Pas l'amour de sa vie, mais un homme bien. Il aimait Santiago comme son propre fils.

Le père du petit les avait abandonnés dès qu'il avait appris la grossesse. Un lâche. Depuis ce jour, elle s'était juré de ne plus dépendre de personne.

Elle se redressa. Ses yeux bleus brillaient d'une détermination froide.

Morgan Williams, 27 ans, capitaine de brigade, mesurant près d'1m80, allait bientôt devenir Ekaterina. Et cette mission, elle comptait bien la réussir, quoi qu'il en coûte.

Après un long briefing avec le commandant et une transformation complète assurée par l'équipe d'esthéticiennes et maquilleuses de la mission, elle rentra chez elle. Entre joie et peine, son cœur balançait. Heureuse, car une mission d'une telle envergure lui était enfin confiée ; mais triste à l'idée de devoir laisser derrière elle ce qu'elle avait de plus précieux : son fils.

Elle savait que son absence durerait longtemps - peut-être des mois, voire des années. L'idée qu'il puisse l'oublier durant ce laps de temps lui serrait la gorge. Santiago n'était encore qu'un enfant. Elle, qui avait tant souffert d'un vide parental dans sa propre enfance, avait toujours veillé à être présente pour lui. Mais cette mission... elle ne pouvait pas la refuser. C'était une opportunité en or pour monter en grade, prouver que les femmes pouvaient, elles aussi, défendre la patrie. Elle voulait que son fils dise un jour : "C'est maman qui a fait ça."

Thomas, son compagnon, comprendrait. Lui aussi était un militaire. Lui aussi avait été absent, longtemps. Certes, il n'avait pas d'enfant, mais il restait un homme posé, calme, compréhensif.

Lorsqu'elle franchit le seuil de l'appartement, le silence qui l'accueillit fut de courte durée. Santiago, assis sur le tapis du salon, leva les yeux. Son feutre tomba de ses doigts.

- Maman ?! s'écria-t-il, les yeux écarquillés.

Il resta figé une seconde, bouche bée, avant de se lever d'un bond et de courir vers elle.

- Maman, c'est toi ? Tu as changé !

Elle s'accroupit pour l'embrasser et le serra contre elle, le cœur serré par l'émotion.

- Oui, mon ange, c'est bien moi.

- Mais... t'as les cheveux rouges ! Et t'as l'air... différente... trop belle ! s'exclama-t-il, les yeux brillants.

Elle éclata de rire.

- C'est gentil, mon chéri. Tu trouves que ça me va ?

Il hocha la tête avec enthousiasme.

- T'es comme une super-héroïne ! Comme dans les films !

À ce moment-là, Thomas apparut dans l'encadrement de la porte, stoppé net par la vision qui s'offrait à lui. Il la détailla lentement des pieds à la tête, un sourcil levé.

- Wow... Je... c'est toi ? dit-il en s'approchant.

Elle se releva doucement, un sourire en coin.

- Tu n'aimes pas ?

- Attends, laisse-moi m'habituer... Tu es... méconnaissable. Mais c'est... spectaculaire. Tu es magnifique, souffla-t-il en posant une main sur sa taille.

- Tu crois ? demanda-t-elle en arquant un sourcil.

- Je suis sérieux. On dirait une autre femme. Une star de cinéma. T'es... bluffante.

Santiago leva les bras.

- Je l'ai dit avant toi ! C'est une super-héroïne !

Thomas lui ébouriffa les cheveux.

Chapitre 2 Chapitre2

_Tu as raison, fiston. Ta maman est incroyable.

Elle embrassa chaleureusement son fils, puis Thomas. Son cœur se serrait, mais elle s'efforçait de rester forte. Après une douche rapide, elle revint vêtue d'une nuisette, s'allongea dans leur lit. Thomas y était déjà, l'attendant, devinant sans doute que quelque chose se tramait.

- Où est Santi ? demanda-t-elle doucement.

- Il est dans sa chambre. Il gribouille avant de dormir, répondit Thomas, la serrant par la taille. Quelque chose ne va pas ?

- Si, tout va bien, répondit-elle avec un sourire. Justement, je dois t'annoncer quelque chose.

- Quoi donc ?

- Je pars en mission... en Russie.

- En Russie ?! Et pour combien de temps ?

- Je ne sais pas encore... Tu pourrais t'occuper de Santiago ?

- Bien sûr, répondit-il sans hésiter.

- Tu ne m'en veux pas ?

- Non. Tu sais que j'ai aussi prêté serment. Tu peux compter sur moi.

- Vraiment ?

- Vraiment. Il est comme un fils pour moi. Mais promets-moi d'être prudente. Cette mission... elle consiste en quoi exactement ?

- Tu sais bien que je ne peux pas t'en parler. C'est confidentiel.

Thomas hocha la tête. Un silence s'installa. Elle n'aimait pas ces atmosphères lourdes.

- Bon... Je vais voir Santi. Il faut que je lui parle aussi.

Santiago était effectivement occupé à dessiner quand elle entra dans sa chambre.

- Coucou, mon ange !

- Maman ! s'écria-t-il, joyeux.

- Alors, quelles sont les news ?

- Rien de spécial. Et toi ?

- C'était la galère..., dit-elle, puis éclata de rire en voyant sa mine inquiète.

- Hein ?

- C'était une blague, mon cœur. J'ai passé une journée géniale. Et tu sais quoi ? Je me suis fait une nouvelle amie. Roxane. Elle est très gentille.

- C'est génial ! répondit-il, son regard s'éclairant. Mais... pourquoi as-tu changé de look ? Tu vas quelque part ?

Elle s'assit à ses côtés et lui prit doucement la main.

- Mon ange... Maman va devoir partir quelque temps. Tu vas rester avec Tonton Thomas, d'accord ?

- Tu m'abandonnes ?

- Non, jamais. Je dois partir pour le travail. Mais je t'aime plus que tout. Tu le sais, hein ?

Les larmes commencèrent à monter dans les yeux de l'enfant.

- Maman, pars pas...

- Je dois y aller, mon chéri. Tu sais ce que je fais dans la vie, n'est-ce pas ?

- Oui... Tu sauves des vies. Maman est une brave soldate.

- Voilà. Et cette fois, c'est une mission très importante. Des vies sont en jeu. Si tu m'en empêches, des milliers de personnes risquent de mourir. C'est ça que tu veux ?

- Non...

- Alors sois un brave garçon. Brosse-toi les dents et va au lit.

- D'accord, murmura-t-il en se dirigeant vers la salle de bain.

Elle le borda, lui raconta une histoire, et attendit qu'il s'endorme. Un jour, il comprendrait. Un jour, il serait fier d'elle. Ce soir-là, elle dormit à ses côtés. Thomas, un peu déçu, respecta son choix.

Demain, à l'aube, elle ne serait plus là.

Le lendemain, 4h00

Elle se réveilla avec peine, les paupières encore lourdes de la nuit agitée. Le stress l'avait empêchée de trouver le sommeil. La mission approchait, et bien qu'elle tente de se rassurer, une boule d'angoisse lui tordait l'estomac. Elle espérait réussir, mais une partie d'elle savait qu'il ne suffirait pas simplement de "le charmer", ce fichu Yasinkov.

Après une douche rapide, elle s'habilla sans perdre de temps, prit un petit-déjeuner sur le pouce, puis alla embrasser tendrement Thomas, encore à moitié endormi. Elle se rendit ensuite dans la chambre de son fils, le regarda un long moment dormir paisiblement, le cœur serré. Elle le prit doucement dans ses bras, lui offrit un câlin et un baiser sur le front, puis déposa une photo d'eux deux à côté de son oreiller. Une promesse muette, un petit souvenir au cas où les choses ne se passeraient pas comme prévu.

Sur la pointe des pieds, elle quitta l'appartement.

Un taxi l'attendait en bas. Direction : l'aéroport.

Moscou, Russie

À son arrivée à Moscou, l'air glacial la saisit. Elle repéra tout de suite un homme brandissant un panneau avec son nom de couverture : Ekaterina. Elle lui emboîta le pas sans un mot. Il la conduisit à un taxi sans même monter avec elle. Étrange. Le chauffeur, silencieux, lui remit une enveloppe sans un regard.

Elle descendit devant un hôtel luxueux. Il ne lui dit pas un mot, ni un au revoir. Juste un léger signe de tête. Une conduite presque militaire. Bizarre.

Une fois à la réception, elle donna ses papiers d'identité falsifiés. On lui remit la clé de sa chambre. Par précaution, elle évita l'ascenseur et monta par les escaliers de secours. La discrétion avant tout.

Une fois dans sa chambre, elle s'empressa d'ouvrir l'enveloppe. Dedans : plusieurs photos, des noms, des adresses. Probablement les cibles à surveiller. Rien d'autre. Pas un mot, pas une consigne. Juste les faits bruts.

Elle envoya un message bref au commandant pour signaler son arrivée, puis s'allongea un instant. La fatigue du voyage la rattrapait. Elle s'autorisa une courte sieste.

Trois heures plus tard

Elle se réveilla plus reposée. Première pensée : son fils. Elle attrapa son téléphone et tenta d'appeler Thomas. Répondeur. Une pointe de déception. Alors elle envoya un message à sa sœur. La réponse fut immédiate : le petit était avec elle, tout allait bien.

Rassurée, elle se prépara rapidement et sortit de l'hôtel. Elle devait s'imprégner des lieux, apprendre à se fondre dans la masse. Sa première mission : ressembler à une Moscovite typique. Et cela passait par... du shopping.

Elle troqua talons aiguilles et robes moulantes contre baskets, joggings larges et casquettes. Un vrai look de garçon manqué. Se regardant dans la glace d'une boutique, elle eut du mal à se reconnaître. La transformation était radicale, presque douloureuse. Elle, si coquette, si féminine. Mais c'était le prix à payer. La mission avant tout.

Une fois les emplettes terminées, elle sauta dans un taxi et donna la première adresse figurant sur le papier. Elle demanda au chauffeur d'accélérer. Il ne fallait pas qu'on la repère.

« Déposez-moi un peu plus loin », ordonna-t-elle en russe approximatif. Il obéit.

Elle avait changé de tenue en cours de route. Pantalon, tee-shirt large, baskets, casquette enfoncée sur la tête. Prête pour sa nouvelle identité.

Elle allait devoir louer une voiture, trouver un appartement dans le quartier, et surtout, se rapprocher d'eux. Tout commençait maintenant.

Chapitre 3 Chapitre 3

Ekaterina était plongée dans ses pensées, en pleine immersion dans son rôle. Concentrée, elle avançait d'un pas vif à travers la cité sans vraiment faire attention à ce qui l'entourait. Soudain, elle heurta violemment une jeune femme. Cette dernière avait une vingtaine d'années, peut-être un peu plus. Son teint mat et ses longs cheveux blonds qui descendaient jusqu'à sa taille lui donnaient une allure saisissante. Ses yeux noirs lançaient des éclairs.

- Putain ! Hé, pouffiasse, regarde un peu où tu mets les pieds ! lâcha la jeune femme d'un ton sec.

Ekaterina leva un sourcil, croisant les bras.

- Hé, la morveuse, baisse d'un ton quand tu t'adresses à moi. On n'a pas élevé les poules ensemble, que je sache.

- Tu te fous de moi ? Tu crois que t'es qui ? Ici, c'est chez moi. Alors, à ta place, je redescendrais.

- Ah bon ? Parce qu'il y a ton nom écrit quelque part ? J'ai dû le rater. Donc à ce que je sache, c'est chez tout le monde. T'inverses les rôles, là.

Elle ponctua sa remarque d'un sourire moqueur. La tension monta d'un cran.

- Toi, tu me cherches ! cracha l'inconnue.

- Tu ne me fais pas peur, répondit calmement Ekaterina en baillant.

La jeune femme s'approcha, poings serrés, prête à frapper. Ce qu'elle ignorait, c'était qu'Ekaterina pratiquait le ninjutsu depuis l'enfance. Formée à se défendre et à neutraliser rapidement ses adversaires, elle n'était pas du genre à se laisser intimider.

En une seconde, Ekaterina attrapa le bras de son assaillante, le lui tordit, fit une balayette et la fit tomber au sol avec une facilité déconcertante. Sans perdre une seconde, elle enchaîna quelques coups de pied bien placés, assez pour la sonner, mais sans lui causer de blessures graves. La jeune femme au sol semblait dépassée.

- Je voulais m'excuser au départ, mais tu m'as cherchée. Alors ne viens pas te plaindre, lança Ekaterina en secouant la tête.

À sa surprise, l'autre se releva lentement, chancelante mais tenace.

- Bravo, dit Ekaterina en applaudissant avec sarcasme. Je ne pensais pas que tu tiendrais debout.

- Tu ne sais pas sur qui t'es tombée. Tu vas me le payer.

Elle tenta de lui rendre la balayette, mais Ekaterina la para de justesse. Ce fut l'étincelle de trop. Les deux jeunes femmes se jetèrent l'une sur l'autre dans une bagarre féroce, sous les regards curieux et excités des passants. Deux lionnes, deux énergies explosives. Ekaterina savait qu'elle devait marquer le territoire si elle voulait se faire respecter ici.

Essoufflées, elles finirent par s'éloigner d'un pas, sans toutefois baisser leur garde.

- Je dois avouer que tu te bats plutôt bien... pour une blanche, lâcha la jeune femme entre deux souffles.

- Toi aussi... pour une... T'es quoi au juste ? répondit Ekaterina avec un sourire en coin.

- Sérieux ?

- C'est une blague, répondit-elle, amusée.

Un silence. Puis un sourire. Un début de respect naissait.

- Moi c'est Yulia, dit la jeune femme.

- Yulia, répéta Ekaterina. Moi, c'est... personne.

- Eh bien, enchantée, personne.

Elles se serrèrent les poignets avec force, comme un pacte tacite entre deux combattantes.

- T'es nouvelle ici ? Je t'ai jamais vue traîner par ici.

- Oui, je vis à l'hôtel pour l'instant. Je cherche un appart pas trop cher.

- Ok.

- Bon, je dois y aller, il se fait tard.

- Bien sûr.

- On se reverra peut-être. Cette fois, tu pourras tenter de prendre ta revanche.

- T'inquiète, j'y compte bien.

Un sourire en coin. Un clin d'œil. Ekaterina héla un taxi et disparut dans la nuit. Cette rencontre avait été intense, mais révélatrice. Yulia n'était peut-être pas une ennemie. En tout cas, elle pourrait s'avérer utile. Elle connaissait les lieux, elle avait une certaine influence. Gagner sa confiance pourrait ouvrir bien des portes.

Et Ekaterina, pour réussir sa mission, était prête à tout. Même à se servir des autres.

Trois mois plus tard

Cela faisait maintenant trois mois qu'elle avait posé les pieds dans cette cité. Sept mois sans voir son fils, son bébé. Il lui manquait à en crever. Chaque jour loin de lui était un poids supplémentaire sur ses épaules, mais elle tenait bon. Elle se rapprochait du but, lentement, méthodiquement.

Heureusement, elle gardait un contact régulier avec Thomas. Il lui passait souvent son fils au téléphone, même si elle sentait que sa voix tremblait parfois, de fatigue ou d'émotion. Il lui avait récemment annoncé qu'il repartirait bientôt en mer, pour environ trois semaines. Rien d'alarmant, il lui avait promis. Sa sœur et leur mère s'occuperaient du petit. Ce simple détail avait suffi à la rassurer, à lui donner la force de continuer.

Depuis son arrivée, elle s'était bien adaptée au quartier. Elle avait trouvé un petit studio non loin de l'adresse transmise par le commandant. Elle ne s'était pas encore risquée à approcher Yasinkov ou sa bande – c'était trop tôt. Elle ne connaissait ni les lieux, ni les règles implicites qui régnaient ici.

Mais au bout de deux mois, tout avait changé. Elle connaissait désormais presque tous les visages du quartier. Les habitants s'étaient montrés chaleureux, bienveillants même. Ses voisins l'avaient immédiatement adoptée comme une fille du coin, et elle avait trouvé ça presque émouvant. Elle qui venait d'un monde froid, égoïste, sans solidarité... Ici, les gens se soutenaient, malgré la misère, malgré la violence.

Parmi eux, une femme avait pris une place spéciale dans son quotidien : sa voisine, Tanya. Une femme forte, digne, malgré les épreuves. Elle voyait en elle une figure maternelle, un modèle. Tanya avait cette douceur mélangée à une fermeté naturelle. Ses enfants ne venaient même plus la voir, ce qui brisait quelque chose en elle. Et pourtant, elle gardait la tête haute. Cela forçait le respect.

Mais tout n'était pas rose.

Les hommes du quartier ? Des chiens, pour la plupart. Toujours à traîner dehors, à reluquer tout ce qui passait. Il suffisait d'une paire de seins ou d'un fessier bien rempli pour qu'ils se transforment en bêtes en chaleur. Pour eux, une femme servait à baiser, faire le ménage, pondre des gosses. C'était leur vision étriquée du monde.

Lorsqu'elle avait emménagé, plusieurs gars s'étaient proposés pour l'aider à monter ses affaires. Elle avait accepté, par nécessité. Mais très vite, ils avaient cru qu'elle leur devait quelque chose. Ils s'étaient imaginés qu'elle allait leur céder comme tant d'autres. Mauvais calcul. Elle leur avait montré qu'elle n'était pas de celles qu'on manipule ou qu'on possède. Elle en avait même humilié quelques-uns. Une ou deux bagarres avaient éclaté, rien de bien grave... juste de quoi remettre les pendules à l'heure.

Depuis, plus personne ne la calculait vraiment. Les « teneurs de mur » – comme elle les appelait – avaient compris la leçon. Elle parlait comme eux maintenant, se fondait dans la masse. Et ils avaient saisi qu'elle n'était pas une p*te, qu'elle ne leur accorderait ni regard, ni attention.

Leur attitude l'écœurait. À quoi bon traîner là toute la journée, à vendre de la drogue pour deux billets, au lieu de chercher un vrai travail, de se battre pour sortir de là ? Mais elle ne disait rien. Pas encore. Un jour, elle les ferait tomber. Tous.

Son quotidien était réglé comme une horloge. Réveil à l'aube, jogging, puis séance à la salle de sport. L'après-midi, elle marchait longuement dans la ville, mémorisant les rues, les bâtiments, les visages. Elle passait chez Tanya, partageait un café ou une conversation. Ensuite, elle appelait la sœur de Thomas, parlait à son fils. Ce rituel, chaque jour, était ce qui la maintenait en équilibre.

Elle restait aussi en contact avec son commandant. Elle le tenait informé de l'évolution de la situation. Mais elle l'avait prévenu récemment : à partir d'aujourd'hui, elle ne pourrait plus appeler aussi souvent. Trop risqué. Plus elle s'enfonçait dans la mission, plus elle devait se faire discrète.

Pour l'instant, Yasinkov n'avait pas encore montré le bout de son nez.

Deux semaines plus tard

Le grand jour était enfin arrivé. Elle avait décidé de se présenter devant ce fameux Yasinkov et de lui faire part de son désir d'intégrer son trafic. Elle savait que ce ne serait pas une mince affaire. Depuis plusieurs mois, elle avait entendu les teneurs de murs murmurer à propos de Yasinkov et d'un certain Zeleski. Elle ne savait pas encore qui était ce dernier, mais elle comptait bien le découvrir en temps voulu.

Elle avait fini par apprendre que Yasinkov était le grand patron de la cité où elle vivait. Tous ces types postés à chaque coin de rue travaillaient pour lui. Elle espérait simplement ne pas recroiser ceux qu'elle avait déjà rencontrés, histoire d'éviter d'envenimer les choses. Mais après tout, elle était convaincante. Très convaincante, même.

Vêtue d'un jogging, d'un pull, de baskets et d'une paire de lunettes, elle se mit en route. Une pâté de maison avant l'adresse indiquée, elle réalisa qu'elle y était presque. L'endroit n'était rien de plus qu'un entrepôt crasseux. De loin, elle aperçut deux hommes devant l'entrée, vraisemblablement en charge de la sécurité. Elle savait qu'elle devait passer par eux, mais elle comptait bien les convaincre de la laisser entrer.

À l'entrepôt

Les deux hommes la regardèrent de travers, comme si elle avait tué leur chien. Elle n'avait pourtant encore rien fait – pour le moment. Leur impolitesse l'agaçait déjà. Mais elle leur adressa un sourire.

- Hé, toi, qu'est-ce que tu fous ici ? demanda l'un d'eux, le regard noir.

Elle lui rendit son regard avec autant d'intensité, puis répliqua :

- Hé, la girafe, je ne suis pas née de la dernière pluie. Tu crois m'intimider avec ton regard de hyène affamée ? Redescends. T'as une femme en face de toi, alors parle-moi comme telle.

Le deuxième homme éclata de rire.

- Putain, mec ! Elle t'a clashé comme jamais !

- Ta gueule, répondit sèchement le premier. Et toi, que veux-tu ?

- Je veux voir ton boss, Yasinkov.

- Quoi ? Comment tu connais ce nom ? Tu veux quoi à Yasinkov ?

- Sérieux les gars, vous êtes des flics ou quoi ? Trop de questions là.

- Réponds.

- Laissez-moi passer avant que je pète un câble.

Ils échangèrent un regard, puis explosèrent de rire.

- Et tu comptes nous faire quoi avec ton corps de crustacé ? se moqua l'un d'eux.

Elle plissa les yeux.

- Méfiez-vous de l'eau qui dort, dit-elle calmement.

- Hein ?

- Bref. Laissez-moi passer.

- Dégage. Tu nous gonfles. Sinon on te fait bouger nous-mêmes.

- Ah ouais ? Bah venez, alors.

Elle recula volontairement, jouant la fille effrayée. Lorsqu'ils baissèrent leur garde, elle courut en zigzag vers la gauche, les prit de vitesse et se faufila à l'intérieur de l'entrepôt, refermant la porte sur eux. Bien fait pour eux.

Dedans, elle constata qu'il y avait plusieurs entrées. Les deux gardes frappaient toujours à la porte. Elle devait se dépêcher.

Elle suivit des voix, avançant dans ce qui semblait être un labyrinthe. Elle tourna longtemps en rond avant de trouver ce qu'elle cherchait. Les deux hommes avaient réussi à rentrer et étaient à sa poursuite. Elle devait agir vite.

Finalement, elle entendit un homme mentionner « Yasinkov ». Elle n'hésita pas et entra dans la pièce. Un homme la scruta de haut en bas, visiblement surpris par son intrusion. Il était encore plus beau que sur les photos : teint mat, yeux noirs perçants, barbe parfaitement taillée, carrure imposante. Un homme dangereux, sans doute habitué à séduire.

Il l'examina longuement, observant chaque détail de son visage, puis de son corps. Agacée, elle toussota pour briser son regard insistant.

Mais les deux imbéciles revinrent à la charge.

- Putain, cette connasse est là ! cracha l'un.

- Hé, un peu de respect. Je pourrais être votre mère ou votre sœur, bande de guignols !

- Ta gueule, rétorqua l'autre.

- Désolé, patron. Elle est rentrée comme un rat.

- Ce n'est pas un problème, répondit Yasinkov avec un sourire narquois.

Sans prévenir, deux coups de feu retentirent. Les gardes s'effondrèrent, le sol se teinta de rouge. Elle resta figée. Yasinkov était un tireur hors pair. Un homme sans pitié. Elle ne s'attendait pas à ça.

Elle ne montra pourtant aucune peur. Elle en avait vu d'autres.

Yasinkov ordonna à ses hommes de débarrasser les corps. Il se tourna ensuite vers elle, toujours armé, le regard froid.

- Dégage d'ici avant que je te bute.

Ses mots glacèrent l'atmosphère. Mais elle ne recula pas.

- Pas avant que tu ne m'aies embauchée.

Yasinkov arqua un sourcil. Intrigué.

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