Des vies compliquées, des amours dificiles, des chemins séparés, des rencontres impossibles pour des coeurs déchirés quand la vie ne tient qu'à un fil que des ciseaux ont coupé... Le destin d'un coeur peu habile qui ne fera plus les erreurs du passé, devenu plus futile à en retrouver le goût d'aimer...
Si la vie a un sens, pour certains elle est à sens unique. Et pour d'autres à sens giratoire. Une seule direction ou alors tourner en rond. Un avenir incertain où la vie perd son sens comme si vous étiez à contre sens... Tel est votre destin d'en suivre ce chemin et de lui donner un sens. Je ne me souviens même pas de qui étaient ces pensées. Qu'importe !
Alissa Marakina FURE
D'une rencontre pourrait naître une autre vie a eu à dire Vincent Thomas Rey un auteur, artiste et compositeur de musique. La première fois que j'ai lu cela, je n'en ai pas tout de suite saisi le vrai sens. Des gens sont rentrés dans ma vie, dautres en sont sortis. J'ai pourtant toujours la même vie qu'il y a 2 ans. Je suis vraiment à plaindre. Je l'ai d'abord pris en ce sens là.
Ce n'est peut être pas ce que l'auteur a voulu dire en fait. Aujourd'hui encore, je doute que je comprenne le sens de celle ci. Néanmoins cela m'a tellement marqué. J'y pense souvent. J'ai passé des jours à méditer dessus. Parfois je me dis que je n'ai sûrement pas encore rencontré celui qui allait me faire ressentir cela. Avant, je pensais que cela avait été Sébastian. Puis il s'est passé ce qui s'est passé. J'espère qu'avec le temps cela arrivera. Et qu'en ce jour j'en comprendrais enfin le sens.
Le temps amène la sagesse. Et la sagesse permet de mieux résister aux aléas de la vie. Elle nous aide à savourer pleinement les moments heureux et à ne jamais désespérer dans les moments douloureux, disait Frédéric LENOIR. Donc, ça viendra. Je garde espoir. Il y a du temps pour. Je suis encore jeune.
- Coucou ma puce ! Fit Jahia qui passe la tête à l'embrasure de la porte.
- Coucou baby ! Répondis-je. Rentre donc.
Elle c'est Jahia ASSOLO. C'est ma meilleure amie. On bosse ensemble depuis 6 mois déjà. C'est une camerounaise. On s'est rencontré à Lyon dans un super marché. J'y suis allée pour ma cure après mon mariage raté. J'avais eu un vrai goumin comme l'aurait dit Jahia. J'avais donc besoin d'une thérapie au point où j'en étais.
Ce jour là, je suis sortie achetée un truc et j'avais oublié mon porte monnaie à la maison et je n'avais plus mes cartes de débit sur moi. Malheureusement, je ne m'en étais rendue compte que quand il fallait régler à la caisse. Le caissier me regardait un genre. Comme si j'avais fait semblant de les oublier pour ne pas payer. La honte ! Je n'arrivais même pas à lever les pieds pour aller redéposer les choses à leur place. Puis une fille derrière moi a proposé de régler ma facture. Au début j'étais gênée. Mais elle m'a convaincue à force d'insister de la laisser s'en occuper. J'avais finalement fini par prendre son numéro dans le but de la rembourser plus tard.
Au moment de lui rendre son argent, elle m'invita à sortir à la place. Puis de fil en aiguille, on s'est lié d'amitié elle et moi. Et aujourd'hui, elle est, en plus d'être ma meilleure amie, mon bras droit. Je n'arrive à rien sans elle.
- C'était très réussi hier soir ma belle, elle affirme au moment de tirer la chaise pour s'asseoir.
- Oui, oui, je me contente de dire. Le client avait l'air... satisfait. Pour le bonheur des femmes de cette boîte.
- Pourtant tu n'as pas l'air d'être contente.
Elle croise ses jambes.
- C'est encore quoi cette fois Allie ? Elle demande sur un ton de reproche.
Je n'ai rien repondu. Qu'aurais je pu repondre après tout ? Que voir mon client et sa femme s'amourracher pendant toute la soirée comme de vrais gamins m'a rendue nostalgique ? Cela ne se dit pas comme ça. Je ne pouvais pas lui mentir non plus. De plus, Jahia me connait parfaitement. Je n'ai pas besoin de parler pour qu'elle sache. Alors, j'avais simplement le regard fuyant.
- Non ! Capte t-elle enfin les raisons de mon mal être. Encore ! Ce n'est pas vrai. Allie ! Tu repenses encore à ce type ? Mais bon sang, tu es masochiste ou quoi ? Non, mais... franchement. Ce n'est pas croyable.
- J'ai toujours cru qu'il était mon âme sœur Jahia, celui qui m'était destiné. C'est normale ce qui m'arrive. Donc, excuse moi si je n'arrive pas à avancer après ça.
- Sauf que là, carrément tu forces ma belle. Nan, mais sérieusement Allie. Tu me pardonneras, mais t'apitoyer sur ton sort n'a rien de nor-mal, elle mime le dernier mot.
Le destin n'aime pas qu'on lui force la main. Le destin n'aime pas qu'on embrouille ou qu'on emmêle son fil, j'entends Jahia me répéter à chacun de ces moments down, comme aujourd'hui. Mais, il est là, maître de nos vie, le seul à pouvoir décider de tout comme si l'on n'était que simple spectateur de nos vies. J'étais si près de l'épouser. Je l'ai aimé. Plus que de raison même. J'aurais tout fait pour que notre mariage réussisse. Mais aujourd'hui, avec un peu de recul, je me dis que j'étais sans doute entrain de forcer le destin comme le suggère Jahia. Dommage ! Mais, celui ci avait d'autres projets pour nous deux on dirait. J'ai toujours voulu finir ma vie avec lui. Il a été mon premier amour après tout. Il était mon premier en tout en matière de relation. J'étais une petite novice qui découvrait les soubresauts d'un sentiment assez étrange.
- Si ça se trouve, ton type là a refait sa vie, me pique Jahia vert de rage.
- Ou peut être qu'il lui est arrivé quelques chose de grave... Peut être qu'il a perdu la mémoire, je réponds même si moi même je n'y crois pas.
- Passe à autres chose ma belle. Tu te fais du mal gratos. Tu es une gentille fille. Tu mérites un homme... un vrai qui saurait réparer ce petit moteur qui bat dans ta cage thoracique.
- Et comment baby ? On a eu 5 ans de relation. Dont 2 ans de vie commune avant de se décider à sauter le pas. Jamais, je n'aurais voulu abandonner mes rêves d'être son épouse en chemin. L'aimer comme personne ne l'a jamais aimé auparavant, l'aimer d'un amour sans fin et terminer ma vie à ses côtés. C'était ce dont j'ai toujours voulu.
Jahia soupire.
- A t'il même eu de commencement pour cet amour ?
- C'est arrivé, et puis voilà, je la reprends. On a sans doute pensé à des choses différentes pour cette même phrase. Mais...
Jahia s'agace.
- Stop. Je ne suis pas venue ici pour parler de ton ex super con qui n'a pas su te traiter à ta juste valeur. Mais pour bosser. Tu m'épuises avec ton type.
Je soupire et m'adosse contre le dos de la chaise.
J'étais jeûne, sans doute stupide aussi. J'ai imaginé des histoires. Mais tout n'était que dans ma tête. J'en suis consciente. Ce sont les actes qui refusent de suivre. Quand ce soir là, je suis restée debout, plantée devant l'autel des heures durant, attendant mon fiancé qui ne s'est jamais présenté, j'ai trouvé que la vie était assez cruelle avec moi de m'avoir infligée pareille humiliation. Pourtant la vie n'en avait rien à voir avec ce qui m'arrivait. Cette douleur que j'ai ressentie, ce besoin d'en finir qui m'animait, il n'y a que mon fiancé qui en était le responsable. Mais je ne voulais rien voir. J'ai préféré penser ainsi car cela faisait trop mal d'accepter la réalité telle qu'elle était.
Plus tard, je m'étais retrouvée toute seule à m'excuser auprès de toutes ces personnes ayant effectué le déplacement pour assister à notre mariage. Les gens parlaient. Certains avaient pitié de moi. D'autres se moquaient carrément. Ils chuchotaient entre eux. J'attendais. Je patientais. Mais mon fiancé ne se pointa pas. J'ai dû accepter les faits tels qu'ils étaient à la fin.
Ce soir là je suis passée par toutes les émotions en un temps record. D'abord la colère pensant qu'il allait arriver en retard le jour qui était censé être le meilleur de toute notre existence. J'aurais tellement préféré que ça soit le cas en fin de compte vu qu'il ne s'est jamais pointé. Puis l'inquiétude en remarquant que plus d'une heure plus tard il n'était toujours pas là. J'ai pensé qu'il a dû lui arriver quelques choses en chemin. Pensant au pire, j'étais en panique. Je faisais les cents pas dans l'allée de l'église. Tout le monde me questionnait au sujet de sa position. Malheureusement, je n'avais rien à dire. Je ne savais pas. Ensuite le chagrin en voyant le visage abbatue de mes proches. Ma famille n'avait jamais accepté Sébastian. Ils s'accommodaient juste pour me faire plaisir. Mes parents le trouvaient beaucoup trop parfait. Mon frère trouvait que c'était un trou du cul. Même Mickaëla (ma sœur), celle qui aime tout le monde, trouvait que ce n'était pas un mec pour moi. Elle ne ratait pas une occasion pour le mentionner d'ailleurs. Et en dernier lieu est survenu le désespoir.
Malgré toute l'humiliation subit par sa faute, j'étais prête à l'écouter. Je voulais entendre de sa bouche ses justificatifs. Quoique disaient mes proches, je me consolais avec l'idée qu'il y ait pu avoir une bonne raison pour qu'il m'abandonne ainsi à l'autel. Deux ans plus tard, toujours rien. C'est comme si la terre l'avait avalé. Et je n'ai toujours pas mes reponses. Donc passer à autres chose, cela va être difficile. On ne passe pas ainsi du coq à l'âne sans une bonne raison, je dirais.
- Tu es mon amie. C'est normal d'écouter mes peines de cœur Jahia.
- Oui... c'est vrai. Mais là, tu abuses Allie. Maman m'a toujours appris que notre destin est tout tracé dès notre premier jour sur terre. Sauf que ça nous échappe. On s'obstine quelques part alors que là n'est plus notre place. Abdique ma belle.
- Et comment on fait pour le savoir ?
- Je n'en ai pas la moindre idée. Autrement, j'aurais déjà l'homme de mes rêves à mes pieds, rigole t-elle. Ce que je sais par contre, c'est que cet abruti ne mérite pas que tu arrêtes de vivre pour lui. Cela fait plus de 2 ans Allie. Avance. Va de l'avant.
- Bon, fis je résignée. Remettons nous au travail. On ne va pas pouvoir terminer à ce rythme. Et de plus, je ne suis pas prête à entendre tout ce dont tu me diras si l'on continue cette discussion.
Je me présente. On me nomme Alissa Marakina FURE. J'ai 27 ans. Je suis organisatrice d'évènements. Je travaille à mon compte. J'ai pu avec l'aide de mes parents, j'ai nommé là Eunice et Mathis FURE, à monter ma propre boîte. Ce n'est pas grand chose. Mais je m'y plais beaucoup. L'événementiel a toujours été ma grande passion. Mes parents ont quatres enfants. Ma plus grande sœur Serena 39 ans, mariée et mère de deux enfants. Myla et Louane sont deux adorables petites filles. Elles sont supers câlines toutes les deux. Je les adores beaucoup. Et c'est reciproque, je dirais.
Il y a Mathis Junior, 34 ans. L'unique fils des parents. Parfois il croit être mon père celui là. Juste parce qu'il partage son prénom en plus du nom. Il squatte encore chez les parents. A son âge, aucune femme n'a voulu de sa tronche de prétentieux à deux balles. Il collectionne les filles comme des baskets. Ce sont ses deux seules passions d'ailleurs.
Il y a aussi Mickaëla. Agée de 32 ans, elle peut être aussi douce que peste. A l'heure là, elle est retournée vivre en Belgique, notre pays mère. La France ce n'était pas le rêve pour elle. Nulle part ne l'est apparemment vu que madame voyage partout et tout le temps.
Puis, il y a moi la petite dernière. Nos parents n'ont jamais fait de differences entre tous les quatres. On a tous reçu la même éducation, le même amour. Heureusement, sinon, cela aurait fini par créer de la jalousie au sein de notre famille. Et tout le monde sait comment la jalousie peut être nocive pour une famille.
On a bossé quelques minutes Jahia et moi. On a de nombreux programmes pour ce mois ci, il fallait faire le point. Après on verra avec les filles pour déléguer quelques uns. Depuis la fête d'anniversaire de la femme du PDG de Ibie Lux beauty, on a de plus en plus de clients qui fait appel à notre boîte.
Jahia était sur le départ. Puis elle se tourna et revient vers moi.
- Je sais que parfois je peux être dure avec toi, elle me souffle avec douceur. Mais j'ai juste envie que tu te reprennes en main sœurette. Que tu sois heureuse. Tu sais, la vie est belle. Et, à chaque minute qui passe nous devons faire en sorte que la vie soit un moment précieux et agréable, simple et équilibré en s'entourant de personnes honnêtes et positives. Des personnes qui veulent êtres avec nous car la vie est un trésor précieux. A nous de la faire briller de tout son éclat.
- J'ai déjà essayé Jahia, avouais-je la douleur au cœur. Avec Bruno tu te souviens ?
- Un seul echec ne signifie pas que tu dois abandonner pour autant.
- Si tu le dis.
- Oui je le dis. Et c'est même vrai. Un jour tu rencontreras quelqu'un. Et ce quelqu'un te fera oublier tout ces mauvais souvenirs. J'en suis sûre. Non... j'en suis convaincue... Très bientôt même.
- Tu es devin maintenant Jahia ?
- Au Cameroun...
- Et là c'est reparti, je l'interrompis en riant.
Ce qui ne la décourage pas de terminer dans sa lancée. Après son petit discours, elle a quitté mon bureau. J'ai fait du tri dans mes paperasses, puis je suis sortie retrouver Madi à l'accueil. J'avais un colis à faire livrer. Habituellement, je les lui laisse et elle se charge de faire transporter ça par le coursier.
Je retourne tout de suite après dans mon bureau. Mon frère est passé me voir à l'improviste. C'est à peine si on n'est pas rentré en même temps dans mon bureau.
- Junior ! Je fus surpris.
- Ça te coûte quoi de m'appeler Mathis ? Il gronde.
- Rêve toujours.
- Un jour je te ferai ravaler tes mots, il lance sur un ton faussement menaçant.
- Qu'est ce que tu es venu faire ici Junior ? Je lui demande après m'être assise.
- Voir ma petite sœur. C'est quoi cette question ? Il suit mon geste.
- Tu viens assez souvent ces jours ci. J'aimerais juste savoir s'il y a une raison particulière à cela. C'est tout, le sondé-je du regard.
- J'aime être proche de ma petite sœur. C'est tout, il me répond sur le même ton.
- Avant tu n'avais pas ce besoin ? Je continue, n'en croyant pas un mot.
Mon frère est assez vollage. Et moi, je ne travaille qu'avec des femmes dans la boîte. Donc, autant être prudente.
- Bien évidemment. Mais là, ce n'est pas pareil.
- Hmmm ! Ok ! Mais tu peux l'être sans pour autant venir ici. Tu empêches les filles de travailler. Va poser ton filet de chasse ailleurs.
Jahia est entrée au même moment. Elle n'a pas decollé son regard de Mathis un seul instant. Jahia a toujours craqué pour mon frère. Ce n'est nullement un secret. Sauf que ce dernier est un coureur de jupon et il ne la remarque pas. Donc elle se tient un peu à l'écart. Je la comprends en fait. Elle est mon amie. Jamais je ne lui conseillerais de tenter un truc avec mon frère. Tomber amoureux si l'on devrait voir tomber littéralement, on dirait que le fait de tomber amoureux c'est comme une chute du haut d'un immeuble. Et ça c'est exactement ce qui se passerait avec mon frère.
Depuis qu'elle est rentrée, Jahia n'a rien dit. Elle est toute gênée. Même Mathis s'en est aperçu de son gêne.
- Bon, je crois que je vais m'en aller. Ainsi vous pourrez discuter toutes les deux entre fille, dit il alors qu'il la balaie du regard. Apparemment personne n'a envie de voir ma tête ici, il continue tout en se levant pour s'en aller.
- Non... ne pars pas. Je veux dire... Je... Euh...
Elle bégaya comme une petite novice.
-En fait je voulais dire que... tu pouvais rester. Ce n'est rien d'important. Je repasserais...
Elle n'avait même pas terminé sa phrase, qu'elle était déjà partie.
-Hmmmm ! Ton amie là, est bizarre.
- Elle n'est pas bizarre, pensais je. Elle est simplement amoureux de toi ducon.
Comme je né réagissais pas, Mathis claqua des doigts.
- Mara ! M'appelle t-il.
- Laisse moi bosser Junior.
- Okay. Comme tu me chasse. J'y vais.
Il me fait la bise et s'en va. Plus tard, j'ai eu une petite réunion avec les filles. On a une soirée d'anniversaire pour ce soir. Et une soirée de fiançailles en weekend. On fait les choses étapes par étapes. Apparemment tout est prêt. Prions pour que ça soit le cas. Et qu'à la dernière heure personne n'a à s'inquiéter de ce qui manque.
Je laisse le bureau en même temps que Jahia. Je vais me repomponner chez moi avant de me rendre sur place. J'habite un tout petit appartement sur Paris.
Au trajet pour chez moi, jai été pris dans les bouchons. Heureusement que cela n'avait pas duré longtemps. J'arrive à la soirée avec un quart d'heure de retard. Jahia avait tout pris en charge. C'est sur que je ne pourrais jamais me passer de ses services. Cette fille c'est une vraie fée. C'est ma bonne fée.
Elle discutait avec une dame. Je me suis approchée d'elles. La dame s'est éclipsée au même moment.
- On dirait que j'ai fait fuir ta nouvelle amie.
- Non. Pas du tout. Elle était déjà sur le départ. C'est notre nouvelle cliente. Et sa bourse est pleine. Des clientes comme on les aime.
Elle rigole seule à sa blague.
- Et bien. Tu ne chômes jamais toi.
- Jahia ! Chômer ! jamais, jamais.
- Et c'est toi qui me demandes de prendre du temps pour moi. Regarde on est là. Partout dans la salle, il y a plein de beau mec. Et tout ce qui t'intéresse ce sont nos nouveaux clients. Tu es pathétique ma vielle, dis je pour la taquiner. Tu ne vaux pas mieux que moi.
Elle me delaisse sans ajouter quoique ce soit. Je me mêle à la foule afin d'avoir le feedback de la soirée. Jusqu'ici tout roule. Alors il n'y a pas à s'en faire. Je note tout ce qui est positif. Ce qui est à améliorer aussi.
Les minutes d'après je me retrouve dehors. J'avais besoin de prendre un peu l'air. Alors que j'étais dehors, j'ai cru appercevoir un revenant. Je n'avais consommé qu'un verre de vin de toute la soirée. Cela ne pouvait pas être une hallucination. J'ai tenté de m'approcher de plus près. Sauf que je n'ai pas pu y être à temps pour le rattraper. Il était déjà parti.
Je suis rentrée toute bouleversée. Jahia s'est jointe à moi.
- Que... que se passe t'il Allie ? Elle m'attrape par la main.
- Je... je l'ai vu. Jahia je l'ai vu. Il... Il était là, dis-je toute essoufflée.
- Qui donc ?
- Sebas... Sebastian, je cligne des yeux histoire de vérifier que c'est réel.
- Qu... quoi ? C'est une putain de mauvaise blague ? Comment ça tu l'as vu ? Tu délires complètement Allie. A l'heure là, ton Sébastian n'est plus à Paris. Il fait le tour du monde avec une blondasse si ça se trouve.
- Je.. je sais que je ne l'ai pas inventé Jahia, j'affirme encore à bout de souffle. Ce n'est pas dans ma tête.
- Il y a un mois tu avais pourtant assuré la même chose. Et jusqu'ici, tu ne l'avais plus revu. Tu ne t'es jamais dit que tout ça pouvait n'être que le fruit de ton imagination ? Tu es obsédée par ce type. Bon sang ! Allie, fait ton deuil.
- Sauf que Sébastian n'est pas mort Jahia, j'hurle.
- T'abandonner comme il l'avait fait par le passé. Il devrait l'être pour toi, elle me lance sur le même ton.
Jahia est un amour de personne. Sauf quand on discute de Sébastien. Elle ne dit jamais rien de gentil sur lui.
- On arrête là. Ça va partir dans tous les sens comme à chaque fois si on continue.
- Et cela jusqu'à ce que tu comprennes que ton Sébastian là n'en vaut pas la peine.
- Anh anh !
La soirée s'est bien passée. Client content signifie mission accomplie. On pourra se focaliser sur les fiançailles ce weekend. Je suis alors rentrée chez moi. De toute la soirée j'ai été troublée par cette personne que j'ai appercue au coin de la rue. Je suis convaincue que c'était Sébastian. Même si je n'ai pas eu le temps de le voir de plus près.
Le lendemain, je suis passée rendre visite à mes parents avant d'aller au boulot. Ils sont à la retraite. Et Serena vit à Marseille. Donc je suis sure de les trouver à la maison.
Dès que j'ai passé la porte d'entrée, j'ai commencé à crier leurs noms.
- Pourquoi t'as besoin de crier comme ça ? M'accueille ma mère. Tu crois qu'ici c'est chez toi peut être ?
Je m'approche et lui fait la bise.
- Bonjour maman ! Moi aussi je suis contente de te voir.
- Ouais ! C'est ça, elle me toise avant d'appeler papa. Mathis ! Mathis ! Descend. Il y a ta fille au salon.
Mon père est arrivé au salon quelques minutes plus tard. Il est venu m'embrasser avant de prendre place sur le sofa.
- On ne te voit presque plus ici ma chérie, il me pris dans ses bras. T'as un problème avec nous ?
- Je n'ai pas trop le temps...
- Pas trop le temps pour passer voir tes parents ? Et bien ! Me coupe maman.
- Laisse parler l'enfant Eunice, intervient mon père.
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire maman. C'est juste que le boulot...
- Le boulot ! Le boulot ! Tu n'as que ça à la bouche. Le boulot. Pour une fille de ton âge. C'est quand tu vas aussi penser à te stabiliser ?
- Quoi, mon âge ? Pourquoi crois tu que je bosse maman ?
- Je ne te parle pas de ton foutu boulot que tu branles comme une fierté dès qu'on te parle de stabilité. Je te parle de te trouver un homme. Moi, à ton âge, j'étais déjà madame FURE... avec enfant en prime.
- Maman ! J'ai 27 ans. Pas 40. Et même si j'en avais 40. Tout se fera au moment voulu. J'ai été fiancée. J'allais même me marier. Tu t'en rappelles ?
Elle me toise.
- Comment l'oublier ?
- Eunice, arrête de stresser l'enfant. Elle est encore jeune. Donc, ça viendra.
- Comme tu as remarqué qu'elle fait des efforts pour cela. Bien sûr que ça viendra.
- Maman, un mariage ne représente pas tout dans la vie. Encore plus en se mettant la pression. Mieux vaut être célibataire qu'aller en foyer avec la mauvaise personne. D'autant plus, tu ne dis pas la même chose pour Junior. Il est plus âgé que moi pourtant.
- Junior est un homme. Tu ne peux pas te comparer à lui. Ce ne sera jamais la même chose. Une femme à cet âge se doit d'être chez son mari. Regarde ta sœur Serena.
- Ah oui ! Et pourquoi donc ? Quelle différence cela fait pour un homme ou une femme. Être célibataire a toujours la même définition. Tu oses ramener Serena. Que sais tu de son couple.
- Elle est mariée.
- Et après.
- Rien. Et pour les hommes ma fille, sache qu'ils ne sont pas concernés par l'horloge biologique. Comme tu penses te mesurer à eux à tout égard.
- Je ne vois toujours pas la différence maman.
Comprenant que je n'allais pas abdiquer, elle fit une croix sur sa bouche avec les doigts.
- De toutes façons, je ne parlerai plus de tes histoires.
Avec ma mère, c'est devenu ainsi ces derniers jours. Elle cherche à tout prix à me caser. Et comme je refuse les prétendants qu'elle m'a déjà présentée, elle me fait la gueule. Je la comprends. C'est ma mère. Elle veut mon bien. Sauf que là, elle s'y prend très mal. C'est plus qu'une obsession pour elle.
Je me lève du canapé.
- Il vaudrait mieux que j'y aille. Je suis déjà en retard d'ailleurs.
- En retard où ça ? De ton boulot où tu es toi même ton propre patron ?
- Cela change quoi à la ponctualité mère ?
Je leur ai fait la bise à tour de rôle, avant de prendre la porte.
- Ciao maman ! Je t'aime.
Alissa Marakina FURE
Je me lève du canapé.
- Il vaudrait mieux que j'y aille. Je suis déjà en retard d'ailleurs.
- En retard où ça ? De ton boulot où tu es toi même ton propre patron ?
- Cela change quoi à la ponctualité mère ?
Je leur ai fait la bise à tour de rôle, avant de prendre la porte.
- Ciao maman ! Je t'aime.
- Tu as déjà pris ton petit déjeuner ? Questionne maman qui se tenait derrière moi.
Je me retourne.
- C'était par ça qu'il fallait commencer madame. Mais non, tu avais d'autres trucs en tête... Je ne l'ai pas encore pris. Je m'arrêterai prendre quelque chose en chemin avant d'arriver au bureau.
Maman me toise.
- Comment ça tu t'arrêteras prendre quelque chose en chemin ? S'étonne papa. Tu es chez tes parents. Tu n'as encore rien pris. Et au lieu de rester manger avec nous, ta famille, tu veux aller en acheter en chemin. On a pris soins de toi depuis bébé. C'est aujourd'hui qu'on ne pourrait plus le faire ?
- Mais papa ce n'est même pas encore prêt, dis-je plaintif.
Maman me regardait de travers depuis l'instant où j'avais parlé. Alors je reviens sur mes pas.
- Tu n'as pas encore compris qu'ici nous ne sommes que des étrangers à ses yeux Mathis ? Ta fille n'a aucune considération pour nous qui sommes ses parents. Ingrate qu'elle est.
- Mamaaaaan ! Tu exagères.
- Quoi ? Je mens peut être. Ici tu nous traites comme des étrangers. Comme si on te voulait du mal. Nous sommes tes parents Alissa et en tant que tels on sait parfaitement ce qui est bien pour toi. Quand on te parle c'est pour ton bien. On veut tous les deux que tu sois heureuse. Le bonheur de mes enfants fait mon bonheur.
- On parle toujours du petit déjeuner là ? En fait, j'ai comme l'impression qu'il y a autres choses maman.
- De quoi d'autre crois tu qu'on parle ?
- Oh, mais je ne sais pas moi. Toi, dis moi maman... Du fait que j'ai refusé de sortir avec Adrien peut être. Maman le mariage ce n'est pas la blague.
Papa se tourne et fit face à maman.
- C'est quoi encore cette histoire ? Alissa ?
Elle ne pipa mot.
- Ta femme ici présent s'est donnée pour mission de me caser papa. Selon elle, je n'ai pas assez de matière grise dans le cerveau pour faire mon propre choix ou trouver un homme convenable, je mime des guillemets en le disant. Je ne sais pas à quelle époque elle pense que l'on est. Si on lui a imposé un mari, cela sera pas mon cas.
- Si l'on va devoir attendre que tu en trouves un convenable comme tu dis, elle mime des guillemets elle aussi, tu finiras vielle fille à cet allure. Tu ne fais aucun effort pour te trouver un homme. Comme Mickaëla.
- Je ne sais pas pour Mickaëla. Moi, j'assume maman. J'assume car c'est mon choix. Et jusqu'ici je vis bien comme ça. Je peux me choisir un homme le moment venu. Et ce n'est nullement pas Adrien maman. Il n'est pas mon type. Ce gars est d'une grossièreté sans nom. Je me demande bien où tu l'as dégoté celui là. Non mais sérieux maman. Je ne suis pas aussi désespérée.
- La dernière fois que tu as choisi, on a bien vu ce que ça a donné, attaque maman. Lui qui était censé être ton type. Comment cela s'est terminé ? Toi, abandonnée à l'autel comme une vielle...
- Eunice ! Tonna papa avec fermeté.
- J'avais 20 ans maman quand je me suis mise avec Sébastian. A 20 ans on fait des erreurs, car on ne comprend pas bien les choses. A cet âge on a ses premiers flirts, son premier coup de cœur, son premier chagrin d'amour... On aime tout simplement maman. Tu ne t'es jamais dit que si ça a gâté c'était peut être parce qu'on s'était un peu précipité ? J'avais juste 25 ans maman. On n'était peut être pas prêt à se caser. C'est tout.
- Sébastian avait 28. A cet âge, on est un homme responsable. Alors ne vient pas prendre l'âge pour excuses. Certaines personnes se marient plus tôt que ça et ils ont un mariage réussi. Ton Sebastian était juste en abruti de première.
Sa phrase est d'autant plus blessante qu'elle est vraie.
- Je suis heureuse pour ces personnes. Vraiment maman. Mais il faut que tu comprennes que je ne suis pas obligée d'avoir leur vie pour me sentir vivante et bien dans ma peau. J'ai déjà la mienne. Et elle me convient grandement ma vie insipide, dis je piquée au vif.
- Tu vois Mathis ? Tu vois ? Quand on parle à ta fille elle n'écoute pas.
- Je t'écoute maman. Tu es ma mère. Et je t'aime. Et par dessus tout tu es une bonne mère... Enfin, tu l'es jusqu'au moment où on doit parler de mariage. A partir de là tu n'acceptes aucune logique. Dans ta tête, on a tout remplacé par le mot mariage.
- C'est un problème si je veux ton bien ma fille ? C'est un problème si je veux te voir mariée, être dans ton foyer avec mari et enfants ? Personne n'a jamais aimé ton Sébastian ici. Mais tu t'es obstinée. On s'est tous aligné. Et voilà le résultat aujourd'hui. C'était là ta pire erreur.
Elle est encore débout alors que je me suis assise depuis longtemps. Papa nous regarde nous chamailler sans rien dire.
- Je te répète maman que j'avais 20 ans. 25 au moment où j'allais me marier. Tu n'as jamais fait d'erreur à cet âge là maman ? Tu ne me feras pas croire que papa a été ton premier homme.
Je n'ai pas vu venir la giffle qu'elle m'a collée. Je me suis tenue le visage en étant furieuse. Le ton est vite monté entre nous. Maman me saoule avec son histoire de mariage à toutes les sauces comme si c'était le chemin du salut. Ou comme si je lui avais dit que j'étais désespérée. C'est ma vie. C'est à moi de décider de comment je veux la vivre. Et je dis que je n'ai sûrement pas besoin d'un homme pour être bien.
- Tout le monde se tait, il a crié alors qu'il semblait m'abandonner à mon sort à la minute où maman a entamé sa tirade.
Il y eut un silence de cimetière dans la pièce pendant quelques secondes avant qu'il ne reprenne.
- Toi Alissa, tu respectes ta mère. Tu ne cries pas quand on te parle. Ce n'est pas en criant comme une folle qu'on va t'écouter ni comprendre ce que tu racontes.
- J'ai dit quoi ?
- Jeûne fille tu te tais, fis papa sur un ton dur. Et tu me laisses finir. Je ne suis pas ton égal. Personne ici ne l'est. D'ailleurs dans cette maison c'est toi la plus petite. Comporte toi en tant que telle. Quand tu parles à ta mère, tu contrôles ton langage. Je ne vais pas revenir dessus.
- Cette fille n'écoute pas quand on lui parle. Elle prend tout le monde en ennemis quand on parle de son Sébastian de malheur. Si ce Sebastian avait autant de considération que ça pour elle, il ne l'aurait sûrement pas abandonné devant l'autel aussi lâchement.
- lâche la un peu Eunice, me défend papa. Elle se mettra en couple quand elle le voudra. Ele sait ce qui est bien pour elle... Et, on oublie ce Sébastian pour une fois nom de Dieu.
J'avais laissé mes affaires dans la voiture. Je me suis levée tranquillement.
- Finalement, je crois qu'il serait vraiment mieux que je me prenne quelques choses en route. J'y vais.
- Tu ne pars pas sans avoir mangé Alissa. Assieds-toi, m'ordonne papa. La terre n'arrêtera pas de tourner si tu arrives un peu en retard au boulot pour une fois.
Mon père n'est pas dû genre à râler. S'il doit intervenir il le fait et ça s'arrête là. Mais quand le boss parle, tu appliques tout simplement. J'ai donc attendu que la nourriture soit prête afin de prendre mon petit déjeuner avec eux. Cela s'est passé dans le calme absolu. Mon frère est descendu au moment où je partais.
- Tu allais partir sans passer me voir Mara ?
- Tu dormais. Je ne voulais pas prendre le risque de déranger sa majesté dans son sommeil, dis je d'un ton sarcastique.
Mon frère fit la grimace.
- J'ai failli te croire. Depuis quand t'es aussi sage poupée ?
- Depuis que je ne suis pas obligée de me coltiner ta tête d'idiot tous les jours. Tu n'as pas idée comme ça me fait du bien. Je revis même.
Il vient me faire la bise.
- Je sais combien tu m'adores Mara. Alors, ne fait pas semblant. Je suis l'homme de ton cœur.
- C'est ça ouais. Si ça te fait plaisir de le croire... J'y vais moi.
- Attend moi ma puce. Tu pourras m'avancer un peu. Je prendrai le bus après ça.
- T'avancer ? Et elle est où ta bagnole ?
- Au garage, il croque dans sa brochette étant débout.
- Que s'est il passé ? M'inquiétais-je. Tu es plutôt prudent au volant frangin. Comment cela a pu t'arriver à toi ?
Nos parents se sont mis à rire. Alors que Mathis lui, s'asseyait pour petit déjeuner. Il entame son plat sans prêter attention à eux. Je fus tout de suite en alerte.
- Oh ! Qu'est ce qui se passe ? J'ai raté quoi ? Junior !
Papa se retenait de rire.
-Mathis sait conduire prudemment c'est sur. Ceci dit, je ne crois pas qu'il en est de même pour sa copine.
- Sa copine ? Je questionne médusée. Tu as une copine Junior ? Je ne savais pas. Tu ne me présentes plus tes copines Juju ? Je ne suis plus ta petite sœur préférée ? Fis je boudeuse.
- Ne prête pas attention bichette. Tes parents racontent n'importe quoi. Ils ne savent plus quoi inventer pour m'embêter. Ce n'est rien de sérieux.
- Donc ce n'est sûrement pas cette fille que tu as rencontrée au bar la semaine dernière qui a rentrée ta voiture dans un poteau fiston ? Lui demande notre mère.
C'est son silence qu'elle recueillit pour toute réponse.
- C'est ce que je disais.
- Elle n'a rien eu de grave j'espère ?
- Quoi donc ? La voiture ? Non. Juste quelques éraflure. L'air bag l'a protégée.
- Comment ça, la voiture. Je te parle de la fille Junior.
- Elle n'a rien.
- Encore heureux... D'où tu sors ces filles ? Il faut que t'arrêtes frangin. Tu as 34 ans. Il faut te responsabiliser un peu.
- On dirait que c'est un fait normal chez vous. De mes enfants, il n'y a que Serena qui a su faire le bon choix.
Je roule des yeux.
- Se responsabiliser ne passe pas forcément par la case mariage maman.
- C'est quoi selon toi alors ? Parce que... je te rappelle que Mathis aussi a un boulot. En quoi es tu différente de lui ?
- Quand il s'agit de mariage, on ne peut pas discuter avec toi maman... Je ne pousserai pas plus loin. Bye les parents... Je t'attend dans la voiture Junior.
Je suis sortie attendre mon frère dans la voiture comme je lui ai dit. Avec maman, il ne faut pas trop tirer en longueur quand elle se met à parler de mariage. Après ça, ça part dans tous les sens. Junior est ressorti une dizaine de minutes plus tard. Il est monté et j'ai démarré la voiture.
- Dans ma voiture tu n'attaches pas ta ceinture de sécurité Junior ?
- Je vais descendre pas trop loin d'ici. Ce ne sera pas nécessaire.
- Et même si. Selon toi, la distance est trop courte pour qu'on puisse avoir un accident ? Tu sais combien d'AVP qu'il y a tous les jours ?
- T'es comme ta mère toi, il se moque. Toujours à mes casser les boules. Normal que vous ne puissiez pas vous entendre. Vous êtes pareilles.
- Moi et maman on s'entend très bien.
- Sauf quand il est question de mariage, il ajoute.
- Ta mère c'est un cas social... Mais toi... Sérieusement frérot, tu devrais te poser un peu. Trouve toi une vraie femme. Et fait ta vie. Pas ces petites filles qui commence à peine à vivre et à explorer leur sexualité.
- Elle a 25 ans Mara, il soupire.
- Et alors ? La maturité n'a jamais été qu'une question d'âge mon grand. En plus, 25 ans ce n'est rien. Tu as l'exemple parfait non loin de toi.
- Ne vois pas l'annulation de ton mariage comme un échec petite sœur. Ne laisse pas maman t'introduire cela dans la tête. Tu es une personne très mature et tu l'as toujours été. C'est Sébastian qui est con. Cet homme ne te méritait pas. Si ça se trouve, tu as été épargnée de quelque chose de bien plus grave.
- Donc tu admets que c'est grave ?
-Naaaannnn.
On a passé le trajet à discuter entre frère et sœur. Entre Mathis et moi c'est l'amour fou. Cependant, lui et moi c'est le genre d'amour du chat et de la souris. On peut passer d'un pôle à un autre en une fraction de seconde. Toutefois, ce n'est jamais irrécupérable entre nous.
- Je descend au prochain carrefour. Ton travail c'est à l'autre sens je crois. Je te le dis au ça où tu l'aurais oublié.
- Il y a tellement longtemps que je n'ai pas emprunté ces rues. J'aurais pu me perdre. Je n'ai rien remarqué... Je l'aurais peut être constaté une fois arrivée au carrefour.
Au prochain carrefour, je me suis trouvée une place et j'ai garé. Il m'a fait la bise et est descendu. Quand à moi, j'ai continué mon chemin tranquillement. Au bureau je suis d'abord allée déposer mes affaires. Puis après je suis passée faire un coucou à Jahia dans son bureau. On a papoté un instant. Je lui ai même raconté l'histoire de mon frère et de sa copine l'amocheuse de bagnole. Elle n'a pas trouvé cela aussi drôle que je l'aurais voulu. Puis j'ai regagné mon bureau tout de suite après.
Après m'être installée, je me suis connecté sur internet via mon pc pour faire l'inventaire de ce qui a déjà été livré ou pas encore pour les fiançailles de monsieur LEMARCHAL. Cet homme a réservé ce jour depuis plus de trois mois déjà. Il nous a donné carte blanche pour ce qui en est des dépenses. Il a lui même choisi le thème de la soirée. Apparemment, sa future femme est à moitié espagnole. Il voudrait marqué le coup en intégrant ce côté de sa chérie dans le thème. Elle sera doublement surprise. En voilà un qui savait ce qu'il voulait. Quand l'amour s'exprime. Enfin... On ne va pas partir dans de longues heures de nostalgie.
Ce type c'est l'un des clients qui nous a approché après l'anniversaire de la femme de monsieur PARKER. On lui a été recommandé par eux d'ailleurs. C'est Jahia qui a tout vu avec lui. A ce qu'il paraît c'est un très bon ami des fils PARKER. Étant donné que Jahia avait l'habitude de participer à leur soirée, j'ai trouvé que c'était mieux que ce soit elle qui s'occupe de lui.
Alors ballon, rideau, papier peint, les jeux de lumière, déjà reçus. Le futur marié a voulu des fleurs naturelles. Donc elles seront livrées le jour même. De même pour les pétales qui seront disposés dans l'allée...
Jahia est entrée au même moment avec un document en main qu'elle me tend. Je n'avais pas encore fini avec l'inventaire.
- J'aurais besoin de ta signature dessus ma chérie.
- C'est quoi ? Je demande lorsque je le récupère.
Elle tira la chaise en face de mon bureau et s'asseoit.
- Je veux me prendre un appartement et c'est toi ma garante, elle m'avoue.
- Un appartement ! C'est qu'elle a bien grandi la petite.
- Bientôt 26 ans, j'en ai marre de vivre en collocation comme une petite étudiante.
- Il y a eu un problème avec ta colloc ?
- Il y a un jour où il n'y en a pas avec elle ? C'est fatiguant de jouer le rôle de sa mère à longueur de journée. Cette fille rentre à pas d'heure. Elle boit, fume... Mais ça elle le faisait ailleurs. Donc cela ne me dérangeait pas tant que ça. Maintenant elle veut emmener ça au petit studio qu'on loue là. Non mais, putain, elle a quel âge ?
- Bon !
- De plus je suis un adulte responsable. Il est temps que je me prenne en main.
- Ok.
J'ai lu à la volée ce qui était écrit, j'ai signé et je lui ai remis le dossier. En s'abaissant pour le récupérer, ses yeux sont tombés sur l'écran de mon pc. Les pages où j'ai placé commande étaient toujours ouvertes.
- Tu fais les dernières vérifications ?
- Oui. Je ne veux pas les choses de dernière minute.
- Ce serait irrespectueux de notre part de faire ça. Le bon monsieur a réservé cette date depuis des lustres afin de faire la surprise à sa chérie. Il y a homme et HOMME dans cette vie.
- Hmmm. Il aura un service impeccable. Ça je peux te l'assurer.
- Il y a intérêt ma grande. C'est notre réputation qui est en jeu. De plus, c'est un très bel homme. Et on...
- Stop Jahia. Ne me dis pas que tu as flashé sur ce gars ?
- Pas du tout. Il est un peu trop grand de taille... Moi je préfère les hommes...
- Comme mon frère, je termine sa phrase.
- N'importe quoi ! Ton frère ne m'intéresse pas Allie.
- Ce gars, oui ?
- Pas dutout. De plus, il m'avait l'air pressé de se caser. Je ne suis pas pour briser un couple.
La nostalgie eut raison de moi.
- C'est ce que font les gens en couple normalement. Quand on sait que l'on a rencontré la perle rare, on n'hésite pas au moment de lui passer la bague au doigt, reconnus-je avec amertume.
- Ne commence pas Allie.
- Je n'ai rien dit pour t'alerter.
- Ton expression a parlé pour toi.
- Hmmm hmmm !
Elle est partie et j'ai repris avec la vérification. J'ai pensé à faire une simulation avec les filles avant le jour-j histoire de repérer certaines imperfections à temps. Je ne connais pas grand chose de l'Espagne. Le client non plus. Cela demande de faire encore plus attention au détail.
A midi, je me suis fait livrer à manger. Je n'avais pas à bloquer mon travail pour sortir déjeuner alors que je pouvais le faire au bureau. Puis on a fait la simulation avec les filles. Si on en croit les résultats, tout devrait bien se passer.
- Waw ! S'émerveille Kayla. Ce sera tellement génial. Je m'imagine déjà à la place de cette femme.
- Oh, arrête un peu Kayla, intervient Malia. Tu fais toujours ça. C'est chiant. Trouve toi un mec et libère nos oreilles.
Jahia et moi, on part dans un fou rire.
- Quoi ? Fit Kayla. Que j'ai dit quoi ? Cette femme est chanceuse. Il faut se l'avouer. On ne fait plus ce genre de surprise de nos jours. Moi avec qui ?
- Où est ta part de mec ? Demande Malia.
Je me tue de rire.
- Non, mais vous êtes folle.
J'ai un staff très dynamique. Ces filles sont des boules d'énergie. Quand il faut bosser, on le fait d'arrache pied. Tout comme on sait aussi se détendre. Pas trop tout de même.
J'ai quitté le bureau vers 16 heures. Habituellement je rentre plus tard que ça. J'en ai profité pour faire les courses. Mon frigo n'avait plus rien de mangeable à l'intérieur. Passé au rayon fruit, j'ai été abordé par un jeune homme. Il doit faire mon âge. Ou peut être était ce son aspect negligé au moment de m'aborder.
- Pardon mademoiselle, je peux utiliser votre téléphone ?
- Pour ? Dis je sur la défensive.
- J'ai égaré le mien. Je me disais que si j'appellais depuis votre téléphone ce sera beaucoup plus facile de le localiser.
- Il est marqué GPS sur mon téléphone ?
Il me raconta tellement d'excuses bidon. Son histoire ne tenait pas la route. De plus, sa tête ne me disait rien qui vaille. J'ai regardé de partout. Tout le monde continuait leur achat sans se soucier de nous. Prise de peur, j'ai fui n'importe comment. Le type s'est mis à me poursuivre dans les rayons du supermarché. J'ai supposé qu'il cherchait bien autre chose au moment de m'aborder. J'accéllerais pour ne pas qu'il me rattrape. Au passage, j'ai bousculé quelqu'un sans faire exprès. J'ai paniqué.
- Désolée. Je suis désolée.
- Tu n'as pas trouvé ce que tu cherchais ma cherie, me demande t'il en me tenant la main l'air amoureux alors que celui qui me suivait était arrivé à notre hauteur.
Il a du suivre la scène avec l'autre type et a décidé de me venir en aide. Comprenant sa logique, j'ai donc joué le jeu. J'espère au moins que ce type me laissera tranquille.
- Non chéri, je répondis plus calme que jene l'étais. Je pense que je vais rentrer. Je repasserai un autre jour.
- Mais non mon cœur. Viens on va regarder à nouveau bébé. J'aurai peut être plus de chance que toi.
Il me tire jusqu'à un autre rayon. On a fait les courses ensemble lui et moi. A la fin, il m'a aidée à porter mes courses jusqu'à la voiture. Je n'ai plus revu l'autre type.
- Je tenais à te remercier... euh...
- James, il se présente.
- Merci James. Tu m'as peut être sauvé la vie aujourd'hui. Je ne sais pas ce que me voulait ce type. Il m'a abordée soit disant pour son téléphone. Mais on aurait dit qu'il cherchait autre chose.
- Tu n'as pas à me remercier. J'ai fait mon devoir de citoyen. Dehors, ça grouille de gens malfaisant. Si on pouvait tous réagir ainsi, on mettrait fin à ce degré de terreur qui règne dans notre communauté. Car, l'intrus, quand il se prepare à faire son coup, il aura peur d'attaquer si ce dernier découvre que sa cible n'est finalement pas seule.
- Tu as tout à fait raison... Encore une fois, merci James. Bon après midi !
Je lui souris.
- Merci. A toi aussi... Même si... tu ne m'as pas dit comment tu t'appelles.
- Alissa Marakina FURE ! Je me présente.
- Enchanté ! Il me tenda la main. Je suis James Alexander DUBOIS...
Il sourit.
-Etant donné que tu t'es présenté avec ton nom complet, j'ai jugé qu'il fallait en faire de même.
Je souris encore.
- Enchanté James Alexander !
- Au plaisir de te revoir belle Alissa.
- Comme dirais mon amie Jahia, confions nous donc au destin.
- Tu y crois toi ? Au destin.
- Oui. Je suis du genre à croire que toutes les rencontres que l'on fait ont de l'importance. Même si l'on ne le comprend pas le jour même. Ce sont comme les parties d'un puzzle bien trop complexe pour notre compréhension. Si on fait bien l'assemblage on en comprendra le sens peut être.
- Et bien, dis donc ! Tu es une vraie poète toi. J'aimerais bien te revoir.
- Au plaisir du destin alors.
Alissa Marakina FURE
Aujourd'hui j'ai eu la peur de ma vie. Heureusement qu'il existe des gens comme ce type dans cette vie. Il a volé à mon secours sans même savoir qui je suis. Sans lui je ne sais pas ce qui se serait passé avec l'autre fou qui n'arrêtait pas de me poursuivre partout dans le supermarché à la recherche de je ne sais quoi. Le monde est peuplé de fou de ce genre. C'est à nous de les combattre. On a le devoir de se protéger l'un l'autre à chaque fois que l'occasion se présente. Quand on marche dans la rue, on doit essayer dans la mesure du possible de prêter attention aux autres. Si ça se trouve, quelqu'un se fait harceler et a besoin de notre aide. Il faut savoir capter les signaux de détresses.
Il m'a conduit jusqu'à ma voiture, a attendu que je démarre avant de rejoindre la sienne. Ce qui, pour moi, était très adorable de sa part. J'ai roulé jusqu'à chez moi. Dès que je suis arrivée, la première chose que j'ai faite après avoir posé mes sacs de provisions sur la table dans la cuisine c'était d'appeler Jahia pour lui raconter ce qui venait de m'arriver. Je lui ai narré les fait dans les moindres détails.
- Ce monde est rempli de vermine. Ils sont là à guetter leur proie. Prêts à attaquer, declare ma sœur de cœur au bout du fil.
- Ça, je ne te le fais pas dire. Heureusement que j'avais encore mes jambes. J'ai couru comme une folle. Tu aurais dû me voir dans les rayons du supermarché avant que l'autre ne me sorte d'affaires.
- Pardon ! Toi aussi Lissa. Un type t'attaque en plein jour et toi tu as fui comme une vulgaire voleuse ? Tu es bien dans ta tête ?
- Bah oui. J'aurais dû faire quoi ? Ce type avait l'air barjo Jahia. Qui sait ce qu'il m'aurait fait si j'étais restée lui parler ou si je lui avais prêté mon téléphone comme il le voulait.
Jahia : l'affronter ma puce. A ta place j'aurais piqué un scandale pas possible là bas. Tellement que toutes les personnes présentes se seraient rassembler pour assister à la scène. Ce gars ne s'en serait pas sorti comme ça. Tu peux me croire. Il aurait reçu la bastonnade de sa vie. Je te le jure.
- Non mais, t'es folle toi. Et ça on le sait toutes les deux. Ça ne m'étonnerait pas de toi. Mais moi, je n'ai pas cette fougue.
- Non mais, sérieux ma belle. Dieu seul sait ce qu'il te voulait ce type. Je suis contente que tu n'aies rien.
- Et oui. Dieu merci il ne s'est rien passé.
- Et merci aussi à ce beau chevalier servant qui n'a hésité une seule seconde à voler à ton secours. On ne peut pas l'oublier non plus ma belle. Il a agit en véritable héros... Tu as dit qu'il s'appelle comment déjà le beau gosse ?
- James Alexander DUBOIS ou un truc du genre, j'avoue sans intérêt. Tu en parles comme si tu l'avais vu toi même. Je ne me souviens pas avoir mentionné qu'il était beau.
- Tu n'en avais pas besoin ma grande. Que tu l'es omis est déjà une preuve qu'il est super beau. Je te connais. Je sais comment tu penses. C'est comme si je t'avais faite ma vieille. Et concernant si je le connais ou pas, tu ne crois pas si bien dire ma grande.
Cette fille est folle.
- J'ai l'impression d'avoir déjà eu à faire à lui, elle continue. Il n'est pas français par hazard ton type ? DUBOIS c'est un patronyme français je crois. Ou peut être qu'il est belge comme toi.
- Je ne sais pas moi. Je ne lui ai pas demandé. Je ne suis pas comme toi Jahia. Tu aurais sûrement fait passer à ce type un interrogatoire musclé. De plus, on n'en a pas eu le temps. Mais ça m'étonne encore plus que tu puisses savoir qui c'est. Il y a quelqu'un que tu ne connais pas dans cette vie Jahia ? Et puis ce n'est pas mon type. Arrête de le répéter.
- Négatif ma belle.
J'ai raccroché avec Jahia et me mit à tout arranger dans mon frigo. Dès que j'ai fini, je me prépare un truc vite fait à grignoter. En matière de cuisine je suis d'une nullité absolue. Je ne sais faire que le nécessaire. Des pâtes, des pâtes et des pâtes. A la maison j'avais toujours quelqu'un pour tout faire à ma place. Donc il n'était jamais nécessaire que je fasse quoique ce soit. Ce ne fut que quand j'ai commencé à vivre seule que j'ai compris mon erreur. Les premiers mois c'était la galère. Et après, c'est venu naturellement.
Je monte me mettre propre avant de passer à table. Mon corps était tout gluant en rentrant. Sous la douche je chantais tout en me savonnant le corps. J'adore faire ça. C'est très relaxant je trouve. Après mon bain, j'ai porté un truc léger et je suis redescendue dîner toute seule avec ma solitude de femme émancipée. Enfin, si on peut appeler ça comme ça.
J'ai fait le tour des catalogues à la recherche d'idées innovantes pour mes futurs affaires. J'ai pour but de devenir "The reference" en matière d'organisation d'événements. je sais qu'avec l'aide des filles je vais y arriver. Elles sont toutes autant determinées et efficaces que moi.
A 20 heures je me pose pour suivre le journal sur France 2. Je ne fais pas dans la politique active. Loin de là. Je n'aime pas. De mon point de vue les hommes et les femmes politiques sont tous des hypocrites. C'est la course pour savoir qui ment le mieux et qui arrive à embobiner, manipuler le plus de monde. J'aime mieux être au courant de ce qui se passe dans le pays. C'est une habitude que j'ai depuis toute petite. Transmission de papa. C'est presqu'ainsi avec tous ses enfants. A la maison, il n'y avait qu'un seul rendez vous à cette heure. Le journal.
En parlant de ses enfants, cela me fait me rappeler que j'ai une dette envers Myla, la cadette de ma sœur Serena. Je devrais passer les voir un de ses quatres. Ça fait bien longtemps que je n'ai pas mis les pieds chez elle. Elles me manquent tellement.
Je finis par m'endormir sur le canapé devant la télé. Je ne me suis réveillée que 2 heures plus tard. J'ai éteint la télé qui jouait encore et j'ai rejoint ma chambre. J'habite un tout p'tit studio de deux pièces. La chambre à coucher et le salon que j'ai découpé en deux pour me fabriquer une petite cuisine.
Le weekend est vite arrivé. Avec les filles ont s'est rendu chez les LEMARCHAL effectuer une dernière vérification sur place avant le début des festivités de ce soir histoire de voir si tout est au point pour les fiançailles. Ce n'est pas quand ça va commencer que l'on va se mettre à courir partout parce qu'on n'avait pas remarqué qu'il manquait x ou y chose. De ce que j'ai compris c'est une surprise. La future mariée n'a aucune idée de ce qui se trame. On ne va pas lui gâcher sa soirée avec notre négligence. Déjà que j'ai une sensation étrange depuis ce matin.
En ce moment, on s'active toutes chacune de notre côté. Il y a quelques détails qui doivent être paufinés avant le coup d'envoi. On assemble nos bagages en attendant l'arrivée du chauffeur. On partira donc avec de quoi se changer là bas. On se préparera sur place.
- Tu as une idée de l'heure à laquelle la camionnette arrivera pour transporter nos affaires Kayla ? M'informé-je auprès d'elle.
- Vers 16 heures suivant ce qu'a dit le conducteur.
- Bien. On est dans le temps dans ce cas. Il est à peine 15 heures. Prenez tout ce qu'il vous faut. Disposez les de façon à ce qu'ils soient prêts à l'emploie. On doit être prête une demie heure avant le coup d'envoie. Myla, toi et Keyla vous serez à l'accueil. Vous vous assurerez aussi que tous les invités se sentent à l'aise et choyés. Je sais que c'est beaucoup de travail pour simplement deux personnes. Mais ne l'oublie pas. On commence à peine à se faire connaître. On n'a pas les fonds pour engager d'autres personnels. Encore moins le temps pour les former. On fera avec les moyens du bord. Jahia et moi on sera là au cas où vous soyez déborder. J'espère que vous comprendrez le contexte.
- C'est noté ma belle, dit Malia qui m'enlève toutes pressions. Tu n'as pas à t'expliquer.
Je me tournant vers Kayla m'assurer qu'elle aussi est d'accord.
- C'est rentré. T'inquiète, elle confirme.
- Parfait ! M'exclamé-je. On s'active. Allez. Ouste !
- Coucou tout le monde ! Nous salue jahia qui rentre à peine. Je ne suis pas trop en retard, j'espère.
- Pas du tout, la rassuré-je. Le chauffeur n'est pas encore passé nous chercher. On a encore 20 bonnes minutes devant nous avant 16 heures.
- Bien. Allons leur en mettre plein la vue. Ils sauront tous ce que 4 bonnes femmes peuvent accomplir ensemble. Impossible, ça on ne connait pas.
- Tu n'auras pas à le dire deux fois ma belle.
Le chauffeur est arrivé à 16 heures et quart. Il s'est excusé du retard. Selon lui il y avait de la circulation. Avec son aide, on a chargé la camionnette avec nos bagages et c'est parti pour une nouvelle aventure.
La fête se fera dans le jardin de chez les LEMARCHAL. Ils ont une très belle demeure. Leur déco est un peu soft, rien dans l'extravagance. Pourtant, cela se sent à des milieux de kilomètres qu'ils sont riches. Comme quoi, on a pas besoin de trop en faire lorsqu'on en possède.
On n'a pas eu grand chose à faire pour donner une fière allure à leur jardin. Il est tellement bien entretenu. Depuis le matin, la majeure partie du travail avait déjà été fait. On n'avait pas grand chose à faire dans l'après midi. On a juste opéré quelques ajustements quand on est revenu. On a revu les plans de tables avec la sœur de la mariée. Dans chaque famille il y a cette personne qui ne supporte pas de se retrouver à table avec telle ou telle personne. Et cela, il fallait en tenir compte. Il ne faudrait pas que les fiançailles se terminent par un massacre. Ce n'est pas là le but escompté. Ce qu'on veut nous c'est que la future mariée et sa famille s'imagine être chez eux en Espagne. Et c'est ce qui sera.
La décoration de la petite entrée que l'on a arrangé avait été faite. Des pétales de rose rouges avaient été étalées sur le tapis posé au sol au préalable, un gros cœur, fait en ballon au fond ornée de fleur dorée à juste quelques mètres de là en accord au thème.
Les couleurs retenues pour la soirée était le noir, le rouge et le blanc cassé. Il est aussi prévu qu'il y ait des mannequins avec des traditionnels habits espagnols à l'époque médiévale à certains endroits stratégiques. J'espère que ça fera l'affaire. Cela doit le faire.
Gabriel LEMARCHAL
Quand on a rencontré la bonne personne, on a point besoin d'attendre éternellement avant de sauter le pas. On le sait c'est tout. C'est cette personne avec qui on a envie de tout, avec qui on se projette dans l'avenir. C'est cette personne sans qui on se sent incomplète. Et moi je l'ai trouvée en elle.
J'ai rencontré Silvia il y a tout juste 1 an. Dès que je l'ai vu j'ai su que c'était elle la femme qu'il me fallait. Mes amis n'ont pas compris ma démarche qu'ils trouvent précipitée. Mais moi, je ne vois pas les choses ainsi. A 30 ans, je pense être prêt à me poser et fonder ma propre famille. Ce n'est pas que ça m'ennuie de vivre chez mes parents. Mais même dans la bible il est dit que l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et les deux deviendront une seule chair. Et quoi de mieux que de le faire avec la femme que j'aime. Silvia représente ma paix intérieure, mon bonheur future... Alors, c'est le principe que j'applique.
- Alors vieux, prêt pour le grand jour ? Pas trop de stress, me demande Allan Edward en sortant de sa chambre.
- Je stresse depuis la minute où j'ai menti à Silvia sur ma position mec. A Silvia, je ne lui mens jamais. Elle croit que je suis en voyage d'affaires alors que je suis planqué chez toi depuis une semaine déjà. Elle va m'écorcher vif quand elle saura.
- Elle n'a pas à le savoir. Tu lui dis que tu viens de rentrer.
- Un mensonge pour en cacher un autre. C'est ce que tu suggère Allan ?
- Si tu as un problème de conscience, dis toi que c'est pour la bonne cause mec, ajoute Hayden Edward, le jumeau d'Allan. En plus ce n'est pas la première fois que tu lui mens Gab. Arrête tes histoires de "je ne mens pas à ma meuf". Tu lui as déjà mentis par le passé. Et tu lui mens encore sur l'essentiel. Donc ça passe, ajoute Hayden qui était déjà au salon.
- Fais pas comme si j'étais un menteur compulsif. Je te laisse ce talent. Je n'ai mentis qu'une fois à la meuf. Et je l'ai regretté amèrement par la suite la fois où c'est arrivé. Tu n'as pas à me le rapeller. Elle n'a jamais su. Il n'en avait pas besoin car je savais. J'ai longtemps culpabilisé. Je n'aime pas du tout mentir à Silvia et tu le sais parfaitement.
- Si tu le dis, il faut te croire monsieur "je suis sérieux avec ma meuf". Conneries. Et cette autre fille ?
- Arrête Hayden, intervient Allan. Tu sais très bien que Gab n'est pas ce genre de gars. Tout ça c'est du passé maintenant.
- Quoi ? Je mens peut être ? C'est ce que tu veux dire frangin ? Ok il ne l'a pas trompé avec cette fille. Admet que ce qui se passe avec elle est tout de même ambiguë. Certaines choses sont pires que la tromperie mec. Tu parles du passé Allan. Combien de fois es tu retourné voir cette fille Gab ? Combien ? Cette relation platonique que tu t'es créé avec elle, tu crois que c'est sain peut être ? Cela aurait été mieux que tu trompes Silvia avec elle. Tu serais déjà passé à autre chose.
- Pourquoi devrait-on parler de ça précisément aujourd'hui ? S'énerve Allan. Ce sont les fiançailles de Gab. Soit simplement heureux pour notre pote Hayden.
- Le serais tu vraiment Gab ? Heureux au côté de Silvia, je veux dire.
- Je vais me préparer les mecs, j'ignore sa question. N'oublie pas. Silvia pense que c'est juste une petite fête de bienvenue que mes parents m'organisent. Tachez bien de garder votre langue. Je dis ça plus pour toi Hayden. Toi et moi on se connait.
On se juge du regard. C'est Allan qui s'exprime le premier.
- Motus et bouche cousue. De toute façon, tu sais que je ne l'ouvre pas facilement.
- C'est ça, fuit bien bâtard. Ne comptez pas sur moi, fit Hayden égal à lui même.
- Hayden !
- C'est bon, je blaguais. Visiblement, on ne peut pas avec vous.
Je me rend à la chambre d'ami que j'occupe actuellement chez eux. Allan et Hayden sont mes amis depuis la fac. On a fait l'école de commerce ensemble. Ils sont jumeaux tous les deux. Mais, ils ont chacun leur caractère. Ceci dit, ils sont tous deux mes gars sûrs, mes best comme on dit. Ce soir je fais ma demande à Silvia. Et ils sont dans le coup avec moi.
J'enfile mon smoking, me fait un brushing impeccable. Devant le miroir, je tourne et retourne en m'admirant de prêt. Dit comme ça ça peut paraître narcissique. Mais je ne le suis pas. J'aime parfois me contempler sans excès.
Je retrouve les mecs au salon. Ils étaient déjà prêts à partir. Je me fait escorter par mes complices.
- James est où ? Jedemande. Il n'avait pas dit qu'il allait être là ce soir ?
- Que sais je moi ? Dit Hayden qui hausse ses épaules. Entre le cul de sa prochaine victime je dirais. Vous connaissez l'homme. Il saute sur tout ce qui bouge. Le digne fils de son père. J'ai entendu dire que ses parents allaient divorcer pour cause de tromperie de son paternel.
- Tu n'as pas à être aussi grossier Hayden, le réprimande Allan. C'est de notre frère dont tu parles de la sorte. Le fils de notre mère.
- Qu'est ce que j'ai dit de mal ? Ce type est comme son père. Aucun respect pour les femmes. Est ce que je mens ? Après ce que son père a fait à notre mère par le passé, quelle considération aurais tu voulu que j'ai pour ces gens là ?
- Ça reste notre frère tout de même. On n'a pas le même père certes. Mais il l'est. D'ailleurs papa n'a jamais fait de différence entre tous les cinq. Si lui il l'aime, cela devrait être pareil pour nous qui sommes ses frères. Et maman, l'as tu déjà vu insulter cet homme ?
- Hmmmm ! Ne me regarde pas comme ça... Et non je ne le déteste pas. Mais, ce n'est pas comme vous trois. C'est tout.
- Arrêtez les gars, les rappelé-je à l'ordres. Vous n'allez pas me gâcher ma soirée à vous chamailler comme des filles quand même.
- T'en fais pas, réplique Allan. Il saura se tenir Gab. Je te le promet.
On arrive à peine chez moi. Mes parents sont venus me souhaiter la bienvenue pour jouer le jeu. Dès que Silvia m'a vu, elle m'a sauté dessus comme une petite fille au retour de ses parents. Heureusement qu'elle est un peu mini comme personne. Sinon je serais tombé comme une sac de patate par terre. A peine 1m55 de taille. Ma chérie est un petit bout de femme. MON petit bout de femme.
Elle n'a aucune idée de ce qui se trame. Mes parents sont sortis nous laissant seuls ma chérie et moi. Mes parents, ses parents, nos amis, ils sont tous dans le coup. Silvia m'embrasse.
- Tu m'as tellement manqué mon bébé, elle me saute dessus.
- Toi aussi tu m'as manqué mi preciosa. Mais je suis là maintenant.
- Si seulement tu pouvais l'être tout le temps. Malheureusement ce n'est pas faisable. Monsieur est un homme d'affaires très connu avec une grande entreprise à faire tourner. Je dois m'y faire.
- Et tu l'adores comme ça, je la presse contre moi.
- Hmmmm hmmm ! Je t'aime.
- Je t'aime... Viens on va rejoindre les autres, je la fis descendre.
On marchai jusqu'au jardin. A sa manière de s'accrocher à moi, dire que l'on marchai ce serait quelques peu exagéré. Je la supportais de presque tout son poids.
- Baby, tu pourrais marcher toi même s'il te plaît ? J'adore quand je te porte, mais là je ne me suis pas encore remis du décalage horaire. Je suis épuisé, mentis je afin qu'elle le fasse elle même et comme ça, je serai à une bonne distance quand je passerai à l'acte.
Elle me toise et avance en boudant. Je ne crois pas qu'elle ait remarqué la petite porte devant elle. C'est une projection en fait. Elle est faite sur du tapis. Les autres sont tout juste derrière. Tout le monde peut nous voir de là où ils sont. Juste que Silvia ne les verra pas. C'est l'organisatrice qui en a eu l'idée. Selon elle ça lui enlèvera la pression de devoir dire oui parce que les autres sont entrain de nous assister alors qu'elle n'en avait aucune envie. Et quand elle me dira oui je serai sur que c'est vraiment ce qu'elle veut. Comme je voulais aussi que nos familles y participent, j'ai validé son idée.
Elle n'avait pas vraiment tord en fait. Combien de fois la personne a repondu oui juste parce que les gens autour ont repondu avant elle ? On ne fait pas ce genre de choses avant de connaître la position de son partenaire à propos du mariage. Mais aussi certaines personnes sont pudiques, cela peut les gêner.
- Ppourquoi il y a une porte dans ton jardin mon amour ? Questionne ma curieuse petite femme en allant vers elle.
Je n'ai rien repondu. Silvia s'est arrêtée quelques pas plus tard dans sa progression, elle s'est sûrement rendue compte que je n'étais pas derrière elle. Au moment de se retourner, j'avais un genou posé par terre prêt à lui faire ma demande. Elle fut très émue au point de verser des larmes.
- Oh mon Dieu ! Gab ! Elle s'exclame les yeux larmoyant. Mon bébé...
- Ma chérie, mon amour, mon bébé, mi Cereza, Silvia, mon cœur...
Ses larmes continuent à dégouline sur sa joue. Des larmes de joie.
- Un an c'est peu dirait certains, d'autres verront ça comme de la folie. Ils ont peut être raison. Je me souviens de ce premier jour où mes yeux se sont posés sur toi, de cette première fois où ton corps a rencontré la mienne dans cette danse endiablée. Comme si ce n'était que ça qu'il a attendu depuis toute son existence. Ce fut une soirée extraordinaire. Jamais, je ne l'oublierai. Ton regard parla de lui même. Ce soir là, tu m'as offert en tremblant tes lèvres si douces. Mon cœur ressent encore les vibrations de mon trop plein de félicités. Et depuis mon bonheur je l'ai avec toi... dans tes bras.
Silvia se barre le visage à l'aide de ses mains.
- T'avoir dans ma vie est la plus belle chose qui me soit arrivée de toute mon humble existence, continué-je. Tu es l'extra ajouté à l'homme ordinaire que je suis. Et grâce à toi je suis devenu quelqu'un d'extraordinaire. Je ne saurais attendre plus longtemps avant de lier ma vie à la tienne mi Cereza. Silvia Leroy, ma Silvia... Amor, tu m'as rendu meilleur à chaque jour qui passe. J'ose croire que je t'ai apporté du bonheur moi aussi tous ces jours qu'on a partagé [souriant]. Alors, je me disais qu'on pourrait continuer à le faire mais de plus près. Je serai ravie de me réveiller tous les quatres matins auprès d'une femme comme toi. Mi amor...Mon espagnol est un peu gauche, mais...
Je souris. Elle aussi.
- Je veux essayer... pour toi. ¿ Quieres hacerme el hombre más feliz de la tierra al aceptar compartir mi vida diariamente mi amor ? (Veux tu faire de moi l'homme le plus heureux de la terre en acceptant de partager mon quotidien ? )
Silvia est en pleine euphorie au moment de scander sa réponse.
- Oui, oui, oui mon amour. Oui, je le veux. C'est un grand OUI. Aujourd'hui, demain et pour toujours mon amour. Tu es tout ce dont j'ai toujours rêvé.
Je lui passe la bague au doigt et lui fait un baise main. Elle m'aide à me relever, prend ma tête entre ses mains et m'embrasse à son tour sur la bouche avant de declarer les yeux en cœur :
- Je t'aime Gab. Je t'aime tellement.
- Moi aussi je t'aime mon bébé. Je suis fou de toi.
Ils ont fait glisser le tapis faissant apparaître tout le monde. Et là elle s'est rendue compte que ses parents, eux aussi étaient présents. Elle me fixe dès lors les yeux remplis de larmes.
- Mon Dieu bébé ! Merci... merci chéri, elle sanglote. Merci beaucoup mon trésor. Aujourd'hui je suis la femme la plus heureuse du monde. Et ceci c'est grâce à toi, elle se pend à mon cou.
On avance mains dans la main pour rejoindre les autres. Tout le monde avait l'air content pour nous. Elle s'en va saluer ses parents.
- Pourquoi tu mens comme ça mec ? Tu racontes n'importe quoi à la fille. "La femme de ma vie". Tu sais que tu mens.
- Tu es con, toi.
J'éclate de rire. Il me prend dans ses bras.
- Félicitations vieux.
- Merci.
Les félicitations pleuvaient de partout. Des accolades par ci, des poignées de main par là. Des minutes plus tard, le bruit d'un verre s'écrasant par terre attira mon attention. Je me retourne et je la vois debout à quelques mètres de moi. Elle semblait voir un revenant tant ses yeux ont quitté leurs orbitres.
- Sebas... Sebastian ! Elle crie.