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Térésa

Térésa

Auteur:: Angelically
Genre: Romance
Mon nom est Térésa ; une belle âme obscure, éprouvant de la passion pour la femme qu'elle est devenue, mais ayant perdu tout autre sentiment en elle. Ils sont tous morts lors d'une guerre contre la vie. Et depuis, je ne suis remplie que de vice, offrant tout de même du bonheur aux gens, à l'aide du malheur qui danse en moi, et illuminant des vies à l'aide de l'obscurité ardente qui me sourit chaque soir. Je ne sais pas si un jour, je ferais la paix avec la vie, je ne sais pas si au lieu d'être obsédée par l'amour, j'apprendrai à l'aimer, mais une chose est sûre ; beaucoup de vies perdront de leurs valeurs en essayant de sauver la mienne.

Chapitre 1 Prologue : Mon Histoire

Le quartier était enlacé par la nuit qui l'embrassait, tandis que les lampadaires éclairaient les impasses, tel un festival.

C'était la ville de l'amour, et je me demandais bien pourquoi les battements de mon cœur, se retrouvaient à cet endroit. Je me questionnais sur l'authenticité de mes sentiments pour oser déambuler dans les rues qui défilaient.

Moi qui avais pour pire ennemi l'amour et comme fiancé le travail à l'état pur.

On dit souvent que dans la vie, afin de réussir, il faut aimer ce que l'on fait, il faut persévérer et être déterminé.

Eh bien, moi, j'avais troqué l'amour de ce que j'exécutais contre de la passion.

Mes faits et gestes en effet n'étaient effectués que par de brûlants désirs de réussir.

Je me tenais face à Gérald, ce nouvel homme manquant d'affection qui dépensait des millions en échange de ma charmante présence.

En échange de la compagnie de cette jeune femme noire que j'étais. Peut-être pas comme une barre de chocolat, mais sûrement comme le charbon dont on a besoin afin de déclencher un feu.

Je suis noire. Tout en moi l'était d'ailleurs. Ma peau, mon âme, ainsi que mon cœur.

J'avais des yeux qui paraissaient être, eux aussi, ténébreux et une taille de guêpe comme silhouette. De cela, je me servais pour piquer les hommes qui s'approchaient de moi, et je les rendais malades, ivres, ou même encore, fous.

Avec mon venin, tel un serpent, ils étaient mordus, retrouvant, pour leur plus grand bonheur, sporadiquement le chemin de la guérison.

Pendant que moi, de l'autre côté, je ressentais rarement des choses.

Malgré le métier que j'exerçais, j'en riais toujours de ces personnes qui pensaient que les femmes devaient gagner la totalité de leurs argents dans les poches des hommes.

Et vous me direz sûrement que je suis le comble de ma philosophie vue mon train de vie.

Mais détrompez-vous, je rendais juste service, selon moi.

La misère m'avait longtemps prise par le coup alors, je savais comment ces humains désespérés se sentaient.

Et parce que mon temps valait de l'or, je tarifais ces hommes en conséquence.

De toute façon, qui travaillerait à la sueur de son front sans salaire ?

Qui accepterait de vivre dans la pauvreté pendant que ses membres se musclent à engraisser d'autres ventres ?

Pour vous parler plus de ma personne, je n'avais guère de nom de famille, ni autres valeurs apprises. Je n'avais que deux prénoms ; Térésa Cécilia.

Ma mère m'avait abandonné à la naissance et on se privera de prendre des nouvelles de mon père.

Je suppose que vous connaissez déjà les contes de ces jeunes adolescentes naïves, qui se laissent berner par ce qu'elles pensent connaître de l'amour et tombent dans le panneau de ces garçons ignorants.

Ma vision apparaît sèche, mais dites-moi véritablement quel genre d'amour est-ce ? Quel genre d'amour mon père avait envers ma mère pour courir et disparaître après avoir découvert mon existence ?

Mais je suis reconnaissante. En effet, grâce à lui, j'ai appris ce qu'était la prudence. Et à mes dépens aussi.

Plus tard, pendant leurs vacances en Afrique, au Sénégal plus précisément, un couple tomba sous le charme de mon âme.

J'avais un an et demi lorsque je fus adoptée. Cependant, à l'âge de 16 ans, ils m'ont mis à la porte.

Chapitre 2 Un viol A Handicapé Mon Cœur

La malheureuse femme n'ayant point d'enfant qui m'avait recueilli, s'était plus tard transformée en une tout autre personne, lorsqu'elle put enfin concevoir.

Comme l'argent révèle le véritable visage de certains êtres, l'exaucement du souhait de celle que j'appelais maman, me fit prendre conscience que je n'avais été là qu'en vue de boucher un trou. Et maintenant qu'ils eurent trouvé le bouchon qu'ils avaient recherché jalousement, son homme et elle, il était temps pour moi de retourner dans le néant.

Par la suite, j'avais ainsi dû apprendre à être une femme forte.

Me construire un caractère de guerrière et tuer le peu de sentiments et d'émotions qui s'invitaient à ma table.

Je dormais dans la rue. Les cailloux étaient mes oreillers, puis la poussière mon drap.

De voitures abandonnées à maisons inachevées, je les avais toutes faites, jusqu'au jour où un groupe de jeunes garçons montrèrent le désir affolant que je provoquais envers la gent masculine.

Et différemment de la tactique que mon père avait usé envers ma mère, ce groupe de garçons n'avaient pas utilisé le miel pour mieux séduire, mais plutôt le langage de la bête sauvage en chaleur afin d'agresser.

Jamais ma conscience ne pourrait oublier cette nuit. Il faisait froid. Un vent glacial d'hiver pétrifiait les espaces. Chacun était chez soi, sauf ceux étant prêts à commettre l'illégal ou ceux qui, simplement, n'avaient que le ciel comme toit.

Cette nuit-là, alors que j'étais fière d'avoir pu trouver dans les poubelles, des couvertures trouées et inutiles pour leurs précédents utilisateurs, trois jeunes hommes interrompirent mon sommeil.

Je sentis une caresse, puis deux et aucune d'entre elles ne devrait même avoir le droit d'être appelée caresse.

Ils m'agressaient plutôt la peau, déversant sur l'inoffensive jeune fille que j'étais, la rage qu'ils éprouvaient envers la société.

Le plus étrange est que je ne m'étais même guère débattue. Je savais que personne ne serait venue à ma rescousse. En effet, la nuit et le temps avaient obligé les sourires à rester dans leurs maisons.

Ainsi, dès qu'ils eurent fini, ils s'en allèrent, me délaissant comme si je n'étais qu'une lingette.

Un bout de papier humidifié qu'on avait utilisé afin de se nettoyer et qu'on avait par la suite jeté.

Après cela, j'eus changé. Je devins quelqu'un de nouveau. Et plus jamais, je n'avais posé la tête sur la poussière de la rue.

Tout comme j'avais été reniée en tant que fille par ma famille biologique et celle d'adoption, je l'apostasiais, cette rue, maintenant.

Mon regard n'était plus pointé vers la douleur que je ressentais.

Mon âme avait cessé de hurler depuis longtemps, alors je forçais en ce moment à mon corps violé de se taire lui aussi.

Car oui, il y avait certains de mes membres qui m'informaient de leurs douleurs quand mon âme, elle, venait de trouver une porte de sortie à cette vie de misère que je menais.

En effet, j'allais à jamais nettoyer la colère ou encore la déception et la frustration des hommes, en échange d'un confort. Pas seulement, j'allais aussi me venger de ceux qui m'avaient pris par le coup, en rendant les hommes esclaves de ma voix.

Le lendemain par conséquent, tout changea. De ma manière de m'exprimer, à ma façon de marcher, puis de penser.

J'étais allée vers une douche publique dans une station service. Ensuite, je m'étais complètement décrassée avant de marcher sur les rues de la prostitution.

Jusqu'au jour où, j'ai eu assez de connaissances en la matière afin d'élever mes standards.

Comment vous dire que j'étais quelques années plus tard fière de moi ?

Jeune femme de 24 ans en année de médecine, et affrontant la vie chaque jour.

Dans quelque temps, je pouvais enfin être indépendante.

Et ne me dites pas que je l'étais déjà à ce stade lorsque je devais encore tirer des billets venant des poches de quelques dépensiers, dans le but de financer mon parcours.

Qu'importe, laissez-moi vous raconter l'histoire désolante de ma vie et vous présentez les hommes qui ont sommeillé sur ma poitrine.

Chapitre 3 Un Rappel Au Travail

Une voix me fit alors sortir de mes pensées, 'Est-ce que ça va ?" C'était Gérald, l'air inquiet. "Nous sommes à Venise... ' remarquant que mon regard n'était pas épinglé sur les beautés des environs, mais plutôt sur un moment qui n'existait pas dans le présent.

Oui, mon âme encore une fois se projetait vers la vie que je m'étais promise d'avoir après mes études.

À ce moment, Gérald continuait, 'la ville épouse parfaitement ta beauté angélique." Me faisant sourire. Non pas parce que j'étais chatouillée par ce compliment -j'en entendais des milliers par jour- Mais plutôt, car je savais être courtoise et appréciée les mots gentils. Ceux venant du cœur surtout.

Et lui, avec ce cœur qui, à l'intérieur de sa poitrine, s'affaiblissait minute après minute, disait toujours ce qui lui causait presque des crises cardiaques.

De ma voix féerique, je rétorquais ainsi, "Je vais bien, merci.' Ramenant bien évidement mes yeux sur lui.

Il semblait si enchanté, alors que je poursuivais, "Je suis simplement très reconnaissante de tout ce qui m'arrive en ce moment."

"Tu le mérites ! Tu travailles énormément pour cela." Affirma-t-il, posant sa main, déjà habillée de plusieurs années, sur la mienne. 'Tu as gagné cela à la sueur de ton front.'

Au pique de cet instant, je me suis demandée de quelle sueur il voulait bien parler.

Car semblablement à la pluie qui peut annoncer des larmes de joie comme des armes de destructions, je voulus savoir s'il pensait à la sueur de mes révisions et de mes courses entre les salles de classes, ou des marches que j'accomplissais sous ses draps.

Pourtant, je ne relevais aucunement cette question à voix haute.

Je n'en avais que faire et aucunement envie de donner à ces hommes l'accès à mes pensées.

Je répondis donc, "Merci, j'aimerais d'ailleurs finir assez rapidement avec l'école et enfin exercer."

"J'ai la conviction que tu ne chômeras pas avec toutes les connaissances que j'ai." Dit-il.

Et en effet, Gérald était le président d'une entreprise répandue dans toute l'Europe et enviée par les amateurs. Personne ne lui refusait donc ce genre de services.

Il plaça ensuite ma main au-dessus des siennes, la couronnant de nombreux baisers.

Mon cœur était vide à ce moment-là. Ce client était comme tous les autres pour moi. Et j'en avais quatre.

Quatre avec qui je partageais ma peau. Toutefois, aucun d'entre eux n'avait réussi à toucher à mon cœur.

En vérité, je n'étais même plus certaine que cet organe en moi se trouvait encore à la place qu'il lui était accordé. Et s'il y était, et bien, la mort s'approchait possiblement de lui, car ces battements ne se faisaient plus clairement entendre.

On finit nos repas avant d'enfin rentrer à l'hôtel.

Arrivés dans la chambre, je devinais ce que le sourire dessiné sur le visage de mon client exprimait.

De là, je retirais la robe rouge moulante qui me décorait, puis j'enlevais mes sous-vêtements, les balançant sur le sol afin de monter sur Gérald qui s'était déjà allongé.

C'était l'heure de mon travail.

Celui que j'exerçais maintenant depuis des années. C'était devenu pour moi un quotidien. Une habitude.

Et pendant que je dandinais sur la silhouette de Gérald, avec délicatesse évidement parce que son âge avait des restrictions, mon imagination m'emmena loin.

Loin au vent glacial annonçant l'hiver, me faisant caresser cette nuit où mon corps fut maltraité.

Loin vers les étoiles qui ne s'éteignent jamais. Je fus transportée même, dans ma totale nudité, vers le ciel, afin que je puisse caresser les nuages.

Ainsi, grâce à mes rêves et à la fatigue de Gérald, cet instant ne dura pas longtemps.

Minuit me trouva dehors, fumant une cigarette sur le balcon de la suite, pensant à mon futur.

Je le sais, je pensais tout le temps.

Je courais toujours après cet avenir sans même savoir qu'un jour, il serait présent et que le futur en fait n'existe vraiment jamais.

On vit continuellement dans un actuel sans fin, qui nous rend tout simplement fou.

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