Scarlett se réveilla avec des douleurs. Elle ressentait une terrible douleur à la tête et avait l'impression qu'on l'avait assommée avec un coup de marteau. Alors qu'elle poussait des gémissements, elle ouvrit les yeux, un oeil après l'autre et sentait comme si son esprit était encore rempli de brume. Toutefois, elle était capable de sentir qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Tout d'abord, la chambre dans laquelle elle se trouvait lui était inconnue et elle se demandait ce qui lui était arrivé la nuit précédente. Aucun souvenir ne lui vint en mémoire.
Le pire était qu'elle n'avait réussi à se souvenir de son propre nom qu'environ cinq minutes plus tard.
Au moment où elle tenta de se coucher sur le dos, elle laissa échapper un gémissement, tout en sentant le poids de tout son corps. On aurait dit qu'elle avait pris quelques kilos supplémentaires pendant la nuit. Elle sentait cette douleur sourde entre ses jambes, comme si...
Elle laissa aussitôt échapper un glapissement de sa bouche lorsque son bras cogna quelque chose de dur pendant qu'elle faisait de son mieux pour se mettre plus confortablement. Ses doigts tapèrent dessus à deux reprises et elle eut du mal à distinguer ce que c'était. Alors, elle se sentit obligée de tourner la tête vers la gauche et aussitôt, elle ouvrit grandement ses yeux, incrédule.
Se pourrait-il que son esprit soit en train de lui jouer des tours, se demanda-t-elle. Il était impossible que l'homme qui était couché près d'elle, de l'autre côté du lit, soit réel. Elle avait comme l'impression que celui-ci n'était pas réel. Scarlett regarda alors fixement son visage qui avait manifestement été façonné de manière à séduire toute personne qui poserait les yeux dessus. Tout comme l'arête de son nez, sa mâchoire était parfaitement définie et ses sourcils étaient épais. Scarlett avait automatiquement le souffle coupé lorsqu'elle remarqua ces cils. Elle aurait également souhaité avoir de si longs cils. Ces derniers se posaient élégamment sur les pommettes de l'homme, le rendant encore moins réaliste. D'un air hésitant, elle approcha sa main jusqu'à réussir à poser son doigt contre ses lèvres douces. Aussitôt, alors qu'elle ne s'y attendait pas, l'homme ouvrit les yeux. Ses pupilles brunes rencontrèrent les pupilles grises de ce dernier.
Brusquement, Scarlett poussa un cri tellement fort qui pourrait réveiller tout l'étage. Les deux se redressèrent au même moment sur le lit. Elle se rendit compte avec horreur qu'elle n'avait sur elle qu'un mince morceau de lingerie qui ne laissait pas beaucoup de place à l'imagination. Elle prit alors ses deux mains pour se couvrir la poitrine.
"Qui... Qui êtes-vous ?!" hurla-t-elle au visage de l'homme. "Comment vous êtes-vous retrouvé dans ce lit, espèce de... pervers ?!"
Cependant, celui-ci ne donna aucune réponse. Brusquement, les souvenirs de la nuit précédente commencèrent à revenir petit à petit dans son esprit. Elle se souvint d'avoir été avec son amie nommée Megan. Elle avait eu l'idée de passer la nuit dans une chambre d'hôtel, de boire quelques verres, et ensuite de regarder un film avec elle. Disons que... C'était ce qui était prévu. Malheureusement, elles n'avaient jamais pu regarder quoi que ce soit puisqu'à peine le premier verre vidé, Scarlett avait remarqué que le monde s'évanouissait autour d'elle. Elle se souvint s'être sentie épuisée à tel point qu'elle avait été obligée de s'allonger sur la moquette et de maintenir son regard sur le plafond. C'était à ce moment-là qu'elle avait entendu Megan rire, mais d'une manière différente, comme si c'était une autre personne qui riait.
Scarlett était à moitié endormie lorsque la fille qu'elle considérait comme sa meilleure amie s'était penchée sur elle avec un regard rempli de haine sur le visage. Elle dit alors : "Jamais, tu ne trouveras quelqu'un qui se soucie de toi !"
"Il te sera impossible de trouver une personne qui t'aime autant que moi, Scar ! Devine quoi ? J'ai une surprise ! J'ai réservé l'homme le plus exquis de Los Angeles pour qu'il vienne passer une nuit avec toi, gratuitement. D'après ce qu'on raconte, il est sans aucun doute capable de t'emmener au paradis par la seule force de son regard, alors imagine ce que tu ressentiras quand tu l'auras en toi... Toutefois, au cas où tu aurais besoin d'un petit coup de pouce, j'ai mis un peu d'aphrodisiaque dans ton verre. Comment te sens-tu déjà ?"
Scarlett pouvait à peine comprendre tout ce que Megan racontait. Elle n'était consciente que d'une chose, elle avait très chaud et ressentait le besoin d'enlever aussi rapidement que possible ses habits. Elle se mit alors à déboutonner sa chemise tandis que Megan la regardait avec un mauvais sourire :
"C'est ça ! Lorsque ces vidéos de toi avec un autre homme tomberont dans les mains d'Austin, il comprendra enfin que tu n'es rien d'autre qu'une petite..."
Scarlett eut aussitôt envie de vomir. Elle avait du mal à croire que ces souvenirs soient réels. Megan serait incapable de faire une chose aussi cruelle. Surtout pas à elle ! Son épaule tremblait tandis qu'elle passait une main dans ses cheveux, et comme jamais, sa tête oui faisant plus que jamais mal. Les sourcils de l'homme à côté d'elle se plissèrent automatiquement, inquiet.
"Euh... Vous sentez-vous bien ?"
Scarlett le foudroya d'un regard noir, les dents serrées sous l'effet de la rage qu'elle ressentait. C'était le b*tard répugnant que Megan avait engagé pour coucher avec elle alors qu'elle était inconsciente. Elle se fichait que ses yeux gris soient aussi captivants qu'un sortilège. Malgré sa beauté, il n'avait pas moins l'air d'un monstre.
Elle se saisit alors du premier objet que ses mains avaient pu attraper, mais malheureusement, ce n'était qu'un oreiller. Elle s'en servit pour frapper l'homme à maintes reprises, et chaque coup était accompagné d'un grognement de colère.
"Espèce de p*tain de violeur ! Violeur ! Vous avez profité de moi ! Je m'arrangerai pour que vous pourrissiez derrière les barreaux, vous verrez ! J'irai voir la police dès que j'en aurai fini avec vous !"
Alors qu'elle essayait de le frapper à nouveau, elle sursauta en voyant celui-ci attraper l'oreiller. Il parvint facilement à le lui prendre et à le balancer à travers la pièce. Effrayée, elle ressentit des frissons dans tout son corps en voyant ses yeux devenir aussi glacials que l'acier. Il parla d'une voix basse :
"C'est vous qui avez tout fait hier soir, princesse ! Vous m'aviez envahi de tous les côtés, car vous aviez tellement envie que je vous baise. Je n'ai pas du tout eu besoin de vous forcer, ce n'était pas nécessaire. Vous étiez parfaitement lucide lorsque cela se passait. Vous êtes libre d'aller où vous voulez, mais il vous sera carrément impossible de prouver que je vous ai violée puisque ce n'est pas ce qui s'est passé. Entendu ?"
"Espèce de fils de..."
Scarlett se mordit la lèvre inférieure, car tout son corps tremblait de honte et aussi de rage. Elle se rendit compte que celui-ci disait la vérité puisqu'elle était consciente qu'elle n'avait pas été forcée, quand bien même, elle avait du mal à se souvenir de ce qui s'était passé avec lui. Aucun signe de résistance ne se remarquait sur elle. Elle se ridiculiserait si jamais elle se rendait au poste de police.
Mais que se passerait-il alors ? N'y avait-il vraiment rien qu'elle puisse faire après être tombée dans le piège cruel que son amie lui avait tendu ? Elle se mit aussitôt à pleurer chaudement. Elle venait de remarquer qu'il y avait des taches de sang sur le lit et cela la fit pleurer encore plus fort. Elle comprit alors la raison de cette douleur qu'elle ressentait entre ses jambes. C'était la première fois qu'un homme la touchait, et c'était malheureusement avec une escorte masculine répugnante. Ce dernier lui avait pris sa virginité et ne serait même pas puni pour cela puisqu'elle n'avait aucune preuve du mal qu'on lui avait fait.
L'homme tourna également son regard dans la même direction qu'elle et aperçut le sang sur les draps. C'était clair qu'il avait réalisé qu'elle était vierge le soir précédent, mais le fait de la voir si brisée devant lui adoucit son regard. Il n'avait aucune idée de la façon dont il devrait réagir. Il ouvrit la bouche, mais eut de la peine à sortir les mots qui lui pendaient au bout de la langue. Il finit alors par dire :
"Écoutez, je suis navré, d'accord ? Je l'ignorais, je... Quand bien même, vous aviez pris toutes les initiatives hier soir, je suis quand même prêt à prendre mes responsabilités."
Après avoir entendu cela, Scarlett laissa échapper un rire sec. Prendre ses responsabilités ? Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire dans la bouche d'une escorte masculine ?
"Quoi, allez-vous me rendre ma virginité ?"
Ses sourcils se froncèrent lorsqu'il entendit cela. Sans lui donner le temps de répondre, elle continua :
"Sortez de cette pièce immédiatement ou je jure devant Dieu que je vous tue à mains nues !"
Il n'était pas question qu'elle le lui dise deux fois. Il sauta du lit et ramassa ses vêtements le plus calmement possible. Il prit le temps de les enfiler malgré le regard meurtrier que Scarlett lançait dans sa direction, puis il sortit une carte de visite de la poche de son jean et la lui tendit.
"Au cas où vous changez d'avis... Vous n'aurez qu'à m'appeler. Je suis sérieux, princesse." Scarlett lui arracha aussitôt la carte des mains et la mit en morceaux sous ses yeux en criant : "Hors de ma vue ! Dehors !" Elle avait les dents serrées, et lui avait montré la porte du doigt.
L'homme inspira profondément. Ayant vu la souffrance dans ses yeux, il savait que tout ce qu'il lui dirait ne servirait à rien. Alors, il s'éclipsa.
Dès qu'il était à l'extérieur de la chambre d'hôtel, il entendit la femme pleurer comme une enfant derrière la porte fermée. Il ressentit de la douleur au fond de lui d'une manière ou d'une autre. C'était la toute première fois qu'il lui arrivait de ressentir d'émotion...
Il partit néanmoins malgré lui, et prit l'ascenseur jusqu'au rez-de-chaussée. Il quitta alors l'hôtel, les mains plongées dans les poches de son jean. Alors qu'il passait la porte d'entrée vitrée, il leva ses yeux vers le ciel bleu clair puis inspira profondément. C'était alors à cet instant précis que deux hommes vêtus de costumes noirs l'abordèrent, l'air sévère.
"Monsieur !" avaient-ils salué au même moment.
Aussitôt, celui-ci décolla ses yeux du ciel et se mit à avancer droit devant lui, ses deux gardes du corps le suivant de près.
"Cette fille..." dit-il.
"Oui, monsieur ?!"
"Je veux que vous trouviez toutes les informations disponibles à son sujet immédiatement, et vous me ferez un rapport dès que possible !"
"Entendu !"
Une Range Rover noire gara aussitôt à côté d'eux. L'homme monta à l'intérieur et ses gardes du corps refermèrent la portière derrière lui.
Scarlett n'avait aucune idée du temps qu'elle avait passé à pleurer dans la chambre d'hôtel. Elle avait pleuré à tel point que plus aucune larme ne sortait. Elle se mit à pousser des gémissements, mais ses joues restèrent sèches puisqu'elle les avait essuyées plus tôt. Ne même plus pouvoir déverser sa rage la mettait en colère.
Elle se mit alors debout sur des jambes flageolantes et attendit que le sang circule dans celles-ci vu qu'elle était restée trop longtemps dans la même position. Elle n'eut pas l'audace de jeter son regard vers le lit en désordre. Revoir les taches de sang sur ses draps la ferait vomir sérieusement.
À la place, elle alla plutôt dans la salle de bain tout en titubant comme si elle était ivre. Elle se servait du mur pour éviter de tomber jusqu'à parvenir à allumer la lumière. Peu s'en fallait, elle allait être aveuglée. Très vite, son propre reflet se fit voir dans le miroir au-dessus du lavabo.
"Ugh, no..."
Elle gémit en fermant sa bouche avec sa main droite pendant qu'elle observait ses cheveux en désordre, les traces de mascara qui maculaient sous ses yeux, et la robe de nuit transparente qui pendait à peine sur ses épaules minces. Elle donnait vraiment l'impression d'être une fille vulgaire.
Elle s'approcha et s'accrocha à l'évier en tournant légèrement la tête d'un côté puis de l'autre. Elle avait des suçons partout sur son cou, et ils avaient l'air... écœurantes.
"J'ai du mal à croire que ce soit moi !" grogna-t-elle. "Cela ne peut pas être moi !"
Malheureusement, c'était le cas. Scarlett essayait de se persuader à chaque seconde qui passait que la femme qui se trouvait en face d'elle était bel et bien elle, aussi honteux que cela puisse être. Encore une fois, elle fondit en larmes et fut stupéfaite de constater qu'elle en avait encore en réserve finalement. Après être entrée dans la douche, elle fit couler l'eau et s'assura qu'elle était assez chaude pour lui brûler la peau. Dommage qu'il était impossible pour elle de tout enlever...
Elle s'enduisit de savon et frotta tout le corps avec force. Elle ne sentait même pas la douleur, car le dégoût avait pris le dessus sur tout le reste. À force même de frotter, elle se mit à saigner et l'eau commença à prendre une couleur rouge clair alors qu'elle se rinçait. Elle n'était toujours pas convaincue qu'elle était propre, alors elle répéta le processus à maintes reprises jusqu'à ne plus pouvoir tenir ses bras en l'air. Alors, elle s'enveloppa dans une serviette et regagna sa chambre.
Elle arracha ses draps du lit et les mit en tas avec sa chemise de nuit. Elle les brûlera plus tard.
Ensuite, elle attrapa le vêtement qu'elle portait la veille dans la soirée. C'était une robe mini qui lui semblait inappropriée après ce qu'elle avait vécu, mais elle n'avait pas d'autre choix. Elle l'enfila alors et laissa tomber ses cheveux, trop furieuse pour penser à les attacher. Elle balança son téléphone, ses clés et un peu d'argent dans son sac à main avant de sortir en hâte de l'hôtel.
Une fois dehors, elle héla un taxi et y monta en lui indiquant la maison de Megan. En cours de route, elle avait ses pieds qui tremblaient et ne savait vraiment pas ce qu'elle ferait une fois qu'elle l'aurait vue. Elle n'avait aucun plan et n'avait pas la tête à en trouver un. Elle savait juste qu'elle avait besoin de voir clair dans tout cela. Quelle raison aurait une personne d'aussi proche à lui faire une pareille chose ? Pourquoi Megan, plus que n'importe qui d'autre ? Après tout ce qu'elles avaient vécu toutes les deux...
Après que le taxi l'a déposée, elle était restée quelques minutes devant l'appartement de son amie avant de se décider à entrer. Lorsqu'elle cogna à la porte, elle attendit anxieusement que quelqu'un vienne lui ouvrir. Alors qu'elle était sur le point de cogner une nouvelle fois, la porte s'ouvrit à toute volée et ses yeux confus rencontrèrent ceux de la mère de Megan.
Ce qu'il y avait de plus étrange, ce n'était pas le fait qu'elle portait encore une robe de chambre en plein midi, mais plutôt l'expression d'horreur pure qui se lisait sur son visage. On aurait dit que Scarlett était la dernière personne qu'elle avait envie de voir. C'était comme si elle cherchait à cacher quelque chose.
"Oh bonjour, Scar !" dit-elle en brossant ses cheveux avec une main. "Pour quelle raison es-tu ici ?"
Elle suait comme un porc. Les yeux de Scarlett se rétrécirent sur celle-ci et elle dit : "Je suis ici pour voir Megan, bien sûr ! Est-ce qu'elle est là ?"
"Oh... Oh, non ! Je suis sincèrement navrée ma chère, mais Megan est sortie très tôt ce matin. Elle n'est pas là ! Tu pourrais peut-être revenir plus tard dans l'après... Ah !"
Alors, Scarlett passa devant la mère de Megan et la heurta violemment à l'épaule. Dieu merci, elle connaissait parfaitement la maison. Elle alla directement dans le couloir en criant aussi fort qu'elle le pouvait :
"MEGAN ! Sors de là ! Espèce de salope ! Sors, où que tu sois !" Sa mère se trouvait juste derrière elle :
"Mais que fais-tu, Scar ?! Je viens à l'instant de te dire que Megan n'est pas ici ! Il faut que tu partes à présent !"
Scarlett avait concentré toute son attention sur la porte de la chambre de Megan, cependant, elle prit d'abord la peine de passer devant celle de sa mère. Elle se rendit compte que la porte était légèrement entrouverte et du coin de l'œil, elle avait réussi à voir quelque chose. Quelque chose qui la fit s'arrêter net.
Alors la femme dit d'une voix tremblante : "Scar... Scar, pars ! Tout de suite !"
Mais il était très clair que cette dernière n'allait pas obtempérer. Plutôt, elle fit irruption dans la chambre de la femme et aussitôt, elle fut submergée par une forte odeur d'alcool et de sexe. Elle couvrit automatiquement son nez d'une main tout en regardant l'homme qui se tenait à moitié nu près du lit. Elle avait du mal à croire à ce qu'elle avait devant ses yeux.
"Papa ?!" s'exclama-t-elle, la voix remplie d'incrédulité.
Il n'y avait aucun doute, c'était la forme penaude de son père et il n'avait rien à faire dans la chambre d'une autre femme.
"Papa ?!" répéta-t-elle une deuxième fois, mais furieusement.
Les sourcils de celui-ci se plissèrent et il redressa son dos. Scarlett vit le visage de son père devenir rouge cramoisi.
"Par quel miracle es-tu arrivé ici ?! Pourquoi est-ce que tu te trouves dans la chambre de cette femme, et à moitié nu ?! Papa, il y a certainement une explication..."
"Je ne te dois aucune explication, Scarlett !"
Elle avait l'impression qu'on lui avait arraché le cœur de la poitrine et qu'on l'avait balancé contre un mur. Scarlett ouvrit la bouche, mais aucun mot n'en sortit. De toute manière, qu'y avait-il à dire ? Les choses qu'elle voyait s'expliquaient d'elles-mêmes. Son père pointa un doigt accusateur dans sa direction :
"Tu te jettes ici comme un diable ! N'as-tu aucun respect ? Tu ne peux qu'en vouloir à toi-même si tu t'es retrouvée là-dedans."
Scarlett laissa échapper un rire sec. Elle se tourna alors vers la mère de Megan et se rendit compte que cette dernière était appuyée contre la porte et la fixait d'un regard glacial.
"J'ai pourtant essayé de t'arrêter", déclara-t-elle.
Scarlett les regardait à tour de rôle et avait toujours du mal à croire que la scène qui se déroulait devant elle est bel et bien réelle. Comment pouvait-elle imaginer que son père entretiendrait une liaison avec la mère de Meg ?! Ils vivaient dans des mondes complètement différents. Elle trouvait assez ironique le fait qu'elle soit venue régler ses problèmes avec Meg et qu'elle soit tombée dans un autre problème avec la mère de cette dernière.
Alors, elle prit la parole : "Écoute... Ce n'est pas ce que tu crois, Scar ! Tu n'as certainement pas bien compris, mais il n'y a absolument rien entre ton père et moi. Nous avons juste..."
"Ferme-là !" l'interrompit aussitôt Scarlett. "Tais-toi si tu as l'intention de dire des mensonges ! Il n'y a rien entre vous et pourtant l'homme est debout avec les fesses nues, dans ta chambre. Que dois-je savoir d'autre ?"
"Scar !" cria son père.
"Non, toi aussi, tu te tais ! J'en ai marre de tout ça ! Telle mère, telle fille, n'est-ce pas ?! Vous êtes toutes les deux répugnantes. Pour combien de temps comptes-tu jeter ton dévolu sur mon père ? Dis-moi ! Pour le même p*tain de temps que Meg veut passer avec mon fiancé ?!"
Scarlett tremblait, furieuse :
"Vous n'êtes que des p*tes toutes les deux ! J'espère que vous pourrirez en enfer !"
Pile à ce moment, ils entendirent quelqu'un arriver en courant dans le couloir. Tous trois tournèrent automatiquement leurs regards vers le nouvel arrivant qui n'était autre que Megan en personne. Elle était essoufflée, mais ses yeux brûlants se posèrent sur Scarlett :
"Je veux d'abord savoir ce que tu cherches dans notre maison et la raison pour laquelle tu traites ma mère de salope !!"
Les mains de Scarlett se replièrent aussitôt en poings. Elle était loin d'imaginer qu'un jour, elle serait capable d'avoir des envies de meurtre, mais en l'occurrence, tout ce dont elle avait envie était d'enrouler ses mains autour du cou de Megan et de lui arracher toute la vie qu'elle avait en elle.
Toutes deux s'affrontèrent du regard. Scarlett découvrit que celle qu'elle considérait comme son amie n'avait jamais été sincère avec elle et qu'elle ne s'était jamais souciée d'elle comme elle le lui avait juré à maintes reprises auparavant. Mais à présent, elle ne pouvait plus garder ce faux masque, et elle avait en réalité un visage laid. Tout ce que Scarlett était capable de voir en elle, c'était l'envie et le mal qu'elle dissimulait derrière son regard.
"Justement, tu tombes bien !" s'exclama-t-elle en levant les bras au ciel. "Tu pourras certainement m'expliquer dans quoi je viens de voir ! Je suis certaine que tu as toujours été au courant que ta mère couchait avec mon père, mais tu n'as jamais pensé que je méritais de le savoir. Que me caches-tu d'autre, Megan ? J'ai l'impression de ne pas te connaître du tout. Je veux parler du rendez-vous que tu as arrangé pour moi avec un étranger la nuit dernière pour que ce dernier me viole. Alors, il n'y a aucun doute que je ne te connais pas !"
Les yeux de la mère de Megan s'ouvrirent aussitôt grandement, choquée. Scarlett se demandait comment son père avait réagi face à cela, cependant, elle ne comptait pas se retourner pour vérifier par elle-même. Elle n'allait pas non plus détourner son regard de Megan.
Cette dernière ne faisait rien d'autre que la regarder sans ouvrir la bouche. Sa mère se plaça alors devant Scarlett :
"Qu'est-ce que tu racontes ? Qu'insinues-tu en disant qu'elle t'a piégée ? Ma fille serait incapable de faire une telle chose. Tu as eu une aventure d'un soir avec un homme et tu cherches à faire porter la responsabilité à Meg ?!... Meg, dis quelque chose !"
Mais cette dernière était trop silencieuse, son visage virant au rouge cramoisi. Face à cela, Scarlett perdit son sang froid, alors elle leva la main et la frappa au visage de toutes ses forces. Le son résonna dans l'air pendant un instant. Aussitôt, Megan fit quelques pas en arrière en se tenant la joue d'un air étonné et douloureux.
Ils restèrent tous sans mots et choqués pendant quelques secondes. Alors, la mère de Megan saisit le poignet de Scarlett et le serra.
"Toi... ! De quel droit viens-tu gifler ma fille dans notre maison ?!"
Elle leva aussitôt la main pour lui rendre la gifle, mais Scarlett l'avait vue venir. Elle se laissa emporter par la rage et ne parvint plus à contrôler ses actions. Sans même prendre le temps de réfléchir, elle repoussa violemment la mère de Megan. Vu que cette dernière ne s'y attendait pas, elle laissa échapper un petit bruit avant de se retrouver par terre. Ils virent son corps heurter douloureusement le sol et sa tête se cogner contre le coin d'une table qui se trouvait précisément là.
Voyant sa mère tomber si douloureusement, Megan hurla aussitôt. Alors, des gouttes de sang commencèrent à s'échapper de la blessure à l'arrière de sa tête. Elle se hâta d'aller s'agenouiller devant elle, mais avait trop peur de la toucher.
"Maman... Oh mon Dieu, maman... ! M'entends-tu ? Merde !"
Scarlett cilla à maintes reprises et n'eut aucune idée de ce qu'elle devrait faire personnellement. Elle se tordit les mains, fixant la femme dont les yeux regardaient dans le vide. Tout d'un coup, son père la poussa pour s'agenouiller à côté de la mère de Megan.
Délicatement, il souleva le haut du corps de cette dernière et le posa sur ses cuisses. Sa main s'accrocha ensuite à l'arrière de sa tête et elle gémit de douleur. Scarlett regardait la scène et en était horrifiée. Que cela faisait tout bizarre de voir le soin et l'attention que son propre père portait à une autre femme ! L'homme dit à voix basse :
"Joyce... Joyce, qu'y a-t-il ma chérie ?!"
Chérie ?! Scarlett aurait ri si ce n'était pas que la situation l'avait littéralement bouleversée. La mère de Megan regarda son père et lui adressa un sourire. Megan, elle, se releva et pointa un doigt vers Scarlett :
"Tu as blessé ma mère ! C'est avec moi que tu as de problème, pourquoi t'en prends-tu à elle ? Pour l'amour de Dieu et si elle mourait ?"
"Arrête Meg ! Ne blâme pas Scarlett, je te prie ! C'est parce qu'elle est hors d'elle aujourd'hui. Je me sens bien..." gémit la femme.
Toutes les deux, la mère, ainsi que la fille, échangèrent un regard. Cela attira l'attention de Scarlett qui remarqua qu'elles semblaient communiquer l'une avec l'autre en douce. Alors, après s'être tournée vers l'homme qui était agenouillé auprès de sa mère, Megan fit sortir des mots qui firent comprendre à Scarlett que son cauchemar était loin de finir.
"Pourquoi ne dis-tu rien, papa ? N'as-tu pas vu ce qu'elle a fait ? Jusqu'à quand comptes-tu garder le silence et faire comme si tout va bien ? Jusqu'à ce que maman et moi soyons lésées et placées après la seule fille que tu aies reconnue ?"
Scarlett s'esclaffa et tous les regards se posèrent aussitôt sur elle. Elle donnait l'impression d'être folle et Megan finit par en être terrifiée. Elle fit alors un pas en arrière lorsqu'elle vit Scarlett la foudroyer d'un regard rempli d'envie de meurtre.
"T'ai-je entendue l'appeler par papa ?!"
Quand bien même Megan avait peur, elle garda la tête haute.
"C'est exactement ce que tu as entendu !"
Après avoir dit cela, elle se tourna pour regarder l'homme qui était toujours agenouillé sur le sol, malgré le fait que la mère de Meg avait suffisamment récupéré pour être capable de s'asseoir toute seule, tenant sa tête.
"Papa, je suis fatiguée d'être comme une enfant illégitime, compris ? Il est à présent temps que tu dises la vérité pour que nous puissions tous être à l'aise. Il n'y a plus aucun moyen de s'en sortir."
L'homme se leva, les yeux de ses deux filles tournés vers lui. Il était bien conscient que c'était la vérité, et il lui était à présent impossible de le cacher. Alors qu'il prenait la parole, il s'assura de ne pas croiser le regard de Scarlett.
"Écoute, chérie... C'est la vérité ! En réalité, Megan est ta sœur."
Il rassembla tout son courage et réussit à poser son regard sur elle. Le visage de celle-ci était vide de toute émotion. D'une certaine manière, il se sentit contrarié par cela, alors sa voix s'éleva :
"Arrête de me regarder de cette manière, compris ? Si je ne t'ai jamais rien dit, c'est pour que tu ne souffres pas, mais tu ne m'as pas laissé le choix. Tu es venue ici et tu as fait irruption dans la pièce sans même... Très bien ! Quoi qu'il en soit, cela n'a pas d'importance. Il fallait que tu le saches tôt ou tard. La réalité est que cela fait déjà un bon moment que je sors avec Joyce. Cela a commencé avant même que je ne me marie avec ta mère. Nous nous sommes séparés à l'époque, mais j'ignorais qu'elle était enceinte. J'ai rencontré Megan quelques années plus tard, mais je ne pouvais rien dire vous dire à ta mère et toi, alors j'ai gardé cela secret. Mais tout ce que je voulais, c'était te parler de ta sœur... Ce n'est pas de cette façon que je voulais que les choses se passent. Tu as peut-être l'impression d'avoir été lésée, mais mets-toi à la place de Meg. Elle a été obligée de vivre comme une fille illégitime. Tu as eu tous les privilèges dont elle ne pouvait que rêver. Tu ne peux pas être plus en colère qu'elle en ce moment."
Il fit ensuite quelques pas en avant. Scarlett était paralysée sur place, on aurait dit une statue, et elle n'essaya pas de s'exprimer, même pas une seule fois. Alors son père inspira profondément et sourit maladroitement.
"J'ai l'impression que tu es parvenue à bien prendre cela, Scar... Très bien ! À présent, vu que tu connais la vérité, nous pouvons tourner la page et aller de l'avant, tous ensemble. Nous pouvons à présent former une nouvelle famille..."
"Arrête !"
Scarlett enroula les bras autour d'elle-même.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?!"
"Une famille, dis-tu ?! Avec ces femmes ?! Hors de question, papa !"
"Il faut que tu arrêtes d'être égoïste, Scarlett !"
"Égoïste, dis-tu ?! Est-ce comme cela qu'on appelle quelqu'un qui ne veut pas être apparenté à une femme qui n'a pas hésité à la caser avec un homme par jalousie ? Je ne sais pas papa... Es-tu certain d'être mon père ? Tu m'as l'air d'être un parfait inconnu en ce moment."
"Les mensonges ne te sortiront pas de cette situation, Scarlett. Laisse-moi te dire qu'à partir de cet instant, Meg et sa mère sont ta famille. Tu devras les appeler sœur et mère."
"Je préfère mourir que de les appeler de la sorte, tu m'entends ?"
Joyce s'approcha alors et posa tendrement une main sur l'épaule du père de Scarlett et lui dit d'une voix douce :
"Je t'en prie, ne l'obliges pas ! Ce n'est pas grave si elle n'a pas envie. Nous avons vécu tout ce temps sans elle, je suis sûre que nous pouvons continuer encore un peu. Donne-lui encore du temps."
Voyant le semblant de gentillesse de cette femme, Scarlett roula des yeux. Faire croire qu'elle se souciait de son bien-être. Son père était-il aussi aveugle pour ne pas voir le regard sournois de celle-ci ? Comment pouvait-il ne pas savoir qu'elles profitaient de lui ? Scarlett serra les dents. Ce serait encore idiot de sa part de se soucier de son père après tout ce qu'il avait fait.
"Aucune importance !" cracha son père, la voix remplie de colère. "Se comporter comme une gamine gâtée ne changera pas le fait que Megan est ta sœur, Scarlett. Quoi qu'il en soit, tu devras l'accepter. Et vu qu'à présent, tu es au courant de toute l'histoire, Megan et sa mère doivent venir vivre avec nous. Il ne servira à rien de rester séparées."
Scarlett se sentit tellement choquée et les sourires narquois de Megan et de sa mère la rendirent malade.
Alors, elle hurla : "Même pas en rêve ! Cette maison appartient à ma mère et je ne permettrai pas que tu y amènes des étrangères, papa ! Tu devras passer sur mon cadavre pour le faire, tu as ma parole !"
"Elle est à moi, cette maison, jeune fille !"
"Bien sûr, mais seulement après la mort de ma mère. Et je ne permettrai jamais que tu fasses une chose aussi répugnante. Je ne te laisserai pas prendre ces put* Ah !"
En même temps, il lui administra une gifle impitoyable sur la joue droite. Celle-ci n'en ressentit rien puisque la plus grande souffrance venait du fait qu'elle était surprise de voir son gentil père oser la gifler à cause de quelqu'un d'autre. Ses yeux s'embuèrent automatiquement et elle le regarda fixement.
"Est-ce que tu viens de me gifler à cause de ces femmes ?!"
Elle n'obtint aucune réponse de celui-ci. Il serra sa main tremblante et Scarlett put voir qu'il regrettait son geste, mais il était trop tard. Elle se précipita vers la sortie et ne s'arrêta pas lorsque l'homme appela son nom. Une fois dans l'ascenseur, elle fondit en larme et son cœur lui faisait mal à tel point qu'elle avait peur qu'il ne soit réellement brisé.
Elle était venue là pour confronter Megan au sujet de son viol, mais n'avait finalement pas pu le faire. À la place, elle rompit la relation qu'elle avait avec son père et se retrouva complètement orpheline. Elle venait de perdre ses deux parents.
Scarlett quitta très rapidement l'immeuble, à moitié en pleurs et secouant la tête avec confusion. Elle venait de prendre conscience que Megan avait gâché sa vie en seulement quelques heures en lui volant non seulement sa virginité, mais également son père. Elle se demanda si c'était un plan dont elle préparait la mise en exécution depuis le début de leur amitié. Serait-ce juste pour détruire sa vie qu'elle se serait rapprochée d'elle la première fois ?
Scarlett était perdue dans ses pensées à tel point qu'elle n'avait pas remarqué le véhicule noir qui freina soudain et s'arrêta non loin d'elle. L'homme assis sur la banquette arrière en sortit immédiatement et regarda la jeune femme heurter deux personnes qui marchaient dans la direction opposée. Elle ne prit même pas la peine de s'excuser. On aurait dit qu'elle était coincée dans sa propre bulle et que le monde extérieur lui était devenu invisible.
L'homme courut après elle et lui tint le bras.
"Hé !"
Lorsqu'elle se retourna, ses sourcils se plissèrent aussitôt. C'était justement l'homme de tout à l'heure, l'escorte masculine à côté de laquelle elle s'était réveillée le matin. On pouvait voir que ce dernier avait un air inquiet sur le visage, mais elle avait du mal à croire qu'il se souciait vraiment d'elle.
"Je vous interdis de me toucher !" siffla-t-elle en dégageant son bras de son emprise. Alors, il lui demanda : "Que s'est-il passé ?"
Il enfouit la main dans sa veste et en sortit un mouchoir, mais Scarlett refusa de l'accepter.
"Dites-moi ce qui s'est passé", insista celui-ci. "Peut-être que je pourrais vous aider. Écoutez, si c'est à propos de ce matin..."
"Évidemment, fils de p*te ! Il s'agit bel et bien de ce matin et aussi de ce qui m'est arrivé à l'instant. Et laissez-moi vous dire, il n'y a rien que vous puissiez faire pour moi, et même si vous le pouviez, je n'accepterais jamais la moindre aide venant d'une escorte masculine !"
Scarlett aurait pu lui cracher au visage, mais elle ne se donna pas cette peine. Elle ne remarqua pas la façon dont les gardes du corps de celui-ci la regardaient, leurs mains posées sur leurs armes et attendant un seul ordre de leur patron. Mais l'homme resta silencieux.
"Monsieur..."
"Laissez-la partir", soupira-t-il en la regardant s'éloigner. "Il y a tant de colère en elle..."
Il se demanda ce qui le poussait à vouloir tant l'aider. Elle n'était qu'une femme parmi tant d'autres, après tout. Cela faisait pourtant deux fois déjà qu'il tentait de se monter gentil avec elle. C'était plus qu'assez de générosité.
"Allons à la compagnie !" finit-il par dire à ses hommes avant de remonter dans la voiture. Cependant, il avait toujours Scarlett dans son esprit tout le temps du trajet. Pas même un peu.