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Son violon, sa vengeance

Son violon, sa vengeance

Auteur:: Backdraft
Genre: Romance
Annabelle Dubois, prodige du violon, avait trouvé son monde en Jacques de la Roche, un milliardaire de la tech qui lui avait tout promis. Il la protégeait, la couvrait de cadeaux, et était devenu son univers tout entier. Mais tout a basculé quand Évelyne, sa demi-sœur, a emménagé. Évelyne, un murmure manipulateur à l'oreille de Jacques, a lentement empoisonné leur relation, le montant contre Annabelle. Annabelle, enceinte de leur enfant, a découvert la trahison de Jacques le jour de leur anniversaire. Il a choisi Évelyne, humiliant Annabelle, la forçant à changer de robe parce qu'elle « perturbait » Évelyne. Il a ensuite nié sa grossesse, l'a forcée à donner son sang pour Évelyne, et plus tard, dans un accès de rage, l'a battue, lui faisant perdre leur bébé. Jacques, aveuglé par les mensonges d'Évelyne, croyait qu'Annabelle l'avait trompé. Il a torturé et humilié Annabelle, lui reprenant tout ce qu'il lui avait donné, même le violon de son grand-père, qu'Évelyne a délibérément détruit. Annabelle, brisée et désespérée, a simulé sa propre mort en marchant dans un incendie, espérant échapper à ce cauchemar. Jacques, consumé par le chagrin et la rage, a été manipulé par Évelyne qui lui a fait croire qu'Annabelle était une menteuse et une infidèle. Il a cherché à se venger brutalement d'Évelyne, mais la vérité sur l'innocence d'Annabelle et la tromperie d'Évelyne a finalement éclaté. Pendant ce temps, Annabelle avait trouvé refuge auprès de son frère, Adam, et avait contracté un mariage de convenance avec Julien Cordier, un héros de guerre dans le coma. Elle l'a soigné jusqu'à son réveil, et ils sont tombés profondément amoureux, construisant une nouvelle vie loin de l'ombre de Jacques. Quand Jacques a découvert qu'Annabelle était vivante et épousait Julien, il a fait irruption au mariage, la suppliant de lui pardonner. Mais Annabelle, endurcie par sa cruauté, l'a froidement rejeté, choisissant sa nouvelle vie et son nouvel amour avec Julien, laissant Jacques seul face aux conséquences de ses actes.

Chapitre 1

Annabelle Dubois, prodige du violon, avait trouvé son monde en Jacques de la Roche, un milliardaire de la tech qui lui avait tout promis. Il la protégeait, la couvrait de cadeaux, et était devenu son univers tout entier.

Mais tout a basculé quand Évelyne, sa demi-sœur, a emménagé. Évelyne, un murmure manipulateur à l'oreille de Jacques, a lentement empoisonné leur relation, le montant contre Annabelle.

Annabelle, enceinte de leur enfant, a découvert la trahison de Jacques le jour de leur anniversaire. Il a choisi Évelyne, humiliant Annabelle, la forçant à changer de robe parce qu'elle « perturbait » Évelyne. Il a ensuite nié sa grossesse, l'a forcée à donner son sang pour Évelyne, et plus tard, dans un accès de rage, l'a battue, lui faisant perdre leur bébé.

Jacques, aveuglé par les mensonges d'Évelyne, croyait qu'Annabelle l'avait trompé. Il a torturé et humilié Annabelle, lui reprenant tout ce qu'il lui avait donné, même le violon de son grand-père, qu'Évelyne a délibérément détruit. Annabelle, brisée et désespérée, a simulé sa propre mort en marchant dans un incendie, espérant échapper à ce cauchemar.

Jacques, consumé par le chagrin et la rage, a été manipulé par Évelyne qui lui a fait croire qu'Annabelle était une menteuse et une infidèle. Il a cherché à se venger brutalement d'Évelyne, mais la vérité sur l'innocence d'Annabelle et la tromperie d'Évelyne a finalement éclaté.

Pendant ce temps, Annabelle avait trouvé refuge auprès de son frère, Adam, et avait contracté un mariage de convenance avec Julien Cordier, un héros de guerre dans le coma. Elle l'a soigné jusqu'à son réveil, et ils sont tombés profondément amoureux, construisant une nouvelle vie loin de l'ombre de Jacques.

Quand Jacques a découvert qu'Annabelle était vivante et épousait Julien, il a fait irruption au mariage, la suppliant de lui pardonner. Mais Annabelle, endurcie par sa cruauté, l'a froidement rejeté, choisissant sa nouvelle vie et son nouvel amour avec Julien, laissant Jacques seul face aux conséquences de ses actes.

Chapitre 1

Annabelle Dubois était un nom murmuré avec admiration dans les couloirs feutrés des conservatoires. À quatorze ans, son violon parlait une langue plus ancienne que les mots. À dix-neuf ans, elle était un prodige, son avenir une lumière brillante, aveuglante.

Cette lumière avait un nom : Jacques de la Roche.

Il l'avait vue jouer une fois. Il avait vingt-quatre ans à l'époque, déjà un nom dans le monde de la tech, un milliardaire avec un empire bâti sur du code et de l'ambition. Il était assis au premier rang, son regard fixé non pas sur ses doigts, mais sur l'âme qu'elle déversait dans les cordes. Après que la dernière note se fut éteinte, il la trouva en coulisses. Il ne lui a pas offert des louanges. Il lui a offert le monde.

Pendant cinq ans, il a tenu parole. Il est devenu son mécène, son mentor, son amant. Il a fait de son entreprise, le Groupe La Roche, un titan mondial. C'était un homme d'un pouvoir immense, et il l'utilisait pour la protéger de tout.

Il était son héros. Si elle frissonnait, un manteau apparaissait sur ses épaules. Si elle avait l'air d'avoir faim, un chef était convoqué. Il l'a installée dans son immense manoir de Neuilly, un palais froid de verre et d'acier qu'elle a lentement rempli de chaleur.

Une fois, elle a mentionné nonchalamment un rare violon Guarneri qu'elle n'avait vu que dans les livres. Une semaine plus tard, il était entre ses mains, son étui posé sur leur lit. Le prix était une suite de zéros qui lui a donné le vertige. Il s'est contenté de l'embrasser sur le front et de lui dire que rien n'était trop cher pour sa belle.

Son bureau était son sanctuaire, un endroit où personne, pas même ses cadres les plus fiables, ne pouvait entrer sans permission. Il lui a donné une clé pour leur premier anniversaire. « Cet endroit est à toi aussi, » avait-il dit, sa voix un grondement sourd. « Tout ce que j'ai est à toi. »

Il a promis d'être son roc, son bouclier. « Concentre-toi juste sur ta musique, Annabelle, » lui murmurait-il en traçant la courbe de son oreille. « Je m'occupe du reste du monde pour toi. »

Et elle, jeune et éperdument amoureuse, l'a cru. Elle l'a laissé construire une cage dorée autour d'elle, et elle a appelé ça sa maison. Elle est tombée, complètement et totalement.

Mais il y avait une ombre. Jacques, malgré toute sa dévotion, craignait le mariage. Il parlait du divorce de ses parents, un spectacle public sordide qui lui avait appris que l'amour était une transaction et l'engagement un piège. Il refusait d'être piégé.

Annabelle a essayé. Aux anniversaires, après des concerts qui laissaient le public en larmes, elle abordait doucement le sujet. Chaque fois, il se fermait, son visage devenant impénétrable, la chaleur dans ses yeux se transformant en givre.

Puis, le jour du cinquième anniversaire de leur rencontre, il a changé.

« Annabelle, » dit-il lors d'un dîner aux chandelles sur leur balcon privé surplombant Paris.

« Épouse-moi. »

Les mots qu'elle avait tant désiré entendre pendant des années. Son cœur battait la chamade contre ses côtes, un rythme sauvage et joyeux. Les larmes montèrent à ses yeux, et elle ne put qu'hocher la tête, un sanglot de bonheur étouffé s'échappant de ses lèvres. Il lui glissa un diamant au doigt, une pierre si grosse qu'elle semblait être un poids magnifique.

« Oui, » réussit-elle enfin à souffler. « Oui, Jacques. »

Il sourit, ce sourire rare et à couper le souffle qui n'appartenait qu'à elle. Mais ensuite, il se crispa. « Il y a juste une chose. »

Sa joie vacilla. « Qu'est-ce que c'est ? »

« Ma sœur, Évelyne. Ma demi-sœur. Elle... traverse une période difficile. Elle a besoin d'un endroit où rester pendant un certain temps. Je veux qu'elle emménage avec nous. »

Évelyne Fournier. Annabelle n'avait entendu que le nom. La sœur cadette de Jacques, issue du deuxième mariage désastreux de son père. Il parlait rarement d'elle.

« Bien sûr, » dit Annabelle, soulagée. « Elle peut rester aussi longtemps qu'elle en a besoin. Quelques semaines ? »

Il détourna le regard. « On verra. »

Ce fut le début de la fin. Évelyne n'est pas arrivée pour quelques semaines, mais pour de bon. Elle était un fantôme dans leur maison, un murmure de poison à l'oreille de Jacques. Le manoir redevint froid. La chaleur qu'Annabelle avait si soigneusement cultivée s'évanouit.

Le jour de ce qui aurait dû être leur sixième anniversaire, un jour qui devait être une célébration de leur mariage à venir, Annabelle fixa deux lignes roses sur un test de grossesse. Une joie secrète et précieuse fleurit dans sa poitrine. Elle était impatiente de le dire à Jacques. Ce bébé, leur bébé, arrangerait sûrement tout. Il réparerait les fissures grandissantes qu'Évelyne avait creusées dans leur vie.

Elle s'habilla avec soin, choisissant une robe bleu tendre qu'il aimait. Elle le trouva dans le salon, mais il n'était pas seul.

Évelyne était blottie sur le canapé, la tête sur les genoux de Jacques, en sanglots. Ses épaules délicates tremblaient. Jacques lui caressait les cheveux, son expression un masque de sympathie douloureuse.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda Annabelle, sa propre joie vacillant.

Jacques leva les yeux, son regard froid. « C'est notre anniversaire, Annabelle. Tu as oublié ? »

« Non, bien sûr que non. J'allais juste... »

« Évelyne s'en est souvenue, » la coupa-t-il. « Elle est si fragile depuis son dernier... épisode. Elle nous a préparé un dîner spécial, pour fêter ça. »

Le cœur d'Annabelle se serra. Elle regarda la table de la salle à manger, mise pour trois.

« Jacques, je pensais que nous serions seuls ce soir, » dit-elle d'une petite voix.

« Évelyne fait partie de la famille, » lança-t-il sèchement. « Ce n'est pas une étrangère. C'est ma sœur, et elle est malade. Elle a besoin de notre soutien. »

« Je sais, mais... »

« On ne peut pas la laisser seule, surtout pas ce soir. Le médecin a dit que tout stress pourrait déclencher une rechute, » dit Jacques, sa voix se durcissant. C'était la même excuse qu'il utilisait pour tout maintenant. L'état mental fragile d'Évelyne. Son passé de toxicomane.

Il se leva, sa silhouette imposante projetant une longue ombre sur elle. « Nous dînerons ici. Tous les trois. Tu seras gentille avec elle. Nous ne sortirons pas. »

La réservation dans leur restaurant préféré, celle qu'il avait faite des semaines auparavant, était oubliée. Sa nouvelle, le secret magnifique qui allait changer sa vie, avait un goût de cendre dans sa bouche.

« Et Annabelle, » ajouta-t-il, sa voix baissant jusqu'à un ordre grave. « Change de robe. Cette couleur est trop vive. Ça perturbe Évelyne. »

Elle le regarda, cet homme qui lui avait promis le monde, et vit un étranger. Ce n'était pas Jacques. C'était une marionnette, et Évelyne tenait les ficelles.

« Je vais juste... te prendre une carte-cadeau pour le restaurant, » offrit-il, comme si cela pouvait tout arranger. Comme si l'argent pouvait panser la plaie béante dans son cœur.

Elle ne voulait pas de carte-cadeau. Elle le voulait, lui. Le lui d'avant.

« Non, merci, » dit-elle, la voix creuse. Elle se retourna et s'éloigna, le test de grossesse pesant comme du plomb dans sa poche.

« Je te veux, Jacques, » murmura-t-elle dans le couloir vide. « Tout entier. Pas seulement les parties qu'Évelyne me permet d'avoir. »

Du salon, elle entendit la voix douce et triomphante d'Évelyne. « Jacques, est-ce qu'elle est en colère contre moi ? Je ne voulais pas gâcher votre anniversaire. »

La réponse de Jacques fut un murmure bas et apaisant. « Elle s'en remettra, » dit-il, sa voix dégoulinant de confiance. « Elle revient toujours. Où veux-tu qu'elle aille ? »

Elle s'arrêta, la main sur la grande rampe d'escalier. Il avait raison. Elle n'avait nulle part où aller. Mais elle se fit alors une promesse silencieuse, une promesse qu'elle serait un jour forcée de tenir.

Si l'amour était un choix, elle se choisirait elle-même.

Un jour.

Elle n'est pas allée à l'hôpital cette nuit-là. Elle ne pouvait pas. À la place, elle est allée à l'appartement de son frère Adam.

« Adam, » dit-elle, sa voix se brisant alors qu'il ouvrait la porte. « J'ai besoin de m'enfuir. »

Il la serra dans ses bras, son odeur familière de vieux livres et de café un petit réconfort.

« Qu'est-ce qu'il a fait ? »

Elle lui a tout raconté. La sœur, la cruauté, le bébé.

Il écouta, son visage se durcissant à chaque mot. Quand elle eut fini, il la regarda, les yeux sérieux.

« Il y a une issue, Anna. Mais elle est radicale. » Il lui parla de la famille Cordier, de leurs difficultés financières, et de leur fils, Julien, un héros de guerre dans le coma. « Ils ont besoin d'une alliance. Nous avons besoin d'une bouée de sauvetage. Un mariage. »

L'idée était folle. Épouser un homme dans le coma ? Mais en pensant aux yeux froids de Jacques et au sourire triomphant d'Évelyne, la folie commença à ressembler à la seule option saine.

« Je le ferai, » murmura-t-elle. « Je l'épouserai. »

Chapitre 2

Le lendemain matin, Annabelle prépara un petit sac. Elle partait. Elle ne pouvait pas rester une minute de plus dans cette maison. Alors qu'elle atteignait la porte, la voix de Jacques l'arrêta.

« Où vas-tu ? »

Il se tenait en haut des escaliers, déjà vêtu d'un costume impeccable. À côté de lui, Évelyne s'agrippait à son bras, les yeux rougis.

« Je pars, Jacques. »

« Ne sois pas ridicule, » dit-il en descendant les escaliers. « Tu es juste émotive. » Il s'arrêta devant elle. « Avant que tu partes, Évelyne a besoin de quelque chose. »

Annabelle le dévisagea. « Quoi ? »

« Ton violon, » dit Évelyne, sa voix un murmure fragile. « Celui que Jacques t'a donné. Il est si beau. Je veux juste le tenir. »

Le Guarneri. Son bien le plus précieux. Le symbole de son amour, maintenant souillé.

« Non, » dit Annabelle, la voix plate.

Le visage d'Évelyne se décomposa. Des larmes coulèrent sur ses joues. « Je suis désolée, » pleura-t-elle en cachant son visage dans la poitrine de Jacques. « C'est juste que... je suis si triste, et la musique m'aide. »

Les bras de Jacques se resserrèrent autour de sa sœur. Il foudroya Annabelle du regard par-dessus la tête d'Évelyne, son visage un nuage de fureur.

« Regarde ce que tu as fait, » siffla-t-il. « Elle est fragile. »

Il roucoula à Évelyne, lui caressant les cheveux. « C'est bon, ma chérie. Je suis là. » La tendresse dans sa voix fut un coup physique pour Annabelle. Il ne lui avait jamais parlé comme ça, même pas au début.

« Excuse-toi auprès d'elle, » ordonna Jacques, ses yeux comme des éclats de glace.

Annabelle rit. C'était un son brisé, sans humour. « M'excuser ? Pour quoi ? Pour vouloir garder ce qui est à moi ? » Elle se souvint que la semaine dernière, elle avait trouvé Évelyne dans sa salle de musique, ses mains partout sur les partitions de son prochain récital. Les pages étaient tachées de ce qui ressemblait à de la confiture.

Quand Annabelle l'avait confrontée, Évelyne avait fondu en larmes, prétendant qu'elle voulait juste se sentir plus proche de la musique. Jacques avait balayé ça d'un revers de main. « Ce n'est que du papier, Annabelle. Je peux t'en acheter cent nouvelles copies. »

« Je pars, » répéta Annabelle en se tournant vers la porte.

« Si tu franchis cette porte, le mariage est annulé ! » menaça-t-il.

« Tu crois que ça m'importe ? » rétorqua-t-elle. « C'est toi qui as refusé de m'épouser pendant des années ! C'est moi qui suppliais ! »

Il lui attrapa le bras, ses doigts s'enfonçant dans sa peau. « Tu ne vas nulle part. »

Elle croisa son regard, et pour la première fois, elle ne sentit rien. Pas d'amour, pas de peur, juste un vide immense et froid. L'homme qu'elle aimait avait disparu, remplacé par ce monstre.

Ses yeux s'écarquillèrent devant son expression froide, et sa prise se resserra. La rage déforma ses beaux traits.

« Enlève cette robe, » gronda-t-il.

« Quoi ? »

« La robe. Je te l'ai achetée. Tout ce que tu as, je te l'ai acheté. Enlève-la. Tu peux partir, mais tu partiras sans rien. »

Il essayait de l'humilier, de la briser. Il fit un geste vers les deux femmes de chambre qui observaient en silence depuis l'embrasure de la cuisine. « Aidez-la. »

Les femmes de chambre, le visage pâle, s'avancèrent vers elle. Elle ne se débattit pas. Elle resta immobile pendant qu'elles lui retiraient la robe de créateur, la laissant dans ses simples sous-vêtements. L'air froid du hall d'entrée mordait sa peau.

Évelyne haleta, une main théâtrale se portant à sa bouche. « Oh, Jacques, regarde ! Sa cicatrice ! »

Annabelle croisa instinctivement les bras sur sa poitrine, essayant de cacher la ligne pâle et déchiquetée qui courait de sa clavicule à son épaule. Une vieille blessure d'un accident de voiture des années auparavant. Elle avait failli mettre fin à sa carrière. Les lésions nerveuses permanentes signifiaient qu'elle ne pourrait jamais jouer plus d'une heure sans douleur. C'était sa honte secrète, une vulnérabilité qu'elle n'avait jamais montrée qu'à Jacques.

« Cache ça, » dit Jacques, sa voix pleine de dégoût. Il ne la regardait pas, mais regardait Évelyne. « Ça la perturbe. »

Le dernier espoir d'Annabelle se brisa. Il savait ce que cette cicatrice représentait. Les mois de kinésithérapie, la peur de ne plus jamais jouer. Il avait été là, lui tenant la main, lui disant qu'elle était belle, cicatrice et tout.

Maintenant, il la regardait – elle – comme si elle était quelque chose de grotesque.

« Tu sais, Évelyne, » dit Annabelle, sa voix dangereusement calme. « Cette cicatrice vient d'un accident. Elle fait partie de mon histoire. Contrairement aux cicatrices de certaines personnes, qui sont auto-infligées pour attirer l'attention. » Elle regarda ostensiblement les lignes fines et nettes sur les poignets d'Évelyne, des lignes qui étaient toujours exposées.

Les yeux d'Évelyne s'écarquillèrent. Elle poussa un petit cri et ses yeux se révulsèrent alors qu'elle s'effondrait en tas sur le sol.

« Évelyne ! » rugit Jacques. Il se précipita aux côtés de sa sœur, la prenant dans ses bras. Il regarda Annabelle, ses yeux brûlant d'une haine si pure qu'elle la calcina.

« C'est toi qui as fait ça, » cracha-t-il. « Tu vas le payer. »

Il porta Évelyne en haut du grand escalier, laissant Annabelle seule et à moitié nue dans le hall froid et caverneux.

Chapitre 3

Jacques ne l'a pas seulement laissée dans le hall. Il a demandé aux femmes de chambre de la traîner au sous-sol. C'était une cave à vin humide et sombre, l'air épais d'une odeur de terre et d'alcool rassis. Il lui a pris son téléphone, son sac à main, tout.

« Tu resteras ici jusqu'à ce que tu apprennes le respect, » avait-il dit, sa voix dénuée de toute émotion avant de claquer et de verrouiller la lourde porte en chêne.

Elle y est restée deux jours. Pas de nourriture, seulement une bouteille d'eau. Le froid s'infiltra dans ses os. Son corps lui faisait mal, et une crampe sourde commença dans son bas-ventre. C'était la peur, se dit-elle. Juste la peur. Mais elle grandissait, une pulsation persistante qui faisait écho au vide en elle.

Le troisième matin, la porte s'ouvrit. Une femme de chambre se tenait là, le visage impassible. « Monsieur de la Roche a dit que vous pouviez partir maintenant. Mais vous devez aller directement à l'hôpital. »

Annabelle ne demanda pas pourquoi. Elle hocha simplement la tête, son corps trop faible pour discuter. Elle enfila les vêtements simples que la femme de chambre avait apportés et sortit en titubant du manoir, clignant des yeux sous la lumière vive du soleil.

Elle devait se rendre à la clinique. Celle qu'Adam avait trouvée pour elle. Ce bébé... elle ne pouvait pas amener un enfant dans ce cauchemar. C'était une décision cruelle et douloureuse, mais c'était la seule qui lui restait.

Elle arriva à la clinique, les jambes tremblantes. L'infirmière à l'accueil était gentille mais ferme.

« Je suis désolée, madame. Pour cette procédure, nous avons besoin de la signature d'un conjoint ou d'un membre de la famille directe. C'est une exigence légale. »

Un conjoint. Un membre de la famille. Jacques était son fiancé. Adam était à des heures de route. Elle n'avait pas le choix. Ses mains tremblaient en composant le numéro de Jacques.

Il répondit à la deuxième sonnerie. « Qu'est-ce que tu veux, Annabelle ? Je suis occupé. »

En arrière-plan, elle pouvait entendre la voix douce d'Évelyne. « Jacques, qui est-ce ? C'est elle ? Dis-lui de ne pas appeler, ça aggrave mon anxiété. »

« C'est juste un appel professionnel, ma chérie, » la voix de Jacques était douce comme du miel pour Évelyne, puis se transforma en gravier pour elle. « Qu'est-ce que c'est ? Crache le morceau. »

« Jacques, je suis à l'hôpital, » commença Annabelle, sa voix se brisant. « J'ai besoin que tu viennes. J'ai besoin de ta signature pour une... une procédure. »

« Une procédure ? » se moqua-t-il. « Quoi, tu t'es mise dans le pétrin ? Tu essaies de faire de la chirurgie esthétique pour réparer cette vilaine cicatrice ? Oublie ça. Je ne paierai pas pour ta vanité. »

Il ne lui a même pas demandé de quel genre de procédure il s'agissait. Il s'en fichait.

« Jacques, s'il te plaît... »

« Je dois y aller. Évelyne ne se sent pas bien. »

Il a raccroché.

La tonalité bourdonna à son oreille, un son final et définitif. Elle fixa le téléphone, une vague de nausée la submergeant. Elle se souvint d'une fois où elle avait eu une petite fièvre, et il avait fait venir un spécialiste d'une autre région. Il lui avait tenu la main pendant des heures, lui épongeant le front avec un linge frais, murmurant qu'il ne supportait pas de la voir souffrir.

Où était cet homme ? Qui était cet étranger froid et cruel qui portait son visage ?

L'amour qu'elle avait ressenti pour lui, la dévotion profonde et inébranlable, se transforma finalement en quelque chose de froid et de mort. Il n'y avait plus rien à sauver.

Elle se tourna pour quitter la clinique, son plan en ruines. Elle devrait trouver un autre moyen. En poussant la porte vitrée, elle se figea.

Une Bentley noire s'était arrêtée au bord du trottoir. Jacques en sortait, ouvrant la portière passager pour Évelyne. Évelyne avait l'air pâle et délicate, s'appuyant sur son bras alors qu'il l'aidait à sortir de la voiture. Ils étaient au même hôpital.

Jacques la vit. Un sourire cruel tordit ses lèvres. « Tiens, tiens, qui voilà. Tu nous suis, Annabelle ? Je savais que tu ne pouvais pas rester loin. »

Elle ne dit rien, essayant juste de passer devant eux. Il lui bloqua le chemin.

« Pas si vite, » dit-il. « C'est un timing parfait, en fait. Évelyne a eu une autre de ses crises. Le médecin a dit qu'elle est anémique. Elle a besoin d'une transfusion sanguine. »

Il la toisa de haut en bas, ses yeux cliniques et froids. « Vous avez le même groupe sanguin. J'ai vérifié. Tu vas donner. »

« Quoi ? Non, » dit Annabelle, sa main se posant instinctivement sur son ventre. « Je ne peux pas. Je... je ne vais pas bien. »

« Ne sois pas égoïste, » lança-t-il sèchement. « Évelyne a essayé de se couper les veines ce matin à cause de ce que tu as dit. C'est le moins que tu puisses faire. »

« Jacques, je suis enceinte, » murmura-t-elle, les mots un plaidoyer désespéré de la dernière chance. « Je ne peux pas donner de sang. »

Il la fixa, puis rejeta la tête en arrière et rit. Un son rauque et laid. « Enceinte ? Ne sois pas ridicule. Tu dis ça juste pour t'en sortir. Tu es toujours si dramatique. »

Des larmes coulaient sur son visage, mais elle ne fit aucun bruit. Elle resta là, son cœur se brisant encore et encore.

Il lui attrapa le bras, sa prise meurtrière. « Tu vas le faire. »

Il la traîna de nouveau dans la clinique, ignorant ses protestations. Il la poussa dans une petite pièce, la forçant à s'asseoir sur une chaise. Une infirmière entra avec une aiguille.

« S'il vous plaît, » supplia Annabelle en regardant Jacques. « S'il vous plaît, ne faites pas ça. »

Il ne la regardait pas. Il fixait juste la fenêtre, la mâchoire serrée. « Prenez-lui 400 ml, » dit-il à l'infirmière.

L'aiguille glissa dans sa veine. Elle sentit une vague de vertige alors que son sang, la force vitale même dont elle avait besoin pour son bébé, était tiré de son corps. Elle se sentit faible, sa vision se brouillant sur les bords.

Quand ce fut fini, il ne la regarda même pas. Il prit juste la poche de sang et sortit de la pièce. Elle le regarda s'éloigner dans le couloir, son bras autour d'une Évelyne à l'air triomphant, et la laissa là, vidée et vide.

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