« Il est une tristesse si profonde qu'elle ne peut même pas prendre la forme d'une larme. »
Haruki Murakami
Jeudi 01 Novembre 2010
Quelque part en France
Dans un pub non loin de l'océan
19h01
Elle se fit remarquer lorsqu'elle entra sur le parking. Chaque personne présente dans ce pub, fréquenté par beaucoup d'habitués du coin, posa son verre. Ils arrêtèrent de parler aux bruits de son moteur et ses pneus. Tous ont attendu de voir qui se cachait dans cette voiture. Qui était dedans? Au milieu de cette petite foule, il l'a observé attentivement, se posant les mêmes questions. Son regard a détaillé chaque centimètres du bolide jusqu'à ce qu'il croise de grandes jambes vêtus d'un jean noir, des baskets blanches. Il leva les yeux et fit face à l'inconnue tant attendue. Un nez fin, de longs cheveux bruns, des lèvres comme il les aimait. Il a senti son coeur faire un bond. Un pull noir trop large pour elle sur lequel il y avait une lune imprimée. Qui était-elle? Elle s'approcha du pub d'un pas déterminé. Plus un mot ne retentit. Elle se rendit au bar et s'est assise d'un air désabusé.
« Du whisky s'il vous plaît, deux glaçons si c'est possible. Merci »
La tristesse s'entendait dans le ton de sa voix à peine audible. Les gens étaient si surpris, ne s'attendant pas à cela, qu'ils ont repris leurs conversations comme s'ils n'avaient rien vu. Ils se disaient « On a tous connu ce genre de moment si douloureux qu'il nous ôte la force d'exprimer quoi que ce soit. Faisons comme si nous n'avions rien vu. » Mais lui n'a pu s'empêcher de se demander ce qu'il lui était arrivé, pourquoi était-elle dans cet état? Elle qui semblait si belle et confiante lorsque je l'ai vu, pourquoi s'est-elle effondrée en une fraction de seconde? Que s'était-il passé? Elle prit le verre et le vida d'un seul trait. « Un autre s'il vous plaît. » Elle prit son portable dans la poche de sa veste, l'alluma et le fixa. Une larme coula et tomba sur l'écran. Elle serra le portable de toutes ses forces. Elle prit le deuxième verre et lui réserva le même sort que le premier. « Un autre s'il vous plaît. Mettez-en moi deux plutôt. » Le barman, désireux de savoir ce qu'il pouvait lui arriver, lui demanda : « Dure journée? » Elle le regarda et sourit faiblement. « On va dire ça comme ça. » balança-t-elle. C'est à ce moment-là que la conversation fut lancé.
« Que vous est-il arrivé?
- Plutôt indiscret comme question pour quelqu'un qui est censé me servir mon whisky. »
Se sentant gêné, le barman se confondit en excuses. Elle le stoppa. « Je plaisantais. C'est moi qui devrait m'excuser. C'était une dure journée mais je commence à décompresser grâce à votre bonne boisson! Je vous en remercie. » Le barman sourit à son tour et rebondit afin de mieux la connaître. En réalité, son coeur semblait ne plus battre.
FLASHBACK - Un fameux Jeudi, après une grosse journée au travail, elle avait réussi à rentrer chez elle plus tôt ; cela ne lui était pas arriver depuis longtemps. Elle n'attendait que les bras de son mari pour la réconforter. Elle aimait tant ces moments avec lui. Elle se sentait en sécurité. Dès qu'elle passait la porte de chez elle, il l'attendait juste derrière les bras grands ouverts. Elle tombait volontairement dans ses bras montrant sa fatigue et son réconfort à la fois. Disons que c'était leur petit rituel. Ce jour-là, elle a passé la porte de chez elle, ne faisant pas attention au début, elle s'est déchaussé. Elle vue une paire de talons qui ne lui appartenait pas mais elle n'y prêta pas attention se disant que sa soeur avait dû l'oublier lorsqu'elle leur avait rendu visite il y a quelques jours. Elle cria tout en s'avançant vers le salon « Chéri! Je suis... » puis elle se figea. Elle sentit le monde s'effondrer sous ses pieds. Ses jambes se mirent doucement à trembloter, ses yeux se remplirent brièvement, son coeur battait si vite qu'elle pouvait l'entendre. Elle aurait juré pouvoir l'attraper. Elle le voyait, dans le salon, avec une autre femme. Elle n'y cru pas. C'était impossible. Cela faisait 10 ans qu'ils étaient ensemble dont 5 ans qu'ils étaient mariés. Quand ils se sont rencontrés, elle avait 15 ans et lui 17 ans. Aujourd'hui, elle avait 25 ans, il en avait 27. Ils avaient eu des hauts et des bas comme tous les couples mais jamais il n'avait été question d'adultère. Elle pensait qu'ils faisaient partis de ces gens qui s'aimaient tellement qu'ils ne pouvaient pas vivre sans l'autre, de ces personnes qui ne supportaient pas l'idée de trahir l'autre, de ces personnes de principes pour lesquels le mariage était si sacré qu'il n'était pas envisageable de le briser. Ils étaient enlacés, nus, sans rien qui ne couvrait leurs corps. Elle resta sans voix. Elle les regarda pendant de longues minutes. Son âme sembla l'avoir quitté. Petit à petit, elle réussit à bouger, mais dépourvu de courage et de force, elle tourna les talons et alla se changer. Elle quitta sa tenue de travail et se mit en pantalon et en pull assez large pour s'y engouffrer. Elle pensait naïvement que cela suffirait à la réconforter, belle et tragique illusion. Elle se dirigea de nouveau vers la porte. Elle retomba sur eux, les regarda comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas ou pour s'auto-torturer, mais n'ayant toujours pas la force de se battre, elle serra faiblement les poings ; même pas de quoi faire mal à un insecte, elle sortit et prit la voiture. Sur la route, elle se posait toutes sortes de questions.
« Avais-je bien fait de partir sans ne rien dire? Pourquoi me faisait-il ça? Qu'avais-je manqué? Pourquoi moi? Je lui ai tout donné, pourquoi il me fait ça? Depuis quand ça dure? Pourquoi je n'ai rien vu? Pourquoi je l'aime autant? Est-ce-qu'il m'aime? Pourquoi l'avoir ramener chez nous? Est-ce que c'est tout ce que je mérite?! »
Ce qu'elle avait vu l'avait tellement bouleversé qu'elle n'avait pas eu la force de réagir. Cet homme qui dormait dans son lit chaque soir, qui partageait sa vie depuis tant d'années. Celui qui avait juré de lui être fidèle jusqu'à ce que la mort les sépare, celui avec qui elle prévoyait de fonder une famille. L'homme qui l'avait pris à ses parents et qu'elle avait suivi les yeux fermés. Elle s'est jetée corps et âme dans cette relation pensant vivre l'amour fou jusque dans ses vieux jours, s'imaginant raconter leur histoire aux enfants qu'ils auraient pu avoir. Au volant de sa voiture, elle sentit son coeur se serrer. Trop de choses lui traversait l'esprit. C'en était trop, il fallait qu'elle sorte. Il fallait qu'elle fasse quelque chose. Elle aperçut un pub, et n'eut qu'une envie : du whisky, pensant que cela la réconforterait encore une fois. - FIN DU FLASHBACK
Elle rendit le sourire au barman et vida les derniers verres qu'il lui avait servi. Elle se leva et se tourna vers la sortie. « Vous êtes sûre de pouvoir conduire? » Elle fit de nouveau face au barman et se pencha vers lui. Elle lui laissa son numéro en lui disant « prenez de mes nouvelles, vous saurez si j'ai survécu » Elle se redressa et sortit pour de bon. Elle ne pouvait plus rester. Même si elle avait trouvé ce barman fort sympathique, le fait de lui demander si ça allait bien avait fini de l'achever. Elle partit sous le regard de celui qui l'avait observer depuis le début. Elle lui a plu dès le premier aperçu, lui parler n'a fait que le persuader qu'il avait eu un coup de foudre. Elle démarra en trombe et disparu dans la nuit noire. Il regarda son numéro et ne put s'empêcher de sourire. « J'espère la revoir. » s'est-il dit pensif. Sur la route, elle s'arrêta sur un chemin désert sur lequel on avait une faible visibilité. Son coeur était sur le point d'exploser. La douleur avait finalement percé le mur. Elle est sortie de la voiture, à bout de force, elle s'écroula non loin de cette dernière et elle hurla à plein poumons. Elle hurla si fort que les gens qui passaient frissonnaient s'imaginant des choses horrifique. Elle ne put s'arrêter. C'était comme si on lui arrachait le coeur, qu'on la charcutait vivante. Elle s'injuriait, se détestait d'y avoir cru, se méprisait de ne pas avoir agi. Elle se sentait perdue. Elle avait mal et la seule personne qui pouvait la soigner était celle qui l'avait blessé. Elle qui plaignait ces femmes cocues souhaitant que ça ne lui arrive jamais, ses larmes ne pouvaient s'arrêter de couler, elle n'avait plus de force. Ses jambes tremblaient tellement qu'il lui était impossible de se relever. Cela faisait presque trois heures qu'elle était allongée au sol, recroquevillée sur elle-même. Elle n'avait ni chaud, ni froid. Elle était comme morte pour vous dire à quel point elle était détruite. Voilà la réalité. En voyant son mari avec une autre, son monde s'est effondré. Elle ne vivait que par lui, et voilà ce que la vie lui avait offert pour avoir négligé la sienne. Il avait essayé de l'appeler de nombreuses fois, ne la voyant sûrement pas rentrer comme d'habitude, mais elle n'avait pas répondu. Il lui avait envoyé également de nombreux messages. Tel que :
« Où tu es? »
« Tu finis tard? »
« Pourquoi tu ne me réponds pas?? »
« Chérie tu vas bien?? Tu m'inquiètes.. »
« Répond moi!! Qu'est-ce que tu fais?! »
« Pourquoi tu n'es pas rentrée? Tu aurai dû être là depuis 1h déjà! »
« Répond moi je t'en prie! »
« Je sais que tu es passée, j'ai vu tes vêtements dans ton dressing.. Répond moi s'il te plaît, on va en parler comme des adultes »
« Dis-moi où tu es, je viens te chercher! »
Et j'en passe. Mais elle n'avait rien répondu non plus. Elle n'avait plus de forces... Puis soudainement, son portable vibra de nouveau. Il était 23h05. Un numéro non enregistré lui avait envoyé un message.
« Vous avez survécu Mme Whisky? »
« La vie est une composition de plusieurs émotions : la joie ou la tristesse, l'amour ou la haine, dont chaque émotion nous conduit vers une destinée. »
Esther Johnson
Jeudi 01 Novembre 2010
Quelque part sur un chemin discret en France
23h05
« Vous avez survécu Mme Whisky? »
Elle eut la force de faire apparaître un bref sourire. Elle se souvint de ce barman à qui elle avait laissé son numéro. Pourquoi avait-elle fait une telle folie? Elle ne connaissait même pas cet homme, elle aurait pu tomber sur un fou, un psychopathe. « Je suis une femme mariée, qu'est-ce qui m'a pris bon sang... » a-t-elle pensé un court instant. Sans le vouloir particulièrement, ses yeux se remplirent de larmes à cette seule réflexion. Elle ferma lentement les yeux pour se calmer et répondre. « Je pense que oui, je suis quelque... » Elle arrêta d'écrire et réfléchis. Fallait-il vraiment qu'elle le dise? Elle effaça ce qu'elle avait commencé à taper et recommença.
« J'ai survécu Mr le barman qui préfère discuter plutôt que de servir »
Elle se leva difficilement et remonta dans sa voiture. Sans le savoir, c'était ce barman qui lui avait donné la force de se relever. Son portable vibra de nouveau.
« J'ai juste aperçu une Dame qui avait l'air d'en avoir gros sur le coeur, en bon gentleman je me suis inquiété 😉 »
Elle secoua la tête, souriante.
« Merci à vous, votre alcool est un bon remontant. Pour le barman en revanche, je repasserai 😉 »
Elle posa son téléphone et reprit la route. Sur le chemin de retour, elle se demandait ce qu'elle ferait. Comment elle le ferait. Elle réfléchit. Elle avait tellement pensé cette nuit qu'une migraine commençait à pointer le bout de son nez. Devait-elle lui pardonner? Devait-elle rentrer et en discuter? Elle ne voulait pas. Devait-elle demander le divorce? Faire une pause? Elle savait que si elle le laissait s'expliquer, elle craquerait. C'était l'homme de sa vie, le seul qu'elle avait connu. Il était tout son monde et s'il lui avait dit de sauter d'une falaise, par amour, elle l'aurait fait. Malheureusement, ce soir, il n'avait rien demandé, il l'avait simplement poussé dans le vide. Elle décida de ne pas rentrer et de dormir sur le parking d'un supermarché. Elle irait récupérer ses affaires demain quand il ne sera pas là et ira chez ses parents. C'est ce qu'elle avait décidé, ce fameux soir de Novembre. Elle se gara et coupa le contact puis baissa le dossier de son siège. Avant qu'elle ne ferme les yeux, son portable vibra.
« Soit ce n'est pas un bon employé, soit vous n'êtes pas une cliente facile. Au passage, mon nom est Justin. Enchanté Madame. Je vous souhaite une bonne et agréable nuit »
Elle ria discrètement.
« J'opterai pour la deuxième option, je ne suis pas de mauvaise foi. Enchantée Justin, mon nom est Diana. Agréable nuit à vous »
Elle reposa son téléphone et ferma les yeux. Le coeur brisé, elle s'endormit.
Vendredi 02 Novembre 2010.
Quelque part en France sur le parking d'un supermarché.
09h00.
Diana se réveilla avec difficulté. Ses yeux pouvaient à peine s'ouvrir tellement ils avaient gonflé durant son sommeil. Elle qui priait que tout ne soit qu'un rêve en s'endormant, se réveilla avec la confirmation que ça ne l'était pas. Son mari avait essayé de la joindre au petit matin. Il ne lui restait que très peu de batterie mais elle l'utilisa pour consulter les messages qu'il lui avait envoyé.
« Rentre à la maison s'il te plaît... »
« Tu n'es pas rentré de la nuit, je sais que tu as vu mes messages, répond moi Diana... »
« Je finis à 12h aujourd'hui, j'espère que tu seras rentrée... »
« Diana répond au moins une fois à mes appels.. J'ai besoin d'entendre que tu vas bien... »
« Tu me manques... »
« Pardonne moi, je t'en prie... »
« J'ai besoin de toi Diana... »
Elle sentit son coeur se serrer aussi fort qu'hier. La gorge nouée, les mains tremblantes, les yeux remplis de larmes, la boule au ventre, elle ressentit la douleur mille fois plus intensément que la veille. Tout était vrai. Son mari l'avait trahi et elle l'avait surpris. Elle avait fui sans dire un mot. Ce n'était pas un rêve. Elle prit une grande inspiration, puis expira. Elle fit cette action 5 fois. Une fois terminé, elle prit son courage à deux mains et lui répondit enfin.
« Tu étais l'homme que j'aimais. Le premier que j'ai connu et le seul. Tu m'avais juré fidélité, dans le bonheur comme dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, dans la richesse et la pauvreté, et de m'aimer tous les jours de ma vie. Un peu plus tard, tu m'as juré de ne jamais me faire de mal. Je t'ai cru, je t'ai cru et je t'ai aimé à en mourir. Qu'avait-elle de plus que moi? Que te donnait-elle que je ne te donnais pas? Tu n'étais pas heureux? Si c'était le cas, pourquoi ne pas m'en avoir parler? On a toujours privilégié le dialogue et tu m'en as privé. Tu as jugé que je n'étais pas digne de ton respect. Tu m'as arraché ma vie, tu m'as tout pris. Si je te vois, je sais que je ne pourrai pas te résister, c'est pour cela que je viendrai récupérer mes affaires quand tu ne seras pas là. Je te faisais confiance, nous étions mariés, nous sommes mariés, mais c'est terminé. J'entamerai la procédure de divorce. Je t'ai aimé plus que je n'ai pu m'aimer moi-même et voilà ce que j'ai récolté. Tu recevras les papiers. Je te souhaite d'être heureux, je ne suis pas mauvaise. En espérant qu'elle t'apporte ce dont tu manquais avec moi. Au revoir Giovanni. »
Elle envoya ce message sans réfléchir d'avantage. Elle savait qu'elle n'aurait plus jamais confiance en lui, elle avait prit sa décision à son tour, à l'encontre de ce que lui criait son coeur. Pour une fois dans sa vie depuis longtemps, elle avait écouté sa tête. Mais Dieu sait qu'elle souffrait. Elle avait l'impression de manquer d'air, qu'on lui compressait les poumons. Elle avait l'impression de ne plus pouvoir reprendre son souffle. Elle était empli de chagrin, de frustration, de mélancolie, vidée de toute énergie. Elle passait les jours les plus horribles de sa vie. Elle n'avait même pas pensé à prévenir son travail qu'elle ne viendrait pas. Son portable s'était éteint après l'envoi du message. Elle n'en fit rien et resta à pleurer silencieusement. Justin de son côté avait dû se lever aux aurores pour ouvrir son bar. Au réveil, sa première pensé fut pour Diana. Il prit instantanément son portable et regarda sa conversation de la veille avec elle, il sourit innocemment. Sourirait-il s'il savait la vérité? Il s'était demandé s'il devait lui renvoyer un message mais il ne le fit finalement pas par peur de sembler trop insistant. Il se disait qu'elle lui renverrait un message elle-même. Il attendit toute la journée, mais rien. Aucune nouvelle. Il fut déçu mais après tout il venait à peine de la rencontrer alors pourquoi se prendre la tête? Il ne la reverrait peut-être jamais. Mais au fond, il espérait avoir de ses nouvelles. Diana de son côté avait fini par se rendormir sur ce même parking. Elle se réveilla lorsque quelqu'un vint toquer à sa fenêtre, elle discerna un :
« Tu crois qu'on devrait appeler la police? »
Puis un : « Mais t'es bête ou quoi? S'il faut le mec il a juste pris une sacrée bourre la veille et il a pioncé toute la sainte journée »
« Ouais t'as raison, vas-y retoque »
« Fais le toi, si c'est un homme de 100kg de muscles qui est dedans, j'veux pas qu'il s'en prenne à moi parce que j'l'aurai réveillé »
« Mais qu'est-c'tu racontes putain? »
Il y avait deux personnes dont une femme. Une des deux toqua de nouveau en disant :
« Monsieur tout va bien? Vous êtes là? »
Ses vitres étaient enduit de buée. Difficile de discerner quelque chose. Elle alluma le contact de sa voiture et baissa la fenêtre. Les deux personnes sursautèrent au mouvement de cette dernière. Quelle fut leur surprise quand ils découvrirent une femme.
« Madame tout va bien?
- Ça a pas l'air d'aller quand même...
- C'est qu'elle est perspicace. »
Ils me regardèrent bizarrement puis haussèrent les épaules.
« On voulait s'assurer que ça allait, passez une bonne nuit M'dame! »
Puis ils partirent aussitôt. Il faisait déjà nuit, elle n'avait pas vu le temps passé. Elle avait froid et n'avait presque plus d'essence. Heureusement qu'elle avait son sac à main dans la voiture, elle mit son portable à charger, sortit du parking et se dirigea vers la première station à essence. Elle mit cinquante euros et alla se chercher un autre coin pour dormir. Elle attendrait demain pour récupérer ses affaires et se prendre une douche. Il faut qu'elle appelle ses patrons et ses parents. Elle le ferait demain matin au réveil. En attendant, elle se trouva un parking tranquille au bord d'une plage. L'endroit lui plaisait alors elle s'y posa pour la nuit. Elle se dirigea sur le sable et s'assied. Pensive, elle écoutait le bruit des vagues, elle guettait l'horizon. La nature est si magnifique, elle ne l'avait pas regarder et écouter aussi attentivement et intensément depuis une éternité. Elle appréciait ce moment, oubliant la réalité un bref instant. Elle se retrouvait seule avec elle-même, elle avait oublié à quel point cela faisait tant de bien, que quelques fois c'était tout aussi réconfortant.
« Mais où commence l'adultère? Au premier regard? Au premier baiser? À la première caresse? Ne l'étais-je pas déjà? L'adultère commence au premier regard, en effet : celui que votre mari ne vous accorde plus. »
Eliette Abécassis
Samedi 03 Novembre 2010
Sur un parking non loin d'une plage
07h00
Diana ouvrit lentement les yeux, le ciel était encore sombre. Elle essaya de se rendormir mais n'y parvint définitivement pas. Les minutes s'écoulèrent et elle finit par émerger totalement. Elle prit son portable pour regarder l'heure, vit 7h00 et se maudit d'avoir ouvert les yeux mais relativisa très vite en se disant qu'elle pourrait passer les coups de téléphone qu'elle avait à passer.
Diana travaille dans une boutique de vêtements de luxe nommé « JOHNSON ». Elle adore son travail, elle aime la mode et le contact client. Elle a suivi des études de Commerce dans un lycée reculé de France. Elle a débuté dans de grandes surfaces alimentaires puis un jour elle a reçu une annonce d'emploi de l'entreprise JOHNSON qui donnait une chance aux débutants de pouvoir se former au sein des leurs afin de pourvoir un poste de vendeuse. Il n'y avait que 20 places disponible. Diana ne connaissait pas du tout cette enseigne, elle décida de lancer une recherche sur internet et découvrit qu'il s'agissait d'une entreprise de vente de vêtements de luxe, haut-de-gamme. Elle comprit pourquoi elle ne connaissait pas, ce n'était pas le genre de boutique chez qui elle traînait habituellement. Elle ne se considérait pas pauvre, ayant un toit au-dessus de la tête, des vêtements sur elle, des chaussures en bon état, un travail. Mais elle ne se considérait pas riche non plus. Elle était de classe moyenne, elle se débrouillait comme elle avait tendance à le dire. Il pouvait lui arriver de rencontrer des difficultés mais ça faisait parti de la vie et elle le savait. Elle se dit que c'était une chance de pouvoir découvrir un autre monde qui selon elle lui était inconnu. Elle postula sans grandes attentes, elle pensait que sa candidature passerait aux oubliettes. Quelle fut sa surprise quand elle a reçu un mail de l'entreprise JOHNSON. Elle l'ouvrit, blasée en sachant que ce serait des excuses comme d'habitude suivi d'un refus. Elle connaissait ce genre d'entreprise un peu trop sélective, disant débutant mais n'acceptant que des pointures. Elle commença a lire le mail...
« Chère Madame, Monsieur, Nous avons bien reçu votre candidature en date du 10 Mars 2009 pour le poste de vendeuse débutante et nous vous en remercions. Nous avons justement des besoins actuellement sur ce type de poste et votre profil correspond. Nous vous proposons donc de prendre contact avec nous par téléphone au * afin de convenir ensemble d'un premier rendez-vous... »
Diana n'en croyait pas ses yeux. Elle avait reçu une réponse positive à sa candidature faite il y a deux mois à l'époque. Elle ne put s'empêcher de hurler de joie. Elle a contacté l'entreprise et a eu un rendez-vous, suite auquel elle a réussi les tests et est finalement devenue la personne choisi parmi les 20 pour devenir la vendeuse recherché. C'était avec beaucoup d'effort, plusieurs fois elle a cru que le poste lui échapperait mais son mari l'avait soutenu jusqu'au bout. C'est en lui qu'elle avait puisé la force de ne pas abandonner. Depuis lors, elle était devenue l'une des meilleures vendeuses de l'entreprise, réalisant trois fois d'affilé les meilleures ventes du mois. Pour une débutante, cela impressionnait beaucoup le personnel. Diana était une personne appréciait de tout le monde, elle avait des appréhensions pensant ne pas trouver sa place parmi ces personnes qui pour elle devaient lui être supérieurs. Au final elle y avait été parfaitement intégré, les personnes étaient chaleureuses et accueillantes. Désireuses de découvrir qui était Diana et de transmettre leurs savoirs. JOHNSON était une entreprise stricte en ce qui concerne la relation entre les employés. Pour eux, la bonne entente est nécessaire au bon fonctionnement d'une entreprise, quiconque semait le trouble devait s'attendre à s'attirer les foudres de la part de la direction supérieur. C'est en ces termes qu'est entrée Diana. Elle n'avait jamais manqué un seul jour de travail depuis qu'elle avait été embauché, alors lorsqu'elle dû passer l'appel pour les deux jours qu'elle venait de manquer elle fut prit d'une immense peur de perdre son emploi qu'elle aimait tant. Elle composa le numéro, ça a sonné deux fois avant de répondre.
« Entreprise Johnson vente en vêtements de luxe, Laure à votre écoute, en quoi puis-je vous aider? »
Diana connaissait Laure, elles étaient amies depuis que Diana avait accueilli Laure dans l'entreprise.
« Bonjour Laure, c'est Diana...
- Diana?? Mais où tu es? Tout le monde te cherche! Ton mari a appelé pour savoir si tu étais venue au boulot, ça fait deux jours qu'il vient à l'entreprise et tourne dans les rayons en t'attendant!
- De quoi?!
- Qu'est-ce qui se passe?!
- Je suis désolée, j'appelais pour m'excuser des deux jours que j'avais manqué, ce n'est pas dans mes habitudes tu le sais..
- Je sais.. C'est pour ça que je te demande ce qu'il y a eu!
- Je te raconterai tout en détail, tu peux me passer la direction? »
Un silence se fit entendre. Elle sentait une certaine tension soudainement.
« Tu es sûre que c'est ce que tu veux?
- Pourquoi?
- Disons qu'ils ne sont pas trop de bonne humeur en ce moment, les ventes d'hier n'ont pas été fructueuses.
- Mais non?
- Si.. Donc la direction est un peu en folie, je peux te dire qu'on prend cher depuis ce matin.
- Je suis désolée...
- Je sais. Tu veux les avoir du coup?
- J'hésite soudainement tu vois.. »
Diana a rit faiblement. « Quel connard » pensa-t'elle de son mari qu'elle avait surpris en plein adultère.
« Passe les moi.
- D'accord, à tes ordres Chef! »
Diana attendit au moins 5 minutes avant d'avoir quelqu'un au bout du fil.
« Claire Yung, c'est pourquoi? »
Claire Yung était la sous-directrice de l'entreprise. Elle était dure et exigeante, s'il y a bien une chose que Diana espérait c'était ne pas tomber sur elle.
« Bonjour Madame Yung, je m'appelle Diana Dixon, je travaille en tant que vendeuse à l'entreprise.
- Et alors? »
Diana pouvait sentir la tension dans la voix de Claire. Elle regretta immédiatement d'avoir insisté pour avoir la direction.
« Je ne suis pas venue hier et je ne viendrai pas aujourd'hui, je m'excuse. J'ai...
- Vous vous excusez? »
Claire poussa un rire.
« Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse de vos excuses? Savez-vous pour qui vous travaillez? Êtes-vous seulement consciente des chiffres que nous avons eu la veille? C'est indigne de notre entreprise, et vous vous permettez de nous appeler pour nous dire désolée?! Redonnez moi votre nom. »
Diana déglutie. Elle sentit son corps trembler d'avantage.
« Diana Dixon.
- C'est noté. Vous ne prendrez qu'un simple avertissement cette fois-ci. J'ai votre profil sous les yeux et je constate que vous êtes l'unes de nos meilleures employés. Sachez que je vous fais une fleur mais que c'est la dernière fois. Je vous attends Lundi matin à la première heure Madame Diana Dixon. »
Claire raccroche aussitôt. Diana souffla un bon coup. Elle avait eu une chance démentielle. À peine eut-elle fini son appel que son portable sonna de nouveau, elle regarda et aperçu que c'était son mari. Elle hésita mais finit par répondre.
« Qu'est-ce que tu veux?!
- Diana, écoute moi, je t'en prie, laisse moi m'expliquer...
- Pourquoi?
- Parce que je t'aime et que je veux le meilleur pour nous..
- Tu plaisantes? Je t'ai vu avec une autre femme Giovanni! Depuis quand ça dure?! Qui est-elle?!
- Diana peu importe, je lui ai dit que tout était fini, je ne veux personne d'autre que toi, elle n'est pas importante!
- Ne mens pas! Elle était chez nous, dans NOTRE appartement, dans NOTRE canapé, dans les bras de MON mari, dans NOTRE intimité. Ne me dis pas qu'elle n'est pas importante! Tu me dégoûtes, tu oses mentir encore après m'avoir fait ça? Mais qui es-tu? QUI TU ES?!
- Diana, calme toi, je t'en prie... »
Diana bouillonnait de rage, elle sentit les larmes lui monter. Son coeur se brisait un peu plus, elle n'en croyait pas ses oreilles.
« Ne m'appelle plus Giovanni. C'est terminé, tu recevras les papiers du divorce et j'engagerai quelqu'un pour venir récupérer mes affaires.
- Non Diana ne fait pas ça, je t'en supplie, ne me laisse pas! Tu ne peux pas me faire ça putain je t'aime comme un fou! »
Elle n'avait pas besoin d'en savoir plus, elle raccrocha. Elle était décidé à tourner la page et à aller de l'avant. Elle va avoir beaucoup de mal mais il était hors de question de laisser une chance à cet homme. S'il l'avait fait une fois, il recommencerait et ça Diana le savait mieux que personne. Elle prit quelques secondes pour se remettre de ses appels. Il était 11h00. Elle se décida à appeler ses parents pour les prévenir de sa futur arrivée pour une durée indéterminée. La première personne qui décrocha fut son père. Dès qu'elle entendit sa voix, elle ne put se retenir de pleurer.
« Allô?
- Papa?
- Diana?
- Papa...
- Diana calme toi, pourquoi tu pleures qu'est-ce qui se passe???
- C'est Giovanni...
- Giovanni?! Qu'est-ce qu'il a?!
- C'est fini Papa, je vais demander le divorce... »