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Secrets et Rêves Brisés

Secrets et Rêves Brisés

Auteur:: Plume Noire
Genre: Romance
En luttant contre la pauvreté, Évan travaille d'arrache-pied pour financer ses études, espérant un avenir meilleur pour lui et sa famille. Il jongle entre cours et petits boulots, tout en restant discret, jusqu'à ce qu'il croise Mélissa, la fille la plus convoitée du campus. Avec son charme et son sourire ravageur, elle fait battre le cœur de tous les garçons, et malgré les mises en garde de ses amis, Évan tombe sous son charme. À sa grande surprise, Mélissa accepte de sortir avec lui, mais pose une condition : elle rêve d'un tout nouveau smartphone dernier cri en guise de premier cadeau. Évan, plein d'espoir et d'optimisme, se donne à fond pour économiser et lui offrir ce qu'elle souhaite, croyant que son geste sincère touchera Mélissa en plein cœur. Mais le jour où il pense enfin lui remettre son cadeau, Évan tombe sur une scène déchirante : Mélissa dans les bras du capitaine de l'équipe de basket. Pire encore, elle ne se prive pas de se moquer ouvertement de lui, le ridiculisant devant ses amis. Le capitaine, méprisant, ne se contente pas de ricaner mais le blesse physiquement, le laissant au sol, humilié et impuissant. Alors qu'Évan se débat avec ses émotions brisées, un appel de son père change sa vie en un instant. Il découvre avec stupéfaction qu'il est l'héritier d'une immense fortune familiale. Son monde bascule : entre vengeance et rédemption, il doit maintenant choisir quel avenir il se forgera et jusqu'où il est prêt à aller pour retrouver sa dignité.

Chapitre 1 Chapitre Ier

Évan poussa la porte en verre du petit café où il travaillait chaque soir après les cours. Le tintement de la clochette accompagna son entrée, et il jeta un coup d'œil rapide autour de lui pour vérifier que tout était en ordre. Avec la rentrée, le café était plus fréquenté, et les allées et venues des clients rendaient l'atmosphère légèrement électrique. Les lumières tamisées, les tables en bois vieilli et les arômes de café qui flottaient dans l'air ajoutaient un côté chaleureux à cet endroit modeste, un peu vieillot, mais qu'Évan appréciait.

Il ajusta son tablier, laissant ses pensées dériver un instant. Aujourd'hui encore, ses cours avaient été intenses, et il sentait une fatigue sourde se glisser en lui. Cependant, il savait qu'il n'avait pas d'autre choix que de continuer à travailler ici. Les factures s'accumulaient, et sa famille comptait sur lui. Il jeta un œil vers l'horloge au mur, prêt à commencer une longue soirée de travail.

La porte s'ouvrit brusquement, laissant entrer une brise fraîche et un groupe de jeunes qui parlait fort. Parmi eux, une silhouette familière attira son regard : Mélissa, la fille la plus populaire de l'université. Elle rayonnait dans son pull bleu marine parfaitement ajusté et sa jupe plissée qui lui donnait un air à la fois sophistiqué et naturel. Évan sentit son cœur faire un bond.

Il la connaissait de vue, comme tout le monde sur le campus. Mélissa faisait partie de cette élite qui semblait flotter au-dessus des préoccupations ordinaires. Elle riait avec insouciance, ses longs cheveux bouclés lui tombant en cascade sur les épaules. Évan détourna le regard, soudain conscient de son uniforme de serveur, de ses mains abîmées par le travail, et de ses vêtements bien moins élégants que ceux de son entourage.

Alors qu'il s'efforçait de se concentrer sur sa tâche, Mélissa passa près de lui. Le cœur d'Évan battit un peu plus vite lorsqu'il croisa son regard par hasard. Elle le fixa un instant, avant de lui lancer un sourire en coin. Pris de surprise, il répondit maladroitement, tentant de masquer son embarras.

« Salut, tu travailles ici tous les soirs, c'est ça ? » demanda-t-elle, son ton léger, presque détaché.

« Oui, c'est... enfin... je veux dire... oui, je travaille ici pour financer mes études, » répondit-il, une pointe de timidité dans la voix.

Mélissa haussa un sourcil, visiblement amusée par sa maladresse.

« C'est bien, je suppose que ça doit être fatiguant de jongler entre les cours et le travail, » commenta-t-elle, en lui lançant un regard pénétrant.

Évan acquiesça, évitant son regard. « C'est... c'est ce qu'il faut pour payer les factures, » dit-il en haussant les épaules.

Elle l'observa, un léger sourire flottant sur ses lèvres, comme si elle trouvait un certain charme dans son attitude modeste. « Tu devrais peut-être penser à t'accorder une pause de temps en temps, » ajouta-t-elle d'un ton doux, presque comme un conseil.

Évan, pris de court, ne savait quoi répondre. Il n'avait jamais pensé qu'une fille comme Mélissa puisse s'intéresser à sa situation. Habituellement, elle côtoyait les étudiants les plus riches, ceux qui conduisaient des voitures de luxe et portaient des vêtements hors de prix. Elle appartenait à un monde si éloigné du sien qu'il n'aurait jamais imaginé avoir une conversation avec elle. Pourtant, elle restait là, face à lui, attendant sa réponse avec une curiosité sincère.

« Je suppose que tu n'as pas vraiment le choix, » continua-t-elle, sans laisser de blanc dans la conversation. « Je veux dire, si tu dois vraiment payer toi-même tes études... Ça ne doit pas être facile. »

Évan hocha la tête, étonné par l'attention qu'elle lui portait. « Oui, mais... enfin, je m'en sors. Enfin, j'essaie, » répondit-il en se passant une main nerveuse dans les cheveux.

Mélissa sourit de plus belle, et il remarqua pour la première fois combien ses yeux brillaient sous la lumière tamisée du café. Elle le regarda un instant, comme si elle voulait percer le mystère de ce garçon discret, et lui demanda doucement : « Alors, tu as des rêves, toi aussi ? »

Évan la fixa, surpris. Personne ne lui avait jamais posé cette question. Il hésita un instant, avant de répondre avec un soupir. « Oui... des rêves. J'en ai, comme tout le monde, je suppose. Mais bon, il faut bien les mettre de côté pour payer les factures. »

Il s'efforça de sourire, mais la mélancolie dans son regard trahit ses vrais sentiments. Mélissa le scruta avec attention, semblant comprendre la profondeur de ses mots.

« Eh bien, j'espère que tu réaliseras tes rêves, » dit-elle, le ton plus sérieux qu'il ne l'aurait imaginé. Puis elle se leva pour rejoindre ses amis qui l'appelaient déjà. Mais avant de partir, elle lui lança un dernier sourire, un sourire qui laissa Évan troublé et pensif.

Pendant le reste de son service, il ne put s'empêcher de repenser à leur conversation. Son cœur battait encore la chamade, et il se demanda pourquoi elle avait pris la peine de lui parler. Pourquoi elle, Mélissa, une fille que tout le monde admirait, avait-elle eu l'air si intéressée par sa vie ?

La soirée se déroula sans encombre, et une fois son service terminé, Évan retira son tablier et sortit du café. Le vent frais de la nuit caressa son visage, mais il sentait encore la chaleur de la présence de Mélissa, comme si elle l'avait imprégné d'une énergie nouvelle. La ville était calme, et ses pas résonnaient dans la rue pavée.

Sur le chemin du retour, il réfléchissait à la vie qu'il menait et à cette rencontre inattendue qui avait réveillé en lui des émotions depuis longtemps enfouies. Un sourire s'étira sur ses lèvres à l'idée de revoir Mélissa à l'université le lendemain. Peut-être que cette rencontre n'était pas un simple hasard. Peut-être que les choses allaient changer, après tout.

Le lendemain matin, Évan se rendit à l'université en ressassant les souvenirs de sa rencontre avec Mélissa au café. L'idée de la revoir suffisait à chasser sa fatigue de la veille. Il se demanda si elle l'aborderait de nouveau ou si leur conversation n'avait été qu'un simple caprice, une parenthèse amusante dans la vie de la jeune femme.

À son arrivée sur le campus, il observa les groupes d'étudiants éparpillés un peu partout : certains discutaient sur les marches des bâtiments, d'autres parcouraient leurs notes à la hâte. Il aperçut enfin Mélissa de l'autre côté de la cour, entourée de quelques amis. Elle riait aux éclats, un rire franc qui détonnait avec son allure si assurée.

Tentant de masquer son intérêt, Évan s'installa sur un banc, un peu à l'écart, et sortit son livre d'histoire. La tentation de l'observer discrètement était forte, mais il tenta de se concentrer. Il était en pleine lecture lorsqu'une voix familière l'interrompit.

« Hé, Évan ! »

Il leva les yeux, surpris, pour découvrir Mélissa qui se tenait devant lui, les bras croisés et un sourire malicieux aux lèvres.

« Salut, » répondit-il en essayant de garder un ton naturel.

« Je suis contente de te revoir, » dit-elle en s'asseyant à côté de lui, sans attendre son invitation. « Alors, ça va ce matin ? Tu t'en es sorti hier soir au café ? »

Évan eut un rire nerveux. « Oui, enfin... comme d'habitude. Ce n'est pas vraiment un travail difficile, mais c'est fatigant. »

Elle le regarda avec une curiosité sincère, l'observant comme si elle tentait de le comprendre.

Chapitre 2 Chapitre 2

« Tu sais, je t'admire un peu, » lâcha-t-elle soudain.

« M'admirer ? Moi ? » Il éclata de rire, pensant qu'elle plaisantait.

« Oui, je suis sérieuse. Ça ne doit pas être facile de jongler entre les cours et le boulot. » Mélissa semblait perdue dans ses pensées un instant avant d'ajouter : « Moi, je n'ai jamais eu à m'inquiéter de ça. Mes parents prennent tout en charge, et... je crois que je n'ai jamais réalisé ce que ça pouvait représenter, d'avoir à se battre pour des choses que j'ai toujours tenues pour acquises. »

Évan la fixa, incapable de cacher sa surprise. Elle était la première personne, en dehors de sa famille, à comprendre réellement ce qu'il traversait. Il ne s'attendait pas à une telle sincérité de la part d'une personne comme elle.

« Eh bien, merci, » murmura-t-il, ne sachant trop comment répondre.

Un silence confortable s'installa entre eux. Ils semblaient tous deux absorbés dans leurs pensées, jusqu'à ce que Mélissa prenne à nouveau la parole, l'air songeur.

« Dis-moi... quels sont tes rêves, Évan ? » demanda-t-elle, posant sur lui un regard attentif.

Évan prit une profonde inspiration. Il n'avait jamais eu l'habitude de parler de lui, encore moins de ses aspirations. Cela lui semblait presque déplacé, comme si ses rêves étaient trop modestes comparés à ce qu'elle pouvait envisager.

« Je suppose que... j'aimerais pouvoir faire quelque chose de grand. J'aimerais devenir historien ou enseignant, quelque chose en rapport avec la recherche et la transmission des connaissances. »

Mélissa l'écoutait attentivement, accrochée à chacun de ses mots. « Et tu crois que tu pourras y arriver ? » lui demanda-t-elle doucement.

Il sourit, un sourire teinté de défi. « J'y crois, oui. J'ai dû travailler dur pour chaque petite victoire, mais ça m'a appris à ne jamais abandonner. »

Mélissa sembla absorbée par ses paroles. Il y avait dans ses yeux une étincelle de respect et d'admiration, et cela perturba Évan. Jamais il n'aurait pensé qu'une fille comme elle, qui avait tout, pourrait comprendre l'effort qu'il investissait dans ses rêves.

Au même moment, l'ami de Mélissa, Hugo, capitaine de l'équipe de basket, les interpella en arrivant en trombe vers eux. Évan sentit un pincement de gêne en reconnaissant ce garçon qui semblait incarner tout ce qu'il n'était pas : confiant, populaire et d'une insouciance déconcertante.

« Hé Mélissa, t'es prête pour le cours ? » lança Hugo en lui adressant un sourire charmeur, ignorant complètement la présence d'Évan.

« Oui, j'arrive, » répondit-elle avant de se tourner vers Évan avec un sourire d'excuse. « On se revoit plus tard ? »

Évan hocha la tête, tentant de cacher la petite pointe de jalousie qui l'envahissait.

« Bien sûr. À plus tard, » murmura-t-il, la voix plus rauque qu'il ne l'aurait voulu.

Il les regarda s'éloigner, Hugo passant son bras autour des épaules de Mélissa d'une manière qui semblait presque possessive. Un mélange de colère et de tristesse monta en lui, qu'il refoula en inspirant profondément. Peut-être avait-il été naïf de croire qu'il pouvait avoir un quelconque intérêt pour une fille comme Mélissa. Elle faisait partie de ce monde brillant et insouciant auquel il n'appartiendrait jamais.

Plus tard dans la journée, alors qu'il était absorbé dans ses notes à la bibliothèque, il sentit quelqu'un se glisser à côté de lui. Il leva les yeux et découvrit Mélissa, un grand sourire aux lèvres.

« Surprise ! Je me suis dit qu'on pourrait étudier un peu ensemble. »

« Tu... tu veux dire maintenant ? » balbutia-t-il, incrédule.

« Oui, pourquoi pas ? Hugo est occupé, alors j'ai pensé à toi, » répondit-elle en sortant un cahier de son sac.

Ils passèrent le reste de l'après-midi à travailler ensemble. Évan, d'abord hésitant, se surprit à se détendre au fil des échanges. Ils parlaient des cours, de leurs centres d'intérêt, et Mélissa se montra curieuse à propos de sa vie, l'écoutant avec une attention qu'il n'avait jamais connue.

À un moment donné, elle posa sa main sur la sienne, en toute innocence, pour lui montrer quelque chose dans son cahier. Ce simple geste provoqua un frisson chez Évan, qui tenta de dissimuler sa réaction en toussotant.

« Merci de m'aider, Évan, » dit-elle avec un sourire sincère. « Je crois que j'apprends bien plus avec toi qu'avec n'importe quel prof. »

Il se sentit rougir, incapable de répondre. Sa timidité l'envahissait, mais quelque chose en lui s'épanouissait en sa compagnie. Il n'avait jamais pensé pouvoir se sentir si bien avec quelqu'un, surtout avec une personne comme elle.

Ils continuèrent de travailler, et au fur et à mesure que la lumière du jour déclinait, un sentiment de complicité commençait à naître entre eux, quelque chose de fragile mais de réel. Quand ils quittèrent enfin la bibliothèque, la nuit était tombée, et ils marchèrent ensemble dans le campus, partageant des rires et des confidences.

« Alors, demain, même heure, même endroit ? » demanda-t-elle en lui adressant un regard malicieux.

Évan se contenta de hocher la tête, incapable de trouver les mots pour exprimer à quel point il se sentait chanceux d'être là, avec elle.

« D'accord, alors, à demain, Évan, » dit-elle en lui lançant un dernier sourire avant de disparaître dans l'obscurité.

Évan resta immobile quelques instants, son esprit en ébullition. Un mince espoir se formait en lui, un espoir qu'il essayait de repousser, tout en sachant qu'il en était déjà trop tard pour se protéger de ses propres sentiments.

Le lendemain, Évan arriva en avance à la bibliothèque, une excitation mêlée d'anxiété dans le cœur. La veille, la soirée partagée avec Mélissa avait éveillé en lui des sentiments qu'il avait toujours étouffés, par peur de déceptions. Cependant, la perspective de la revoir l'emportait sur ses doutes. Il s'installa à une table près de la fenêtre, disposant ses affaires dans un ordre méticuleux pour tenter de calmer son impatience.

Alors qu'il s'efforçait de lire une page de son manuel, la porte de la bibliothèque s'ouvrit, et Mélissa fit son entrée, attirant les regards des étudiants autour d'eux. Elle portait une veste en cuir qui lui donnait un air encore plus assurée que d'habitude, et ses cheveux ondulaient librement autour de son visage. En le voyant, un sourire illumina ses traits.

« Salut, Évan ! » s'exclama-t-elle en s'installant en face de lui. « Je vois que tu es toujours aussi ponctuel. »

Il lui répondit avec un sourire timide, tentant de masquer son trouble. « Oui, enfin... j'aime être prêt avant de commencer. »

Elle lui lança un regard amusé. « Tu es bien organisé, c'est impressionnant. Je devrais peut-être apprendre de toi. »

Ils commencèrent à travailler ensemble, leurs voix murmurées se mêlant aux bruissements feutrés des pages et des chuchotements des autres étudiants. Pourtant, Évan ne pouvait s'empêcher de ressentir une gêne inhabituelle. Il se sentait comme pris entre deux mondes : celui de Mélissa, lumineux et insouciant, et le sien, qu'il savait sombre et semé de difficultés.

Après une heure de travail intense, Mélissa referma son cahier d'un geste brusque et soupira. « J'ai besoin d'une pause. Allez, viens, on va se dégourdir les jambes. »

Évan acquiesça, surpris mais heureux de cette initiative. Ils sortirent de la bibliothèque et se promenèrent dans les jardins du campus, profitant de la brise fraîche de l'automne.

Chapitre 3 Chapitre 3

« Dis-moi, » demanda-t-elle soudainement, un éclat curieux dans les yeux, « tu as toujours été aussi... humble ? »

Évan rit, pris au dépourvu. « Humble ? Je ne sais pas... Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir accompli quelque chose d'extraordinaire pour être arrogant, si c'est ce que tu veux dire. »

Elle le regarda, pensive. « Peut-être, mais j'admire ta façon d'accepter la vie, même avec tout ce que tu as à gérer. C'est rare, tu sais ? »

Il se gratta la nuque, légèrement gêné par l'intensité de ses mots. « Je n'ai pas vraiment le choix. C'est ça ou tout abandonner. »

« Et abandonner n'est pas une option pour toi, n'est-ce pas ? » fit-elle doucement.

Évan acquiesça, le regard perdu dans le paysage autour d'eux. « Non. J'ai des responsabilités, et même si parfois c'est difficile, je ne veux pas baisser les bras. »

Un silence les enveloppa, un silence dans lequel Évan pouvait presque entendre leurs cœurs battre. Mélissa semblait troublée, et avant qu'il ne puisse comprendre pourquoi, elle posa une main légère sur son bras.

« Évan, je voulais te dire... Merci. Merci d'être comme tu es. »

Son geste, aussi simple soit-il, envoya un frisson le long de la colonne vertébrale d'Évan. Mais avant qu'il ne puisse répondre, une voix interrompit le moment.

« Mélissa ! Alors, on cache son nouveau petit ami ? »

Ils se retournèrent pour découvrir Hugo, le capitaine de l'équipe de basket, qui avançait vers eux d'un pas assuré, un sourire narquois sur les lèvres. Évan sentit ses muscles se tendre. Hugo était le genre de garçon qui attirait l'attention, et pas toujours pour les bonnes raisons. Évan avait déjà été témoin de son arrogance et de sa manière condescendante de traiter ceux qu'il jugeait « inférieurs ».

Mélissa fronça les sourcils, visiblement agacée. « Hugo, ne dis pas n'importe quoi. Évan et moi sommes juste en train d'étudier ensemble. »

Mais Hugo ne sembla pas convaincu. Il se tourna vers Évan, le dévisageant d'un air supérieur. « Juste étudier, hein ? C'est marrant, parce que j'ai l'impression que ce type-là pense pouvoir te séduire. »

Évan serra les poings, ses joues rougissant sous la pression du regard condescendant d'Hugo. Il sentait la colère bouillonner en lui, une colère qu'il s'efforçait de contenir pour ne pas céder à la provocation.

Mélissa s'interposa, croisant les bras et adoptant un ton tranchant. « Hugo, arrête. Tu n'as pas à te mêler de ma vie. Je te rappelle que je suis libre de fréquenter qui je veux. »

Hugo haussa les épaules, un sourire méprisant étirant ses lèvres. « Bien sûr, Mélissa. Mais fais attention à qui tu donnes ton attention. Certains risquent de mal interpréter les choses. »

Avant qu'Évan ne puisse répondre, Mélissa saisit sa main et l'entraîna plus loin, hors de portée de la voix d'Hugo. Il sentit un mélange de gêne et de satisfaction en sentant la chaleur de sa main dans la sienne. Lorsqu'ils furent suffisamment éloignés, elle se tourna vers lui, ses yeux brillants de frustration.

« Désolée pour ça. Hugo... il peut être vraiment insupportable. »

Évan haussa les épaules, tentant de masquer la déception qu'il ressentait. « Il ne me dérange pas vraiment... Je suis habitué aux gens comme lui. »

Elle le regarda avec tristesse, comme si elle comprenait soudain à quel point il devait se sentir constamment jugé. « Tu ne devrais pas avoir à l'être, » murmura-t-elle. « Il n'a aucun droit de te parler de cette façon. »

Évan hocha la tête, touché par sa compassion. Mais une part de lui se demandait s'il n'avait pas été trop naïf. Cette amitié qu'il commençait à développer avec Mélissa semblait pleine de promesses, mais il ne pouvait ignorer les obstacles entre leurs mondes si différents.

Ils continuèrent de marcher en silence, Évan perdu dans ses pensées, Mélissa regardant droit devant elle. Finalement, elle brisa le silence.

« Écoute, Évan... je ne veux pas que tu penses que je me rapproche de toi par pitié ou pour me divertir. Tu es quelqu'un d'unique, et j'apprécie chaque moment que je passe avec toi. »

Ces mots firent naître un sourire timide sur les lèvres d'Évan. Il ne savait pas quoi dire, mais son regard lui communiqua toute sa gratitude. Ils s'arrêtèrent près d'un banc et s'assirent, observant en silence le soleil qui déclinait, projetant des ombres dorées autour d'eux.

Alors qu'ils discutaient de tout et de rien, une complicité naturelle s'installait entre eux. Pour la première fois, Évan sentit qu'il pouvait peut-être se permettre d'espérer, que peut-être leur amitié était réelle, qu'elle pouvait dépasser les apparences et les attentes sociales qui pesaient sur eux. Pourtant, une part de lui restait sur la réserve, consciente que Mélissa était aussi entourée de gens comme Hugo, des gens qui ne comprendraient jamais ce qu'Évan avait enduré pour en arriver là.

Leurs rires résonnèrent dans l'air frais du soir, et en cet instant, rien d'autre ne semblait compter. Pour Évan, cet après-midi représentait bien plus que de simples moments de bonheur partagés. Il réalisait qu'avec Mélissa, il n'avait pas besoin de se cacher, qu'il pouvait être lui-même sans peur ni honte.

Et pour Mélissa, peut-être que cette amitié naissante lui donnait la possibilité d'échapper, ne serait-ce qu'un instant, à la superficialité de son monde. Mais un doute persistant planait dans leurs esprits, une question qu'aucun d'eux n'osait formuler à voix haute : combien de temps cela pourrait-il durer ?

Les jours suivants furent marqués par une routine agréable entre Évan et Mélissa. Ils continuaient de se retrouver à la bibliothèque, étudiant, partageant des moments de complicité, et pour Évan, chaque sourire de Mélissa allégeait un peu plus le poids de ses difficultés. Malgré tout, la méfiance d'Évan restait présente, un murmure sourd qui l'empêchait de se laisser totalement aller.

Ce matin-là, alors qu'Évan rangeait ses affaires dans son casier, un de ses camarades de classe, Paul, s'approcha de lui avec un sourire en coin. Paul était connu pour ses ambitions démesurées et son habileté à manipuler les autres pour arriver à ses fins. Il salua Évan d'un geste exagérément amical.

« Eh, Évan ! Alors, j'ai entendu dire que tu passais pas mal de temps avec Mélissa, la reine du campus. »

Évan se contenta de hocher la tête sans répondre, préférant ne pas nourrir la curiosité de Paul. Pourtant, celui-ci insista, glissant un bras autour de ses épaules d'un geste presque trop familier.

« Tu sais, t'es peut-être sur un bon coup, mon vieux. Mélissa, ce n'est pas juste n'importe quelle fille, elle vient d'une famille aisée. Imagine les opportunités que ça pourrait t'ouvrir si tu joues bien tes cartes. »

Évan s'écarta légèrement, ses sourcils froncés. « Ce n'est pas du tout comme ça que je vois les choses, Paul. Mélissa est juste une amie. »

Paul émit un rire sarcastique. « Bien sûr, bien sûr. Mais laisse-moi te donner un conseil, Évan. Les amitiés, surtout avec des gens comme elle, peuvent se transformer en quelque chose de... lucratif, si tu sais ce que je veux dire. »

Évan serra les poings, agacé par l'insinuation de Paul. Il détestait l'idée que quelqu'un puisse penser qu'il utilisait Mélissa pour ses propres intérêts. Pourtant, Paul, voyant son air irrité, insista avec plus de conviction.

« Réfléchis-y, Évan. Avec ta situation, tu pourrais profiter un peu de ce qu'elle peut t'offrir. Tu te tues à la tâche pour gagner un peu d'argent, mais elle, elle a tout, et elle pourrait facilement t'aider sans même le remarquer. »

Avant qu'Évan ne puisse répliquer, Mélissa apparut au bout du couloir, souriant en apercevant Évan. Paul se redressa aussitôt, affichant un sourire poli avant de murmurer à Évan.

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