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Sceaux

Sceaux

Auteur:: Rimelia
Genre: Romance
Elena était une fille banale et insouciante. Seulement un événement tragique va la mener à prendre les armes et à affronter un monde bien obscur. C'est dans ce même monde qu'elle rencontrera Amon, son sauveur, mais aussi son ennemi naturel...

Chapitre 1 Nuit première

Nuit première

Les patrouilleurs

L'aurore allait bientôt pointer son nez et les différentes patrouilles, dispatchées un peu partout dans la ville, finissaient leurs rondes.

Du toit de la chapelle de Perth-Road, Zack interpela son binôme qui venait de sortir d'un cul-de-sac quelques mètres plus bas.

_ On a fini ce secteur, on peut s'tirer !

_ Tu ne veux pas faire ton boulot correctement pour une fois ? Pesta Elena en levant les yeux vers lui. S'il se passe quoi que ce soit après notre départ, ça va nous retomber dessus.

_ Pfff... On a fait notre job, ronchonna-t-il en rangeant ses dagues. Ce n'est pas d'notre faute si ces crèves la dalle de stryges déjouent notre surveillance.

_ Oui mais tu connais le protocole. On ne rentre pas avant l'aube...

_ Et ben t'as qu'à rester. Moi, de mon côté, je vais assister au lever du jour, perché sur mon toit favori.

_ T'es vraiment qu'un tire-au-flanc, fit Elena en secouant la tête de dépit.

_ Je ne te permets pas la bleue !

_ Ok, fais comme tu veux. Mais ne viens pas te plaindre, si tu te fais prendre.

Les lèvres de Zack s'étirèrent en un sourire espiègle puis il disparut dans les ténèbres qui enveloppaient encore la ville endormie.

Elle aussi elle aurait aimé partir. Elle était fatiguée et très franchement, l'idée de devoir affronter seule, l'une de ces créatures dégoutantes ne l'enchantait pas des masses. Mais bon, à cette heure, ça risquait pas d'arriver.

Après un bref tour sur un chantier où des agents de sécurité travaillaient, Elena décida de rechecker la zone de la boulangerie qui n'allait pas tarder à ouvrir.

Elle en profiterait, aussi, pour s'acheter un café et de quoi casser la croûte. Son estomac la tannait depuis un moment, déjà.

En se rapprochant de l'échoppe qui se trouvait un peu à l'écart, une odeur fétide se fit vaguement sentir. Une odeur caractéristique qu'Elena, ainsi que tous les séides de la guilde, connaissaient très bien. Celle qui annonçait la rencontre imminente avec un stryge, ainsi que le combat qui en découlerait.

Elena était une jeune initiée, mais pour cette catégorie de créature sans cervelle, elle ne craignait pas grand-chose. Ses entraînements l'avaient bien préparé à les affronter et ce n'était pas la première fois qu'elle le faisait.

En revanche, l'odeur qui restait collée au corps des heures durant, personne ne lui avait encore dit comment s'en débarrasser.

_ Juste au moment où je décide d'aller manger, ronchonna-t-elle d'une moue dégoutée.

Sans perdre une seconde et à petites foulées, elle fit le tour de la boulangerie qui était encore fermée. Elle continua sa course jusqu'au parking derrière. L'odeur y était plus forte, et semblait venir du terrain vague.

Malgré le vent frais qui soufflait, l'immonde puanteur satura ses narines, dès qu'elle y mit les pieds. C'était comme si la créature était tout près. D'un regard circonspect, elle balaya les environs, et le stress d'être seule, se fit sentir.

_ Où tu te caches maudite stryge ? Demanda Elena en posant une main sur le pommeau de son cutlass, qu'un long manteau sombre dissimulait. Montre-toi. Je sais que t'es là.

Un bruissement, d'abord, puis un grondement caverneux et menaçant, lui indiqua exactement où porter son regard. Tout près d'un tas de gravats, vestiges de travaux qui n'avaient jamais commencé, une masse se dessina.

Malgré la pénombre, Elena distinguait très bien les contours disgracieux et informes de la créature grisâtre qui lui faisait, maintenant face. Sur ses gardes, elle sortit son épée de son fourreau et s'approcha lentement.

Il lui fallait rester prudente et bien jauger la situation.

_ Qu'est-ce que tu peux bien faire là, à cette heure-ci, toi ? T'es au courant qu'il va bientôt faire jour ?

En appui sur ses mains massives et crochues, la stryge ouvrit une gueule énorme et ses lèvres fines tressaillirent sur la multitude de dents pointues, qui y étaient parsemés de manière désordonnée. Il poussa un cri en direction de la jeune femme qui détourna la tête, incommodée.

_ Bon sang, t'as mangé quoi pour avoir une haleine pareille ?

Instinctivement, la bête chargea Elena, qui parât son arme devant elle et se mit en garde.

Son adversaire prit de l'élan et sauta sur elle, les griffes en avant. Comme ça été répété mille fois, elle se décala à la dernière seconde, et porta un coup de taille avec le fil de son arme sur le flan de la créature.

_ Pas assez fort, maugréa-t-elle.

Elle échappa de justesse aux griffes crochus qui ripostèrent aussitôt.

Loin de diminuer le dadais, la blessure avait eu pour effet de l'énerver. Elena abandonna l'idée de l'attaque, et se concentra sur sa défense.

Un bref regard au ciel, lui indiqua qu'il restait moins d'une vingtaine de minutes avant le lever du jour. Elle aurait aimé se lancer un défi personnel, en décidant d'en finir avant cette échéance, mais elle connaissait ses capacités. Il lui faudrait plus de temps pour venir à bout de ce colosse.

_ Dans tous les cas, s'il ne prend pas ses jambes à son cou, c'est le soleil qui m'en débarrassera, se rassura-t-elle tandis que la fatigue commençait à se faire sentir.

Plus enragé que jamais et la bouche pleine d'écume, la stryge bondit sur la jeune femme qui esquiva comme elle put les salves de coups. Une fois n'était pas coutume, elle entrevit une ouverture, tandis que la bête venait de sauter en sa direction.

_ C'est gentil de me faciliter la tâche, fanfaronna-t-elle en se lançant dans une roulade avant, en se mettant sur un genou et en portant une estocade au ventre de la créature, qui la survolait.

Un liquide épais et sombre suivit le chemin de son arme et finit sa course au bout de ses coudes. L'adversaire tomba lourdement, lui laissant juste le temps de se dégager.

Elle donna le coup de grâce à la stryge en plantant sa lame dans son cœur, puis regarda avec dégoût ses mains ainsi que son cutlass maculées.

_ Quelle poisse ! C'est immonde...

Des applaudissements lui firent faire volte-face.

Chapitre 2 Nuit deuxième

Nuit deuxième

La Guilde de l'Aube

_ Beau travail la bleue, la félicita Zack qui était adossé à un arbre. Tu t'es vachement améliorée, dis-moi.

_ Qu'est-ce que tu fais là ? Le questionna Elena avec étonnement. Je croyais que tu avais un lever du soleil à observer ?

Il regarda sa montre de manière ostensible, passa une main dans ses long cheveux blonds et dit :

_ Il me reste encore, sept minutes et trente-huit secondes pour ça. Mais avant, je voulais féliciter ma petite protégée, qui a botté les fesses de ce monstre puant.

_ Je vois, tu as senti sa présence et tu as rebroussé chemin ?

_ Hm, acquiesça Zack en se dirigeant vers le monticule de gravats, et en faisant signe à Elena de le suivre. Malheureusement, il était déjà trop tard pour sa victime, continua-t-il en lui montrant le sol, où gisaient des restes humains. Vu qu'il était bien occupé à se remplir la panse, je me suis dit que je pouvais te laisser gérer, et voir comment tu allais te débrouiller seule face à lui.

_ Ça n'a pas été fameux, ce coup-ci, regretta-t-elle en repensant au combat plutôt passif qu'elle avait mené.

_ Au contraire, tu as bien mis en pratique ce que tu as appris. Cela étant dit, il te manque encore de la force et de la vitesse. Avec de l'entraînement, ça viendra.

L'indulgence de Zack à son égard lui remonta un peu le moral. Elle fera mieux la prochaine fois.

_ Aller viens, je te paie un café, lui proposa-t-il en passant une main autour de ses épaules.

_ Où veux-tu que j'aille dans cet état ? Je suis poisseuse et je pue.

Il fit mine de l'inspecter avant de conclure :

_ Tu sais le commun des mortels ne perçoit pas cette odeur, il te suffit d'essuyer tes mains et...

_ Hors de questions. Moi je la sens, et je suis à deux doigts de dégueuler.

_ Eh ben, retour au Q-G dans ce cas...

Trois bonnes douches et une longue sieste plus tard, Elena quitta l'appartement où elle vivait depuis son arrivée à la Guilde de l'Aube.

Son logement, comme tous ceux de cet immeuble réservé aux patrouilleurs, n'était en réalité, qu'un petit une pièce. Aucune extravagance dans le confort, hormis des w-c, les douches étant sur le palier de l'étage.

Au premier, un réfectoire et un grand salon accueillaient les quinze combattants pour les repas quotidiens et la détente. Au rez-de-chaussée, la conciergerie s'occupait des besoins du petit monde qui vivait là et au premier sous-sol, se trouvaient les salles d'entraînement.

Elena entra dans le vieux monte-charge hydraulique et appuya sur le bouton du second sous-sol.

Mo, le chef-coordinateur du district de Peckham, les y attendait pour le débriefing quotidien. Elle appréhendait la réunion d'aujourd'hui et l'angoisse commençait à lui donner mal au ventre. Il n'était jamais bon d'avoir une victime dans son secteur et le boss n'allait rien laisser passer.

S'il s'avère qu'ils ont eu la moindre négligence, Zack et elle passeraient un sale quart d'heure.

L'ascenseur eut quelques cahots avant de s'arrêter à destination. Elena en sortit et traversa le grand hall immaculé, avant de bifurquer vers la salle de meeting.

Cette dernière était grande ouverte et une partie de ses collègues y avaient déjà pris place.

Par reflex, elle sentit ses bras, avant d'esquisser une moue dégoutée.

_ L'odeur ne partira pas avant ce soir, lui dit Mo qu'elle n'avait pas entendu approcher.

Toujours aussi beau et charismatique, son supérieur la gratifia d'un sourire qui laissa apparaitre une fossette craquante au centre de sa joue.

Troublée par l'attention que l'homme d'une trentaine d'année lui accordait, elle balbutia :

_ Je me mettrais à l'écart dans ce cas.

_ Ne t'isole pas, les autres sauront se montrer compréhensif.

Les patrouilleurs plus expérimentés travaillaient proprement et ne s'en mettaient pas partout à chaque combat. Elena se voyait mal leur imposer ce désagrément olfactif, en squattant les sièges où ils avaient l'habitude de s'assoir.

Zack lui avait assuré, qu'elle aussi, saurait bientôt se débarrasser des Stryges sans se dégueulasser. Que c'était une question de vitesse et d'agilité.

Mais quand ? Cela faisait bientôt une année qu'elle était là.

Une année, déjà, depuis le drame de sa vie.

Si seulement les gens savaient, plus jamais ils ne sortiraient après le coucher du soleil.

La nuit tombée, personne ne se risquerait plus à ouvrir sa porte...

Si seulement, sa mère et elle avaient su...

Chapitre 3 Nuit troisième

Nuit troisième

La terreur 1

Elena s'en souvenait comme si c'était hier. Elle avait passé la soirée avec des amies, comme il lui arrivait de le faire depuis qu'elle avait fêté ses dix-sept ans et que sa mère l'y autorisait.

Il devait être deux heures du matin, quand elle s'était décidée à rentrer. Dès qu'elle avait franchi le seuil de la porte de la maison, elle eut un drôle de pressentiment. Une espèce de malaise pesant pour ne pas dire autre chose.

Elle appela sa mère, mais cette dernière ne répondit pas. C'était étrange. De nature inquiète, celle-ci ne serait pas montée dormir avant son retour.

La lumière de la télé se réverbérait sur le mur du couloir. Sans attendre la jeune fille se rendit au salon, pour vérifier si elle ne s'était pas assoupie devant une de ces émissions tardives.

En poussant la porte vitrée, les yeux d'Elena s'exorbitèrent et des larmes se figèrent au bord de ses paupières.

Sa gorge se serra violemment et pas un bruit ne put en sortir. Son corps lui, était encré lourdement dans la pièce, mais son esprit s'en était comme échappé.

Dans la pénombre, elle fixait sa mère étendue au sol, baignant dans une toute petite flaque de sang, les yeux révulsés. Sa peau était jaspée de veines sombres et quelque chose d'irréel semblait se produire.

_ Tu arrives juste à temps, petite, susurra une voix à son oreille, pendant qu'elle restait figée. J'avais encore une petite faim...

Une larme coula sur sa joue, tandis que du coin de l'œil, elle aperçut des crocs scintillants et acérés s'approcher doucement d'elle.

Elle n'oubliera jamais la terreur qui l'avait parcouru à cet instant. Ces canines froides qui se frayaient un chemin dans son cou, avant de commencer à aspirer sa liqueur vitale. Elena se sentait pareil au gibier que l'on saigne tandis qu'il se débattait dans son impuissance.

Au moment où sa vision commençait à se troubler, un homme poussa la porte fenêtre déjà ouverte de son salon et y fit irruption.

La créature à l'apparence humaine qui la retenait prisonnière, la lâcha soudainement, pour fuir.

A bout de force, la jeune fille se laissa tomber lourdement sur les genoux.

Le nouveau venu rattrapa son agresseur à une vitesse presque imperceptible pour son œil d'humaine, et le propulsa violemment au sol.

_ J'ai été discret ! Se défendit le meurtrier de sa mère, pris de panique. Je n'ai pas fait de grabuge. Alors que me reproches-tu ?

Elena se sentait défaillir, le peu de sang qui restait en elle, la brulait comme de la lave. Si elle n'avait pas été paralysée, elle aurait hurlé à ne plus pouvoir.

Et ces types qui restaient là à discuter de choses qui la dépassaient.

Qui étaient-ils ?! Qu'est-ce que tout cela voulait dire ?

Alors qu'elle n'avait pas fini de se poser la question, l'inconnu se saisit de la tête de la créature et l'explosa conte le sol.

Cette chose se mua aussitôt en un épais liquide nauséabond. Après s'être approché de sa mère, il lui fit subir le même sort.

Elena que l'effroi venait de saisir, trouva au fond d'elle, la force de hurler.

Elle cria tout son désespoir, et les larmes qui s'étaient figées juste avant, se mirent à inonder ses joues.

Surprit de la voir aussi vivace après ce qu'elle venait de subir, l'inconnu la scruta avant de s'approcher.

Le visage de cet homme était maintenant face à celui d'Elena, et son regard d'un bleu glacial la fit frissonner malgré la chaleur intense qui consumait ses veines.

Elle le sentait en son for intérieur, ce type allait lui faire subir la même chose...

_ Il ne te reste plus beaucoup de temps, fit-il en passant ses doigts froids sur les deux petites plaies qu'avaient fait les crocs de son agresseur. D'ici peu, tu vas finir par te transformer en une créature hideuse, et loin de te souvenir de ta vie passée, tu vas t'attaquer à tes semblables. C'est ce que tu veux ?

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