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Saga d'Aliénor et des Blancs Manteaux: Le maître de la forêt et les sylphides

Saga d'Aliénor et des Blancs Manteaux: Le maître de la forêt et les sylphides

Auteur:: promotion
Genre: Fantaisie
Après avoir été libéré par les Blancs Manteaux, Enguerrand vole au secours de sa bien-aimée, la reine des Gnomes, et de la douce Hermione qui ont été arrêtées et torturées par les bannis de Aude de Mallemort, la fille du Seigneur Rouge. Durant la bataille navale, il reçoit un violent coup sur la tête qui lui fait recouvrer la mémoire. Ce qu'il découvre alors lui est insupportable. Il se voit projeter l'épée des Anciens dans le tronc d'un arbre immense auprès duquel gît le corps sans vie d'une enfant ailée. Se pourrait-il qu'il soit l'assassin ? Biographie de l'auteur Ancien chargé d'enseignement à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, professeur de lettres modernes et d'histoire, Alain Desgris est connu dans les milieux littéraires et traditionnels pour ses conférences, ses recherches et ses nombreux écrits sur le moyen-âge, la chevalerie, les croisades et les récits fantastiques pour lesquels il a reçu différentes distinctions et trois prix littéraires.

Chapitre 1 No.1

Du même auteur

- La légende merveilleuse du chevalier au blanc manteau (Le monde souterrain), Éd. Trait d'Union, Paris, 1993 ;

- Saga d'Aliénor et des Blancs Manteaux (la terre des Gnomes) - Livre 1, Éd. Sydney Laurent, Paris, 2021.

À mes filles et mes petits-enfants

ce second livre de « littérature de l'imaginaire » que leur offre leur père et grand-père.

Il est la continuation d'un voyage,

au pays de l'honneur et de la liberté, du courage et de l'amitié sans contraintes de races et de cultures.

Soyez toujours « Au Vray »,

émerveillez-vous toujours de ce qui vous entoure,

aidez ceux qui en ont nécessité et regardez les autres,

avec les yeux du cœur.

Précédemment

Enguerrand, après avoir été soigné de multiples blessures infligées par les lutins et les nains sauvages de Gorion, le seigneur des volcans, réussit enfin à fuir la forêt maudite de Tata Lavy. Chevauchant aux côtés du prince Amir et du chevalier Thibaud, il va à la rencontre de Marie, la reine des Gnomes, d'Albéron le commandant de ses armées et le gnomien, un être étrange capable de lire dans les pensées. À peine sortis des grottes inondées par Gorion, les trois hommes, aidés par la douce Hermione, une petite gnomide, ont été pourchassés, emprisonnés puis séparés.

Le prince Amir est parti seul ; Hermione a été arrêtée et Guillaume, sénéchal du comte d'Aix, est venu épauler Thibaud et Enguerrand pour rejoindre les troupes du fort de Lokaro, le dernier bastion ouvrant la route des Hauts. Pendant qu'ils luttent contre les eaux déchaînées d'un lac, les hordes des bannis du seigneur rouge encerclent les murailles de la Cité des Ores et obligent le vieux comte à faire fuir Aliénor, sa cousine Isaure, l'abbé Olivier et le chevalier Benoît par la crypte de l'ancien château-fort. Tous les quatre vont se cacher dans les forêts, pourchassés par les créatures de Gorion. Dans le monde des Trolls, ils vont faire une rencontre étonnante, celle d'un Gobelin chasseur

Enguerrand, au fil des jours, recouvre peu à peu la mémoire mais ce qu'il découvre lui est odieux et l'empêche de se souvenir de la mission confiée par le Conseil : celui de retrouver Violaine, la « Grande » reine qui commande au monde des Brumes à qui il doit remettre un coffre contenant.... Mais de cela, il ne s'en souvient plus.

Chapitre 2 No.2

Partie I

Entre deux mondes

Les recherches du chevalier Benoît demeurèrent vaines ; le gibier semblait avoir totalement disparu de ces hêtraies et landes stériles. Bien malgré lui, il décida de retourner au campement tout en cherchant ce qu'il pourrait répondre aux quolibets (moqueries)que ne manquerait pas de lui lancer Isaure.

Il était en vue du bivouac improvisé quand, soudain, à quelques pas de lui, le bruit d'une branche cassée mit tous ses sens aux aguets (se tenir sur ses gardes, à l'affût). L'épée bien assurée, il se campa sur ses pieds, prêt à répondre à l'attaque ; mais rien ! À part ce bruit de feuilles froissées et ces gémissements, de plus en plus forts.

Il se précipita ; derrière un arbre, un étrange animal, couvert de poils, était suspendu par une patte et gigotait pour se libérer.

Chapitre I

Aliénor et le Gobelin

- Sacré cornebourré de cornebourré, de draguins (le draguin est une créature coupée entre un dragon et un gobelin). Si j'arrive à me détacher, ce morpiaud de cornebuche va aller croupir dans un cachot, après avoir reçu son dû.

La drôle de créature se débattait, la tête en bas, les pieds attachés à une sorte de collet d'osier tressé. Mais plus elle gigotait, plus les liens se resserraient, pénétraient les chairs et accentuaient le mouvement. Benoît ne bougeait pas. Après s'être balancée en tous sens, la bête cherchait maintenant à se redresser pour se dégager du nœud coulant mais elle était si ventripotente (bedonnant, avec un gros ventre, pansu)qu'elle ne pouvait l'atteindre. Alors elle grognait, tempêtait et jurait de plus belle. La longue redingote de peau, dont elle était vêtue, lui couvrait maintenant les yeux et l'empêchait, malgré tous ses efforts, d'attraper l'espèce de couteau, à lame recourbée, suspendu à une large ceinture de cuir. À force d'être malmenée, la boucle de ceinture céda et tout ce que contenaient ses poches tomba à terre. Aux soupirs, aux grognements, succédaient maintenant des cris des vociférations à l'égard de celui qui l'avait piégé. Sans doute ce « morpiaud de cornebuche ».

- Si cet abruti d'apprenti n'est pas retourné dans sa tribu lorsque je me serai détaché alors je le pendrai par les oreilles après l'avoir fait bouillir, doucement dans de l'herbe des sorcières, pesta-t-elle une nouvelle fois.

Benoît tenta, plusieurs fois, d'approcher mais, à chaque tentative, le claquement d'une mâchoire laissait présumer que cette créature mordrait tous ceux qui tenteraient de la toucher. La douleur lui faisait maintenant pousser de tels cris que Aliénor, Isaure et l'abbé, alertés, cherchèrent à voir ce qui se passait. L'abbé Olivier marchait devant, son bâton dans la main, prêt à le faire tournoyer sur quelques imprudentes bestioles. Suivaient Isaure et Aliénor, plus intriguées qu'inquiètes. La créature avait entendu et, relevant la tête, entre les pans de sa veste, vit enfin les humains, une race qu'il abhorrait (détestait). Pourquoi ? Il ne le savait pas ; on lui avait seulement appris, depuis qu'il était enfant, à haïr ces bêtes au mauvais caractère et qui sentaient si mauvais. Il en avait déjà vu et même tué certaines d'entre elles, du temps de la Grande Guerre. Ceux-là allaient donc se venger, lui trancher la gorge ou bien, l'épée tirée, du plus grand, allait le transpercer.

- Fais ce que tu as à faire, humain, et finissons-en ! rugit-il, en montrant les dents.

- En finir avec toi, odieux petit bonhomme ? C'est ce qui pourrait t'arriver de mieux, répondit Benoît. Mais peut-être taillerons-nous, avant, quelques tranches dans ces cuisses dodues car tu me parais bien grassouillet et nous avons grand-faim (endurer la faim)

La créature vit Benoît ranger son épée au fourreau mais tirer une longue dague que son plastron dissimulait. Il lui semblait que l'humain hésitait, preuve de la faiblesse de ces créatures.

- Allez ! Sois courageux, bonhomme et plonge ta lame dans mon cœur. Fais vite ! Je n'ai nulle peur !

- Tu aurais donc un cœur ? vil petit nabot, railla Benoît.

- Si je n'étais attaché, tu verrais ce que le nabot pourrait te faire. Tu ne peux sans doute pas l'imaginer car tu n'as sans doute jamais combattu contre un seul de mes frères. Tu en garderais moult souvenirs.

- Cesse de faire le fanfaron (qui se vante avec exagération d'exploits réels ou imaginaires)créature du diable ! J'ai choisi la dague parce que la lame est mieux adaptée à ta taille et cela évitera que je ne répande trop de sang dans ce paradis de désolation.

Benoît approchait, la dague levée, prêt à accomplir son forfait. Les mains relevant la redingote, la créature regardait crânement (fièrement)le chevalier dans les yeux, toutes les dents sorties.

- Laisse-lui la vie sauve Benoît, il a l'air si mignon, lança Aliénor !

- Oui, Benoît, faites-lui grâce, je vous en prie, surenchérit Isaure. Jamais je ne pourrais manger un tel animal.

- Benoît, mon bon Benoît, écoute les dames, susurra la créature. Benoît, gentil Benoît, détache-moi ou demande à ton serviteur en robe de le faire à ta place (il désignait l'abbé) si tu as trop peur de t'approcher ! Ou alors donne-moi ton couteau et je trancherai moi-même les cordes qui me retiennent.

Aliénor s'approcha, sans inquiétude, pour mieux observer ce drôle d'animal qui parlait. Elle se tourna, mit sa tête entre ses cuisses pour le voir à l'endroit et sourit de voir l'être dans une position si peu avantageuse.

- Mignon ? Tu me trouves mignon, gloussa la créature. Quelle insulte ! Drôle, je le suis assurément mais sans doute madame se moque-telle de me voir accroché comme le font les chauves-souris pour dormir ?

- Il est beaucoup mieux ainsi, poursuivit Aliénor en souriant.

- Pourquoi me montres-tu ainsi ton séant ? (Sa voix s'étranglait de fureur), par mépris pour ma race ? Si je n'étais en si mauvaise cette posture je te montrerais, arrogante donzelle ce que vaut une créature de mon espèce.

- D'abord monsieur sachez que, dans nos convenances (ce qui convient), c'est mademoiselle et non donzelle si vous voulez vous entretenir avec moi qui suis encore une jeune fille...

- De bonne famille, de surcroît, appuya l'abée

- De bonne famille ! Il est vrai, gloussa Aliénor.

- La différence, à te voir, petite, ne nous semble pas évidente. Marches-tu toujours ainsi la tête entre tes jambes ?

- Je tente seulement de mieux vous voir ; j'en suis, comme vous : « toute retournée » et de votre indélicatesse à mon égard et de votre absurde colère.

- Sans doute vous écoutez-vous, comme humaine, faire des mots et penser sans doute être hilarante ? Vous n'êtes malheureusement que devant un parterre de gens, acquis à votre cause, prêts à rire de votre détestable humour. Mais, dites-moi, celui qui se tient à vos côtés, avec sa robe et son bâton, est-il garçon ou bien fille ? Dois-je l'appeler madame, jouvenceau ou garçonnet ?

- Vous avez, créature, la langue bien pendue, répliqua Isaure.

- Pour être pendu, il l'est assurément, s'amusa l'abbé.

- Alors le grand bélître (vaurien)a-t-il choisi comment faire pour me tuer ? Vous autres, humains ne savez pas choisir quel sexe adopter alors quand il vous faut choisir entre la vie et la mort vous n'avez pas encore fini de vous poser la question que vous passez de vie à trépas.

- Pendouiller ainsi ne te fait-il pas monter le sang à la tête, s'amusa Benoît en faisant glisser son poignard sur le manteau de la créature. Tu es si rouge et si bien pendu que je pense te saigner comme nous le faisons avec nos sangliers ; après on éviscérera ; cela te rendra moins gros.

Chapitre 3 No.3

L'animal montra les dents, mécontent de ces plaisanteries quant à sa position et à ce qu'on allait lui faire. Jamais encore on ne s'était ainsi raillé (moqué)de lui.

- Petite ! fit-il à Aliénor, avant de mourir, approche-toi un peu que je puisse te reluquer (regarder d'une façon peu courtoise). Hum ! Hum ! Tu n'es, il est vrai encore qu'une enfant, pas entièrement finie, ta taille doit encore être affinée et tes seins mieux remplis. En revanche, tes chairs me semblent assez tendres pour agrémenter mon ordinaire. Allez viens voir ton gentil petit ami... si mignon.

La voix de la créature avait changé et son ton s'était adouci. Mais on ne pouvait s'y fier. Le ton doucereux ne valait pas qu'on relâche sa garde. Benoît écarta Aliénor et trancha d'un coup sec.

- Non ! hurla Aliénor.

- Trop tard ! C'est fait, plaisanta Benoît en regardant la créature tomber lourdement à terre.

- Ce meurtre n'avait aucun sens, s'apitoya l'abbé.

- Assassin ! hurla Isaure.

- Ressaisissez-vous, madame Isaure ! Ne voyez-vous pas que le drôle est toujours vivant ?

En effet, le petit être bougeait et tentait, tant bien que mal, de remettre de l'ordre dans ses vêtements.

- Qui es-tu donc, demanda l'abbé, prêt à lui fracasser la tête ?

- Ne m'as-tu pas reconnu humain à la robe ? Je suis un Gobelin de la forêt et mon nom ne te servirait à rien car il est imprononçable pour vos gorges si mal faites. Tournez donc la tête que je réajuste mes dessous et ma ceinture.

- Te tourner le dos ? N'y pense pas un seul instant.

- Ne me feriez-vous pas confiance ?

- Non ! Que faisais-tu ici, demanda Benoît ?

- Je me suis égaré !

- Égaré alors qu'un de tes congénères du nom de cornebuche est venu poser un piège dans cette forêt sans âme et sans bêtes à chasser ? De qui te moques-tu, vermine ?

- Nous posons seulement des pièges pour nous défendre.

- Vous défendre, mais contre qui ?

- Contre des créatures mal intentionnées qui, par périodes, viennent nous chasser. Nous sommes pour elles des mets de choix.

- Des mets de choix, prétends-tu ? Elles ne doivent pas être très difficiles, s'amusa Benoît.

- À l'inverse, bonhomme, lorsque nous avons de la chance, nous attrapons les plus faibles et les plus dodus d'entre elles. Après quatre ou cinq cuissons, elles deviennent alors tendres et mangeables.

- C'est écœurant, lança Isaure.

- Pas plus que vous lorsque vous mangez les oiseaux, vos cochons, vos huîtres et vos moules. Mais cornebourrée de cornebourrée, au lieu de me questionner, aidez-moi à me débarrasser de cette corde qui m'a tailladé les chairs et qui m'empêche de totalement me redresser. N'avez-vous pas un onguent pour me soigner ?

Aliénor s'était approchée du Gobelin et, sans que personne ne songe à l'en dissuader, enlevait avec délicatesse la corde qui s'était incrustée dans la peau velue du petit être. Ses doigts fins et élancés faisaient merveille et les chairs entamées du Gobelin n'eurent pas trop à en souffrir. À ce qu'il sembla aux autres, il en avait même soupiré d'aise.

- Combien vous dois-je, petite, pour cette aide ? fit-il d'un ton narquois.

- Petit être infâme, penses-tu que de l'argent règle ainsi une dette ? lui répondit Benoît.

- Qui parle d'argent ? Je ne paie qu'en pierres précieuses.

Isaure haussa les épaules.

- Cette bestiole sale et malodorante n'a vraiment rien compris.

- Bestiole toi-même, la donzelle. Va plutôt te peigner et te laver. Quant à puer, je dirai que tu sens exactement la même odeur que moi. D'ailleurs, je veux bien t'épouser pour prix de ma délivrance et de ce fumet délicat que tu exhales lorsque tu bouges un peu.

- Me marier avec un être aussi délicat que toi, vilain nabot mais tu n'y penses pas ? répondit Isaure.

- Penses-tu trouver plus belle créature et plus riche que moi jeune écervelée ?

Isaure mécontente s'approchait de lui, la dague à la main. Le Gobelin sentait qu'il avait tort de tous les liguer contre lui. Entre cette petite demoiselle, furieuse, le chevalier et le garçon en robe qui tenait son bâton, mieux valait parlementer. Le gobelin changea alors de tactique et préféra se tourner vers Aliénor :

- Alors, si vous le permettez, je prendrai la plus jeune et j'attendrai un peu qu'elle grandisse pour prendre les formes que j'attends d'une vraie femme. Je suis très riche et ma caverne est assez grande pour élever ma future progéniture. Qu'en penses-tu petite ?

Aliénor regardait toujours avec bienveillance cet être qui, sans doute, plaisantait. Elle, se marier ? À son âge ? Il est vrai qu'à 16 ans son père aurait déjà pu la promettre à un seigneur ou à un chevalier ; mais si cela avait été le cas, le comte des Ores aurait été chargé des épousailles (mariage). Elle préférait garder sa jeunesse et son insouciance et puis jamais personne n'avait abordé avec elle ce sujet délicat. Elle regardait attentivement ce gobelin dont elle n'avait aucune peur. L'être mesurait à peine un mètre trente de haut, avait des membres grêles, une poitrine large et un cou épais : on pouvait donc le ranger dans les êtres plutôt laids au sens humain. Mais avec cette tête allongée, où saillait, des cheveux roux en bataille, ces deux oreilles très grandes et pointues il était presque attendrissant.

- Tu évalues le bonhomme, avant de dire oui ? demanda le Gobelin intrigué par tant d'attention.

Son sourire radieux avait découvert de grandes dents, aussi grosses que celles des lapins, mais très affûtées.

- Reste correct avec cette jeune fille ou, foi de chevalier, je répands tes tripes sur le champ, cria Benoît, prêt à trancher la créature.

À ces mots, la couleur de la peau du Gobelin était passée du jaune au vert de même que ses yeux qui, de jaune citron, avaient viré au rouge. La créature était très en colère et dansait maintenant d'un pied sur un autre, prête à se battre. Benoît surveillait le moindre de ses mouvements ; il n'avait aucune confiance et il eut raison. Tout en parlant, le Gobelin farfouillait dans une de ses poches et en tira un cor dans lequel il allait souffler. Benoît, d'un coup d'épée, fendit en deux l'instrument.

- Imbécile ! hurla le Gobelin, ce cor me vient de mon père qui le tenait de son père et avant lui de son père aussi. Ce cor a été fait dans la ramure d'une licorne ; cet animal n'existe plus aujourd'hui et la perte est inestimable.

- Que voulais-tu faire avec ? Appeler tes amis ?

- Mes amis ? Je n'en ai pas ! Je voulais simplement appeler mon Krug.

- Ton Krug ?

- Oui, humain ignare ! Il s'agit d'un être que nous a envoyé Gorion le Maître des Volcans pour que nous le chevauchions lorsque nous partons en guerre. Mon Krug doit me chercher mais il a dû se perdre. S'il ne me trouve pas rapidement, il va finir dans le ventre des lutins.

- Depuis tout ce temps ? Sans doute l'a-t-il déjà été ! Mais dis-moi Gobelin, tu as parlé de Gorion, l'as-tu déjà vu ?

- Nous n'avons rencontré que ces envoyés qui nous ont, en son nom, attribué ces terres à la condition de les entretenir.

- Les entretenir ?

- Oui ! Nous devons empêcher les nymphes et les grands arbres de revenir ici dans ces territoires qui sont devenus les nôtres.

- Ces terres ne leur appartenaient-elles pas, avant que vous ne veniez les leur voler ?

- Elles appartiennent à ceux qui ont vaincu ; vous appelez, dans votre langue d'humain, le droit de prise. Mais cessons-là ces bavardages qui ne mènent à rien et dites-moi ce que vous voulez, pour m'avoir délivré ?

- Sortir de cette forêt qui a été détruite par des créatures aussi vilaines et méchantes que toi, répondit Benoît.

- Vous avez tous une langue mal aiguisée, humains : bestiole, animal, créature ne pouvez-vous pas me donner simplement le nom de Gobelin puisque vous êtes incapable de prononcer mon nom ?

- Qui serait ?

- Abaulna konozor dernates qu'ascruch...

- Arrête !

Benoît tirait de nouveau son épée.

- Tout doux bonhomme, qu'ai-je dit pour te mettre ainsi en colère, pleurnicha le Gobelin en voyant le visage fermé du chevalier.

- Ceci !

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