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SUR LA ROUTE DE LA VÉRITÉ

SUR LA ROUTE DE LA VÉRITÉ

Auteur:: Stéphane BILOA
Genre: Autres
#SUR LA ROUTE DE LA VÉRITÉ #PROLOGUE Son visage est angélique, son sourire est ensorceleur. À la place de deux pieds, elle a cette queue dorée et bordée de diamant, de coquille de mer, une queue de poisson. On l'appelle la sirène d'outre-mer. Elle vit aux fond des eaux. Depuis la plus petite des flaques d'eaux jusqu'aux profondeur des mers, elle est là, se nourrissant d'âmes innocentes, d'âmes pures, d'âmes de nouveaux nés pour accroitre sa puissance. Cette légende était encore un simple mythe pour la belle Azoum Jusqu'à ce que son nourrisson y passe. Cet enfant dont le géniteur était inconnu, presque inexistant. Cet enfant née d'une femme vierge maltraitée. Bannie du village pour pratiques obscures alors qu'inocente, Azoum ira à la recherche de son enfant, à la recherche d'une raison à cette obscurité soudaine dans sa vie. Elle longera toutes les rives auprès des plus grands guerriers de toutes les contrés, elle fera de son cœur une pierre, cette pierre que le roi des eaux réussira à transpercer par un amour foudroyant. Dans sa quête de la vérité au fond des eaux, elle rencontrera ses origines.

Chapitre 1 Chapitre 1

#Episode_1

Assise au bord de l'eau, le ventre arrondi et le cœur en compost, Azoum, la belle Azoum, la plus séduisante du village, l'âme soeur de tous les princes, se demande ce qui n'a pas marché. Du jour au lendemain, tout à changé. Son univers s'est écroulé, son sourire s'est effacé. Elle porte en elle cette chose, ce être dont on connait ni la nature ni l'origine. La belle vierge est enceinte.

Tout le village en parle. Le monde entier en parle. Son teste de virginité a été fait par les anciens du village, elle n'a jamais connu d'homme entre ses jambes. Elle en porte pourtant le fruit.

Elle avait une vie paisible il y'a huit mois. Elle faisait de doux plats avec sa mère, elle était la promise du plus beau des princes. Aujourd'hui, il n'y a plus rien.

Ce qu'elle porte en elle l'a privé de tout. Elle longe les champs à longueur de journée, cherchant de quoi se mettre sous la dents. Elle bois de l'eau du marigot pour ne pas tomber de soif. Elle a été abandonné par tous. Elle n'a plus d'amis, plus de famille, plus de vie.

Ce matin, elle laisse ses pieds se balancer dans cette eau. Elle veut nager comme autre fois mais la fatigue de la grossesse en est un frein. Elle se contente de se frotter les yeux pour essuyer les larmes qui y sortent depuis des mois. Sa vie a changé du tout au tout.

Elle ne voit rien en elle qui puisse la relier à la vierge marie, elle ne comprend pas pourquoi elle porte une sorte de messie en elle. Pendant qu'elle se creuse la tête, se demandant la raison de cette punition, elle entend un bruit derrière elle.

Elle se met debout, elle cherche dans tous les coins mais ne voit personne.

Azoum : qui est là ? As-tu à manger pour moi ? J'ai faim, j'ai tellement faim.

Un tout petit garçon sort de la brousse avec une boule de terre en main. La jeune fille de vingt ans comprend rapidement de quoi il s'agit. Elle n'en peut plus de courir, elle n'en plus de les fuir. Elle supplie,

Azoum : je t'en prie, laisse moi tranquille. Je suis fatiguée. J'ai mal à la tête et j'ai faim. De grâce, laisse moi tranquille.

Il ne l'écoute pas. Il crie,

-venez, j'ai trouvé la sorcière.

Du jour au lendemain, son nom est passé d'Azoum à la sorcière. Un groupe d'enfants arrive, chacun ramasse un caillou ou une boule de terre. Azoum se couvre le visage, elle s'assoit et se replie sur elle même. Les enfants visent violemment, ils n'ont pas pitié car ils savent que c'est une sorcière. Que pensez d'une vierge enceinte dans ce monde où la science était encore à son niveau le plus bas ? Nous sommes à cette époque où il n'existe aucune forme de technologie, où le courrier par excellence est un pigeon envoyé dans les airs, tenant dans ses pâtes le message écrit à l'encre noire.

Azoum reçoit ces coups depuis des mois, son corps est plein de blessures sur lesquelles se posent toute sorte de mouche.

Ces enfants ont reçu l'ordre de la traiter de la pire des manières jusqu'à ce qu'elle avoue ses pratiques obscures. Comment avouer un crime qu'on a pas commis ? La jolie azoum à la peau d'ébène ne sait rien de tout ce qui arrive à sa vie. Elle est autant perdue que ceux qui la châtient.

Les coups la fatiguent, elle se sens perdre ses forces. Elle devient toute môle et perd connaissance. Les enfants n'entendant plus ses cris s'enfuient. Tous ceux qui passent dans le coin l'esquive, lui crache dessus. La sorcellerie est condamnée à mort dans ce pays. Si elle est encore en vie, c'est parce que les rois sont curieux de voir ce qui sortira du ventre d'une vierge.

Au bout d'une heure de temps, elle se réveille. Elle a mal à la tête, elle a mal aux articulations. Elle n'arrive pas à bouger, elle reste sur place. Elle supplie les dieux de l'emporter, de la tuer. Elle ne veut plus vivre si c'est pour avoir cette vie.

La nuit s' approche, elle n'a rien mangé depuis plus de vingt quatre heures. Cette grossesse est des plus mystérieuse. Elle n'a reçu aucun suivi de la sage femme du village. Elle n'a pris aucune potion pour rester en forme. La grossesse se déroule néanmoins normalement.

La nuit arrive à son extase. Azoum ressens une présence dans les parages. Elle se dit qu'elle va encore recevoir des coups. Elle se met à pleurer. Elle se couvre la tête, elle n'en peut plus.

Azoum : si vous avez un cœur alors tuez moi. Tuez moi, que je ne souffre plus. Je n'ai pas demandé à porter ça dans mon ventre, je ne sais même pas de quoi il s'agit. Je veux mourir, je veux mourir.

Une vielle maman, tenant une canne avance vers elle. La pleine lune éclaire son visage. Elle se baisse vers la jeune enfant et lui touche le visage. Azoum se recul et crie.

Elle lève la tête et reconnaît le visage. Il s'agit de la veille chantrie, la sage femme du village.

Chantrie : ce n'est que moi mon enfant. Tes jours sont proches, bientôt tu vas accoucher.

Azoum : accoucher quoi ? Il y'a quoi dans mon ventre ? A-t-on déjà vu pareille chose ? De qui suis-je enceinte ?

Chantrie : si tu n'as pas de réponse à ces questions, tu seras banni tu village après ton accouchement et ton rejeton sera tué. Aux yeux de tous, tu es diabolique car il n' y a que le diable pour faire naître ce genre de chose.

Azoum : vous avez beaucoup vécu, vous avez beaucoup vu. Ne pouvez-vous pas me dire ce que vous savez ?

Chantrie : j'ai vu des guerres, j'ai vu des sorciers et j'ai vu des anges. Jamais je n'ai vu une vierge enceinte. Je ne peux rien faire pour toi.

Azoum : vous êtes donc venus faire quoi si vous ne pouvez pas m'aider ?

Chantrie : je suis venu te dire que le mieux pour toi serait d'avouer. Si tu dis ce qui s'est passé, si tu parles à la grande cour du sortilège que tu as utilisé, on ne t'a bannira pas du village. Tu seras enfermé dans le dongeons pendant quelques temps mais après tu sortiras et retournera à ta vie d'avant.

Azoum : mais je n'ai rien fait. Je vous dit que je suis innocente. Jamais je n'ai pratiqué de magie. Jamais je n'ai vu un homme nu. Je n'ai rien fait, je n'ai rien fait.

Chantrie : ta mère m'a envoyé vers toi. Elle m'a demandé de te convaincre de dire à la grande cour que tu es coupable pour qu'on te laisse. Fais le pour elle.

Azoum : je ne paierai pas pour des choses que je n'ai pas faite. Je préfère souffrir ici plutôt que de me prononcer dans cette abomination. Je n'ai rien fait.

Chantrie : ne sois pas obstiné mon enfant. Ils vont te chasser et tu sais ce qu'il y'a au delà de nos terres. Ici nous sommes en sécurité, dehors les hommes vont te violer et tuer. Réfléchis avant de dire des bêtises.

Azoum baisse la tête. Elle ne sait plus quoi penser. La veille chantrie lui donne à manger et à boire avant de s'en aller. Azoum mange avec appétit. Elle s'allonge et s'endort, espérant qu'au petit matin, tout cela n'ai été qu'un rêve.

Lorsqu'elle ouvre ses yeux, elle ressens encore ce mal. Rien n'a changé, ce jour ne sera pas différent de celui passé. Elle se touche le ventre, la chose est toujours là. Elle se mire dans l'eau, son visage est toujours blessé de partout. Elle se dit qu'il faut s'y faire mais comment accepter une grossesse venue de nulle part ?

Pendant qu'elle longe le marigot, elle pose l'œil sur sa mère. Comme toujours, elle cour vers elle en la suppliant.

Azoum : mama, mama, amène moi avec toi. Ne me laisse pas ici. J'ai peur mama.

Sa mère lève la tête et reconnais sa fille. Sa gourde d'eau glisse de ses mains et se retrouve dans l'eau. Katana est son prénom.

Katana : ne t'approche pas de moi, sorcière. Tu as déshonoré notre famille, tu as fait le pacte avec le diable. Tu as mis la honte sur ton père et moi, maudite sois tu.

Azoum : ne me dis pas ça, mama. Je te promet que je suis innocente. Tu dois me croire. Je ne sais pas d'où ça vient. Je te le répète depuis des mois. Pourquoi personne ne veut me croire ? Pourquoi vous n'essayez même pas de chercher à savoir ce qui m'arrive ?

Katana : au diable ce qui t'arrive. Au diable, toi-même. Je ne sais pas où tu es allé prendre ça, ce que je sais c'est que ce n'est pas dans ma maison que cela va entrer. J'ai envoyé chantrie te supplier d'avouer mais tu as refusé. Tu seras la seule responsable de ce qui va t'arriver après l'accouchement.

Azoum se rapproche de sa mère, sa complicite d'autre fois, sa confidente. Elle veut voir de plus près son regard, elle veut comprendre si sa mère la déteste vraiment. Elle la fixe dans les yeux et voit cette goutte de larme s'y échapper.

Azoum : aide moi mama, aide moi.

Elle tend la main désespérée vers sa mère, elle tend la seconde main. Sa mère la bouscule, elle trébuche sur un caillou et se retrouve dans l'eau.

Katana : ne t'avise plus jamais de t'approcher de moi. Je ne veux pas être traité au même titre que toi. Je t'ai appris à bien faire les choses mais tu es allé porter une abomination. Que notre abandon te serve de leçon.

La gracieuse Katana peine à dire à sa fille ce qui lui arrive. Elle le sait pourtant très bien. Elle est au courant de tout mais sa langue ne peut se dénouer sous peine de déclencher la plus sanglante des guerres. Elle tourne le talon et veut partir. La voix de sa fille la retient.

Azoum : si tu pars aujourd'hui mama, ne reviens jamais. Si tu me laisses une fois de plus, je saurais que je n'ai jamais eu de Mère.

Katana : qu'il en soit ainsi, sorcière.

Assise dans l'eau, on ne distingue plus les larmes d'Azoum. Elles se sont mélangées à de l'eau.

Une jeune fille arrive pour se ravitailler en eau. Elle trouve Azoum dans l'eau et se met à crier.

-la sorcière pollue l'eau du marigot, elle s'est assise dans l'eau du marigot.

Un groupe de jeunes adolescents arrive en course avec des fouets en main.

Azoum reconnaît ses amis parmis. Elle se met sur ses genoux et supplie,

Azoum : je suis juste tombée dans l'eau. J'ai glissé et je suis tombée. Je ne voulais pas salir l'eau.

Personne ne l'écoute. L'un de ses amis lui jette à la figure,

-tu as sali notre amitié. Tu n'es qu'une fille maudite. Tu n'as pas le droit de te justifier. On doit te châtier pour avoir pollué l'eau avec ta malédiction.

Il est le premier à s'avancer et à donner le premier coup de fouet. Le coup traverse le dos d'Azoum en y laissant une fine marque. Elle hurle de toutes ses forces, elle pleure toutes ses larmes.

Le bal étant ouvert, tout le monde danse. Chacun lui laisse une marque sur le dos, chacun lui glisse une injure à l'oreille. Elle remarque chaque visage, elle les mémorise un à un.

Ils la sortent de l'eau en la traînant sur le sol, en la tirant par les cheveux. Aucun de ces coups n'affectent la grossesse, tout est intact dans son ventre. Ces jeunes la traînent jusqu'à un tronc d'arbre où ils la ligotent.

-tu ne vas plus déranger les gens si tu restes ici. C'est mieux pour tout le monde. À cause de toi on es obligé d'aller chercher le prêtre pour qu'il bénisse l'eau. On ne peut pas l'utiliser aujourd'hui.

Elle a la tête baissée. Ses cheveux son frisés, ils sont comme électrocutés. Ses mains sont jointes à son corps, le tout attaché autour de ce grand arbre. Elle repense à ses beaux jours, elle ne se souvient même pas de la dernière fois où elle a esquissé un sourire.

Les jeunes s'en vont, la laissant sur place. Elle essaie de bouger mais c'est une perte de temps. Elle se parle à elle même.

Azoum : je ne peux accepter d'avouer ce que je n'ai pas fait. Je prouverai mon innocente et ils auront honte. Il auront tous honte.

Elle est restée attaché sur l'arbre toute la journée. Un homme passant par la prend pitié et la détache. Tout le village n'est pas d'accord avec le système mais à la dictature, on ne répond pas non. Pour ne pas s'attirer des ennuis, l'homme s'en va. Une nouvelle nuit trouve Azoum sur place, plus amoché qu'hier.

Elle se traîne au sol jusqu'au marigot, elle a besoin d'une goutte d'eau dans sa bouche. Alors qu'elle est sur le point de boire, elle sent cette douleur dans le bas de son ventre. Elle marque une petite pause en se disant que ça va passer. Malheureusement pour elle, la douleur s'intensifie. Elle touche son intimité et sa main ressens l'humidité. Elle a perdu les eaux.

Azoum : non, non mon Dieu, je vais faire comment ? Je suis toute seule. Comment vais-je accoucher toute seule ?

La douleur est de plus en plus forte, elle n'arrive plus à contrôler sa respiration. Elle est bien loin du village, personne ne peut entendre ses cris. Elle tire son corps jusqu'à l'eau et y plonge.

Elle s'accroupi dans l'eau et passe ses mains sous son intimité. Elle ne sait pas ce qui va en ressortir mais elle n'a pas d'autres choix. Elle met en pratique les apprentissages de la veille chantrie. Elle revient peu à peu à elle et contrôle sa respiration. Par moment elle a encore du mal à croire à ce qui est en train de lui arriver. Elle pousse de toutes ses forces, elle respire par moment et pousse à nouveau.

Au bout d'une trentaine de minutes, elle entend un cri, elle sens cet être lui caresseer les doigts. Elle le sort rapidement de l'eau avant de s'y asseoir. L'eau n'est pas très profonde.

C'est un bébé, un véritable bébé. À sa grande surprise, il n'y a pas la moindre goutte de sang sur lui. Elle regarde son sexe, c'est un mal. Il crie fortement, il gesticule dans tous les sens.

Il n'y a pas de lame, pas de ciseau, pas de couteau. Il faut pourtant couper le cordon ombilical. Azoum s'arme de ses dents et tranche cette liane la reliant à son fils. Elle le tient dans ses mains, elle le foudroi du regard. Elle pleure.

Azoum : mais qui es-tu ? D'où viens-tu ? Qui t'a mis en moi ? Quand et comment ?

#A_suivre

Chapitre 2 Épisode 2

Elle enveloppe l'enfant dans son habit après l'avoir nettoyer dans cette eau froide. Elle ne peut faire qu'avec ce qu'elle a sous la main. Elle est restée assise dans l'eau. L'enfant est enfoui en elle. Il ne cesse de pleurer. Elle ne sait quoi faire ni quoi dire. Elle a le regard tantôt vers le ciel tantôt vers l'eau.

Azoum : ai-je fait quelque chose de mal pour mériter tout ceci ? Suis-je coupable d'un mal quelconque ? Que les dieux me répondent, qu'ils me parlent.

Elle ne reçoit aucune réponse comme d'habitude. Elle voit le temps défiler sous ses yeux. Elle voit le jour se lever. L'enfant n'a pas cessé de pleurer. Elle ne sait pas s'il faut lui donner le sein ou autre chose. Elle le laisse tout simplement pleurer.

La première personne arrive au marigot. En voyant la scène, elle laisse tomber son seau et rebrousse chemin aux pas de course, sous des cris aigus.

-la sorcière a accouché, elle a accouché dans l'eau du marigot.

Les gens viennent de partout pour poser l'œil sur ce qui se raconte depuis des mois. Ceux qui n'y avaient pas cru ont désormais la preuve vivante. La vierge vient de mettre au monde un garçon. Elle est assise au milieu de cette eau et ne bouge pas. Les enfants se tiennent derrière, les adolescents forcent le passage, les plus âgés sont devant. Les sages du village arrivent à leur tour.

La sage femme, chantrie avance son batton vers Azoum. Elle tâte pour s'assurer qu'il s'agit bien d'un bébé entre ses mains. L'enfant pousse un petit cri. Tous reculent d'un pas. Azoum n'a pas changé sa position, elle n'a pas levé la tête.

Chantrie : comment as-tu fait pour accoucher seule ?

Elle ne répond pas. Elle ne voit pas l'intérêt de lui dire comment elle a souffert pour avoir cet être entre les bras.

Chantrie : on va t'amener à la grande cour. Puisque tu as accouché, ton procès peut être ouvert. J'espère que tu as bien réfléchi et que tu vas dires ce qu'on attend de toi. Si tu ne le fais pas, cette chose que tu tiens dans tes mains sera détruite et on te chassera d'ici.

Entendre que son enfant va lui être enlevé et tué crée un pincement dans son cœur. Elle lève la tête. On remarque son visage détruit par la souffrance.

Azoum : je ne sais pas comment cet enfant est entré en moi, je sais qu'il est sorti et que je vais le garder. Je vais le garder car c'est lui qui va me conduire jusqu'à son père.

Chantrie : les sages ont dit qu'aucun homme ne s'était jamais introduit en toi. Ils ont dit que cet enfant n'a aucune origine humaine. C'est une abomination.

Azoum : alors c'est mon abomination. Je le garde. Si vous voulez me mettre à la porte, laissez moi partir avec lui.

Chantrie : on ne laissera pas un démon grandir librement comme si de rien n' était. On tue le mal à la racine.

Azoum : s'il est né de moi, ça veut dire que vous allez tuer la mauvaise racine. Vous m'avez traité comme une sauvage alors je vais me comporter comme telle. Que personne ne s'approche de moi.

La sage femme prend du recul. Elle se sait très veille.

Chantrie : qu'on fasse venir les guerriers, qu'on lui prenne l'enfant et qu'on les amène tous les deux à la grande cour.

Azoum : ne me touchez pas. Je peux arriver à la cour en tenant mon enfant. Ne le touchez pas.

Sa mère est placée dans la foule. Elle pleure toutes les larmes de son corps. Elle ferme les yeux et jette un coup d'œil dans le passé. Elle revient tout de suite à elle. Elle sait que cet enfant n'est pas la racine. Elle regarde ces hommes traîner sa fille sur le sol. Elle prie pour qu'elle tienne le coup. Elle sait que le mieux pour elle c'est d'être chasser. C'est le seul moyen pour qu'elle vive.

Une fois à la grande cour, Azoum est balancée comme une pierre sur le sol. Son enfant lui est jeté dans les bras. Le chef arrive, le regard froid et méprisant. Un dictateur hors pair, un homme des lois meurtrières. Il tient ce morceau d'ivoire en main, c'est l'un de ses signes de puissance. Il l'utilise pour pointer Azoum.

Le chef : il y'a quelques mois, tu étais une enfant comme tous les autres. Tu avais une vie de rêve, tu étais promise au plus beau des mes enfants. Au lieu de te contenter de ta vie, tu en as voulu plus, plus et encore plus. Dis-nous la vérité. Dans quel sorcellerie es-tu entré?

Azoum : roi des rois, jamais je n'ai vu de pratiques obscures, jamais je n'en ait prariqué. Je vous jure, je le jure sur la tête de mon père qui m'a renié. Je suis innocente.

Une voix s'exprime dans la foule, la voix de son père, le guerrier le plus sanguinaire. Son nom, Mbarga.

Mbarga : ôte donc mon nom de ta bouche, je n'ai pas mis au monde une abomination. J'ai accouché une belle jeune fille, ce n'est pas toi. Tu as choisi de te détruire, tu es mon déshonneur. Dis nous la vérité, qu'on en finisse une bonne fois pour toute.

Le chef : même ta famille te pointe du doigt. Nous n'avons pas toute la journée ici. Si tu ne parles pas, tu sais ce qui va se passer.

Azoum : je ne puis dire ce que je ne connais pas, je ne puis avouer ceux dont je suis ignorante. Faites de moi ce que vous voulez.

Sa mère sort de la foule. Elle n'en peut plus de se taire. Elle n'en peut plus de faire semblant. Elle veut parler, elle veut plaider en faveur de son enfant. Lorsqu'elle veut bouger ses lèvres, son mari pose un regard menaçant sur elle. Elle baisse la tête. Elle comprend que si elle ouvre la bouche, la vie de sa fille ne tiendra plus qu'à un bout de fil.

Azoum : parle mama, parle. Dis leur que ta fille n'a rien fait. Dis leur que ta fille est innocente. Tu as à dire, dis-le.

Elle retourne aux côtés de son mari Mbarga. Il tient sa main dans et la sert fortement, assez fort fort pour lui broyer les os.

Mbarga : tu comptais faire quoi ? C'était quoi cette petite scène ? Tu veux faire de moi l'homme le plus insignifiant du village ?

Elle ne répond. Elle ne sait pas quoi dire.

Mbarga : suis moi, allons un peu derrière la chefferie. Il faut qu'on parle un peu. Je crois que je ne t'ai pas bien donné ta leçon ce matin.

Il lui tient la main et l'attire loin de la foule. Une fois derrière le grand édifice, il guette dans tous les sens pour s'assurer que l'air n'a pas d'oreilles.

Mbarga : tu m'explique ?

Katana : mon mari, mon homme, je t'en supplie, elle n'a pas à souffrir comme ça. C'est notre fille et elle n'a rien fait. Nous devons dire la vérité, c'est nous qui sommes sensé être sur cette cour en train d'être jugé. Je te prie de m'aider à la libérer.

Mbarga : je vois que tu veux mourir, je vois que tu veux partir de ce monde avant ta fille. Ta mission est de tout faire pour que l'enfant ne soit pas tué. Pour ta fille, qu'elle meurt ou qu'elle vive, nous ne gagnons rien. Faisons ce que nous avons à faire et partons d'ici.

Katana : je refuse de la laisser mourir. Je vais dire tout ce que je sais. Je vais dire toute la vérité à tout le monde. Tu vas voir.

Elle veut prendre la direction de la foule. Son mari lui donne une gifle qui la bouscule par terre.

Mbarga : je crois qu'on ne se comprend pas très bien, je crois que tu deviens même folle.

Il la prend par les cheveux et se met à la traîner sur le sol. Ils prennent la direction des champs. Elle hurle mais le peuple est tellement concentré sur Azoum que personne n'entend ses hurlements. Mbarga l'entraîne jusqu'à leur maison d'habitation. Ils sont seuls à la maison. Il entre avec elle et verrouille toutes les issus. Elle supplie,

Katana : tue moi si tu veux, finis en avec moi mais laisse ma fille en vie. Va la délivrer, elle n'a pas à vivre ça. Elle est jeune, elle mérite de vivre.

Mbarga : tu es en train de jouer à un jeu où tu vas sortir perdante. Tu sais que je ne suis pas très patient. Hier encore, on était d'accord. Pourquoi tu parles comme ça aujourd'hui ?

Katana : libère mon enfant, libère la. Tu ne connais pas la douleur que j'ai en moi depuis des mois, tu ne connais pas le mal qui me ronge. Tu ne sais pas à quel point les Remords me rongent. Je ne vivrai pas avec une telle chose sur ma conscience.

Mbarga : si tu ne peux pas vivre avec cela sur ta conscience alors tu ne mérites pas de vivre, tu n'as pas droit à la vie.

Mbarga sort une lame bien tranchante de sa hanche. Il a le regard dans celui de sa femme. Cet homme sans cœur, ce guerrier entraîné par la cour royale pour tuer, n'hésiterait pas à poignarder tous ceux qui se mettent sur son chemin. Son cœur est fait de pierre, même la petite famille qu'il a réussi à avoir ne lui a pas rendu la paix. Il est né dans le feu, dans le feu de la méchanceté, de la rancœur et de la jalousie. Il a un amour inconditionnel pour la couronne, il ne rêve que de voir son derrière se poser sur le trône du roi.

Mbarga : tu sais que tu peux régner à mes côtés, tu peux devenir la plus grande des reine et non cette cultivatrice que tu es. Pourquoi tu veux faire foirer notre coup ?

Katana : les choses ne devaient pas se passer comme ça. La vie de mon enfant ne figuraient pas dans les termes de ce maudit contrat. Je ne suis plus d'accord.

Mbarga : à l'heure qu' il est, on doit être entrain de lui poser d'autres questions. Sûrement elle répond à la négative comme à toutes les autres. C'est elle qui se met à mort car elle refuse de mentir pour se sauver. Si elle avoue, elle va en prison pour quelques temps, on me donne l'enfant pour tuer mais je pars le garder. On rempli notre part du marché et tout change dans nos vies. C'est ta fille qui refuse de nous faciliter la tâche.

Katana : si mon enfant souffre, je te jure que peu importe où je serai, je reviendrai pour te retrouver. Tu sais que je ne blague pas.

Mbarga : lorsque les sages nous unissaient, je t'avais murmuré à l'oreille que si tu devenais un jour un frein à mes aspirations, je n'allais pas hésiter à te tuer.

Katana : aujourd'hui je te dis que si jamais j'y passe, tu vas y passer. Je reviendrai pour toi.

Mbarga ouvre les portes. Il traîne à nouveau sa femme sur le sol. Les pierres sur ce sol lui déchirent les pieds. Il l'amene jusqu'à un tronc d'arbre où il la balance comme un déchet. Elle sent sa fin arriver, elle sait qu'il ne va pas l'épargner. Elle supplie,

Katana : mon mari, réfléchi. Ne fais pas ça, nous pouvons répondre de notre crime et avoir le pardon des dieux. Mon époux réfléchi, réfléchi s'il te plaît.

Mbarga : j'ai déjà pensé à tout, j'ai déjà tout écrit quelque part. Je connais déjà mon avenir, je sais que je vais troner comme je le mérite. Tu as fait ton choix, je dois respecter ta volonté.

Il s'approche de sa femme, la mère de ces cinq enfants. Il se met à son niveau, il lui souri.

Mbarga : tu sais que je n'ai jamais voulu que tu accouches des filles. Tu en a accouché trois. Sache que si tu n'es plus là alors je n'ai plus aucune raison de les garder. Elles vont te rejoindre dans peu de temps.

Katana écarquille les yeux. Une peur bleue l'envahi, une peur de mère. Le se jette aux pieds de son mari, elle lui baise les pieds avec ses lèvres.

Katana : je suis ton disciple, je suis ton esclave. Fais de moi ce que tu voudras, fais de moi ce que bon te semble. Arrache moi le cœur si ça te fait envie, je suis ta femme, ton objet. Viole moi autant de fois que tu en as envie mais laisse mes enfants. Laisse mes filles.

Mbarga se bouche les oreilles. Il n'aime pas les supplications. Il soulève la tête de sa femme en la tenant par les cheveux. Il pose la lame sous son cou. On a encore l'impression qu'il fait juste une farce, on se dit que c'est une menace en l'aire. On ne croit à cette réalité que lorsqu'il lui tranche la gorge comme on égorge une poule. Il envoie la lame assez profondément pour qu'elle ne puisse pas crier. Il en fini avec sa femme sans aucun scrupule, sans le moindre Remord. La seule qu'il ignore, c'est que lui même n'a jamais su qui était réellement celle qu'il a épousé.

Pendant qu'elle agonise, pendant qu'elle se baigne de son sang rouge, le rouge de la mort, il essuie son arme du crime sur sa robe.

Il se relève comme si de rien n'était. Il souri et crache sur sa femme. Les vingt années de mariage avec cette femme ne représentent rien pour lui. C'était une passade vers sa vie de rêve. Il se nettoie les mains et reprend la route du procès où sa fille innocente est torturé.

À son arrivé, les moyens ont changé. L'interrogation n'est plus orale. Le chef a décidé d'utiliser d'autres moyens.

Le chef : la loi veut qu'on tue l'enfant et qu'on te banisse d'ici. Je suis la loi et je dis que vous serez tous les deux brûlé. Qu'on les attache au bûché et qu'on les brûle.

Mbarga sait que l'enfant doit vivre. Il avance jusqu'au roi et lui murmure à l'oreille,

Mbarga : que l'enfant soit épargné. Ma femme m'a fait des révélations. Seul Azoum doit être tué, c'est elle la sorcière. Laissez moi lui murmurer quelques mots à l'oreille.

Le chef : comme il te plaira

Mbarga : je vous remercie, mon roi

Il avance vers sa fille en ordonnant aux gardes de la laisser. Elle est toute sale. Malgré tout ce qui arrive, elle tient fermement l'enfant. En voyant son père arriver, elle a de plus en plus peur. Elle sait de quoi il est capable. Il se met à son niveau, il prend la même position qu'il a prise pour tuer sa Katana.

Mbarga : j'ai parlé au chef, il y'a un moyen de vous épargner, l'enfant et toi. On va te nettoyer et te donner à manger. Tu pourras aussi allaiter l'enfant. Donne le moi, ta mère veut s'en occuper en attendant.

Azoum : père... Dis-moi que tu me crois, dis-le moi, s'il te plaît.

Mbarga : je te crois ma fille, donne-moi l'enfant.

#À_suivre

Chapitre 3 Épisode 3

Azoum regarde son père. Elle veut lire la sincérité dans son regard mais elle ne la voit pas. Elle lui tend l'enfant pendant une fraction de seconde avant de la ramener dans ses bras.

Azoum : si tu dis la vérité alors ça ne devrait pas te déranger que je reste avec l'enfant. Je ne veux pas m'en séparer.

Mbarga : tu oses contester les dires de ton père ? As-tu donc perdu la tête ? Tu veux que je donne l'ordre qu'on vous tue tous les deux ?

Azoum : si je dois vivre, je vivrai avec mon bébé. Si je dois mourir, je mourai avec lui.

Mbarga : tu sais de quoi je suis capable. Donne moi l'enfant, il a besoin de manger.

Azoum : j'ai juste besoin qu'on me nettoie les seins pour que je puisse le nourrir. Je ne donnerai cet enfant à personne, même pas à mama.

Quand elle prononce ce nom, son père baisse la tête et souri. Il regarde sa paume de main, quelques gouttes de sang y ruissellent encore. Il lève la tête vers sa fille.

Mbarga : bon d'accord, fais valoir tes droits. Tu as encore droit à un jour pour dire la vérité. Avec ce temps, je viendrai vous chercher pour vous ramener avec moi. Tu sais que si je le décide, personne ne pourra vous faire de mal.

Azoum : tu as pourtant laissé qu'on me persécute pendant tout ce temps. Pourquoi père ? Pourquoi ? Je suis ta fille. Ta fille aînée.

Mbarga : ta mère et moi avons découvert que tu es innocente. D'ici demain on pourra le prouver. Fais ce que je dis et demain tout sera terminé. La nuit je viendrai te libérer.

Azoum : pourquoi me libèrer la nuit si vous avez déjà trouvé la vérité ? Le dire au roi et au peuple me semble être la meilleure solution.

Mbarga : on va faire les choses à ma manière. Cesse donc de parler et écoute mieux. Demande une journée, le roi a le devoir de te l'accorder.

Mbarga retourne vers le roi. Le couteau a double tranchant qu'il est essaie de se faire une place de confiance de tous les côtés.

Mbarga : mon roi, nous ne pouvons pas tuer l'enfant. Il a un père, j'ai encore des doutes sur l'identité du père mais ne le tuons pas pour le moment.

Le chef : dis-le de voix vive, que tout le monde l'entende.

Mbarga : ma voix n'est pas de taille devant celle du chef. S'il dit à son peuple ce que je viens de dire, certainement qu'on l'écoutera mieux. Je ne suis qu'un discipline.

Le chef hausse le ton et répète ce qu'il vient d'entendre. Il fait aveuglement confiance à Mbarga. Il sait que si le mode d'entier le trahi, Mbarga ne le fera pas.

Azoum tient fermement l'enfant dans les bras. Elle sait que son père n'a rien de claire dans la tête. Elle le ressent. Elle veut néanmoins se donner du temps pour penser à un stratagème d'évasion. Elle veut utiliser la journée que lui accorde son père pour fuir. La loi lui permet de demander un jour de méditation, elle opte pour cette voit.

Azoum : les lois de nos Terre me laissent une nuit de méditation, accordez moi cela. Demain je vous dirai tout ce que je sais. Je veux passer cette nuit avec mon enfant dans les bras.

Le chef : je suis la loi

Azoum : vous avez énoncé ces lois devant les dieux. Vous devez respecter, c'est la volonté d'une âme mourante, je vous en prie mon roi.

Il cligne des yeux. Sa requête est répondue favorablement. Elle passera la nuit sur place.

Azoum : mon sein ne coule pas, mon enfant a faim et moi aussi j'ai faim. Si nous devons mourir, que nous puissions au moins manger. Donnez nous à manger.

Le chef : quand tu auras avoué tous tes crimes, tu purgeras ta peine au dongeon. Après cela, tu mangeras à ta faim.

Azoum : mon bébé va mourir aujourd'hui même si je ne le nourri pas, n'y a-t-il pas de mère dans cette foule ? Pourquoi vous vous comportez comme si vous n'aviez jamais accouché ?

Une femme, une veille de plusieurs décennies se détache de la foule. Elle tient dans ses mains une bassine d'eau chaude. Une jeune fille la suit avec des serviettes et des vêtements propres.

La vieille dame avance jusqu'au roi. Elle pose la bassine d'eau par terre et se prosterne.

-roi des rois, roi invincible, qu'il vois plaise de me laisser m'occuper d'elle. Même si elle n'a plus que quelques heures à vivre, je veux bien m'en occuper. Elle doit manger, elle doit boire. Elle doit être nettoyé.

Le chef : tu vas prendre soin de l'enfant uniquement parce que Mbarga dit qu'il doit vivre. Laisse la mère comme elle est. Si jamais tu ne fais pas ce que je dis, tu seras brûlée avec elle demain à la première heure.

Elle avance vers Azoum. La jeune fille est retissante. Elle ne fait confiance en personne.

-n'ai pas peur mon enfant, je veux juste rendre ton bébé propre.

Azoum : je vais le faire toute seule.

-voilà donc de l'eau. Rend le aussi propre que l'eau dans laquelle il est né.

Sous le regard du peuple, Azoum donne le bain à son nouveau né comme sa mère le lui a appris. Le roi et les guerriers ne sont plus là. Même son père n'est plus là. La veille femme profite de cela pour nettoyer le sein d'Azoum. Elle n'en a rien à faire de ce que peut penser la foule.

Une voix sort de nulle part,

-tu enfreint les règles du roi. On va lui dire que tu as nettoyé la vierge.

Elle ne l'écoute pas. Elle presse une serviette dans de l'eau chaude. La jeune fille qui l'accompagne les couvre avec un pagne. Sous ce pagne, elle nettoie la poitrine d'Azoum. Elle presse avec douceur jusqu'à ce que ce jus blanc se mette à couler.

Le bébé pleure, il hurle. Il exprime sa famine. Azoum est recouverte avec un pagne plus propre. Le bébé est enveloppé dans de petits vêtements en peau d'animaux.

-tu peux le nourrir, il a très faim.

Azoum oriente son mamelon dans la bouche de l'enfant. Il tire avec appétit. Elle regarde son fils, elle ne cherche plus à comprendre d'où il vient. Elle est heureuse, un amour maternel l'envahi.

Azoum : c' est mon bébé, c'est le mien.

-c'est ton bébé. Enfuis toi d'ici avec lui. Ce peuple n'aura pas de compassion pour toi. Même si on prouve ton innocence, plus personne ne voudra s'approcher de toi. Il faut partir avec lui.

Azoum : père à dit qu'il allait m'aider.

-ton père n'aide personne, même pas lui même. Il déteste tout le monde, il se déteste même. Je ne sais pas ce qu'il a derrière la tête mais il ne va pas t'aider.

Azoum : je suis tout le temps surveillé, je vais faire comment ?

-ils vont t'amener au cachot pour que tu y passe la nuit. Je viendrai te chercher pendant la nuit.

Azoum : pourquoi autant d'aide ?

-j'ai mal de te voir souffrir autant. Tient ce pain et mange le quand personne ne te regardera. Prend cette gourde d'eau et bois. Quand je vais partir, la foule va se dissiper également. Bientôt ils vont venir te chercher pour le cachot.

Azoum : merci beaucoup, votre bien vous sera rendu.

La dame s'en va avec la petite fille. Azoum cache ses vivres dans son pagne. Elle sait que si quelqu'un pose l'œil dessus, elle va tout perdre. Elle observe l'enfant qui se régale, elle lui souri.

Azoum : à cause de toi, j'ai tous les problèmes du monde. J'espère que je vais pouvoir partir d'ici. J'ai besoin d'être loin pour essayer de comprendre. Ici, ce n'est pas possible.

L'enfant est concentré sur ce lait qui coule de plus en plus. Azoum en est étonné. Elle a l'estomac creux mais son lait coule en quantité.

Azoum : on va dire que c'est encore l'une de tes magies. A-t-on déjà vu une telle chose ?

La foule se disperse. Azoum est assise sous le soleil chaud. Elle est dans le collimateur des gardes. Elle ne peut bouger de là sans être vu. Elle recouvre son enfant pour lui éviter les rayons de soleil. Elle sait que c'est mauvais pour lui.

Pendant un moment de discrétion de la part des gardes, elle met un bout de pain dans la bouche et le mâche avec appétit. Elle boit un peu de son eau. Le petit s'endort dans ses bras. Elle ressent aussi le besoin de se poser. Elle se demande pourquoi on ne vient pas la chercher pour le cachot.

De son côté, Mbarga est assis autour de la table ronde avec le roi et deux autres guerriers. Ils ne comprennent pas ce qui lui est passé par la tête.

Le chef : pourquoi tu as empêché qu'on brûle cette sorcière ? Même si c'est ta fille, elle doit être tuée. Je ne peux garder cela dans mon royaume.

Mbarga : mon roi, l'enfant est innocent et il a un père.

Le chef : mais tu as dit toi même ici il y'a huit mois que ta fille a sûrement pratiqué la sorcellerie. Que dis-tu aujourd'hui ?

Mbarga : je n'avais pas bien fait mes recherches. On doit épargner l'enfant mais je ne veux plus de ma fille. Elle a connu l'homme en dehors de son mariage, elle a trahi l'union avec le prince. C'est mieux qu'elle meure pour que je me sente libéré.

Un guerrier prend la parole.

-mon roi, Mbarga nous fait tourner en rond. Son histoire ne tient pas, il nous ment. Il veut sauver sa fille en douce, j'en suis sûr. Cette fille et son bébé doivent mourir.

Le chef : je suis d'avis. Pourquoi tuer la mère et laisser l'enfant ? Sauf si Mbarga nous dit qui est le père de l'enfant. Si c'est un homme fait de chair et d'os, un homme de nos terres alors on fera ta volonté. Si tu ne nous montre pas ce père alors on va conclure que tu veux berner la couronne.

Mbarga : mon roi doute de moi. Je vous ai toujours servi et vous douter de moi ?

Le chef : un père est prêt à beaucoup pour son enfant. Il m'est tout à fait légitime d'avoir des doutes sur tes dires.

S'il savait que Mbarga n'en avait rien à faire de la vie de sa fille! Il inventait tout cela juste pour gagner en temps et récupérer l'enfant. Que sa fille reste en vie ou pas, c'était le cadet de ses soucis.

Mbarga : si vous tenez tant à en finir avec eux, laissez ma femme et moi aller faire nos adieux à notre fille cette nuit.

-il cherche un moyen de faire évader la sorcière, nous ne pouvons accepter cela.

Mbarga : puisque tu doutes tant de moi, tu n'as qu'à venir avec moi.

Le chef : c'est réglé, vous irez à deux.

Mbarga à déjà tissé tous ses plans. Ce guerrier est un frein pour lui. Il va certainement demander où se trouve sa femme. Il lui faut trouver une bonne excuse.

L'assise est terminée, Mbarga prend la route pour rentrer chez lui. Une fois dans les bois, il ressent une présence. Il sait déjà qui est là et ce que veut la personne.

Mbarga : tu auras l'enfant cette nuit même.

Un homme vêtu tout en noir vient à lui. Il a une capuche sur sa tête, son visage ne peut être distingué.

-si cette nuit je n'ai pas l'enfant, tu pourras dire au revoir à ton trône.

Mbarga : si je te donne l'enfant et que demain je ne suis pas sur le trône, je vais te tuer de mes propres mains. Où que tu sois, je vais te retrouver.

-que chacun fasse sa part.

Mbarga : tu veux cet enfant sans même savoir d'où il vient. Tu ne sais même pas comment il est entré dans le ventre de ma fille.

-l'origine de cet enfant ne m'intéresse pas, c'est son sang que je veux. L'enfant d'une vierge procure plus de puissance que n'importe lequel. Je vous attend ce soir au marigot. Ce même soir, je ferai de toi le roi.

L'homme continue son chemin. Mbarga fait de même. Il sait que sa fille est innocente. Il sait que son innocence peut être prouvé mais il préfère la vendre pour assouvir sa soif de pouvoir. Huit mois plus tôt, sa femme était du même avis que lui car elle ne savait pas que la vie de sa fille allait y passer.

Il marche jusqu'à chez lui. Personne ne se doute qu'il en a fini avec la maîtresse de maison. Il s'attend à entendre des cris de deuil. Il avait laissé le corps à la vue de tous. À sa grande surprise, tout le monde a l'aire de n'être au courant de rien.

Il part jusqu'au tronc de l'arbre où il a égorgé katana. Il n'y a aucun corps et aucune goutte de sang. Il ressent une petite frayeur mais revient rapidement à lui.

Il la cherche partout. Si elle a été traîné par quelqu'un, il doit y avoir des gouttes de sang. À la place d'une ligne de sang, il voit une ligne d'eau. Il ne prête pas attention. A-t-on déjà vu du sang incolore ? Il cesses ses recherches. Il a mieux à faire.

La nuit tombe. Malheureusement pour Azoum, personne n'est venu la chercher. Son plan d'évasion est tombé à l'eau. Elle est toujours surveillé, pas moyen de bouger. elle est dehors comme depuis des mois. Ses lèvres sont fendus, son corps grelotte. Elle pleure, elle saigne du cœur. Elle sait que son père ne va pas l'épargner. Au fond, elle ne lui fait pas confiance.

Sans comprendre ce qui se passe, elle entend un petit bruit. Les gardes qui la surveillent tombent d'un coup. Elle est prise de peur pour son enfant. Elle remarque la silhouette de son père devant elle.

Azoum : père...

Mbarga : ta mère ne peut pas supporter de te voir comme ça et moi non plus. Je suis venu te sauver. Je te l'ai promis.

Azoum : tu disais la vérité, tu es venu me sauver.

Elle sens la force entrer en elle. Le rêve que lui vent son sanguinaire de père lui fait plaisir. Elle se lève et se dit qu'ils vont à la maison mais ce n'est pas le cas. Il cour avec elle vers le marigot. Ils y arrivent, l'homme habillé en noir est là.

Azoum : mais père ? Pourquoi on est au marigot ? On va nous retrouver ici. Partons à la maison.

Mbarga : donne l'enfant, donne vite l'enfant. Je vais le protéger.

Azoum ne veut pas donner son enfant mais les paroles de son père sont tellement belles. Elle lui tend l'enfant. Au moment de le prendre, quelque chose se produit. L'eau se met à tourbillonner, une main sort de l'eau, arrache le bébé et l'emporte avec elle. Mbarga ne comprend rien, son acolyte ne comprend rien non plus.

Azoum : mon bébéééééééé....

#À_suivre

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