Qui suis-je pour porter un jugement négatif sur la polygamie qui reste une tradition dans bien des pays d'Afrique. Pour certains, il ne faut pas juger la polygamie uniquement comme une violence faite à la femme : Elle conserve toujours un pouvoir d'arbitrage sur la gestion en commun de la famille élargie. Oui entre autre. Un raisonnement que je n'ai jamais compris et peut-être que je ne comprendrai jamais.
Ici ce que je vois là, dehors, dans la plupart des familles polygames, les coépouses portent bien souvent sur leurs épaules les souffrances à tous les sens du terme, certaines même y laisse la vie. Ma mère a été épargnée de cette souffrance parce que quand je suis venue au monde, ma mère était et a toujours été la seule femme de mon père jusqu'à son dernier souffle. Dieu a fait grâce à mes parents de huit enfants, j'ai grandi avec mes quatre frères et mes trois sœurs. Comme dans la plupart des familles africaines, on était aussi des bouches à nourrir. Que ce soit beau, moche, difficile ou facile, rien n'empêche le temps d'agir. Nos parents ont répondu a l'appelle de Dieu à trois ans d'intervalle, les uns après les autres, nous avons tous quittés le nid familial et nous faire une place dans la vie. C'est une chance pour une mère de voir ses enfants rejoindre leur foyer, une chance que ma mère n'a pas eu. C'est aussi une bénédiction pour tout enfant de réaliser ce rêve en présence de leurs parents. Contrairement à mes autres sœurs, j'ai été la plus chanceuse lorsque je suis tombée sur Djadjé. Un homme qui par sa bravoure a su se faire une place dans la vie et dans mon cœur. On s'est aimé, rien ne peut entraver notre union, même attendre la fin de mes études serait une perte de temps. Avec l'accord de mon oncle, notre mariage a été célébré avec tous les honneurs. J'ai rejoint mon foyer, seulement une année après notre mariage, le destin a frappé. Mon beau-père nous a quittés. Mon mari qui était orphelin de mère vient le rejoindre dans le rang des orphelins des deux parents. La vie est cruelle et ne fait pas de cadeau surtout avec l'âge. Partageant la fraternité avec son seul frère, l'héritage a été reparti entre deux. Pour ne pas renoncer, mon mari a emboité les pas de son père dans le commerce. Comme je vous le disais, par sa bravoure, mon mari a remis sur pied deux magasins de son père qui lui revenait de droit. Un mari aimant mais très occupé par son travail, à la maison il m'apporte tout l'amour que je mérite. Une vie plus ou moins tranquille que je mène dans mon foyer mise à part qu'un ventre vide d'une femme est une malédiction. C'est ce que ma mère me disait, elle priait toujours que le bon Dieu touche nos ventres, nous ses filles. Trois ans, que j'ai les yeux et le cœur sur Dieu. Va-t-il un jour répondre à mes appels ? Il est le miséricordieux, c'est lui qui essuie toute larme, je lui confie toutes mes peines. Trois bonnes années que je cours derrière un miracle mais le temps de Dieu n'est pas celui des hommes. Jour après jour, impuissante face à la situation, mon mari s'impatiente et il me le fait comprendre à sa manière. Une sorte de tension est née dans mon foyer, il s'est fragilisé jusqu'à ce qu'il retrouve au bord de la ruine. Depuis que j'ai épousé Djadjé, je n'ai pas eu d'autre copine que Betty. Pour voir le sourire un jour dessiner sur mes lèvres, elle m'a toujours accompagné dans mes démarches. Elle a toujours été là pour moi. Elle passe souvent me voir, c'est elle qui me remonte le moral. Betty (en tapant dans ses mains) : Toc ! Toc ! Il n'y a personne ici ou quoi ? Moi (dans le salon) : Entre Betty, je suis là. Betty (en rentrant) : Et c'est calme ici on ne dirait pas possible. Moi (debout) : Salut ma chérie. On se fait le biz, Betty me regarde avant de faire le tour du salon des yeux et je jette sur le fauteuil. Betty : Où est l'idiot du village ? Moi (en souriant) : A une heure ci ? Il est sorti depuis le matin. Betty : Alors tu es prête ? Moi (en m'asseyant) : Oui mais... Betty : Mais quoi ? Moi (gênée): Tu sais, je veux bien mais... Je ne suis pas trop tranquille avec ce genre de chose. Betty (Sérieuse) : Tu vas arrêter pour toi hein ! Avec quel genre de chose tu n'es pas tranquille ? Regarde, ne m'énerve pas hein. Moi (désolée) : Ok c'est bon, ne te fâches pas, je prends mon sac. Betty (avec un tchrrr) : Tu aimes trop ça. Je me lève et me rend dans la chambre pour prendre mon sac. Je suis ressortie trouvée Betty déjà sortie de la maison pour m'attendre sur la terrasse. Moi : On y va ! Elle me devance, cette femme est très nerveuse par moment. Depuis quelques jours, elle m'a parlé d'une vieille dame qui a aidé par mal de femmes à avoir des enfants après des années de mariage sans suite. Je suis pour la médecine moderne mais en ce qui concerne les féticheurs, que ce soit jeteuse de cauris, marabouts, je me suis toujours réservée. Mais qu'est-ce qu'on ne fera pas et acceptera pas de faire pour avoir un enfant ? Accompagné de ma meilleure copine, on s'est rendu chez cette vieille. J'ai répondu à ses questions, elle m'a dit quoi faire et pour couronner le tout, elle m'a dit que je dois me lever, mon foyer ne tient plus. Ces dires ne m'ont pas trop surpris, ça je ne le savais déjà. On a fait environs trente minutes chez cette vieille, Elle m'a donné des flacons de potions pour me laver avec, je dois aussi boire et me purger aussi. Si tout va bien et si je suis correctement ses dires, j'aurai un enfant. C'est après qu'on a été faire un tour chez Betty avant que je ne rentre chez moi. Comment être en confiance ? J'ai tellement tourné en rond dans les cliniques, les pharmacopées que je ne sais plus à quoi ni à qui faire confiance. Cette même nuit, je ne vais pas commencer le traitement sans le dire à mon mari. J'ai attendu l'arrivée de mon mari, pendant qu'on était sur table, Moi (gênée): Chéri, je t'attendais, j'ai quelque chose à te dire. Djadjé (indifférent): De quoi s'agit-il ? Moi : Avec Betty, on a été voir une vieille dans la journée. Elle m'a donné des produits. Je te montre. Je sors de la table pour lui rapporter les flacons contenant les potions. Moi (arrêtée): Voici, elle m'a dit quoi faire et je voulais dès ce soir commencer le traitement. Je lui tends les flacons, il ne me regarde pas, il ne les prend pas dans ma main, Il ne répond non plus pas. Il continue son dîner. Moi (toujours debout): Voici ce qu'elle m'a donné. Djadjé (le nez dans l'assiette): A quoi bon ? Moi (étonnée) : A quoi bon ? Comment ça à quoi bon ? Il jette la cuillère sur le reste de son diner dans l'assiette, croise ses mains devant lui. Il me regarde, ensuite ma main tendue avec les flacons. Djadjé (calme): ça tombe bien, moi aussi je voulais te parler mais pas à propos de ce que tu tiens dans ta main. Ça tu peux en faire ce que tu veux mais sache que je ne vais plus attendre là, à ne rien faire. Moi (étonnée) : Comment ça ? Je ne te comprends pas. Djadjé (sérieux): Écouter moi bien femme, que ce soit un membre de ta famille, ton ami ou même ton pire ennemie, si une personne te dépasse en matière d'enfants, il te dépasse en tout. Moi (déterminée): Mais c'est justement pour ça je suis aussi engagée Djadjé. Djadjé (calme): Je ne dis pas non mais reconnais que ton engagement ne donne pas de résultats. J'ai besoin d'un enfant et même si possible un enfant mal à qui je transmettrais mon héritage. Moi (surprise): Du coup tu me parles comme ça. Est-ce que de ma faute Djadjé ? Si on n'arrive pas à avoir un enfant, c'est de ma faute ? Djadjé (nerveux): Et qui donc la faute ? A ce que je sache, c'est toi qui es censé le porter non ? Je ne vais pas attendre jusqu'à ce que je sois en manque de force. Trop de bavardage, Si toi tu n'arrives pas à le faire, eh bien quelqu'un d'autre le fera. Moi (très surprise): Pardon ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Djadjé (décidé): Parce que je ne suis pas assez claire ? Je veux te dire par là que je vais prendre une autre femme. Moi (le corps glacé): Quoi ? Djadjé ? Parce que Dieu ne m'a pas encore fait grâce tu veux faire venir une autre femme dans cette maison ? Djadjé (très décidé): Trois ans de mariage sans enfants, tu ne trouves pas que j'ai été patient durant toutes ces années ? Trop c'est trop. Moi (en m'asseyant): S'il te plaît chéri, tout comme toi, je veux bien de cet enfant. Tu ne peux pas comprendre ce que je traverse, même regarder dans les yeux des autres femmes et dire que je suis une femme mariée, je n'ai même plus ce courage. Je prie jours et nuits et je sais que Dieu va nous faire grâce. Il nous donnera un enfant parce que je t'aime plus que tout. Djadjé (furieux) : Assez femme, ça suffit maintenant. J'ai trop entendu ça et je suis fatigué d'attendre. Je prends une autre femme un point c'est tout et tu dois t'y faire parce que ma décision est prise. Coup de tonnerre, mes coudes sur la table, je lève les mains et les yeux vers le ciel qui vient de s'écrouler sur ma tête. Mon mari m'abandonne en larmes, il sort de la table sans finir le reste de son dîner. Il remonte les manches de son boubou sur les épaules et disparait dans la chambre. Comment trouver le sommeil ? Comme avoir la force d'encaisser à la fois mon manque d'enfant et une telle mauvaise nouvelle ? Cette nuit a été la plus difficile depuis que j'ai dit oui à mon mari. Dans la chambre, malgré mes supplications, mes deux genoux à terre et mains sur ses pieds, mon mari m'a tourné le dos. C'est avec les yeux rouges que j'ai quitté le lit très tôt le matin. J'ai repris désespérément mon ménage, un mari décidé qui est sorti de la maison sans prendre le petit déjeuner, c'est dans un silence de cimetière sans s'adresser la parole qu'on s'est quittés. Dans mon foyer, plus rien ne sera comme avant. Deux jours que je déprime, je ne sais plus à quel saint me vouer. Vivre une telle situation et toujours avoir foi en Dieu, il faut vraiment avoir du caractère surtout en tant que femme. J'ai commencé à me poser des questions. J'ai toujours été dans la prière, mes genoux sont toujours fléchis devant le bon Dieu. Pourquoi moi ? Pourquoi reste-t-il sourd et ferme les yeux sur mes larmes ? Les réponses se trouvent certainement ailleurs et j'irai moi-même les chercher. Pourquoi rester à attendre ? Un mari comme le mien a horreur qu'on lui tienne tête. Il est guidé par son instinct d'homme d'affaires comme il le prétend, il n'aime pas perdre la bataille à plus forte raison face une femme. Ce que j'ai redouté et pensé tout bas est fini par arriver. Et si c'est ma mère qui avait raison en me disant qu'un ventre vide d'une femme est une malédiction. Aujourd'hui c'est je vais prendre une autre épouse, qu'est-ce qu'il me dira demain ? J'ai toujours vécu avec mes problèmes d'enfant, Dieu seul sait combien je supporte ces coups de la vie. Je n'ai plus aucune force d'affronter un autre problème, je ne suis pas prête à rivaliser avec une autre femme. Monsieur peut prendre sa femme, elle sera sa seule femme. Moi je m'en vais.
Le troisième jour après m'avoir annoncé son intention de prendre une autre femme, ma visite chez Betty a été immédiate. J'ai besoin de me confier et c'est avec un visage triste, au bord des larmes que je suis arrivée chez elle. Betty (inquiète): ho ! ho ! Ça ne va pas hein. Moi (désespérée) : Bonjour ma chérie Betty (perdue) : Qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est que tu as ? Sans répondre, je prends place sur le fauteuil suivi d'un grand soupir. Elle se tienne debout devant moi, les bras croisés sur la poitrine. Je lève les yeux, nos regards se croisent, je n'ai pas pu me retenir.
Mes larmes ont commencé à sortir. Betty (en se précipitant sur moi) : Non, non, non Ryma, pas ça. S'il te plaît, pas ça. Assise à côté, elle me prend dans ses bras, enroule ma tête dans ses bras, mon visage dans sa poitrine, je pleure seulement. Comment me retenir ? J'ai toujours été forte face à la situation mais là, je n'en pouvais plus. Betty m'a laissé pleurer un bon coup avant de faire sortir mon visage inondé de sa poitrine. Avec le bout de son pagne, elle essuie mes larmes et me demande d'arrêter de pleurer. Elle m'a après apporté un verre d'eau, je n'ai pas soif mais ça me fera du bien. Après quelques gorgé, elle prend le verre à moitié vide de ma main et le pose sur la table devant nous. Je suffoque, toutes mes larmes n'ont pas pu sortir, je ressens toujours la douleur dans ma poitrine. Betty (caressant mon dos) : Ça va un peu ? Je ne peux pas répondre à vive voix, je hoche la tête et essuyant les quelques dernières larmes. Toute étonnée à la fois surprise, Betty me regarde sans rien comprendre. Je vais devoir répondre. Betty (insistante): Tu peux me dire ce qui se passe ? Moi (voie cassante): Je vais partir Betty (perdue) : Partir ? Tu vas partir où ? C'est quoi qui t'arrive ? Moi (un peu calme) : Partir de chez moi. Betty (étonnée) : Quoi ? Tu es folle ou quoi ? Moi : Djadjé a l'intention de prendre une autre femme pour lui faire ses enfants. Betty (rassurante) : Tu te calmes ma chérie. C'est lui-même qui t'a dit ou bien c'est cette intuition de sixième sens. Moi (calme) : Il me l'a dit le jour qu'on est allé voir la vieille. Je voulais lui montrer ce qu'elle m'a donné et c'est là qu'il m'a dit clairement et sans gêne qu'il va prendre une seconde femme. Betty : Il est séreux là ? Moi : Très sérieux et c'est pour ça que je vais lui faciliter la tâche. Je vais partir de sa maison avant que sa nouvelle femme me tombe dessus. Betty (en rigolant) : Tu me fais rire quoi. Partir ? A quoi d'une décision stupide sans fondement tu vas laisser ton foyer ? Arrête d'être conne à ce point. Personne ne bougera. Moi (décidée) : On dirait que tu ne comprends pas ce que je viens de te dire. Betty (en se levant) : Oh que si ma chérie, je t'ai bien compris et j'ai aussi dit que personne ne bouge. Qu'est-ce qui prouve que ton homme a déjà cette femme dans sa vie ? C'est vrai que c'est un homme, excuse-moi de le dire mais il a seulement peut-être une dehors avec qui il couche on ne sait jamais mais ça s'arrête là. Tu as connaissance d'une de ses liaisons ? Ou même cette femme qu'il a l'intention de prendre. Moi : Non aucune idée, est-ce que j'avais même imagé qu'il prendrait une telle décision ? J'ai toujours cru qu'il me soutenait mais là je ne sais plus ce qui arrive. Betty : Alors dit-toi qu'il n'a personne de sérieuse dans sa vie. Peut-être qu'il a dit ça pour voir ta réaction. Moi : Voir ma réaction ou pas, je ne vais pas attendre aussi. Je vais me chercher ailleurs. Betty : C'est ce qu'on va voir. Toi ton ailleurs là, c'est chez toi et nulle part ailleurs. Moi : Betty... Betty : Laisse-le faire son boucan, il reviendra à de meilleurs sentiments. Prendre une seconde femme, mes fesses oui. C'est avec le cœur lourd mais plus ou moins détendu que je suis partie de chez ma copine. J'avais pris la décision de partir mais est-ce que la solution ? Betty a peut-être raison, et s'il se trouve que mon mari n'a même pas cette femme qu'il compte prendre comme seconde épouse ? Les jours passent, je garde les yeux ouverts tout en restant à ma place de femme désespérée. Avec mon mari dans ses sorties et entrées, on ne se calcule plus beaucoup. On ne se parle plus beaucoup depuis qu'il m'a annoncé cette nouvelle que je qualifierais de mauvaise. Durant ces trois années, je ne peux pas dire que tout a été parfait mais c'est le pire moment de ma vie que je traverse. Je n'arrive même plus à reconnaitre ni à ressentir du plaisir avec mon mari. On couche ensemble sans même s'adresser la parole. Je n'ai même plus eu le courage d'utiliser les potions que la vieille femme m'a donné, à quoi bon de me remplir le ventre avec des plantes si c'est pour recevoir une coépouse dans les jours à venir ? Que faire si ce n'est qu'attendre l'aide de Dieu. Mon mari a sûrement remarqué combien je suis désespérée et combien je fonds comme de la glace au soleil. Un soir, après avoir me coucher, c'est dans le noir de la chambre que Djadjé a commencé à me sortir je ne sais quoi. Il est désolé pour ce qui nous arrive, il a aussi des remords mais je dois le comprendre. C'est à contre cœur qu'il prend une telle décision, il ne supporte pas de me voir souffrir à ce point. Entre temps j'ai cru qu'il allait me dire qu'il a renoncé à son projet de prendre une autre femme jusqu'à ce qu'il ajoute que c'est le seul moyen. J'ai tout de suite pris sa main posée sur moi et la balancer sur lui. Je ferme fort les yeux, mordre dans mes lèvres, cette nuit, je n'ai pas fermé l'œil comme toutes les autres nuits précédentes. Il l'a dit, donc il va le faire sans que je ne puisse faire quoi que ce soit. Depuis la dernière fois chez Betty, on se parle au téléphone et on se voit souvent. Je lui fais le compte rendu de ma situation morose et le silence qui règne dans mon foyer. Le lendemain que Djadjé m'a dit ne pas renoncer à son projet, je me suis rendue chez elle. Je voulais partir depuis mais c'est elle qui m'a convaincu de rester. Betty : Il est vraiment décidé hein ton mari. Moi (mains sous le menton) : Hun Betty (en enlevant ma main sous le menton) Aller ma chérie, ne te laisse pas abattre, garde la foi, ça va s'arranger Moi : Ça va s'arranger comment ? Peut-être pour lui mais c'est moi qui encaisserai la souffrance le restant de ma vie. Si seulement j'avais même une petite idée sur la femme qu'il a l'intention de prendre comme épouse. Betty : Comment tu peux le savoir ? Une chose est sûre, s'il y a vraiment une fille dans sa vie, cette briseuse de foyer ne doit pas être loin. Moi (perdue) : Je ne te comprends pas, pas loin, c'est-à-dire! Betty (rassurante) : Tu sais, l'infidélité de l'homme ne va souvent pas d'un pays à un autre. Il ne s'étant même pas sur toute la ville, la plupart du temps, la personne se trouve juste à côté de toi. La fille du voisin, une connaissance de chez toi, une cousine ou même une amie. Si cette fille existe vraiment, c'est une qui connait bien votre histoire et qui te connais très bien. Essaie un peu de faire un peu le lien. Moi (découragée) : Je ne vois pas avec qui mon ma... Attend, attend un peu. Betty (étonnée) : Quoi ? Moi (en me levant): Je crois que tu as raison à moins que je me trompe. Betty (en se levant aussi) : Ouais... Je t'écoute. Moi (en faisant des pas dans le salon): La semaine surpassée, monsieur est resté accrocher deux jours à son téléphone quand il est rentré de voyage. Généralement, il ne le fait pas, il a eu à me dire qu'il y a un vieux de son village qui est venu pour voir sa fille qui est mariée ici en ville et il a été le saluer chez elle. Betty (perdue) : Oui... Et ? Moi : Je connais bien cette femme, ils viennent du même village. Avec monsieur, on a été une fois chez elle pour des salutations. C'est après qu'elle nous a présenté une fille comme sa petite sœur. Je ne sais pas trop ce que cette petite fait mais elle a accompagné le vieux chez nous la semaine dernière. Betty : Elle est comment ? Moi : Dans la vingtaine, sûrement entre 17 et 20ans, pas plus. Beya, c'est son nom. Betty (en reprenant place): Et tu crois que c'est elle ? Moi (en m'avançant vers elle): Toi-même tu viens de le dire que ça peut être un proche. Au lieu que ce soit la grande sœur, si je ne me trompe pas, c'est sur le numéro de cette Beya que mon mari parlait avec son vieux qui est retourné chez eux au village. Betty (en le levant): Le salaud, je parie que c'est lui avec son argent qui a fait déplacer le vieux. S'il s'agit de cette fille, il à déjà bien préparé le terrain et il a une longueur d'avance sur nous. Moi (un peu perdue): Je ne crois pas que ce soit elle mais ça reste tout de même suspect non ? Betty (fesses contre le fauteuil): Tu penses à ce que je pense ? Moi : Quoi ? Betty : Si c'est cette fille, on va la coincer et passer à la vitesse supérieure. Moi (perdue): ehh... oui... Betty (devant moi le bras croisés) : Tu ne comprends pas, prendre une seconde femme c'est tout ce qui guide ton mari à ce moment et ni toi ni moi ne puisse faire quoi que ce soit pour l'empêcher. Ton mari est décidé dans son lancer, on va lui faciliter la tache en lui donnant un coup de main. Moi (souriant): Toi avec tes énigmes, tu peux parler plus clairement ? Betty (décidé): Prions que ce soit cette fille. Elle doit avoir entre 17et 20ans pas plus. On va tout faire pour qu'elle soit ta future coépouse. Moi (visage surpris): Quoi ? Non, non pas ça Betty, j'ai dit pas de coépouse, je n'ai pas le cœur à supporter ça. Betty (déterminée): Tu crois que tu as le choix ? Combien de femmes partagent leur mari avec une autre dans le foyer sans parler des nombreuses maîtresses qu'il a dehors ? Tu ne vas pas abandonner ton foyer aussi facilement et si dans un mois tu découvres que tu es enceinte ? Tu vas vouloir revenir mais comment ? Moi (deux mains sous le menton): Hun... Et si ce n'est pas elle ? Betty (en s'asseyant): Alors on va faire en sorte qu'elle le soit. Ton mari ne va tout de même pas prendre une femme plus âgée que toi. Si on arrive à la convaincre, une fois dans le foyer, tu pourras la manipuler à ta guise. Ça serait mieux qu'une étrangère qu'il va aller soulever pour venir mettre sur la tête. Moi (sans conviction): Tout ça là me laisse perplexe, je ne suis pas convaincue que ce soit une bonne idée de faire entrer une autre femme dans mon foyer. Mon mari peut ne même pas l'aimé, je crois qu'on fait fausse route. Betty (rassurante): Écoute-moi ma chérie, cette Beya est une petite fille jeune et fraîche, un homme comme ton mari ne peut s'intéresser qu'à la nouvelle génération surtout que c'est une fille qui vient de chez lui. Qu'es-ce que ça va te coûter d'essayer étant donné que quoi qu'on fasse, ton mari amènera une autre femme ? Moi (décidée): Et on procédera comment ? Betty : Laisse-moi réfléchir, si on est sur la bonne voie, elle doit sûrement avoir peur de toi. Depuis tout ce temps, elle évite de te rencontrer, moi, elle ne me connaît pas alors c'est moi qui irai vers elle. Je vais la coincer et gagner sa confiance et même la convaincre de se marier si l'occasion se présente avant qu'elle ne soit trop vieille. Avec toutes ses vieilles filles sans mari qu'elle voit dehors, elle n'aura même pas le choix. Moi : Betty. Betty (debout devant moi, mains sur la hanche): On se met au travail, allons conquérir ta coépouse. Ryma, réfléchi à deux fois. Est-ce qu'une bonne idée?
J'entends souvent dire qu'il faut se méfier de ses ennemies et encore plus de ses amis. Qui comme moi en tant que femme n'aurait pas de réserve sur la personne de Betty ? C'est une amie, j'ai toujours placé ma confiance en elle mais là ou vont les choses, tout reste possible. On a tous des amis comme ça à qui on fait totalement confiance mais arriver à un certain stade de la vie, on commence à se méfier de tout le monde y compris ces amis qui ont toujours été là pour nous. Le mal ne vient pas de loin.
Depuis que j'ai eu cette conversation avec Betty, pas mal de paramètres sont restés ouverts dans ma tête. Mettre un tel plan en place est très risqué et si Betty me trahit et se place en première position ? Que ferais-je ? Je l'aurais bien cherché non ? Ce jour-là, j'ai refusé de faire ce qu'elle demande. On s'est quitté un peu dans la colère, Betty est toujours comme ça. Je ne vais pas aider une autre femme à rejoindre mon foyer. Si Djadjé veut prendre sa femme, que ce soit Beya ou une autre, c'est sans mon aide. Les jours suivants, je suis restée catégorique sur ma position. Plus les jours passent et plus je déprime surtout que je suis un peu en froid avec Betty. Bien qu'on se parle, elle me demande comme ça se passe sans plus parlé de notre plan. Je ne veux pas, elle aussi a laissé tomber. C'est toujours avec le ventre vide que je me promène, la grossesse ne tombe pas. Betty a été très confiante, et comme elle-même l'a su bien dire, je n'ai plus rien à perdre. Quoi qu'il arrive, mon mari va prendre une seconde femme. On fait tous souvent un mauvais choix mais là je pense que c'est Betty qui a raison. Elle voit arriver l'inévitable et elle veut me voir dans mon foyer avec une porte de sortie. Avec cette fille ça sera peut-être mieux, une autre femme ça sera pire. J'ai eu tort de ne pas plutôt pouvoir lire entre les lignes. Aujourd'hui c'est tordu comme plan mais c'est peut-être le meilleur qui me permettra de vivre tranquille et me sauvera demain. Faire aveuglement confiance à notre plan de jeu reste ma seule option. Pour me faire pardonner, je me suis rendue jusqu'à chez ma copine. On a discuté, elle m'accompagnera où je veux, l'essentiel est que j'ai cet enfant Mais pour ce qui est de mon foyer, elle ne sait plus quoi faire pour m'aider et je trouve qu'elle a raison. J'accepte ce qu'elle a proposé, je veux qu'on fasse comme elle a dit. Elle me demande si ce n'est pas en désespoir de cause que j'accepte ça. Oui un désespoir total et une impuissance sans nom. Mon mari va prendre une autre femme étant dit, qu'elle soit une que je maîtriserai. C'est dit, c'est décidé et j'ai accepté. Elle a décidé de prendre les choses en main après m'avoir traité d'idiote et sans cervelle. Oui j'accepte tout ça si c'est pour un jour vivre ne reste qu'un tout petit peu la douceur du foyer. Après cette visite chez ma copine, une semaine est passée et je n'ai aucune réponse. C'est à la fin de la deuxième semaine que j'ai reçue son appel. Betty : « Comment ça va ma chérie » Moi : Je suis accrochée, je vais le ça va. Betty : « J'ai des informations et tiens-toi prête aux questions réponses. » Moi : Tu recommences hein !! Tu ne peux pas parler plus clairement ? Betty : « Je suis entrée en contact avec ta coépouse seulement deux jours après notre conversation et.. » Moi : Tu vas arrêter de l'appeler ma coépouse ? Je n'ai pas de coépouse je te rappelle. Betty : « Woohh !! Pardon. Je l'appelle ainsi parce qu'on ne s'est pas trompé. On a eu raison sur toute la ligne. Si mes informations sont bonnes, c'est bien avec cette fille que tu vas partager ton mari » Moi : Mon Dieu Betty : « Eh oui et figure-toi qu'elle travaille dans la couture. La première fois, je l'ai suivi jusqu'à devant leur atelier et la seconde fois je suis allée. J'ai joué la surprise et très contente de savoir qu'elle fait un travail de pro. Je l'ai promis de lui amener mes habits et c'est ce que j'ai fait trois jours plus tard. » Moi : Et pourquoi tu ne m'avais rien dit ? Betty : « Toi avec ta folie-là ? Je ne voulais pas que tu t'affoles et met mon plan à l'eau. On a sympathisé, je l'ai complimenté comme quoi je la trouve travailleuse, belle et très jeune et ce qu'elle attend pour se marier » Moi : Oui Betty : « Hier quand je suis repassée dans leur atelier pour récupérer mes habits, je l'ai taquiné comme quoi je l'apprécie et je vais la donner à mon frère. Je suis restée un peu et c'est là qu'elle a été un peu ouverte surtout quand je lui ai demandé si elle a un petit copain dans la ville sinon c'est mon frère.» Moi : Oui Betty : « Elle est restée un peu réservée mais les petites filles de nos jours qui ne savent pas garder leur langue et fière d'avoir l'homme aux grands moyens. J'ai enfoncé le couteau dans la plaie lorsqu'elle m'a dit qu'elle a un homme dans sa vie mais marié. Homme marié ou pas, à son âge, elle doit saisir l'occasion. La plupart des hommes viennent vers les femmes pour le sexe, si elle a un qui lui propose le mariage, faut même pas qu'elle hésite. Conseil de grande sœur qui lutte pour avoir aussi un mari. Moi : Toi, tu es pire que le FBI Betty : Je l'ai totalement déstabilisée, elle était gênée de me dire plus mais lorsqu'elle a évoqué ce qui lui fait peur, j'ai tout de suite compris qu'il s'agit de toi et de ton mari. Mais je ne vois rien de mauvais en ça, surtout que la première femme de cet homme doit être désespérée par sa situation mais bon je n'en sais pas trop. De toute façon, même si son mari prend une autre femme ça ne devrait pas la faire si mal que ça au contraire ça devrait la faire plaisir » Moi : Tu es bête Betty, en quoi ça me doit me faire plaisir ? Betty : « Moi j'ai dit ça pour clore mon enquête hein. Et maintenant qu'on a la confirmation, c'est pourquoi je te dis d'être prête aux questions réponses parce qu'elle va parler et ton mari va sûrement aborder le sujet avec toi. » Moi : Hun Betty : « Maintenant que nous connaissons la vérité, tu sais désormais à quoi t'attendre. Tu peux même dégager un temps et faire un tour chez sa grande sœur, question de l'intimider un peu mais de grâce, ne fait pas de vague. Je sais que ce n'est pas facile mais quel choix s'offre à nous ? » Merci Betty, si c'est cette fille qui sera ma rivale, c'est Dieu qui a n'en voulu ainsi. Je ne fais pas de vague et je n'en ferai jamais. En ce qui concerne ma décision de partir, je ne bougerai plus, je reste dans mon foyer, je ne vais pas sortir m'exposer aux yeux du monde. Betty avait vu juste à propos de mon mari. Même pas une semaine après notre conversation, il m'a fait assoir. On ne se parle pas beaucoup, il a commencé la tête basse avant de la remonter et m'avouer qu'il compte prendre une fille de chez lui. C'est une preuve pour me montrer qu'il tient toujours à moi, il ne le fait pas par plaisir seulement dans le seul but d'avoir un descendant. C'est une petite fille qui me respecte beaucoup et que je connais déjà. Elle s'appelle Beya, elle est originaire de chez eux, elle est déjà venue ici chez nous. Si je sais comment la tenir et la conseiller, elle me sera dévouée et elle sera comme ma propre fille. Je n'ai fait que répondre par « oui » jusqu'à la fin de sa conversation. Si c'est sa décision, qu'il en soit ainsi, je n'ai rien à dire. Il essaie de se justifier en me disant qu'il me parle de tout ça par respect parce que beaucoup d'hommes prennent une seconde femme sans que la première ne soit même au courant. Que j'ai quelque chose à foutre avec son respect ? Avec Betty, on a fait que s'encourager sur cette voie. Même si je suis restée impuissante face à cette situation, je crois qu'avec cette fille, je souffrirai moins. Je ne vais pas montrer mon indifférence à Djadjé, il peut prendre ça femme, ça n'engage que lui. Cinq mois sont passés, qu'est-ce qui reste à faire ? Les démarches, la dot, les fiançailles, je suis tenue à l'écart de tout ça, même si c'est Betty et moi qui avions participé à la facilitation de cette union. Personne ne sait ce qu'on a fait pour. Beya, a appris après que Betty et moi sommes copines mais s'était trop tard. Betty, pour écarter tous soupçons, elle est allée jouer ma bonne copine. Comment Beya a pu lui faire ça ? Elle ne savait pas que s'était avec mon mari qu'elle sortait. Quelque chose qui a été planifié, les deux fausses copines se sont conciliées en m'impliquant même dans leur conversation. Même si elle n'est pas contente de ce que Beya a fait, elle la félicite tout de même d'avoir écouté ses conseils et qu'une fois dans le foyer, qu'elle me respecte en tant qu'aînée. Beya la future épouse de Djadjé. La nouvelle s'est rependue dans la famille, dans le quartier et jusqu'à son village. C'est avec un grand sourire aux lèvres mais avec un cœur réduit en bouillie que j'ai assisté au mariage de mon mari Djadjé et sa nouvelle épouse Beya ma coépouse. Mon mari a fait entrer sa nouvelle femme, c'est ce qu'il voulait et c'est ce qu'il a fait. Désormais, je ne suis plus seule, je me retrouve avec une coépouse et pas n'importe laquelle. Une coépouse d'environ 20ans qu'on a amené pour faire les enfants à ma place. Cette douleur, je ne la souhaite à aucune femme. Que faire de cette petite fille, pauvre innocente qui ne comprend pas qu'on l'a fait venir dans cette maison comme une machine de reproduction.