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Retour de Flamme: L'Amour Vengé

Retour de Flamme: L'Amour Vengé

Auteur:: Lucien Nightingale
Genre: Moderne
Les applaudissements résonnaient, l'odeur des parfums de luxe et la sueur froide se mêlaient sur la scène brillante. Chloé, ma sœur adoptive, tenait le trophée qui aurait dû être le mien, son sourire triomphant. Antoine, mon fiancé, lui tenait la main, évitant mon regard, tandis que Monsieur Leclerc, mon mentor, souriait avec une satisfaction paternelle. Sa voix, amplifiée, résonna: «Ma chère sœur, tu n'aurais pas dû voler la gloire des autres.» Les murmures du public s'intensifièrent: voleuse, plagiaire. Madame Dupont, notre mère adoptive, me regarda avec dégoût, scellant mon destin d'un simple hochement de tête. Ruine, réputation anéantie, reniée par la seule famille que j'avais connue. Tout ce pour quoi j'avais sacrifié ma santé, mon sommeil et m'étais endettée auprès de gens dangereux, venait de m'être arraché. La douleur était insoutenable, le monde bascula. Puis, la lumière douce du lilas pénétra mes paupières. Je me suis réveillée dans ma chambre d'enfance, mes mains lisses et reposées. Mon visage dans le miroir était jeune, sans les marques de l'anxiété. Madame Dupont apparut, annonçant la même phrase, le même défi qu'un an auparavant. Le choc laissa place à une prise de conscience glaçante: j'étais revenue, au jour où tout avait commencé. Chloé me regarda avec une fausse chaleur: «Amélie, tu as l'air pâle. Tu as mal dormi ?» Une haine pure et froide monta en moi. Le moment est venu.

Introduction

Les applaudissements résonnaient, l'odeur des parfums de luxe et la sueur froide se mêlaient sur la scène brillante.

Chloé, ma sœur adoptive, tenait le trophée qui aurait dû être le mien, son sourire triomphant.

Antoine, mon fiancé, lui tenait la main, évitant mon regard, tandis que Monsieur Leclerc, mon mentor, souriait avec une satisfaction paternelle.

Sa voix, amplifiée, résonna: «Ma chère sœur, tu n'aurais pas dû voler la gloire des autres.»

Les murmures du public s'intensifièrent: voleuse, plagiaire.

Madame Dupont, notre mère adoptive, me regarda avec dégoût, scellant mon destin d'un simple hochement de tête.

Ruine, réputation anéantie, reniée par la seule famille que j'avais connue.

Tout ce pour quoi j'avais sacrifié ma santé, mon sommeil et m'étais endettée auprès de gens dangereux, venait de m'être arraché.

La douleur était insoutenable, le monde bascula.

Puis, la lumière douce du lilas pénétra mes paupières.

Je me suis réveillée dans ma chambre d'enfance, mes mains lisses et reposées.

Mon visage dans le miroir était jeune, sans les marques de l'anxiété.

Madame Dupont apparut, annonçant la même phrase, le même défi qu'un an auparavant.

Le choc laissa place à une prise de conscience glaçante: j'étais revenue, au jour où tout avait commencé.

Chloé me regarda avec une fausse chaleur: «Amélie, tu as l'air pâle. Tu as mal dormi ?»

Une haine pure et froide monta en moi.

Le moment est venu.

Chapitre 1

Les applaudissements résonnaient comme un tonnerre lointain, un bruit sourd et indistinct qui traversait la brume de ma conscience. L'odeur entêtante des parfums de luxe et de la laque se mêlait à celle, plus âcre, de ma propre sueur froide. J'étais à genoux sur la scène brillante du podium, les lumières crues des projecteurs m'aveuglant, transformant les visages du public en masques grotesques et flous.

Devant moi, Chloé, ma sœur adoptive, se tenait droite et fière dans une robe qui aurait dû être la mienne, le couronnement de mon travail. Elle tenait le trophée du Prix des Jeunes Créateurs, son métal doré scintillant sous les flashs des photographes. À ses côtés, Antoine, mon fiancé, lui tenait la main, son regard fuyant évitant le mien. Et un peu plus loin, Monsieur Leclerc, mon mentor, l'homme qui m'avait tout appris, souriait avec une satisfaction paternelle à Chloé, comme si elle était sa véritable protégée.

« Ma chère sœur, tu n'aurais pas dû voler la gloire des autres. »

La voix de Chloé, amplifiée par les micros, était douce, presque pleine de pitié, mais chaque mot était un coup de poignard. Le public murmurait, les chuchotements se transformant en vagues d'accusations. Voleuse. Plagiaire.

J'ai vu notre mère adoptive, Madame Dupont, la grande dame de la mode parisienne, me regarder depuis le premier rang. Son visage, habituellement impénétrable, était déformé par la déception et le dégoût. Elle a secoué la tête, un simple mouvement qui a scellé mon destin. J'étais ruinée, ma réputation anéantie, reniée par la seule famille que j'avais jamais connue. Tout ce pour quoi j'avais sacrifié ma santé, mon sommeil, tout ce pour quoi je m'étais endettée auprès de gens dangereux, venait de m'être arraché.

La douleur dans ma poitrine était si intense que j'ai cru que mon cœur allait éclater. Le monde a basculé, les lumières se sont éteintes, et je suis tombée dans un abîme de silence et de noirceur.

Puis, une lumière douce a filtré à travers mes paupières. L'odeur n'était plus celle de la scène, mais celle du lilas du jardin de la villa. J'ai ouvert les yeux, clignant plusieurs fois pour m'adapter. J'étais dans ma chambre, celle de mon enfance. Le soleil du matin filtrait à travers les rideaux de soie, dessinant des motifs dorés sur le tapis persan.

J'ai regardé mes mains. Elles n'étaient pas tremblantes et marquées par des nuits de travail acharné. Elles étaient lisses, reposées. Je portais une simple robe de jour en coton, pas la tenue de créatrice que j'avais mise pour le défilé.

Mon cœur s'est mis à battre à tout rompre. J'ai sauté du lit et me suis précipitée vers le miroir. Le visage qui me fixait était le mien, mais plus jeune, sans les cernes sombres et le pli d'anxiété qui s'était installé au coin de mes lèvres.

Un bruit de pas s'est approché dans le couloir. La porte s'est ouverte sur Madame Dupont, impeccable dans son tailleur Chanel.

« Amélie, Chloé, descendez. J'ai une annonce importante à vous faire. »

Sa voix était neutre, autoritaire. C'était la même phrase. La phrase exacte qu'elle avait prononcée il y a un an. Le jour où tout avait commencé.

Le choc a laissé place à une prise de conscience glaciale. J'étais revenue. Revenue au jour où le défi avait été lancé.

J'ai suivi Madame Dupont jusqu'au grand salon, mes jambes flottant comme si elles ne m'appartenaient pas. Chloé était déjà là, assise sur le canapé en velours, un sourire confiant sur les lèvres. Elle portait une robe rose pâle qui accentuait son air innocent. En me voyant, elle m'a adressé un regard plein d'une fausse chaleur fraternelle.

« Amélie, tu as l'air pâle. Tu as mal dormi ? »

Je n'ai pas répondu. Je la regardais, et pour la première fois, je voyais clairement la jalousie et la manipulation qui se cachaient derrière ses yeux de biche. Je me suis souvenue de son triomphe, de son mensonge public. Une haine pure et froide a commencé à monter en moi, étouffant le choc et la confusion.

Madame Dupont s'est raclé la gorge, attirant notre attention. Elle nous a regardées tour à tour, son expression sévère.

« Vous savez toutes les deux que je n'ai pas d'héritier de mon sang. Ma maison de couture est toute ma vie, et je ne la léguerai qu'à la plus méritante d'entre vous. »

Elle a marqué une pause, laissant le poids de ses mots s'installer dans le silence de la pièce.

« Le concours du Prix des Jeunes Créateurs aura lieu dans un an. Celle de vous deux qui le remportera deviendra l'unique héritière de la Maison Dupont. L'autre devra quitter la maison et renoncer à jamais au nom de Dubois. »

C'était le même défi, la même promesse, la même menace. La dernière fois, j'avais tremblé d'excitation et de peur. J'avais vu cela comme une chance de prouver ma valeur, de gagner enfin l'approbation de ma mère adoptive.

Cette fois, je n'ai ressenti qu'un froid glacial.

Chloé a joint les mains, ses yeux brillant d'une ambition à peine voilée.

« Mère, c'est un défi merveilleux ! Je ferai tout mon possible pour vous rendre fière. N'est-ce pas, Amélie ? »

Elle s'est tournée vers moi, attendant ma réponse. Je l'ai regardée droit dans les yeux. J'ai vu son assurance, sa certitude que je serais de nouveau la créatrice naïve et passionnée, prête à se sacrifier pour son art, un art qu'elle pourrait ensuite voler.

Lentement, j'ai esquissé un sourire, mais il ne montait pas jusqu'à mes yeux. À l'intérieur, une rage destructrice bouillonnait.

« Bien sûr, ma chère sœur. Que la meilleure gagne. »

Madame Dupont a semblé satisfaite de nos réponses. Elle a continué à expliquer les détails du concours, les attentes, l'immense prestige associé au prix. Elle a parlé de l'héritage, de la fortune, de la gloire qui attendait la gagnante.

Chloé buvait ses paroles, son visage rayonnant. Elle se voyait déjà au sommet.

Moi, je n'entendais plus rien. Le son de sa voix s'estompait, remplacé par le souvenir de son rire triomphant sur scène. Le souvenir du visage d'Antoine, déformé par la culpabilité et la lâcheté. Le souvenir du mépris dans les yeux de Madame Dupont.

Ils pensaient tous que le jeu recommençait. Ils pensaient que j'allais jouer selon les mêmes règles. Ils se trompaient.

La dernière fois, j'ai tout sacrifié pour créer une collection révolutionnaire, et ils me l'ont volée. Cette fois, je ne sacrifierai rien. Je ne créerai rien.

Cette fois, Chloé, ma chère sœur, comment vas-tu gagner le prix sans moi pour te le servir sur un plateau d'argent ?

Une pensée sombre et terrifiante a pris racine dans mon esprit. Si je ne pouvais pas gagner, alors je m'assurerais que tout le monde perde. Si je devais brûler, j'emporterais tout leur monde avec moi.

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Chapitre 2

Notre histoire avec Chloé n'était pas commune. Nous n'étions pas nées de la même mère, mais nous avions été trouvées le même jour, deux nouveau-nés abandonnés sur les marches de l'orphelinat Saint-Vincent de Paul. Madame Dupont, alors au sommet de sa gloire mais incapable d'avoir des enfants, avait vu dans notre arrivée simultanée un signe du destin. Elle nous a adoptées ensemble, nous présentant au monde comme ses "jumelles de cœur".

Dès le début, cependant, une différence a été faite. Chloé était la plus jolie, la plus souriante. Elle apprenait vite à charmer, à obtenir ce qu'elle voulait par des sourires et des larmes calculées. Moi, j'étais la plus silencieuse, la plus observatrice, celle qui préférait la compagnie des crayons et des tissus à celle des gens.

Madame Dupont, une femme qui vénérait la beauté et l'apparence, a été rapidement conquise par Chloé.

« Regarde comme Chloé est gracieuse dans cette robe », disait-elle lors des essayages.

Pendant ce temps, elle me regardait à peine, moi qui avais passé la nuit à dessiner la robe en question.

« Amélie, tiens-toi droite. Une créatrice doit avoir de l'allure. »

Chloé recevait les compliments, les cadeaux, l'attention. Moi, je recevais les critiques et les attentes. On me disait que mon talent était un don, mais un don qui devait servir la famille, c'est-à-dire l'image que Madame Dupont voulait projeter. Et cette image, c'était Chloé.

Quand le défi a été lancé la première fois, j'y ai cru de toute mon âme. C'était ma chance. Ma chance de prouver que mon talent valait plus que le joli visage de Chloé. Je voulais que Madame Dupont me voie enfin, moi, Amélie.

Je me suis lancée dans le travail comme une forcenée. J'ai transformé ma chambre en atelier, dormant à peine trois heures par nuit. Les murs étaient couverts de croquis, de morceaux de tissus, de palettes de couleurs. J'ai vendu les quelques bijoux que ma grand-mère biologique m'avait laissés pour acheter les matériaux les plus rares.

Quand l'argent a manqué, j'ai fait la pire erreur de ma vie. J'ai emprunté à des usuriers, des hommes aux visages durs et aux sourires froids qui traînaient dans les quartiers sombres de Paris. Je me suis endettée jusqu'au cou, me promettant que tout serait remboursé après ma victoire.

Antoine, mon fiancé, était censé me soutenir. Au début, il le faisait. Il m'apportait du café, me massait les épaules, me disait que j'étais un génie. Mais peu à peu, il s'est lassé de mes nuits blanches et de mon obsession. Il a commencé à passer plus de temps avec Chloé, qui était toujours disponible, toujours souriante, toujours prête à l'écouter se plaindre de ma négligence.

Monsieur Leclerc, mon mentor, semblait être mon seul allié. Il passait des heures avec moi dans l'atelier, affinant mes idées, me poussant à aller plus loin.

« C'est révolutionnaire, Amélie. Personne n'a jamais vu ça. Tu vas changer la mode. »

Ses paroles étaient le carburant qui me faisait tenir. Je lui faisais une confiance aveugle. Je lui ai montré tous mes cahiers, toutes mes techniques, tous mes secrets de fabrication.

Le jour du défilé final est arrivé. Ma collection, "Renaissance", était prête. C'était l'œuvre de ma vie. Chaque pièce racontait une histoire de transformation, de la chenille au papillon. Les mannequins défilaient, et un silence respectueux s'est emparé de la salle, bientôt suivi par des murmures d'admiration. Je sentais la victoire à portée de main.

Puis, le moment de l'annonce du créateur est venu. Le présentateur a ouvert l'enveloppe.

« La collection "Renaissance" a époustouflé le jury. Une vision audacieuse, une technique impeccable... »

Je me suis levée, le cœur battant la chamade.

« ... présentée par le duo visionnaire, Chloé Dubois et Monsieur Leclerc ! »

Le temps s'est arrêté. J'ai regardé, incrédule, Chloé et Monsieur Leclerc monter sur scène main dans la main, saluant la foule en délire. Antoine les a rejoints, embrassant Chloé sur la bouche sous les flashs crépitants.

C'est là que Chloé a pris le micro et prononcé sa phrase assassine : « Ma chère sœur, tu n'aurais pas dû voler la gloire des autres. »

L'accusation était si absurde, si monstrueuse, que je n'ai pas pu réagir. Monsieur Leclerc a ajouté, d'une voix grave : « Amélie est une jeune fille talentueuse, mais elle s'est égarée. Elle a tenté de s'approprier des idées qui n'étaient pas les siennes. Nous avons dû l'écarter du projet final pour préserver son intégrité. »

Le mensonge était parfait. Lui, le mentor respecté, et elle, la sœur innocente. Qui allait croire la jeune créatrice inconnue et épuisée ?

J'ai crié, j'ai hurlé que c'était ma collection, que tout était de moi. Mais ma voix était couverte par les applaudissements.

Le pire était encore à venir. Madame Dupont est montée sur scène. Elle ne m'a pas regardée. Elle a pris le micro et a déclaré d'une voix de glace :

« La Maison Dupont ne tolère pas le mensonge et la malhonnêteté. Amélie, tu m'as profondément déçue. À compter de ce jour, tu n'es plus ma fille. Tu n'es plus une Dubois. »

Elle a fait un signe aux gardes de la sécurité. Ils m'ont attrapée par les bras et ont commencé à me traîner hors de la salle. Alors que je me débattais, j'ai vu Chloé se pencher vers Madame Dupont et lui murmurer quelque chose à l'oreille.

Madame Dupont a hoché la tête et a ajouté, sa voix portant dans tout le théâtre : « Et pour qu'elle comprenne la leçon... détruisez toute sa collection. Qu'il n'en reste rien. »

J'ai hurlé de désespoir en voyant les assistants commencer à lacérer mes créations sur les mannequins, déchirant la soie, brisant les broderies. C'était mon âme qu'ils mettaient en pièces.

Chloé s'est approchée du bord de la scène, son visage un masque de fausse tristesse.

« Mère, ne soyez pas si dure. Laissez-lui au moins ses carnets de croquis. C'est tout ce qui lui reste. »

C'était le coup de grâce. Elle savait que mes carnets contenaient toutes les preuves de mon travail. Un garde me les a arrachés des mains et les a tendus à Chloé, qui les a acceptés avec un sourire reconnaissant.

« Je suis innocente ! » ai-je crié une dernière fois, alors qu'on me jetait sur le trottoir froid et humide. « Ils mentent tous ! »

Mais personne n'écoutait. La porte s'est refermée, me laissant seule avec ma ruine, mon désespoir et le son des rires et des applaudissements qui filtrait à travers le mur.

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