Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Romance > Rendez-vous dans une autre vie...
Rendez-vous dans une autre vie...

Rendez-vous dans une autre vie...

Auteur:: Yô Tatsubaki
Genre: Romance
Que se passerait-il si un jour, vous vous réveilliez avec les souvenirs d'une précédente vie? Et bien, c'et ce qui est arrivé à Eren Jäger, un jeune model en vogue. Une vie antérieur où il était accompagné d'un homme aux cheveux d'ébène refit un jour surface. Mais a quel prix ?

Chapitre 1 Prologue

-James ! James, tu m'entends ?! Pourquoi as-tu fait ça ?!

-Parce que je ne pouvais pas te perdre ! Tu m'as dit de faire un choix. Je l'ai fait ! Alors...

***

Les rayons de soleil filtrant au travers de mes longs rideaux gris me tirèrent doucement du sommeil. Dernièrement, Je n'avais cessé de faire un rêve étrange. J'étais à terre, gisant mon sang et j'avais mal. Horriblement mal. Un homme légèrement plus âgé que moi se tenait au-dessus de mon corps et hurlait, des larmes plein le visage. Pourtant, j'avais beau faire et refaire ce même rêve, je n'arrivais jamais à entendre la fin de la phrase. "Alors..." quoi ? Et qui était cet homme ?

Las de mes questionnements habituels, je sortis péniblement des draps chauds et allai prendre une douche. Aujourd'hui était mon premier jour de repos depuis des lustres. Je décidai donc de me rendre dans un petit café du coin qui venait d'ouvrir et qui avait déjà très bonne réputation. Je m'habillai en vitesse et enfilai ma veste ainsi que mes lunettes de soleil.

En sortant de mon appartement, je fourrai ma capuche devant mon visage pour cacher celui-ci. Cela évitait les fans collants et les paparazzis casse-pieds. Ils fouinaient tellement dans ma vie que j'avais dû déménager quatre fois ce semestre-ci. Ne me voyaient-ils pas suffisamment dans les rues, sur les pancartes, les bus et dans les magazines ? Ma tête était partout. Même dans les téléphones des filles, rêvant de tromper leur mec avec moi. Mais fallait-il encore qu'elles commencent par s'en trouver un. Ou que je ne préfère pas ceux-ci, justement. En passant devant une papeterie, juste à côté du café, je vis mon visage, en gros plan sur la couverture d'un magazine. "JAMES KRIEGER ! Le mec avec qui vous avez envie de passer la nuit !", disait-il, en grosse lettres flashy et tape-à-l'œil. Franchement, si j'avais su que je deviendrais le mannequin le plus en vogue, lorsque j'avais commencé le métier... j'aurais choisi un autre métier !

Poussant un petit soupir d'exaspération, j'entrai dans le petit établissement. Les vitres étaient tintées pour qu'on ne voie pas à l'intérieur et l'endroit offrait une ambiance cosy. Il était tôt et j'étais pratiquement seul dans la salle. Je décidai donc de m'asseoir dans un coin et d'enlever capuche et lunettes de soleil. Un serveur de petite taille vint prendre ma commande presque instantanément.

-Alors gamin, qu'est-ce que je te sers ? demanda-t-il.

Il était petit et avait de courts cheveux noirs. De fines mèches lui tombaient devant des yeux tout aussi noirs. Que ce soit dans leur couleur ou leur façon de me regarder... Il était terrifiant mais il me disait quelque chose.

-Pas très agréable..., murmurai-je.

-Pas très discret, répondit-il. Tch! J'ai pas toute la journée et pas qu'un seul client, alors grouille-toi de choisir ou je t'envoie Hansi !

-Un cappuccino, s'il vous plait, commandai-je.

Il s'apprêtait à prendre congé lorsque je lui demandai qui était Hansi. Il me répondit que moins j'en savais, mieux je me portais. Sauf que je ne me portais pas bien du tout ! Je voulais savoir, moi ! La porte s'ouvrit alors, coupant court à notre échange. Un homme en costume gris clair, un appareil photo accompagné d'un badge accrochés autour du cou entra. Un paparazzi. A force, j'avais appris à les reconnaître. Je mis ma capuche, avant de m'enfoncer dans la banquette de cuir rouge.

-Qu'est-ce que tu fous, gamin ? T'es un fugitif ou quoi ? demanda le serveur aux cheveux d'ébène.

-Pire que ça..., répondis-je. Alors tenez ce fouineur à la con loin de moi, s'il vous plait. S'il se rends compte que je suis là, je vais encore devoir déménager et ça va me saouler.

-Pire ? C'est-à-dire ?

J'empoignai sa cravate et le rapprochai de moi.

-Je suis James Krieger, soufflai-je dans son oreille, pour ne pas que l'autre nuisible m'entende.

-Connais pas, répondit-il froidement.

-Oui, c'et compréhensible, ironisai-je. C'est pas comme si ma tête était placardée PARTOUT dans TOUTES les villes d'Allemagne voir du monde...

-Donne-moi une bonne raison de t'aider.

-T'as pas l'air d'apprécier ma gueule. Donc t'appréciera sans doute de moins la voir dans la rue... Sauf que ça n'arrivera pas s'il me voie !

-Ok, je vais t'aider.

Il tourna les talons et se rendit derrière le comptoir. Il commença à faire mon cappuccino, tout en parlant avec une brunette à lunettes, à côté de lui. Comment comptait-il m'aider s'il ne faisait rien ? La femme tourna autour du bar et se dirigea vers l'homme au costume, toute joyeuse. Le serveur m'apporta ma commande et regarda dans la direction de sa collègue, en train de faire tourner l'appareil du client dans ses mains et de lui poser plein de questions à une allure complètement folle.

-Tu voulais savoir qui est Hansi ? ÇA, c'est Hansi... J'en serais presque désolé pour ce sale por-

Il se stoppa net, regardant le sol avec horreur. Il accouru vers le nouveau venu et le flanqua dehors, lui criant de ne jamais revenir. Ne comprenant pas très bien, je décidai de boire mon café, tout en posant mes lunettes à côté de moi.

Une fois le calme revenu et mon café terminé, je demandai l'addition. Ce fut la dénommée Hansi qui me l'apporta.

-Merci beaucoup, dis-je. Oh ! Pendant que j'y pense, vous pourriez appeler votre collègue, s'il vous plaît ? Le petit avec des cheveux noirs, des yeux froids et un cul d'enfer ?

-T'as dit quoi, gamin ?!, demanda-t-il, en arrivant derrière moi.

-Que vous aviez un cul d'enfer... Pardo-

-Non ! Avant !

-Des yeux froids ?

-AVANT !

-Son collègue ?

-T'AS DIT QUE J'ÉTAIS PETIT !

-Mais c'est vr-

-Dis ça encore une fois et je te fais laver le sol..., menaça-t-il.

-C'est pas une très grande menace, ça.

-Avec ta langue ! finit-il.

Hansi, qui avait regardé toute la scène en silence, était désormais morte de rire. Elle se tenait le ventre et avait les larmes aux yeux.

-Bref, maintenant que vous êtes là, je voulais vous donner un pourboire, pour le fier service que vous m'avez rendu plutôt, déclarai-je, en sortant un billet de cinquante euros.

-T'es qui pour avoir autant de liquide sur toi à huit heures du matin ? demanda-t-il, suspicieux.

-Je vous l'ai dit, répondis-je. Je suis James Krieger.

-Et je t'ai dit que je ne connaissais pas, répondit-il.

-Pour la faire courte, je suis le mannequin le plus populaire du moment, expliquai-je. Et l'homme qui était là, il y a quelques minutes, c'était un paparazzi. Je ne crois pas qu'il savait que j'étais là. Mais s'il le découvrait, je n'allais plus jamais pouvoir revenir. Bref, sur ce, bonne journée.

Ceci dit, je pris congé et retournai chez moi.

Chapitre 2 Anniversaire

Ce soir-là, tandis que je faisais à manger, quelqu'un sonna à la porte. Et quelle ne fut pas ma surprise, lorsque je tombai nez-à-nez avec le petit serveur aux cheveux noirs.

-Eh gamin, tu comptes rester planté là encore longtemps ? demanda-t-il.

-Oh ! Pardon, m'excusai-je. Entre et fais comme chez toi.

Il passa devant moi et s'arrêta au milieu de la pièce, choqué.

-Où sont-ils ? demanda-t-il. Les produits d'entretiens... où sont-ils ?!

-Habituellement, on s'excuse avant d'entrer dans la maison des autres... en Allemagne...

-C'est à toi de me présenter des excuses pour m'avoir fait entrer dans une porcherie pareille !

-J'ai nettoyé hier ! Il fait propre !

-Et c'est quoi toutes cette poussière, alors ? Apporte-moi de quoi faire et je vais te montrer ce qu'est un VRAI ménage ! dit-il, en enfilant un foulard qui semblait sortir de nulle part au-dessus de sa tête et un devant sa bouche.

Je lui apportai ce qu'il m'avait demandé et ajoutai, en prime, une tenue de soubrette sexy, que j'avais eu dans une loterie, quelques mois auparavant. Lorsqu'il la vit, le petit sembla sur le point de me frapper.

-Bah quoi ? C'est tout un ensemble ! taquinai-je. Soit tu la mets et tu fais le ménage, soit tu restes dans toute cette POUSSIÈRE !

Étonnamment, il prit la tenue et l'enfila en quatrième vitesse, après avoir claqué sa langue.

-C'est bien pour toi que je fais ça ! dit-il.

-Quoi ?

-Je parlais à la propreté, avorton de malheur !

Il commença à nettoyer, m'ordonnant de rester sur le canapé et d'assimiler tout ce qu'il faisait. En réalité, la seule chose que j'assimilais, c'était à quel point la petite culotte rose qui allait avec le costume lui allait bien. Je sentis mon pantalon commencer à devenir étroit et je croisai les jambes, malgré la douleur grandissante entre mes jambes. Il fallait dire qu'il était vraiment sexy dans ce petit uniforme. Au bout d'une heure, tout mon appartement étincelait. Jamais auparavant, il n'avait été aussi propre.

-Woua ! T'as vraiment réalisé un miracle, m'exclamai-je, des étoiles dans les yeux.

-Je m'appelle Jan, gamin, répondit-il, simplement. Et j'étais juste venu te donner tes lunettes de soleil. Tu les as oubliées tout à l'heure. Je me change et je m'en vais.

Il commença à se changer et je sortis de la pièce, afin de lui laisser de l'intimité. Même si, honnêtement, j'aurais aimé assister au spectacle. Il sortit de la salle de bains quelques minutes plus tard et me dit au revoir avant de se diriger vers la porte.

-Attends ! lançai-je, en attrapant son poignet.

Il se retourna et me lança un regard assassin.

-Heu... Pour te remercier pour les lunettes et le ménage, je voulais t'offrir une bouffe. C'est pas de la grande cuisine mais je pense que je suis pas un très mauvais cuisinier non-plus.

-Y a quoi au menu ?

-Du hachis-parmentier et des macarons au dessert, répondis-je.

-Tu fais toujours un dessert aussi chiant à cuisiner ?

-Non, aujourd'hui, c'était un peu spécial, répondis-je. Je... c'est mon anniversaire. Comme ma sœur, Sarah est à New York pour son travail et mon meilleur ami en Angleterre, j'avais décidé de me faire une petite soirée hachis-macarons.

-Alors je ne vais pas te déranger plus longtemps, dit-il, en tournant les talons et en quittant l'appartement.

Il referma la porte derrière lui et j'eu un léger pincement au cœur. A vrai dire, je n'avais pas envie de passer mon anniversaire seul. Je passais déjà tout le reste de l'année seul, puisque Sarah et Armin n'était pas en Allemagne avec moi. Evidemment, ils ne manquaient pas de m'envoyer un message pour me souhaiter mon anniversaire ou de m'appeler assez fréquemment. Mais avec mon travail, j'étais seul. Si j'avais des amis, soit ils en avaient après ma célébrité et mon argent et je m'éloignais d'eux. Soit ils étaient trop gêné à cause des même raisons et ils s'éloignaient de moi. Alors, même si je ne connaissais pas Livaï, le fait qu'il ne me connaisse pas me donnait envie de passer du temps avec lui. Et puis, qu'y avait-il de mal à ne pas vouloir passer son dix-huitième anniversaire seul ? Après tout, les autres jeunes de mon âge faisaient la fête, buvaient et sortaient... Moi, j'étais coincé ici, avec mes plats et DVDs pour seule compagnie.

Je m'apprêtais à passer à table lorsqu'on sonna de nouveau à la porte. Je me dépêchai d'aller ouvrir et manquai de tomber à la renverse, lorsque je vis le serveur, un gâteau à la main, se tenant sur le pas de la porte.

-Alors, qu'est-ce que t'attends pour me faire entrer ? demanda-t-il. Que ton appart s'encrasse à nouveau ?

-Je... Qu'est-ce que tu fais là ?!

-C'est ton anniversaire, non ? Ce serait con de le passer seul. Tu as quoi ? Vingt ans ?

-Dix-huit...

-Encore pire. Allez, on va se bouffer du hachis, des macarons et du gâteau. Ensuite, tu m'expliqueras pourquoi t'es tout seul aujourd'hui, à ton âge.

Je le fis entrer et on s'attabla. Le nabot me dit que c'était vraiment délicieux et je lui expliquai la situation dans laquelle j'étais.

-Et ta famille ? lança-t-il. Ils n'ont même pas daigné venir passer la soirée avec toi ?! C'est dégueulasse des parents comme ça !

-Non, ils étaient vraiment les meilleurs..., répondis-je, le regard dans le vague.

-"Étaient" ? répéta-t-il.

-Ils sont morts il y a tout juste dix ans... Et c'était de ma faute... Si je m'étais dépêché, mon père n'aurait pas eu à conduire si vite et ils seraient encore en vie...

-Arrête avec tes conneries ! Les accidents, ça arrive ! Et puis, t'as encore de la famille, non ?

-Ils me blâment tous pour la mort de mes parents... Enfin, c'est compréhensible... Il n'y a que mon parrain qui ne m'ait pas déshérité. Mais bon, il est mort d'un cancer du foie, il y a six ans... Frank était bien le seul à ne pas me porter pour responsable de leur mort. Et toi, comment ils sont tes parents ?

-Morts, répondit-il, simplement. Mais bon, je ne les ai jamais vraiment connus, donc on s'en fout un peu. Allez gamin, mange tes macarons. Ils sont délicieux.

J'acquiesçai et commençai à déguster les pâtisseries.

-Dis Jan...

-Mmnh ?

-Pourquoi tu es revenu passer mon anniversaire avec moi ?

-Parce que j'aime le hachis et les macarons, répondit-il, un sourire en coin. Et surtout, t'as l'air d'être un gosse pas trop chiant.

-Dis, est-ce que tu en as après mon argent ? demandai-je, trop habitué à une réponse positive.

-Tu me prends pour qui ? demanda-t-il. Mon fric, je le gagne honnêtement. Pas en profitant des efforts d'un gamin.

-Et est-ce que ça te gène que je sois célèbre ?

-Tant que j'ai pas à me cacher le visage pour sortir de chez moi, je suis prêt à te rapporter tes lunettes de soleil quand tu veux, répondit-il. Si c'est ça que tu veux savoir.

Je le remerciai, au bord des larmes. Je n'en pouvais plus d'être seul. Un message de temps en temps de personnes à l'autre bout du monde, ça ne me suffisait pas. J'avais besoin de chaleur humaine. J'avais besoin qu'une personne me prenne dans ses bras sincèrement, sans arrière-pensées. J'en avais marre de tous ces hypocrites, qui me tournaient autour sans chercher à me connaître. Le pire, c'était lorsqu'ils comprenaient qu'ils ne pouvaient pas pomper mon argent comme ils le voulaient. Je me faisais traiter de tous les noms possibles et inimaginables en vrai, comme sur les réseaux sociaux. Une fille avait même déjà été raconter partout que je l'avais violée. Pourquoi ? Parce que je n'avais pas accepté d'avoir un rendez-vous avec elle dans un restaurant ultra chic aux prix exorbitants. A vrai dire, je détestais ce genre d'endroits. Là-bas, on ne pouvait pas se détendre. On devait toujours laisser un morceau dans notre assiette. Mais manger un demi spaghetti hors de prix, c'était tout sauf réjouissant. Alors, lorsque je lui avais dit qu'on pouvait juste manger chez moi ou aller se faire une malbouffe si elle préférait, elle m'avait giflée et avait dit à qui voulait l'entendre que je l'avais violée.

-Dis gamin, pourquoi t'as l'air aussi triste ? demanda Levi.

-C'est rien, répondis-je. Simplement, j'aimerais un nouveau départ... J'aimerais que plus personne ne me connaisse... Que plus personne ne sache que j'ai de l'argent... Que plus personne ne m'insulte parce que j'ai privilégié un ramen à un resto gastronomique...

-Alors qu'un ramen c'est tellement meilleur ! Et puis, on a pas besoin d'être formel ! C'est le genre d'endroit où on est comme à la maison, mais entourés de gens sympas.

-On est d'accord !

-Demain, on va s'en faire un ! Je t'invite !

-Demain, je travaille jusque vingt heures.

-Alors après vingt heures, c'est ok ?

-Euh... oui, répondis-je.

-Alors demain, vingt heures et demi. Je viendrai te chercher.

J'étais franchement heureux qu'il m'ait proposé d'aller se manger un bout, sans même me dire de payer ou quoique ce soit d'autre. On aurait dit, qu'il voulait simplement passer un peu de temps avec moi.

-Pourquoi tu pleures ? demanda-t-il, en essuyant une larme sur ma joue, avec sa main.

-Je suis juste... heureux, répondis-je, en pleurant de plus belle. Oh ! Il se fait vraiment tard !

-D'accord... Je m'en vais, dit mon invité, d'un ton un peu blessé.

-Non ! Au contraire ! J'ai une chambre d'amis ! Reste ! C'est dangereux de sortir alors qu'il est si tard. Tu repartiras demain !

Je lui préparai la chambre et lui amenai un t-shirt à moi, ainsi qu'un pantalon. Tous les deux trop grands, évidemment. Le pantalon était tellement grand, qu'il lui tombait sans cesse sur les chevilles. Agacé, le petit homme le retira complètement, restant en caleçon et t-shirt. Il avait des jambes fines et un cul de rêve. Après lui avoir dit bonne nuit, je me dépêchai de me rendre dans ma propre chambre, afin qu'il ne puisse pas voir mon érection grandissante. Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi sexy ? Je finis par m'endormir, non sans peines, pour ne me réveiller que le lendemain matin.

Alors que je venais tout juste de me lever, je reçu un appel de mon agent. Je pris mon téléphone et décrochai.

-On a un gros problème ! cria-t-il, paniqué, sans même un bonjour.

Chapitre 3 Rendez-vous... ou presque

-On a un problème ! Tout le staff du shooting d'aujourd'hui est out. Ils ont subi une grosse épidémie de grippe. Il va falloir le reporter.

-Quoi ? demandai-je. Mais on ne peut pas reporter. Je suis overbooké.

-Je sais, on est coincé..., répondit mon agent. Dans trois semaines, tu as ton prochain jour de congé. C'est la seule date qu'on puisse leur proposer... Désolé de t'imposer un tel train de vie.

Je raccrochai et vis mon invité arriver, dans son pyjama de fortune. Je ne savais pas comment j'allais tenir sans repos pendant autant de temps... J'avais un jour de repos toutes les trois ou quatre semaines. Si on commençait à les mettre deux par deux et toutes les huit semaines, je n'allais peut-être pas tenir le coup.

-Qu'est-ce qui se passe, gamin ? demanda mon invité. Tu fais une tête pas possible.

-Le staff d'un shooting que je devais faire aujourd'hui est malade... Tous..., répondis-je. On doit donc reporter la séance à ma prochaine date libre... Et il se trouve que ma première date est mon prochain jour de repos... Donc aujourd'hui, je suis de nouveau en congé, puis mon prochain sera dans deux mois.

-Et tu ne peux pas simplement interchanger deux shootings ? demanda-t-il.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-C'est pourtant clair, répondit-il, exaspéré. Tu comptes une ou deux semaines pour être sûr que suffisamment de personnel soit apte au travail. Ensuite, tu regardes quels rendez-vous tu es censé avoir dans les semaines sélectionnées et tu vois si tu ne sais pas en avancer un ou deux à la date d'aujourd'hui. Comme ça, ta prochaine date libre ne sera plus ton jour de congé mais un jour de travail. Et tu n'auras pas à travailler plusieurs mois d'affilé sans repos.

J'appelai mon agent et lui passai Livaï, lui demandant de lui expliquer. En réalité, je n'avais pas tout compris, mais j'avais au moins capté la partie disant qu'il arriverait à me faire avoir mon repos. Il lui expliqua tout son raisonnement et réussi même à trouver un moyen pour que j'ai au moins un congé par semaine, sans pour autant travailler moins. Il me prévint que les premières semaines seraient plus dures qu'à l'accoutumée, car je n'étais pas habitué à ce train de vie. Je le remerciai et allai dans la salle de bain, histoire de me préparer. Le petit bonhomme nous avait expliqué qu'il serait plus simple de mettre les rendez-vous ne prenant presque pas de temps sur un même jour et pas un ou deux maximums par jours. De cette façon, je travaillerais tout autant, mais avec un repos plus équilibré et je serais plus performant. Il n'y avait pas à dire, j'étais vraiment admiratif devant lui.

Une fois prêts, nous quittâmes l'appartement et je mis ma capuche et mes lunettes de soleil. Tandis que nous marchions, le Noireau s'arrêta net.

-Tch ! fit-il, visiblement agacé par quelque chose. Eh gamin, tu sais que t'es très facilement reconnaissable ?

-Oui mais au moins, je me fais moins remarquer que si je ne faisais rien. Si tu as une meilleure solution pour ne pas que les fans hystériques et les paparazzis viennent près de moi ou me prennent en photo à mon insu, vas-y.

-Eh ! TOI LA ! cria-t-il, en se retournant. Si je vois encore un flash, je te fais bouffer ton appareil ! C'est compris ?! Et ça compte pour vous aussi, les groupies !

Il venait de faire s'arrêter toutes les messes basses et les photographies des fans qui m'avaient reconnu, en un instant. Il se remit alors en route, l'air de rien.

-Ça te va comme solution, gamin ? demanda-t-il.

-C... comment t'as accompli un tel miracle ?! Même le bodyguard que j'engage pour mes gros contrats ou mes défilés n'a jamais réussi. Il arrive seulement à les retenir, le temps que je m'en aille.

-C'est parce que t'es tout, sauf menaçant. Je te jure Puppy, on voit tes oreilles et ta queue de petit chien en manque de caresses.

-"Puppy" ? répétai-je. Je préférerais presque que tu continues à m'appeler "gamin"...

Je fis la moue et il me tapota gentiment la tête, comme il l'aurait fait avec un chien. J'avais un peu honte de l'admettre, mais c'était assez agréable. On continua de marcher et je rejoins mon lieu de travail, qui se trouvait à quelques pas de chez moi, et lui sur le sien.

-Au fait, tiens, c'est mon numéro, dis-je, en lui passant un petit bout de papier. Appelle en cas de besoin.

Il le regarda un instant, avant de le prendre et d'esquisser un petit sourire. On se sépara et je commençai ma journée de travail. J'eu quatre shootings dans quatre lieux différents mais Jan avait tellement bien fait son coup que même avec les embouteillages, j'avais une bonne marge de temps pour arriver et me préparer. Je finis un peu plus tôt que prévu et rejoins mon appartement en quatrième vitesse. Là, je mis une chemise blanche avec un jeans noir et un peu de parfum... pour finalement me déshabiller et me laver pour faire partir l'odeur du parfum. J'essayai encore cinq tenues et changeai trois fois d'avis pour le parfum. Pour finalement, revenir à un simple jeans, t-shirt et le premier parfum que j'avais choisi. L'homme arriva à vingt heures tapantes au lieu de vingt heures et demi.

-Tiens ? T'es en avance ! dis-je, en ouvrant la porte.

Je remarquai qu'il ne portait pas les mêmes vêtements que ce matin mais il sentait toujours pareil. Et qu'est-ce qu'il sentait bon ! Et puis, le t-shirt qu'il portait moulait finement ses musc... une seconde... A QUOI EST-CE QUE JE PENSE, MOI ?!!! Je secouai la tête pour reprendre mes esprits et sortis de mon logement. Étrangement, mon cœur battait plutôt vite, même si nous ne faisions que marcher. Il me conduit jusqu'à un petit ramen shop et on s'attabla. Nous étions seuls dans le petit restaurant, hormis le cuistot, évidemment. Il s'assit juste en face de moi et me regarda dans les yeux, avant de détourner le regard.

-Euh... On ferait mieux de commander, déclarai-je.

Une fois servi, on commença à manger dans le silence. Pourtant, ce n'était pas bizarre. Avec lui, le silence était apaisant. Bien sûr, je ne pouvais pas lui dire ça. Il me tuerait à coup sûr. Tout à coup, son pied effleura lentement et délicatement ma jambe.

-Qu'est-ce que tu fais ?! demandai-je, perdant mes moyens.

-De quoi tu parles ? questionna-t-il.

-Fais pas l'innocent ! Pourquoi y a ton pied qui caresse ma jambe ?

-On n'a pas beaucoup d'espace. Je ne caresse pas ta jambe, je l'effleure, nuance.

Ceci dit, il colla un peu plus son pied sur mon mollet et continua à manger l'air de rien. Il me faisait clairement de la jambe. Tandis qu'il dégustait ses nouilles, un morceau de légume lui resta collé sur la joue. Immédiatement, je l'essuyai avec mon pouce, avant de lécher celui-ci.

-Et voilà ! dis-je, en souriant.

-T'étais obligé de lécher un truc qui a été en contact avec ma bouche ? marmonna-t-il.

-Déjà, le truc c'est mon doigt. Un peu de respect, merci. Et puis, ça te dérange tant que ça que je mange ton morceau de légume ? Et pourquoi t'appuies encore plus ta jambe contre moi ?

-Il n'a vraiment pas beaucoup de place, Puppy..., dit-il, en détournant le regard.

-Encore ce surnom..., me plaignis-je.

Après le repas, nous rentrâmes chez moi pour boire un dernier verre. Grâce au petit serveur, j'avais congé le lendemain. Je décidai donc de m'accorder une bière. Puis deux. Et puis, je ne me souviens plus.

Tandis que je dormais, je fis encore ce même rêve. A la différence près qu'il était plus net que les autres fois. En face de moi, l'homme aux cheveux d'ébènes un peu flou était désormais clairement visible. C'était Jan. Il n'était pas habillé comme d'habitude. Il portait un uniforme militaire, avec un insigne de caporal dessus. Comme d'habitude, le rêve s'arrêta juste au moment où je disais "alors...". Je me réveillai, haletant, mais ne pus me lever. La raison ? J'avais un homme à mes côtés qui se servait de moi comme d'un bodypillow. J'étais encore habillé et lui était en caleçon. Abandonnant l'idée de m'échapper de ses bras, je décidai de le regarder dormir. Il avait des cils longs, des lèvres fines, une bouche toute petite et le visage détendu. Une fois endormi, Jan était vraiment mignon.

-Qu'est-ce que tu regardes, gamin ? demanda-t-il, ouvrant les yeux d'un coup.

Je sursautai mais ne pus bouger car il ne me lâcha pas.

-Reste là, j'ai pas fini de dormir, ordonna-t-il. Tu sais que tu ne tiens vraiment pas l'alcool ?

J'obéis et arrêtai de bouger mais tiquai à sa remarque. Evidemment que je ne tenais pas l'alcool, je ne buvais jamais, puisque je n'avais jamais deux jours de repos à la suite, pour cuver. Et aller faire du mannequina avec une gueule de bois, n'était juste pas possible.

-T'as vomi sur mes vêtements, le parquet et les toilettes. D'ailleurs, c'est trop te demander de vomir DANS les toilettes et pas SUR les toilettes ? lança-t-il. Je te jure, ça a été une vraie crasse à nettoyer. Tu as intérêt à être reconnaissant !

-M... merci..., dis-je. Et je suis désolé pour les problèmes causés... Je te fais perdre ton temps depuis hier. Comment je peux me faire pardonner ?

-Viens au café et commende un cappuccino, répondit-il. A ce moment-là, je te pardonnerai.

-D'accord... Euh... Jan ?

-Mnh ?

-Je voulais te demander... Qu'est-ce que tu fiches dans mon lit ?

Il attrapa son téléphone et me montra une vidéo de moi plus que gênante.

"-Allez Jaannnnn~, disais-je, complètement ivre. Viens dormir avec moiiii~ ! J'ai besoin de chaleur humaine !

-Laisse-moi me changer, d'abord, gamin, répondit-il, semblant tout à fait sobre, malgré les quelques bières qu'il avait déjà bues.

Il se changea et je m'approchai de lui. Il attrapa son téléphone et je le soulevai.

-T'es vachement bien foutu, on te l'a déjà dit ?

-James, si tu vois cette vidéo -et je t'assure que tu vas la voir-, sache que tu vas le sentir passer, ça ! Tu m'as fait nettoyer ta gerbe d'abruti de gamin à la noix ! Mais je vais peut-être te pardonner parce qu-"

Il coupa la vidéo et reprit son téléphone.

-"Parce que" quoi ? demandai-je.

-Je sais pas ! J'étais ivre ! répondit-il, rouge pivoine.

-Tu semblais pourtant te souvenir de chaque détail, il y a quelques secondes.

-Tais-toi ! Ou je la poste sur les réseaux sociaux en t'identifiant et je ruine ta carrière !

On finit par se lever et se préparer. Je proposai de faire le petit déjeuner mais il refusa et me fit sortir de mon appartement. Avec lui, je n'avais besoin de porter mes lunettes de soleil que pour me protéger du soleil. Lorsqu'il était là, sa présence seule dissuadait tout le monde de faire la moindre photo. Il m'emmena au café et alla mettre sa tenue de serveur. Il m'emmena à la table que j'avais pris la première fois et m'apporta un cappuccino ainsi qu'une assiette de macarons. Ce n'était pas ce qu'il y avait de plus sain pour un petit déjeuné, mais c'était ce qu'il y avait de meilleur. J'entendis alors Hansi parler à Livaï.

-Jany ? appela-t-elle. Mais t'es en congé aujourd'hui ! Qu'est-ce que tu fiches ici ?

-Justement, j'ai tout mon temps pour t'arracher les cordes vocales si ne tu la fermes pas tout de suite ! répondit-il, froidement.

Il s'approcha de moi et me dit que c'était offert par la maison, pour me remercier de l'avoir autant fait marrer, la veille.

-Tu es en congé ? demandai-je, étonné.

-Tch ! Il fallait qu'elle l'ouvre, cette stupide binoclarde ! dit-il entre ses dents, avant de soupirer. Oui, je suis en congé.

-Alors pourquoi est-ce que tu ne t'assieds pas, pour manger avec moi ? demandai-je.

Il soupira, s'assis et me prit un macaron des mains. Je remarquai une fois de plus à quel point sa bouche était petite. Nous commençâmes à parler et rire, lorsque Hansi approcha, bouche bée.

-Jan qui rigole ! dit-elle, ébahie. C'est comme une année bissextile.

-Comment ça ? demandai-je.

-Oui, ça arrive une fois tous les quatre ans, répondit-elle. Mais là, ça ne fait que trois ans, deux-cents-quatre jours, six heures et vingt minutes.

-Comment tu peux être aussi précise, quatr'yeux ?! demanda le concerné.

-Regarde, c'est écrit ici, dans mon téléphone, répondit-elle, en nous montrant le bloque note de son portable. C'est toutes les dates et heures auxquelles tu as ris. Et tu vois ? C'est réellement tous les quatre ans !

Effectivement, Chaque dates étaient séparées d'exactement quatre ans, par rapport à la précédente. Comment était-ce même possible d'être aussi précis ? Et puis, je savais qu'il n'était pas du genre à beaucoup rire ou sourire, mais je n'aurais jamais imaginé que c'était à ce point-là.

Je finis mon café, Jan mangea le dernier macaron et alla se changer. Une fois prêt, il sortit de l'établissement. Je m'apprêtai à faire pareil, lorsque quelqu'un tira sur mon bras.

-James, attends ! m'interpella Hansi, d'un ton sérieux. Je peux te parler ?

J'acquiesçai et elle ouvrit lentement la bouche.

-Reste auprès de Jan, s'il te plait, dit-elle. C'est la première fois que je le vois rire aussi spontanément. Et il a l'air vraiment bien, avec toi. Alors, promets-moi de ne pas le laisser tomber.

-Promis, répondis-je, avant de le rejoindre.

-Qu'est-ce qu'elle te voulait ? demanda celui-ci.

-Juste me dire qu'elle était contente qu'on soit amis, toi et moi, répondis-je. Bon, on va où ?

-Chez moi, répondit-il. Je dois me changer parce que même si j'ai lavé mes vêtements hier, je ne me sens pas à l'aise là-dedans.

-Pardon...

-Ne t'excuse pas, c'est moi qui t'ai fait boire autant.

-Pourquoi ?

-Bah quoi ? T'es mignon quand t'es bourré !

-Quoi ? demandai-je-je, surpris et gêné.

-Non, rien, dit-il, rougissant. Oublie ce que je viens de te dire.

On continua de marcher encore un peu, avant d'arriver à la gare. Nous attrapâmes le train de justesse et arrivâmes dedans complètement essoufflés, à cause d'un sprint que nous avions dût faire, lorsque Livaï s'était rendu compte qu'on allait rater le métro, si on traînait. On sortit un quart d'heure plus tard, dans une petite banlieue, où se trouvait sa maison. Elle était assez petite mais vraiment belle. Chaque pièce était joliment décorée et brillait comme un sous neuf. Mon hôte me dit de m'installer dans le fauteuil, avant de me servir un thé noir.

-Désolé, s'excusa-t-il. C'est tout ce que j'ai ici. Attends-moi, j'en ai pour quelques minutes. Juste le temps de me laver et de m'habiller.

Il s'en alla, pour ne revenir que quelques minutes plus tard.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022