Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Moderne > Renaître au Milieu des Flammes
Renaître au Milieu des Flammes

Renaître au Milieu des Flammes

Auteur:: Backdraft
Genre: Moderne
Après trois ans à risquer ma vie dans "la Grande Fumée", j'étais enfin de retour à Marseille, ma ville natale. Je rêvais d'un foyer chaleureux, de l'odeur du bistrot familial, et des bras de Juliette, ma fiancée. Au lieu de ça, j'ai trouvé une porte close, des visages froids, et la terrible vérité : on me croyait mort, et ma fiancée, Juliette, était enceinte de mon propre frère, Cédric. Ma famille, autrefois mon refuge, me regardait avec haine et dégoût, me traitant de monstre contaminé. Cédric a osé me proposer un choix macabre : m'exiler seul pour mourir, ou en finir ici et maintenant. Quand j'ai découvert son horrible supercherie – les deux fèves étaient noires, ne laissant aucune échappatoire – la peur a cédé la place à la trahison. Comment ? Comment ma propre mère pouvait-elle murmurer qu'il aurait « été mieux si j'étais mort » ? Comment Cédric, mon frère, pouvait-il me ligoter sur la place publique, devant nos voisins hurlants, avec l'intention de me brûler vif pour "purifier" un mal que je ne portais pas ? Alors que l'allumette s'apprêtait à enflammer le bûcher dressé par ma propre famille, un son déchirant le silence a retenti, un son que je connaissais mieux que ma propre voix...

Introduction

Après trois ans à risquer ma vie dans "la Grande Fumée", j'étais enfin de retour à Marseille, ma ville natale. Je rêvais d'un foyer chaleureux, de l'odeur du bistrot familial, et des bras de Juliette, ma fiancée.

Au lieu de ça, j'ai trouvé une porte close, des visages froids, et la terrible vérité : on me croyait mort, et ma fiancée, Juliette, était enceinte de mon propre frère, Cédric.

Ma famille, autrefois mon refuge, me regardait avec haine et dégoût, me traitant de monstre contaminé. Cédric a osé me proposer un choix macabre : m'exiler seul pour mourir, ou en finir ici et maintenant. Quand j'ai découvert son horrible supercherie – les deux fèves étaient noires, ne laissant aucune échappatoire – la peur a cédé la place à la trahison.

Comment ? Comment ma propre mère pouvait-elle murmurer qu'il aurait « été mieux si j'étais mort » ? Comment Cédric, mon frère, pouvait-il me ligoter sur la place publique, devant nos voisins hurlants, avec l'intention de me brûler vif pour "purifier" un mal que je ne portais pas ?

Alors que l'allumette s'apprêtait à enflammer le bûcher dressé par ma propre famille, un son déchirant le silence a retenti, un son que je connaissais mieux que ma propre voix...

Chapitre 1

Après trois ans à étouffer dans les fumées toxiques, je suis rentré à Marseille. Je m'attendais à des larmes, des embrassades, peut-être même une tape dans le dos.

Au lieu de ça, j'ai trouvé la porte du bistrot familial fermée à double tour.

J'ai frappé. Personne. J'ai appelé. Pas de réponse. Le quartier du Panier était silencieux, les volets clos comme des paupières fatiguées.

J'ai fait le tour, par la ruelle arrière qui menait à notre appartement. La porte de service était entrouverte. Une étrange sensation m'a parcouru.

Je suis entré. L'odeur de la daube de ma mère avait été remplacée par une odeur âcre d'antiseptique.

Dans le salon, ils étaient tous là. Mon frère aîné, Cédric. Mes parents. Et Juliette, ma fiancée. Enfin, mon ex-fiancée, à en juger par la façon dont elle se tenait derrière Cédric.

Personne n'a souri. Personne n'a bougé. Leurs visages étaient durs, fermés.

C'est Cédric qui a parlé le premier, sa voix glaciale.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Ce n'était pas une question. C'était une accusation.

« Je suis rentré, Cédric. C'est fini. Les feux sont éteints. »

Juliette a reculé d'un pas, une main sur son ventre. Un ventre que je n'avais jamais vu aussi rond.

Mes parents, assis sur le canapé, me regardaient comme si j'étais un fantôme, ou pire, une maladie. Ma mère a murmuré, presque pour elle-même.

« On te croyait mort. C'était mieux comme ça. »

Mieux ? J'avais passé trois ans à risquer ma vie, à voir mes camarades tomber un par un, suffoquant à cause des toxines. J'étais l'un des rares survivants, un de ceux que l'armée appelait les "immuns". Et pour ma propre mère, il aurait été mieux que je sois mort.

« Mieux pour qui ? » ai-je demandé, la voix rauque.

Cédric a fait un pas en avant. Il n'avait pas changé. Toujours ce regard dominateur, cette façon de se croire le chef de famille.

« Pour nous. On a une vie, maintenant. Une vie tranquille. Tu n'as pas le droit de revenir et de tout foutre en l'air. »

Il a pointé mon sac, posé à mes pieds.

« Tu es contaminé. Tu portes la maladie des cendres. Tu vas tous nous tuer. »

Je n'arrivais pas à y croire.

« C'est faux. Je suis immunisé. L'armée l'a prouvé. Ils ont fait des tests. »

Un rire sec est sorti de la gorge de Cédric.

« L'armée ? Tu crois encore à leurs mensonges ? Ils t'ont envoyé à la mort, c'est tout. Tu es une bombe à retardement, Jean-Paul. »

Juliette a finalement parlé, sa voix un tremblement.

« S'il te plaît, Jean-Paul... Va-t'en. »

Ses yeux ont croisé les miens une seconde, avant de se fixer sur le sol. C'est là que j'ai compris. Son regard n'était pas seulement de la peur. C'était de la culpabilité.

Mon regard est allé de son visage à son ventre, puis au visage de Cédric. Les pièces du puzzle se sont assemblées dans un silence assourdissant.

Trois ans. Ils m'avaient cru mort. Et la vie avait continué.

Sans moi.

---

Chapitre 2

Le silence dans la pièce était lourd, épais comme la fumée que j'avais respirée pendant des années. J'ai regardé Cédric, puis Juliette.

« Tu es enceinte. »

Ce n'était pas une question. Juliette a baissé la tête, incapable de soutenir mon regard.

Cédric a gonflé le torse.

« Oui. Elle est enceinte de moi. On va se marier. »

Il a dit ça comme un défi, comme s'il s'attendait à ce que je sorte de mes gonds, que je crie, que je frappe.

Mais j'étais juste vide.

« On pensait que tu étais mort, Jean-Paul », a murmuré ma mère depuis le canapé. « Il n'y avait plus d'espoir. Cédric a pris soin de nous. De Juliette. »

Mon père a hoché la tête, sans un mot. Il a toujours été dans l'ombre de Cédric.

« Il fallait bien continuer à vivre », a ajouté Cédric. « La vie ne s'arrête pas pour un héros disparu. Surtout quand ce héros nous met tous en danger en revenant. »

La colère a commencé à monter en moi, une chaleur lente et brûlante.

« Je ne suis pas un danger. Je suis votre fils. Ton frère. »

« Tu n'es plus rien de tout ça », a-t-il rétorqué. « Tu es un risque. Un risque que je ne prendrai pas. Pas pour mon enfant. »

Il est allé dans la cuisine et en est revenu avec quelque chose dans les mains. Une galette des rois. En plein été.

« On est en juillet, Cédric. Ce n'est pas l'Épiphanie. »

« Pour nous, c'est un jour de décision. »

Il a posé la galette sur la table basse, à côté d'un couteau.

« Tu nous imposes ta présence. Tu refuses de comprendre que tu es une menace. Alors, on va laisser le sort décider. C'est une vieille tradition familiale, non ? »

Je le regardais, incrédule.

« De quoi tu parles ? »

« C'est simple. Il y a une part. Et dans cette part, il y a deux fèves. Une blanche, une noire. »

Il a planté ses yeux dans les miens.

« Tu tires la fève blanche, tu prends tes affaires et tu pars. Tu t'exiles dans les calanques, loin de tout le monde. Tu y resteras jusqu'à ce que la maladie te prenne, ou que tu choisisses d'en finir. Seul. »

Il a fait une pause, savourant son effet.

« Tu tires la fève noire... tu nous rends un dernier service. Tu protèges ta famille. Tu mets fin à tes jours. Ici. Ce soir. Proprement. »

L'horreur de la situation m'a frappé de plein fouet. Ce n'était pas de la peur. C'était de la folie. Mon propre frère me proposait un suicide déguisé en jeu d'enfant.

« Vous êtes fous », ai-je soufflé.

Ma mère s'est levée, les larmes aux yeux.

« Fais-le pour nous, Jean-Paul. Pour le bébé. Pense à l'avenir de cette famille. Tu nous as déjà assez fait souffrir avec ton départ. »

C'était donc ça. Mon sacrifice était devenu mon crime. Ma survie, une menace.

J'ai regardé le visage de chacun. La détermination froide de Cédric. La lâcheté suppliante de ma mère. Le regard vide de mon père. Et la terreur coupable de Juliette.

Ils étaient tous d'accord. Ils avaient planifié ça.

Ma famille voulait ma mort.

---

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022