La fumée m'étouffait, la chaleur me brûlait, et les flammes dansaient sur les rideaux. Les cris de ma mère s'étaient tus, et le visage déformé de Chloé Martin était le dernier que j'ai vu avant que le plancher ne cède sous mes pieds. C'était la fin, ma fin, celle où j'emportais avec moi le monstre qui avait détruit ma famille.
Chloé, ma colocataire, avait tout anéanti en accusant mon frère Marc d'agression la veille de son examen d'entrée à l'université. Cette accusation, un pur mensonge, a brisé sa carrière, son honneur, sa vie. Mes parents, manipulés, l'avaient accueillie, devenant ses serviteurs.
Marc, si brillant, a dû abandonner ses études et travailler dans une usine dangereuse pour subvenir à nos besoins, pressurisés par Chloé. Il n'est jamais revenu. Mes parents, rongés par le chagrin, sont morts l'un après l'autre, me laissant seule avec elle dans une maison vide de rires. Elle savourait ma souffrance. Alors, j'ai mis le feu. C'était ma seule vengeance possible.
Puis, une lumière aveuglante. J'ai ouvert les yeux. L'odeur du désinfectant et des livres de cours m'a saisie. J'étais dans mon lit, à la résidence universitaire. Mon corps était intact. La date sur mon téléphone m'a glacée : la veille de l'examen de Marc. Le jour où tout avait commencé.
La porte s'est ouverte. Chloé est entrée, son sourire innocent et sa fausse gentillesse, le visage même du diable. Elle voulait "juste deux nuits" chez mes parents, prétextant des problèmes familiaux. La même demande, les mêmes mots, la même manipulation. Mon sang s'est glacé. Ce n'était pas un rêve. C'était une seconde chance.
Une rage froide et déterminée m'a envahie. Je ne laisserai pas l'histoire se répéter. Cette fois, je protégerai ma famille. Et Chloé Martin paiera pour tout ce qu'elle nous a fait, et pour tout ce qu'elle comptait nous faire. La bataille ne faisait que commencer.
La fumée piquait mes poumons, une chaleur infernale me brûlait la peau. Je me souviens des flammes qui dansaient sur les rideaux, des cris de ma mère qui s'étaient tus depuis longtemps, et du visage de Chloé Martin, déformé par la haine et la peur, juste avant que le plancher ne s'effondre. C'était ma fin, une fin que j'avais choisie, emportant avec moi le monstre qui avait détruit ma famille.
Ma haine était la seule chose qui me restait. Une haine pour Chloé, ma colocataire, qui avait accusé mon frère Marc d'agression la veille de son examen d'entrée à l'université. Cette accusation avait tout anéanti. La carrière prometteuse de Marc, son honneur, sa vie. Pour me "protéger", pour éviter le scandale, mes parents avaient accepté d'héberger Chloé. Elle les a exploités, humiliés, transformés en ses serviteurs.
Mon frère, Marc, si brillant, si bon, a dû abandonner ses études. Pour subvenir aux besoins de la famille, pressurée par les exigences de Chloé, il a pris un travail dans une usine dangereuse. Il n'est jamais revenu. Un accident de travail. C'est ce qu'ils ont dit.
Mes parents n'ont pas survécu. Le chagrin les a rongés, l'un après l'autre. Je me suis retrouvée seule avec Chloé, dans la maison qui avait autrefois abrité tant de rires. Elle jouissait de ma souffrance, de son triomphe. Alors j'ai mis le feu. C'était ma seule vengeance possible.
Puis, une lumière aveuglante.
J'ai ouvert les yeux.
L'odeur n'était pas celle de la cendre, mais du désinfectant et des livres de cours. J'étais dans mon lit, dans la chambre que je partageais avec elle à la résidence universitaire. Mon corps ne portait aucune brûlure. J'ai attrapé mon téléphone sur la table de chevet. La date affichée m'a glacée.
Nous étions la veille de l'examen de Marc.
Le jour où tout a commencé.
Je tremblais, incapable de comprendre. Un rêve ? Un cauchemar incroyablement détaillé ?
La porte de la chambre s'est ouverte.
Chloé est entrée, un sourire innocent sur les lèvres, ses yeux brillant d'une fausse gentillesse que je connaissais maintenant par cœur. C'était le visage du diable.
« Léa, tu es réveillée ! »
Sa voix m'a transpercée. C'était la même voix qui avait supplié mes parents, la même voix qui avait ri de leur désespoir.
Elle s'est approchée de mon lit, son expression pleine d'une sollicitude calculée.
« J'ai un service à te demander. Je sais que c'est un peu soudain, mais la situation avec ma famille est devenue insupportable. Je ne peux vraiment pas rentrer chez moi ce week-end. »
Elle a fait une pause, son regard se faisant suppliant.
« Est-ce que je pourrais venir chez toi ? Juste pour deux nuits, le temps que ça se calme. Tes parents sont si gentils, et je dois absolument réviser pour mes examens dans un endroit calme. »
C'était la même demande. Les mêmes mots. La même manipulation.
Mon sang s'est glacé dans mes veines. Ce n'était pas un rêve. C'était une seconde chance.
J'ai regardé Chloé, vraiment regardé. Plus la colocataire un peu envieuse que je croyais connaître, mais le monstre qui avait orchestré la ruine de ma famille. Chaque sourire, chaque geste était un mensonge.
Dans ma vie précédente, j'avais été naïve. J'avais vu sa "détresse" et j'avais plaidé sa cause auprès de mes parents. J'avais moi-même ouvert la porte de ma maison au loup. Mes parents, si bons, si confiants, l'avaient accueillie à bras ouverts. Mon frère Marc, toujours prêt à aider, avait porté ses valises. Nous étions tous tombés dans son piège.
Cette fois, les choses seraient différentes.
Une rage froide et déterminée a remplacé le choc. Je ne laisserai pas l'histoire se répéter. Je protégerai ma famille. Et je ferai payer Chloé Martin pour tout ce qu'elle nous a fait, et pour tout ce qu'elle comptait nous faire.
Je me suis assise sur mon lit, le regard fixé sur Chloé. La panique initiale avait laissé place à une détermination glaciale. Chaque fibre de mon être hurlait de la jeter dehors, de lui dire ce que je savais. Mais je devais être intelligente. Une accusation frontale sans preuve me ferait juste passer pour folle.
« Léa ? Ça ne va pas ? Tu as l'air pâle. »
Sa fausse inquiétude me donnait la nausée.
J'ai pris une profonde inspiration, forçant ma voix à rester neutre.
« Non. »
Le mot est sorti, court et sec.
Chloé a cligné des yeux, surprise. Elle ne s'attendait pas à un refus. Dans notre passé, j'avais immédiatement accepté, pleine de pitié pour elle.
« Non ? Mais... pourquoi ? Je ne comprends pas. »
Elle a avancé d'un pas, son visage se déformant en une expression de tristesse blessée. C'était une performance de maître.
« Ce week-end, c'est l'examen de mon frère, Marc. Mes parents et moi, on veut être là pour le soutenir, pour qu'il soit dans les meilleures conditions possibles. On ne peut pas recevoir d'invités. C'est un moment important pour nous. »
J'ai choisi une excuse plausible, une excuse qui mettait ma famille au premier plan. Une vérité, en quelque sorte.
Les yeux de Chloé se sont remplis de larmes. C'était impressionnant à voir, cette capacité à convoquer une émotion sur commande.
« Oh. Je... je comprends. C'est juste que... je n'ai vraiment nulle part où aller. Je pensais qu'on était amies, Léa. Je pensais que je pouvais compter sur toi. »
La tentative de culpabilisation. Classique. Dans ma vie précédente, ça aurait marché. Je me serais sentie horrible, j'aurais cédé.
Mais pas la Léa qui avait vu sa famille mourir.
« Je suis désolée, Chloé, mais la réponse est non. »
Ma voix était ferme, sans appel. J'ai maintenu son regard, lui montrant qu'il n'y avait aucune place pour la négociation. Je voyais une lueur de mécontentement passer dans ses yeux, une fraction de seconde de colère pure avant qu'elle ne la masque à nouveau sous un masque de chagrin.
« Je vois. »
Son ton était devenu froid.
« Je ne vais pas insister alors. Je vais me débrouiller. »
Elle a tourné les talons et a quitté la chambre, claquant légèrement la porte derrière elle pour bien marquer son mécontentement.
Je suis restée assise sur mon lit, le cœur battant à tout rompre. J'ai expiré lentement, un sentiment de soulagement prudent m'envahissant. C'était fait. J'avais dit non. J'avais changé la première étape du scénario.
Un sourire fragile s'est dessiné sur mes lèvres. Peut-être que c'était aussi simple que ça. Peut-être qu'un simple "non" suffisait à dévier le cours du destin, à sauver ma famille de la tragédie.
J'ai rassemblé mes affaires, impatiente de rentrer à la maison. J'avais besoin de voir Marc, de voir mes parents. J'avais besoin de m'assurer qu'ils étaient en sécurité, de profiter de ce futur que je venais, je l'espérais, de leur réoffrir.
Pour la première fois depuis ce qui me semblait être une éternité, j'ai ressenti une lueur d'espoir. J'avais réussi. Le cauchemar n'aurait pas lieu.