Le jour de notre anniversaire de mariage, alors même que je succombais dans une ruelle sombre, la vérité m'a frappé.
Ma femme, Camille, et son amant Olivier, riaient de ma naïveté, révélant que ma "maladie" n'était qu'une mise en scène pour s'infiltrer dans mon monde.
Accusé d'espionnage, mon nom traîné dans la boue, mon vignoble familial détruit, mes parents ruinés... tout était de leur fait.
Le pire, c'était de comprendre la manipulation : la famille de Valois n'avait jamais sauvé mon père, elle avait provoqué notre première faillite.
Et surtout, que le "vin miracle" de ma famille, capable de guérir les incurables, cette "cuvée spéciale" qui m'avait permis de "sauver" Camille, était réel.
Comment avais-je pu être aussi aveugle ? Pourquoi une telle trahison alors que je leur avais tout donné ?
Puis, je me suis réveillé. Le soleil filtrait à travers la fenêtre, l'odeur du raisin me ramenait à un passé que je croyais perdu. Cette fois, les choses seraient différentes.
Dans ma vie antérieure, je suis mort un jour d'anniversaire de mariage. Camille, ma femme, m'a regardé avec un dégoût absolu, tandis que son amant Olivier riait à côté d'elle.
« Tu croyais vraiment que j'étais malade, pauvre idiot ? »
Sa voix était glaciale, chaque mot était une confirmation de la trahison.
« C'était une mise en scène pour que toi et ta mère naïve puissiez entrer dans mon monde. »
Olivier a ajouté, un sourire cruel sur les lèvres : « Et ça a marché. J'ai dû prétendre à une dépression nerveuse, tout ça pour que tu puisses jouer au sauveur. »
J'ai été accusé d'espionnage industriel, mon nom traîné dans la boue. Le vignoble de ma famille, notre héritage, a été détruit. Mes parents, ruinés et humiliés, ont tout perdu.
Alors que je gisais, mourant dans une ruelle sombre après un "accident" arrangé par Camille, j'ai appris la vérité la plus amère. La famille de Valois n'avait jamais sauvé mon père. Au contraire, ils étaient la cause de notre première faillite. Ma mère, dans sa gratitude erronée, leur avait livré mon secret le plus précieux.
Ce secret, c'était ma capacité. Un don transmis dans ma famille. Je peux créer un vin spécial, une cuvée unique, qui, dédiée à une personne, peut la guérir de maladies incurables. C'est ce vin qui a "sauvé" Camille.
Puis, tout est devenu noir.
Et je me suis réveillé.
Le soleil d'Alsace filtrait à travers la fenêtre de notre modeste maison. L'odeur de la terre et du raisin flottait dans l'air. C'était une odeur de chez moi, une odeur que j'avais cru perdue à jamais.
Ma mère est entrée dans la pièce, le visage rayonnant.
« Luc, prépare-toi. Madame Hélène de Valois arrive. C'est une chance incroyable ! »
Je savais ce que cela signifiait. C'était le jour où tout avait commencé. Le jour où ma vie avait basculé dans le cauchemar. Madame de Valois, la mère de Camille, venait nous proposer un marché : un mariage en échange de la guérison de sa fille.
Cette fois, les choses seraient différentes.
Je me suis levé, le cœur battant d'une détermination froide. La vengeance serait mon seul guide.
Madame de Valois était assise dans notre petit salon, son élégance parisienne détonnant avec la simplicité de notre intérieur. Elle me regardait avec l'œil d'un acheteur évaluant une marchandise.
« Luc, votre mère nous a parlé de votre... don. Un vin miracle, n'est-ce pas ? Ma fille, Camille, est très malade. »
Sa voix était polie, mais l'arrogance était palpable.
Avant que je puisse répondre, ma mère a commencé à vanter les mérites de notre "remède familial", les yeux pleins d'espoir.
Je l'ai interrompue, mon ton sec et sans appel.
« Madame, c'est une vieille histoire de famille. Une simple superstition. Pour une maladie grave, il faut faire confiance à la médecine moderne. »
Le visage de Madame de Valois s'est durci. Elle n'était pas habituée à être contredite.
« Jeune homme, nous sommes prêts à être très généreux... »
La porte s'est ouverte à la volée. Camille est entrée, le visage pâle mais l'expression furieuse. Elle tenait une liasse de papiers.
« Mère, ça suffit ! Je vous avais dit de ne pas venir ! »
Elle a jeté les papiers sur la table.
« Voilà mes analyses ! Fournies par Olivier. Je ne suis pas malade. C'est une simple fatigue. Ces gens sont des charlatans qui essaient de nous escroquer ! »
Je l'ai regardée, impassible. Elle aussi était revenue. Son regard a croisé le mien, et une lueur de reconnaissance a brillé dans ses yeux. Mais elle l'a vite masquée par la colère.
« Dehors ! » a-t-elle crié, me désignant du doigt. « Sortez de ma vue ! »
Madame de Valois, confuse mais suivant toujours sa fille, m'a jeté un regard méprisant. J'ai été mis à la porte de ma propre maison.
En sortant, Camille m'a suivi sur le chemin de gravier.
« Tu pensais vraiment que ça allait marcher une deuxième fois ? Tu joues au difficile ? Tu es toujours obsédé par moi, n'est-ce pas ? »
Elle a ricané, mais son rire s'est transformé en une quinte de toux violente. Du sang a giclé de ses lèvres, tachant le sol. Elle a levé les yeux vers moi, choquée par mon indifférence totale.
À cet instant, nous savions tous les deux. La partie venait de commencer.