Je suis Juliette Fowler, fille modeste de vignerons bourguignons, et mon seul rêve était d'intégrer HEC Paris pour échapper à ma condition.
Dans ma vie antérieure, j'y étais parvenue, entraînant avec moi mon amour de jeunesse, Darren Moore.
Nous avions connu le succès à Paris, mais notre histoire s'est achevée dans le sang : il m'a froidement étranglée.
Il m'a tuée, me reprochant de l'avoir arraché à son "véritable amour" et d'être responsable de la mort de Krista Coleman.
J'avais tout sacrifié pour lui : mes relations, mon argent, ma dignité en supportant ses infidélités.
Et il m'a remerciée en m'ôtant la vie, la faute de Krista retombant sur moi.
Mort ou vif, j'étais son fardeau, sa prison, la source de tous ses malheurs, et c'est ce qu'il a murmuré avant que mes poumons ne brûlent une dernière fois.
Mort. Tellement trahie. Tellement injuste. Pourquoi ? Pourquoi moi ?
Mais cette fois, j'étais revenue à la vie, et la seule chose que je savais, c'était que je devais changer mon destin.
Je suis Juliette Fowler, fille de modestes vignerons de Bourgogne. Mon rêve a toujours été d'intégrer HEC Paris, la prestigieuse école de commerce, pour échapper à ma condition et construire un avenir brillant.
Dans ma vie antérieure, j'y suis parvenue, entraînant avec moi mon amour de jeunesse, Darren Moore, le fils du maire. Nous avons connu la prospérité à Paris, mais notre histoire s'est achevée dans le sang. Il m'a étranglée, me reprochant de l'avoir arraché à son "véritable amour", Krista Coleman, une fille du village.
Cette fois, je suis revenue à la vie.
Je me souviens de tout. La trahison, la douleur, la suffocation. Mon seul objectif est désormais de l'éviter, de fuir ce destin tragique.
Le jour des résultats du baccalauréat est arrivé. Nos noms, le sien et le mien, brillaient en tête de liste, avec nos admissions à HEC Paris. C'était le point de départ de mon ancienne vie, et le début de ma nouvelle.
Krista, qui avait échoué à ses examens, s'est jetée dans les bras de Darren, le suppliant de rester.
« Darren, ne pars pas ! Reprenons le bar-tabac ensemble, restons ici, soyons heureux. »
Je me suis souvenue de ma vie passée. Je me suis souvenue l'avoir supplié, lui, de me suivre, de ne pas abandonner notre avenir pour une vie simple. Je me suis souvenue de ses hésitations, de la façon dont je l'avais convaincu. Cette fois, je n'ai rien dit. J'ai gardé le silence, le cœur battant, attendant de voir si le destin allait se répéter.
À ma grande surprise, c'est Darren qui a parlé le premier. Il a repoussé Krista doucement et s'est tourné vers moi, un éclair de haine dans les yeux.
« Juliette, je sais ce que tu penses. Tu veux encore me manipuler, me forcer à te suivre à Paris. »
Son ton était agressif, chargé d'un ressentiment que je ne comprenais pas.
Puis il a annoncé, à la surprise générale : « Je renonce à HEC. Je reste ici, avec Krista. C'est ma décision. »
J'ai compris immédiatement. Il n'était pas en train de choisir Krista par amour, il était en train de me fuir, moi, et le destin qu'il croyait que je lui avais imposé. Il pensait corriger son "erreur".
Mon cœur s'est serré, non pas de tristesse, mais de soulagement. Il venait de me libérer.
Dans ma vie passée, j'ai tout sacrifié pour lui. Je l'ai aidé dans ses études, j'ai utilisé les relations de ma famille parisienne pour lancer son entreprise. J'ai payé ses dettes, j'ai supporté ses infidélités avec Krista, qu'il voyait en secret.
Et à la fin, quand Krista a été agressée et tuée dans une ruelle sombre du village, il a reporté toute la faute sur moi.
« C'est de ta faute ! Si nous étions restés ici, je l'aurais protégée ! Tu m'as volé ma vie, tu m'as volé mon bonheur ! »
Ce sont ses derniers mots avant que ses mains ne se referment sur mon cou.
Cette fois, je ne ferais rien. Je le laisserais suivre le chemin qu'il a choisi. Je le regarderais s'enfoncer tout seul.
Je me suis retournée pour partir, mais Darren m'a attrapée par le bras.
« Tu es dévastée, n'est-ce pas ? »
Il m'a regardée avec un orgueil déplacé, un sourire narquois sur les lèvres.
« Écoute, je peux être généreux. Renonce aussi à HEC. Tu pourras rester près de moi, me voir heureux avec Krista. Ce sera ta consolation. »
Le dégoût m'a submergée. J'ai arraché mon bras de sa prise.
« Tu es fou. »
Pour cacher ma véritable émotion et le fait que je savais tout, j'ai forcé les larmes à monter à mes yeux. J'ai baissé la tête, feignant un chagrin immense.
« Je ne pourrais pas le supporter, Darren. Te voir chaque jour avec une autre... ce serait un supplice. »
Mon jeu a fonctionné. Son ego a gonflé, satisfait de voir la preuve de mon "amour éternel". Il a souri, rassuré.
C'est à ce moment que Krista est intervenue, furieuse.
« Lâche-le, espèce de sangsue ! Il a fait son choix ! »
Elle m'a poussée violemment, se plaçant devant Darren comme un bouclier.
« Rentre chez toi pleurer, la grande intello. Nous, on va reprendre le bar, et on gagnera bien plus d'argent que toi avec tes études inutiles ! »
Darren n'a rien dit, la laissant me humilier. Ils se sont ensuite éloignés, bras dessus, bras dessous, se moquant de moi à voix haute.
J'ai observé leur ignorance avec un mépris glacial. Ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait. Et cette fois, je ne serais pas là pour les sauver.
La veille de mon départ pour Paris, la catastrophe a frappé. Mon dossier d'inscription pour HEC, contenant tous mes documents originaux, avait disparu de ma chambre.
J'ai fouillé partout, le cœur battant, mais il était introuvable. Une seule personne pouvait avoir fait ça.
Darren.
Dans ma vie passée, il avait utilisé la même tactique pour me forcer à rester quelques jours de plus, soi-disant pour "profiter de nos derniers moments". Cette fois, son intention était bien plus sombre : m'empêcher de partir. Définitivement.
Je ne suis pas allée voir la police. Je suis allée le voir directement.
Je l'ai trouvé au bar-tabac, en train de nettoyer des verres avec Krista. Il a levé les yeux vers moi, un air faussement surpris sur le visage.
« Juliette ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu n'es pas censée être en route pour Paris ? »
« Mon dossier a disparu, Darren. »
Il a haussé les épaules, feignant l'innocence.
« Quelle malchance. C'est vraiment dommage pour toi. »
Krista a ricané. « C'est le destin. Il ne veut pas que tu partes. »
J'ai ignoré sa remarque et j'ai fixé Darren. Au lieu de paniquer ou de l'accuser, j'ai décidé de jouer son propre jeu.
J'ai soupiré, l'air complètement abattue.
« Tu as raison. C'est le destin. Je suppose que je n'ai plus le choix maintenant. »
Je me suis assise sur un tabouret, le visage entre les mains.
« Je vais devoir rester au village. »
L'expression de Darren a changé. Un éclair d'inquiétude a traversé son regard.
J'ai continué, la voix tremblante. « Je n'aurai rien d'autre à faire que de penser à toi, Darren. Je viendrai ici tous les jours. Je vous regarderai travailler. Je ne pourrai pas m'en empêcher. Krista deviendra folle de jalousie, nous nous disputerons sans cesse. Ce sera un enfer pour vous trois. »
Le visage de Krista s'est crispé. L'idée de m'avoir dans les parages chaque jour était son pire cauchemar.
Puis, j'ai porté le coup de grâce. J'ai levé les yeux vers Darren, un faux espoir dans la voix.
« Mais il y a une autre solution. Tu te souviens, dans notre vie passée... » Je me suis assurée que Krista ne pouvait pas entendre. « ... mon succès financier a été immense. Si je vais à Paris et que je réussis, je pourrai toujours aider mon vieil ami d'enfance et sa charmante petite amie, n'est-ce pas ? Considérez-le comme un investissement. Un filet de sécurité pour votre avenir. »
L'appât du gain. C'était sa plus grande faiblesse. Son regard s'est illuminé. La perspective d'une vie facile, financée par mes soins, était trop belle pour être ignorée.
Il a hésité, puis a souri.
« Attends une minute. Je crois que j'ai vu notre voisin, le vieux M. Dubois, prendre une pile de papiers ce matin. Il a dit que ça ressemblait à du vieux papier à jeter. Je vais aller voir, on ne sait jamais. »
Il a disparu dans l'arrière-boutique. Quelques minutes plus tard, il est revenu, mon dossier à la main, légèrement froissé.
« Quelle chance ! Je l'ai sauvé juste à temps ! »
Il me l'a tendu avec un grand sourire, comme s'il était mon sauveur.
Je l'ai pris sans un mot, le cœur rempli d'un mépris glacial.
Krista, qui n'avait rien compris à la scène, m'a attrapée par le bras alors que je partais.
« Ne t'avise pas de revenir ! Darren est à moi ! »
Darren l'a calmée, lui murmurant à l'oreille. « Laisse-la partir, ma chérie. C'est mieux pour nous. Elle nous enverra de l'argent. »
J'ai entendu ses mots et j'ai souri intérieurement. Pauvres idiots. Ils pensaient m'avoir manipulée, mais c'est moi qui tenais les ficelles.
Cette nuit-là, j'ai pris le premier train pour Paris, sans un regard en arrière.