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Renaître pour les Détruire

Renaître pour les Détruire

Auteur:: Jayce Wilder
Genre: Moderne
La main de Bastien serrait ma gorge, ses yeux injectés de fureur me fixaient alors que l'obscurité m'enveloppait. Dans ma première vie, cet homme, que j'avais aveuglément aidé, me tuait après que sa famille m'ait "recueillie" pour mieux me spolier de mon héritage d'orpheline, détournant ma pension et s'appropriant mes biens. Mon sacrifice et ma prétendue gratitude s'étaient transformés en une lame froide, résultat de leur avidité et de leurs mensonges. Puis, j'ai cligné des yeux, et le sifflet strident du train pour Paris déchira le silence de la gare du village. J'étais revenue. Au moment précis. Juste avant que tout ne bascule pour de bon. Cette fois, aucune peur, juste une résolution glaciale. Bastien, impatient, tendit la main pour m'aider à monter. Je la lâchai. Doucement. Ses doigts glissèrent des miens. Le train prit de la vitesse, le laissant, lui et Chloé, médusés sur le quai, sous les regards furieux des autres jeunes qu' ils avaient fait rater. La partie n'a fait que commencer, et cette fois, c' est moi qui dicterai leur chute.

Introduction

La main de Bastien serrait ma gorge, ses yeux injectés de fureur me fixaient alors que l'obscurité m'enveloppait.

Dans ma première vie, cet homme, que j'avais aveuglément aidé, me tuait après que sa famille m'ait "recueillie" pour mieux me spolier de mon héritage d'orpheline, détournant ma pension et s'appropriant mes biens.

Mon sacrifice et ma prétendue gratitude s'étaient transformés en une lame froide, résultat de leur avidité et de leurs mensonges.

Puis, j'ai cligné des yeux, et le sifflet strident du train pour Paris déchira le silence de la gare du village.

J'étais revenue. Au moment précis. Juste avant que tout ne bascule pour de bon.

Cette fois, aucune peur, juste une résolution glaciale.

Bastien, impatient, tendit la main pour m'aider à monter.

Je la lâchai. Doucement. Ses doigts glissèrent des miens.

Le train prit de la vitesse, le laissant, lui et Chloé, médusés sur le quai, sous les regards furieux des autres jeunes qu' ils avaient fait rater.

La partie n'a fait que commencer, et cette fois, c' est moi qui dicterai leur chute.

Chapitre 1

Je suffoquais.

Les mains de Bastien serraient ma gorge.

Ses yeux brillaient d' une fureur froide.

Il avait obtenu sa place à l' atelier grâce à moi.

Chloé avait échoué, sa vie s' était effondrée.

Et il me tuait pour ça.

Puis, l' obscurité.

Je clignai des yeux.

La gare du village.

Le sifflet strident du train pour Paris.

Mon cœur battait la chamade.

J' étais revenue.

Au moment précis.

Avant que tout ne bascule.

Bastien était là, devant la portière du wagon.

Il tapait du pied, impatient.

« Dépêchez-vous ! On va rater le train ! » criait-il aux autres jeunes du village.

Mais il ne montait pas.

Il attendait.

Chloé.

Elle se refaisait une beauté près de la fontaine, comme d' habitude.

Ce train était notre seule chance.

Les entretiens pour l' atelier de haute couture à Paris.

Le rater signifiait rester ici.

Pourrir dans ce village.

Dans ma vie précédente, j' avais supplié Bastien.

Je l' avais aidé à monter de force, agrippant sa main.

Cette fois, non.

Je le regardai, un calme glacial en moi.

Il me tendit la main, un air agacé.

« Amélie ! Bouge-toi ! »

Je ne bougeai pas.

Les autres jeunes, Antoine en tête, le pressaient.

« Bastien, on y va ! Laisse tomber Chloé ! »

Antoine, dont le père mineur était mort dans un accident, avait besoin de cette place plus que quiconque.

Le chef de gare agita son drapeau.

Le train commença à s' ébranler.

Bastien me regarda, surpris par mon inaction.

« Amélie ! Ma main ! »

Je la lâchai.

Doucement.

Ses doigts glissèrent des miens.

Le train prit de la vitesse.

Il resta sur le quai, médusé.

Chloé arriva enfin, trottinant, un sourire satisfait aux lèvres.

« Oh, j' arrive juste à temps ! »

Le train était parti.

Les autres jeunes descendirent, furieux.

Ils encerclèrent Bastien et Chloé.

Les cris commencèrent.

Je les observai, distante.

Puis je dis, d' une voix claire :

« De toute façon, je dois aller fleurir la tombe de mon grand-père. »

Je leur tournai le dos.

Je sentais leur regard incrédule sur moi.

Surtout celui de Bastien.

Il savait.

Il devait savoir que quelque chose avait changé.

Chapitre 2

La fureur des jeunes se déchaîna sur Bastien et Chloé.

« C' est de ta faute, Bastien ! »

« Et toi, Chloé, toujours à te pavaner ! »

Bastien, le visage rouge, repoussa Antoine qui le secouait par le col.

« Lâchez-moi ! J' ai une autre solution ! »

Un silence surpris suivit.

Je m' étais arrêtée, curieuse malgré moi.

Une autre solution ? Dans sa vie précédente, il n' y en avait pas eu.

Il avait passé des jours à fulminer, à me reprocher de ne pas l' avoir tiré assez fort dans le train.

Bastien se redressa, arrogant.

« Mon père, le maire, a des relations. Un convoi de l' armée doit passer par ici dans quelques jours. Le chef du convoi est une de ses connaissances. On ira avec eux. »

Il me lança un regard entendu.

Un frisson me parcourut.

Ce détail.

Ce convoi.

Il s' en souvenait aussi.

Il avait donc aussi revécu notre fin tragique.

Et il avait déjà un plan B.

Chloé minauda, s' accrochant à son bras.

« Oh, Bastien, tu es si intelligent ! »

Bastien sortit une liasse de papiers de sa poche.

« J' ai toutes les lettres de recommandation. Même la tienne, Chloé. »

Il la brandit. Une lettre avec le sceau de la mairie.

Celle qui prétendait que Chloé était la filleule de mon père, le héros de la Résistance.

Un mensonge éhonté.

Mon père n' avait jamais eu de filleule.

Surtout pas elle.

Les autres jeunes, désespérés, se calmèrent un peu.

L' espoir renaissait.

Je fis un léger signe de tête, comme si j' acceptais la situation.

« Bien. Alors, attendons le convoi. »

Je me détournai et partis pour de bon cette fois.

Mon plan à moi commençait maintenant.

Je ne me rendis pas au cimetière tout de suite.

D' abord, la poste.

J' avais une lettre à écrire.

Une lettre détaillée.

Au Colonel Dubois.

L' ami de mon père. Son ancien camarade de régiment.

Un homme droit, influent.

Il saurait quoi faire.

J' y dénonçai les agissements de Bastien et Chloé.

L' usurpation du statut de « filleule de héros » par Chloé.

Et surtout, la manière dont la famille de Bastien, le maire en tête, avait détourné ma pension d' orpheline de guerre.

Comment ils s' étaient approprié la maison et les terres de ma famille après la mort de mon grand-père.

Quand j' avais été recueillie par eux, soi-disant par charité.

J' avais été leur bonne à tout faire.

L' héritage de mon père, ses médailles, le respect qu' inspirait son nom.

Ils avaient tout sali.

Tout volé.

Je postai la lettre.

Un poids quitta mes épaules.

La première étape de ma vengeance était enclenchée.

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