Le jour du divorce de mes parents, dans le bureau de l'avocat, ma sœur Chloé a orchestré une scène déchirante, se jetant dans les bras de notre père pour choisir sa nouvelle vie de luxe.
Dans mon existence précédente, j'avais fait exactement le même choix, pensant échapper à la pauvreté avec eux.
Mais cette quête de la richesse n'avait été qu'un long calvaire de solitude et d'humiliations à leurs côtés.
Pire encore, Chloé, dévorée par une jalousie insoutenable en voyant ma façade "parfaite", m'avait assassinée d'un couteau dans le dos, juste après mon admission dans la plus prestigieuse Grande École de France.
Je me suis éteinte, sans comprendre pourquoi ma propre sœur avait pu commettre un tel acte de trahison.
Puis, j'ai rouvert les yeux.
Je n'étais pas morte.
J'étais de retour dans ce même bureau, des années en arrière, face à ce choix qui avait scellé ma destruction.
Cette fois, Chloé, dans son arrogance, pensait choisir la fortune, ignorant qu'elle allait elle-même vers l'enfer que j'avais déjà connu et que j'avais vécu.
Mon regard s'est posé sur ma mère, celle que j'avais abandonnée, son visage marqué mais empli de douceur.
La seule chaleur que j'aie jamais vraiment ressentie.
Ma voix, calme et déterminée, a brisé le silence : « Je reste avec Maman. »
Ce jour-là, ma vengeance a commencé.
Et cette fois, j'avais toutes les cartes en main.
Le jour du divorce de mes parents, ma sœur Chloé a fait une scène.
Dans le bureau de l'avocat, elle s'est jetée dans les bras de notre père, Olivier. Ses larmes coulaient, son corps tremblait.
« Papa, je veux rester avec toi. Maman ne pourra jamais bien s'occuper de moi, je veux aller dans la meilleure école de Paris ! »
Olivier, un artiste raté avec des rêves de grandeur, l'a serrée contre lui. Son regard s'est tourné vers sa nouvelle fiancée, Delphine, l'héritière d'un empire du luxe. Il y avait de la fierté dans ses yeux. Chloé était son ticket d'entrée.
Ma mère, Isabelle, a pâli. Elle a essayé de prendre la main de Chloé, mais ma sœur l'a repoussée.
L'avocat m'a regardé. « Et toi, Amélie ? »
Je suis restée silencieuse un instant. Je les observais tous. Le jeu de Chloé, l'ambition de mon père, la tristesse de ma mère.
Je me souvenais de tout.
Dans ma vie antérieure, j'avais fait le même choix que Chloé. J'avais choisi mon père et sa nouvelle femme riche. Je voulais échapper à la pauvreté.
Chloé, elle, était restée avec notre mère. Elle était rongée par la jalousie en voyant mes photos dans les magazines, mes succès en équitation et en escrime. Elle me voyait comme la fille parfaite, l'héritière dorée.
Elle ne voyait pas les entraînements jusqu'à l'épuisement, les humiliations de Delphine, le vide dans mon âme.
Elle ne voyait que la façade. Et cette jalousie l'a poussée à me tuer.
Un couteau dans le dos, juste après que j'aie été admise dans la plus prestigieuse Grande École de France.
Quand j'ai ouvert les yeux à nouveau, j'étais de retour ici. Dans ce bureau. Avec une seconde chance.
Cette fois, Chloé se souvenait aussi. Elle savait que notre mère, Isabelle, était la fille unique de la Comtesse Hélène de Valois. Un nom qui pesait lourd en France.
Mais Chloé ignorait un détail crucial. Ma mère avait fui sa famille pour épouser mon père, un peintre sans le sou. Elle avait été déshéritée. La Comtesse ne lui parlait plus depuis des années.
Chloé pensait choisir la richesse, mais elle choisissait l'enfer que j'avais déjà connu.
J'ai regardé ma mère, son visage fatigué mais plein d'amour. La seule chaleur que j'aie jamais connue.
« Je reste avec Maman. »
Ma voix était calme, ferme.
Le silence est tombé dans la pièce. Olivier m'a regardé avec mépris, comme si je venais de jeter un trésor. Chloé m'a lancé un regard triomphant, mêlé de pitié. Pauvre Amélie, choisissant la misère.
Je n'ai pas cillé. J'ai pris la main de ma mère. Elle était froide.
Je l'ai serrée fort.
Cette fois, je ne te laisserai pas seule, Maman.
Et vous, ai-je pensé en regardant Chloé et mon père, profitez bien de votre nouvelle vie. Le chemin que vous empruntez, je le connais par cœur. Il ne mène qu'à la destruction.
Nous avons déménagé dans un petit appartement sous les toits de Belleville. La peinture s'écaillait et l'hiver, le vent sifflait à travers les fenêtres.
Mais c'était chez nous.
Maman a trouvé un travail dans une boulangerie. Elle se levait à quatre heures du matin. L'odeur du pain chaud collait à ses vêtements quand elle rentrait. Le soir, pour a