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Renaître Après Vous

Renaître Après Vous

Auteur:: Cinderella's Sister
Genre: Moderne
Jeune, pleine d'espoirs, je croyais que l'amitié de Chloé et l'amour de Léo et Hugo seraient les piliers de ma vie. Dans ma première existence, cette illusion m'a conduite à une mort lente et dévastatrice. Léo, mon premier amour, est mort en protégeant Chloé, lui confessant son amour en mourant. Hugo, mon second mari, lui a donné son cœur en transplantation, ses derniers mots étant aussi pour Chloé. Sur son lit de mort, Chloé m'a avoué avoir manipulé leurs vasectomies, pour que je n'aie jamais d'enfants d'eux. J'ai péri, seule, le cœur anéanti par tant de trahison. Mais le destin m'a renvoyée en arrière, au matin de mes 18 ans, juste après l'obtention de mon Bac. Les souvenirs précis et douloureux de ma vie passée inondaient mon esprit. Je me souvenais du prix d'excellence volé. De l'agression à la plage, où ils m'avaient laissée me noyer pour la sauver, elle. De leurs mensonges et de leur dévotion aveugle, malgré son avidité et ses actes odieux. Comment aurais-je pu être si aveugle ? Comment Léo et Hugo, mes amis d'enfance, avaient-ils pu être à tel point sous son emprise ? Cette fois, je ne serais plus leur victime. Mon tout premier acte ? Changer mon vœu d'orientation post-bac. Paris m'attend, loin de leur toxicité. Ce n'est plus une question d'amour, mais de survie et de justice. Vont-ils vraiment tout perdre cette fois ?

Introduction

Jeune, pleine d'espoirs, je croyais que l'amitié de Chloé et l'amour de Léo et Hugo seraient les piliers de ma vie.

Dans ma première existence, cette illusion m'a conduite à une mort lente et dévastatrice.

Léo, mon premier amour, est mort en protégeant Chloé, lui confessant son amour en mourant.

Hugo, mon second mari, lui a donné son cœur en transplantation, ses derniers mots étant aussi pour Chloé.

Sur son lit de mort, Chloé m'a avoué avoir manipulé leurs vasectomies, pour que je n'aie jamais d'enfants d'eux.

J'ai péri, seule, le cœur anéanti par tant de trahison.

Mais le destin m'a renvoyée en arrière, au matin de mes 18 ans, juste après l'obtention de mon Bac.

Les souvenirs précis et douloureux de ma vie passée inondaient mon esprit.

Je me souvenais du prix d'excellence volé.

De l'agression à la plage, où ils m'avaient laissée me noyer pour la sauver, elle.

De leurs mensonges et de leur dévotion aveugle, malgré son avidité et ses actes odieux.

Comment aurais-je pu être si aveugle ?

Comment Léo et Hugo, mes amis d'enfance, avaient-ils pu être à tel point sous son emprise ?

Cette fois, je ne serais plus leur victime.

Mon tout premier acte ?

Changer mon vœu d'orientation post-bac.

Paris m'attend, loin de leur toxicité.

Ce n'est plus une question d'amour, mais de survie et de justice.

Vont-ils vraiment tout perdre cette fois ?

Chapitre 1

Je me suis réveillée en sursaut, le cœur battant la chamade.

La lumière du soleil d'été inondait ma chambre d'adolescente, celle que je n'avais pas vue depuis si longtemps.

Mes mains, je les ai regardées, elles étaient jeunes, sans les marques du temps et du chagrin.

J'ai attrapé mon téléphone sur la table de nuit, un vieux modèle.

La date affichée : 20 juillet. Juste après les résultats du Bac.

Un frisson m'a parcouru l'échine.

J'étais revenue. Revenue avant que tout ne bascule.

Les souvenirs de ma vie antérieure ont déferlé, précis, douloureux.

Léo, mon premier mari, mort dans cet accident de voiture. Il protégeait Chloé, il l'aimait elle.

Puis Hugo, mon second mari. Son cœur, donné à Chloé pour une transplantation. Lui aussi l'aimait.

Et Chloé, sur son lit de mort, m'avouant tout. Sa jalousie, sa manipulation. Les vasectomies qu'elle avait poussées Léo et Hugo à faire, pour que je n'aie jamais d'enfants d'eux.

J'étais morte de chagrin, seule.

Mais là, j'étais vivante, jeune. Une seconde chance. L'espoir, fragile, a commencé à poindre.

Mon premier réflexe a été de penser aux vœux d'orientation post-bac.

Dans ma vie passée, j'avais choisi l'Université de Lyon, pour les suivre, eux trois. Léo, Hugo, et Chloé, qui se disait ma meilleure amie.

Quelle erreur monumentale.

Cette fois, non.

Paris. Une prestigieuse école de mode à Paris. C'était mon rêve d'alors, un rêve que j'avais étouffé pour eux.

La connaissance de mon futur passé était mon arme. Lyon signifiait la répétition du désastre. Paris, c'était l'inconnu, mais c'était ma chance de changer mon destin.

La détermination a remplacé la surprise. Il fallait agir vite.

Je me suis levée d'un bond, cherchant frénétiquement mes codes d'accès à la plateforme d'admission.

Mes doigts tremblaient légèrement en tapant sur le clavier de l'ordinateur familial.

Le site était lent, chaque seconde d'attente me paraissait une éternité.

Mon premier vœu : Université de Lyon. Je l'ai regardé avec dégoût.

Modifier.

École de Mode de Paris. Validé.

Une vague d'urgence m'avait saisie, une résolution froide. C'était fait. Le premier pas vers une autre vie.

J'ai appelé Monsieur Fournier, mon professeur principal au lycée.

Sa voix était surprise au téléphone.

« Amélie ? Changer ton vœu principal pour Paris ? Mais c'est une excellente nouvelle ! C'est bien plus ambitieux, cela correspond davantage à ton talent. J'étais un peu déçu par ton choix initial pour Lyon, pour être honnête. »

Son soulagement était palpable. Pour moi, ses mots étaient amers.

Dans ma vie antérieure, il n'avait rien dit, il avait laissé faire. Peut-être n'avait-il pas osé, face à l'influence des familles de Léo et Hugo.

Ou peut-être que moi-même, aveuglée, je n'avais pas voulu voir son éventuelle déception.

« Oui, Monsieur Fournier. J'ai bien réfléchi. C'est ce que je veux vraiment. »

Ma voix était neutre, cachant le tourbillon d'émotions.

Je suis descendue. La maison d'Aix-en-Provence, baignée de cette lumière que j'avais oubliée.

Dans le salon, ils étaient là. Léo, Hugo, Chloé.

Ils préparaient un dîner, soi-disant pour fêter nos futures admissions à Lyon.

Une tension s'est immédiatement installée en moi, une anticipation désagréable.

C'était comme regarder une pièce de théâtre dont je connaissais déjà la fin tragique.

Léo s'est approché, son sourire doux, celui qui m'avait tant charmée autrefois.

« Amélie ! Enfin levée ! On commençait à s'inquiéter. »

Hugo, toujours taquin, a ajouté : « Tu as dormi comme une marmotte. Prête à fêter notre future vie d'étudiants lyonnais ? »

Leurs gestes étaient familiers, une fausse tendresse qui me donnait la nausée maintenant.

Chloé m'a souri, un sourire qui se voulait amical. « On a presque fini de préparer, tu arrives juste à temps. »

Le malaise grandissait.

Mon téléphone a sonné. C'était encore M. Fournier.

Sa voix était différente cette fois, embarrassée.

« Amélie, je suis désolé de te déranger à nouveau. Il y a un petit souci concernant le prix d'excellence du lycée. »

Je savais.

« Normalement, il te revenait, avec le discours à la mairie. Mais... il y a eu une intervention. Le prix a été attribué à Chloé Girard. »

Il a marqué une pause. « Apparemment, les pères de Léo et Hugo ont... usé de leur influence auprès de la mairie. »

L'indignation dans sa voix était claire. Pour moi, c'était juste une confirmation.

Le calme qui m'habitait était presque effrayant.

J'ai regardé Chloé, qui feignait de s'affairer en cuisine, hors de portée de voix du téléphone.

Bien sûr. Les pères de Léo et Hugo, toujours prêts à satisfaire les caprices de ceux qu'ils considéraient comme importants pour leurs fils.

Ou plutôt, les caprices de Chloé, transmis par des fils déjà sous son emprise.

Ma clairvoyance était une arme, mais aussi un fardeau. Je voyais les ficelles, les manipulations.

Une résignation teintée de colère froide m'envahissait.

« Ce n'est pas grave, Monsieur Fournier. Vraiment. Merci de m'avoir prévenue. »

J'ai raccroché, un détachement presque clinique s'emparant de moi.

Je devais rester forte. C'était le début, et je savais que ce serait bien pire.

Ma résolution intérieure se renforçait à chaque nouvelle preuve de leur duplicité.

Je suis retournée vers eux, affichant une indifférence polie.

« C'était M. Fournier, pour des détails administratifs. »

Ils n'ont pas insisté.

Les souvenirs de ma vie antérieure ont resurgi, précis et cruels, comme pour me rappeler pourquoi je devais tenir bon.

Mon mariage avec Léo. Les premiers temps heureux, puis l'ombre de Chloé, grandissante.

Sa mort. Il avait fait un écart pour éviter une voiture qui fonçait sur Chloé, de l'autre côté de la route où elle n'avait rien à faire. En mourant dans mes bras, ses derniers mots avaient été pour elle : « Chloé... est-ce qu'elle va bien ? Je... je l'aime. »

Le choc, la douleur insupportable.

Puis Hugo. Il avait été là, un soutien. Je m'étais raccrochée à lui.

Notre mariage, plus tard. Une tentative de reconstruction.

Et Chloé, encore elle, toujours présente, soi-disant fragile, malade.

Une maladie cardiaque rare. Hugo, compatible. Il n'avait pas hésité.

Son dernier regard pour moi, avant l'opération qui lui serait fatale pour lui donner son cœur : « Pardonne-moi, Amélie. J'ai toujours aimé Chloé. »

L'incompréhension, la trahison répétée.

Et enfin, la scène la plus terrible. Chloé, sur son lit d'hôpital, quelques mois après la transplantation, mourante malgré le cœur d'Hugo.

Elle m'avait fait appeler.

Son visage émacié, un sourire mauvais.

« Tu sais, Amélie, j'ai toujours été jalouse de toi. Ton statut, tes talents, ta famille... Moi, je n'avais rien. »

Sa voix était faible, mais chaque mot était un coup de poignard.

« Léo, Hugo... ils t'aimaient, au début. Mais ils m'aimaient encore plus. J'ai tout orchestré. Tout. »

L'horreur me glaçait.

« Tu voulais des enfants, n'est-ce pas ? C'est moi qui ai convaincu Léo, puis Hugo, de se faire faire une vasectomie. Pour qu'ils ne puissent jamais en avoir avec toi. Seulement avec moi, s'ils m'avaient choisie officiellement. Mais ils étaient trop lâches pour ça. »

La rage, l'humiliation. J'avais été trompée, vidée de toute substance.

Elle avait ri, un son rauque. « Tu n'as plus rien, Amélie. Comme moi, bientôt. »

J'étais morte peu après. De chagrin, de désespoir. Mon cœur avait lâché.

Une fin pathétique pour une vie gâchée.

Mais cette fois, non. Je ne les laisserais pas me détruire.

Je suis revenue à la réalité de ma cuisine d'adolescente. Leurs rires me parvenaient, Léo et Hugo plaisantant avec Chloé.

Ma détermination était plus forte que jamais. J'allais éviter chaque piège, déjouer chaque manipulation.

J'allais vivre. Pour moi.

Chapitre 2

Chloé a entendu mon bref échange avec M. Fournier.

Elle s'est approchée, l'air faussement modeste.

« Le prix d'excellence ? Oh, M. Fournier m'a appelée aussi. Je ne comprends pas, je ne le mérite pas autant que toi, Amélie. »

Sa voix était douce, pleine d'une fausse innocence. Une joie mal dissimulée brillait dans ses yeux.

Léo et Hugo l'ont immédiatement regardée avec une tendresse évidente.

« Mais si, Chloé, tu le mérites ! Tu es brillante, » a dit Léo.

« Ne sois pas si modeste, » a renchéri Hugo, en lui passant un bras autour des épaules.

Le malaise en moi s'est intensifié. L'ironie dramatique de la situation était palpable. Ils étaient déjà sous son charme, répétant le scénario.

Je les ai regardés, un léger sourire aux lèvres.

« Félicitations, Chloé. C'est une belle reconnaissance. »

Mon ton était détaché.

Léo a froncé les sourcils, l'air de ne pas comprendre ma réaction.

« Tu n'es pas déçue, Amélie ? »

« Pourquoi le serais-je ? Chloé est mon amie. Je suis heureuse pour elle. »

La mienne répondait à la leur. Ils m'ont offert une fausse consolation, me disant que j'aurais d'autres occasions de briller.

J'ai hoché la tête, feignant d'accepter leurs paroles.

Plus tard dans la soirée, après le dîner, Léo et Hugo m'ont entraînée dehors.

« Viens, Amélie, on a une surprise pour toi, » a dit Léo avec un clin d'œil.

Ils m'ont conduite vers le petit parc au bout de notre rue. Ma curiosité était forcée, la tension montait.

Ils avaient décoré un vieux banc avec des guirlandes lumineuses et des fleurs.

Une scène de confession romantique. C'était grotesque.

Ils se sont placés devant moi, soudain sérieux.

Léo a commencé : « Amélie, on voulait te dire... on tient énormément à toi. »

Hugo a poursuivi : « Plus que comme une amie. On est tous les deux amoureux de toi. »

Une double déclaration. Comme dans ma vie antérieure. La pression était immense.

J'allais ouvrir la bouche pour leur répondre, pour commencer à démanteler ce piège.

Soudain, une vibration. Le téléphone de Léo, puis celui d'Hugo, presque en même temps.

Ils ont regardé leurs écrans. Un message de groupe, de Chloé.

Léo l'a lu à voix haute, l'air paniqué : « Mon chauffe-eau a explosé ! Je suis trempée, tout est inondé chez moi, j'ai tellement peur ! »

Léo et Hugo se sont regardés, puis m'ont regardée, l'air désolé.

« Amélie, on est terriblement désolés... Chloé a besoin de nous. »

« On doit y aller, » a dit Hugo, déjà en train de reculer.

Ils n'ont pas attendu ma réponse. Ils sont partis en courant, m'abandonnant sur le banc décoré.

L'humiliation. L'abandon. C'était une répétition exacte.

Je suis restée seule, entourée de leurs fleurs et de leurs guirlandes ridicules.

Un chauffe-eau qui explose ? Quelle coïncidence.

Chloé habitait à dix minutes à pied. Ses parents étaient absents pour le week-end, je le savais.

Leur prétendue détresse était si évidente.

Leur amour pour moi, si peu crédible face à l'urgence fabriquée de Chloé.

Une dérision amère m'a envahie. Ma lucidité était douloureuse.

J'ai ramassé les bouquets de fleurs qu'ils m'avaient offerts, ceux qu'ils avaient dû choisir avec soin.

J'ai marché jusqu'à la première poubelle du parc.

Je les ai jetés dedans, avec les petits cadeaux emballés qu'ils avaient posés sur le banc.

Je ne serais plus leur jouet.

Cette fois, leur "amour" ne me détruirait pas.

J'ai tourné les talons et suis rentrée chez moi, une détermination froide au cœur.

La libération avait commencé.

J'ai passé les jours suivants à préparer mon départ secret.

J'ai réservé un billet Interrail. Un mois à travers l'Europe, seule.

J'avais besoin de distance, de temps pour moi, loin de leur toxicité.

Leurs messages et appels affluaient sur mon téléphone. Je les ignorais tous.

Un mois plus tard, je suis descendue du train à la gare d'Aix-en-Provence.

Léo et Hugo étaient là, sur le quai. Ils m'attendaient.

Leurs visages étaient hagards, leurs yeux cernés. Ils avaient l'air sincèrement inquiets.

Une fausse tendresse, encore. Ou peut-être une inquiétude réelle, mais pour les mauvaises raisons.

Un souvenir m'est revenu. J'avais quatorze ans.

Mes parents venaient de divorcer. Ils m'avaient laissée seule dans la grande maison, avec de l'argent, pensant bien faire.

Je m'étais sentie abandonnée, terrifiée. Je m'étais enfuie.

Léo et Hugo m'avaient cherchée toute la nuit.

Ils m'avaient trouvée à l'aube, près d'un étang, grelottante et en larmes.

Ils m'avaient serrée dans leurs bras, jurant de ne jamais m'abandonner, de toujours veiller sur moi.

Cette promesse... elle résonnait si faussement aujourd'hui.

La nostalgie de cette époque révolue m'a brièvement étreinte, vite remplacée par la confusion face à leur attitude actuelle. Ce souvenir contrastait violemment avec la réalité de leurs trahisons.

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